Bénédiction de couples homosexuels par les protestants unis de France

(RV) La nouvelle a fait grand bruit en France : après un débat de plusieurs années, les délégués de l’Eglise protestante unie, qui rassemble les réformés et les luthériens, et qui constitue la deuxième confession chrétienne du pays, ont décidé, à la quasi-unanimité, d’ouvrir aux pasteurs la possibilité de bénir les couples homosexuels déjà mariés civilement qui veulent placer leur alliance devant Dieu. L’annonce de la décision a été longuement applaudie par l’assemblée réunie au temple protestant de Sète.

Pour bénir les couples homosexuels, les pasteurs auront besoin de l’approbation de leurs conseils presbytéraux. Des équipes de coordination auront pour tâche de mettre au point une liturgie spécifique pour ces couples. Malgré le très fort consensus qui se dégage de la décision synodale, quelques voix rappellent que le débat a été difficile et même douloureux.

Les communautés restent très divisées sur l’opportunité de procéder à de telles bénédictions et des pasteurs ont prévenu que de nombreux fidèles ne comprendront pas cette décision du synode. Sans oublier que cette décision risque de fragiliser la communion avec les autres Eglises protestantes et le dialogue œcuménique avec l’Eglise catholique : les divergences sont nombreuses entre les Eglises sur les questions touchant à la sexualité et à l’éthique et cette décision ne manquera pas de compliquer encore un peu plus la marche vers l’unité.

Division au sein même des protestants

Les protestants évangéliques ont déjà réagi vivement. Selon eux, l’Eglise protestante unie confond le bon souci de l’accueil des homosexuels avec la bénédiction d’une pratique dénoncée par la Bible. Dénoncer l’homophobie n’est pas se conformer à la société, soulignent-ils.

L’Eglise catholique est quant à elle fermement opposée au mariage entre personnes de même sexe. Pour elle, il y a un enjeu sacramental qui ne rend pas possible une telle bénédiction. Invité au Synode de Sète où il représentait l’Eglise catholique, Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier a rappelé que l’Eglise catholique avait toujours voulu éviter toute ambiguïté entre le mariage et ce qui pourrait y ressembler. C’est pourquoi elle ne pratique pas de bénédiction des couples homosexuels. Il est possible de bénir une famille, mais pour les catholiques, le mariage est un sacrement, c’est-à-dire un signe de Dieu et non une parole humaine qui vient s’appliquer sur une réalité. Le mariage n’est donc pas un droit pour tous.

Toutefois, l’accueil des personnes homosexuelles est à l’ordre du jour du Synode sur la famille qui se réunira en octobre prochain au Vatican. (avec La Croix et agences)

18/05/2015 17:03

France : l’Eglise protestante prête à bénir les mariages gays

L’Eglise protestante a décidé que ses pasteurs pourraient bénir les couples homosexuels s’ils le souhaitent.

Ce dimanche, la décision a été votée à la majorité par le synode : les pasteurs de la principale Eglise protestante de France pourront désormais bénir les mariages homosexuels déjà célébrés civilement.

Cette ouverture de l’Eglise protestante a ainsi été adoptée à 94 voix contre 3, ses représentants particulièrement unis dans la question.

Les pasteurs français sont ainsi libres de leur décision, comme l’explique l’EPUdF : “Une telle bénédiction est bien une possibilité ouverte, elle n’est ni un droit ni une obligation. En particulier, elle ne s’impose à aucune paroisse”.

Le mariage n’est pas un sacrement pour les Protestants, à l’inverse des catholiques, mais les couples peuvent se rendre au temple pour y obtenir une bénédiction.

Un mouvement qui inspirera peut-être les autres religions ? 

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Bénédiction des couples homos protestants: “Ça me semble naturel”

Les couples homosexuels protestants mariés civilement vont également pouvoir se marier à l’église. Les pasteurs protestants de France pourront désormais les bénir. Une décision adoptée dimanche à une large majorité par le synode, qui réunissait à Sète (Hérault) une centaine de délégués de l’Église protestante unie de France. Parmi les délégués qui ont pris part au vote, 94 ont voté pour et trois contre.

“On avait peur qu’il y ait des fractures au sein des églises protestantes, or ce raz-de-marée montre qu’il y a une sérénité”, s’est réjoui Marc Pernot, pasteur à l’église protestante de l’Oratoire du Louvre à Paris, ce lundi chez Jean-Jacques Bourdin. “Dans toutes les religions, il y a un courant libéral et un courant plus traditionnaliste. Dans l’église protestante, il y a ces deux courants, mais peut-être sommes-nous en harmonie avec les libéraux”, explique Marc Pernot.

“La bible n’est pas un code civil”

Dorénavant, “il y aura une cérémonie de mariage comme pour un autre couple”, explique le pasteur, qui a toujours milité pour cette ouverture de la bénédiction aux couples homosexuels. “Ça me semble naturel. Si je vois un bon couple qui désire s’engager dans la fidélité et qui compte sur la bénédiction de dieu pour l’aider dans son projet, je ne peux pas refuser de les accompagner spirituellement”.

“Dans la bible, il y a deux versets sur cette question (de l’homosexualité), a expliqué Marc Pernot. Mais on ne peut pas lire la bible aussi étroitement que ça, sinon il faut rétablir l’esclavage, il faut favoriser le viol conjugal… Cela a été écrit il y a 2.000 ou 3.000 ans. La bible n’est pas un code civil”.

18/05/2015 à 12:09

L’Eglise protestante accepte la bénédiction des couples homosexuels

Le pasteur Laurent Schlumberger, président de l’Eglise protestante unie de France, explique que la possibilité pour les couples homosexuels d’être bénis dans un Temple n’est pas pour accueillir de nouveaux fidèles, mais pour partager avec ces couples la célébration de leur union.

 

premier mariage homosexuel en France, célébré à Montpellier ()

@afp

L’Eglise protestante de France a annoncé ce dimanche qu’elle accepterait désormais de bénir le mariage des couples homosexuels. 

“Les choses se sont passées assez sereinement, a expliqué le pasteur Laurent Schlumberger, président de l’Eglise protestante unie de France, invité de Sud Radio. (…) Il y a souvent beaucoup de passion mais, hier, nous avons fait un pas de plus pour accueillir dans les cultes, dans l’Eglise et à l’occasion de leurs mariages les couples qui le souhaiteraient, même avec cette diversité de point de vue mais réunis par notre souci de partager avec tout le monde l’Evangile de Jésus-Christ qui nous fait vivre et qui accueille chacun tel qu’il est.”

Les pasteurs auront le choix de procéder à cette bénédiction ou non. Une évolution qui n’a pas, selon le pasteur Laurent Schlumberger, pour objectif de chercher à accueillir de nouveaux fidèles, mais plutôt “de pouvoir partager nos convictions telles que nous les formulons ensemble et de rendre l’Evangile, la foi Chrétienne, qui est de l’ordre de la rencontre et pas de la doctrine, plus ouverte à ceux qui cherchent et qui essaient d’avancer avec plus de sens dans leur existence.”

L’Église protestante pourra bénir les mariages homosexuels

La décision de bénir les couples homosexuels a été prise à la quasi-unanimité./Photo DDM, archives

La décision de l’Église protestante de pouvoir bénir les mariages des couples de même sexe est une quasi première en France. Le vote a eu lieu hier lors du Synode de Sète.

Un coup de tonnerre a éclaté à Sète (Hérault), lors du synode des Églises protestantes (Réformée et Luthérienne) de France. Désormais, et s’ils le souhaitent, les pasteurs pourront bénir les couples homosexuels déjà mariés civilement.

Mais, face à cette annonce, force et de constater que ce n’est pas vraiment une première en France. La Mission populaire évangélique (MPEF), une Église beaucoup plus petite que l’Église protestante unie de France (EPUdF), autorise déjà ses pasteurs à participer à «un geste liturgique d’accueil et de prière» pour les homosexuels. Mais cette pratique reste encore marginale.

Unanimité après de houleux débats

Cette décision de bénir les couples homosexuels a été prise a la quasi-unanimité. Sur la centaine de délégués présents et ayant pris part au vote, 94 se sont prononcés en faveur de la possibilité d’une bénédiction. Seuls 3 se sont montrer contre cette décision cultuelle. Selon le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF, «ce n’est pas une majorité qui a gagné contre une minorité. La décision intègre toutes les positions».

Cela fait près d’un an et demi, que l’Église protestante a ouvert le débat en son sein. Pour l’EPUdF, la décision du vote est «un pas de plus» pour «accompagner les personnes et les couples». C’est aussi un moyen de «permettre aux couples de même sexe de se sentir accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante». C’est pourquoi, et l’Église insiste sur ce point, «une telle bénédiction est bien une possibilité ouverte, elle n’est ni un droit ni une obligation. Elle ne s’impose à aucune paroisse». En supprimant le principe de contrainte, l’EPUdF affirme son ambition de transformer son Église.

Tout en se défendant d’être en concurrence avec une mouvance évangélique en forte croissance, l’EPUdF parie sur une démarche missionnaire pour «passer d’une Église de membres à une Église de témoins».

«Une décision prise contre tous les textes bibliques»

À en croire certains pasteurs comme Gilles Boucomont, présent à Sète, «pour la première fois en France depuis 1517 — date de la Réforme initiée par Martin Luther —, une décision synodale majeure est prise contre tous les textes bibliques». Avec une cinquantaine d’autres pasteurs et une centaine de conseillers presbytéraux, il avait signé un appel invitant les délégués du synode à ne pas statuer «dans la hâte de répondre à la pression de la société et l’évolution de ses mœurs». Certains des signataires craignant même «de profondes déchirures» à l’intérieur même de l’Église protestante.

Selon l’EPUdF, un nouveau pasteur serait accueilli chaque mois dans l’Église. Une statistique qui, face aux départs à la retraite, permet de stabiliser le nombre de ces pasteurs. D’ailleurs, 45 % des pasteurs de l’Église Protestante sont des femmes.


Repères

Le chiffre : 94

personnes > au synode. Ce sont 94 délégués sur 105 représentants de l’église protestante qui ont entériné la bénédiction des unions homosexuelles.


Des réactions partagées

Pour Jean-Luc Roméro, élu de la région Ile-de-France qui a mené combat pour le mariage homosexuel c’est une «magnifique avancée. La bénédiction des mariages gay, c’est un «grand geste d’amour en cette Journée contre l’homophobie».

Pour lui qui est homosexuel marié, «cette décision réconcilie les homosexuels avec les religions».

Cet avis n’est cependant pas partagé par tous et, notamment pas par de nombreux représentants, prêtres et fidèles de l’église catholique qui «voient là une décision irresponsable qui met à mal nos sociétés».

Chez les protestants, cette bénédiction ne fait cependant pas non plus l’unanimité .

Gilles ­Boucomont, pasteur du temple du Marais, à Paris «se déclare hostile à cette décision». Très actif dans les réseaux sociaux, le pasteur Boucomont était devenu le porte-étendard des opposants protestants.

Les vifs débats provoqués dans la société sur l’adoption du mariage pour tous en 2013 ont pesé sur le synode. Les Églises luthérienne et réformée avaient repoussé le sujet car elles étaient attachées à réaliser leur unité. «À l’époque, les questions sensibles avaient été mises sous le tapis», regrette un farouche partisan de la bénédiction. L’Église protestante «classique» était également confrontée aux positions tranchées des évangéliques et des pentecôtistes, opposés à cette bénédiction.

Des pasteurs pourront bénir les mariages gays

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ne quasi-première dans l’Hexagone : sur la centaine de délégués de l’Église protestante unie de France (EPUdF) réunis hier en synode à Sète (Hérault) et ayant pris part au vote, 94 ont voté pour la possibilité d’une bénédiction des mariages homosexuels et 3, contre. « Ce qui m’a surpris, c’est l’excellente ambiance » lors de la session du vote, marquée par « la confiance et la fraternité », a déclaré à l’AFP le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF, Église qui incarne le courant historique du protestantisme français. « Ce n’est pas une majorité qui a gagné contre une minorité. La décision intègre toutes les positions. »

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Dans un communiqué, l’EPUdF précise qu’il s’agit d’« un pas de plus » pour « accompagner les personnes et les couples », après dix-huit mois de réflexion et de débat, et deux ans après l’adoption de la loi Taubira ouvrant le mariage civil à deux personnes de même sexe.

D’importantes communions protestantes d’Europe (Espagne, Italie…) et d’Amérique du Nord ont ouvert cette bénédiction aux couples gays et lesbiens. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise actuellement ses pasteurs à participer à un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels, une pratique qui reste marginale. Le mariage ne constitue pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple.

« Le synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie », a indiqué l’EPUdF. « Une telle bénédiction est bien une possibilité ouverte, elle n’est ni un droit ni une obligation. En particulier, elle ne s’impose à aucune paroisse », a-t-elle pris soin de préciser, ajoutant que « les débats qui concernent les couples de même sexe sont souvent passionnés et exclusifs ».

Loin de faire consensus

Au sein même de l’Église protestante unie, née en 2012 de la fusion des Églises luthériennes et réformées, le sujet est loin de faire consensus, même si le mariage gay n’y subit pas le net rejet constaté parmi les responsables catholiques et dans les mouvements évangéliques. En juin 2014, l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (Uepal), présente sur le territoire alsacien-mosellan, avait sursis à statuer et s’était donné « un délai de trois ans avant d’envisager de reprendre cette question en assemblée ».

Avant le synode, le pasteur Gilles Boucomont, vif opposant au projet, s’était inquiété de ce que « pour la première fois en France depuis 1517 » (date de la Réforme entreprise par Martin Luther), « une décision synodale majeure puisse être prise contre tous les textes bibliques ». Avec une cinquantaine d’autres pasteurs et une centaine de conseillers presbytéraux (locaux), il avait d’ailleurs signé un « appel » invitant les délégués du synode à ne pas statuer « dans la hâte de répondre à la pression de la société et l’évolution de ses mœurs », et disait craindre « de profondes déchirures ».

« Symbolique »

Pour sa part, le président de SOS Homophobie, Yohann Roszéwitch, « très heureux de ce vote à la quasi-unanimité », a souligné la « symbolique » de ce geste intervenu dimanche, journée internationale de lutte contre l’homophobie. Le vote lui paraît « primordial dans un contexte actuel de hausse de l’homophobie, entretenue parfois par les Églises ». En 2014, l’association a recueilli 2 197 témoignages faisant état d’actes homophobes.

Le synode de l’EPUdF, qui revendique 110 000 membres actifs parmi 400 000 personnes faisant appel à ses services, était réuni depuis jeudi autour du thème « Bénir, témoins de l’Évangile dans l’accompagnement des personnes et des couples ». Tout en se défendant d’être en concurrence avec une mouvance évangélique en forte croissance, l’EPUdF parie désormais sur une démarche missionnaire pour « passer d’une Église de membres à une Église de témoins ».

L’EPUdF accueille un nouveau pasteur chaque mois, ce qui, compte tenu des départs à la retraite, lui permet de stabiliser leur nombre. Un tiers d’entre eux, et même 45 % des nouveaux pasteurs, sont des femmes.

Protestants : un pas vers les unions homosexuelles

Le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF. Photo AFP

Le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF. Photo AFP

Les pasteurs de l’Église protestante unie de France (EPUdF) pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement, selon une décision adoptée hier à une large majorité par le synode, une quasi-première dans l’Hexagone.

Sur la centaine de délégués de l’EPUdF réunis à Sète (Hérault) et ayant pris part au vote, 94 ont voté pour la possibilité d’une bénédiction et trois contre, selon le porte-parole de cette Église qui incarne le courant historique du protestantisme français.

Le sourire de SOS Homophobie

« Ce qui m’a surpris, c’est l’excellente ambiance » lors de la session du vote, marquée par « la confiance et la fraternité », a déclaré le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF.

« Ce n’est pas une majorité qui a gagné contre une minorité. C’est un pas de plus pour accompagner les personnes et les couples. »

Deux ans après l’adoption de la loi Taubira ouvrant le mariage civil aux personnes de même sexe, cette annonce est historique en France. D’importantes communions protestantes d’Europe (Espagne, Italie…) et d’Amérique du Nord, ont ouvert cette bénédiction aux couples gays et lesbiens. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), une Église beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise actuellement ses pasteurs à participer à un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels, mais cela reste marginal.

Pas un sacrement pour les protestants

Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple.

Le président de SOS Homophobie, Yohann Roszéwitch, « très heureux de ce vote à la quasi-unanimité », a souligné la « symbolique » de ce geste intervenu hier, au cours de la journée internationale de lutte contre l’homophobie.

Au sein même de l’Église protestante unie, née en 2012 de la fusion des Églises luthérienne et réformée, le sujet est loin de faire consensus, même si le mariage gay n’y fait pas l’objet du rejet constaté parmi les responsables catholiques et dans les mouvements évangéliques.

En juin 2014, l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL) s’était donné « un délai de trois ans avant d’envisager de reprendre cette question en assemblée ».

Mariage gay: les pasteurs réforment leur opinion

La principale composante de l’Église protestante de France autorise la bénédiction d’une union homosexuelle dans ses lieux de culte.

Les pasteurs de la principale Église protestante de France pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement, selon une décision adoptée dimanche à une large majorité par le synode, une quasi-première dans l’Hexagone.

“C’est une décision
prise contre
tous les textes bibliques!”

Qui l’a décidé? Il s’agit de l’Église protestante unie de France (EPUdF) qui incarne le courant historique du protestantisme français. L’EPUdF revendique 110.000 membres actifs parmi 400.000 personnes faisant appel à ses services. L’EPUdF accueille un nouveau pasteur chaque mois, 45% de ce clergé est renouvelé par des femmes.
De quoi s’agit-il? D’un vote après de longs débats. Sur la centaine de délégués réunis à Sète (Hérault) et ayant pris part au vote, 94 ont voté pour la possibilité d’une bénédiction et trois contre. Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple. Dans un communiqué, l’EPUdF précise qu’il s’agit ici d’« un pas de plus pour accompagner les personnes et les couples », après dix-huit mois de réflexion et de débat. « Le Synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie », indiquait dimanche l’EPUdF. « Une telle bénédiction est bien une possibilité ouverte, elle n’est ni un droit ni une obligation. En particulier, elle ne s’impose à aucune paroisse », a-t-elle pris soin de préciser, ajoutant que « les débats qui concernent les couples de même sexe sont souvent passionnés et exclusifs ».
L’Église protestante reste très partagée. Deux ans après l’adoption de la loi Taubira ouvrant le mariage civil à deux personnes de même sexe, cette annonce est une quasi-première en France.
D’importantes communions protestantes d’Europe (Espagne, Italie…) et d’Amérique du Nord, ont ouvert cette bénédiction aux couples gays et lesbiens. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), une Église beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise actuellement ses pasteurs à participer à un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels, une pratique qui reste marginale. Au sein même de l’Église protestante unie, née en 2012 de la fusion des Églises luthériennes et réformées, le sujet est loin de faire consensus, même si le mariage gay n’y fait pas l’objet du rejet constaté parmi les responsables catholiques et dans les mouvements évangéliques.
Une frange de la communauté est opposée au mariage homosexuel. En juin 2014, l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), présente sur le territoire alsacien-mosellan, avait sursis à statuer et s’était donné « un délai de trois ans avant d’envisager de reprendre cette question en assemblée ». Avant le synode, le pasteur Gilles Boucomont, vif opposant au projet, s’était inquiété de ce que « pour la première fois en France depuis 1517 » (date de la Réforme initiée par Martin Luther), « une décision synodale majeure puisse être prise contre tous les textes bibliques ».
Avec une cinquantaine d’autres pasteurs et une centaine de conseillers presbytéraux locaux, il avait d’ailleurs signé un appel invitant les délégués du synode à ne pas statuer « dans la hâte de répondre à la pression de la société et l’évolution de ses moeurs et disait craindre de profondes déchirures ».

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“Le problème c’est le lobby gay”

« Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger » s’interrogeait le pape François voici un an. Ce commentaire avait été estimé encourageant par la communauté homosexuelle qui notait une évolution, au sommet de l’Église catholique. Mais évolution ne signifie pas inflexion et doctrinalement, l’homosexualité reste « un acte intrinsèquement désordonné » aux yeux des théologiens qui dissocient le respect dû aux êtres, du rejet de leurs écarts. Dès lors, aucune caution n’est à espérer de Rome. « Le problème, c’est le lobbying gay » exposait le même François l’été dernier. Inflexible, le Vatican refuse toujours d’accréditer Laurent Stéfanini, l’ambassadeur nommé par la France auprès du Saint-siège ce printemps. Catholique pratiquant, l’ancien chef du protocole à l’Élysée est aussi un militant de la cause homosexuelle.

Les pasteurs pourront bénir les couples homos

Les pasteurs pourront bénir les couples homos

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18 Mai 2015, 07h00 | MAJ : 18 Mai 2015, 05h51

Les pasteurs de la principale Eglise protestante de France pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement, selon une décision adoptée hier à une large…

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L’Église protestante de France va pouvoir bénir les mariages homosexuels


C’est une quasi-première en France. Deux ans après l’adoption de la loi Taubira ouvrant le mariage civil aux personnes de même sexe, les pasteurs de la principale Église protestante de France pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement. La décision a été adoptée, hier, à une très large majorité par le synode de l’Église protestante unie de France (EPUdF), qui incarne le courant historique du protestantisme français. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF) autorise actuellement ses pasteurs à participer à un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels. Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple. « Le synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie », a indiqué l’EPUdF.