Les évêques des Églises orientales catholiques en Europe affrontent les défis posés à leurs fidèles …

Site du Conseil des conférences épiscopales européennes (*)

Du 20 au 23 octobre 2016 s’est déroulée à Fatimal (Portugal) la rencontre annuelle des évêques des Églises orientales catholiques en Europe. Au terme de leur rencontre, ils ont publié le message suivant, intitulé « J’étais étranger, et vous m’avez accueilli ». Le phénomène migratoire actuel provoque l’Église à actualiser le mystère de la communion : « la mobilité de nos fidèles favorise la culture de la rencontre et témoigne l’unité spirituelle vécue en Europe ». Dans leur message, les évêques orientaux remercient les pasteurs locaux et les communautés paroissiales de l’Église latine pour leur sollicitude et accueil. Conscients de leur responsabilité, s’inquiétant du « sécularisme qui vise à dénaturer la vie chrétienne », ils veulent porter « une attention particulière aux familles qui sont séparées en raison de la migration pour souligner la beauté de la famille et réaffirmer combien elle est fondamentale pour l’humanité ». Ils apportent leur coopération et souhaitent trouver « les moyens les plus appropriés pour un meilleur partage des activités et des structures pastorales » entre chrétiens et pasteurs orientaux et latins. Ils s’engagent pour être des « opérateurs de réconciliation et de paix ».

La DC

« J’étais étranger, et vous m’avez accueilli » (Mt. 25, 35)

Nous, les évêques des Églises orientales catholiques en Europe, réunis à Fatima (Portugal) du 20 au 23 octobre 2016 pour notre rencontre annuelle, qui a également vu la participation des évêques représentants de certaines conférences épiscopales, en communion de prière et de fraternité spirituelle, nous avons réfléchi sur les défis posés par le soin pastoral des fidèles catholiques orientaux qui émigrent vers les pays occidentaux et, souvent, vers des lieux où ils sont dépourvus de leurs propres pasteurs.

Dans nos travaux, nous nous sommes laissés inspirer et guider par la parole de Jésus-Christ, le fils de Dieu, qui a personnellement vécu l’expérience déchirante de ceux qui sont contraints de quitter leur pays d’origine à la recherche de nouveaux horizons. Alors que nous nous approchons de la conclusion de l’Année jubilaire de la miséricorde, nous percevons que ces paroles de Jésus soudent spirituellement les communautés ecclésiales liées par l’expérience de la migration. « J’étais étranger » : voilà des mots adressés à nos fidèles, souvent contraints de migrer ; “vous m’avez accueilli”: souligne l’attitude humaine et chrétienne des communautés ecclésiales et civiles qui les accueillent.

Le phénomène migratoire actuel est donc une opportunité pour l’Église, car il ouvre au don de l’accueil, tel que nous le rappelle le pape François. C’est ainsi que nous vivons ce en quoi nous croyons, à savoir que l’Église n’est pas une réalité repliée sur elle-même, mais elle est constamment ouverte à la dynamique missionnaire et œcuménique, car elle est envoyée au monde pour annoncer et témoigner, actualiser et diffuser le mystère de la communion qui la constitue : réunir tout et tous en Jésus-Christ ; être pour tous un « sacrement inséparable d’unité” (Communionis notio, n. 4) (1). En effet, la mobilité de nos fidèles favorise la culture de la rencontre et témoigne l’unité spirituelle vécue en Europe.

Tout d’abord, nous tenons à exprimer notre gratitude aux pasteurs locaux et aux communautés paroissiales de l’Église latine dans ces pays, pour leur sollicitude paternelle et l’accueil de nos fidèles appartenant aux Églises orientales catholiques. Nous tenons à remercier tout particulièrement pour l’appréciation de la vie spirituelle que ces fidèles ont apportée dans leurs nouveaux pays de résidence. Nous sommes reconnaissants envers les pasteurs locaux qui les considèrent comme des opérateurs de la nouvelle évangélisation, en témoignant la foi avec leur vie chrétienne. Nous souhaitons également remercier les évêques de l’Église latine qui apprécient les traditions orientales, auxquelles nos fidèles appartiennent (cf. Can. 40 § 1 CCEO). Nous sommes reconnaissants pour leur attention à faire en sorte que nos fidèles puissent compter sur un soin pastoral selon leur rite d’appartenance ; pour l’accueil réservé aux prêtres venant de l’Église mère afin de servir nos fidèles ; pour la création d’aumôneries et même de paroisses personnelles, conscients de notre besoin d’avoir des structures ecclésiastiques pour nos fidèles dans les pays où ils vont s’installer (cf. can. 383 § 2 CIC).

Nous, évêques catholiques orientaux d’Europe, nous sommes conscients de notre responsabilité envers les fidèles qui se trouvent en dehors des frontières de leur Église Mère (cf. 148 § 1 CCEO Can). Nous voulons soutenir et confirmer chacun d’entre eux et leurs familles. Nous portons une attention particulière aux familles qui sont séparées en raison de la migration pour souligner la beauté de la famille et réaffirmer combien elle est fondamentale pour l’humanité. Nous sommes proches des personnes les plus vulnérables et isolées, afin qu’elles ne tombent pas dans le piège de la traite des êtres humains. Nous nous engageons à promouvoir avec enthousiasme la transmission de la foi aux jeunes et aux enfants, car il s’agit sans aucun doute d’un don indispensable à la plénitude de la vie.

Par ce message, nous souhaitons déclarer notre disponibilité et notre désir de coopérer plus étroitement avec les pasteurs latins pour fournir des soins pastoraux de plus en plus appropriés à nos fidèles qui se trouvent dans leur juridiction (can. 916 § 5 CCEO, Instruction Erga migrantes caritas Christi, Chap. II, art. 4-11) (2), ainsi que pour soutenir la formation et la sensibilisation du clergé latin à l’égard des traditions orientales ; tout comme pour former au mieux nos propres prêtres envoyés pour veiller au soin pastoral de nos fidèles. Il est également souhaitable que l’on trouve les moyens les plus appropriés pour un meilleur partage des activités et des structures pastorales.

Nous voulons également affirmer que notre engagement et le soin pastoral des fidèles se basent sur le principe de l’intégration, et non pas sur celui de l’assimilation. Nous tenons à ce que nos fidèles, organisés dans leurs centres pastoraux, soient bien intégrés dans l’Église locale du pays d’accueil, certains que les traditions chrétiennes orientales sont un don même pour les communautés latines. C’est seulement par l’intégration dans l’Église locale – sans être assimilés et sans être isolés – que l’on pourra partager la richesse de nos traditions et témoigner ensemble que l’Église catholique est « l’unité de la foi dans la diversité des traditions ».

Cependant, même les traditions orientales doivent faire face au grand défi du sécularisme, qui vise à dénaturer la vie chrétienne. Par conséquent, l’effort d’incarner l’Évangile dans la culture de nos peuples, souvent prisonniers du présent, nous aidera à renforcer la conscience de faire partie d’une histoire qui nous précède et qui nous suit (cf. st Jean-Paul II, Orientale lumen, 8) (3).

En ce moment historique, nous sommes proches de ceux qui souffrent terriblement à cause de la violence et de la guerre qui continue d’accabler de nombreux peuples, en particulier l’Ukraine et le Moyen-Orient. Le Saint-Père François nous enseigne que les paroles de la paix sont le pardon, le dialogue, la réconciliation, car sans conversion du cœur il n’y a pas de paix. Ainsi, nous voulons être des opérateurs de réconciliation et de paix, et nous souhaitons nous engager à reconstruire l’harmonie là où elle a été brisée. En suivant l’exemple héroïque des petits bergers de Fatima, nous voulons continuer à prier et à faire pénitence pour demander à Jésus-Christ le don de sa paix, sans relâche, dans l’espoir d’une paix qui ne soit pas séparée des devoirs de la justice et qui soit alimentée par le sacrifice, la charité, la miséricorde.

À Marie, Mère de Dieu et des hommes, apparue ici à Fatima il y a cent ans, nous confions nos Églises, les familles, les jeunes, les malades, les personnes âgées, les chômeurs et tous ceux qui souffrent, car vous, tendre Mère, Vous connaissez chaque souffrance, chaque douleur, chaque privation, et Vous prenez tous dans Vos bras d’amour.

« Que vienne pour tous le temps de la paix et de la liberté, le temps de la vérité, de la justice et de l’espérance » (cf. Acte de consécration à la Vierge de Fatima).

(*) Titre et notes de La DC.

(1) DC 1992, n. 2055, p. 730.
(2) DC 2004, n. 2318, p. 687-688.
(3) DC 1995, n. 2117, p. 520.

Un couple de pasteurs libéré en Chine

Temps de lecture : 2 minutes

Yang Rongli, pasteure d’une mégachurch forte de 50 000 membres en Chine a été libérée après 7 ans de détention, selon l’organisation ChinaAid.

La femme et son mari Wang Xiaoguang avaient été arrêtés en 2009 après avoir été reconnus coupables de « trouble à l’ordre public » suite à la tenue d’une réunion de prière.

Après s’être acquitté d’une amende de 40 000 yuans (un peu plus de 5 400 euros), Wang avait été libéré en 2012 mais sa femme était restée emprisonnée. Cette dernière dirigeait alors l’église de maison « Linfen » dans la province du Shanxi.

« Lors de sa libération, Yang a montré des signes physiques de brutalité qu’elle a enduré pendant son incarcération. Ses cheveux étaient grisés en raison de la malnutrition et du manque de lumière du soleil, et elle a souffert de deux calculs rénaux, de diabète, et d’un problème cardiaque. Malgré ses maux, elle a gardé sa joie et n’a pas de ressentiments », rapporte l’organisation chrétienne.

Le gouvernement chinois ne permet d’exprimer sa foi que dans des églises officielles dont les dirigeants ont été ordonnés par lui-même. Les églises de maison sont hors la loi et font face à de nombreuses répressions ces dernières années en Chine. Certains pasteurs sont accusés faussement de détournement de fond ou d’espionnage.

Remercions le Seigneur pour la libération de ses enfants.
Prions que Yang Rongli retrouve toutes ses forces physiques.
Prions également pour tous les chrétiens en Chine qui fréquentent ces églises de maison ; que le Seigneur les protège et les fortifie dans leur foi.
Enfin, prions que l’Église de Jésus-Christ continue de croitre dans le pays malgré la persécution.

Pour le pape François, la pastorale des vocations ne doit pas être « bureaucratique »

Le pape recevait vendredi 21 octobre les participants à la Convention internationale sur les vocations sacerdotales.

La pastorale des vocations ne doit pas être « bureaucratique », a estimé le pape François, vendredi 21 octobre en recevant au Vatican les 300 participants de la Convention internationale sur les vocations sacerdotales.

Le pape leur a demandé de sortir de la rigidité et de la bureaucratie, pour faire « expérimenter la beauté de l’amour de Dieu ». Le pape François a exprimé sa prudence quant à l’expression de « pastorale des vocations », qui pourrait faire penser selon lui à l’élaboration d’un projet ecclésial dans un bureau de la curie romaine. Alors que « c’est beaucoup plus que cela », s’est-il exclamé : il s’agit d’une « rencontre avec le Seigneur ! ». La foi, a-t-il ajouté, n’est pas un livre de recettes ou un ensemble de normes à observer.

> Lire aussi : Pour le pape, la vocation « n’est jamais une fuite du monde »

« Sortir », « regarder » et « appeler »

Voilà pourquoi, a déclaré le pape aux évêques et aux prêtres, principaux responsables des vocations, il n’est pas possible de reléguer cette mission à une officine « bureaucratique ». Il s’agit plutôt de faire expérimenter la beauté de l’amour de Dieu : le pasteur doit être « au milieu de son peuple », a-t-il ajouté, et non pas enfermé dans la « forteresse rassurante » d’une sacristie ou d’un groupe restreint de fidèles.

Le pape s’est ainsi appuyé sur l’exemple de Jésus dans la vocation de saint Matthieu, donnant trois actions à mener en faveur des vocations sacerdotales et religieuses : « sortir », « regarder » et « appeler ». Il s’agit d’abord de sortir de « notre rigidité », a-t-il expliqué, qui rend incapable de communiquer la joie de l’Évangile, du fait de formules standardisées qui sont souvent anachroniques, d’analyses préconçues qui « cataloguent » la vie des candidats au sacerdoce.

Une mission urgente

Le pape François a recommandé aux pasteurs et aux acteurs de la pastorale des vocations de prendre le temps de regarder chacun de manière attentive et en profondeur. Et ce plutôt que de voir les choses à faire, dans un « activisme organisateur » qui ne laisse pas la place au silence intérieur et à l’appel du Seigneur.

Enfin, le pape a exhorté les acteurs de la pastorale des vocations à oser « appeler », à ne pas être timides dans la proposition de la voie sacerdotale, car c’est une mission urgente. Tout en demandant d’être vigilants et prudents dans le discernement des vocations, car l’Église a besoin de prêtres « mûrs et équilibrés », de pasteurs « intrépides et généreux ».

Cette audience s’est déroulée au cours de la convention internationale pour la pastorale des vocations, organisée du 19 au 21 octobre à Rome par la Congrégation pour le clergé. La convention se tient aussi dans la perspective du prochain synode des évêques, sur le thème « Les jeunes, la foi et les vocations », qui aura lieu en 2018.

> Lire aussi : En 2018, un Synode sur les jeunes et les vocations

G.V. avec Apic/cath.ch

Vocations : le Pape invite les prêtres à sortir, voir et appeler

(RV) En salle Clémentine, le Pape a reçu ce vendredi 21 octobre 2016 les 255 participants d’une convention internationale sur la pastorale des vocations. Cette rencontre est co-organisée par la Congrégation pour le clergé et l’Œuvre pontificale des vocations sacerdotales, en amont de la prochaine assemblée synodale de 2018 sur le thème de la jeunesse, de la foi et des vocations. Dans son intervention, le Pape est revenu sur l’essence de la pastorale vocationnelle. Marie Duhamel

J. Goeury, La muse du consistoire. Une histoire des pasteurs poètes des origines de la Réforme …

Référence bibliographique : Julien Goeury, La muse du consistoire.  Une histoire des pasteurs poètes des origines de la Réforme jusqu’à la révocation de l’Edit de Nantes, Droz, collection “Cahiers d’Humanisme et Renaissancen° 133”, 2016. EAN13 : 9782600019606.

Julien Goeury

La muse du consistoire.  Une histoire des pasteurs poètes des origines de la Réforme jusqu’à la révocation de l’Edit de Nantes.

Genève, Droz, 2016, 867 pages, 45 euros.

Depuis les origines de la Réforme jusqu’à la fin du XVIIe siècle, on compte des centaines de prédicants et de pasteurs en activité dans les Églises de langue française. Parmi eux, un certain nombre ont aussi été poètes, et cela dans des contextes très différents. Cette étude se présente comme la première enquête systématique visant à localiser à travers l’Europe les Églises qui les emploient, la noblesse qui les protège, les libraires imprimeurs qui les publient et les lecteurs auxquels ils s’adressent. Elle entend fournir des éléments probants sur leur formation intellectuelle et les cadres sociaux de leur pratique d’écrivain, en temps de paix comme en temps de guerre. Même si les Églises ne favorisent pas un véritable clivage entre ces deux activités de pasteur et de poète, l’examen de cette production très diversifiée sur près de deux siècles offre ainsi un éclairage déterminant sur l’activité d’un groupe social lettré constitutif de la République des lettres.

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION…. 3

PREMIÈRE ÉPOQUE (1533-1568)….. 27

Prologue M. Malingre dans le laboratoire de Neuchâtel….. 29

Livre I L’Église de Genève sous le magistère de J. Calvin….. 47

Chapitre 1 Th. de Bèze, poète et « homme de lectres »….. 49

1- Cloisonnement / décloisonement.. 49

2- Les usages militants de la « rime françoise ».. 61

Chapitre 2- Les prétendants 92

1- M. Malingre : le retour hasardeux d’un talent hasardé.. 92

2- E. de Beaulieu, « Jadis Prestre, Musicien et Organiste ».. 99

Chapitre 3- Les épigones. 111

1- J. de Coignac face à Goliath 111

2- H. de Barran, ou comment « enseigner par dialogues » 117

3- A. Chanorrier : pour solde de tout compte 121

Livre II Les Églises de France face à la guerre… 127

Chapitre 1 A. de Chandieu et B. de Montméja : « prédicantereaux » et « poetastres » ?… 127

1- « Une heure ou deux de bon silence » (Paris, 1558-1561) 128

2- L’offensive de « l’escole Beszienne » (Orléans, 1562-1563) 138

3- Dans la maison de solitude (Chauny, c. 1561-1567) 156

Chapitre 2 « Maistre Louy des Masures, serviteur de Dieu »….. 165

Chapitre 3 J. de L’Espine ou M. de Candolle ? Quelques poèmes en quête d’auteur… 186

DEUXIÈME ÉPOQUE (1569-1609)… 201

Livre I L’Église de Genève sous le magistère de Th. de Bèze 203

Chapitre 1 – Th. de Bèze : Le(s) chant(s) du cygne….. 203

Chapitre 2 – S. Goulart, ou comment tirer de l’eau d’une pierre ponce….. 222

Chapitre 3 Les exilés….. 256

1- « Parnasse est à Genève » : les années d’exil d’A. de La Roche-Chandieu 256

2- B. Alizet, « passeron enferré » ou vrai rossignol ? 277

Chapitre 4 – Frontaliers et transfrontaliers….. 296

1- R. Mengin de Marisy et J. Bansillon, « armez contre les vastateurs » 296

2- D. du Piotay, père et précepteur 298

Livre II Les Églises de France tournées vers l’Ouest… 305

Chapitre 1 – Y. Rouspeau, « Servir convient d’un cœur sans fiction ».. 306

Chapitre 2 – É. de Malescot, ou le bonheur de Barbezieux….. 333

Chapitre 3 – C. Dantonet, « Quelques larmes dans une phiole françoise »….. 350

Livre III L’Église française de Londres sous le règne… 362

d’Élisabeth Ière… 362

Chapitre 1 – M. Le Saulx, ou le « compas d’une discrette pudicité » 364

Chapitre 2 – La Main chrestienne d’A. de La Faye : un geste à peine esquissé… 373

Chapitre 3 – Moïse ou Cyprien ? Le dilemme de R. Le Maçon….. 377

TROISIÈME ÉPOQUE (1610-1680)… 384

Livre I – Divertissements académiques 386

Chapitre 1 – P. Ferry, ou « les honnestes libertés d’une jeunesse » 387

Chapitre 2 – A. d’Argent parmi les « cracheurs de vers »….. 400

Livre II – Salons et consistoires 413

Chapitre 1 – Ph. Vincent, « Quelques étincelles sous la cendre ».. 414

Chapitre 2 – Les saillies d’esprit de M. Amyraut. 424

Chapitre 3 – Les vies parallèles de L. Drelincourt et Ph. Le Noir….. 442

1- Ph. Le Noir et le « libertinage d’un homme d’estude » 446

2- L. Drelincourt, ou comment se faire un prénom 461

Livre III – Insubordinations… 472

Chapitre 1 – P. de Serval, Calvin, et les « écrivains modernes »….. 472

Chapitre 2 – La révolte de J. de Coras….. 488

Chapitre 3 – A. Morus, ou la tentation du morisme….. 506

Épilogue – Le laboratoire portatif de J. de Labadie… 533

CONCLUSION… 551

Homélie du Pape :”Le pasteur fidèle peut se sentir abandonné, mais jamais triste”

(RV) Le bon pasteur qui suit Jésus, et non le pouvoir, ou l’argent, même s’il est abandonné de tous, aura toujours le Seigneur à ses côtés, il sera désolé, mais jamais triste : c’est ce qu’a affirmé le Pape dans son homélie,au cours de sa messe quotidienne, à la chapelle de la Maison Ste Marthe.  Commentant la seconde Epitre à Timothée, le Pape s’est arrêté sur la fin des apôtres qui, comme St Paul vers la fin de sa vie, expérimentent la solitude dans les difficultés : spoliés, victimes d’acharnement, et abandonnés :« Seul, mendiant, victime d’acharnement, abandonné. Mais il s’agit pourtant du grand St Paul , celui qui a entendu la voix et l’appel du Seigneur ! Celui qui a tant voyagé, qui a souffert tant de choses et tant d’épreuves pour l’annonce de l’Evangile, celui qui a fait comprendre aux Apôtres que le Seigneur voulait que les Gentils aussi puissent faire partie de l’Eglise, le grand Paul, qui dans la prière, est monté jusqu’au septième Ciel, et a entendu des choses que personne n’avait entendues auparavant, le grand Paul qui, dans la petite chambre d’une maison ici à Rome, qui a attendu comme se terminerait cette lutte interne à l’Eglise, entre les rigidités des « judaïsants » et les disciples qui lui étaient restés fidèles. Et c’est ainsi que prend fin la vie du grand Paul  : non dans le ressentiment ou l’amertume, mais bien dans la désolation intérieure ».St Pierre et St Jean-Baptiste vécurent également la même chose : Jean-Baptiste, qui « seul et angoissé dans sa cellule » envoya ses disciples demander à Jésus s’il était le Messie, et finit par être décapité, en raison « du caprice d’une danseuse, et de la vengeance d’une adultère ». Même expérience pour Maximilien Kolbe, « qui avait créé un mouvement apostolique dans le monde entier », et qui mourut, seul, dans un camp de concentration. « L’apôtre, quand il est fidèle, précise le Pape, ne s’attend pas à une fin différente de celle de Jésus ». Mais le Seigneur reste proche, « il ne le laisse pas, et c’est en Lui que le disciple trouve sa force ». « C’est la Loi de l’Evangile : si le grain semé en terre ne meurt pas, il ne porte pas de fruit ». Car vient ensuite la Résurrection. Un théologien des premiers siècles, Tertullien  disait en effet que le sang des martyrs était semence des chrétiens :« Mourir comme martyrs, comme témoins de Jésus est comme le grain qui meurt, donne du fruit et remplit la terre de nouveaux chrétiens. Quand le pasteur vit ainsi, il n’est pas triste : il éprouve peut-être la désolation, mais il a cette certitude que le Seigneur est à ses côtés. Mais quand le pasteur, dans sa vie, s’occupe d’autres choses qui ne sont pas ses fidèles, -s’il s’attache par exemple au pouvoir, à l’argent, à tant d’autres choses-, à la fin, il ne sera pas seul. Il y aura peut-être des petits enfants, qui attendront qu’il meure, pour voir ce qu’ils pourront prendre pour eux ».Et le Pape de conclure ainsi son homélie :« Quand je me rends en visite dans une maison de repos où se trouvent des prêtres âgés, j’en vois tant parmi eux, de bons prêtres, qui ont donné leur vie pour leurs fidèles. Et ils sont là, malades, paralysés, en chaise roulante, mais on voit tout de suite leur sourire. ‘Tout va bien Seigneur, tout va bien Seigneur’, disent-ils, car ils sentent le Seigneur proche d’eux. Et ils demandent, les yeux brillants : ‘Comment va l’Eglise ? Comment va le diocèse? Comment vont les vocations?’. Jusqu’à la fin, parce qu’ils sont pères, parce qu’ìls ont donné leur vie pour les autres. Mais revenons à St Paul. Seul, mendiant, victime d’acharnement, abandonné de tous, mais non de Jésus : ‘seul le seigneur m’a assisté !’. Et le bon pasteur, le pasteur doit avoir cette certitude : s’il marche sur le chemin de Jésus, il lui sera proche, jusqu’à la fin. Prions pour les pasteurs qui sont à la fin de leur vie, et qui attendent que le Seigneur les prenne avec Lui. Prions pour que lDieu leur donne la force, la consolation et certitude que, bien qu’ils se sentent malades et seuls, le Seigneur est avec eux, proche d’eux. Que le Seigneur leur donne la force ».(MA)

Affaire une lesbienne élue Bishop à l’église méthodiste: L’Epmci accuse l’Emuci d’être informée de …

Réponse du berger à la bergère. C’est du moins, la qualification que l’on peut donner à la conférence de presse animée par l’Église protestante méthodiste de Côte d’Ivoire (Epmci).

De fait, près d’un mois après la sortie de l’Église méthodiste unies de Côte d’Ivoire (Emuci), sur la question de l’homosexualité pratiquée au sein de cette communauté religieuse, l’Epmci n’a pas voulu rester sans réagir. La couleuvre étant trop grosse à avaler, le pasteur Ernest Gnagne, 2e secrétaire général adjoint de l’Epmci, a donné la version de son église.

C’était le mardi 11 octobre 2016, au temple protestant méthodiste d’Attoban. Selon lui, l’Emuci, depuis son adhésion à l’église méthodiste des Etats-Unis, le Bishop Benjamin Boni a menti aux fidèles méthodistes de Côte d’Ivoire. Et elle continue de le faire avec l’affaire de la pasteure lesbienne élue à une haute responsabilité de Bishop.

En intégrant l’Emu, a affirmé le pasteur Ernest Gnagne, le Bishop Benjamin Boni savait bien que la pratique de l’homosexualité y avait cours. J’en veux pour preuve, a souligné l’homme de Dieu, des conférences mondiales auxquelles le Bishop Benjamin Boni a participé et au cours desquelles des couples homosexuels ont été consacrés. Bien avant ces événements, a-t-il poursuivi, des pasteurs avisés avaient tiré la sonnette d’alarme.

À Évreux, les évangélistes ont le vent en poupe

Samedi rue Georges-Bernard, dans la nouvelle salle de culte (600 m²) de l’église évangélique d’Évreux, ça ne sentait pas l’encens mais pourtant la ferveur religieuse y était ! En témoigne une salle comble, avec une formation de musiciens, un chœur gospel, des moyens audio et vidéo qui feraient pâlir bien des associations et dans un coin de la salle, une garderie pour les enfants afin que leurs cris et jeux ne perturbent pas les cérémonies.

L’ambiance lumineuse de la salle est d’un bleu très clair, extrêmement dépouillée. Aucun tableaux ni statues ni autres dorures tranchant nettement avec l’atmosphère des églises catholiques. Seule une croix chrétienne, stylisée et discrète, visible sur le pupitre où prêchent les pasteurs indique la nature cultuelle du lieu.

Les deux églises fusionnent

« La rénovation et l’extension de la salle de culte a été entièrement financée par les dons des fidèles. Nous n’avons demandé aucune subvention, déclarent d’une seule voix les deux pasteurs de l’église protestante évangélique, Jean-Pierre Perrin et Joël Dieu. Elle a été en partie rénovée grâce au bénévolat de fidèles. » Son inauguration, samedi, scelle un autre événement majeur dans l’histoire du culte évangélique à Évreux : « Cette salle, qui peut désormais accueillir 500 personnes contre 300 auparavant, symbolise la réunion des deux églises évangélistes d’Évreux », explique Jean-Pierre Pellerin. Les deux églises, distantes de 300 m (l’une était installée rue Georges-Bernard et l’autre rue du Maréchal-Joffre) ont fusionné, après un rapprochement opéré à partir de 2008. « Cette fusion a donné lieu à un vote et les fidèles des deux églises réunis en assemblée générale, ont souhaité cette fusion à 90 %. » La pratique cultuelle y est identique : « L’origine de l’église évangélique à Évreux remonte officiellement à 1962 mais on trouve un premier lieu de culte évangélique dès les années 30. Il était situé du Jean-Jaurès », précise un pasteur. Le lieu de culte n’a pas survécu aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale.

« Une foi simple »

« Le nombre de nos fidèles est en croissance régulière », assurent les pasteurs, salariés à plein-temps par leur église et vivant des dons des fidèles. Des fidèles de tous âges et de toutes catégories sociales. « Nous sommes aussi une église multiculturelle aussi » où la population d’origine africaine est bien représentée.

Mais pourquoi l’église évangélique attire-t-elle alors que dans les églises catholiques, les rangs de fidèles continuent de s’éclaircir ? : « Je crois qu’ici les fidèles viennent chercher une foi simple », explique Joël Dieu. Le rituel est singulièrement allégé par rapport à la liturgie catholique : « On aime à se retrouver dans la maison de Dieu chaque semaine, ce n’est pas une corvée », ajoute le pasteur Perrin. Une foi simple mais discrète aussi. Qui sait à Évreux que l’église évangélique rassemble des centaines de fidèles chaque dimanche à la messe ? Qu’elle donne des cours de catéchisme pour les 4-15 ans ? Qu’elle propose d’étudier la Bible et dispense de l’aide sociale (et pas uniquement à ses fidèles) sous forme de colis alimentaires ?

« Notre église n’est pas prosélyte mais elle est ouverte à tous », poursuit le pasteur. L’Église est membre de la Fédération nationale des assemblées de Dieu de France ainsi que du CNEF (Conseil national des Évangéliques de France). « On y entre en toute liberté et on peut aussi en sortir en toute liberté », croit bon d’ajouter son homologue. Les Évangélistes ne veulent pas être confondus avec quel que secte que ce soit.

Richard Mesnildrey

Christiane, David et… Guy

« Mes parents étaient très pieux et j’ai été élevé chez les sœurs », explique Christiane Murcia, issue d’une famille de 12 enfants, retraitée de la Ville d’Évreux.

Cette « Mère Théresa » de Saint-Michel est connue localement pour son engagement en faveur des plus démunis.

Ses origines catholiques très affirmées ne l’empêchent pas de fréquenter l’église évangélique : « Je viens très régulièrement assister à la messe, témoigne-t-elle en restant fidèle aux rites principaux de son église d’origine, « Pâques, Rameaux, Toussaint… Je fréquente les deux églises car pour moi elles ont en commun le même évangile. »

« Tout à fait d’accord, confirme David, Ébroïcien qui à grandi à La Madeleine, lui aussi baptisé catholique. C’est la même chose. » L’ambiance y est tout de même différente estime Christiane : « Ici les prières son plus communicatives. Dans les églises catholiques, non. Ce n’est plus l’église que j’ai connue… »

Guy Lefrand « prédicateur »

Guy Lefrand, maire (LR) d’Évreux a été invité à prendre la parole, lors de l’inauguration. Même s’il anticipait déjà le procès que ne manqueront pas de lui faire les tenants d’une laïcité stricte, l’édile s’est longuement exprimé : « C’est toujours difficile pour un maire de prendre la parole dans un lieu de culte, a déclaré Guy Lefrand, évoquant la loi de séparation de l’Église et de l’État. Mais la laïcité, je l’ai déjà dit ce n’est pas l’athéisme. » Avant d’ajouter que si les espaces religieux et publics étaient séparés, « un respect réciproque doit inspirer religion et République. » Le maire a évoqué ensuite sa pratique personnelle et sa conviction que la vie « a trois piliers, la santé, l’éducation et la spiritualité ». L’élu a aussi invité les Évangéliques à prier pour les chrétiens d’Orient, croyants « les plus persécutés actuellement ».

« Vous feriez un très bon prédicateur », a commenté spontanément le pasteur Jean-Pierre Perrin. Le maire se serait peut-être passé d’un tel hommage !

Un père de famille congolais devenu pasteur dans la Péninsule

Quand il était petit, Daniel K. Delpeche ne s’imaginait pas pasteur. Depuis un an, il prêche la bonne parole dans la Péninsule acadienne. Récit d’un parcours hors-norme.

Mérilda Robichaud a la foi chrétienne chevillée au corps. Plusieurs fois par semaine, elle se rend à l’Église évangélique de la Pentecôte, à Village-Blanchard, près de Caraquet où elle réside.

Dans ses mains, elle tient fermement sa Bible annotée de commentaires personnels et dont elle a souligné quelques passages. Dimanche encore, elle est allée communier avec le Tout-Puissant et écouter le prêche du nouveau pasteur permanent, Daniel K. Delpeche, nommé en septembre 2015.

Son arrivée est perçue comme une bénédiction. Il est bien apprécié.

«J’aime son interprétation des écrits bibliques, j’aime ce qu’il dit. Il fait toujours le lien avec la situation actuelle, ce que nous vivons au quotidien. Ses paroles sont émouvantes», commente Mérilda Robichaud.

«Il nous tient dans son cœur. Je sais que je peux compter sur lui. Il ne me laissera pas tomber. Sa présence apporte de la stabilité à notre église», se réjouit Denise Richardson, de Val-Doucet.

Pourtant, rien ne prédestinait ce père de famille originaire du Congo à vouer sa vie au Seigneur. Daniel K. Delpeche est né à Brazzaville. Comme tout Congolais, il a été élevé dans la foi chrétienne.

«Dans mon pays, tout le monde prie.»

Lui et les siens fréquentaient l’Église protestante. Mais croire en Dieu est une chose, devenir pasteur en est une autre. Avec le recul, il considère que tout était planifié à son insu. Une force divine lui a montré le chemin, une évidence qui s’est imposée à lui progressivement et qui l’a fait renoncer à sa vie «ordinaire».

Il y a tout d’abord eu ces pasteurs de renom qui, au Congo, l’ont impressionné quand il était jeune. Puis, la Bible qu’il a lue avec intérêt après avoir accompli un premier cycle universitaire.

«Je l’étudiais du matin au soir. Ç’a été mal perçu. Des amis m’ont rejeté.»

Il mentionne également ce rêve qu’il a fait tout juste après être arrivé au Canada, en 2007, où il était venu poursuivre sa formation en techniques de l’information.

«J’étais dans les rues de Montréal et je criais: « Jésus est vivant! Jésus est vivant! » Les gens me répondaient des insanités. Mais quand je me suis retourné, il y avait derrière moi une foule de personnes qui me suivaient et que j’avais converties.»

Lorsqu’il a raconté ses songes à sa femme restée en Afrique, celle-ci lui a rappelé qu’il était au Canada pour ses études, pas pour prêcher la sainte parole. Daniel K. Delpeche s’est alors efforcé de devenir un bon informaticien. Après que sa famille l’a rejoint au Nouveau-Brunswick, il a mené une existence paisible. Cependant…

«Je ne me sentais pas à ma place dans l’informatique. J’éprouvais une insatisfaction. Aujourd’hui, je comprends que dans tout homme et dans toute femme, il y a un vide que seul Dieu peut combler», déclare-t-il.

Le déclic s’est produit le 31 décembre 2009, un soir de fête au cours duquel sa fille âgée de 5 ans à l’époque a dit souhaiter que son père devienne pasteur.

«Ç’a été une révélation. Dieu m’adressait un message.»

Il s’est formé à l’Institut biblique du Québec, en suivant des cours par correspondance. Il a commencé par être assistant à l’Église nouvelle espérance, à Dieppe, jusqu’à être nommé à la tête de celle de Village-Blanchard dans laquelle il fonde de grands espoirs.

«De 2013 à 2015, cette église n’avait pas de pasteur résidant. Mon objectif est de développer les activités. J’aimerais aussi m’adresser aux jeunes. Soit ils quittent la province, soit ils se désespèrent. Je veux que la Péninsule acadienne retrouve ses lettres de noblesse», ambitionne-t-il.

Se voit-il dans le Nord-Est à long terme? Daniel K. Delpeche peine à se projeter.

«Cela dépend de la volonté de Dieu.»

Toujours est-il qu’il se sent désormais en adéquation avec ses aspirations profondes.

Le Seigneur ne prône pas la barbarie

«Le monde est devenu fou!», entend-on dire régulièrement ces temps-ci. Des hommes tuent d’autres hommes au nom de Dieu, le terrorisme s’est immiscé dans notre quotidien.

Qu’en pense Daniel K. Delpeche? Le pasteur de l’Église évangélique de la Pentecôte de Village-Blanchard refuse de se prononcer là-dessus.

«Je ne suis pas un juge, mais un enseignant de la parole divine», souligne-t-il.

Tout au plus assure-t-il que les préceptes du Seigneur ne prônent pas la barbarie.

Daniel K. Delpeche a visité le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique. Installé au Nouveau-Brunswick depuis plusieurs années, il en apprécie le calme et les mœurs, proches de celles qu’il a connues au Congo.

«Nous accordons la même importance à la notion de la famille. J’ai deux filles. Je veux qu’elles grandissent dans un environnement où règnent de bonnes valeurs morales.»