FJKM : Irako Andriamahazosoa, nouveau président

C’est officiel, le pasteur Irako Ammi Andriamahazosoa est élu président de l’église FJKM à l’issue du 18è synode de la FJKM qui s’est achevé mercredi dernier à Antsirabe.

Le nouveau chef de l’église protestante devient ainsi un des chefs de file du Conseil oecuménique des églises chrétiennes. Le pasteur Ammi Andriamahazosoa, diplômé d’un master en théologie, a dirigé, avant sa nomination, l’église FJKM Androndra. De son côté, le pasteur sortant Lala Rasendrahasina, était également candidat à sa propre succession mais n’a pas obtenu la majorité des voix.

A part le président, le bureau de la FJKM est également composé de deux vice-présidents, en l’occurrence les pasteurs Jean-Louis Zarazaka et Georges Henri Randriamamonjisoa , d’un trésorier : Olivier Randrianarivelo, ancien député à Antsirabe,  et de deux conseillers : pasteurs Jacques Andriamampianina et  Benjamin Rakotomandimby. L’élection du secrétaire général se tiendra au mois d’octobre prochain. Ces nouveaux membres auront ainsi un mandat de quatre ans.

Le 18è synode de la FJKM s’est ainsi achevé mercredi dernier après les élections qui se sont déroulées jusqu’au petit matin.

Tahina Navalona

Des théologiens à l’école

Les visites de pasteurs et curés dans les classes vaudoises sont remplacées à la rentrée par la présence d’un théologien de référence dans les établissements scolaires. Jean-Baptiste Lipp, pasteur et coordinateur du projet pour l’Eglise réformée vaudoise, parle du projet en élaboration

Fin d’une époque, la traditionnelle visite du pasteur dans les classes vaudoises n’est plus. Dès cet automne, chacun des 90 établissements scolaires vaudois se verra attribuer un théologien de référence, une personne ressource pour les enseignants du cours d’éthique et cultures religieuses qui avait remplacé, il y a trois ans déjà, le cours d’histoire biblique dispensé aux élèves du canton. La forme change et pour le coup le fond aussi. « Il y a un travail théologique à faire en répondant aux questions des enseignants relatives au cours d’éthique et cultures religieuses. Il y a aussi un travail pastoral qui peut être proposé lors d’un décès ou d’une crise existentielle rencontrés dans une classe », explique Jean-Baptiste Lipp, pasteur à Belmont-Lutry et coordinateur du projet pour l’Eglise réformée vaudoise. A la double casquette s’ajoute un changement de posture. « Le ministre ne s’invite plus dans les classes. Il est à disposition et peut être invité à l’initiative du corps enseignant. » Un signal positif est envoyé en direction des milieux scolaires qui voyaient parfois ces visites d’un mauvais œil, car assimilées à une vérification du travail, mais aussi aux parents qui pouvaient craindre le prosélytisme. « Les ministres se retirent au profit d’un cours obligatoire délivré sans soupçon, qui vise à réguler une interconnaissance des religions et entre les élèves, en phase avec la société d’aujourd’hui », commente le pasteur favorable à cette proposition faite par les Eglises réformée et catholique au Canton. Cette nouvelle décision permet donc la mise à disposition de personnes ressources par les Eglises reconnues comme institutions de droit public dans l’école obligatoire. Le principe de subsidiarité est conservé. On trouvera donc dans les établissements vaudois des théologiens réformés ou catholiques qui s’exprimeront au nom des deux Eglises, missions communes obligent. Jean-Baptiste Lipp imagine volontiers que, malgré cette rupture, ce seront dans les écoles en partie les mêmes pasteurs – théologiens par définition – qui seront chargés des visites. De leur côté, les enseignants gardent la responsabilité du cours donné aux élèves, en s’appuyant sur le matériel créé par les Editions Agora, fournisseur officiel de la discipline. Malgré nos demandes, Serge Martin, directeur adjoint de l’Ecole obligatoire du Canton de Vaud, n’a pas souhaité s’exprimer à ce stade sur ces questions. 

// Marie Destraz

Un cours adapté à la réalité vaudoise

Un cours adapté à la réalité vaudoise Les écoles vaudoises misent sur l’interreligieux depuis trois ans avec le cours d’éthique et cultures religieuses

Le cours d’éthique et cultures religieuses est au programme des élèves vaudois de primaire et secondaire depuis la rentrée 2013, remplaçant le cours facultatif d’histoire biblique. L’objectif est d’offrir aux élèves une connaissance des différentes cultures religieuses et de leur permettre de se placer dans le contexte interreligieux actuel. La tradition judéo-chrétienne reste la base de l’enseignement, mais l’accent est mis sur la connaissance des autres religions. De l’apprentissage des religions, les élèves passent à des réflexions sur des valeurs humanistes, traité de façon neutre sous un angle historique. 

// M.D.

Vous êtes tous les bienvenus à la Maison

La Journée d’Eglise a lieu le 3 septembre à la Maison des Cèdres à Lausanne, suivie du culte de consécration et d’agrégation à la cathédrale. Découvrez les nouveaux ministres et le programme de la fête

Dix, c’est le nombre de nouveaux ministres qui font leur entrée dans l’Eglise réformée vaudoise. Les six pasteurs et quatre diacres seront consacrés et agrégés lors du traditionnel culte à la cathédrale de Lausanne, le samedi 3 septembre à 17 h. Pour faire connaissance avec ces hommes et ces femmes, nous leur avons posé quatre questions.

Comment priez-vous ?
« Debout, assis, dedans, dehors », liste le jeune pasteur de 30 ans Renaud Rindlisbacher. Dans un rire, Anne-Christine Golay, pasteur de 43 ans, avoue même prier dans son bain. « Je prie en même temps que le soleil se lève, pour m’élancer ensuite dans la journée. » Matinale elle aussi, Pascale Boismorand, diacre de 53 ans, ne pose pas les pieds à terre avant sa prière, le café peut attendre.

Qu’est-ce que Jésus change dans votre vie ?
« Il a tout changé ! Ma perception de la valeur de ma vie et de celle des autres », lâche la diacre de 51 ans Pierrette Fardel. « Jésus a accueilli pleinement son humanité. Cela m’aide à accueillir à mon tour la mienne », explique Nicolas Merminod, pasteur de 28 ans. Pour Samuel Gabrieli, pasteur de 33 ans, Jésus « est un ami, un compagnon de route, une espérance, mon sauveur, ma lumière, mon guide ». « Il est le grain de sable et le grain de sel, celui qui vient déranger et qui permet à un système de s’ouvrir, de laisser de l’espace. Et là où il y a de l’espace, il y a autant d’humain que de divin », raconte avec espièglerie le pasteur de 30 ans. Etienne Guilloud. Pour Catherine Novet-Cottier, diacre de 53 ans, « Jésus est là depuis toujours. Il reste pour moi un modèle à suivre. »

Quand le découragement pourrait prendre le dessus, comment gardez-vous courage ?
« Vas-y, avance en eau profonde›, cette phrase de Jésus à Simon Pierre avant la pêche m’aide à continuer ma route », image Pascale Boismorand. « Je repense à la croix. La vie de Jésus n’est pas absolument glorieuse avec un ‹happy end›. Il va jusqu’au fond de la souffrance. Cela me fait réfléchir. Alors je me remets devant Dieu pour continuer avec lui », explique Nicolas Merminod. « J’ai la possibilité de dire mon découragement, car je peux vivre sans masque avec Jésus », décrit le diacre de 57 ans, François Rossier. Quant à Annie Gerber, pasteur de 32 ans, « je le vis quand il me tombe dessus, car il fait partie de la nature humaine. Et je me reconnecte à moi-même et à la nature. »

Comment témoignez-vous de votre foi dans votre vie quotidienne ?
« Ma foi, je la vis, je n’aime pas la prêcher. Et ça prend tout mon temps ! » sourit François Rossier. « Ca serait plutôt aux autres de répondre, pour voir s’ils perçoivent mon témoignage », répond Annie Gerber, pour qui « le sourire, la proximité, la rencontre, l’accueil, aller de l’avant dans ce qui est porteur de vie et croire qu’il y a toujours du lumineux en chacun » en sont l’expression. « J’essaie de ne pas toujours céder à ce qui est de l’ordre de l’habitude et de la tradition, à ce qui ne laisse pas la place à l’humain comme il est », conclut Etienne Guilloud. 

// Marie Destraz

Etats-Unis: Très peu de pasteurs évangéliques sont sollicités pour officier des mariages gays

11% des pasteurs protestants (réformés et évangéliques confondus) ont été sollicités pour célébrer des mariages gays depuis l’introduction du mariage gay à l’échelle nationale.

Selon le sondage réalisé par LifeWay Research auprès de mille pasteurs, les pasteurs presbytériens et les réformés sont les plus sollicités (26%). A l’opposé, les pasteurs baptistes n’ont été qu’un pour-cent à avoir fait l’objet d’une demande.

Dans les faits, les couples gays s’adressent surtout à des pasteurs qu’ils connaissent et qui soutiennent leur mode de vie de couple.

100’000 mariages gays ont été conclus depuis la libéralisation du mariage gay par la Cour Suprême, le 26 juin 2015.

La rédaction d’Evangeliques.info/BP – 22 août 2016 10:38

Colombie : un pasteur étreint un assassin

 

Depuis plusieurs années, les chrétiens colombiens font face à des défis de taille marqués par des souffrances et des joies. Un pasteur se souvient de la conversion impensable du plus effrayant criminel de sa ville.

300-Radio16-sem33-ColombieMoment historique à la Havane, le 23 juin dernier. Le président colombien Juan Manuel Santos et le chef des FARC, Timoléon Jiménez, se sont serré la main après avoir signé un accord de cessez-le-feu. Cet accord aura-t-il des conséquences positives pour les chrétiens ? Une chose est sûre : ils se sentent toujours menacés.

Des défis de taille

Et pour cause, durant plusieurs années les chrétiens ont payé un lourd tribut, exposés à la violence des groupes armés qui ont assassiné des pasteurs, détruit des églises, rançonné des communautés, enlevé des responsables et enrôlé de force des enfants pour en faire des soldats. Mais quelle que soit l’évolution du cessez-le-feu, beaucoup de chrétiens ont appris à placer leur confiance en Dieu durant ces dernières années.

«Il s’est mis à genoux et a demandé pardon (..) »

Prenons le cas du pasteur Ventura. Comment oublier la conversion du plus effrayant criminel de la ville ? Ce soldat, nommé Cortilla, avait l’intention de le tuer. Lorsqu’il est entré dans l’Eglise, le pasteur s’est mis à genoux pour prier. Finalement, cet homme a quitté l’Eglise car il ne trouvait plus son arme. Puis il est revenu quelque temps plus tard mais il n’était plus le même. Il s’est mis à genoux et a demandé pardon au pasteur Ventura en pleurant. Cette demande de pardon était un véritable défi. Le pasteur avait du mal à oublier le visage des personnes que ce soldat avait tuées ou violées, mais il a pardonné. Il a choisi de le prendre dans ses bras et de lui manifester de l’amour. C’est ainsi que le plus effrayant criminel de cette ville est devenu chrétien.

CAMEROUN :: Ebolowa : Le temple Epc d__Elat scellé :: CAMEROON

CAMEROUN :: Ebolowa : Le temple Epc d?Elat scell? :: CAMEROONCAMEROUN :: Ebolowa : Le temple Epc d’Elat scellé :: CAMEROON Deux factions dissidentes du consistoire Ntem s’affrontent.

Il n’y aura pas culte au mythique temple Epc (église presbytérienne camerounaise) d’Elat ce dimanche, 14 août 2016. Hier, jeudi, 11 août 2016, le temple a été scellé par Marcel Victor Mendel Nguangué, préfet du département de la Mvila. En dehors du temple, les bureaux du synode et du consistoire ont également été scellés. D’après le docteur Mbita, modérateur des paroisses, Olem Hermon et Ngaoundéré Philadelphie, du called meeting, une faction du consistoire Ntem, « le préfet du département de la Mvila n’a fait qu’exécuter une décision de justice, notamment l’arrêt de la cour d’appel du Sud du 22 juillet 2016 portant cas Didier Zé Angon qui traîne toute l’Epc en justice.

Requête déclarée non fondée et condamné aux dépens ». Le docteur Mbita rappelle que le pasteur Didier Zé Angon, modérateur de la paroisse d’Elat, « a porté plainte parce qu’il refuse l’application des décisions de la 59è assemblée générale sur le syndement du consistoire Ntem et la nouvelle affectation des pasteurs ».

Hier matin, jeudi, 11 août 2016, « le bureau de l’assemblée générale est arrivée, accompagné d’un huissier de justice pour prendre possession du temple. Le pasteur Didier Zé Angon a fermé l’église et a emporté les clefs. D’où les scellés », témoigne le docteur Mbita qui se réjouit par ailleurs, « qu’aujourd’hui, le bureau de l’assemblée générale conduit par son modérateur, le révérend pasteur Jean-Jacques Bioh a appliqué la décision de la 59è assemblée générale de l’Epc, syndant le consistoire Ntem en trois consistoires à savoir : Ntem, Endam et Mvangan Jérusalem ».

Discorde

Pour sa part, le révérend Didier Zé Angon, modérateur de la paroisse d’Elat se dit « surpris par la décision du préfet, parce qu’il n’y’a eu aucune altercation, aucun mouvement d’humeur, aucun affrontement ». Le modérateur de la paroisse d’Elat s’étonne par ailleurs, « comment les gens demandent la paroisse d’Elat et demandent en même temps sa fermeture ? ».

Deux camps s’affrontent donc pour le contrôle du « consistoire Ntem ».A l’origine, un problème d’interprétation des textes de l’église. Samedi, 30 janvier 2016 à Sangmélima, s’est tenu le premier conseil général du synode Municam, instance de décision supérieure au consistoire. Parallèlement à la tenue de ces travaux, se tenait le même jour, le « called meeting Ntem » d’une faction du consistoire Ntem à la paroisse d’Emmaüs, sur convocation de son modérateur Daniel Ndongo.

A l’issue des travaux du called meeting, des décisions sont prises, notamment celles portant affectations des pasteurs dans les paroisses. De l’autre côté, l’instance supérieur qu’est le synode, désapprouve l’attitude dissidente du consistoire Ntem en ces termes, « le conseil général du synode désavoue tous les travaux de ce called meeting, les déclare nuls et sans effet sur les affectations et le scindement du consistoire Ntem. Actes qui sont de nature à créer le désordre dans l’église et dans la société ».

Un message qui a visiblement du mal à passer chez la faction dissidente du consistoire, puisque 24 heures plus tard, c’est-à-dire dimanche, 31 janvier 2016, elle a poursuivi le bras de fer avec la hiérarchie de l’église qu’est le synode en faisant irruption dans les temples pour installer ses pasteurs. Autre point de discorde, le principe de scindement du consistoire Ntem conformément à la configuration d’avant 1967.

Conflit pasteurs-agriculteurs : l’arbitrage du gouvernement béninois

Par Olivier Ribouis 12 Aoû 2016 à 11:39 143

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Devenue saisonnière au Bénin, la guerre des éleveurs et des agriculteurs a été une préoccupation du gouvernement béninois selon le point de presse du ministre d’Etat Pascal Irené Koupaki. Après l’ultime conflit meurtrier entre les pasteurs et les agriculteurs à Karimama et Malanville dans le nord du pays, le gouvernement béninois a décidé de veiller à la limitation des champs d’activités de chaque camp.

Le conseil des ministres de ce jeudi a selon le ministre d’Etat béninois, a instruit « le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche à faire procéder à la délimitation de la zone de pâturage de cinq kilomètres de largeur et à sensibiliser les agriculteurs et les éleveurs sur le respect strict des différentes aires convenues ». Le conseil a aussi demandé au « ministre de la décentralisation et de la gouvernance locale à l’effet de mettre en place les unités administratives locales ». Ces décisions ont été prises après une  visite de travail de Sacca Lafia, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique dans les communes de Karimama et de Malanville où il le conflit a fait des morts récemment.

A ce sujet, a indiqué Koupaki, « le conseil a instruit le ministre de la Justice et de la Législation à faire engager la poursuite des auteurs, co-auteurs et complices des dégâts enregistrés ».

 Les conflits entre éleveurs et agriculteurs ne s’enregistrent pas que dans le septentrion. Dans le centre et une partie du pays, ces conflits font également des dégâts.

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Vietnam: Une pétition demande la libération de plus de cent pasteurs emprisonnés

Une pétition en ligne a été lancée sur Citizengo afin de demander au gouvernement vietnamien de garantir la liberté religieuse, comme le décrète la Constitution, ainsi que de libérer la centaine de pasteurs emprisonnés.

Plus de 52’500 personnes ont déjà paraphé cette pétition, qui vise à atteindre les 100’000 signatures.

Selon la pétition, qui s’appuie sur des chiffres de Christian Aid, plus de cents pasteurs sont incarcérés au Vietnam pour avoir prêché l’Evangile et refusé de signer un document leur demandant de fusionner leurs Eglises, ainsi que de ne pas dépasser les 500 fidèles.

Sous couvert d’anonymat, un responsable du gouvernement aurait confié à Christian Aid la volonté du gouvernement de fusionner les Eglises pour limiter leur croissance et mieux les contrôler.

La pétition est adressé au président Trân Dai Quang ainsi qu’au Premier Ministre Nguyen Xuan Phuc.

La rédaction d’Evangeliques.info – 12 août 2016 10:37

«Comme employeur, l’Eglise est en apprentissage»

La récente grève de la faim de Daniel Fatzer a placé sur le devant de la scène le débat sur les conditions de vie des pasteurs. Pourtant, la Ministérielle, l’association professionnelle des pasteurs et diacres, est restée discrète. Son secrétaire, Alain Martin, commente l’épisode.

Pourquoi a-t-on peu entendu la Ministérielle?

Nous avons estimé qu’intervenir publiquement n’apportait rien et ne permettait pas de calmer le jeu.

Les conditions de travail des pasteurs vaudois se sont-elles autant péjorées que ce que l’on a pu entendre?

Les conditions de travail des ministres ont pas mal évolué. La place du pasteur de paroisse dans la communauté civile n’est plus une évidence. En outre, jusque dans les années 80, l’Eglise portait les ministères, mais maintenant c’est le contraire, ce sont les ministères qui portent l’Eglise. Les pasteurs ne sont plus de simples agents régulateurs du religieux, ils sont appelés à exercer des compétences éthiques, spirituelles, liturgiques, rituelles, etc.

La crise est davantage liée à la place du ministre dans la société qu’aux changements internes de l’institution?

C’est multifactoriel. La place du pasteur dans la société joue un rôle important, mais il y a aussi le changement institutionnel. Jusqu’en 2006, c’était l’Etat qui était employeur. Maintenant, c’est l’Eglise. Ce changement s’est fait sans modification fondamentale dans la gestion des ressources humaines. Bien sûr, il y a eu la création d’un Office des ressources humaines (ORH), mais il faisait suite au «pasteur des pasteurs» à l’époque centré sur l’accompagnement spirituel. Bref, sans que la structure de l’Eglise ait changé fondamentalement, c’est désormais l’ORH qui devient le garant – en fait le responsable – des mouvements de postes. Et cette centralisation, à mon avis, n’a pas encore été clairement analysée et digérée.

Vous insistez sur les changements de poste. Est-ce une grosse source de conflits?

Si j’en crois les cas où je suis amené à accompagner des collègues, la principale difficulté apparaît quand on essaie de mettre la bonne personne au bon endroit. Cela demande un temps énorme. Et actuellement à l’EERV, la gestion ordinaire des ressources humaines ne laisse pas ce temps. Le Conseil synodal le reconnaît, mais il complète l’office avec des compétences administratives et non pas avec des personnes chargées du discernement des charismes. Pour moi, il ne faudrait pas un responsable, mais deux ou trois. Je crois aussi que l’Eglise est en apprentissage dans son rôle d’employeur. Et inévitablement, il y a des moments où l’on essaie et où l’on s’aperçoit que ce n’est pas tout à fait la bonne solution. Encore faut-il admettre que l’on puisse faire des erreurs, et pour l’instant, je n’ai pas l’impression que l’on a un Conseil synodal qui admet facilement s’être trompé.

ll y a des points sur lesquels il fait fausse route, selon vous?

Pour moi, actuellement, il y a une grosse difficulté – qui heureusement va être palliée par la création d’une commission de traitement des litiges, décidée par le Synode –, c’est que, lorsqu’il y a une situation RH tendue dans laquelle le Conseil synodal comme employeur doit intervenir, il ne le fait que sur la base du compte-rendu d’une ou deux personnes de l’ORH. Et l’Exécutif ne rencontre pas le collègue en question quand il prend sa décision. J’estime que c’est vraiment problématique car le risque d’arbitraire est plus élevé. Je suis donc heureux que désormais il y ait cette commission de traitement des litiges, qui va pouvoir enquêter, poser un autre regard et pondérer.

Mais les pasteurs ne sont-ils pas un peu des enfants gâtés?

Non je ne crois pas! Bien sûr, nous avons une convention collective et des conditions de travail qui, sans être très favorables aux personnes employées, posent un certain nombre de protections. Ce cadre est largement inspiré du Règlement du personnel de l’Etat de Vaud, c’est de là que l’on vient. On a cinq ou six situations de conflits ces derniers temps. On pourrait se dire que c’est peu sur 250, mais cela représente quand même 2-3%. Et puis il y a des situations où j’accompagne des collègues qui se sentent peu entendus ou maltraités par l’ORH: sur les deux dernières années, il y en a eu une vingtaine. Cela fait 10% de collègues qui sont en difficulté. Alors est-ce qu’on profite d’une situation trop facile? Je ne crois pas! L’Eglise n’est pas une entreprise comme une autre. Elle est porteuse d’un message, de réconciliation mais aussi d’interpellation sur le sens de la vie, sur les valeurs, sur une certaine éthique. Si, dans notre Eglise, on n’a pas les capacités de gérer nos différentes personnalités, c’est qu’il y a un problème. (24 heures)

(Créé: 08.08.2016, 21h07)