Depuis le début du conflit, les églises ont toujours travaillé pour la paix en Centrafrique. C’était encore le cas pendant le Forum National de Bangui, qui s’est terminé par un accord le 10 mai dernier.
Le rôle clé de l’Église
« Aujourd’hui, chacun recherchela paix. Il existe une réelle volonté de donner au pays un nouveau départ, sur de nouvelles bases. Depuis le début de la crise, l’Église a fait tous ses efforts pour que la situation ne dégénère pas en un conflit sectaire.C’est l’occasion de réitérer notre implication pour la paix et la réconciliation », a dit le pasteur Anatole Banga, vice-président de l’Alliance Évangélique Centrafricaine.
Pasteurs engagés
Lors du Forum National, 12 pasteurs ont pris une part active dans chaque atelier, groupe de travail et discussion. Ils ont veillé à ce que cette rencontre ne soit pas monopolisée par les politiciens, tout en restant à l’écoute des différents partenaires de la société. « Nous espérons des résultats constructifs et tangibles », ont-ils déclaré.
Réunion de la dernière chance
Environ 600 délégués ont participé au Forum National de Bangui (du 4 au 11 mai). Représentants de groupes armés et de partis politiques, acteurs de la société civile et du gouvernement ont débattu pour proposer des solutions et reconstruire le pays. Parmi eux, des responsables chrétiens et musulmans pour qui cette rencontre semblait être la réunion de la dernière chance. Leurs efforts n’ont pas été vains : l’accord conclu contient une série de recommandations basées sur la paix et la sécurité, la justice et la réconciliation.
Légende photo : Délégués au Forum National de réconciliation à Bangui.
Sujets de prière :
Remercions Dieu pour ces avancées vers la paix,
Prions pour le travail des pasteurs porte du fruit,
Prions pour la restauration du pays et de ses habitants, particulièrement pour les 900 000 personnes qui ont été déplacées de force et les 2,7 millions vivant dans une grande précarité.
Réunis en synode à Sète le week-end dernier, les délégués de l’Église protestante unie de France se sont majoritairement prononcés en faveur de la bénédiction des mariages homosexuels. Une décision qui laisse chaque paroisse libre de son choix. Parmi les 105 délégués, Anne-Marie Feillens, pasteur de la paroisse d’Orthez, représentait le Sud Ouest.
« Sud Oues t». Qu’est ce qui a conduit le synode à cette décision ?
Anne-Marie Feillens. Après la loi autorisant le mariage civil de personnes de même sexe, les paroisses ont sollicité la position de notre Église face à cette évolution sociétale qui suscite également le débat au sein de notre communauté.
Le conseil national a souhaité prendre le temps de la réflexion et d’en faire un thème synodal. À Orthez, nous avons organisé trois cultes-débat avec la communauté à partir du dossier réalisé par le conseil national.
Quel en est le fruit ?
Les avis sont divers. Il y a quelques réactions hostiles et quelques-unes également très tranchées pour souscrire rapidement à ces bénédictions. La majorité s’interroge. Sans manifester d’opposition stricte, ces personnes ne sont pas très à l’aise avec la question.
Et vous, qu’avez-vous finalement voté au synode ?
Je fais partie des délégués qui ont voté pour cette bénédiction. Ce processus m’a aidée à mûrir ma décision qui n’était pas arrêtée à son lancement. J’ai pu voter ce texte car il respecte la pluralité des sensibilités. Il est une ouverture offerte mais sans obligation pour les pasteurs et les communautés locales. Je peux entendre que certains ne sont pas prêts et cette liberté est importante.
Votre vote indique-t-il que vous bénirez les couples homosexuels à Orthez ?
Je ne le ferai que si le conseil presbytéral, composé de sept élus et du pasteur, est majoritairement d’accord. Le texte du synode indique que la décision doit être prise en accord avec la paroisse. Je soumettrai la question au prochain conseil en juin, soit pour nous prononcer dès lors, soit pour choisir d’attendre qu’un couple nous sollicite. Je n’ai aucune idée sur l’issue de ce vote.
Vous souhaitez que votre conseil presbytéral souscrive à ces bénédictions ?
Si j’ai une demande de couple, j’y répondrai favorablement avec l’accord du conseil. Mais je ne souhaite pas influer sur le conseil presbytéral pour le pousser à m’y autoriser. J’ai voté ce texte en raison de cette liberté laissée aux communautés, je ne vais donc pas la court-circuiter.
Le souci d’unité fait partie de mon ministère et je dois entendre les crispations que peut susciter ce sujet, même si elles sont mineures désormais. Si notre paroisse n’était pas prête, je peux le comprendre et accompagner son cheminement.
Avez-vous déjà été sollicité, avant ce synode, par des couples homosexuels pour une bénédiction ?
Non, jamais.
Depuis la promulgation de la loi sur le mariage pour tous, seules trois unions homosexuelles ont été célébrées en mairie.
L’Église protestante unie de France (EPUdF) a marqué d’une pierre multicolore la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, dimanche 17 mai. Lors du synode annuel qui s’est tenu pendant trois jours à Sète (Hérault), quatre-vingt-quatorze délégués de l’EPUdF ont adopté la possibilité de bénir les couples homosexuels (trois voix contre). Désormais, les 500 pasteurs de l’EPUdF peuvent, ou non, apporter leur bénédiction à deux personnes de même sexe, mariées civilement. Près de dix-huit mois de discussions ont été nécessaires pour rendre ce geste possible.
Le Mariage pour tous comme déclic
À l’heure où des tensions sont palpables entre l’Église catholique et le gouvernement français autour de la question de l’homosexualité (*), l’Église protestante unie de France semble se démarquer et apparaître plus progressiste.
Pourtant, la décision prise dimanche a fait l’objet de nombreux débats. « Quand j’ai pris mes fonctions en 2004, la question existait déjà. Que faire si un couple de même sexe se présentait au temple pour recevoir la bénédiction ? Comment agir ? Depuis l’adoption de la loi sur le Mariage pour tous du 17 mai 2013, nos paroissiens ne savaient pas exactement la position de l’EPUdF. Cela pouvait même créer une mauvaise ambiance », se rappelle Tina Andriamialy, présidente du conseil presbytéral de l’Église protestante unie de Dijon, Beaune et Côte-d’Or.
Et d’ajouter : « Chaque confession s’était prononcée sur la question de l’union des couples homosexuels à l’époque. Aucun consensus n’avait été trouvé. La décision du synode va être, pour nous, difficile à faire accepter. Le vrai sujet désormais est l’accompagnement du couple par rapport à la parole de la Bible. Aujourd’hui, toutes les personnes, mariées civilement, peuvent recevoir la bénédiction du pasteur. »
Au-delà des discussions, qui ont conduit à la décision majoritaire du synode national, et qui témoignent de la préoccupation de bon nombre de paroissiens, c’est bien le corps religieux lui-même qui entraîne à une évolution des mentalités.
Les pasteurs, acteurs du changement
Pour Tina Andriamialy, les conseillers réunis en synode ont pris en considération les avis des pasteurs, touchés par la question : « À mon avis, le changement de génération que nous observons au sein du cœur pastoral a eu un impact sur l’approbation de la bénédiction. Nos pasteurs vivent aussi des moments difficiles, comme tous les couples, et peuvent être divorcés ou remariés. Cette bénédiction concerne tous les couples : les concubins, les divorcés, les homosexuels… »
Au temple, les premiers couples demandeurs devraient se manifester dans les jours ou les semaines à venir. « Il y a eu des échanges en amont, au sein des conseils et des régions. Le synode national, souverain, a voté. Je pense que les couples vont prendre le temps de la réflexion. De mon côté, quand il y aura des demandes, j’appliquerai la décision du synode », assure Gwenaël Boulet, pasteur de Dijon. Depuis deux ans, 17 500 couples homosexuels se sont dit « oui ». À quand le passage devant le pasteur ?
(*) Le pape François a reçu récemment le diplomate français Laurent Stefanini. Homosexuel, ce dernier a été choisi par Paris comme ambassadeur au Vatican. À ce jour, le souverain pontife ne lui a donné aucune réponse définitive sur son agrément.
L’Eglise Sanierienne du Saint Esprit (ESSE) organise à Kinshasa du 10 au 17 Mai 2015 deux grandes manifestations commémoratives de la mort de son fondateur le prophète congolais Sanier Raphaël (1898 -1964). Déjà à cette époque et avec ses nombreux prodiges, miracles et prédictions, il étonna ses contemporains et était surnommé par ses dixiples « Songa Nsila Tulanda ». Les débuts de son ministère prophétique a commencé vers les années 1920 qui ne se révélèrent pas si tôt à l’attention du grand publique. C’est pendant son séjour vers 1935 à Oshue que le prophète Sanger rencontre les relégués Kimbanguistes et se décide de se consacrer à activement à la vie évangélique, par la prière, la prédication partout où il passait et il guérissait les malades par la prière. Il est condamné en 1938 à sept jours de servitude pénale principale pour non-exécution des cultures imposés.
La doctrine de l’église est basée sur la croyance en un seul Dieu, à la Saint Trinité divine, les fidèles d’ESSE (Eglise Sanierienne du Saint Esprit) utilisent la Bible comme base de leur foi, ils confessent Jésus Christ comme leur Seigneur et Sauveur, les Sanieristes croient en l’Esprit Saint Dieu consolateur ect. Rappelons que le 17 Mai 2014 l’église Sanierienne du Saint Esprit avait fêtait le 50ème anniversaire du prophète. Un culte d’action de grâce était célébré à la foire internationale de Kinshasa au pavillon 10, rassemblant certains de ses membres présent à Kinshasa.
Du lundi 10 au 17 deux grandes manifestations sont programmées pour clôturer l’année jubilaire 2014 – 2015. La première manifestation s’est tenue à Kinshasa dans la salle de fête Bibi Play à Kalamu réunissant cent cinquante hauts dignitaires de l’Eglise et les pasteurs de la ville Province de Kinshasa et ceux des provinces telles que Bandudu, Kasaï Occidentale et le Katanga pour une conférence des pasteurs Jubilé. La deuxième manifestation cérémoniale est la clôture de l’année jubilaire par un culte d’action de grâce réunissant tous ses membres venant de toutes les provinces de la République Démocratique du Congo ce dimanche 17 Mai 2015 à la Foire internationale de Kinshasa à 09h30 au pavillon 20. Vêtus en blanc, tous les fidèles entonnent les champs de louage pour glorifier le Créateur pour les cinquante années passées et pour les cinquante autres années à venir. Le culte se confond au culte catholique, Protestant, et on y trouve un peu du Kimbanguisme.
Rappelons que la conférence des pasteurs de l’église se réunit une fois par an pour traiter des questions de l’assemblée générale. Cette conférence des pasteurs se charge de faire l’état de lieu de l’église et de définir les grandes orientations nouvelles pour la refondation de l’église pour les 50 prochaines années.
L’Eglise prostestante de France autorise depuis peu, la bénédiction des couples homosexuels. C’est désormais également le cas au Luxembourg.
Le pasteur Volker Strauss de l’Eglise protestante de Luxembourg salue la décision faite à l’unanimité par la France le week-end dernier et salue également «ce processus de discussion et de partage biblique. C’est une bonne chose pour les couples, qui seront à présent accompagnés dans leur requête spirituelle» a-t-il souligné.
En octobre dernier, un couple homosexuel luxembourgeois a manifesté le souhait de voir leur union bénie. Le sujet a été alors abordé au Consistoire puis, des soirées d’information ont été organisées pour discuter avec les paroissiens de la bénédiction des couples de même sexe. «Cela a pris du temps mais nous sommes parvenus à prendre une décision», révèle le pasteur Strauss.
L’Eglise protestante du Luxembourg va donc, elle aussi, bénir les couples homosexuels. C’est ce qu’a annoncé le pasteur Strauss lorsqu’il a été joint par la rédaction. Ce premier couple qui en a fait la demande en octobre sera ainsi béni dans quelques semaines. «Nous ne communiquerons pas de date, car le couple ne souhaite pas convier la presse mais cela aura bel et bien lieu» ajoute-t-il.
En France, les délégués de l’Église protestante unie (EPUdF) ont décidé le week-end du 16 mai dernier d’ouvrir aux pasteurs, qui le souhaitent, la possibilité de bénir les couples homosexuels mariés.
Sur la centaine de délégués de l’EPUdF réunis à Sète, 94 ont voté pour la possibilité d’offrir une bénédiction religieuse aux couples homosexuels, et 3 contre.
Ce vote donne ainsi la possibilité aux 500 pasteurs de l’EPUdF de bénir des couples homosexuels, sans pour autant obliger les pasteurs qui sont opposés à un tel geste. Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple. C’est désormais également possible au couple homosexuel, en France et au Luxembourg.
Pour aller plus loin:
Retrouvez également ce reportage consacré à la religion protestante au Luxembourg, pour en savoir encore un peu plus sur la deuxième religion la plus pratiquée au Grand-Duché.
« Quand on bénit une union, on ne s’intéresse pas à la sexualité des gens » Photo J-L GILLME et Archives
IL SE DÉFINIT COMME LE « pasteur des pasteurs ». Élu voilà deux ans par ses pairs, Fabrice Pichard, qui a exercé son ministère de longues années à Sochaux, est le premier inspecteur ecclésiastique de la nouvelle région Est-Montbéliard de l’église protestante unie de France. Il s’occupe ainsi de la vingtaine de pasteurs et des 10 000 familles de fidèles habitant dans un « triangle » Verdun-Dijon-Montbéliard. Dimanche dernier, il participait au synode de l’EPUdF. Les délégués régionaux y ont décidé -à 94 voix pour sur 105- d’accorder la bénédiction aux couples homosexuels civilement mariés.
-Votre avis ?
-Comme tous les responsables élus, je n’ai pas le droit de vote au synode mais je peux intervenir, comme voix consultative, dans le débat. Ce que j’ai fait. À titre personnel, j’étais très indécis. Mais le texte adopté est bon, très défendable.
-Pourquoi et pourquoi maintenant ?
-Dès lors que l’État avait autorisé voilà deux ans le mariage des couples homosexuels, notre église se trouvait dans une situation équivoque : elle devait se positionner. Nous avons toujours été interpellés par le législateur mais aussi l’évolution de la société. La place des femmes par exemple (N.D.L.R. : un tiers des pasteurs sont aujourd’hui des femmes). De plus, depuis l’adoption de la loi, des couples ont commencé à frapper à notre porte. Même si, très honnêtement, cela concerne plus les grandes métropoles. Dans notre région, ce sont vraiment des demandes très à la marge.
-C’est une évolution logique de l’église ou une décision surprenante ?
-Ce qui est surprenant, c’est le relatif consensus du vote. On aurait pu penser qu’il y aurait plus de tensions. Le fait que la bénédiction ne soit pas contraignante (il faut l’accord non seulement du pasteur mais aussi du conseil presbytéral) a dû jouer. Il faut savoir également que dans notre église, le mariage n’est pas un sacrement, comme chez nos amis catholiques. Du côté de nos fidèles, qui en moyenne ont plus de cinquante ans, je ne sais pas trop comment la décision sera perçue. Je n’ai que peu de réactions depuis dimanche : certains sont un peu choqués, d’autres se félicitent. Mais il y a une continuité : déjà en 2004, nous nous étions interrogés sur la place des homosexuels dans l’église. Nous avons tranché en disant « accueil inconditionnel ». Tout individu, quelles que soit ses orientations sexuelles, politiques, culturelles, est d’abord enfant de Dieu
-Pourquoi l’église protestante est-elle et a-t-elle toujours été beaucoup plus « gay friendly » que les autres, issues notamment des religions du Livre ?
-D’abord nous n’avons pas le même rapport aux textes bibliques que les autres religions, nous y mettons une certaine distance. Dans l’Ancien Testament, l’homosexualité est clairement condamnée. Mais, nous avons une approche contextuelle : à 3 000 ans de distance, le regard peut être différent. Ensuite, nous sommes christo-centristes : notre manière de lire la bible se base sur Jésus. Je ne sais pas ce que le Christ pensait ou aurait pensé de l’homosexualité. Mais une chose me semble essentielle : il n’a pas voulu apporter au monde plus de morale mais plus d’amour. Il a accueilli des prostituées, des collecteurs d’impôts, des lépreux. L’esprit de la bible nous dit que Jésus est quelqu’un qui accueille et on doit le faire aussi si on veut vire dans son sillage. Enfin, la grâce est au cœur de notre théologie. C’est-à-dire que ce n’est pas parce qu’un homosexuel devient hétérosexuel qu’il sera sauvé ! L’homosexualité est un péché ? Oui. Comme l’alcoolisme, comme l’avarice, comme l’égoïsme. Nous sommes tous des pêcheurs. Un homosexuel ne l’est pas plus que moi. Chacun est digne devant Dieu.
-Vous parlez aussi d’équité ou du moins d’égalité ?
-L’église protestante bénit bien également les personnes divorcées qui souhaitent se remarier… De plus, quand on fait une bénédiction de mariage « classique », on ne s’intéresse pas à la sexualité, aux pratiques intimes, du couple. Il faut être cohérent : pourquoi le ferait-on pour les homosexuels ?
-A votre sens, votre décision peut-elle influencer les autres églises ?
-Je ne crois pas. La plupart ont une lecture plus littérale des textes (N.D.L.R. : y compris chez les églises évangéliques, pourtant protestantes). Ensuite chacune a sa propre théologie. Regardez, il y a des femmes pasteurs depuis cinquante ans chez nous… et c’est tout.
-Cela va-t-il rapprocher les homosexuels de votre église ?
-Possible mais à la marge. Je ne crois pas que les gens vont changer de religion ou de tradition pour cette bénédiction. Après évidemment, tout le monde peut connaître un cheminement, une conversion.
Dimanche lors d’un synode national, deux ans après l’adoption de la loi Taubira autorisant le mariage homosexuel civil, l’Église protestante unie de France (EPUdF) a pris une décision quasiment inédite dans le paysage religieux français : les pasteurs pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement.
A La Réunion, ce sont 16 pasteurs et aumôneries représentant diverses dénominations qui sont représentées au sein de la Fédération protestante de France (FPF). En outre, plusieurs autres églises évangéliques ou pentecôtistes se réclament du mouvement issu de la Réforme.
Dans un communiqué, Eric Han Kwan, président du pôle régional de la Fédération protestante de France, a réagi à cette récente annonce du synode national.
“Les églises protestantes ont toujours eu pour vocation d’accueillir toute personne qui souhaite poursuivre une démarche spirituelle et vivre une rencontre personnelle avec Dieu en Jésus-Christ”, commence-t-il. Avant de poursuivre : “Cela vaut pour quiconque homme ou femme, célibataire, marié, divorcé, homosexuel… sans discrimination a priori”.
Il ajoute ensuite que l’Eglise protestante unie de France (EPUF) n’a fait qu’aller dans le sens de la loi française reconnaissant le mariage homosexuel en “bénissant de telles unions”. Par ailleurs, le président du pôle régional précise que chaque pasteur “demeure libre en conscience de présider ou pas à la bénédiction d’un mariage homosexuel”. Rappelant également que la position de l’EPUF “n’est en aucun cas représentative du point de vue de la très grande majorité des églises composant la Fédération protestante de France” (FPF). Il argumente par ces chiffres : sur les 2000 pasteurs que compte la Fédération, seuls une cinquantaine de pasteurs de l’Eglise protestante unie était invitée à voter.
Eric Han Kwan tient d’ailleurs à préciser que “l’ensemble des églises faisant partie de la FPF à La Réunion est clairement opposée à la bénédiction de mariage de couple de même sexe”.
Des divergences d’opinion et de conviction qui selon lui sont comparables à celles existant dans les “grandes familles”, entre “frères et soeurs”. “Ce n’est pas pour autant qu’ils doivent ne plus s’aimer fraternellement et se rejeter les uns les autres”, termine-t-il.
En métropole également, cette décision avait suscité de nombreuses réactions. Adoptée à une très forte majorité par les luthériens et réformés, la possibilité de bénir des couples homosexuels est cependant loin de faire l’unanimité du monde protestant. Le Conseil des évangéliques y voit même une évolution “consternante”, et périlleuse pour les relations oecuméniques.
En France, la Fédération protestante compte plus d’une trentaine d’unions d’églises et plus de 80 associations : elles représentent environs 500 institutions, oeuvres et mouvements, 1400 églises membres, près de 2000 pasteurs (dont 200 femmes). Ce sont 800 000 protestants qui s’y rattachent, auxquels on ajoute 200 000 à 300 000 personnes qui se réclament du protestantisme.
Pour la première fois en France, une Eglise protestante ouvre la voie à la bénédiction religieuse du mariage homosexuel, mais les partisans du «mariage pour tous» auraient tort de se réjouir trop vite.
L’Eglise protestante unie (EPUdF), qui réunit depuis 2012 les deux grandes branches historiques –luthérienne et réformée– du protestantisme français, a adopté, dimanche 17 mai à Sète, la «possibilité» d’une bénédiction liturgique dans ses temples de couples mariés de même sexe«voulant placer leur alliance devant Dieu». Soit un geste de pure tolérance, manifestant le pragmatisme et le libéralisme traditionnel des «réformés» en matière de mœurs et d’éthique, bien loin de la tradition catholique et évangélique, beaucoup plus conservatrice et rigide. Après tout, disent-ils, si toutes les Eglises ont milité, avec plus ou moins de conviction, contre la loi Taubira, le mariage gay existe bien. Il faut faire avec. Une foi chrétienne bien comprise ne peut mettre à la porte des lieux de culte les couples homosexuels qui désirent y entrer.
Mais malgré ce geste généreux, comment ignorer qu’il aura fallu, même dans cette partie la plus progressiste du protestantisme français, des années de débat pour en arriver là! Et encore, les pasteurs (et pasteures) luthériens et réformés ne pourront bénir les couples gays mariés civilement qu’avec l’assentiment du «conseil presbytéral» de leur paroisse. Puis des «équipes de coordination» devront les conseiller sur le meilleur accompagnement et la préparation de ces bénédictions liturgiques. Si certains de ces pasteurs, plus rétifs à leur hiérarchie, bénissaient déjà de manière sauvage des couples gays, d’autres ont fait savoir qu’ils n’accepteront jamais d’appliquer cette nouvelle disposition adoptée dimanche à une assez forte majorité. Et le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) a déjà condamné cette «décision consternante» de leurs «frères» protestants.
On avance donc sur ce sujet tabou de l’homosexualité, mais avec combien de prudences! Et comment pourrait-il en être autrement quand on sait que l’homosexualité sépare non seulement les protestants, de tempérament plus libéral, et les catholiques, mais divise la famille protestante elle-même. Les protestants évangéliques et pentecôtistes, en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique, en Asie, dans les pays d’Europe du Nord et même en France, où ils sont désormais majoritaires (sur un total de 700.000 protestants), restent foncièrement hostiles à l’homosexualité. Pour ces fondamentalistes chrétiens, qui se veulent le plus proches de la lettre de l’Evangile, l’homosexualité est un interdit biblique et un péché grave.
Des divisions qui remontent aux grands schismes
Mais ce sont toutes les grandes Eglises protestantes à travers le monde –anglicane, luthérienne, méthodiste, presbytérienne, réformée– qui sont ici divisées. Elles sont traversées par des polarisations idéologiques très fortes entre ceux qui plaident l’exclusion des homosexuels et ceux qui militent pour leur intégration totale dans les communautés. Ces Eglises libérales tolèrent une grande pluralité de doctrines et de pratiques et leurs points de friction concernent non seulement les bénédictions d’unions de même sexe, mais aussi l’accueil des gays dans les paroisses et leur accès aux fonctions de pasteur et d’évêque.
Depuis des années, par exemple, le schisme au sein de l’Eglise anglicane (80 millions de fidèles dans le monde) est consommé entre, d’un côté, les «provinces» anglo-américaines, acquises depuis longtemps aux unions homosexuelles, aux bénédictions, parfois même à l’accès de gays et de lesbiennes aux «grades» de pasteurs (et d’évêques!) et, de l’autre côté, les pays anglicans d’Afrique noire ou d’Asie, beaucoup plus préoccupés par la polygamie que par l’homosexualité, qu’ils considèrent comme contre nature. Ainsi, ces Eglises anglicanes du Sud ont-elles rompu tout lien avec leur «Eglise-sœur» des Etats-Unis (dite «épiscopalienne») qui a osé ordonner, en 2003, un évêque ouvertement homosexuel et avec un diocèse anglican du Canada qui procéde depuis longtemps à des bénédictions liturgiques de couples de même sexe.
Et que dire du fossé qui demeure, sur l’homosexualité, avec l’Eglise catholique romaine? La décision prise en France par les protestants (en partie) d’autoriser la bénédiction de couples de gays et de lesbiennes ne va certainement pas contribuer au progrès des relations œcuméniques au sein d’un christianisme toujours fracturé. Ce qui reste un objet de scandale aux yeux de croyants qui se désolent de ces déchirures internes sur ces sujets de morale, alors que la foi chrétienne ne cesse de rétrécir, que les communautés s’épuisent ou disparaissent, que les minorités chrétiennes, au Proche-Orient, en Afrique, en Inde, sont persécutées, menacées dans leur existence même. Comment justifier, en 2015, des divisions doctrinales qui remontent aux grands schismes du XIe siècle (rupture entre chrétiens d’Occident et chrétiens d’Orient «orthodoxes») et du XVIe siècle (rupture, chez les chrétiens d’Occident, entre les catholiques romains et les protestants)?
Quand le pape François devient muet
Le pape François a bien prononcé des paroles d’ouverture très fortes et remarquées envers les personnes homosexuelles (notamment le «Qui suis-je pour les juger?» de juillet 2013). De même, la doctrine catholique fait toujours le «distinguo» entre «l’homosexualité», qu’elle condamne fermement, et les «personnes homosexuelles», qu’elle respecte et demande d’accueillir dans les communautés. La question de l’accueil, dans les lieux de culte catholiques, des gays et des couples de même sexe est donc posée et entraîne de nombreuses réflexions et initiatives.
Mais le sujet de la bénédiction religieuse des couples homosexuels mariés –désormais tolérée par la fraction la plus ouverte du protestantisme– n’est pas du tout à l’ordre du jour dans l’Eglise catholique, pour laquelle le mariage est, d’abord et avant tout, un «sacrement», soit un «signe de Dieu», et non un simple geste humain, seulement transmis par le prêtre en charge du sacré (rien à voir avec le «pasteur» protestant, qui remplit une fonction). Si la question de l’accueil des pratiquants homosexuels touche donc, à l’occasion, quelques communautés catholiques à la base, elle est évidemment rejetée par la haute hiérarchie. Jusqu’à Rome, où de plus en plus d’observateurs notent que, depuis la fin du synode des évêques sur la famille en octobre 2014, qui avait révélé de profondes tensions sur les divorcés-remariés et précisément sur la place des homosexuels, le pape François est devenu terriblement muet sur ces sujets!
Réunis en synode national à Sète (Hérault), 105 délégués de l’Église protestante unie de France se sont prononcés le 17 mai en faveur d’accorder la bénédiction aux couples de même sexe mariés. Le fait que ce vote coïncide avec la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie n’a sans doute rien de fortuit.
“Une juste façon de témoigner de l’Évangile”
94 voix pour, et 3 contre : il y a donc eu quasi-unanimité des délégués pour donner “la possibilité, pour celles et ceux qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu”.
Curieuse formule. Elle est d’ailleurs assortie d’un communiqué de l’EPUdF, précisant que la bénédiction des couples homosexuels n’est “ni un droit, ni une obligation”, mais une “possibilité”, et “ne s’impose à aucune paroisse, à aucun pasteur”. Ainsi certains pasteurs auraient la liberté de voir dans cette bénédiction “une juste façon de témoigner de l’Évangile” tandis que d’autres, non ? Au nom de quoi, cette acceptation, au nom de quoi, ce refus ? De l’arbitraire du “libre arbitre” ? On voit cependant mal un des 500 pasteurs de l’EPUdF refuser de donner cette bénédiction après un tel vote, sauf à s’exposer quasi automatiquement à un procès en “homophobie”.
Pourquoi d’ailleurs réserver cette bénédiction aux couples homosexuels “mariés” ? Le mariage n’étant pas considéré comme un sacrement par les protestants, on ne comprend pas pourquoi tout duo homosexuel qui le souhaiterait ne pourrait pas être béni. Voilà une nouvelle “discrimination” en perspective…
Expurger l’Ancien et le Nouveau Testament ?
Mais l’incohérence principale est ailleurs : elle est dans la rupture avec la Bible. L’Ancien Testament et le Nouveau Testament ne foisonnent pas de références à l’homosexualité, mais quand le sujet est abordé, c’est clairement et sans appel. Citons pour mémoire, Lévitique 18,22 : “Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination” et, dans le Nouveau Testament, saint Paul : 1 Corinthiens 6,9 : “Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni homosexuels… n’hériteront du Royaume de Dieu” ; ou encore Romains 1, 26-27 : “Aussi Dieu les a-t-il livrés à des passions avilissantes : car leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature ; pareillement les hommes, délaissant l’usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l’infamie d’homme à homme et recevant en leurs personnes l’inévitable salaire de leur égarement”. Il va donc falloir réécrire ou expurger la Bible pour sacrifier à l’air du temps en bénissant au nom de Dieu des unions homosexuelles.
Débat “difficile” et “douloureux”
Cela n’a évidemment pas échappé aux opposants au sein de l’Église luthéro-réformée. “Au cours du synode, quelques voix ont rappelé que le débat avait été “difficile”, même “douloureux” dans certaines paroisses, tandis que d’autres ont pointé le risque de fragiliser, par cette décision, la communion avec les Églises sœurs protestantes – notamment évangéliques – et le dialogue œcuménique avec l’Église catholique” (La Vie). “Cela ne va sans doute pas simplifier les choses”, a sobrement commenté Mgr Pierre-Marie Carré, évêque de Montpellier, invité au synode de Sète (La Croix).
Réunis en synode national à Sète (Hérault), 105 délégués de l’Église protestante unie de France se sont prononcés le 17 mai en faveur d’accorder la bénédiction aux couples de même sexe mariés. Le fait que ce vote coïncide avec la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie n’a sans doute rien de fortuit.
“Une juste façon de témoigner de l’Évangile”
94 voix pour, et 3 contre : il y a donc eu quasi-unanimité des délégués pour donner “la possibilité, pour celles et ceux qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu”.
Curieuse formule. Elle est d’ailleurs assortie d’un communiqué de l’EPUdF, précisant que la bénédiction des couples homosexuels n’est “ni un droit, ni une obligation”, mais une “possibilité”, et “ne s’impose à aucune paroisse, à aucun pasteur”. Ainsi certains pasteurs auraient la liberté de voir dans cette bénédiction “une juste façon de témoigner de l’Évangile” tandis que d’autres, non ? Au nom de quoi, cette acceptation, au nom de quoi, ce refus ? De l’arbitraire du “libre arbitre” ? On voit cependant mal un des 500 pasteurs de l’EPUdF refuser de donner cette bénédiction après un tel vote, sauf à s’exposer quasi automatiquement à un procès en “homophobie”.
Pourquoi d’ailleurs réserver cette bénédiction aux couples homosexuels “mariés” ? Le mariage n’étant pas considéré comme un sacrement par les protestants, on ne comprend pas pourquoi tout duo homosexuel qui le souhaiterait ne pourrait pas être béni. Voilà une nouvelle “discrimination” en perspective…
Expurger l’Ancien et le Nouveau Testament ?
Mais l’incohérence principale est ailleurs : elle est dans la rupture avec la Bible. L’Ancien Testament et le Nouveau Testament ne foisonnent pas de références à l’homosexualité, mais quand le sujet est abordé, c’est clairement et sans appel. Citons pour mémoire, Lévitique 18,22 : “Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination” et, dans le Nouveau Testament, saint Paul : 1 Corinthiens 6,9 : “Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni homosexuels… n’hériteront du Royaume de Dieu” ; ou encore Romains 1, 26-27 : “Aussi Dieu les a-t-il livrés à des passions avilissantes : car leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature ; pareillement les hommes, délaissant l’usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l’infamie d’homme à homme et recevant en leurs personnes l’inévitable salaire de leur égarement”. Il va donc falloir réécrire ou expurger la Bible pour sacrifier à l’air du temps en bénissant au nom de Dieu des unions homosexuelles.
Débat “difficile” et “douloureux”
Cela n’a évidemment pas échappé aux opposants au sein de l’Église luthéro-réformée. “Au cours du synode, quelques voix ont rappelé que le débat avait été “difficile”, même “douloureux” dans certaines paroisses, tandis que d’autres ont pointé le risque de fragiliser, par cette décision, la communion avec les Églises sœurs protestantes – notamment évangéliques – et le dialogue œcuménique avec l’Église catholique” (La Vie). “Cela ne va sans doute pas simplifier les choses”, a sobrement commenté Mgr Pierre-Marie Carré, évêque de Montpellier, invité au synode de Sète (La Croix).
Paris, France | AFP | dimanche 17/05/2015 – Les pasteurs de la principale Eglise protestante de France pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement, selon une décision adoptée dimanche à une large majorité par le synode, une quasi-première dans l’Hexagone.
Sur la centaine de délégués de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF) réunis à Sète (Hérault) et ayant pris part au vote, 94 ont voté pour la possibilité d’une bénédiction et trois contre, a indiqué le porte-parole de cette Eglise, qui incarne le courant historique du protestantisme français.
“Ce qui m’a surpris, c’est l’excellente ambiance” lors de la session du vote, marquée par “la confiance et la fraternité”, a déclaré à l’AFP le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF. “Ce n’est pas une majorité qui a gagné contre une minorité. La décision intègre toutes les positions”.
Dans un communiqué, l’EPUdF précise qu’il s’agit d'”un pas de plus” pour “accompagner les personnes et les couples”, après 18 mois de réflexion et de débat.
Deux ans après l’adoption de la loi Taubira ouvrant le mariage civil aux personnes de même sexe, cette annonce est une quasi-première en France.
D’importantes communions protestantes d’Europe (Espagne, Italie…) et d’Amérique du Nord, ont ouvert cette bénédiction aux couples gays et lesbiens. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), une Eglise beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise actuellement ses pasteurs à participer à un “geste liturgique d’accueil et de prière” pour les homosexuels, mais cela reste marginal.
Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple.
“Le Synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Eglise protestante unie”, a indiqué dimanche l’EPUdF.
– Loin du consensus –
Le président de SOS Homophobie Yohann Roszéwitch “très heureux de ce vote à la quasi-unanimité”, a souligné la “symbolique” de ce geste intervenu dimanche, journée internationale de lutte contre l’homophobie. Le vote lui paraît “primordial dans un contexte actuel de hausse de l’homophobie, entretenue parfois par les Eglises”. En 2014, l’association a recueilli 2.197 témoignages faisant état d’actes homophobes.
L’EPUdF a précisé que la bénédiction est “une possibilité ouverte, elle n’est ni un droit ni une obligation. En particulier, elle ne s’impose à aucune paroisse”.
Au sein même de l’Eglise protestante unie, née en 2012 de la fusion des Eglises luthériennes et réformées, le sujet est loin de faire consensus, même si le mariage gay n’y fait pas l’objet du rejet constaté parmi les responsables catholiques et dans les mouvements évangéliques.
En juin 2014, l’Union des Eglises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL) s’était donné “un délai de trois ans avant d’envisager de reprendre cette question en assemblée”.
Avant le synode, le pasteur Gilles Boucomont avait marqué sa vive opposition au projet. Avec une cinquantaine d’autres pasteurs et une centaine de conseillers presbytéraux (locaux), il avait signé un “appel” invitant les délégués du synode à ne pas statuer “dans la hâte de répondre à la pression de la société et l’évolution de ses mœurs” et disait craindre “de profondes déchirures”.
L’EPUdF revendique 110.000 membres actifs parmi 400.000 personnes faisant appel à ses services.
Tout en se défendant d’être en concurrence avec une mouvance évangélique en forte croissance, elle parie désormais sur une démarche missionnaire pour “passer d’une Eglise de membres à une Eglise de témoins”.
L’EPUdF accueille un nouveau pasteur chaque mois ce qui, compte tenu des départs à la retraite, lui permet de stabiliser leur nombre. Un tiers d’entre eux, et même 45% des nouveaux pasteurs, sont des femmes.
Le Conseil des évangéliques “consterné”
Le Conseil national des évangéliques de France (Cnef) a jugé lundi “consternante” la décision de permettre la bénédiction liturgique des couples homosexuels mariés prise la veille par l’Eglise protestante unie de France (EPUdF, luthériens et réformés).
Dans un communiqué, le Cnef se dit “surpris par le vote massif des délégués synodaux” de l’EPUdF (94 voix pour, 3 contre), dimanche à Sète (Hérault), en faveur d’un tel choix, qu’il juge “contestable” à plusieurs égards.
D’abord, estime le Conseil des évangéliques, la communion luthéro-réformée a ainsi pris le risque de “confondre le souci louable d’accueillir en Église les personnes homosexuelles avec la bénédiction d’une pratique condamnée sans équivoque par la Bible”.
Ensuite le Cnef, qui dit vouloir affirmer une “voix libre” et ne “pas simplement suivre les tendances de la société”, voit dans cette bénédiction “un simple accompagnement de la volonté des personnes demandeuses” plutôt qu’une “occasion pastorale de découverte, avec elles, de la volonté de Dieu”. Enfin, il y voit la promotion d'”une grâce à bon marché bien éloignée de l’Évangile de Jésus-Christ et de ses exigences en matière d’éthique de vie”.
“Nul doute que la décision de l’Église protestante unie marquera de façon négative les relations qu’elle entretient avec les protestants évangéliques et compliquera aussi les relations avec les autres Églises”, prévient le Cnef.
Le Cnef, qui revendique 70% des évangéliques français sous sa tutelle, est l’une des grandes instances représentatives du protestantisme hexagonal avec la Fédération protestante de France (FPF), à laquelle appartient l’EPUdF.
Les évangéliques, qui comme les catholiques sont généralement plus conservateurs que les luthéro-réformés sur les sujets de société, sont estimés à quelque 600.000 pratiquants réguliers en France, dispersés en une multitude d’Eglises locales en plein essor.
L’EPUdF, elle, incarne le courant historique du protestantisme français. Elle est la première Eglise protestante française avec 110.000 membres actifs revendiqués parmi 400.000 personnes faisant appel à ses services.