Quand pasteurs protestants et prêtres catholiques réfléchissent ensemble au mariage chrétien

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Lors d’une journée de réflexion et de partage sur le sens du mariage chrétien, plus de 70 pasteur(e)s, prêtres et agents pastoraux de Genève ont abordé ensemble, dans un climat œcuménique et amical, toutes les questions liées à l’engagement d’un homme et d’une femme devant Dieu.

En effet, la majorité des couples du canton qui se marient au temple ou à l’église sont de confession mixte : ce qui veut dire même foi, mais tradition ecclésiale différente.

Il y a quatre ou cinq décennies, ce cas de figure posait certains problèmes. Depuis Vatican II, une approche recentrée sur la Parole de Dieu a pu mettre en valeur l’enrichissement mutuel de deux conjoints catholique et protestant.

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Notons que les deux Eglises ont une vision convergente de la démarche : ce sont les mariés les véritables acteurs de la célébration ; ce sont eux qui échangent leurs consentements, en présence du ministre de la communauté qui bénit leur union devant l’assemblée des proches et des amis.

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Pour l’Eglise catholique-romaine, le mariage est un sacrement : deux baptisés unissant leur destinée devant Dieu deviennent des témoins de l’union du Christ et de l’Eglise. En référence à l’évangile, leur mariage est indissoluble, ils sont engagés définitivement, car le Christ est fidèle et les accompagne jour après jour.

Pour l’Eglise réformée, il s’agit d’une bénédiction à l’occasion d’un engagement civil ; ce qui ne veut pas dire que ce mariage soit minimisé ou qu’il ne comporte pas d’exigences de fidélité et de durée.

Pour le point de vue catholique, s’il y a divorce, il n’y a pas de possibilité de remariage sacramentel. Toutefois, un des conjoints séparés peut présenter sa situation à l’officialité du diocèse, s’il estime avoir été de bonne foi et avoir été floué par son partenaire au moment de l’engagement. Si son cas est reconnu tel, le mariage antérieur est déclaré invalide et un nouveau mariage devant un prêtre devient possible. Les divorcés remariés ne sont en aucun cas « excommuniés » comme l’affirme souvent à tort la rumeur. Ils ont leur place dans la vie de l’Eglise, même si leur approche de la communion eucharistique n’est plus la même.

Du point de vue protestant, le mariage n’étant pas un sacrement, l’échec d’une union – sans être banalisée – ne constitue pas un obstacle à une nouvelle célébration de mariage.

Les Eglises chrétiennes à Genève partagent des convictions fondamentales sur le couple et la famille. Si communautés catholiques et protestantes ont des règles de fonctionnement différentes sous certains aspects, elles se veulent avant tout accueillantes aux personnes, et elles tiennent à offrir un accompagnement respectueux avec des perspectives incluant l’évangile dans le projet de vie.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez pour Dreuz.info.

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L’Église méthodiste unie du Sénégal s’initie à “LA FOI PAS À PAS”

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Du 12 au 14 avril 2016 une formation réunissant les pasteurs et les prédicateurs laïcs de l’église méthodiste unie du Sénégal s’est déroulée à Dakar au Sénégal.

Elle visait à permettre l’utilisation et la pratique du matériel de la « Foi – pas à pas ». C’est avec reconnaissance et plein d’enthousiasme que les différents responsables de cette jeune église au Sénégal ont travaillé durant trois jours pour se former sous la conduite de Daniel Nussbaumer, pasteur à Mulhouse, France.

Avec cet événement c’est aussi un parcours spécifique qui arrive à son terme. La « Foi – pas à pas » en français a vu le jour il y a 17 ans. Une équipe francophone inter-église s’était constituée pour traduire ce matériel en français, créer et enregistrer des vidéos avec des pasteurs et professeurs des églises méthodistes, mennonites et de l’église protestante unie de Belgique.

Comme le Sénégal est aussi un pays à majorité musulmane, Connexio, l’organe missionnaire de notre conférence annuelle Suisse-France-Afrique du Nord, désire promouvoir des échanges d’expériences avec nos églises sœurs en Algérie et en Tunisie. Connexio s’engage en Afrique et particulièrement dans les églises en pays francophones. 

L’Église méthodiste unie du Sénégal est une mission, actuellement en lien avec l’église en Côte d’Ivoire, une toute jeune église dont les premières communautés ont été créées en 1999. A ce jour elle compte mille membres avec 21 églises et 9 pasteurs ordonnés et 36 prédicateurs laïques.

Daniel Nussbaumer

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AG de l’Union de l’Église évangélique méthodiste de France 2016, les 19 et 20 mars à Codognan

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JP Waechter

Samedi le 19 mars au matin, rendez-vous était donné à la Salle des fêtes de Codognan aux délégués pasteurs et laïcs des communautés locales membres de l’UEEMF pour son Assemblée générale annuelle.

Collaborateurs au service du Maître

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Après l’accueil des délégués par le président Marc Berger, le pasteur-stagiaire et aumônier militaire Julien Teissonnière (Anduze) partage une courte méditation sur la base du texte de 1Co 3.5-9 : Paul a planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui fait croître. Selon ses dires, nous sommes tous, qui que nous soyons, ouvriers avec Dieu dans le champ de Dieu, de simples serviteurs, appelés à nous compléter dans nos différences : à chaque ouvrier, le Maître confie un travail particulier et le qualifie à cet effet. Chacun contribue alors discrètement, fidèlement à l’avancement du Royaume de Dieu. L’un plante et l’autre arrose. Paul et Apollos servent l’un et l’autre le Seigneur et son projet divin. « Tout par un maître, tout pour un maître » (Godet) : « Celui qui fait croître est unique, Dieu source de la vie dans tous les ordres existants ». Il est le seul qui prime, et nous, nous n’avons pas à nous mettre en avant. Nous nous en rappellerons quand, à notre tour, nous tâcherons d’être de fidèles et bons serviteurs sur le terrain où il nous place…

Le président au rapport

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L’Église est une communauté d’hommes et de femmes qui s’engagent à la suite de Jésus-Christ, note d’emblée le président Marc Berger. Il rend hommage aux disparus de l’année qui ont fidèlement servi l’Église leur vie durant, que ce soit Nicole Schmidt, Sœur Louise Muller ou Frédéric Aeschlimann. Il salue ensuite le pasteur Daniel Nussbaumer accompagné de son épouse Jane-Marie en partance pour la retraite après 41 ans de loyaux services.

En même temps que Christophe Waechter, Daniel Nussbaumer quitte aussi le Comité directeur.

Plus douloureux a été la nécessité de mettre fin au ministère du pasteur de Mont-de-Marsan. Depuis Agen, Jean-Ruben Otge supplée à l’absence d’un pasteur sur place.

Le CD a arrêté la collaboration et le soutien du projet de Bertrand de Maleprade à Agde. Enfin, un étudiant a arrêté ses études de théologie et retiré sa candidature pour le ministère pastoral.

Le groupe ReAJ (Responsables Animation Jeunesse) s’est retrouvé du 28 au 30 août 2015 à Chamaloc pour un WE de formation des responsables de GdJ à la grande joie des participants et reconduit la rencontre en 2016. L’initiative est jugée très encourageante par le président.

Bertrand Mathys participe à l’organisation de BTF « Bouge ta France », projet initié par le CNEF à l’horizon 2017.

Le président évoque les délégués actuels de l’Union au CNEF, à savoir Jean-Marc Bittner, Bertrand Mathys ainsi qu’Étienne Rudolph. Et c’est Marc Berger qui représentera l’Union au sein de la coordination évangélique (en remplacement de JP Waechter) comme au sein de l’AG de la FPF. Marc Berger évoque brièvement le travail de réflexion en cours au sein de la FPF sur la nature du lien fédératif aux lendemains de la prise de décision de l’EPUdF (bénédiction de mariages homosexuels).

ENroute est un sujet récurrent au sein du CD. Sa raison d’être n’est pas mise en cause, le journal répondant au besoin de tisser des liens entre églises. Si l’équilibre financier est atteint à ce jour, il n’en demeure pas moins que le nombre d’abonnés diminue. Le président juge opportun de réfléchir à la forme que la communication doit prendre au sein de l’Église en ce temps de changements rapides, surtout après le départ à la retraite de son rédacteur JP Waechter.

En 2015, la Commission Bâtiments s’est restructurée ; en l’espace d’une année, elle a fourni un énorme travail ; elle s’est déplacée dans plusieurs églises et leur a fourni du conseil entre autres sur l’accessibilité des locaux aux personnes à mobilité réduite (A.D.A.P.).

Le président lance pour finir un appel aux diverses compétences présentes dans l’Union : nombreuses sont en effet les personnes talentueuses susceptibles de contribuer au travail d’une commission (immobilier, communication). Qui accepte de relever le défi ?

Sur le plan financier, il note un excédent financier pour l’exercice 2015, vu l’économie faite d’un poste pastoral complet. « Nous prions et travaillons pour que la situation ne dure pas », déclare-t-il.

Le point avec le surintendant

L’Union et le CD sont proches des églises locales comme des personnes qui se sont vues confier des responsabilités, affirme d’emblée le surintendant Étienne Rudolph qui ne cache pas que 2015 a été une année de turbulences et de crises sérieuses dans l’Union entraînant la révision des affectations pastorales planifiées pour 2016. Voici les changements prévus cet été : Daniel Nussbaumer partant à la retraite, Byeong Koan Lee prend le relais à Mulhouse. À Mont de Marsan, c’est Pascal Maurin qui a accepté de servir l’église de Mont-de-Marsan. Alain Puglia, prédicateur laïque, lui succèdera à Codognan. Antoine da Silva s’installera à Strasbourg et Sébastien Schopperlé à Bischwiller. Quant à Daniel Morata, il s’est vu proposer le poste de Fleurance. Jean-Marc Bittner rejoint l’église de Montélimar et Joël Déjardin accepte de servir l’église de Metz. Quant à l’église de Munster, elle n’aura pas de pasteur résident, mais bénéficiera de l’accompagnement du pasteur Daniel Osswald depuis Colmar. La desserte d’Anduze sera assurée par Julien Teissonnière, qui sera par ailleurs aumônier des Armées, tout en suivant des études à l’IBN de Genève.

Les communautés de Valleraugue et de Caveirac traversent diverses difficultés.

Le surintendant termine son intervention par une évidence criante : « nous manquons de pasteurs… ». Il reprend à son compte la proposition que le pasteur Daniel Kéo avait faite par le passé, à savoir que chaque église locale prie pour qu’une personne de chaque église locale se lève et s’engage dans le ministère pastoral : « nous entrons dans une période de vaches maigres, peut-être devons-nous retrouver les sources du méthodisme avec des pasteurs itinérants ? » Peut-être faut-il chercher et trouver de nouvelles pistes pour concevoir l’Église en mouvement ?

En tant que surintendant, Étienne Rudolph reçoit régulièrement des candidatures, plus ou moins intéressantes. Il demande prière et sagesse dans l’évaluation de ces candidatures.

Le surintendant rappelle enfin le rendez-vous annuel incontournable, la CA. Cette année, la Conférence annuelle aura lieu en Suisse du 16 au 19 juin près de Münsingen – Interlaken. Tous sont invités à s’y rendre en particulier le dimanche pour le culte solennel d’ordination le matin et la représentation de l’histoire de Guillaume Tell l’après-midi. À l’ordre du jour de la CA, la poursuite de la réflexion sur notre façon de communiquer l’Évangile : « comment parlons-nous du salut aujourd’hui ? »

Les modalités d’une communication réussie

avec Grégoire Chahinian

Dans la ligne de la prochaine CA, le pasteur Grégoire Chahinian invite les délégués à réfléchir sur leur communication de l’Évangile sur la base de l’Écriture Sainte (1Co 9.15-23). Loin de tout patois de Canaan, notre communication se fondera sur notre identification à l’autre : vivons notre « co-humanité » avec nos interlocuteurs et faisons-nous tout à tous pour en gagner quelques-uns si possible. Et de préférence avec douceur et patience…

En petits groupes, l’assemblée des délégués discutera du sujet avec attention et passion. Cette discussion sera rapportée en plénière en ces termes…

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Partage des différents groupes

– Apprendre à aimer, écouter, connaître et pour cela créer des événements conviviaux réguliers et prier pour toutes les personnes qui viennent à ces rencontres,

– Être présent, attentif, être à l’écoute, accompagnement dans l’amour, dans l’humanité et dans le cheminement, c’est Christ qui se manifeste, être dans la prière,

Se savoir aimé par Dieu pour savoir que l’autre est aussi aimé par Dieu tel qu’il est,

Aller vers l’autre, c’est rejoindre l’autre, l’accueillir, l’écouter,

Mener une qualité de vie qui nous mène vers l’autre, sans diluer le message, sans se substituer au Saint-Esprit, saisir les occasions ou les provoquer quand ceux qui nous entourent savent que vous êtes chrétiens,

La joie d’être un pécheur grâcié, savoir que l’autre est aussi pécheur mais pas condamné,

Interpellation individuelle : comment être porteur de l’évangile, comment se faire tout à tous, comment rentrer dans la « carte du monde » de notre interlocuteur alors que nous consacrons notre temps et notre énergie à des « activités internes » et que pour la plupart d’entre nous, nous avons été « éduqués » dans l’idée que nous ne sommes pas de ce monde (Jn 17.15)

Interpellation communautaire : rechercher, discerner, se mettre d’accord sur une vision, (ou deux ou trois) pour annoncer l’Évangile à nos contemporains, s’engager en tant que communauté

Être sauvé, comment le vivre ? Toute attitude construite de notre part est porteuse du message.

ENroute

Le président ouvre le débat sur le devenir du journal ENroute. Convaincu de la nécessité pour l’Union de garder un lien entre les communautés locales qui la composent, il esquisse trois pistes possibles :

Le journal est envoyé à tous les membres de l’Église, décision déjà prise en ce qui concerne le journal K+W au sein de l’EEM Suisse. Cette piste a l’avantage de toucher tous les membres, mais elle présente un inconvénient, son coût, et l’obligation d’en intégrer le coût au budget de l’UEEMF, soit un coût de 18 € par année, soit 700 exemplaires (un exemplaire par famille).

Maintenir un journal ENroute papier et progressivement offrir ENroute en ligne. La diminution du nombre d’abonnements n’est pas étrangère à sa diffusion en ligne.

Plus radical encore, on abandonne le papier, ce qui élimine le coût du papier et de l’envoi et on passe à la diffusion intégrale sur le net.

Interpellée par le président, l’assemblée ne retiendra vraiment aucune des pistes proposées. Mais le débat fera ressortir le désir du plus grand nombre de continuer la double diffusion (papier et net). Sur la base de cette consultation, le CD gérera la suite.

Culte solennel

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Après une nuit de repos, délégués et membres des églises méthodistes du secteur se retrouvent dans une même salle des fêtes de Codognan pour célébrer le culte. D’emblée, le pasteur Pascal Maurin accueille le Maire lequel salue l’assemblée par des paroles fort chaleureuses. Le groupe musical formé pour l’occasion entraîne l’assemblée dans la louange. En ce jour des Rameaux (Mt 21), le surintendant Étienne Rudolph la fera réfléchir sur la portée de la venue de Jésus-Christ. Adulé un jour, décrié l’autre jour, Jésus demeure toujours et encore signe de contradiction dans le monde, mais aussi chez ses disciples de toujours. « Inconstances, contradictions, paradoxes, ce n’est pas nouveau et nous le savons bien. Parfois, nous pouvons même en arriver à avoir le sentiment de marcher à côté de nous-mêmes, de vivre dans un personnage que les circonstances et nous-mêmes avons fabriqué pour tenter d’apprivoiser ces contradictions … ». Et de souligner la Bonne Nouvelle que, jusque dans nos contradictions, Dieu se rend présent en Jésus contre toute attente, et qu’en Lui nous pouvons trouver le chemin de la guérison et de la réconciliation, hors de nos contradictions.

Le Président clôt le culte par une parole de bénédiction avant le départ des délégués dans leurs églises respectives.

Retrouvez l’AG 2016 dans le détail sur le site de l’UEEMF

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Le diocèse de Sion cogite sa pastorale

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

La session pastorale du diocèse de Sion s’est achevée le 15 avril. La centaine de prêtres et de laïcs oeuvrant pour le diocèse, réunis à l’Ecole des Missions au Bouveret, ont eu l’occasion de bénéficier du coaching d’une équipe de l’association parisienne Talenthéo. Ils ont réfléchi ensemble à la manière de développer leur paroisse pour susciter des vocations pastorales.

Un bourdonnement continu, par moment interrompu par des éclats de rire, fait vibrer la grande salle du premier étage du bâtiment de l’Ecole des missions. “C’est la suite d’un élan déjà magnifiquement exprimé l’année passée, où la parole s’est libérée et continue à se libérer”, lance, tout sourire, l’abbé Vincent Lafargue, curé de la paroisse d’Hérémence à la pause. Il vient  de passer une heure et demie dans des ateliers qui ont réuni les prêtres et laïcs du diocèse en groupes de réflexion. Les uns et les autres viennent de dresser le bilan pastoral de l’année écoulée depuis la précédente session pastorale qui avait initié cette démarche de dialogue, encadrée par une équipe de coaches de l’association Talenthéo, venus de Paris. “J’apprécie beaucoup cette dynamique d’atelier qui nous permet de prendre la parole”, relève pour sa part Christophe Pont, animateur pastoral. Véronique Denis, responsable du Service diocésain de la catéchèse, y voit “une liberté de parole donnée à chacun qui est très agréable”.

La vision pastorale

Cette session 2016 a débuté sur le thème de la vision pastorale. Les coaches répartis dans les groupes ont animé les discussions avant de laisser Arnaud Bornens, le responsable de l’équipe, reprendre le flambeau de l’animation. L’élocution aisée, il parcourt la salle, micro en main, et détaille le processus d’une vision qui permet aux pasteurs de se projeter dans des projets paroissiaux. L’enjeu? Développer leur paroisse en suscitant des vocations et mettre en mouvement les personnes, “la portion du peuple de Dieu qui leur est confié”, précise Arnaud Bornens. “Vous êtes là pour développer des pasteurs. Ce ne sera pas facile, prévient-il en évoquant les résistances, les démissions”. Les obstacles sont nombreux. Il énumère le “on a toujours fait comme ça, pourquoi changer?”, le “manque de personnes”, le “manque de temps”, etc.

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

Une méthode “participative”

L’orateur passe le témoin aux groupes afin qu’ils puissent exprimer ce qui pourrait faire “couler” les projets tellement enthousiasmant. L’idée est de faire sortir des idées “éteignoirs” de projets. Une façon positive de faire émerger les problèmes qui bloquent si souvent les projets. Concrètement, les animateurs posent au sol des bougies, les allument et donnent la parole aux participants. A charge pour eux d’émettre une idée “éteignoir” puis de souffler sur la bougie. Loin de figer les groupes, la méthode fait mouche. Le bourdonnement reprend, les idées fusent et les bougies s’éteignent à un rythme soutenu. Les laïcs s’expriment sans complexe “C’est très pédagogique et très participatif. Chacun est impliqué et la prise de parole est  variée. On réfléchit à des choses très concrètes”, se réjouit le Père Jérôme Hauswirth, curé des paroisses de Collombey et Muraz. “On trouve ici des outils pour mieux servir un renouvellement de notre manière d’être, de vivre et de collaborer en Eglise”, renchérit Christophe Pont.

Des méthodes inspirées du management

“J’apprécie qu’on passe par des symboles comme on l’a fait ce matin. Une bougie à éteindre, c’est tout simple. Le Christ le dit “venez à l’écart”. Une fois que nous sommes déplacés de nos petits conforts, nous pouvons travailler d’une autre manière”, relève le Père Vincent Lafargue. Arnaud Bornens reprend la main et développe son argumentaire sur la manière concrète de susciter des conversions. Les conseils rappellent “l’Eglise en sortie” du pape François. Il suggère, entre autre, d’aller questionner les passants dans la rue sur ce qu’ils attendent de leur paroisse. “Vous ne serez pas toujours très bien reçus mais cela en vaut la peine. Pour l’avoir fait, je peux vous assurer que c’est très enrichissant. Vous vous apercevrez que les gens sont bien plus intéressés à parler de Dieu que vous ne pensez”, assure-t-il.

Pour atteindre les objectifs, le coach explique les schémas qu’il fait défiler devant l’assistance, pour le coup silencieuse. Les participants apprennent à définir une direction, des objectifs réalistes et un résultat qui soit compatible avec les moyens employés. Il évoque la méthode “SMART” pour Spécifique/quantitatif, Mesurable, Ambitieux/atteignable, Réaliste et le Temps que devrait nécessiter le projet. Tous adhèrent à la méthode et apprécient ces outils mis au service de la pastorale. Sandrine Mayoraz, agente pastorale à la paroisse de Monthey-Choëx, ajoute les lettres “E” pour “Ecologie”. “Ce que l’on entreprend a un coût énergétique et financier. A nous de bien voir ce que nous sommes prêts à dépenser pour le gain obtenu. Le gain espéré vaut-il toujours la dépense envisagée?” questionne-t-elle. L’agente pastorale ajoute enfin le “R”, pour le “Rôle” joué par  l’initiateur du projet.

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

Patricia Barras, catéchiste dans le secteur des Noble et Louable contrées, est directe: ” Il faut se repositionner en nous disant que nous agissons dans des projets qui ont peu d’impact et en laissant des groupes qu’on n’atteint pas. On accueille les gens qui viennent mais on ne va plus chercher ceux qui restent dehors. Or ce sont justement ceux-là que nous devons aller chercher”, estime-t-elle. Elle parle d’une pastorale qui ciblerait les populations. Que faire pour les personnes âgées? Faut-il aller dans les homes? Que faire pour ramener les personnes divorcées qui se sentent exclues de l’Eglise?

Pour une Eglise qui ne soit pas une entreprise

Le coaching effectué par l’équipe de Talenthéo a touché le cœur du problème et soulevé autant de questionnement que d’envies. Les discussions vont bon train. “Avec ces termes qui s’apparentent à des techniques de management, on a l’impression d’être dans quelque chose de moderne, destiné  à des institutions, des entreprises mais pas à l’Eglise. Cela présente pourtant des pistes qui peuvent être utiles en Eglise”. Lors de l’exposé qui suit les ateliers, un prêtre rappelle que l’Eglise ne doit pas être vue comme une entreprise. “Il n’est absolument pas question de cela, confirme Arnaud Bornens. Jésus, ajoute-t-il, n’était pas un entrepreneur mais il avait des ‘clients’, il est venu avec une intention pour générer le changement qu’il a opéré. Il a choisi les disciples, il s’est entouré”.

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

En Eglise, on fait aussi de la communication vers les autres avec ce que Dieu a mis à notre disposition, souligne le coach, pour qui l’enjeu reste avant tout une pastorale de conversion. La méthode est un moyen. “On arrive à un tournant où on doit arrêter de faire ce qu’on a toujours fait. Il faut voir les challenges qui nous attendent. On prépare l’Eglise de demain, on ne peut pas rester sur les acquis de l’Eglise d’hier”, relève Patricia Barras. Le Père Vincent Lafargue est d’accord tout en mettant en garde: “Si l’Eglise devenait une entreprise, ce serait une erreur mais si elle utilise les bonnes méthodes de l’entreprise pour s’améliorer, c’est une bonne idée”.

Se parler

Cette session pastorale s’inscrit dans la suite de 2015. Certains, dans les ateliers, évoquent l’enthousiasme aussi vite retombé qu’il était monté et le “couvercle bien vite refermé” sur la session. Que faire des conseils dispensés lors de ces sessions? De toute évidence, le diocèse s’est mis en marche, doucement et, laïcs comme prêtres, ont fait du chemin. Est-il si difficile de communiquer en Eglise? Certains évoquent les corporatismes, les communautés, les habitudes. “Ce qu’on a fait l’année passée a porté du fruit, mais on peut aller plus loin. Il n’est pas difficile de parler entre nous, tempère l’abbé Pierre-Yves Pralong, vicaire à la paroisse de Monthey-Choëx, mais nous sommes moins habitués à dire ce que nous ressentons, ce que nous vivons”. “Pris à nouveau dans le rythme, on oublie parfois ce qu’on a vu durant la session” témoigne un participant. Véronique Denis se veut positive: “Cela peut donner un nouvel état d’esprit dans les communautés. Il y a un besoin de s’exprimer. Les laïcs prennent bien la parole ce matin. Cela va les aider par la suite dans les Conseils de communauté”, assure-t-elle. Casimir Gabioud, animateur pastoral dans le secteur d’Entremont est pragmatique: “Avant de trouver des solutions, nous devons apprendre à parler ensemble. C’est la première notion que nous avons vue l’année passée”. Cela prendra du temps mais les participants semblent y croire.

Cette matinée a permis de brasser les idées et a touché les cœurs. Michel Borgeat, chanoine de Saint-Maurice, apprécie pleinement le moment: “C’est très riche. J’ai 76 ans mai si j’en avais 25, je serais heureux!”, lance-t-il tout sourire. Selon lui, ce qui se passe maintenant en Eglise est ‘fabuleux’. C’est pour lui une bonne approche pour aider les prêtres à vaincre une forme de désespoir. Nous sommes dans un monde qui est désolant pour nous. “Cette façon de reprendre les choses d’une manière évangélique à travers ces rencontres, nous fait respirer”, s’enthousiasme-t-il.


Pour les vocations pastorales.

Arnaud Bornens, responsable de l’équipe d’animation de la session pastorale 2016 du diocèse de Sion, parle avant tout à une “Eglise en croissance”. S’inspirant des outils de management, il n’en fait pas une fin en soi. Il entend, avec son équipe, aider les prêtres à susciter “des vocations pastorales”.

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missiosn. Arnaud Bornens, coach de l'Association Talenthéo. (Photo: Bernard Hallet)

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missiosn. Arnaud Bornens, coach de l’association Talenthéo. (Photo: Bernard Hallet)

Vous donnez des outils pour une gouvernance d’Eglise?

Je n’aime pas le terme “Outils”. Cela donne l’impression d’une garantie de succès. Or, je ne sais pas quel sera le résultat qui suivra cette session. Nous donnons des étapes de cheminement qui permettent à une communauté de faire émerger une vision pastorale. Nous nous inspirons des outils de management, mais ce n’est pas le fond de notre activité. Nous cherchons à favoriser une pastorale de croissance au sein de l’Eglise, pas à gérer sa faillite.

C’est ce qui a motivé la création de Talenthéo?

Béatrice et Olivier Pello, les fondateurs, ont eu l’intuition que les prêtres devaient être confortés et soutenus dans leur gouvernance pastorale. Les pasteurs sont débordés. Comment les aider dans leur mission quotidienne à animer et à conduire leur peuple? A l’époque, les équipes de Talenthéo travaillaient pour des dirigeants. Ils ont pensé à donner du temps pour aider les prêtres à gouverner leur église. Sachant qu’une église n’est pas une entreprise, il a fallu nous adapter à ce qu’elle est.

On parle de plus en plus de curés “managers” de leur paroisse

Un curé n’est pas un manager tel qu’on l’entend en entreprise. Il est porteur d’une intention de Dieu. Il est là pour susciter des vocations pastorales au sein de sa paroisse. Et pour faire en sorte que des personnes en face de lui deviennent des pasteurs à leur tour. C’est la démultiplication. Ce processus passe par du management mais pas seulement. Il y a l’idée pour le pasteur d’inspirer le peuple de Dieu pour qu’il ait ce désir intense d’annoncer la joie de l’amour du Christ.

Quels sont les principaux problèmes à résoudre que vous rencontrez au cours des sessions que vous animez?

En Eglise on a perdu l’habitude d’annoncer le Christ. La notion de disciple missionnaire n’a plus beaucoup de sens. Jusque récemment, on venait à l’église parce qu’on avait la foi, bien sûr, mais on venait consommer la messe. On assiste depuis quelques années à un changement: Les pasteurs et les laïcs commencent à se prendre en main et à vivre leur foi de façon différente. (cath.ch-apic/bh)

Hommage à nos si bons pasteurs asiatiques

En ces temps où dans l’Église les pasteurs sont éprouvés, il est bon de s’arrêter un instant sur l’extraordinaire richesse humaine dont quelques hommes sont à l’origine au cœur de l’Église d’Asie.

Dans le silence médiatique le plus impressionnant, il se passe à l’autre bout du monde des situations d’une injustice terrible pour les communautés chrétiennes. Face à cette injustice, des hommes se dressent.

Je pense en ce moment au père Vu, un jeune prêtre du diocèse de Kontum, perdu dans ses montagnes au cœur du centre Vietnam, entre la frontière du Laos et celle du Cambodge. Il vit dans un foyer de garçons qu’il soutient comme il peut pour les aider à aller à l’école. Les autoritées locales, des fonctionnaires communistes corrompus, ne veulent pas lui permettre de résider sur le lieu de son apostolat. Courageux, ce prêtre a fait le choix de rester, quoi qu’il lui en coûte.

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À Noël, sa messe de minuit a été interdite. Son évêque a été obligé de faire le déplacement pour soutenir son prêtre et s’assurer que les paroissiens aient un office. L’évêque n’est pas resté pour les festivités, une autre messe était interdite à l’autre bout de son diocèse. Là encore, des fidèles avaient besoin de lui.

Rendons grâce pour ces hommes donnés à leur ministère. Rendons grâce pour les fruits incroyables qu’ils font naître sur le terrain. Combien d’écoles aujourd’hui dans les zones les plus reculées du Vietnam, du Laos ou de la Birmanie n’existent que grâce au dévouement de religieux ?

Ces exemples lumineux toujours à la tâche, penchés sur un plus petit, un plus démuni, en prise avec les difficultés du terrain ont une fécondité qui dépasse largement les frontières de leur ministère. Ils sont un témoignage pour tous ceux qu’ils rencontrent. En vivant un engagement radical, ils nous rappellent que l’homme et la femme ne peuvent s’accomplir en dehors de l’autre. Mon prochain, mon fils, ma femme, le pauvre à ma porte ou mon collègue de travail est ma mission.

Conscient de leurs faiblesses, ils sont tous les jours à la tâche. Ce dévouement n’est pourtant pas réservé aux pasteurs, ce n’est pas leur rôle. Le pasteur guide les brebis. Nos pasteurs nous montrent la voie… À nous de prendre soin les uns des autres. Sans les oublier !

Suisse: Le rassemblement pour un renouveau réformé officiellement lancé

Le Rassemblement pour un renouveau réformé (R3) a été officiellement lancé le 14 avril. Entre 60 et 70 personnes ont assisté à la première Assemblée générale de ce mouvement, dans les locaux de la communauté de St-Loup.

Les participants provenaient du canton de Vaud, mais également de Neuchâtel, Fribourg et Genève. Selon le pasteur Gérard Pella, aucun représentant de l’EERV n’a participé en tant qu’observateur.

Avec les nouvelles candidatures, l’association compte maintenant une petite centaine de membres.

Lors de cette AG, le Manifeste bleu, document fondateur du R3, a été présenté. Il détaille la vision portée sur l’Eglise, la confession de foi et les fondements théologiques du nouveau mouvement.

En octobre prochain, une fête réunira les pasteurs et laïcs qui se reconnaissent dans ce mouvement de renouveau au sein de l’Eglise évangélique réformée en Suisse romande. Une occasion de réseauter et de faire bénéficier les autres des idées qui fonctionnent dans leur paroisse respective. Des groupes de travail autour de différents thèmes comme la théologie, la famille, l’art etc. seront mis sur pied.

La rédaction d’Evangeliques.info – 15 avril 2016 09:57

Léon Paul Ngoulakia a amassé une fortune d’au moins 200 milliards de FCFA à la CAISTAB (Guy …

Léon Paul Ngoulakia a amassé une fortune d’au moins 200 milliards de FCFA  à la CAISTAB (Guy Christian Mavioga)

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Guy Christian Mavioga après les dénonciations a aussi prié pour le pays @ Gabonactu.com

Libreville, Gabon (Gabonactu.com)  –  Le Président du conseil d’administration (PCA) de la Caisse de stabilisation et de péréquation (CAISTAB), Guy Christian Mavioga a accusé mercredi à Libreville son ancien directeur général, Léon Paul  Ngoulakia d’avoir détourné à son profit personnel une coquette somme d’environ 200 milliards de FCFA durant ses 4 ans  à la tête de le CAISTAB.

« A lui seul, il a amassé au moins 200 milliards de FCFA », a dénoncé avec véhémence  M. Mavioga dans une conférence de presse. Un échange avec les hommes des médias tenu en marge de la réunion avec des pasteurs soutenant la politique du chef de l’Etat,  Ali Bongo Ondimba. L’orateur, homme de Dieu par ailleurs, est à la tête d’une coalisation des révérends pasteurs.

L’ire de M. Mavioga résulte  du fait que certains des hommes de Dieu appartenant à sa coalition ont été approchés par M. Ngoulakia devenu opposant depuis sa démission du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) et  de son limogeage de la CAISTAB en octobre 2015.

Les pasteurs membres de la coalition favorable à Ali Bongo Ondimba en prière pour le pays @ Gabonactu.comLes pasteurs membres de la coalition favorable à Ali Bongo Ondimba en prière pour le pays @ Gabonactu.com

M. Ngoulakia, cousin du président de la République est en rupture  avec son parent. Il aurait tenté de convaincre, selon Guy Christian Mavioga, certains pasteurs membres de la coalition de cesser tout soutien à Ali Bongo, candidat à sa propre succession lors de l’élection présidentielle d’août prochain.

« Tout le monde peut parler sauf lui, par ce que je connais ce qu’il a fait à la CAISTAB », a averti  le nouveau PCA de la CAISTAB.

Dans ses dénonciations, l’ancien directeur général adjoint de l’institution de stabilisation économique du pays a  indiqué par la suite que son ancien DG a géré  l’institution comme sa propre épicerie. Il l’accuse également d’avoir dilapidé plus de 36 milliards de FCFA  rien que pour les voyages durant les 4 ans qu’il à passé à la tête de cet organisme économique de l’Etat.

« Il dépensait plus de 100 millions à chaque voyage », a-t-il affirmé.

Mavioga, est le secrétaire général exécutif  du Bloc démocratique chrétien (BDC), un parti de la majorité présidentielle dont il est le porte-parole.

Léon Paul Ngoulakia ambitionne de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle, selon des membres de son entourage.

Le Notable

Un mouvement tout neuf veut «renouveler» l’Eglise

Sur l’échiquier protestant, ils se situent à mi-chemin entre les réformés classiques et leurs cousins de tendance évangélique. Mais plutôt que de mettre le doigt sur ce qui divise les disciples de Martin Luther, les fondateurs du Rassemblement pour un renouveau réformé (R3) cherchent avant tout à les fédérer. «Nous ne sommes pas dans l’opposition, mais dans la complémentarité», insiste Gérard Pella, membre du comité.

Officiellement et publiquement porté sur les fonts baptismaux ce soir, entre les murs de la communauté de Saint-Loup, le R3 veut «affirmer des valeurs fondamentales» à l’heure où les Eglises réformées romandes traversent une période chahutée: les temples se vident et les fidèles sont vieillissants. Sur sol vaudois, la ratification en 2012 d’un rite pour les couples homosexuels déjà engagés civilement a généré de grosses crispations.

«Soif de renouveau»

«La décision du Synode (parlement, ndlr) de l’Eglise d’accepter une célébration pour les couples de même sexe a choqué beaucoup de réformés, pas seulement ceux de tendance évangélique. Mais la constitution du R3 n’est pas seulement une réaction à cette détermination synodale. Nous avons véritablement soif de renouveau pour une Eglise protestante que nous souhaitons plus communautaire et plus spirituelle. Et souhaitons rassembler ceux qui ont la même soif, tout en demeurant à l’intérieur de l’Eglise réformée», détaille Gérard Pella.

Plusieurs pasteurs en activité au sein de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) font d’ailleurs partie du comité du R3. Et les spécialistes de l’œcuménisme Shafique Keshavjee et Martin Hoegger, qui ont également été ministres au sein de l’EERV, en sont les coprésidents.

«Manifeste bleu»

Sur le plan théologique, le nouveau mouvement s’inscrit dans le courant confessant de l’Eglise et réaffirme la place centrale de la personne du Christ, mort et ressuscité. «Il est important que les gens se rendent compte qu’il y a des couleurs différentes au sein de l’Eglise réformée. Nous en représentons une nous-même, une couleur qui se décline elle-même en de multiples nuances», image le pasteur, qui prêche pour une EERV «dans laquelle les relations entre les autorités et les communautés ainsi que leurs ministres soient marquées par la confiance, tout en prenant en compte la vraie diversité des courants théologiques».

Le Rassemblement pour un renouveau réformé a couché ses positions sur les pages d’un document de 25 pages, sous le titre de «Manifeste bleu». «C’est la couleur du ciel et de l’eau, qui rappelle le lien vital entre le ciel et la terre», explique Gérard Pella. Le R3 affiche par ailleurs son soutien à la création de la Haute Ecole de théologie qui ouvrira l’an prochain sur la Riviera et qui constituera une alternative à la voie universitaire.

Libre et critique

Pour mémoire, un autre mouvement protestant, baptisé Pertinence, avait vu le jour en février dernier dans le canton. Lui aussi en lien avec l’EERV, Pertinence est né sous l’impulsion du théologien Jean-François Habermacher, épaulé par une dizaine de personnes d’horizons divers (pasteurs, professeurs d’université, consultant). Son credo: nourrir, au fil d’ateliers thématiques, de débats et d’articles, un dialogue autour d’un christianisme «libre, critique et démocratique, en prise sur les réalités d’aujourd’hui». Et procéder à un travail de fond, «et pas seulement à quelques arrangements cosmétiques». (24 heures)

(Créé: 14.04.2016, 07h50)

Mgr Minnerath : « Tout laisser à l’appréciation des pasteurs va créer des traitements très différents »

En quoi l’enseignement de l’Église sur l’amour et la famille peut-il toucher notre monde occidental sans repères ?

Les longs chapitres de l’exhortation sur la beauté du mariage selon le plan de Dieu sont clairement en décalage par rapport à la culture contemporaine. Et c’est tant mieux, sinon y manquerait le sel de l’Évangile, capable de redonner espérance à ceux qui doutent, qui se découragent ou qui sont désabusés. Le texte s’adresse cependant aux seuls membres de l’Église. La société, si on en croit les médias, veut savoir si l’Église se rapproche d’elle. Alors que la mission de l’Église est d’attirer les personnes au Christ qui est la perfection de l’amour.

Certains s’interrogent sur le degré d’autorité de ce document. Quel est-il ?

Bonne question. Quelle que soit la nature des documents pontificaux – constitution apostolique, encyclique, lettre ou exhortation apostolique –, ils revêtent l’autorité normative du Magistère. Il y a toujours unité entre l’autorité de l’Écriture qui est la source de tout l’enseignement ecclésial, la Tradition qui commente la parole de Dieu au cours des siècles et le Magistère qui interprète authentiquement l’un et l’autre en fonction des défis du temps présent. D’où la nécessaire continuité dans l’enseignement de l’Église. Car si le Magistère prenait le contre-pied de ce qui a toujours été enseigné, il perdrait du coup l’autorité qui le fonde.

La nouveauté du document présent est qu’il ne veut pas « trancher par une nouvelle intervention magistérielle » des questions ouvertes concernant le mariage (3). Il ne veut pas édicter de nouvelles normes valables pour tous les cas. Il appelle donc au respect des normes existantes tout en invitant à les interpréter et à les appliquer avec discernement et miséricorde au cas par cas. Il est évident que les repères sont moins clairs qu’auparavant.

Il y a toujours unité entre l’autorité de l’Écriture qui est la source de tout l’enseignement ecclésial, la Tradition qui commente la parole de Dieu au cours des siècles et le Magistère qui interprète authentiquement l’un et l’autre en fonction des défis du temps présent.

L’exhortation se veut le texte d’un pasteur, mais peut-il faire l’économie des débats doctrinaux qui ont agité les synodes précédents à Rome ?

Le pape cite constamment les propositions votées au cours des deux derniers synodes. Il s’appuie sur elles, en tenant compte des clivages qui se sont manifestés. Comme dans des documents précédents, le pape se situe sur le plan des réalités vécues par les familles contemporaines. Il ne part pas de l’exposé de la doctrine, mais cherche à élever les personnes, chacune avec son histoire propre, à la hauteur du projet que Dieu nous offre dans le mariage humain. Les points les plus attendus, comme l’admission des divorcés remariés au sacrement de la réconciliation et à l’eucharistie, sont esquivés, avec des renvois en note où on ne sait pas si c’est oui ou si c’est non. On attendait des clarifications plus précises sur ces points. Le fait de laisser tout à l’appréciation des pasteurs va créer des traitements très différents d’un pasteur à l’autre.

Le pape répugne à donner des lois générales qui régenteraient tout depuis Rome. Pourquoi ?

L’option prise par le pape dans cette exhortation est de dire que le droit ou la norme valable pour tous n’existe pas. « Dans les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux… ont toujours subsisté différentes interprétations… et des solutions plus inculturées… » (3). La situation des personnes vivant dans des situations matrimoniales irrégulières ne peut pas être appréciée à partir des catégories rigides « d’une morale bureaucratique froide » (312). Du coup, nous passons d’une approche objectivante des situations à une approche plus subjective, où le ressenti des personnes, leur degré de dépendance par rapport à leurs conditionnements et à leur environnement, sont davantage pris en compte.

L’Église a toujours considéré que les sacrements opérés par le Christ créent une réalité spirituelle objective en nous. L’efficacité d’un sacrement ne dépend des dispositions subjectives de qui le reçoit. Dire qu’une personne divorcée remariée conserve la grâce sanctifiante (301), parce qu’elle a des circonstances atténuantes et qu’elle ne pouvait pas faire autrement, n’était pas le discours tenu jusqu’ici. Maintenant, on veut faire prévaloir le ressenti psychologique sur la réalité objective créée par le sacrement. Il faudra sans doute beaucoup travailler ce point.

Quels sont les outils à la disposition des évêques et des prêtres pour effectuer ce discernement pastoral auquel fait allusion le pape (ch. 8) ?

Le chapitre 8 était le plus attendu. Il aborde les points sur lesquels un approfondissement et une clarification étaient nécessaires. Or, il n’apporte pas de réponses directes. En effet, il tourne autour de deux notions : discerner et intégrer. Personne, quelle que soit l’irrégularité de sa situation matrimoniale, n’est exclu de l’Église. Le risque est de dévaloriser ce qui n’est plus qu’un idéal difficile à atteindre : le mariage chrétien sacramentel. Pour discerner – pratique qui est au cœur de la spiritualité ignatienne –, il faut descendre avec la personne dans les profondeurs de son vécu, de ses doutes et de ses angoisses, pour déceler comment elle évalue moralement sa propre situation.

Personne, quelle que soit l’irrégularité de sa situation matrimoniale, n’est exclu de l’Église. Le risque est de dévaloriser ce qui n’est plus qu’un idéal difficile à atteindre : le mariage chrétien sacramentel.

Mais Jésus ne nous a-t-il pas libérés de nos enfermements en nous appelant à vivre selon les Béatitudes, en radicalisant les lois de Moïse pour en découvrir l’esprit ? Jésus a appelé adultère une nouvelle union après un divorce. Le discernement, en fait, doit aider à se rapprocher du Christ.

Comment peut-on discerner entre la réalité objective du péché et la conscience du péché ? Que faut-il entendre par imputabilité ? Est-ce que le mal diminue en fonction de la conscience du mal ?

L’imputabilité concerne le degré d’engagement personnel de la volonté et de la liberté dans un acte. Sous diverses contraintes, on peut poser un acte dont on n’est pas vraiment responsable. On peut avoir une conscience subjective réduite du mal objectif qu’on a commis. Tout ceci est admis depuis toujours. Mais face aux sacrements, on était dans une perspective objective : quelle nouvelle réalité spirituelle le sacrement a-t-il opéré en nous ?

Il n’est pas dit clairement si le discernement doit conduire à une meilleure intégration des divorcés remariés dans la vie paroissiale ou s’il peut conduire aux sacrements. C’est certainement en ce deuxième sens que l’exhortation sera interprétée. Selon Familiaris consortio (1982), la condition était que les nouveaux époux vivent comme frère et sœur. Cette condition est considérée comme irréaliste. Mais elle avait un caractère d’objectivité. Maintenant, l’accès aux sacrements va être laissé à l’appréciation subjective des intéressés et des pasteurs.

Plusieurs cardinaux ont fait part au pape de leur réticence à voir changer les règles de la théologie morale. Pourquoi ?

Il faut distinguer la théologie et la doctrine. Ce qui est clairement défini en doctrine ne peut être modifié, mais seulement approfondi et développé. La théologie, c’est-à-dire la réflexion systématique sur le donné révélé, dans la continuité de la Tradition, permet d’explorer de nouveaux domaines, puisqu’elle relève les défis de chaque culture pour lui apporter l’éclairage de la foi. La doctrine est « doctrine de la foi », tandis que la théologie travaille en amont pour confronter la foi aux nouvelles données de la vie : nouvelles connaissances scientifiques, changements des comportements et aussi meilleur accueil de toutes les exigences de la parole de Dieu. Nous lisons au n° 311 que la théologie morale doit intégrer la miséricorde comme concept clé de la vie morale et se référer constamment aux « valeurs plus hautes et centrales de l’Évangile ».

Le texte du pape conforte-t-il ces catholiques qui – malgré une séparation – ont voulu rester fidèles à leur union sacramentelle ?

Certainement, les époux chrétiens qui vivent dans la fidélité l’amour qu’ils se sont promis devant Dieu trouveront-ils, surtout dans les chapitres 4 et 5 sur « L’amour dans le mariage » et « L’amour qui devient fécond », un réconfort et une aide pour approfondir joyeusement et généreusement la grâce sacramentelle qu’ils ont reçue. On peut y ajouter le chapitre 7 sur l’éducation des enfants. Ces développements devraient être considérés comme le cœur de l’exhortation. Les fidèles qui ont subi une séparation et qui ne se sont pas remariés trouveront dans les n° 242 et 245-246 des références pour persévérer avec l’aide la communauté chrétienne. Un test du renouveau de notre pastorale du mariage sera l’accompagnement des personnes séparées restées fidèles à leur engagement matrimonial.

La République au chevet des protestants

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