LUTTE CONTRE LA SECHERESSE Le SAP adopte la dimension pastorale

Les acteurs de l’élevage ont organisé, hier, un atelier pour discuter d’une stratégie pastorale nationale. Les éleveurs ont, à cette occasion, annoncé que le Système national d’alerte précoce (SAP),  va intégrer la dimension pastorale dans son fonctionnement. Une façon aussi pour l’Etat de prévenir et de gérer les crises liées au pastoralisme.

Les éleveurs vont bientôt disposer d’informations utiles en relation avec le pastoralisme. En effet, la gestion des crises liées au pastoralisme va être prise en compte par le Système national d’alerte précoce (Sap). Selon le docteur Mamadou Seydou Sakho, Secrétariat général au ministère de l’Elevage et de la Production animale, c’est un dispositif d’une grande utilité, car, d’autant plus que le Sénégal, tout comme l’ensemble des pays du Sahel, vit sous la menace persistante d’une insécurité alimentaire.

Pour M. Sakho, aujourd’hui pour le pastoralisme, les acteurs de l’élevage sont confrontés à des problèmes de terre, d’accès au foncier, des  problèmes de compétitivité avec les autres usagers, de réglementation, d’infrastructures, bien qu’il y ait beaucoup d’efforts qui sont en train d’être faits, mais il faut les renforcer.

Cependant, le Secrétaire général d’appuyer le renforcement de capacités pour que ces communautés puissent ou mieux gérer ces infrastructures pastorales communautaires au profit de la population.

Le Sap est un outil qui permet de prévoir et d’évaluer les crises en fournissant, à court terme, des renseignements pour l’élaboration de plans de mesures d’urgence.

Ainsi, les acteurs du secteur de l’élevage veulent améliorer le fonctionnement du Système d’alerte précoce en intégrant la dimension pastorale car, constate le colonel Aliou Diouf, secrétaire permanant du CONACILSS : « le Comité Inter-état de lutte Contre la Sècheresse au Sahel agit au niveau des 17 Etats de la CEDEAO, plus la Mauritanie et de la Tchad qui ne sont pas de cette structure. Son objectif principal est d’atténuer les effets néfastes de la sécheresse et les impacts néfastes sur les populations, habitants, tout ce qui est Afrique de l’ouest et Sahel de manière générale ».

Selon lui, pour atténuer ces problèmes, on va commencer par les populations les plus vulnérables qui sont les agro-pasteurs, c’est-à-dire les populations vivant dans le milieu rural. Pour cela, il faut qu’il ait à manger. Cette résilience est qu’il faut qu’on gère bien les terres et la gestion durable  des terres, on ne peut en parler sans le pastoralisme.  « Si on fait une surcharge animale sur un écosystème, vous déséquilibrez l’écosystème. Et quand cet écosystème est déséquilibré, la terre est dégradée et une terre dégradée n’a aucune fertilité et ne peut pas produire », explique le colonel Diouf, avant d’ajouter que c’est pour cela les acteurs ont mis l’accent sur la promotion du pastoralisme pour ne pas dégrader les écosystèmes sahéliens qui sont très fragiles. « Cela permet de contribuer en partie à la satisfaction des besoins alimentaires de la population rurale et maintenir les écosystèmes sahéliens très fragiles, liés à une frilosité entre 300 et 400 au maximum », a-t-il fat savoir.

Pour mémoire, le Système d’alerte précoce est une recommandation du Programme d’appui au pastoralisme au Sahel (Praps), un projet qui se déroule présentement dans six pays sahéliens (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad), et financé par la Banque mondiale à hauteur de 15 milliards de francs Cfa.

Khady Thiam COLY

Une série d’ « installations » dans l’Église évangélique méthodiste

Installation de Soeur Marlène BALZLI comme Soeur supérieure de la Congrégation des Soeurs Bethesda, Strasbourg

En remplacement de Sœur Louise MULLER décédée le 3 novembre 2015, c’est Sœur Marlène BALZLI qui a été élue le 26 avril 2016 pour la remplacer à la tête de la Congrégation des Soeurs Béthesda, Strasbourg.

En conséquence, c’est Sœur Marlène BALZLI qui représente dorénavant la Congrégation tant vis-à-vis des tiers qu’au sein de la Congrégation.

Soeur Marlène BALZLI a été officiellement installée dans ses nouvelles fonctions le 17 septembre dernier à la Chapelle du Home Bethesda lors d’un culte solennel présidé par l’évêque (à la retraite) Heinrich Bolleter en présence de 90 invités. 

Installation du pasteur Daniel Morata à Fleurance

Dans son édition du 16 septembre 2016, le Petit Journal rapporte l’événement qu’a constitué le culte d’installation du pasteur Daniel Morata à la tête de la communauté méthodiste de Fleurance.

Le Pasteur Otge et la communauté méthodiste accueillent le nouveau pasteur Daniel Morata 

Le nouveau pasteur Daniel Morata, né en Espagne, marié depuis 17ans, est venu en France en 2003, suivant les études à l’Institut Biblique à Paris pendant trois ans et affecté à Montélimar. Accompagné au piano par Elisabeth Morata, la communauté méthodiste chantait « Ta Parole est une lampe devant moi, elle éclaire mon sentier ». Dans son homélie, le pasteur Jean-Ruben Otge indiquait « qu’il y a pour certains des changements fréquents, lourds : changements d’habitudes, de lieux, de climat, de gens…  Pour les accepter, il faut avoir de la souplesse, apprendre à être content en découvrant le positif dans les difficultés, mais aussi vouloir changer, vivre l’espérance pour accepter le changement… » Le nouveau pasteur Daniel Morata retraçait l’installation de la communauté fleurantine : «Voilà 30 ans. Comment se fait-il qu’aujourd’hui, cette communauté soit vivante depuis sa création et le passage de pasteurs successifs ; ll y a eu la transmission de la Parole par les pasteurs, comme Paul, Sylvain et Timothée ». Ils ont prêché avec la puissance de l’Esprit. La foi est un moyen de réalité avec ce que nous ne voyons pas, une foi agissante, commentait-il. D’autres chants accompagnés au piano et à la flûte traversière étaient chantés par la communauté nombreuse. Pour clôturer cette cérémonie, Nicole Durand exprimait la joie de la communauté méthodiste « pour notre église, c’est un cadeau : le Seigneur a posé sur nous sa main. Nous allons repartir de nouveau, des projets vont refleurir d’En Haut. Nous sommes prêts à franchir le Jourdain ». La fête champêtre continuait à la propriété Barnabot partageant le repas en commun et pour le pasteur Daniel Morata de découvrir le travail agricole en manœuvrant habilement une moissonneuse batteuse. AL

Culte d’installation du pasteur Jean-Marc Bittner à Montélimar

Dans son édition du 19 septembre 2016, le Dauphné Libéré a rendu compte du culte d’installation du pasteur Jean-Marc Bittner à la tête de la communauté méthodiste de Montélimar. 

Jean-Marc Bittner est le nouveau pasteur de l’Église évangélique méthodiste 

Depuis le mois d’août, le pasteur Jean-Marc Bittner a intégré l’Église évangéliste méthodiste de Montélimar. Il succède à Daniel Morata. Venu de l’Église de Metz, où il était depuis 6 ans, Jean-Marc Bittner a aussi prêché à Grenoble ou encore Orléans. À 60 ans, cet ancien cadre de La Poste originaire d’Alsace est devenu pasteur en 1989. « C’est la première fois que je suis dans une ville de taille moyenne, a-t-il expliqué lors de son culte d’installation hier après-midi. Il y a beaucoup de jeunes ici et il y a du potentiel. Je suis aussi très satisfait des bonnes relations entre les différentes églises de la ville ». Il est installé à Montélimar avec son épouse Pascale, qui travaille dans l’édition de commentaires bibliques. 

EEMNI / Le Petit Journal / Dauphiné Libéré

Eglise presbytérienne camerounaise : Confusion au consistoire de Ntem :: CAMEROON

Eglise presbyt?rienne camerounaise : Confusion au consistoire de Ntem :: CAMEROONEglise presbytérienne camerounaise : Confusion au consistoire de Ntem :: CAMEROON La décision d’éclater le consistoire en trois et d’y installer les pasteurs nommés reste difficile d’application.

Ils ont regagné leur chaire, les pasteurs qui ont ouvertement contesté et attaqué en justice la décision de l’Assemblée générale (AG) de l’EPC prise en début d’année. Et pour cause ! Les scellés, posés principalement aux portes du temple d?Elat et de certaines paroisses d’Ebolowa, ont été levés par le préfet de la Mvila. Victor Marcel Mendel Ngangue exécutait alors une instruction de sa hiérarchie.

Conséquence : les cultes ont repris à Elat, par exemple. Mais, la querelle initiale, toujours sans solution consensuelle, refait aujourd’hui surface. Car, les pasteurs contestataires ont repris place et ceux nommés et installés, sur le parvis du temple d?Elat le 11 août dernier, par l’AG disent venir, de force ou de gré, prendre possession de leurs nouvelles charges. Une réelle guerre de tranchées qui tient ses origines récentes d’un acte de l’AG.

En effet, en début d’année, l’AG décide de l’éclatement de ce qui était jusquelà le Consistoire-Ntem en trois Consistoires : Ntem (nouveau), Endam et Mvangan-Jérusalem. Elle procède, dans la foulée, à la nomination des modérateurs et programme leurs différentes installations. Immédiatement, le Consistoire- Ntem (ancien), sous la conduite du pasteur Didier Ze Angon, saisit le tribunal de première instance (TPI) de la Mvila pour suspendre les décisions de l’AG de l’EPC.

Par Ordonnance du 21 avril 2016, le TPI déclare leur assignation nulle et de nul effet. Non satisfait, le Consistoire- Ntem saisit, par une requête transmise le même 21 avril, la Cour d’appel (CA) du Sud pour les défenses à exécution. La Cour d’appel juge la requête non-fondée, par un arrêt rendu le 22 juillet. La Cour suprême est saisie, à son tour, par les plaignants. Le greffe de la haute juridiction leur délivre le Certificat de dépôt le 4 août et notifié le lendemain à la partie adverse. Mais, il y a un problème.

Le Certificat de dépôt en question vise plutôt l’Ordonnance du TPI et non l’arrêt de la CA. Pendant ce temps, l’AG de l’EPC décide de mettre en exécution les décisions prises par elle. Le 11 août, son bureau, conduit par son président Jean-Jacques Bioh, du secrétaire général assistant et du secrétaire général du conseil général, arrive à Elat, trouve les portes du temple fermées et le pasteur-sortant absent, décide de procéder, sur le parvis, à l’installation des modérateurs nouvellement nommés. Et avec eux, Me Jean-Pierre Oloko, huissier de justice. L’affaire fait grand bruit dans la ville entre partisans des décisions de l’AG et ceux des pasteurs contestataires.

Le terrible récit de l’assassinat en série de prêtres chrétiens en Iran

Après la diffusion fracassante d’une bande audio de l’ayatollah Montazeri sur le « massacre des prisons » en 1988 en Iran, d’anciens responsables du régime font des aveux bouleversants sur d’autres épisodes noirs de l’histoire contemporaine de ce pays. L’une d’entre elles concerne l’assassinat en série de prêtres chrétiens dans les années 1990 en Iran.

L’évêque Haik Hovsepian Mehr et les pasteurs Tateos Michaelian et Mehdi Dibaj ont été victimes d’assassinats par les agents du ministère du Renseignement iranien, VEVAK. Téhéran a cherché à nuire à l’image de l’opposition en jetant la responsabilité des meurtres sur l’organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI). Le régime avait alors exhibé à la télévision d’état trois jeunes filles, présentées comme d’anciennes sympathisantes du mouvement, qui ont « avoué » selon le régime, d’avoir commis ces assassinats et accusés l’opposition de les avoir commandités.

Par la suite à la lumière des révélations sur la série noire des meurtres en série, des éléments du régime ont avoué la participation du Vevak à ces crimes dont les meurtres des pasteurs chrétiens. Le régime islamiste prêt à tous les crimes et machinations pour assurer sa survie avaient En effetacculées ces jeunes femmes à collaborer avec le régime sous la torture. Bien entendu personne n’a été dupe et le régime a été condamné par l’ONU pour ces assassinats.

Mais plus de détails vient d’être dévoilés avec les propos tenu le 26 août dernier par Mehdi Khazali, un ancien membre du cabinet de la Présidence sous Rafsandjani. Membre du bureau d’études de la présidence de la République entre de 1986 à 1995 et responsable du centre d’études biotechnologiques de la Présidence de la République de 1993 à 1995, Khazali passe à la dissidence et fut même arrêté, mais vit toujours à l’intérieur du pays. Il fait un récit horrifiant du massacre de 1988 pendant lequel 30 000 prisonniers politiques ont été exécutés en quelques semaines. Maisil fait également lever le voile sur la série d’assassinat de prêtres chrétiens quelques années plus tard. Il affirme dans une intervention sur la chaine iranienne Dorr TV : 

« Regardez, l’une de ces bandes de sauvages, ce sont trois filles qui vont servir d’appâts aux autorités de la sécurité, pour voir si ces prêtres sont des missionnaires, s’ils font du prosélytisme chrétien ou pas. Elles pensaient qu’elles n’auraient que ça à faire, d’aller les voir et de leur dire qu’elles voulaient se convertir au christianisme et qu’elles voulaient apprendre. Alors elles sont allées au domicile des deux prêtres, et ensuite, sous les yeux de ces trois filles, les prêtres sont tués, découpés en morceaux et placés dans un congélateur.

Après, on leur a demandé de dire dans une interview qu’elles avaient été chargées par l’organisation des Moudjahidine du peuple de tuer ces prêtres. Alors elles ont été contraintes de faire cette interview et on leur a promis que si elles la faisaient, après elles seraient libres.

Mais, ils se sont rendus compte que si elles repartaient libres, elles iraient dire que c’était une mise en scène, qu’elles avaient servi d’appât, qu’elles avaient été attirées dans une maison où les prêtres avaient été tués. Alors ils condamnent à mort ces trois appâts à qui ils avaient assuré la sécurité et ils voulaient les exécuter (…) un certain vice-ministre du renseignement et qui en fait est devenu ministre (me) raconte : « nous avons empêché cette mise à mort (des 3 jeunes femmes), et en plus on en est fiers, quand on a su qu’ils voulaient les exécuter, on a demandé pourquoi, elles n’ont rien fait, elles ont collaboré avec vous. Pourquoi les exécuter ? Ils ont fini par accepter de les laisser en isolement cellulaire, jusqu’à ce que – ce vice-ministre qui parle (me) raconte ça qu’en 2009 – elles sont restées en isolement jusqu’à la ménopause.

Une de ces filles était mariée, elle avait un mari et une fille. Quand sa fille entend à la télévision sa mère dire qu’elle a tué deux prêtres et qu’elle les a découpés en morceaux, taillés en pièces, et qu’elle ajoute qu’en fait les prêtres voulaient les violer, là c’était franchement exagéré, alors la fille voit sa mère comme une corrompue qui est allée fricoter avec deux prêtres et qui les tue. Elle lui donne une image de criminelle et ne veut même plus parler avec sa mère emprisonnée au téléphone et leurs relations sont totalement rompues. »

Plus tard, j’ai partagé la cellule d’un parent d’une de ces trois filles. Ce qui est intéressant, c’est que quand je lui ai dit ce qu’un vice-ministre m’avait raconté, il m’a dit qu’une de ces filles était de sa famille et que je ne pouvais pas imaginer ce qu’elles avaient souffert, le calvaire qu’elles avaient enduré, elle, sa sœur, sa mère et tous les autres et qu’aujourd’hui encore elles étaient sous surveillance, et que personne n’ose dire la vérité (…) Les dirigeants du régime des mollahs doivent être jugés pour le meurtre de ces trois prêtres et de milliers d’innocents devant une cour de justice internationale ».

Rappel 1 :

Le 2 juillet 1994 on retrouve le cadavre de Tateos Michaelian, pasteur de l’Église évangélique arménienne Saint Jean à Téhéran; trois jours plus tard, le pasteur Mehdi Dibaj, de l’Église de l’Assemblée de Dieu subit un sort analogue. Il s’agit du troisième homicide dans la même année de hauts représentants des Églises chrétiennes en Iran : en janvier, en effet, l’évêque des Assemblées de l’Église de Dieu, Haik Hovsepian Mehr avait fini prématurément ses jours sous les coups des sicaires envoyés par les dirigeants islamistes. Tous les trois pasteurs évangéliques, iraniens de naissance, avaient été à diverses reprises menacés en raison de leur foi chrétienne. Medhi Dibaj, accusé depuis son plus jeune âge d’avoir abjuré la religion de ses pères, avait passé plus de dix ans en prison.

La persécution des chrétiens en Iran n’est pas une série d’événements isolés ou le résultat de préjugés individuels, mais plutôt une politique d’État mis en œuvre à tous les niveaux, sous diverses formes.

Au milieu des années 1990, l’évêque Haik Hovsepian Mehr, à la tête des assemblées iraniennes de Dieu, avait été sommé de se conformer aux directives suivantes: Aucun service de l’église ne doit être effectué dans la langue persane (la langue du peuple).

Tous les membres doivent être délivrés avec des cartes d’adhésion et leur admission aux services seraient sur la production de la carte appropriée. Les photocopies de ces cartes et les listes de membres avec leurs adresses doivent être donnés aux autorités compétentes. Les réunions du dimanche doivent être pour les membres seulement. Aucune réunion n’aura lieu un autre jour, en particulier, vendredi. Pas de nouveaux membres peuvent être admis sans en informer le service compétent du ministère de l’Information et de l’Orientation islamique.

L’évêque a défié les autorités en leur disant : « Jamais moi ou mes ministres nous nous conformerons à ces exigences inhumaines et injustes » et « nos églises sont ouvertes à tous ceux qui veulent entrer. »

Haïk Hovsepian Mehr a été assassiné le 2 juillet 1994 en même temps que le pasteur Tateos Michaelian.

Le régime islamique a adopté une politique délibérée d’élimination progressive des églises existantes sous des prétextes juridiques. Plusieurs églises ont été contraintes de fermer à Téhéran. Divers maison-groupes religieux ont également été fermées à Sari et Machad et Ahvaz et les chrétiens sont strictement interdits de se rencontrer. En dépit des garanties de la liberté religieuse pour les chrétiens à l’article 13 de la Constitution iranienne, c’est une infraction que de vendre une copie de la Bible en Iran. La loi sur l’apostasie demeure en vigueur et est puni de la peine capitale.

Rappel 2 :

L’enregistrement audio de l’ayatollah Montazéri, révélé par son fils au début du mois d’aout 2016, décrit le massacre de 30 000 prisonniers politiques de 1988 en Iran de « crime le plus terrible perpétré en république islamique depuis la révolution et pour lequel l’histoire va nous condamner ». Cet enregistrement de 40 minutes de propos tenus lors d’une réunion à huis clos entre le dauphin du fondateur de la République islamique et les quatre membres de la commission chargée de mener « l’épuration » des prisons iraniennes, est l’un des documents les plus importants publiés à date sur les événements tragiques de 1988.

C’est la première fois que ce sujet sensible est évoqué sur la scène médiatique en Iran. Les autorités ont toujours cherché à éluder cet épisode sanglant de l’histoire contemporaine de l’Iran, de crainte d’éventuelles poursuites devant un tribunal pénal international pour ce qu’Amnesty International a décrit comme « crimes contre l’humanité ». Or depuis la publication de l’enregistrement audio publié à l’occasion du 28ème anniversaire de « l’été sanglant », les appels des opposants, mais aussi des figures du régime, pour faire la lumière sur « le massacre des prisons » sont de plus en plus nombreux.

Khomeiny a opté pour la « solution finale » pour liquider les membres et sympathisants du principal mouvement d’opposition, les Moudjahidine du Peuple. Ces derniers purgeaient leurs peines de prison et certains étaient mêmes sur le point d’être libérés. Une « commission de la mort » a été chargée de les rejuger et évaluer le degré d’attachement à leurs convictions politiques. Ceux qui refusaient d’utiliser le terme péjoratif de « Monafeghine » pour désigner les Moudjahidine du Peuple, étaient mis à mort. Cette vague d’exécutions était consécutive à une précédente, survenue entre 1981 et 1983, au cours de laquelle des dizaines de milliers d’opposants ont été fusillés après d’effroyables tortures. Les islamistes qui avaient dévoyé la Révolution de février 1979, cherchaient à présent à étouffer toute opposition des forces démocratiques et laïques.

Dans son interview télévisé, Mehdi Khazali (cité plus haut), a également décrit l’ampleur horrifiante du massacre de 1988 à Evine: « Le groupe le plus important et le plus peuplé qui a opposé l’Etat, était l’organisation des moudjahidine du peuple (…) Ce groupe ne pouvait être anéanti qu’avec l’autorité de l’Imam. En fait, ils voulaient décimer ce groupe et affirmaient que si nous libérons une personne, il risque de devenir un renégat et nous serons alors confrontés à un plus grand nombre. Il vaut mieux les exécuter, et, ce faisant, les familles seront terrifiées et personne n’osera devenir renégat (…) Selon la sous-direction du ministère du Renseignement, quelques 20.000 personnes ont été exécutés à Téhéran et en province. Le chiffre de 4000 mentionné par M. Montazeri ne concerne que Téhéran, et, selon quelqu’un comme M. Maleki ( un ancien vice-ministre des renseignements), près de 33.000 personnes ont été pendues en une trentaine de jours. »

Les militants des droits de l’homme en Iran ont appelé les instances internationales de se saisir de ce dossier et de faire traduire en justice les responsables du massacre de 1988. « En ce qui concerne le peuple iranien, il ne renoncera jamais à sa demande de poursuite de chacun des dirigeants du régime impliqué dans ce massacre, peu importe le nombre d’années que cela prendra, a déclaré Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne. Les Nations Unies et le Conseil de Sécurité des Nations unies doivent prendre les dispositions politiques et juridiques nécessaires en ce qui concerne les poursuites internationales des dirigeants du régime pour ce crime contre l’humanité.»

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L’interprétation du chapitre 8 d’Amoris laetitia par les évêques de la région de Buenos Aires

ilsismografo.blogspot.fr

Début septembre, les évêques de la Région pastorale de Buenos Aires (Argentine) ont adressé à leurs prêtres une lettre distinguant certains critères de base pour l’application du chapitre VIII de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, notamment en ce qui concerne l’admission à la communion eucharistique des personnes divorcées remariées. Ces critères, les évêques argentins de Buenos Aires les ont déclinés en 10 points afin d’aider les prêtres dans leur tâche pastorale. Dans le document, ils soulignent l’importance du discernement et la miséricorde dans l’accompagnement pastoral des divorcés remariés. Une copie de cette lettre a été envoyée au pape François qui a adressé un courrier à Mgr Sergío Alfredo Fenoy, délégué des évêques de la région de Buenos Aires. Le pape a félicité les évêques de cette région pastorale pour leur travail visant à accompagner leurs prêtres. Il a rappelé les quatre attitudes pastorales nécessaires à avoir vis-à-vis des divorcés remariés : accueillir, accompagner, discerner, intégrer. Parmi toutes ces attitudes, a insisté le pape, « la moins cultivée et pratiquée est le discernement ». Il a émis le souhait que soit inscrit le discernement personnel et communautaire au programme de formation des prêtres.

La DC

Lettre des évêques de la région de Buenos Aires

Chers prêtres,

C’est avec joie que nous avons reçu l’exhortation Amoris laetitia (1), qui nous appelle avant tout à faire croître l’amour des époux et à motiver les jeunes afin qu’ils optent pour le mariage et la famille. Ce sont là les grands thèmes qui ne devraient jamais être négligés ni éclipsés par d’autres questions. François a ouvert plusieurs portes dans le domaine de la pastorale familiale et nous sommes appelés à profiter de ce temps de miséricorde pour assumer en tant qu’Église.

Pour le moment, nous nous arrêterons uniquement sur le chapitre VIII, étant donné qu’il fait référence aux « orientations de l’évêque » (n. 300) en termes de discernement quant au possible accès aux sacrements de quelques « divorcés engagés dans une nouvelle union. » Il nous semble approprié, en tant qu’évêques d’une même région pastorale, de convenir de quelques critères minimaux. Nous en faisons la proposition sans préjudice de l’autorité que détient chaque évêque dans son propre diocèse pour les préciser, les compléter et les délimiter.

1. En premier lieu, nous devons nous souvenir qu’il ne convient pas de parler de « permissions » d’accès aux sacrements, mais d’un processus de discernement accompagné par un prêtre. Il s’agit d’un discernement « personnel et pastoral » (n. 300).

2. Au cours de ce cheminement, le pasteur devrait mettre l’accent sur l’annonce fondamentale, le kérygme, qui stimule ou renouvelle la rencontre personnelle avec Jésus-Christ vivant (cf. n. 58).

3. L’accompagnement pastoral est un exercice de « via caritatis ». Il s’agit d’une invitation à suivre la route « de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration » (n. 296). Cet itinéraire requiert la charité pastorale du prêtre qui accueille le pénitent, l’écoute avec attention et lui montre le visage maternel de l’Église, tout en acceptant sa juste intention et sa bonne résolution d’exposer sa vie entière à la lumière de l’Évangile et de pratiquer la charité (cf. n. 306).

4. Ce chemin n’aboutit pas nécessairement aux sacrements. Il peut s’orienter vers d’autres manières de s’intégrer davantage dans la vie de l’Église : une plus grande présence dans la communauté, la participation à des groupes de prière ou de réflexion, l’engagement auprès de divers services ecclésiaux, etc. (cf. n. 299).

5. Quand les circonstances concrètes de la vie d’un couple le permettent, en particulier quand les deux personnes sont chrétiennes et témoignent d’un parcours de foi, il est possible de leur proposer de s’engager à vivre dans l’abstinence. Amoris laetitia n’ignore pas les difficultés de cette option (cf. note 329) et laisse ouverte la possibilité d’accéder au sacrement de la Réconciliation en cas de défaillance (cf. note 364, Lettre de Jean-Paul II au cardinal 22 mars 1996).

6. En d’autres circonstances plus complexes, et lorsqu’il n’a pas été possible d’obtenir une déclaration de nullité, l’option mentionnée peut ne pas être, de fait, réalisable. Toutefois, un parcours de discernement est également possible. Si l’on parvient à reconnaître que, dans un cas concret, il existe des limitations qui atténuent la responsabilité et la culpabilité (cf. n. 301-302), en particulier quand une personne estime qu’elle commettrait une nouvelle faute qui pourrait nuire aux enfants de la nouvelle union, Amoris laetitia ouvre la possibilité de l’accès aux sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie (cf. notes 336 et 351). Ceux-ci, à leur tour, disposent la personne à continuer de mûrir et de croître avec la force de la grâce.

7. Cependant, il faut éviter de comprendre cette possibilité comme un accès sans restriction aux sacrements, ou comme si n’importe quelle situation pouvait le justifier. Ce qui est proposé est un discernement qui fasse dûment la distinction au cas par cas. Par exemple, une « nouvelle union provenant d’un divorce récent » ou « la situation d’une personne qui a régulièrement manqué à ses engagements familiaux » (n. 298) requiert une attention toute particulière. De même lorsqu’il y a une sorte d’apologie ou une volonté d’ostentation de la situation même, comme si elle « faisait partie de l’idéal chrétien » (n. 297). Dans ces cas plus compliqués, nous, pasteurs, devons accompagner avec patience, en veillant à proposer un chemin d’intégration (cf. 297, 299).

8. Il est toujours important d’orienter les personnes à la prise de conscience de leur situation devant Dieu et c’est pourquoi « l’examen de conscience » proposé par Amoris laetitia (n. 300) est utile, surtout en ce qui concerne la manière dont elles « se sont comportées envers leurs enfants » ou envers le conjoint abandonné. Quand certaines injustices n’ont pas été résolues, l’accès aux sacrements est particulièrement scandaleux.

9. Il peut s’avérer opportun qu’un éventuel accès aux sacrements s’effectue de manière discrète, surtout quand des situations conflictuelles sont prévisibles. Mais en même temps, il ne faut pas cesser d’accompagner la communauté afin qu’elle continue de croître dans un esprit de compréhension et d’accueil, sans que cela crée de confusion quant à l’enseignement de l’Église concernant l’indissolubilité du mariage. La communauté est l’instrument de la miséricorde « imméritée, inconditionnelle et gratuite » (n. 297).

10. Le discernement ne se referme pas parce qu’il « est dynamique et doit demeurer toujours ouvert à de nouvelles étapes de croissance et à de nouvelles décisions qui permettront de réaliser l’idéal plus pleinement » (n. 303), selon la « loi de gradualité » (n. 295), et en ayant confiance en l’aide de la grâce.

Nous sommes avant tout des pasteurs. C’est pourquoi nous voulons accueillir ces paroles du pape : « J’invite les pasteurs à écouter avec affection et sérénité, avec le désir sincère d’entrer dans le cœur du drame des personnes et de comprendre leur point de vue, pour les aider à mieux vivre et à reconnaître leur place dans l’Église. »

Avec notre affection en Christ.

La réponse du pape François aux évêques de la Région pastorale de Buenos Aires

Mgr Sergío Alfredo Fenoy,
délégué de la Région pastorale de Buenos Aires

Cher Frère,

J’ai reçu la lettre de la Région pastorale de Buenos Aires intitulée « Critères de base pour l’application du chapitre VIII d’Amoris laetitia. » Je vous remercie de me l’avoir envoyée ; et je vous félicite pour le travail accompli : véritable exemple d’accompagnement des prêtres… et nous savons tous combien est nécessaire cette proximité de l’évêque auprès de son clergé et du clergé auprès de son évêque.
Le prochain « le plus proche » de l’évêque est le prêtre, et le commandement d’aimer son prochain comme soi-même doit s’appliquer en premier lieu à nous, évêques, précisément vis-à-vis de nos prêtres.
Cette lettre convient tout à fait. Elle explicite pleinement le sens du chapitre VIII d’Amoris laetitia. Il n’y a pas d’autre interprétation. Et je suis sûr qu’elle fera beaucoup de bien. Que le Seigneur vous accorde ses faveurs pour cet effort de charité pastorale. Et c’est précisément la charité pastorale qui nous amène à sortir à la rencontre de ceux qui se sont éloignés, et une fois que nous les avons rencontrés, à initier un parcours d’accueil, d’accompagnement, de discernement et d’intégration au sein de la communauté ecclésiale. Nous savons combien cela est ardu, il s’agit d’une pastorale « corps à corps » qui ne se satisfait pas de médiations programmatiques, organisationnelles, juridiques, bien qu’elles soient nécessaires. Simplement accueillir, accompagner, discerner, intégrer. Parmi ces quatre attitudes pastorales, la moins cultivée et pratiquée est le discernement ; et je considère qu’il est urgent de former au discernement, personnel et communautaire, dans nos séminaires et au sein de notre presbytérium.
Enfin, je voudrais rappeler qu’Amoris laetitia est le fruit du travail et de la prière de toute l’Église, grâce à la médiation des deux synodes et du pape. C’est pourquoi je vous recommande une catéchèse complète de l’exhortation qui certainement contribuera à la croissance, à la consolidation et à la sainteté de la famille.

De nouveau je vous remercie pour le travail accompli et je vous encourage à poursuivre, au sein des différentes communautés des diocèses, l’étude et la catéchèse d’Amoris laetitia.

S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier et de demander qu’on prie pour moi.

Que Jésus vous bénisse et que la Vierge Marie veille sur vous.

Fraternellement,

(*) Traduction française de Sophie Gallé pour La DC. Titre et note de La DC.

(1) DC 2016, n. 2523, p. 5-96.

Eglise réformée vaudoise, le malaise s’accentue

La crise continue de secouer l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) qui découvre avec fracas ses fonctions d’employeur. Depuis 2006, l’Eglise a remplacé l’Etat qui employait et rémunérait ses pasteurs. Ces deux dernières années, cinq diacres et pasteurs ont été licenciés, dont le pasteur Fatzer en juin 2016, qui avait entamé un jeûne de contestation dans l’église lausannoise de St-Laurent. Aujourd’hui, sept procès ont été lancés.

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Le pasteur Daniel Nagy, 37 ans, en poste durant six ans à la paroisse des Avançons sur les communes de Bex et de Gryon, accuse son ancien employeur de l’avoir «abusivement licencié» en 2014, suite à des négociations concernant sa réaffectation. Aujourd’hui employé comme aumônier à l’Hôpital cantonal de Fribourg, Daniel Nagy réclame un dédommagement à l’EERV supérieur à 20 000 francs. La procédure en justice se déroulait sur les bancs du Tribunal des prud’hommes à Lausanne, commencée en mai, elle s’est prolongée mercredi soir.

Suzette Sandoz entendue en témoin

L’audition de l’ancienne conseillère nationale PLR Suzette Sandoz ouvre l’audience. Entendue comme témoin, en tant que membre du Synode, elle rappelle que «l’Eglise n’est pas un employeur ordinaire. Elle représente une dimension qui devrait impliquer que les rapports soient plus humains». Suzette Sandoz appuie le pasteur Nagy et prône une réconciliation.

Le pasteur Nagy est ensuite entendu. D’une voie submergée par l’émotion, il atteste qu’en 2014, l’EERV le charge de se trouver un poste de réhabilitation, ce qu’il accepte. En août de la même année, son représentant des ressources humaines lui fixe un délai de dix jours pour accepter une offre à la Vallée de Joux au 1er septembre. «C’était irréalisable de déménager, de changer de cure, de trouver des écoles pour les enfants dans un tel délai». Il raconte qu’après avoir été visiter la paroisse de la Vallée de Joux, sa femme, «valaisanne intégrée dans la commune de Gryon pleurait dans la voiture».

«J’avais prévu de rester dix ans de plus dans cette paroisse, je m’y sentais très bien, ma famille y était parfaitement intégrée. C’était inconcevable de partir aussi précipitamment. Il aurait été possible de changer de poste, moins loin, sans déménager», se défend-il. Suite à son licenciement, Daniel Nagy s’est trouvé durant neuf mois au chômage, avant d’être embauché à l’aumônerie de l’Hôpital cantonal de Fribourg.

Un pasteur «problématique»

Responsable des ressources humaines de l’Eglise, Nicolas Besson, décrit le pasteur comme étant un «homme difficile à gérer, dont les paroissiens de Bex se plaignaient». Sa présence à Gryon constituait «une situation paroissiale problématique», déclare-t-il en audience, représentant l’EERV. «Face à un pasteur qui ne facilitait pas la procédure de changement de poste, nous ne savions plus quoi faire au moment de lui asséner cette proposition».

Appelés en témoins par le pasteur Nagy, certains paroissiens ont été entendus en mai: ils louaient le travail de leur ancien pasteur et montraient leur incompréhension devant ce renvoi. L’EERV n’a produit aucun témoignage allant dans l’autre sens.

La nuit est déjà entamée lorsque le président du Tribunal des prud’hommes lève l’audience. Il délivrera sa délibération dans les trois semaines à venir.

Homosexualité et mariage de même sexe: L’Église méthodiste donne sa position

Au cours d’un point presse au Jubilé de Cocody, le très révérend pasteur, Isaac Bodjé, secrétaire général de la conférence de l’église, s’est voulu très clair sur cette question qui jette le discrédit sur cette communauté. Et ce, après que les églises des Etats-Unis et celles de France ont élu une pasteure lesbienne à une haute fonction de Bishop, et béni des couples de même sexe.

Entouré, pour la circonstance de certains pasteurs, le très révérend pasteur a soutenu que l’Église méthodiste unie de Côte d’Ivoire n’approuve pas ces pratiques qu’elle considère comme incompatibles avec la doctrine chrétienne. Pour appuyer ses propos, il a cité l’article 341.6 des règlements généraux de l’Emu, qui souligne que « les cérémonies qui célèbrent des unions homosexuelles ne devront pas être officiées par des pasteurs dans nos églises ». Pour dégager la communauté méthodiste de Côte d’Ivoire de toute responsabilité, et dire qu’elle ne se reconnaît pas dans cette « abomination », l’homme de Dieu s’est appesanti sur de nombreux textes, dont la lettre pastorale du 29 mai 2015, qui rejettent ces pratiques contre nature.

A en croire le très révérend, Isaac Bodjé, ce sont les détracteurs de l’Église de Côte d’Ivoire qui veulent, coûte que coûte, la salir, en faisant circuler ces informations sur les réseaux sociaux et dans des médias. « Nous, Eglise méthodiste unie de Côte d’Ivoire, ne sommes concernés ni de près ni de loin par cette mouvance morale qui donne l’impression que Dieu change et s’adapte au rythme de l’évolution des mœurs éclatées du monde aujourd’hui… », a-t-il indiqué, avant de laisser entendre qu’avant que la communauté locale ne se démarque de ces pratiques non chrétiennes, le collège des Bishops méthodistes unis d’Afrique, avait déjà pris les devants en rejetant catégoriquement, à travers une déclaration, l’homosexualité et les mariages de même sexe. « Jamais les églises d’Afrique ne s’ouvriront à de telles pratiques abominables », a dit le très révérend pasteur, Isaac Bodjé.

L’homme de Dieu a, par ailleurs, profité de l’occasion, pour donner un coup de pied aux détracteurs de l’église, en soulignant que l’Emuci ne vit pas aux dépens de l’argent des Etats-Unis. Elle est autonome et s’est développée au travers d’un système de solidarité et de contributions financières provenant de ses fidèles, des fêtes des moissons… 

 

Elysée YAO

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Un nouveau pasteur à l’Église Unie de l’Artois, après deux ans d’attente

Non loin du temple d’Arras, le pasteur Gaspard Visser’t Hooft travaille depuis déjà deux mois dans son nouveau presbytère. «  Ici, on m’appelle pasteur Gaspard ou Gaspard tout court  », se présente l’homme de 51 ans, dans un français parfait. Un léger accent néerlandais le trahit. «  Je suis arrivé en France il y a 26 ans, après avoir terminé mes études à l’université de théologie de Leyden. J’étais apprenti pasteur à Saint-Quentin, se souvient-il. Et je m’y suis plu. D’abord parce que j’ai été bien accueilli. Et aussi, parce qu’en France, la communauté protestante est minoritaire. J’ai apprécié que les gens soient prêts à se déplacer pour faire vivre l’église.  »

Après la Picardie, Nancy ne lui laisse pas le temps de se questionner sur son avenir. Les expériences se poursuivent. Un véritable tour de France, passant par Agen, Versailles, Orange et Carpentras. «  Ces dernières années, j’imaginais me rapprocher des Pays-Bas. J’ai appris que le temple d’Arras avait une place vacante, due au manque de pasteurs. Et finalement, les membres du presbytère m’ont choisi.  »

« Pour créer un vrai dialogue, il faut mettre le doigt sur les différences. C’est en discutant de celles-ci qu’on favorise la compréhension et le respect »

À peine arrivé à Arras, le pasteur s’est déjà lancé à la découverte du territoire. «  J’ai visité le Louvre-Lens  », cite-t-il. Mais c’est surtout à la rencontre de ses paroissiens, une centaine de familles environ, que le pasteur se consacre. Il confie, la mine réjouie : «  J’ai l’impression que le territoire est accueillant et dynamique  ». Il a également repris la célébration des cultes. Pas de changements : «  Les messes sont organisées en alternance à Arras et à Wanquetin, et deux fois l’an, à Barly et Verdrel  », précise-t-il. Le pasteur assurera également les enseignements ainsi que les accompagnements pastoraux.

Une ouverture aux différentes religions

Autre point essentiel : l’ouverture à la cité. Le pasteur Gaspard entend : «  Participer à des rencontres œcuméniques (entre religions de confessions chrétiennes) et aux dialogues inter-religieux : islam, judaïsme, bouddhisme… Forcément, on ne s’entend pas sur tout. Mais, pour créer un vrai dialogue, il faut mettre le doigt sur les différences. C’est en discutant de celles-ci qu’on favorise la compréhension et le respect.  » Et bien sûr, débattre des questions de société comme l’accueil des exilés, traitée en juillet au temple.

Le nouveau pasteur se prépare aussi à 2017, une année importante pour tous les protestants : «  Nous célébrerons ici et partout ailleurs les 500 ans de la Réforme. Le 31 octobre 1517, Martin Luther affichait les 95 thèses qui ont servi de point d’ancrage à la Réforme protestante.  » D’ici là, les travaux du temple d’Arras, dus au champignon invasif, la mérule, devraient être achevés.

Contact : Pasteur Gaspard Visser’t Hooft, 51 rue de Grigny à Arras. http://erartois.com

Singapour: une série d’appels suite à la condamnation du pasteur Kong Hee

Condamné à huit ans de prison pour avoir détourné 50 millions de dollars (lire article d’Evangéliques.info), le pasteur Kong Hee de la Megaéglise City Harvest Church est à nouveau devant la justice.

Jugé en appel, le pasteur et ses défenseurs jugent que l’argent a été utilisé à des fins d’évangélisation, pour des programmes missionnaires décidés par l’Eglise. Les avocats du pasteurs ont indiqué devant la cour que si les fonds ont été mal utilisés, le pasteur n’a pas pour autant été malhonnête.

Le pasteur et cinq autres personnes de l’Eglise sont accusés d’avoir investi 35 millions de dollars dans la carrière artistique de sa femme, Sun Ho, une pop star dans son pays.

Les responsables des fonds et des finances de l’Eglise ont eux aussi fait appel. Ils sont également entendu par le tribunal.

Le procureur juge que les responsables de l’Eglise étaient conscients de l’utilisation abusive des fonds de l’Eglise. Il demande entre onze et douze ans de prison, contre les huit ans prononcés par la justice en novembre dernier.

La rédaction d’Evangelique.info/Gospel Herald – 21 septembre 2016 09:13

Citoyens du monde, ou artisans de l’immonde ?

par Bernard Montet

Quand ils sont venus chercher les « fachos »,
Nous les avons un peu aidés,
Nous détestions les « fachos ».

Quand ils sont venus chercher les « sionistes »,
Nous n’avons rien dit,
Nous n’étions pas « sionistes ».

Quand ils sont venus chercher les bouddhistes et autres païens,
Nous n’avons rien dit,
Nous n’étions pas païens.

Quand ils sont venus chercher les chrétiens,
Nous n’avons pas protesté,
Nous n’étions pas chrétiens.

Quand ils sont venus chercher les musulmans patriotes
Nous n’avons pas protesté,
Nous n’étions pas musulmans et encore moins patriotes.

Puis ils sont venus nous chercher,
Nous, les bons apôtres du métissage et du sans-frontiérisme,
Et il ne restait personne pour protester.

Ce texte « à la manière de » est une adaptation du célèbre poème du pasteur Martin Niemöller (14 janvier 1892 – 6 mars 1984). Tout d’abord favorable au régime hitlérien, cet ancien commandant des « corps francs » devenu pasteur en 1931 s’oppose dès septembre 1933 à la nazification de l’église protestante ainsi qu’aux mesures antisémites. Il crée alors la « ligue d’urgence des pasteurs » (pfarrernotbund) que rejoignent rapidement 6000 de ses collègues (plus du tiers des pasteurs allemands). Lorsque l’église protestante passe sous le contrôle des « chrétiens allemands » et devient en 1934 « l’église du Reich », il forme « l’église confessante » avec les pasteurs dissidents. Ces actes de résistance lui valent une déportation au camp de concentration de Sachsenhausen en 1937, puis au camp de Dachau en 1941.

La situation actuelle ne manque pas de similitudes avec cette sinistre période. Montée en puissance d’une idéologie inhumaine et totalitaire: peste brune hier ( le nazisme), peste verte aujourd’hui ( l’islamisme radical). Même aveuglement volontaire des « élites »( y compris des élites religieuses, Pape en tête),même condamnation bien-pensante des lanceurs d’alerte. Même prise en otage d’un pays tout entier par des voyous fanatisés. Même soumission panurgique, hier au nom du peuple allemand, aujourd’hui au nom de l’amour universel.

Avec une différence notable, cependant: la passion nationaliste et l’idolâtrie du Chef sont remplacées par le culte du Veau d’Autre ( le « Big Other » de Jean Raspail). L’esprit revanchard et le ressentiment contre le Traité de Versailles cèdent la place à la haine de soi et au dénigrement assumé de ses propres racines . Ce n’est plus le délire raciste qui guide les foules, c’est le syndrome de Stockholm !

Autre symptôme inquiétant : la réticence constante à désigner l’ennemi islamiste radical, que l’alchimie médiatique transmute régulièrement en « kamikaze », en « dépressif », en « individu psychologiquement fragile ». A quand les fiches D comme « dépressif », M comme « troubles mentaux », P comme « psychologiquement fragile », voire T comme « temesta » ? Sans compter l’idée géniale de certains (merci BHL !), de réclamer l’anonymat des terroristes dans les médias. Encore un peu et le coq Gaulois se transformera en autruche !

Tout cela sous le contrôle de la Sainte Inquisition du politiquement correct: politiciens aux ordres, intellectuels du système, associations communautaristes, meute médiatique, « idiots utiles » au sens léniniste du terme.

Insidieusement, s’insinue dans les esprits le fatalisme, le trouble sentiment que notre vieux pays glisse inexorablement vers le gouffre. Mais l’exemple du pasteur Niemöller et les enseignements de l’Histoire nous rappellent fort opportunément qu’un retournement de situation est toujours possible.