Ribaute-Les-Tavernes : appel à témoignages sur le centenaire du temple

L e 19 mars 1933, la paroisse protestante commémorait le centenaire du temple de Ribaute. 

Conduite par le pasteur Georges Serr, cette cérémonie réunissait tous les pasteurs qui avaient officié dans cet édifice à la suite du pasteur Bastide. Ce dernier avait été nommé à la reconstruction et l’avait servi jusqu’en 1881. Lors de cette fête, les différents conducteurs spirituels s’étaient adressés à l’assistance.

Le sermon avait été prononcé par Maurice Rohr, président de la commission permanente venu apporter le salut des Églises réformées de France et le pasteur Villaret qui présidait la circonscription. Georges Serr avait évoqué le monument objet de ce rassemblement : “Votre temple lui-même avec ses murs et son clocher qui domine vos demeures”. Ces témoignages ont été conservés grâce l’excellente écriture de la mère d’Huguette Peyric, d’autres documents existent peut-être dans les familles. Vous pouvez joindre le correspondant local Midi Libre au 06 44 72 21 06. 

Le Guide Kamaël attaque et défie le Prophète Krasso/ «C’est un sorcier, un magicien doublé d’un …

Qui est en réalité le Guide Kamaël et qu’est-ce que vous faites concrètement en tant que guide religieux?

Je suis un spiritualiste, un visionnaire, un guide. En général, le guide est celui à travers qui Dieu établit un pouvoir et une certaine capacité à pouvoir guider les autres. Généralement, les gens appellent le guide prophète ou visionnaire. Pour être plus précis, je dirai qu’en réalité tous les guides sont des prophètes mais tous les prophètes ne sont pas des guides. Le guide a non seulement le pouvoir d’être un prophète mais il a également la capacité de conduire le peuple de Dieu. Dans l’exercice de cette mission, lorsque je rencontre quelqu’un, la première chose pour moi est de savoir quels sont les origines et les causes de ses problèmes. C’est la raison pour laquelle très souvent les pasteurs sont inefficaces vis-à-vis de certains cas importants.

 

C’est donc cette façon de voir les choses qui vous emmène à lancer des piques très souvent à certains pasteurs que vous accusez vertement de pratiques occultes?

Vous venez de toucher là un point sensible de mon ministère parce qu’il y a beaucoup de personnes qui pensent que je suis contre les pasteurs. Je soutiens toujours ceux qui servent Dieu dans la sincérité et la vérité. Par contre, aujourd’hui, il y a beaucoup de magouilleurs qui se font appeler pasteurs. Le rôle d’un pasteur normalement est de prêcher la parole et de conduire les fidèles vers le Christ. Malheureusement, beaucoup d’entre eux conduisent plutôt leurs fidèles vers le diable et les problèmes. Il y a des pasteurs qui sont venus me voir pour me demander de leur donner des forces occultes pour aller faire fructifier leurs églises. Je me dresse donc contre ce genre de personnes qui n’ont pour véritable projet que de chercher à arnaquer le peuple.

 

«Des pasteurs signent des pactes avec le diable»

 

Comment ça, des pasteurs vont vers vous pour chercher de quelconques pouvoirs?

Ils sont nombreux. J’ai toutes les preuves de ce que je dis. Il y en a même pour qui j’ai fait le travail et qui n’ont pas encore fini de me payer. Ces pasteurs sont le plus souvent à Port-Bouët, Marcory, II Plateaux. D’autres viennent me voir qu’ils veulent servir Dieu mais qu’ils ont besoin d’un peu de puissance pour se mettre au service de Dieu. À ceux-là, je donne des armures divines. Malheureusement, ils finissent par dévier leur mission en se laissant gagner par le gain facile. Alors que ce n’était pas ça notre contrat. Pour tout vous dire, en Côte d’Ivoire, les vrais pasteurs sont rares. Sur mille pasteurs par exemple, les bons peuvent être au maximum une cinquantaine.

 

Ah bon? Ce n’est pas trop prétentieux ça?

Je sais de quoi je parle. Il y a plein que j’ai rencontré à Cotonou, à Ouiddah, à Paracout au Bénin et au Ghana dans certains endroits.

 

 «Sur mille pasteurs par exemple, les bons peuvent être au maximum une cinquantaine»

 

Mais vous qui êtes le guide, que faisiez-vous aussi dans ces endroits pour lesquels vous accusez ces pasteurs de ne pas être bons?

C’est un très bonne question. Comme vous le savez, je suis un guide et ma mission de guide n’est pas seulement destinée qu’aux chrétiens mais aux non chrétiens également. Donc lorsqu’un non chrétien me fait appel, je vais résoudre son problème. De même pour un chrétien ou un musulman. Il n’y a aucune distinction de personnes chez moi. Quand le païen me sollicite pour l’aider peu importe l’endroit j’y vais. Même les Komians, je les aide. Hélas, pendant que je vais aider ces personnes, je retrouve des pasteurs chez elles à la quête de pouvoirs mystiques. Le comble, ces pasteurs-là, sont les plus médiatisés à Abidjan. Ces pasteurs font des choses graves.

 

«Il y a beaucoup plus de féticheurs que d’Hommes de Dieu dans les rangs de nos pasteurs»

 

N’est-ce pas des accusations gratuites tout ça?

Si l’État même a interdit les passages des pasteurs dans les magazines de la Rti, c’est justement parce qu’il y a eu ce constat que ces pasteurs disent toujours des choses qu’ils ne peuvent jamais faire.

 

Êtes-vous entrain de nous dire que vous soutenez cette mesure que plusieurs religieux et Hommes de Dieu estiment contre la liberté d’expression?

Cette mesure est salutaire dans la mesure où elle va permettre aux ivoiriens et tous ceux qui résident en Côte d’Ivoire d’éviter d’aller à la perdition. Je vais dire comment reconnaître un vrai pasteur. Un vrai pasteur, c’est celui qui vit dans l’humilité, de la grâce de Dieu. Un vrai pasteur ne va pas chercher à accumuler toutes les richesses de ce monde parce que sa richesse est en Jésus. Donc plutôt que de chercher à construire des châteaux, il cherche à construire sa vie spirituelle. Par contre, il y a des pasteurs qui ont plusieurs véhicules, des maisons, ils accumulent des richesses alors qu’il y a des pauvres dans leurs églises. Pensez-vous que ce sont les quêtes et les dîmes qui leur donnent le train de vie? Je dis non. Ceux-là signent des pactes avec le diable. Je suis disposé à délivrer ces pasteurs à chaque fois que le besoin se fera sentir. Ils sont généralement possédés par l’esprit de Jézabelle ou de Mamont. Je m’érige contre tous ces pasteurs qui à l’église disent que pour que Dieu puisse sauver une âme il faut qu’elle donne de l’argent d’abord. On n’a pas besoin de payer pour avoir la vie sauve. Il y a beaucoup plus de féticheurs et hommes de Dieu dans les rangs de nos pasteurs. Je me bats donc contre ces opportunistes qui ternissent l’image des hommes de Dieu.

 

En plus de vous en prendre aux pasteurs, il y a eu également ce jour où vous vous en être pris à un prêtre vodou à Abobo…

C’était avec maître Ogbenou que je suis considère comme un frère. Mais il s’est avéré qu’en voulant aider un homme d’affaires à prospérer dans son business, il a dû signer un pacte secret avec un esprit qui vit dans l’eau qu’on appelle le Léviathan. Le problème c’est qu’il n’a même pas informé son client de ce pacte. Certes ses affaires ont prospéré mais à sa grande surprise il apprend qu’avec l’alliance qu’il a tissée, il lui reste très peu de temps à vivre. C’est comme ça cet homme d’affaires est passé me voir pour l’aider à se défaire de ce pacte dont il n’était pas consentant. Je rencontre Ogbenou et avec un air hautin il me dit que forcément son client doit payer pour ce pacte. Et il a commencé à me lancer des défis. Dans un grand maquis au Dokui, on a eu un grand affrontement. Et cela a tourné à mon avantage. Du coup, depuis lors j’ai acquis une certaine célébrité dans la zone d’Angré.

 

Quelles sont vos relations avec Prophète Krasso, qui, lui aussi excelle dans ce domaine?

J’ai effectivement entendu parler de Krasso. J’ai même eu à appeler son secrétariat récemment. Mon objectif en cherchant à rentrer en contact avec lui est de le désarmer en tant qu’agent du diable.

 

 «Krasso est un sorcier. C’est un magicien doublé d’un imposteur»

 

Parce que vous êtes certain que le Prophète Krasso est un agent du diable?

Votre dénommé Prophète Krasso est un sorcier. C’est un magicien doublé d’un imposteur.

 

Ah bon, comment ça?

Oui, pour la simple raison que Krasso utilise des pouvoirs mystiques pour exercer son ministère de prophète et d’attrapeurs de sorciers. C’est de la pure magie qu’il fait. Et cela, n’importe qui peut le faire. Voyez-vous, il y a une magie qui même si tu n’as rien fait, dès qu’il fait ses incantations, tu avoues des crimes que tu n’as jamais commis. C’est très souvent un grand tort qu’il fait à plusieurs innocents. Krasso utilise donc des pouvoirs occultes pour pousser des innocents à avouer des choses qu’ils n’ont jamais faites.

 

N’est-ce pas pour suivre Aziz 47 qui dans sa démarche soutient mordicus que le Prophète Krasso est son collègue féticheur que vous portez ces accusations à son encontre?

Aziz 47 a totalement raison. Krasso est bel et bien son collègue. En fait ce Krasso recherche la popularité et comme il cherche nom, c’est la raison pour laquelle il s’attaque à Aziz 47. Sinon, votre Krasso dont vous parlez est un imposteur. Voyez-vous, il y avait un jeune brouteur qui à force de faire les pratiques occultes, a fini par devenir amnésique. La maman de ce jeune estimant que Krasso est un serviteur de Dieu l’envoie chez lui pour le soigner. Sur-le-champ, Krasso fait avouer à l’enfant des crimes qu’il n’a pas commis. Il fait filmer les présumés aveux du jeune et diffuse dans une vidéo sur Youtube. Alors que le seul problème du jeune est qu’il a des troubles de mémoire puisque moi-même j’avais déjà travaillé sur lui. Que Krasso reconnaisse sa place, il n’a jamais été un pasteur encore moins un prophète. Donc qu’il arrête d’usurper de ce titre pour aller exercer tranquillement comme un féticheur.

 

Mais est-ce que vous-même n’êtes pas un féticheur également?

Si Krasso pense qu’il est de Dieu et donc revêtu des armures divines, qu’il vienne m’affronter. Mais avant de prétendre s’attaquer au guide que je suis, il faudra qu’il arrive d’abord à vaincre Aziz 47 qui est son collègue.

 

Dites, pourquoi vous qui vous réclamez de Dieu aidez les brouteurs à prospérer dans leurs affaires?

Le problème est que quand les gens viennent me voir, ils me disent qu’ils sont hommes d’affaires. Dans ma vision je vois les obstacles qui l’empêchent de prospérer, ce que je règle spirituellement. C’est un peu plus que je rends compte que du vrai métier de la personne.

 

Comment ça se passe une consultation chez vous, c’est gratuit, c’est payant?

La bible déclare que l’ouvrier mérite son salaire. Quand quelqu’un vient en consultation chez moi, il n’a pas besoin de me soumettre son problème. Moi je le sais déjà. D’abord, je lui dis son nom puis ceux de ses géniteurs. Après cette étape, je lui donne l’origine de son problème. Quand je finis de donner la révélation, aussitôt la solution à ton problème suit.

 

En tant que guide, pouvez-vous dire quels sont en général les problèmes dont souffrent les ivoiriens?

Le problème des ivoiriens, c’est qu’ils ne croient pas en Dieu. Ils préfèrent plutôt croire en celui qui est en face d’eux ou en la doctrine de son église ou de sa religion. Tant que les gens ne comprendront pas que c’est en mettant leur foi seulement en Dieu et non pas en l’église ou en un homme que leurs problèmes peuvent être décantés, ils auront toujours des problèmes.

 

Avez-vous des visions particulières quant à l’avenir de la Côte d’Ivoire ces années à venir?

Vous savez, comme j’ai l’habitude de le dénoncer, quand les pasteurs mettent leurs bouches dans quelque chose, tout se gâte. Cela parce qu’ils sont motivés par de l’argent. À l’époque, nous avions approché un certain nombre d’autorités politiques pour les informer de la situation socio-politique qui se dessinait en Côte d’Ivoire. Nous leur avons proposé les solutions spirituelles malheureusement ils n’ont rien suivi de tout ce qu’on avait proposé. Ils ont plutôt préférer aller faire des jeûnes et prières. Mais, diantre, dans quelle bible, il est écrit que lorsqu’on fait jeûnes et prières, ça arrête une guerre dans un pays? C’est dans quelle bible, il est écrit que lorsqu’on fait jeûnes et prières, on gagne mari ou on prospère dans les affaires? Le jeûne et prière sont devenus une formule magique pour certains malheureusement dès qu’ils ont une petite difficulté. La solution de la Côte d’Ivoire, c’était plutôt des actions prophétiques. Et ce qui devait arriver est finalement arrivé. Heureusement qu’avec nos prières et incantations, la situation de la Côte d’Ivoire est vivable aujourd’hui. Ce qui me fait mal, c’est quand j’entends certains pasteurs dire que grâce à eux que la situation est revenue à la normale. Alors qu’au plus fort de la crise, ils étaient tous à l’extérieur avec leurs familles.

 

Il nous revient que vous arrivez à guérir toutes sortes de maladies?

Il n’ y a pas sur cette terre une maladie qui soit incurable. Par la puissance de l’invocation, on peut arriver à dissoudre totalement toutes sortes de maladies. Même le Sida, je parviens à le déplacer. Il y a eu des cas où la guérison a été à 100%. Certes, il y a eu des cas où Dieu n’a pas voulu et donc on n’a pas pu guérir la personne. Par contre, d’autres en moins de deux jours, on a pu résoudre leurs problèmes. Pour dire que souvent, ça dépend de l’étoile de chacun. Il y a un couple dont l’homme était infecté mais après des invocations on a réussi à stagner la maladie et à bloquer son évolution. Après avoir réussi cela, la femme du monsieur ne pouvait pas être contaminé, elle est restée séro-négative. C’est cela la force des invocations.

 

Pour terminer, que devrons-nous retenir du Guide Kamaël?

Il faut que les gens comprennent que la solution à leurs problèmes est loin d’être la prière qui est un moyen d’être en communication avec Dieu. Pour régler toutes sortes de problèmes, que ce soient des problèmes de couple, de sorcellerie, de magie noire ou autres, c’est l’invocation. La bible dit «Invoque-moi le jour de la détresse et je te répondrai» mais elle n’a jamais dit de prier. Aucune force sur terre ne peut atteindre quelqu’un qui pratique l’invocation. Même si tu fais un accident de voiture, tu vas t’en sortir indemne. Donc pour ceux qui fréquentent les pasteurs, il est clair qu’ils ne sauront jamais comment invoquer Dieu. Pour qu’un chrétien soit riche sur terre, il faut qu’il pratique les invocations. Voyez-vous, il y a quelques temps de cela, une vingtaine de pasteurs se rendant au Ghana pour prendre part à une conférence sont tous morts dans un accident. Ce n’est pas normal qu’ils connaissent une fin pareille pour des gens qui disent prier Dieu pour régler les problèmes des autres. À Bassam, il y a un pasteur très célèbre et beaucoup sollicité par les personnalités mais il a été tué par une confrérie de sorciers. Ces sorciers l’ont même avoué chez le Roi de Moossou qu’ils sont à l’origine de la mort du pasteur. C’est une grosse honte tout ça. Et ce sont tous ces faux hommes de Dieu qui font la publicité du diable parce que comme ils sont incapables de trouver des solutions aux problèmes de leurs fidèles, ceux-ci se tournent vers les marabouts qui résolvent d’une certaine façon leurs problèmes. C’est donc l’incompétence de ces soi-disant pasteurs, bishop, prophètes… qui conduit les gens vers les féticheurs et marabouts.

 

Philip KLA

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites. 

Togo : la Haac ne veut plus de publicité des médicaments, de médecine traditionnelle, de pasteurs…

(Agence Ecofin) – Pour le moment, c’est une mise en garde adressée aux médias audiovisuels du Togo. Mais un avertissement assorti de menaces de sanction. Dans un communiqué publié ce 25 mars 2016, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) condamne la diffusion des publicités dites prohibées.

Il s’agit des messages publicitaires sur les médicaments, les pratiques et les remèdes de la médecine traditionnelle, les messages des guérisseurs, les pseudos pasteurs et autres vendeurs d’illusions. Ces catégories sont identifiées par la décision n°009/Haac/ 06/P du 14 avril 2008, portant interdiction de certaines publicités.

Pourtant, l’autorité de régulation a constaté que plusieurs médias outrepassent cette réglementation. C’est pourquoi la Haac a aussi organisé une séance de travail avec les responsables de chaînes Tv et stations de radio ayant diffusé des publicités interdites. Il s’agit notamment de TV7, radio Fréquence 1, Victoire Fm et Radio télévision delta santé (Rtds).

La Haac a rappelé à ces diffuseurs l’obligation qu’ils ont de recevoir le visa préalable du régulateur avant de passer tout message publicitaire. En amont, les agences de publicité sont également interpelées, elles qui fabriquent les contenus.

Lire aussi
20/04/2015 – Rd Congo : la publicité des tradi-praticiens interdite dans les médias
28/05/2014 – Sénégal : le ministère de la Communication rappelle aux médias l’interdiction de la pub des tradi-praticiens
22/03/2016 – Rd Congo : les patrons de médias demandent l’aide du régulateur pour de meilleurs tarifs publicitaires

Des prêches musicaux d’un autre genre…

Pasteur le jour, rockeur la nuit, le Japonais Kazuhiro Sekino mène une double vie, mais avec un même objectif : convertir les foules.
L’homme de foi troque régulièrement voix douce, hymnes religieux et église pour un concert endiablé sur une scène enfumée de Tokyo, qui se transforme parfois en joute musicale avec des moines. « Nous sommes rock, les pasteurs sont rock ! »
hurle au micro cet homme de 36 ans, devant un public de plusieurs centaines de personnes. Son groupe, nommé Boxi Rocks (Boxi venant de bokushi, pasteur en japonais), réunit trois autres religieux. Ils s’adonnent à ces performances musicales en chasuble… et veste de cuir.
« J’aime Slipknot, un groupe de néo-métal américain dont les neuf membres arborent des masques. J’aime aussi Metallica et Megadeth », raconte le jeune pasteur luthérien. « Ils peuvent paraître démoniaques du point de vue de l’Église chrétienne, dit-il, mais ils hurlent en fait contre l’injustice dans le monde. Ils parlent de vérité, sans hypocrisie. »

Bozu, le moine
Face à Boxi, voici Bozu (moine), l’équivalent côté bouddhisme. Crâne rasé et kimono bleu nuit, le moine Yoshinobu Fujioka (39 ans) est lui aussi un passionné de musique. « J’adore le blues. J’adore Bob Dylan et la musique des années 1960 », lance-t-il. « Dans la vie, on est souvent heurté par des souffrances qui nous font sentir tout petits dans ce monde. J’aime chanter au sujet de cette douleur de manière tendre », explique M. Fujioka.
Moine ou pasteur, tous deux espèrent via cette musique profane attirer plus de fidèles, dans un pays où moins de 2 % des personnes déclarant adhérer à une religion sont de confession chrétienne et environ 46 % d’obédience bouddhiste, quand 48 % se réclament du shintoïsme. Mais pour beaucoup de Japonais, la religion est plus une formalité saisonnière, qui les mène au sanctuaire ou au temple pour les grands moments de la vie, les festivités traditionnelles, et à l’église pour Noël.
« Nous avons des sentiments comme tout le monde et usons du même langage, voire plus grossier, mais je veux que les gens prennent conscience de la présence de Dieu (dans leur vie). Je veux partager cette croyance », souligne Kazuhiro Sekino, qui s’est tourné vers Dieu lorsque sa sœur est tombée gravement malade. C’est lui qui a eu l’idée de contacter le moine bouddhiste
Yoshinobu Fujioka au sujet de ces prêches musicaux d’un autre genre, et désormais les deux hommes s’affrontent sur scène plusieurs fois par an, avec la bénédiction divine.
« Je ne sais pas si on peut appeler ça le paradis ou le nirvana, mais je pense que c’est ce que Dieu aurait voulu, et ce ne serait pas possible dans une église ou un temple », confie M. Sekino.

Harumi OZAWA/AFP

La religion par (pro) vocation

Daniel Fatzer et Jean Chollet, les deux pasteurs de l’église lausannoise de St-Laurent ne sont pas peu fiers de leur dernière invention. Au coeur de la nef se dresse un petit salon convivial, ouvert à tous et en tout temps. Dans quelques jours, sous l’orgue, ils inaugureront le bar. «Nous cherchons à faire concurrence à Starbucks», plaisante Daniel Fatzer. Chacun est invité à franchir le pas de l’église, à venir s’y ressourcer et se réchauffer avec une boisson chaude.

«Nous sommes situés au coeur de la ville, dans une zone piétonne, nous voulons en faire profiter les gens», ajoute Jean Chollet. Les deux pasteurs vaudois propagent l’idée que le lieu n’est pas restreint aux croyants. «Contrairement à dehors où je dois être productif, dans l’église, je ne sers à rien. Je suis aimé par Dieu, je respire, je suis face à moi-même. Cela peut aider à se retrouver! Et il y a les rencontres aussi. Une église, c’est un endroit où je peux directement parler de choses essentielles, je n’ai pas à m’embarrasser de small talk».

À Lausanne, 29% de catholiques pour 17% de protestants

Il ne fait aucun doute pour les deux hommes de foi que le besoin spirituel est présent au coeur de la société, de façon permanente. Si la capitale vaudoise compte désormais plus de catholiques (29%) que de protestants (17%), c’est l’occasion de redynamiser la religion. D’un coup, Daniel Fatzer se lève et va placer une chaise devant le battant de l’église qui s’était rabattu. «C’est la grande lutte des portes», explique-t-il. «Il faut toujours qu’elles soient ouvertes: une église fermée, ça n’a plus aucun sens!»

Pasteurs trublions, spécialisés dans les coups d’éclats pascals, Daniel Fatzer et Jean Chollet animent l’église St-Laurent depuis cinq ans. Un binôme inventif et transgressif qui a eu envie de dépoussiérer l’endroit, abandonné par ses fidèles. Depuis, le sanctuaire est devenu un véritable laboratoire pour tester de nouveaux moyens de partager leur foi et leurs cultes attirent autant de fidèles que de curieux.

«Notre première action a été d’enlever les bancs!» Un dimanche après-midi «alors que la Maréchaussée dormait», ils arrivent avec une remorque et dégagent tout l’espace central. Ils déposent les bancs à la campagne. «Sauf qu’ils étaient classés monuments historiques, le conseil n’a pas aimé!», gausse l’un d’eux. Ils achètent ensuite des valises de jouets et durant les célébrations, invitent les enfants à s’installer au centre, sur le tapis rouge. «Ainsi, ils sont sages et ne dérangent pas», explique Daniel Fatzer. Depuis, les cultes attirent bon nombre de familles.

Sur les marches de l’église, des cercueils vides illustraient la résurrection

Un jour, c’était une carcasse de voiture que les pasteurs avaient déposée sur les marches de l’édifice, en référence aux cabossés de la vie. Un autre, une braderie de cercueils simulée par les deux hommes sur ce même escalier. «Si l’on suspend une grande banderole «Christ est ressuscité», tout le monde s’en fiche! Mais, alors, on expose des cercueils, disponibles depuis la Résurrection du Christ, alors là… les gens sont interpellés», sourit-il.

Parmi leurs recettes à succès, les «cultes événements» sont ceux qui rassemblent le plus. Le patron de Bobst est venu parler de sa foi devant l’assemblée, l’ancien conseiller national PDC Jacques Neirynck aussi. L’avocat Marc Bonnant a défendu Ève dans un procès fictif où les pasteurs jouaient les procureurs.

Le dimanche, Daniel Fatzer et Jean Chollet accueillent les paroissiens pour un petit-déjeuner, puis ils célèbrent le culte à deux voix. L’un porte la robe noire, pour le prêche, l’autre le tablier. «Le port de l’habit est polémique. C’est Luther qui exigeait que ses pasteurs soient issus de l’Université et qu’ils se vêtissent de la robe académique. Le tablier représente le service. C’est une forme de théâtre que la liturgie: on réfléchit à la façon d’occuper l’espace et de la rythmer.»

Jean Chollet est un homme de scène. Après ses études de théologie, il part à Paris où il intègre une école de théâtre. Il fonde ensuite la compagnie de la Marelle, puis dirige le Théâtre du Jorat à Mézières (VD) durant plus de vingt ans. Aujourd’hui, il anime l’Espace des Terreaux à Lausanne. Daniel Fatzer, son diplôme de théologie en poche, part, lui, sillonner les Etats-Unis: «je voulais comprendre les raisons pour lesquelles certaines églises grandissent!»

Supprimer l’idée du culte solennel

Depuis l’arrivée des deux hommes, le conseil synodal et celui des monuments historiques se sont régulièrement arraché les cheveux face à ces projets incongrus. Les lettres, les plaintes et les menaces d’expulsion sont presque devenues monnaie courante. «On a toujours dû être transgressif pour arriver à faire bouger les choses», explique Jean Chollet. «Face à nous, il y avait constamment cet étrange mélange d’amour haine ou d’enthousiasme trouille, plutôt».

Derrière les actes, une idée: il faut casser l’idée que le culte doit être solennel. «Pourquoi la religion est-elle synonyme de sérieux? C’est marqué où?», demande Daniel Fatzer. «Jésus, lui-même, était un grand blasphémateur. Alors que l’Ancien Testament dressait le portrait d’un Dieu sévère, Jésus s’est efforcé de bousculer les codes: ce n’est pas un hasard s’il choisit le jour du Sabbat pour guérir un paralysé. Pour lui, il n’y a plus de zone confinée où l’on est sous le regard de Dieu et une autre où l’on fait ce qu’on veut».

À St-Laurent, la Sainte Cène est célébrée par terre. Pour «renouer avec l’enfant qui est en soi et bénéficier de l’ancrage au sol qui est énergisant et libérateur». Pas de calice doré non plus; l’autre jour, Jean Chollet a béni le sang du Christ dans une bouteille de vin, tout simplement. Il racontait le dernier repas de Jésus et de ses disciples vu par les simples yeux d’un jardinier, témoin de l’événement, «pour revenir à un degré zéro de la Cène, retrouver ce qu’il y a derrière».

Des migrants à St-Laurent

Il y a un an, au milieu d’une célébration, six migrants venus d’Ethiopie et d’Erythrée, accompagnés de militants poussaient la porte de St-Laurent pour demander asile. Les pasteurs les ont placés au cœur de la célébration pascale et la salle de paroisse est devenue leur refuge. Depuis quelques mois, le conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée vaudoise leur demande de partir. «Aujourd’hui, l’endroit tend à devenir leur installation permanente et cela crée des soucis d’intendance», confie Jean Chollet. «Ils ont bénéficié d’une grande portée médiatique en occupant l’espace, on les incite désormais à réfléchir à un autre lieu».

Daniel Fatzer sera à la retraite dans dix-huit mois et deux ans plus tard, ce sera le tour de Jean Chollet. Comment faire perdurer l’esprit de ce lieu phare après leur départ? L’avenir de St-Laurent n’est pas de leur ressort, mais on leur a demandé de développer des projets similaires dans d’autres villes romandes. L’ami Jean et l’ami Daniel bousculent, choquent et gênent beaucoup de paroissiens. Mais ils le font au nom de leur foi, ces deux disciples que ce trublion de Jésus aurait pu aimer avoir.

Rencontre œcuménique entre prêtres et pasteurs (Lyon)

Rencontre sur le thème “Gérer notre temps, notre emploi du temps.”

Programme :
- 09h00 : café
- 09h30 : prière
- 10h00 : temps de partage
- 12h00 : partage d’un pique nique

Contact : mjo.guichenuy@free.fr

Jeudi 12 mai 2016, de 9h à 14h (lieu à préciser ultérieurement).

Publié le 25 mars 2016 dans : >

Pasteur le jour, rockeur la nuit, la double vie du Japonais Sekino

Le Japonais Kazuhiro Sekino sur scène avec son groupe “Boxi rocks” le 1er septembre 2015 à Tokyo ( AFP / YOSHIKAZU TSUNO )

Le Japonais Kazuhiro Sekino sur scène avec son groupe “Boxi rocks” le 1er septembre 2015 à Tokyo ( AFP / YOSHIKAZU TSUNO )

Pasteur le jour, rockeur la nuit, le Japonais Kazuhiro Sekino mène une double vie mais avec un même objectif: convertir les foules.

L’homme de foi troque régulièrement voix douce, hymnes religieux et Eglise pour un concert endiablé sur une scène enfumée de Tokyo, qui se transforme parfois en joute musicale avec des moines.

“Nous sommes rock, les pasteurs sont rock !”, hurle au micro cet homme de 36 ans, devant un public de plusieurs centaines de personnes.

Le Japonais Kazuhiro Sekino à l'église le 27 août 2015 à Tokyo

Le Japonais Kazuhiro Sekino à l’église le 27 août 2015 à Tokyo ( AFP/Archives / YOSHIKAZU TSUNO )

Son groupe, nommé nommé “Boxi (de “bokushi”, pasteur en japonais) rocks”, réunit trois autres religieux. Ils s’adonnent à ces performances musicales en chasuble… et veste de cuir.

“J’aime Slipknot”, un groupe de néo-métal américain dont les neuf membres arborent des masques. “J’aime aussi Metallica et Megadeth”, raconte le jeune pasteur luthérien à l’AFP. “Ils peuvent paraître démoniaques du point de vue de l’Eglise chrétienne, mais ils hurlent en fait contre l’injustice dans le monde. Ils parlent de vérité, sans hypocrisie”.

Face à “Boxi”, voici “Bozu” (moine), l’équivalent côté bouddhisme.

Le moine Yoshinobu Fujioka sur scène le 1er septembre 2016 à Tokyo

Le moine Yoshinobu Fujioka sur scène le 1er septembre 2016 à Tokyo ( AFP / YOSHIKAZU TSUNO )

Crâne rasé et kimono bleu nuit, le moine Yoshinobu Fujioka, 39 ans, est lui aussi un passionné de musique. “J’adore le blues. J’adore Bob Dylan et la musique des années 60”, lance-t-il.

“Dans la vie, on est souvent heurté par des souffrances qui nous font sentir tout petits dans ce monde. J’aime chanter au sujet de cette douleur de manière tendre”, explique M. Fujioka.

– Attirer plus de fidèles –

Moine ou pasteur, tous deux espèrent via cette musique profane attirer plus de fidèles, dans un pays où moins de 2% des personnes déclarant adhérer à une religion sont de confession chrétienne et environ 46% d’obédience bouddhiste, quand 48% se réclament du shintoïsme.

Le moine bouddhiste Yoshinobu Fujioka et le pasteur Kazuhiro Sekino le 27 août 2016 dans une église luthé

Le moine bouddhiste Yoshinobu Fujioka et le pasteur Kazuhiro Sekino le 27 août 2016 dans une église luthérienne à Tokyo ( AFP/Archives / YOSHIKAZU TSUNO )

Mais pour beaucoup de Japonais, la religion est plus une formalité saisonnière, qui les mène au sanctuaire ou au temple pour les grands moments de la vie, les festivités traditionnelles et à l’Eglise pour Noël.

“Nous avons des sentiments comme tout le monde et usons du même langage, voire plus grossier, mais je veux que les gens prennent conscience de la présence de Dieu (dans leur vie). Je veux partager” cette croyance, souligne Kazuhiro Sekino, qui s’est tourné vers Dieu lorsque sa sœur est tombée gravement malade.

C’est lui qui a eu l’idée de contacter le moine bouddhiste Yoshinobu Fujioka au sujet de ces prêches musicaux d’un autre genre, et désormais les deux hommes s’affrontent sur scène plusieurs fois par an, avec la bénédiction divine.

Le Japonais Kazuhiro Sekino sur scène avec son groupe "Boxi rocks" le 1er septembre 2015 à Tokyo

Le Japonais Kazuhiro Sekino sur scène avec son groupe “Boxi rocks” le 1er septembre 2015 à Tokyo ( AFP/Archives / YOSHIKAZU TSUNO )

“Je ne sais pas si on peut appeler ça le paradis ou le nirvana, mais je pense que c’est ce que Dieu aurait voulu, et ce ne serait pas possible dans une église ou un temple”, confie Kazuhiro Sekino.

Yoshinobu Fujioka et ses compères ont aussi ouvert un bar à Tokyo où ils prêtent, autour de cocktails, une oreille attentive aux visiteurs en quête d’une meilleure vie.

“Beaucoup veulent parler de leurs problèmes et rentrer à la maison le cœur plus léger. Il est de notre responsabilité d’aller à la rencontre de ces gens”, dit-il.

Pénurie de prêtres et de pasteurs

La Chine s’est éveillée

En Chine, le nombre des catholiques et des protestants augmente plus vite que celui des vocations sacerdotales

prêtre

par Philippe Barret

En Chine, la religion, particulièrement la religion chrétienne, est un problème marginal. L’immense majorité des Chinois ne dénigrent nullement les religions, qu’ils considèrent comme autant de traditions respectables ; mais ils sont pour la plupart athées. Quand ils visitent un temple bouddhiste, ils brûlent volontiers un bâton d’encens. Cela ne signifie pas qu’ils sont bouddhistes.

Et l’agence Chine-nouvelle peut bien publier des photographies des plus belles églises du pays, le plus souvent construites à la fin du XIXe siècles ou au début du XXe, sous le régime républicain – Tchang Kaishek était lui-même chrétien – et souvent rénovées, elle les présente seulement comme de beaux endroits pour se marier.

Et c’est ainsi que les Chinois les considèrent.

Cependant, le nombre des chrétiens augmente. On estime qu’il y a aujourd’hui 6 millions de catholiques et 30 millions de protestants – pour une population de 1,375 milliard d’habitants.

Or les personnels nécessaires à l’encadrement font défaut. D’après la conférence des évêques catholiques chinois, les fidèles de cette religion sont desservis par 3 316 prêtres et 5 622 moniales, dans 106 paroisses. Le nombre des recrues pour la prêtrise a fortement diminué au cours des dernières années. Moins de 800 prêtres reçoivent une formation pour exercer leur ministère dans quelque 10 grands séminaires. Récemment, le vice-président de l’association patriotique des catholiques chinois le reconnaissait : “La pénurie des nouvelles recrues est un problème majeur pour l’église catholique en Chine”. Beaucoup de petits séminaires ont la taille d’une petite école rurale, avec un ou deux stagiaires recrutés chaque année.

“On estime qu’il y a aujourd’hui 6 millions de catholiques et 30 millions de protestants – pour une population de 1,375 milliard d’habitants”

Les pasteurs protestants sont plus nombreux : 5 000 environ, auxquels il faut ajouter 190 000 dirigeants de groupe bénévoles. Le président du comité permanent du conseil chrétien (protestant) de Chine déclare : “La pénurie peut facilement être vue à partir des chiffres. Dans chaque paroisse, un pasteur doit servir entre 5 000 et 10 000 adeptes. La situation idéale est d’avoir un pasteur pour 150 disciples”. Même si cette exigence est un peu élevée, l’encadrement des protestants est incontestablement insuffisant. Chaque année, 800 diplômés sortent des séminaires, alors que 400 000 à 500 000 enfants sont baptisés protestants.

Pourquoi cette pénurie ? Sans doute l’affichage d’une appartenance au catholicisme ou au protestantisme n’est-il pas un facteur favorable à la poursuite d’une carrière administrative. Mais ce qui paraît déterminant, c’est la hausse du niveau de vie : les hommes susceptibles de devenir prêtres ou pasteurs appartiennent en général à la classe moyenne, où l’attrait d’une vie confortable n’est pas une incitation à devenir ecclésiastique.

Par Philippe Barret

Publié le

Partager sur :

Les prêtres priés « d’exagérer en miséricorde » par le Pape François

(RV) Célébration de la messe chrismale ce jeudi 24 mars 2016 dans la matinée dans la basilique Saint-Pierre. Les prêtres du diocèse de Rome, évêques et cardinaux ont renouvelé les promesses faites lors de leur ordination. L’huile des malades, des catéchumènes et le Saint-Chrême ont été bénis. Dans son homélie, le Pape François a développé une réflexion sur la miséricorde de Dieu, invitant les pasteurs à ne pas avoir peur « d’exagérer en miséricorde ». Il les a également appelés à un examen de conscience. Marie Duhamel