“Les Attestants”, un nouveau courant chez les protestants français

Quelque 250 membres chrétiens réformés et luthériens opposés à la bénédiction de couples homosexuels ont créé samedi 16 janvier un nouveau courant au sein de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF) dénommé « Les Attestants ». Au-delà de la question de la bénédiction des couples homosexuels, les membres de ce courant du protestantisme luthéro-réformé entendent retourner vers les fondamentaux que sont l’autorité des Écritures et la prière.

Les "Attestants", un mouvement de réveil qui ramène les coeurs des protestants vers les Saintes Ecritures.

Les « Attestants », un mouvement de réveil au sein de l’Eglise Protestante Unie de France.

Lors du Synode national qui s’est déroulé au Lazaret (Sète) du 14 au 16 mai 2015, l’Église Protestante Unie de France (EPUdF) a accordé à ses pasteurs la possibilité, « pour ceux et celles qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile », de pratiquer une bénédiction liturgique des couples homosexuels.

Cette décision est loin de faire l’unanimité au sein de la communion luthéro-réformée, le courant historique du protestantisme français. Des membres, responsables et pasteurs de l’Église Protestante Unie de France hostiles à cette décision et désireux de concourir à la mission qu’elle a reçue du Seigneur, ont décidé de créer un nouveau courant dénommé « Les Attestants ». L’idée de créer ce courant a été initié par les pasteurs Caroline Bretonès et Gilles Boucomont, qui officient tous deux à l’Eglise Protestante Unie du Marais, à Paris.

Quelque 250 réformés et luthériens ont assisté au congrès fondateur des Attestants qui s’est tenu samedi 16 janvier au Centre Maurice Ravel, à Paris. Ce courant du protestantisme luthéro-réformé souhaite rassembler ceux et celles qui souhaitent attester de Christ au sein de l’Eglise Protestante Unie de France.

L’association « Les Attestants » ambitionne de devenir « un ferment de renouveau ou de réveil de l’Église », en rendant aux Saintes Ecritures leur caractère souverain pour la foi et la vie, et en cherchant à vivifier la foi et la prière, l’écoute du Dieu de Jésus-Christ.

L’association fondée institutionnellement le 16 janvier 2016 dispose d’un conseil d’administration et d’un site internet.

Les participants ont voté à l’unanimité leur « Déclaration d’intention » ci-dessous, texte cadre qui définit leur positionnement au sein de l’Eglise Protestante Unie de France.Les-attestants---Eglise-Protestante-Unie-de-France

« Nous, membres, responsables et pasteurs de l’Église Protestante Unie de France désireux de concourir à la mission qu’elle a reçue du Seigneur, et ce malgré les profonds désaccords qui s’expriment notamment depuis la décision du synode national de Sète, déclarons :

  •  nous réjouir de ce que notre Église ait choisi un élan dynamique avec “Écoute ! Dieu nous parle…” et proposé d’être résolument une “Église de témoins” ;
  • constater le nombre croissant de personnes qui cherchent Dieu et sont en quête de sens et de vérité pour leur vie ;
  • que la rencontre entre les anciens et les nouveaux dans nos Églises nécessite l’expression d’une affirmation claire de notre foi en Dieu Père Fils et Saint Esprit, fidèle à l’héritage reçu des apôtres afin de vivre concrètement l’unité dans la diversité ;
  • percevoir un profond besoin dans nos paroisses de retrouvailles heureuses avec une lecture à la fois instruite et priante de la Bible, et d’ouverture au projet de Dieu pour l’Église suscité par l’Esprit Saint.

En raison de ces convictions, nous proposons :

  • que se fédère, dans l’EPUdF, un mouvement de chrétiens attestant leur foi en Jésus-Christ Seigneur et Sauveur, soucieux de l’autorité souveraine de la Parole biblique pour la vie des croyants, priant pour le renouveau de cette foi au sein de l’Église protestante unie de France, et œuvrant pour la croissance de l’Église ;
  • que ce mouvement puisse créer des événements et des réseaux ; fournir des moyens de formation et de communication ; pour susciter et accompagner ce désir et cet appel missionnaire, alliant vie spirituelle et fraternelle, lecture renouvelée de la Bible et aptitude à penser et témoigner de sa foi ;
  • que ce mouvement contribue activement aux réflexions théologiques, expériences d’Église, et instances décisionnelles de l’EPUdF.

Conscients du fait qu’un tel mouvement appelle de ses vœux un réveil, nous pensons qu’il ne peut puiser son origine que dans la prière et dans l’Esprit Saint. En réaffirmant les bases de la Réforme (Sola Gratia, Sola Fide, Soli Deo Gloria, Solus Christus, Sola Scriptura), nous aspirons à retrouver une pratique des ministères qui valorise la diversité des dons accordés aux membres de nos Églises, et suscite un peuple, témoignant de sa foi, qui serve le Christ dans et hors de l’Église.

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Les “attestants”, ces protestants opposés à la bénédiction des couples homosexuels

Quelque 250 protestants ont tenu congrès samedi, pour fonder un tout nouveau mouvement. Ou plutôt quelques “attestants”, puisque c’est le nom choisi par eux pour désigner leur nouvelle formation. “Attestant”, car ils entendent “attester leur foi en Jésus Christ”. S’ils entendent rester membre de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF), ils tiennent aussi à se “structurer” pour faire entendre leur point de vue contre les instances dirigeantes de l’EPUdF. Et notamment sur un sujet majeur : la bénédiction des couples homosexuels, que l’EPUdF a autorisé en mai dernier. Peut-on parler de “schisme” au sein de la principale église protestante de France (250.000 fidèles, 480 paroisses et 500 pasteurs) ? Décryptage.

En mai dernier, une décision historique. Au printemps dernier, l’EPUdF a accordé à ses pasteurs la possibilité de bénir des couples mariés homosexuels, lors d’un synode national à Sète, dans l’Hérault. La formulation, adoptée à la quasi-unanimité, n’impose rien à personne. Mais elle ne laisse aucune ambiguïté sur cette autorisation historique : “le synode ouvre la possibilité, pour ceux et celles qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu”.

Le synode avait pour but de donner une autorisation officielle à ce qui était déjà pratiqué officieusement par certains pasteurs. La décision s’est également accompagnée de la création de deux groupes de travail : l’un pour “accompagner” les paroisses locales et s’efforcer de répondre à leurs questions, l’autre pour élaborer une “liturgie spécifique” à la bénédiction des couples homosexuels. “Les mariages des couples homme/femme ont une grande valeur dans la Bible. On ne peut pas simplement se contenter de transposer la même liturgie aux couples homosexuels. Nous allons prendre le temps de penser quelque chose de spécifique”, explique à Europe 1 le président du Conseil national de l’EPUdF, le pasteur Laurent Schlumberger. En attendant, les pasteurs sont libres d’improviser une liturgie spécifique. Depuis le mois de mai, seuls “une demi-douzaine” de mariage gay ont été “bénis”.

Les “attestants” protestent… Mais malgré les précautions de l’EPUdF, cette décision est encore loin de faire l’unanimité. Samedi, des opposants réunis notamment autour de Gilles Boucomont, le pasteur du temple du Marais à Paris, se sont donc rassemblés pour créer une association baptisée “Les Attestants”. L’EPUdF estime  que 11% de ses pasteurs sont désormais rattachés aux “attestants”, signe de l’ampleur du mouvement. Que reprochent concrètement les “attestants” à l’EPUdF ? Selon eux, la décision de bénir les couples homosexuels “ne tient pas compte de la référence à l’Ecriture, fondement de toute parole d’Eglise chrétienne, et protestante en particulier. Le mariage est l’union féconde de l’homme et de la femme, créés à l’image de Dieu dans leur différence même”, écrivent-ils dans une “déclaration à destination des instances nationales et de tous les membres de l’EPUdF”.


Les “attestants” refusent pour autant d’être taxés d’homophobie. Contrairement à certains “ultras”, ils ne condamnent pas l’homosexualité. Mais ils refusent pour autant de “bénir” les couples de personnes du même sexe. “Il est juste de souligner l’importance d’accueillir chacun dans nos paroisses, quelle que soit son orientation sexuelle, et que soit condamnée toute homophobie. Mais nous distinguons clairement entre l’incontournable bienveillance à manifester aux personnes et la manifestation publique d’un acte liturgique reconnaissant de fait le mariage d’un couple de même sexe comme étant de même nature qu’un mariage hétérosexuel”, écrivent les attestants.

… Et veulent s’organiser face aux “libéraux”. Au-delà de cette question de fonds, les “attestants” entendent se structurer pour peser au sein de EPUdF, qu’ils estiment tenue par des “libéraux”. “Aujourd’hui, le seul courant structuré dans notre Église est le courant libéral”, déplore Caroline Bretonès, l’une des “cadres” du mouvement, interrogée par La Croix. D’où leur volonté de créer des formations complémentaires “à la prière ou à l’accompagnement spirituel” pour leurs membres, ou encore de fonder une revue destinée à concurrencer Évangile et Liberté, une revue libérale. “La diversité proclamée par notre Église doit être vécue jusqu’au bout. Ce n’est pas le cas aujourd’hui : nous voulons une vraie diversité”, poursuit Caroline Bretonès.

“Nous cultivons le pluralisme”. Laurent Schlumberger, le président du Conseil national de l’EPUdF, ne voit d’ailleurs pas ce nouveau venu d’un mauvais œil. “Nous cultivons la pluralité. Nous pensons que personne n’est fondé à détenir l’autorité, seul Jésus-Christ l’est ! D’ailleurs, ce n’est pas le seul mouvement au sein de l’EPUdF. Un mouvement ne se créé pas pour diviser les protestants mais pour exprimer un point de vue”, assure le pasteur à Europe 1, et de citer les exemples du “Christianisme social“, “d’Evangile et liberté” ou du “Mouvement des veilleurs”.

Toutefois, sur la bénédiction des couples homosexuels, Laurent Schlumberger tient à nuancer la portée des “attestants” : “la décision du synode a reçu un large soutien. Mais ce sont toujours les voix discordantes qui se font entendre”. Dans une lettre qu’il a lui-même envoyé aux “attestants”, il mettait également en garde contre une éventuelle tentation de prendre une “posture de fidélité exclusive”. “Cette posture consiste à se poser en ‘vrais’, vrais héritiers de la Réforme (protestante), vrais lecteurs de la Bible, etc., laissant entendre – et c’est parfois allé jusqu’au discrédit explicite – que d’autres points de vue seraient des dévoiements et donc qu’une certaine pluralité, dans le cadre des choix faits par notre Eglise, ne serait spirituellement pas pleinement légitime”.

Actualité > Le CEP maintient le cap sur le 24 janvier, envers et contre (…)

Le Porte-Parole du CEP, Roody Stanley Penn, a annoncé la disponibilité d’une somme de près de 75 millions de gourdes, pour subventionner les partis politiques dans le cadre du processus électoral.

Le CEP a également publié une liste d’organisations accréditées à l’observation du scrutin du 24 janvier prochain. Toutefois, le Collectif du 4 décembre (Qui faisait partie de la liste) a décliné l’invitation du CEP, préférant attendre une amélioration du contexte électoral actuel.

Sit-in devant le CEP

Des dizaines de candidats aux élections locales ont organisé un sit-in devant les locaux du CEP pour exiger la tenue des scrutins locaux faute de quoi ils menacent de bloquer les opérations électorales du 24 janvier prochain.

Intoxications et démentis

Le président de l’ANMH, le Directeur Général de Radio Ibo, Hérold Jean-François, a démenti avoir annoncé la démission de Pierre Manigat Jr du CEP où il représente le secteur des médias. Il soutient cependant lui avoir suggéré de le faire au cours d’une conversation privée.

Par ailleurs, le Pasteur Jacques Janvier, de la Fédération des Pasteurs du Grand Nord d’Haïti nie avoir signé une lettre de la Communauté Protestante d’Haïti adressée au chef de l’Etat et proposant le Pasteur Métédieu Lucien comme nouveau représentant du secteur protestant au sein du CEP, suite à la démission de Vijonet Déméro.

Réactions à la démission de Déméro

Le président de la Conférence des pasteurs, le révérend Ernst Pierre Vincent, accueille favorablement la démission de Déméro et ne croit pas nécessaire la nomination d’un nouveau représentant du secteur protestant au sein du CEP.

Le coordonnateur du MPP et ex-candidat à la présidence de KONTRAPEPLA, Chavannes Jean-Baptiste, appelle les membres du CEP à suivre l’exemple de Déméro en démissionnant à leur tour pour éviter de se rendre coupables du crime projeté pour le 24 janvier 2016.

Simon Dieuseul Desras craint que Martelly ne recourt à la violence

A l’instar de l’ex-sénateur Simon Dieuseul Desras, le leader paysan, Chavannes Jean-Baptiste, se dit convaincu de la volonté du président Martelly d’avoir recours à la violence en vue de se maintenir au pouvoir.

Le Dr Jean Hénold Buteau de Alternative Socialiste (ASO) appelle la population à prendre au sérieux les révélations de Simon Dieuseul Desras concernant les projets de violence du pouvoir. Il affirme que la mobilisation contre les dernières élections et le scrutin du 24 janvier doivent se poursuivre en dépit des démissions successives enregistrées au niveau du CEP. HI/JMD/RK

France: 250 personnes réunies pour fonder l’association «Les Attestants»

Le 16 janvier, 250 personnes étaient rassemblées à Paris pour la constitution officielle du mouvement des Attestants, dont 15% de pasteurs et 85% de membres. «Ce courant du protestantisme luthéro-réformé aspire à devenir un ferment de renouveau ou de réveil de l’Eglise, en rendant aux Ecritures bibliques leur caractère souverain pour la foi et la vie, et en recherchant à vivifier la foi et la prière, l’écoute du Dieu de Jésus-Christ» indique le communiqué faisant suite au Congrès.

A l’unanimité, les votants ont accepté la «Déclaration d’intention», texte cadre définissant leur positionnement au sein de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF). Cette déclaration émet le souhait du mouvement des Attestants de contribuer activement aux réflexions théologiques, expériences d’Eglise et instances décisionnelles de l’EPUdF.

Alain Chapon a été élu président de l’association et Christophe Desplanque secrétaire.

Daniel Liechti, du Conseil national des évangéliques de France et Didier Crouzet, secrétaire général de l’EPUdF étaient présents en tant qu’observateurs. Le Suisse Martin Hoegger et le Belge Bernard-Zoltan Schümmer ont témoigné d’initiatives proches du mouvement des Attestants dans leur pays respectifs.

La rédaction d’Evangeliques.info – 18 janvier 2016 12:53

Réconciliation nationale : le FFKM affiche son indépendance

Le culte œcuménique annuel dirigé par le Conseil œcuménique des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM) se tiendra le 24 janvier prochain. La passation de fanion entre le président sortant du FFKM, le pasteur Lala Rasendrahasina et le président entrant, le pasteur Endore Modeste Rakoto aura lieu par la même occasion. Mais déjà le FFKM annonce qu’en matière de réconciliation, ses démarches seront entièrement indépendantes.

Après quelques mois de silence radio, les actions en vue de la concrétisation de la réconciliation nationale reprendront. Et bien que la mise en place du Conseil national pour la réconciliation (CNR) soit actuellement en cours, les membres du FFKM insistent sur la neutralité et l’indépendance de leur démarche. En ce début d’année, le FFKM s’engage à poursuivre tout seul le processus avec la responsabilisation des départements œcuméniques. «Même si le mandat du FFM prendra fin en mars prochain impliquant la mise en place d’un nouveau conseil pour la réconciliation, la mission du FFKM diffère de celle du FFM ou du CNR», a souligné Mgr Samoela Ranarivelo.

En effet depuis le début de ce processus, les quatre chefs d’église ont souligné qu’ils vont baser leur réconciliation sur les lois chrétiennes. Cette démarche prendra le temps qu’il faudra et touchera tous les citoyens.

Les actions menées par le FFKM ont été momentanément interrompues à cause des élections dans le pays. Cependant, les tractations se sont poursuivies au niveau des localités abritant cette confédération.

Le FJKM s’engage

Par ailleurs, les membres de la Confédération des églises protestantes de Madagascar (FJKM) se sont réunis hier à Mahamasina. Il s’agit d’un rendez-vous annuel des protestants afin de présenter leurs vœux au président actuel du FJKM, le pasteur Lala Rasendrahasina, mais aussi de marquer ensemble le début d’une nouvelle année d’évangélisation. Lors de son homélie, le président de la FJKM a insisté sur l’importance de la paix dans le pays. Il a rappelé la crise interne au sein de cette confédération mais aussi la crise qui perdure actuellement. Il a également exhorté les pasteurs à s’investir un peu plus dans le social. «Le devoir de la FJKM est de préserver la paix dans le pays par tous les moyens, c’est inconditionnel».

Un message que le président de la République a salué. Hery Rajaonarimampianina a annoncé face aux journalistes la volonté de l’Etat à collaborer avec l’Eglise. Le chef de l’Etat répond ainsi aux différentes critiques concernant le non-respect de la laïcité de l’Etat. «Cette coopération a longtemps existé. Elle s’est présentée sous différentes formes et a été effectuée dans un profond respect de la loi en vigueur dans le pays», a-t-il précisé.

Différentes personnalités ont honoré de leur présence ce culte de la FJKM comme les ministres, les députés et la maire de la Capitale. L’absence du vice-président laïc du FJKM, Marc Ravalomanana n’est pas passée inaperçue. Ce dernier effectue actuellement un voyage d’affaires en Asie.

Nadia

Les « Attestants », un nouveau mouvement chez les protestants

Le pasteur Gilles BOUCOMONT, un des initiateurs du mouvement des Attestants.ZOOM

Le pasteur Gilles BOUCOMONT, un des initiateurs du mouvement des Attestants. / Jean-Mathieu GAUTIER/CIRIC/

Créer un nouveau mouvement protestant. Entre 200 et 250 personnes étaient réunies dans l’Est parisien, samedi 16 janvier, pour lancer le courant des « Attestants » au sein de l’Église protestante unie de France (EPUdF).

L’idée de créer ce courant, notamment initié par les pasteurs Gilles Boucomont et Caroline Bretonès, qui officient tous deux au temple protestant du Marais, à Paris, est née au printemps 2015, quelques jours après l’adoption, par les représentants de l’EPUdF, de la possibilité de bénir les couples homosexuels. Il réunit des opposants à cette décision.

> A lire  : Les protestants pourront bénir les couples homosexuels

Le renouveau

Au-delà de la question de la bénédiction des couples homosexuels, il s’agit, selon le texte adopté samedi, d’un « mouvement de chrétiens attestant leur foi en Jésus-Christ Seigneur et sauveur, soucieux de l’autorité souveraine de la Parole biblique pour la vie des croyants, priant pour le renouveau de la foi au sein de l’Église protestante unie de France, et œuvrant pour la croissance de l’Église ».

« Aujourd’hui, le seul courant structuré dans notre Église est le courant libéral », déplore Caroline Bretonès. Elle évoque notamment une forte influence de cette sensibilité dans les institutions de l’EPUdF, ainsi qu’à l’Institut protestant de théologie, à Paris, et qui forme une grande majorité des pasteurs de l’Église unie. « Il s’agit d’un courant assez dominant, poursuit-elle. Or, la diversité proclamée par notre Église doit être vécue jusqu’au bout. Ce n’est pas le cas aujourd’hui : nous voulons une vraie diversité. »

Formations complémentaires

D’où la nécessité, pour les instigateurs des Attestants, de créer des « formations complémentaires » pour les laïcs et les pasteurs qui le souhaiteraient, « notamment sur la prière ou l’accompagnement spirituel ». Ils évoquent aussi la publication d’une revue, pour se faire le pendant d’Évangile et Liberté, porté par le courant protestant libéral.

Issue de la fusion de l’Église réformée de France et de l’Église évangélique luthérienne de France, l’Église protestante unie de France (EPUdF) est née en 2012. 250 000 fidèles fréquentent régulièrement ses 480 paroisses. En tout, cette Église compte 500 pasteurs, dont un tiers de femmes.

Demande de « pardon » à Dieu

Au cours des débats, la décision d’accorder aux pasteurs la possibilité de bénir les couples homosexuels, prise en mai 2015 à Sète (Hérault), a été largement abordée. Lors du culte du matin, le célébrant a demandé « pardon à Dieu » pour « la décision du synode », mais aussi pour les réactions de « colère » exprimées à cette occasion, par ceux qui s’opposaient aux bénédictions. La pasteure Nicole Deheuvels, conseillère conjugale en région parisienne, a quant à elle évoqué un « épisode douloureux » pour l’Église unie.

Autre sujet abordé durant cette journée : les méthodes de décision au sein de l’Église, beaucoup de participants remettant en cause la représentativité du « Synode national », qui réunit chaque année des délégués protestants, pasteurs et laïcs, de toute la France. « Je connais une ou deux personnes qui disent qu’elles se sont fait un peu avoir pendant le Synode », avance pour sa part le président des attestants, Alain Chapon, un laïc qui préside par ailleurs le conseil presbytéral de sa paroisse, à Clermont-Ferrand.

Éviter le « consensus mou »

La majorité des membres présents n’ont pas, pour autant, l’intention de quitter l’Église protestante unie de France. « C’est une tentation qui m’a effleuré lorsque j’ai appris la décision de Sète, admet Christophe Desplanque, pasteur à Agen. Mais il m’est rapidement apparu que je n’avais pas le droit de quitter le navire en pleine tempête. Au fond, je suis attaché à mon Église. C’est elle qui m’a fait connaître le Christ, et qui m’a fait grandir dans la foi. »

Le pasteur a été l’un des premiers à rejoindre les Attestants. « Je veux croire qu’il est possible de vivre une pluralité dans notre Église sans être dans une forme de consensus mou. »

Peser dans les décisions

Outre la création d’une revue, de modules de formations, mais aussi l’établissement de relations avec d’autres Églises protestantes à l’étranger, les Attestants souhaitent peser dans les prises de décision de l’Église unie. Et leur première occasion de se faire entendre est déjà choisie : les dirigeants de l’EPUdF se sont en effet fixés pour objectif de s’accorder d’ici à 2017 sur une nouvelle « déclaration de foi », « énonçant en un langage simple les convictions fondamentales que partagent ses membres ».

Déjà, le pasteur Desplanque prévient : « Aujourd’hui, je crois fermement qu’une nouvelle division serait un échec. Mais si dans deux ans, la déclaration de foi doit devenir une bouillie inconsistante, je dirai peut-être autre chose. »

Loup Besmond De Senneville

Des protestants hostiles à la bénédiction de couples homosexuels créent un courant dans leur …

Des protestants hostiles à la bénédiction de couples homosexuels créent un courant dans leur Eglise

Auteur

AFP


Quelque 250 luthériens et réformés hostiles à la bénédiction de couples homosexuels ont créé samedi un courant au sein de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF), la plus importante du pays avec 110.000 membres, a-t-on appris auprès d’un responsable.
L’EPUdF a ouvert à ses pasteurs la possibilité de bénir des couples homosexuels en mai dernier lors d’un synode national à Sète (Hérault).
Si cette décision a été adoptée à une très large majorité des délégués synodaux, elle ne fait pas l’unanimité dans le monde protestant – les évangéliques y sont très largement défavorables -, ni même au sein de la communion luthéro-réformée, le courant historique du protestantisme français.
Plusieurs opposants et observateurs avaient mis en garde contre le risque de schisme que ce vote quasi inédit dans le monde religieux français – « pris contre tous les textes bibliques », avait affirmé un pasteur – pouvait faire peser sur l’EPUdF.
Samedi, des opposants réunis notamment autour de Gilles Boucomont, le charismatique pasteur du temple du Marais à Paris, se sont rassemblés pour créer une association baptisée « Les Attestants ».
Ce mouvement de l’EPUdF a vécu son congrès fondateur en présence de 250 personnes, dont 85% de laïcs et 15% de pasteurs, selon un communiqué transmis à l’AFP.
« Ce courant du protestantisme luthéro-réformé aspire à devenir un ferment de renouveau ou de réveil de l’Eglise, en rendant aux Ecritures bibliques leur caractère souverain pour la foi et la vie, et en cherchant à vivifier la foi et la prière, l’écoute du Dieu de Jésus-Christ », écrivent les signataires en préambule d’une déclaration d’intention intitulée « Attester pour le Christ ».
Les Attestants entendent peser au sein de la mouvance luthéro-réformée, en contribuant « activement aux réflexions théologiques, expériences d’Église et instances décisionnelles de l’EPUdF ».

© 2016 AFP

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Saddleback, l’église où le fidèle est roi

Le pasteur Rick Warren prêche un dimanche de janvier 2015, durant le culte, dans son église, face à près de 3 000 personnes.ZOOM

Le pasteur Rick Warren prêche un dimanche de janvier 2015, durant le culte, dans son église, face à près de 3 000 personnes. / Céline Hoyeau

À l’entrée du Worship Center, le « centre de louange » de Saddleback Church, le pasteur Rick Warren donne de francs et généreux hugs, embrassant de toute sa corpulence les fidèles qui arrivent en masse pour le culte dominical, les habitués de cette megachurch évangélique comme les nouveaux venus.

« Ma mission la plus importante, ici, ce n’est pas la prédication, mais ces hugs. J’en fais au moins 500 par week-end », résume-t-il en riant. Cet accueil chaleureux n’a rien d’anodin. Que ce soit Rick Warren, les 300 salariés de l’église ou ses 15 000 volontaires, à Saddleback, l’attention est portée prioritairement au nouvel arrivant.

Un campus aussi grand qu’une ville

Il y en a pour tous les goûts : cultes rock, métal, de louange afro-américaine ou plus traditionnel, animés dans tous les cas par des musiciens professionnels. Des panneaux de signalisation orientent les fidèles vers les divers bâtiments de ce campus aux allures de petite ville, tandis que des écrans d’information annoncent les activités de la journée.

Les moins motivés ou les plus hésitants peuvent aussi suivre la prédication depuis la terrasse d’un snack ou les canapés d’un patio. Le contenu est étudié pour être accessible à un non initié. Impossible, d’ailleurs, de manquer l’idée centrale du jour : elle est déclinée sur un écran géant, répercutée en direct sur les réseaux sociaux et résumée sur une feuille placée devant chaque siège.

Se mettre à la portée des éloignés de l’Église

Depuis près de quarante ans, le pasteur a construit sa megachurch sur cette conviction : c’est à l’Église de se mettre à la portée de ceux qui sont loin d’elle, et non l’inverse. Un credo que le pape François ne renierait pas, lui que Warren cite souvent, quand il ne sort pas de sa poche l’exhortation de Paul VI sur l’évangélisation, noircie d’annotations.

Dès le départ, ce baptiste californien a mené une sorte d’étude de marché pour connaître qui ils sont, ce dont ils ont besoin et ce à quoi ils aspirent. L’Américain moyen de ce Sud californien doit pouvoir se sentir bien à Saddleback et y rencontrer « le Christ comme son sauveur ».

Une croissance qui fascine

Tout est conçu pour l’y amener. Et de fait, s’ils étaient une poignée en 1980, ils sont aujourd’hui 27 000 le dimanche, et 35 000 à se retrouver chaque semaine pour échanger en petits groupes sur leur vie et sur la Bible. Une croissance qui fascine, dans un contexte occidental où les églises se vident.

> Lire aussi : Les évangéliques américains séduits par le pape

Si le modèle a ses détracteurs, il n’empêche : la vision missionnaire communiquée à ses fidèles et théorisée dans des livres devenus des best-sellers, le génie de cet entrepreneur spirituel pour construire une communauté et rejoindre les non-croyants ont conduit de nombreux pasteurs, des prêtres et évêques catholiques, comme en France le P. David Gréa, à Lyon, ou Mgr Dominique Rey, à Toulon, et même des juifs, à venir à Saddleback pour s’en inspirer.

« Nous passons notre temps à nous demander quels obstacles – matériels, relationnels, spirituels – empêchent les gens de venir chez nous et de se mettre à la suite du Christ », résume le pasteur David ­Chrzan, bras droit et gendre de Rick Warren. Le parking est gigantesque ? Un système de navettes a été mis en place pour que les paroissiens n’aient pas à marcher une demi-heure pour rejoindre l’église.

Des groupes thématiques

Sur le parvis, des stands permettent de s’inscrire à des groupes thématiques de partage : pour parents d’adolescents difficiles, pour mères célibataires, pour dépendants de l’alcool ou de la pornographie, pour ceux qui traversent une dépression…

« Même si elle est immense, Saddleback reste à taille humaine grâce à ces groupes dans lesquels nous trouvons une vraie fraternité et un soutien lorsque nous traversons des difficultés personnelles, assure Siew, 46 ans, originaire de Singapour et paroissienne depuis seize ans. Lorsqu’on a un problème, il y a toujours quelqu’un ici pour nous écouter et prier pour nous. »

Chargée de la garderie pendant le culte, mère de deux enfants, elle retrouve un soir par semaine huit autres femmes pour échanger sur leur vie et sur la Bible. Son mari, lui, partage entre hommes. Plus qu’un simple lieu de culte, ils disent avoir trouvé à Saddleback « une deuxième maison ».

Une Église comme un parc d’attractions

Après l’office, Siew et sa famille se retrouvent pour pique-niquer sur le parvis où une librairie, une cafétéria, des tables de plein air ont été installées… Le campus tient à la fois du centre commercial et du parc d’attractions : pas de quoi dépayser le Californien peu familier des églises.

Même les adolescents y trouvent leur compte, avec un entrepôt qui leur est réservé où l’espace de louange côtoie billards, jeux vidéo, tables de ping-pong… « C’est plus facile pour nos jeunes d’inviter leurs copains au culte quand ils peuvent ensuite leur proposer de faire du skate-board », explique David Chrzan. De la même manière, les adultes sont encouragés à inviter leurs voisins à jouer au golf, au basket ou profiter du parcours de santé aménagé sur le campus de 48 hectares…

Tout est, de fait, tourné vers l’évangélisation. Derrière l’église, une piscine a été construite en vue des baptêmes d’adultes par immersion. Dès qu’ils ont « donné leur vie à Christ », adhésion qui se manifeste par le baptême – même pour des catholiques ou protestants déjà baptisés ! –, les néophytes sont intégrés aux groupes – ils se réunissent au domicile d’un membre – et sont formés à assurer un ministère dans l’église, chacun selon son talent, pour devenir, à leur tour, missionnaires.

Un engagement très exigeant

Le modèle d’Église du pasteur Warren est pour le moins déroutant pour les catholiques du Vieux Continent. Si la dynamique missionnaire est bien présente, la dimension contemplative, la profondeur de la foi sont plus difficiles à percevoir.

D’autres reprocheront les incitations sans complexe adressées aux fidèles à donner toujours plus généreusement : l’engagement est très exigeant, y compris financièrement. « Cela fait partie de la vie spirituelle, la générosité permet de ne pas se laisser agripper par le matérialisme », explique le pasteur Chrzan, indiquant que certains contribuent à la vie de leur église à hauteur de 10 % voire 20 % de leur salaire… « Mais Rick Warren, précise-t-il, reverse 90 % du sien à l’église et à ses œuvres caritatives. »

« Même les arbres brisés portent des fruits »

S’il aime citer les résultats de l’évangélisation à Saddleback, ce pasteur reconnaît toutefois que la croissance de l’Église ne se mesure pas seulement en chiffres. Pendant des années, il a prié pour la guérison de son fils, atteint d’une maladie mentale.

Mais il y a deux ans, ce dernier s’est suicidé, un dimanche de Pâques. « À sa mort, confie-t-il, parmi les 35 000 lettres de soutien, des présidents, des stars de rock, celles qui m’ont le plus touché viennent de ceux que Matthew a conduit au Christ. Elles m’ont fait réaliser que, dans le jardin de Dieu, même les arbres brisés portent des fruits. »

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► L’ÉGLISE

1980. Naissance de Saddleback Church, en Californie, dans le comté d’Orange. Cette megachurch – église comptant plus de 2 000 membres – rassemble des chrétiens évangéliques de différentes confessions.

Avec 45 bâtiments – centre pour la paix, dispensaire, banque alimentaire, centre de conseil juridique… – et près de 3 000 places de parking, l’église s’étend aujourd’hui sur 48 hectares. Son budget annuel s’élève à 27,6 millions de dollars.

Elle a essaimé dans neuf autres villes américaines et quatre pays étrangers (Manille, Hong Kong, Berlin, Buenos Aires).

► LE PASTEUR

Né en 1954 au Texas, Rick Warren est un pasteur évangélique de la Convention des baptistes du Sud. Très médiatique, il a été invité à prononcer la prière lors de la cérémonie d’investiture à la présidence américaine de Barack Obama.

Son livre The Purpose Driven Life (2002), Une vie motivée par l’essentiel, s’est vendu à 32 millions d’exemplaires. L’idée de Warren est qu’une Église va pouvoir grandir si elle est conduite par « une vision », un projet pastoral clairement défini et communiqué à toute la communauté chrétienne. À partir de sa méthode déclinée dans un autre best-seller, The Purpose Driven Church (L’Église, une passion, une vision), il a formé des dizaines de milliers de pasteurs au cours de séminaires sur la bonne santé et la croissance des églises.

Il a été invité au Vatican en novembre 2014 pour un colloque international sur la complémentarité homme-femme. Une cathophilie peu appréciée de certains milieux évangéliques. Entouré d’une équipe de pasteurs depuis vingt-cinq ans, Rick Warren a annoncé qu’il quitterait son église en 2020.

A lire aussi  : « Une Église n’est en bonne santé que si elle est missionnaire »

Céline Hoyeau, Envoyée Spéciale à Lake Forest (californie)

Eglises de Réveil au Gabon : Entre miracles et escroqueries !

Avec des dénominations aussi alléchantes que trompeuses comme « Arrêtez de souffrir » ; « Assemblée des élus du ciel » ; « Eglise des combattants du salut » ; « Eglise source de vie ». Une liste non exhaustive ! Certains leaders religieux véreux appelés « Pasteurs » ou « Apôtres », s’illustrent par des actes aux antipodes des Saintes écritures.

De nombreux fidèles désertent leurs lieux de culte, et ce, après plusieurs années d’obséquieuse et assidue fréquentation. Un changement de cap résultant des dérives enregistrées de façon persistante. On en veut pour preuve, le dangereux endoctrinement de certains hommes de Dieu, devenu une pratique courante.

 L’accaparement de bon nombre de femmes, pourtant mariées en bonne et due forme, au nom des prétendues révélations « divines », l’enrichissement illicite et vertigineux de certains Pasteurs. Sur ce point, plusieurs sociologues et observateurs avertis estiment que ces Hommes de Dieu usent et abusent de la naïveté de quelques ouailles. Et pour ce faire, ils n’hésitent pas à s’appuyer sur les versets bibliques invitant les fidèles à mettre la main à la poche. Des réalités décriées çà et là dans les artères et autres lieux de la capitale gabonaise.

Témoignages des fidèles floués                                   

Tout porte à croire que les principes véhiculés dans les livres Saints, tel la Bible sont foulés aux pieds par des pseudos pasteurs dont la seule intention est de s’en mettre plein les poches. C’est du moins ce qui ressort des témoignages glanés auprès de certains fidèles grugés. Aussi, il nous revient que certains pasteurs exigent avant toute délivrance une « caution », (tout comme à l’hôpital) de 150.000 Fcfa. Dans le même registre, d’autres hommes de Dieu commercialisent, à prix d’or ou presque, de l’huile d’onction et des parfums à guérir et à chasser les démons persécutant les fidèles.

Toutefois, le témoignage le plus évocateur est celui de cette jeune demoiselle, requérant l’anonymat. Cette dernière a été victime d’un transfert de « démons », dit-elle dans son ventre. L’œuvre d’un pasteur local. Après deux ans de vie commune avec son conjoint sans grossesse, la jeune dame, conseillée par une des ses amies va consulter un pasteur réputé efficace. Lequel pasteur décèle après imposition des mains, un serpent et un cadenas dans son ventre. Mieux, le providentiel guérisseur se propose de traiter la dame désespérée à condition qu’elle lui apporte 250.000Fcfa. Une condition, bien évidemment remplie par la malade. C’est donc en tenue d’Eve, c’est-à-dire nue comme un ver en présence tout de même de son conjoint et étalée sur un divan que la patiente s’est fait délivrée par le pasteur dont les mains faisaient des allers et retours dans l’appareil génitale de la femme. Vice ou pratique fétichiste ? Dans tous les cas, le pasteur a bel et bien extirpé du sexe de la patiente le serpent et le cadenas en question.  Petit bémol tout de même révélé par la dame en personne. « Depuis 6 ans que ces fétiches m’ont été enlevés du ventre je n’ai jamais eu ne serait-ce qu’un petit retard. Et beaucoup de gens me disent que c’est lui-même qui m’avait transféré ces fétiches lors de l’imposition des mains pour que je lui donne l’argent », confie la suppliciée.

Le silence « coupable » de l’Etat          

Au début des années 2000, le Gabon comptait déjà plus de 1300 églises, avec des cas  récurrents  de viols commis par certains pasteurs. D’où la mesure de Feu André Mba Obame, ministre de l’Intérieur de l’époque, restreignant la poussée des Eglises dites  ‘’de réveil’’. Une traque contre les lieux de culte non conforme à la législation en vigueur avait été mise en branle. Une mesure renvoyée aux calendes grecques depuis belle lurette, alors que le phénomène continue de gagner du terrain avec son corollaire de conséquences dramatiques.

Auteur : CNN | Source: Gaboneco | Publié initialement : le 14-01-2016 à 14:06:38

Au Malawi : l’argent du miracle

A la rencontre de l’homme le plus riche du pays…

Il s’appelle Shepherd Bushiri et il a à peine 30 ans. Et il en est déjà à son troisième jet privé spécialement aménagé à son goût – c’est-à-dire tape à l’oeil. Sa photo tout sourire embarquant dans son nouveau jouet s’étalait hier à la une des quotidiens malawites.

La question est donc : comment ce jeune homme a-t-il fait fortune ? C’est simple : il est le leader de ces Eglises évangéliques qui pullulent entre le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et donc le Malawi. La sienne s’appelle la Lumière et Rassemblement Chrétien. Comme il en est le fondateur, il se fait appeler Major I ou plus simplement, le Prophète. On lui attribue des villas en Afrique du Sud, au Malawi, et l’intention d’ouvrir une banque, histoire de simplifier les flux financiers. Parce qu’évidemment, les fidèles, eux, paient.

Rassemblement dans l’église de Charleston © MaxPPP – 2016

Comment a-t-il fait pour se distinguer des autres pasteurs vedettes? Sa recette est simple : les autres super-pasteurs proposent des services relativement classiques, prophéties, guérison du SIDA par apposition des mains ou sermons tonnants et trébuchants. Lui est plus moderne, plus direct, il va directement à l’essentiel : il promet de l’argent ! C’est simple, dans son Eglise, vous priez, vous passez à la caisse et vous serez récompensés au centuple. D’où l’importance d’être riche et de le montrer. Voilà pourquoi il a acheté trois jets privés en moins d’un an. Enfin, c’est ce qu’il dit. Parce qu’une radio malawite s’est penchée sur cette affaire d’avion et a remarqué que les trois avions étaient identiques sur les photos et surtout portaient la même immatriculation.

Conclusion – malveillante bien sûr – de la radio : le prophète Bushiri a juste inauguré trois fois le même avion. Bref un gros mensonge qui fait écho à des scandales de plus en plus fréquents en Afrique autour de ces pasteurs prédateurs.

L’attentat d’Istanbul qui est au cœur de votre revue de presse

Un attentat kamikaze commis par l’Etat islamique, autre secte particulièrement dangereuse, qui a fait, au dernier bilan, une dizaine de morts et une quinzaine de blessés en plein cœur touristique d’Istanbul. Essentiellement des touristes allemands.

Evidemment, l’ensemble de la presse allemande fait sa Une sur cet attentat qui en frappant la Turquie, touche en même temps l’Allemagne. Ça donne « Cette fois, c’est le cœur de la Turquie qui est frappé », à la une de la Suddeutsche Zeitung. « La menace terroriste atteint un nouveau seuil », dans les pages de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, « le cauchemar stambouliote » dans le Spiegel, ou encore ce simple titre dans la Tageszeitung :  “terror as usual”. Et le quotidien ajoute :

« même si cela peut sembler cynique, l’attentat du 12 janvier à Istanbul ne sort même pas la Turquie de l’ordinaire. Après tous les morts de ces derniers mois, ceux de mardi sont quelques victimes de plus. Une statistique de plus, même si celle-là touche tout particulièrement l’Allemagne ».

Fatalisme que le quotidien turc Hürriyet tente de conjurer en évoquant dans son édito une « nouvelle guerre » : « un des aspects neufs de l’attentat d’Istanbul est qu’il a été commis par un terroriste étranger sur le sol turc ». Sous-entendu, les Kurdes n’ont rien à y voir. Dans cette nouvelle guerre mondiale qui s’annonce, ajoute Hürriyet, « il n’y a pas de champs de bataille ou de limites géographiques précises, comme l’Afghanistan, la Somalie ou le Mali. C’est le monde entier qui est désormais le champ de bataille.