Mali: Nioro : ECHANGES UTILES SUR LA PROBLEMATIQUE DE LA TRANSHUMANCE

troupeauUne quarantaine d’élus, de chefs de services techniques et d’Ong, maliens et mauritaniens, évoluant dans le domaine de l’élevage viennent de prendre part à a Nioro du Sahel à une rencontre de concertation sur la problématique de la transhumance intra et transfrontalière. La session s’est déroulée au Centre de formation à la décentralisation en présence des autorités politiques et administratives locales, sous la présidence du préfet adjoint, Souleymane A. Sangaré.
Elle a été organisée par les Ong OMADEZA (Organisation malienne de développement des zones arides) et CEPAP (Centre d’études et de promotion agro-pastorale), en collaboration avec l’Organisation de développement des zones arides et semi- arides en Mauritanie (ODZASAM), avec le concours financier de Drylands/Norvège.
La rencontre visait à identifier les contraintes et problèmes engendrés par la décentralisation administrative et politique de la gestion des ressources naturelles sur un parcours pastoral transfrontalier. Ceci afin de pérenniser la mobilité transfrontalière et assurer aux pasteurs transhumants de meilleures conditions de sécurité alimentaire grâce à leur structuration et leur application dans le processus de gestion et d’exploitation décentralisée des ressources naturelles.
La rencontre de Nioro est la suite logique d’une enquête menée auprès des pasteurs, agro-éleveurs, chefs coutumiers et organisations socioprofessionnelles, au cours de laquelle des problèmes comme la non délimitation des pistes de transhumance, l’absence d’infrastructures hydrauliques et la méconnaissance des clauses des accords bilatéraux de transhumance transfrontalière signés entre le Mali et la Mauritanie ont été recensés, a expliqué Ibrahima Semega, le président de l’OMADEZA.
A la fin de la rencontre, les participants, par la voix du président de l’ODZASAM–Mauritanie, Moctar Mohamed Amed Moctar, se sont déclarés satisfaits et mieux outillés pour restituer les recommandations issues des échanges et gérer la problématique de la mobilité transfrontalière des pasteurs de Ayoun El Atrous en Mauritanie à la boucle du Baoulé au Mali.
M. DIAKITE
AMAP-Nioro

L’essor

Castration des pasteurs à l’Église universelle : Un concerné évoque la piste du mysticisme

De façon précise, l’opération vise à couper et bloquer les canaux déférents qui transportent les spermatozoïdes à partir des testicules. Nous en parlions dans un précédent article publié samedi 28 février, dans lequel nous avons promis la suite. En effet, dans cet article, nous indiquions avoir été informés par une source proche de la communauté, qui est remontée contre la décision de la direction de l’église.

C’est dans la soirée du mardi 24 février dernier qu’elle nous joint par téléphone pour dénoncer cette affaire qui, à l’en croire, fait grincer des dents chez les concernés. Car, non seulement les personnes visées sont sommées de le faire au risque de perdre leur poste, mais elles doivent signer un document dans lequel elles désengagent l’église de toute responsabilité en cas de conséquences pendant ou après l’opération.

Par le biais de notre source, nous réussissons à rentrer en contact avec une dizaine de pasteurs de l’église universelle du royaume de Dieu. Tous ont feint de ne pas savoir de quoi il est question, nous demandant comment nous avons eu l’information et aussi leurs contacts. Mais, notre source est certaine. « Ils ont peur de parler. Ils ne sont pas sereins, sinon l’information est vraie », a-t-elle insisté.

Enfin, vendredi dernier un pasteur accepte de parler. Finalement, c’est le lendemain samedi qu’il nous appelle, dès la première heure. « Bonjour monsieur. Vous m’avez appelé hier au sujet de la vasectomie », se présente-il. Le pasteur que nous nommerons Yang You a informé que c’est en 2010 que l’idée de leur stérilisation a été émise par leur ancien évêque, « sous forme de proposition ». Mais le nouvel évêque brésilien, Naciemento, en poste depuis 2012, en a fait une obligation depuis cette année, avec la menace de licencier tous ceux qui vont s’y opposer.

« On nous demande de pratiquer la vasectomie pour ne pas avoir d’enfants. Parce que d’après eux, les enfants peuvent nous distraire et nous empêcher d’exercer convenablement notre ministère. Pourtant, eux ils ont des enfants. Et quand on le leur fait savoir, ils ne nous réponde pas », a expliqué le pasteur. Selon lui, la pression est tellement forte que certains de ses collègues ont décidé de se soumettre, quand un autre, en l’occurence pasteur Michel Brou de Yopougon, a été exclu. Nos tentatives pour joindre ce dernier sont restées vaines.

Pasteur Yang You ne crains pas de subir le même sort. « Je suis prêt à dire non à cette opération parce que je n’ai jamais vu ça dans la bible » , a-t-il dit. Il pense d’ailleurs que la décision a des sources occultes. « C’est peut être des sacrifices pour faire prospérer l’église en terme de membres ou d’argent », a-t-il supposé. Car de sacrifices, il est question dans l’église, a-t-il relevé. « Deux fois par an, en juin et en décembre, il est demandé aux fidèles d’amener tous leurs biens à l’église », a dévoilé pasteur Yang You. Quand nous lui demandons au sujet de la pratique de la magie dont on entend parler à l’église universelle du royaume de Dieu, il répond « avec ce qui se passe, on commence à croire en cela ».

Suite à la publication de notre premier article, un des pasteurs a informé qu’ils ont été convoqués d’urgence par le clergé pour un conclave qui doit se tenir sur deux jours, du mardi 3 au mercredi 4 mars. Tous les pasteurs devraient être à Abidjan le lundi. En tous cas, la plupart que nous avons joints ont confirmé leur présence dans la capitale économique.

Au siège de l’église, à défaut des responsables ecclésiastiques, c’est Ange Adjé qui fait office d’attaché de presse qui nous a reçu. Il a indiqué que la vasectomie n’a jamais été pratiquée, même s’il est vrai que cela fait dix ans qu’il en a entendu parler. « Dire qu’on l’impose aux pasteurs, je n’en sais rien, mais je ne pense pas », a-t-il mis en doute. Il a mis ces accusations sur le compte des ragots contre l’Église universelle. Pasteur Sarr de San Pedro est allé dans le même sens que lui, rejetant les propos de ses collègues.

Selon ce dernier, la rencontre à laquelle ils sont conviés fait partie des séminaires habituels qu’ils ont. Pourtant, le chargé de communication qui dit être l’organisateur de ce genre d’évènements, sauf des réunions spéciales du clergé, a indiqué qu’aucune rencontre des pasteurs n’est au menu ces deux jours. « C’est moi qui leur envoie les invitations. Or, je n’ai pas envoyé de courriers. Donc pour moi, il n’y pas de réunion. Mais je ne peux pas confirmer », a dit Ange Adjé.

 

«Etre protestant, c’est être libre de penser»

Par Christelle Raineri@ChristL_Raineri

La communauté protestante compte un peu plus de 20.000 fidèles au Grand-Duché (données des Eglises et paroisses, validées par le gouvernement). Ainsi, avec l’islam, le protestantisme est la deuxième religion du pays, derrière le catholicisme, largement majoritaire, avec plus de 400.000 fidèles.

Un mouvement né du rejet des orientations de l’Eglise catholique

Le mouvement protestant est né au XVe siècle, de la Réforme: un rejet de certaines pratiques de l’Eglise catholique, notamment la vente d’indulgences. Initiée par le théologien Martin Luther en Allemagne, la Réforme traduit la volonté d’un retour aux sources du christianisme.

Le protestantisme englobe des courants très divers mais tous ont en commun de ne reconnaître aucune autorité au Pape: en dehors de Dieu, rien n’est sacré, divin ou absolu, ce n’est pas l’Eglise qui est au cœur de la foi, mais l’Evangile.

Au Grand-Duché, la communauté se compose de l’Eglise protestante du Luxembourg et des paroisses de Luxembourg-ville, Ettelbruck, Wiltz, Esch/Alzette, des paroisses francophone et néerlandaise, du groupe “Jésus est vivant”, des paroisses d’expression allemande, danoise, finnoise, islandaise, et encore d’autres groupes, plus restreints.

L'Eglise protestante du Luxembourg représente l'ensemble des communautés protestantes présentes sur le territoire

L’Eglise protestante du Luxembourg représente l’ensemble des communautés protestantes présentes sur le territoire
Gerry Huberty

La convention signée en janvier dernier entre l’Etat et les communautés religieuses prévoit que “l’Eglise protestante du Luxembourg représente les communautés protestantes établies sur le territoire”.

C’est le pasteur adjoint de cette Eglise que nous avons rencontré: Volker Beba nous a ouvert les portes de “l’église d’enfants”, un atelier dédié aux 5-8 ans dont il s’occupe une fois par mois. Pasteur, parents et enfants nous ont raconté comment ils vivent leur foi au Luxembourg.

“L’église d’enfants”, un atelier ludique pour découvrir la Bible

C’est avec sa guitare et un chant de bienvenue que le pasteur accueille Ines, Cornelia, Anna, Nicolas, Jonas, Lowa, Till et Louisa. Tous prennent place autour de lui, et chantent ensemble, heureux de se retrouver.

Voilà quatre ans que la fille d’Elsbeth Ranke fréquente “l’église d’enfants”: “Ce n’est pas tant l’instruction religieuse qui importe pour moi, mais plutôt la vie en groupe: jouer et chanter avec les autres enfants de la communauté”, confie la maman.

“Etre protestant dans un pays catholique, c’est particulier”

Elsbeth et son mari sont allemands et ont tous deux grandi dans la foi protestante, très répandue dans leur pays. Aujourd’hui résidents luxembourgeois avec leurs deux filles, la situation s’est inversée: “On fréquente une Eglise minoritaire dans un pays catholique, c’est particulier.”

Jésus, représenté sur l'un des immenses vitrail qui surplombent le choeur de l'église de la Trinité

Jésus, représenté sur l’un des immenses vitrail qui surplombent le choeur de l’église de la Trinité
Gerry Huberty

Cela dit, elle y voit un avantage: “Les gens qui viennent, c’est parce qu’ils le veulent vraiment, pas seulement par habitude.”

Au-delà du protestantisme, ce sont surtout les valeurs chrétiennes qui sont importantes pour cette famille. D’ailleurs, les filles fréquentent le cours de religion catholique dispensé à l’école: “Les voir faire le signe de croix, qui n’existe pas chez les protestants, ça m’amuse”, raconte Elsbeth, en souriant.

Le baptême et la Sainte-Cène comme seuls sacrements

Elle ne voit pas de difficulté particulière à élever ses enfants dans la foi protestante au Luxembourg, si ce n’est certaines questions concrètes auxquelles il faut apporter des réponses: pourquoi, alors que tous les copains de classe préparent leur communion, doit-on attendre quatre années de plus?

En effet, dans le culte protestant, la première communion n’existe pas: “On a simplement expliqué aux filles que ce moment a lieu plus tard.”

A l’âge de 13 ans, les adolescents protestants font leur confirmation mais, à la différence du culte catholique, elle ne fait pas partie des sacrements. Seuls les deux rites institués par Jésus-Christ lui-même, le baptême et la Sainte-Cène, constituent des sacrements.

“Juger avec ma foi, sans que le Pape ne me dise quoi penser”

Ce qui plaît à Elsbeth dans le protestantisme est la liberté d’avoir ses propres idées: “Etre protestant, c’est être libre. Libre de prendre mes décisions, de juger avec ma foi, ma conscience, sans que le Pape, pour qui j’ai un profond respect, ne me dise quoi penser.”

Un principe fondateur du protestantisme est la lecture biblique amenant chaque croyant à être prêtre. “On est seul face à Dieu. Mais parfois, ça peut être dur. Etre un bon protestant, c’est une conscience de chaque jour.”

Chez les protestants, les pasteurs sont des hommes ou des femmes, se marient, ont des enfants: “Les femmes peuvent être pasteur, et je trouve ça tout à fait normal. La question du célibat des prêtres catholiques est un principe que je ne rejoins pas.”

Dans la petite salle de jeu, c’est maintenant l’heure du goûter. Au menu: fruits frais et beignets, les enfants en redemandent. Le pasteur Beba nous accorde un court instant.

“J’amène les gens à la Bible pour qu’ils réfléchissent par eux-mêmes”

Il est marié et a trois enfants, dont Till, qui se régale à l’autre bout de la table. Le pasteur a lui-même fréquenté “l’église d’enfants” quand il était petit, et dès son adolescence, il a souhaité s’investir dans l’animation biblique.

Pour le pasteur Volker Beba, la place du débat dans la foi protestante est une véritable richesse

Pour le pasteur Volker Beba, la place du débat dans la foi protestante est une véritable richesse
Chris Karaba

Dans le culte protestant, il n’y a pas de distinction clergé-laïcs, la place du pasteur est donc très spécifique: “Mon rôle, c’est prêcher la parole de Dieu, guider, et amener chacun à s’engager. J’annonce l’Evangile, je laisse grandir la foi, j’amène les gens à la Bible pour qu’ils réfléchissent  par eux-mêmes, ce qui est aux fondements du protestantisme.”

Deux édifices pour tout le pays

La grande difficulté à laquelle la communauté protestante est confrontée au Luxembourg est le manque d’édifice.

L'église de la Trinité est la seule église protestante de la capitale

L’église de la Trinité est la seule église protestante de la capitale
Gerry Huberty

“On a notre église à Luxembourg, l’église de la Trinité, rue de la Congrégation, et l’église protestante d’Esch, c’est tout. On n’a que deux églises pour tout le pays au lieu d’en avoir une dans chaque village!”

“Les gens viennent parfois de très loin pour le culte du dimanche”, ajoute le pasteur.

C’est la solidarité de l’Eglise catholique et le soutien de certaines communes qui permet à l’Eglise protestante de célébrer occasionnellement des cultes partout dans le pays, en s’installant dans des locaux associatifs par exemple.

Questions de société: chaque paroisse libre de décider

Comme n’importe quel culte aujourd’hui, l’Eglise protestante n’échappe pas aux grandes questions de société et doit se positionner.

Chez les protestants, cela prend la forme d’un débat ouvert à tous. “Il y a peu, deux femmes ont manifesté le souhait de voir leur union bénie. Nous avons donc abordé le sujet au Consistoire puis organisé une première soirée d’information pour discuter avec les paroissiens de la bénédiction des couples de même sexe. Les débats vont se poursuivre sur cette question.”

“Chacun est invité à s’exprimer, et chaque paroisse est libre de choisir. C’est là une grande différence avec les catholiques: le Pape dicte sa position et l’Eglise doit la respecter.”

Insolite / Église universelle du royaume de Dieu : les pasteurs sommés de se faire castrés

Dans la soirée du mardi 24 février, un anonyme nous joint par téléphone pour informer de ce que le clergé de l’Église universelle du royaume de Dieu impose à ses pasteurs et auxiliaires de se soumettre à la vasectomie. Une décision qui vient de l’évêque, à savoir le premier responsable de ladite église.

La vasectomie une opération chirurgicale qui vise à rendre un homme incapable de procréer, autrement dit stérile. Non seulement, les personnes visées sont sommées de le faire au risque de perdre leur poste, mais elles doivent signer un document dans lequel elles désengagent l’église de toute responsabilité en cas de problème pendant l’opération, et de toutes les conséquences relatives à la vasectomie.

Cette décision qui est une obligation faite aux pasteurs, à en croire notre source, provoque des grincements de dents chez les serviteurs de Dieu. Elle est même à l’origine d’une crise au sein du clergé de l’église. Joint par téléphone par le biais de notre source et avec leur accord, plusieurs pasteurs n’ont pas confirmé l’information. « Ils ont peur d’être cités dans l’article. Ils ne sont pas sereins, sinon l’information est vraie », a insisté notre source.

Finalement, un des pasteurs a accepté de passer aux aveux, ce samedi 28 février 2015. Il nous a expliqué par téléphone tout en ce qui concerne cette affaire. Nous y reviendrons.

En savoir davantage sur la vasectomie

La vasectomie est une méthode de stérilisation masculine. C’est une opération mineure qui consiste à couper et bloquer les canaux déférents qui transportent les spermatozoïdes à partir des testicules. Elle est pratiquée sous anesthésie locale dans le bureau du médecin et dure environ 10 minutes. Le médecin vous fait bénéficier de la technique d’anesthésie avec micro-aiguille. Cette technique novatrice faite à l’aide d’une aiguille de la grosseur d’un cheveu réduit la douleur et l’anxiété associées à la «piqûre». Votre vasectomie sera sans douleur…ou presque. La majorité des hommes estiment que “c’est moins pire que d’aller chez le dentiste!” 

Lors d’une vasectomie, les canaux déférents sont sortis hors du scrotum (c’est-à-dire l’enveloppe contenant les testicules) puis sont bloqués et coupés, empêchant ainsi le passage des spermatozoïdes. Ceci n’empêche pas l’éjaculation. En effet, les spermatozoïdes ne représentent en moyenne que 2 à 3% de l’éjaculation. Ce sont les vésicules séminales situées au-dessus de la prostate, donc plus haut que le site de la vasectomie, qui produisent la plus grande partie du liquide qui est éjaculé. La production des spermatozoïdes par les testicules continue après la vasectomie. Il se fait un équilibre entre les cellules produites et les cellules qui meurent, celles-ci étant réabsorbées par l’organisme.

La formation spirituelle «clés en main» rencontre des résistances

etudiante adulte CC(by) Francisco Osorio, via https://flic.kr/p/edoTp6Avec 400 participants en 2014 pour l’ensemble de la Suisse romande, les parcours Alphalive connaissent un certain succès tant du côté catholique que protestant. Pourtant, ce programme de découverte de la foi chrétienne qui vient de Londres ne fait pas l’unanimité. L’avis de deux pasteurs réformés.

Photo: CC(by) Francisco Osorio (image-prétexte)

Par Elisabeth Schenker

Pasteure dans le canton de Genève, Carolina Costa s’est très tôt passionnée pour ce que l’on appelait il y a encore peu la «catéchèse pour adultes», et que Pierre Glardon, ancien pasteur chargé de la formation pastorale du canton de Vaud, préfère appeler «formation spirituelle pour adultes».

Intéressée par le parcours «Alphalive», c’est tout naturellement que Carolina Costa s’est inscrite à une journée organisée par Alpha pour la formation des animateurs de parcours. «Cette formation n’est pas obligatoire, mais fortement conseillée», explique Emmanuel Voeffray, coordinateur de Suisse romande. «On s’inscrit sur le site Alpha Suisse, où l’on peut acheter les outils pédagogiques et les supports de cours, continue-t-il. Dans ces journées de formation, on traite de thèmes comme l’importance des petits groupes, la meilleure manière d’inviter les gens. On présente les principes, c’est comme une recette de cuisine. Suivez la recette de manière à ce que le résultat corresponde à ce que l’on veut.»

Le besoin d’une théologie plus réformée

Après cette expérience, Carolina Costa raconte: «ce qui est super dans les parcours Alpha, c’est le contexte: on mange ensemble, on construit une communauté.» Pourquoi ne pas alors utiliser ce concept «clés en main»? Deux choses ont décidé la pasteure genevoise à inventer un autre type de parcours de questionnement spirituel

La première touche une question de cohérence: ces parcours Alphalive ont pour slogan «ta question compte». Or, explique Carolina Costa, «il n’y a pas de place pour poser sa question! Les participants sont confrontés à une théologie qui est orientée sur celle du directeur d’Alpha, Nicky Gumble. En fait les cours ne donnent que du contenu. Les discussions se font à partir de ce qu’a dit Nicky Gumble, puisque les exposés sont faits à partir de son livre. On n’a pas accès directement au texte de la Bible. Alors que ce qui est vraiment intéressant à mon sens, c’est que les gens dialoguent avec le texte directement. Le centre c’est la Parole, c’est le Christ, pas ce que j’en dis ou ce que j’en pense.»

La deuxième raison qui a poussé la pasteure genevoise à inventer un autre type de parcours est effectivement d’ordre théologique: «à la fin de la formation, on nous apprend que dans un groupe, il y a toujours un moment où surgissent des questions compliquées. Pour cela, on nous propose encore un livre de Nicky Gumble: “Sujets brûlants”, dans lequel par exemple l’homosexualité est tout simplement condamnée.» D’après Carolina Costa, le parcours Alpha véhicule en fait une idée sous-jacente du type: «nous avons la vérité et la bonne interprétation et c’est à partir de là qu’on discute… On peut y mettre sa sensibilité, certes, mais si on entre dans le concept du label, c’est que l’on partage leurs idées. Ce que je ne veux pas cautionner», argumente-t-elle avant de conclure: «je préfère travailler avec une théologie différente, axée sur l’ouverture et l’accueil. Dans les groupes que je propose, il n’y a ni bonnes ni mauvaises réponses, on cherche ensemble, et ce n’est pas seulement un slogan, c’est vraiment ce que l’on fait. Tout se passe entre les gens et le texte.»

Un parcours très balisé encadré par des laïcs

Emmanuel Voeffray de son côté confirme que le parcours Alphalive repose sur les questions exposées dans le livre de Nicky Gumble, cet ancien avocat devenu pasteur dans l’Eglise anglicane. Son livre intitulé «Les questions de la vie» aborde les 15 thèmes du parcours de découverte: «Pourquoi Jésus est-il mort?», «Comment lire la Bible?», etc. «Le but n’est pas de dire le contraire de ce qui est écrit, explique Emmanuel Voeffray: il faut une uniformité. L’exposé suit toujours le livre, de façon à ce que les gens puissent retrouver la même chose s’ils déménagent. Les soirées se déroulent en trois temps: repas, exposé sur le chapitre du livre de Nicky Gumble, ou vidéo de Nycky Gumble, discussion en petits groupes. C’est une invitation à devenir confessant: mettre en avant la Bible. Oui, il y a des contradictions dans la Bible, mais on ne touche pas les points de divergences, c’est pour cela qu’Alpha est chrétien avant tout.» Un Week-end «Esprit Saint» est compris dans le parcours.

Une quarantaine de paroisses catholiques et protestantes utilisent actuellement le parcours Alphalive en Suisse romande. «Les protestants de la Broye utilisent le parcours alpha en dernière année au caté pour les jeunes, mais le parcours rencontre des réticences de la part de certains pasteurs protestants», déclare Emmanuel Voeffray.

En fait, il est rare que ce soient des pasteurs ou des prêtres qui animent ces parcours. Selon le coordinateur, ce sont souvent des gens qui ont vécu un parcours qui font la formation. Toujours selon lui, le nouvel évêque de Sion est enchanté de cet outil. Alpha est présent dans 169 pays en 110 langues. Il y a à ce jour 24 millions de personnes qui ont suivi un cours de ce type.

D’où vient un tel succès?

«Ils sont très forts du côté marketing», reconnaît la pasteure Carolina Costa. Pour Pierre Glardon, ancien pasteur dans l’EERV, qui a été longtemps responsable de la formation initiale des pasteurs vaudois, leur succès vient aussi de ce que d’une certaine manière, ce genre de parcours vient répondre aux besoins des gens: «ce qu’il y a de bien dans le parcours Alphalive, c’est cette intuition qu’ils ont eue et qui va dans deux directions: le renforcement de la vie communautaire, ce qui est très important, surtout de nos jours, et le début d’une mise en activité des participants grâce aux discussions en petits groupes.»

Mais pour ce formateur d’adultes, ce n’est pas encore suffisant. «La Parole est opérative par elle-même. En mettant les gens en contact avec cette Parole, on sort de la parole “sur”. C’est la Parole vécue qui est opérative» explique-t-il. Pierre Glardon propose donc aussi un autre type de parcours de formation spirituelle, qui met l’accent sur le travail sur soi. Il précise: «cela ne s’oppose en rien à la grâce. Le travail sur soi n’est pas une “œuvre”, mais un passage nécessaire à l’ouverture et au changement, à la puissance de transformation de la Parole». Pierre Glardon est également thérapeute et psychopédagogue, et il souligne qu’il est particulièrement important dans ce genre de démarche que «la mise en activité des gens soit existentielle et pas seulement intellectuelle. Le lieu d’exercice, dit-il, c’est la relation, l’entraînement à l’agapè; un exercice véritablement évangélique, celui du triple amour pour Dieu, pour l’autre, pour soi». Avec un seul support: la Bible, à partir des textes du Nouveau Testament.

Deux pasteurs protestants accusés de « conversions abusives » passent en jugement

La première, relayée par l’agence Ucanews le 5 février dernier rapporte qu’un couple marié de pasteurs protestants Ariful et Mousumi Mondol de la Church of God, a été arrêté le 9 novembre 2014 dans le village de Banbhasa, alors qu’il s’apprêtait à célébrer une cérémonie de conversion collective. « Ils tentaient de convertir un groupe de 40 musulmans et cela a mis les autres villageois en colère », a expliqué à l’agence catholique, Mahfuzur Rahman, l’un des policiers en charge de l’enquête.

Ce dernier reconnait que le sentiment anti-chrétien ne fait que croître dans la région depuis cette affaire, semant la peur chez les nouveaux convertis, y compris ceux qui maintiennent s’être « convertis pour l’Evangile et absolument pas contre de l’argent ». Des parents musulmans commencent à retirer leurs enfants des écoles chrétiennes, pourtant très bien considérées dans le pays jusqu’alors.

« Je me sens tellement en colère lorsque j’entends qu’ils ont voulu convertir 40 musulmans en échange d’argent ; ils iront brûler en enfer pour ce qu’ils ont fait ! », déclarait également Shafiqul Islam, vendeur de thé au village.« Si la police n’était pas venue les arrêter, les gens les auraient passés à tabac».

D’autres témoignages cités par l’agence, laissent à penser que les accusations de prosélytisme par « séduction », un crime passible de deux ans de prison au regard de l’article 295/A du code pénal bangladais (1), sont clairement avérées.

Ainsi Rafiq Bhuiyan, raconte qu’il s’est converti au christianisme en 2008 avec toute sa famille, en échange d’une maison et d’un travail au sein de la House Church of Bangladesh. Il déclare avoir converti lui-même 300 personnes.« A Keshobpur, environ 700 musulmans sont devenus chrétiens ces trois dernières années », rapporte-t-il encore. « Plusieurs d’entre eux ont été baptisés plusieurs fois ; [pour les Eglises], plus il y a de convertis, plus elles reçoivent d’argent des donateurs étrangers »

Bien que John Jipu Roy, qui dirige la House Church of Bangladesh, réfute vigoureusement ces accusations, les entretiens avec les habitants de la région semblent bien confirmer l’existence d’un « business de la conversion », rapporte encore Ucanews.

L’agence cite ensuite deux habitués de ces « conversions intéressées » : Selina Akter, 40 ans, qui aurait été baptisée quatre fois en échange de la somme de 500 takas (env. 7 dollars), d’un déjeuner et de « photos pour les donateurs étrangers », et Jiten Sarker, baptisé six fois selon ses dires, pour 1 000 à 1 500 takas à chacune de ses « conversions ». « Et si je peux amener quelqu’un à se convertir, alors là, je peux me faire encore plus d’argent », ajoute-t-il.

Une version des faits totalement réfutée par les Eglises protestantes et certains médias qui dénoncent une nouvelle campagne de calomnie antichrétienne menée par les islamistes. Cela fait des années que des rumeurs lancées par des extrémistes conduisent à des arrestations arbitraires pour « conversions illicites », rappelle ainsi le Rév. James Saberio Karmoker, secrétaire général de la National Christian Fellowship of Bangladesh. « Jamais les missionnaires chrétiens ne convertissent les gens de force ! La conversion est un cheminement personnel et le résultat d’un long processus ; il faut que la foi ait grandi et mûri, après un lent travail d’évangélisation, pour que l’on puisse seulement commencer à parler de conversion. »

Selon le Morning Star News, qui rendait compte de l’affaire le 24 novembre dernier, ce serait le Jamaat-e-Islami, – parti islamique qui accuse régulièrement les chrétiens de mener des conversions abusives -, qui aurait rassemblé une foule de près de 200 personnes et lancé celle-ci sur le rassemblement du 9 novembre, les incitant à frapper les pasteurs et les participants, avant que la police ne vienne interrompre l’affrontement.

Les chrétiens tenait ce jour là un rassemblement de prière au cours duquel devait avoir lieu un baptême et non pas une conversion collective, rapportent plusieurs sources protestantes dont Open Doors. Selon elles, les deux chrétiens incarcérés ne seraient d’ailleurs pas un couple marié mais deux pasteurs, mariés tous deux, dont l’un serait père de deux enfants.Seul l’un d’entre eux serait à la tête d’une petite communauté locale d’une trentaine de personnes dénommée Faith Bible Church of God (FBCD), l’autre pasteur ayant seulement été invité pour la cérémonie.

Des faits également confirmés par l’agence catholique AsiaNews qui rapporte que les deux pasteurs étaient des musulmans convertis au christianisme, ce qui aurait attisé la colère des islamistes et en particulier des imams locaux. Ces derniers ont déposé plainte contre les leaders protestants, les accusant de pratiquer des « conversions forcées » et sommant les fidèles de la FBCD de quitter immédiatemnt la région ou de devoir en « payer les funestes conséquences ».

Quant au World Watch Monitor, il rapporte différents témoignages qui infirme les accusations de « conversions par pression et par séduction » portées contre les deux protestants. Parmi eux, un leader chrétien de la région explique que les informations qui ont été rendues publiques dans cette affaire ont été filtrées : « Ici, la plupart des membres de l’administration et de la police sont musulmans et [les chrétiens] n’ont aucun poids face à eux ».

Des propos qui rejoignent les conclusions du dernier rapport de la World Watch List d’Open Doors, lequel signale qu’au Bangladesh « le comportement des imams et des musulmans locaux influents envers les chrétiens et spécialement les nouveaux convertis, est à la limite de la persécution ».

Le gouvernement du Bangladesh a cependant réaffirmé sa position avec fermeté. « Nous avons entendu parler de tentatives de conversion en échange d’argent et d’autres « moyens de séduction » ; nous allons prendre des mesures contre ces exactions avant que les choses ne s’aggravent », a notamment menacé Hasan Jahangir Alam, secrétaire adjoint au ministère des Affaires religieuses.

(eda/msb)

Une convention des fidèles de la MIE-CI a eu lieu à Vavoua

Vavoua – La quatrième convention nationale de la Mission évangélique internationale en Côte d’Ivoire (MIE-CI) sur les secrets de la prospérité a réuni plus de 6.000 fidèles à Vavoua.

Selon le président du bureau national, le pasteur Georges Compaoré, cette convention qui a duré quatre jours (de jeudi à dimanche), visait deux objectifs, à savoir, former et instruire les fidèles de la MIE-CI afin qu’ils profitent des fortunes de Dieu pour soutenir et accroitre l’église dans le département de Vavoua.

Les enseignements ont été donnés aux participants par le Révérend Kamassé Sidibé, venu des Etats-Unis d’Amérique. Ils ont porté sur le thème principal extrait du premier livre de Samuel au chapitre 2, verset 30 qui stipule “J’honore celui qui m’honore”.

Le Révérend pasteur Kamassé a demandé aux chrétiens de marcher selon la parole de Dieu et surtout d’adorer le créateur avec leurs biens, et tout ce qu’ils ont de plus cher.

“C’est en cela que Dieu les rendra prospères”, a-t-il prédit.

La MEI-CI est une transfuge de l’église des assemblées de Dieu. Fondée en 2000 par une vingtaine de pasteurs burkinabés, elle compte aujourd’hui 700 assemblées, 400 pasteurs et une école pastorale en Côte d’Ivoire.

(AIP)
sk/fmo/akn/kp

Martin Kopp, théologien de l’urgence climatique

Fils de pasteurs, chargé de plaidoyer de la Fédération luthérienne mondiale pour la « justice climatique », le jeune homme fait entendre la voix protestante sur l’écologie au sein des plus hautes instances internationales.

C’est l’histoire d’un fils de pasteurs qui a pris des gifles. Né il y a 27 ans à Strasbourg, d’un père titulaire d’une paroisse et d’une mère aumônier d’hôpital, Martin Kopp n’aurait jamais imaginé devenir un militant de la lutte contre le changement climatique. Et pourtant. Dès la sortie du lycée, celui qui était assez brillant pour espérer intégrer une grande …

Les ministres de l’Eglise réformée vaudoise craignent pour leur place

SynodeEERV14fev 2A la suite de licenciements, un climat d’insécurité s’est installé parmi les pasteurs et diacres. Le Conseil synodal rassure et veut mettre en place des outils permettant un meilleur dialogue.

Par Joël Burri

«Le Conseil synodal a entendu qu’un climat de souffrance, voire de crise régnerait dans notre corps ministériel», a déclaré John Christin, répondant des ressources humaines au sein de l’organe exécutif de l’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud (EERV). «Ces dernières années 1 à 2 avertissements formels ont été prononcés chaque année, il y a eu 1 à 2 licenciements et 1 à 2 non-renouvellements de contrats». Le Conseil synodal s’est ainsi voulu rassurant durant les communications au Synode (organe délibérant) qui se réunissait samedi 14 février à Saint-Sulpice. Xavier Paillard, président du Conseil synodal a, pour sa part, insisté sur le fait que «ces cas sont peu nombreux», sur un corps ministériel d’environ 300 employés.

Pour John Christin, «le Conseil synodal regrette de telles issues, mais c’est toujours après avoir étudié toutes les pistes pour éviter un licenciement que de telles décisions ont été prises. Si bien que le Conseil synodal assume pleinement la décision qu’il a prise dans chacun de ces cas.»

Inspiré par le fait qu’il s’exprimait devant le synode le jour de la Saint-Valentin, Xavier Paillard a invité les délégués à se garder de «confondre l’amour avec la gentille, gentillesse bien vaudoise.» Aimer son prochain implique de fixer un «cadre pour le vivre ensemble». «La liberté des ministres ne s’exprime que dans les limites fixées par le Synode et mises en œuvre par le Conseil synodal», a rappelé John Cristin.

Un sentiment de crainte parmi les pasteurs et diacres vaudois

Ces quelques licenciements ont ainsi provoqué un climat de crainte parmi les ministres. «Il convient de distinguer les crises réelles, avérées, et le malaise ressenti», prévient John Christin. «Plusieurs ministres qui n’ont aucune raison de s’inquiéter sont malgré tout inquiets.» Il invite donc les pasteurs et diacres à en parler. Il espère, en particulier, que la mise en place d’entretiens annuels permettra aux employés de l’Eglise d’entendre des retours rassurants sur leur travail. «Le conseil synodal entend les craintes des uns, mais aussi la reconnaissance des autres», a souligné Xavier Paillard.

Selon le Conseil synodal, 3% des situations professionnelles sont problématiques. «Moi j’ai une autre réalité. Nous avons, en une année, soutenu 35 personnes, soit 10 à 12% des ministres», note Alain Martin, aumônier et secrétaire général de la Ministerielle, l’organisation professionnelle des ministres vaudois. «Mais je peux bien comprendre qu’un certain nombre de ces cas, de moindres importances se règlent au niveau de la région ou de l’Office des ressources humaines et ne remontent pas jusqu’au Conseil synodal». Malgré ce désaccord sur l’ampleur du problème, Alain Martin se dit «heureux que le Conseil synodal reconnaisse qu’il y a une souffrance dans le corps ministériel»

Peu de désaccords théologiques

Les conflits entre ministres et employeurs sont rarement liés à des désaccords théologiques, selon le secrétaire général de la Ministerielle. «Le plus souvent, il s’agit de problèmes relationnels. Par exemple, un ministre peut être critiqué dans sa manière d’organiser le leadership.» Il invite également les pasteurs et diacres à chercher de l’aide en cas de difficulté. «Une commission de conciliation a été mise en place, et pour les avoir vus à l’œuvre, je trouve qu’ils font un travail remarquable.»

Le principal problème: l’épuisement

Mais pour Alain Martin le principal problème qui touche les pasteurs et diacres vaudois est d’un autre ordre: «Il y a beaucoup de fatigue, pour ne pas dire épuisement.» Il explique, «comme dans tous les métiers de service et d’écoute, les ministres sont pris entre leur volonté de servir et de prendre soin d’eux-mêmes.» S’il reconnaît que les principaux responsables de cet épuisement sont les pasteurs et diacres eux-mêmes, il pointe aussi les postes qui ne sont pas repourvus immédiatement et qui poussent les ministres de la région à combler quelques vides.

Les évangéliques en «pèlerinage» à Béthel

23.02.15 – L’Eglise Bethel, à Redding en Californie. Ce nom était presque inconnu il y a trois ans en Europe. Mais plusieurs pasteurs s’y sont rendus pour un temps. Et un nombre croissant d’Eglises se disent renouvelées par la culture de l’honneur lancée par Bethel. Enquête.

La musique de Jesus Culture, groupe de Bethel, a conquis une grande partie du monde évangélique depuis 2010. Les pasteurs Bill Johnson et Kris Valloton sont invités dans de nombreux pays pour prêcher. Le pasteur réformé Thierry Juvet, d’Yverdon-les-Bains, s’y est rendu en octobre pour la deuxième fois avec son épouse Monique. «A chaque fois, nous y avons été accueillis comme si nous faisions partie de la famille, même par ceux qui ne nous connaissaient pas!». Margarete et Arno Schubert, de l’Eglise Face à Face de Rennes, visitaient Bethel pour la troisième fois en été : «La fascination du phénomène Bethel, c’est qu’en y allant, on voit le surnaturel de Dieu.»

Culture de l’honneur
De plus en plus de pasteurs européens sont notamment attirés par la notion de culture de l’honneur. Dans le livre portant ce nom, Danny Silk relate la manière dont l’Eglise Bethel cherche à honorer chaque membre de l’Eglise. Christian Kuhn, responsable du mouvement d’Eglises de maisons
@home, a été touché par ce témoignage. «Ils vivent un niveau de confiance mutuelle que je n’ai vu nulle part ailleurs». Confession réciproque des péchés, possibilités même pour les enfants de prendre la parole durant un culte, guérisons intérieures : autant de conséquences d’une attitude considérée comme nouvelle.

«Dans la plupart des confessions évangéliques, on est parti du principe que l’humain est pécheur mais gracié ; théologiquement, c’est juste». explique Christian Kuhn. «Mais l’optique de Bethel est que l’homme est avant tout créé à l’image de Dieu, puis sali par le péché. On considère ainsi l’être humain comme une créature merveilleuse, pour laquelle le péché est un accident de parcours et qui peut être restaurée par Dieu si elle le demande.»

Relations transformées
Cette approche engendre un changement d’attitude, comme l’illustre Margarete Schubert : «La culture de l’honneur change la manière de fonctionner de notre équipe de responsables, notre vision des personnes dans notre assemblée et nos réactions dans les conflits». Pour Marc Gallay, pasteur au Gospel Center à Lausanne, «la culture de l’honneur répond avant tout à un problème présent dans les milieux charismatiques, à savoir l’orgueil que certains leaders cultivent».
Pierre Bader, pasteur de la paroisse réformée de Corsier-Corseaux, se dit transformé par le temps passé à Redding. Ce travail intérieur produit en lui «d’autres attitudes, d’autres façons d’aimer son prochain et de penser la vie de Jésus dans l’Eglise». Il a voulu voir sur place «comment ils mettent très concrètement en pratique l’Evangile, autant dans leurs relations que dans la prière pour les malades et la prophétie».