“De fausses prophéties ont aggravé la crise Le pasteur Dro Honoré de l’Eglise du Seigneur Jésus Christ dénonce l’implication de certains pasteurs dans la politique. Il l’a fait savoir, samedi dernier, au cours d’une conférence de presse tenue dans les locaux de cette église au Plateau Dokui. ‘’La restauration de la Côte d’Ivoire dans le processus de réconciliation ‘’, c’est autour de cette thématique que le conférencier a mené sa réflexion. L’homme de Dieu a condamné l’attitude de certains pasteurs qui, selon lui, se sont érigés en politiciens et non en hommes de Dieu. Il a expliqué que ces guides religieux se sont détournés du chemin de Jésus Christ. Pour lui, faire la politique n’est pas la mission d’un pasteur. Le rôle de l’Eglise, a t-il affirmé, est de prêcher l’Evangile, afin que des vies soient sauvées et non se mêler de la politique. Il a ajouté que le guide religieux, qui fait la politique, n’est pas assez lucide pour dire la vérité. L’homme de Dieu a également dénoncé les fausses prophéties. Il a pointé un doigt accusateur sur le pasteur préféré des refondateurs. « Koné Malachie a aggravé la crise postélectorale avec ses fausses prophéties. Si Dieu a parlé la chose s’accomplira car Dieu ne ment pas », a soutenu le pasteur Dro. Poursuivant, il a souligné la nécessité de restaurer l’Eglise. D’où son invite aux chrétiens à retourner à la doctrine apostolique.
Le Conseil synodal invite son parlement à continuer de consacrer les aspirants au ministère diaconal, et présente même ses excuses. La proposition en 2013 de renoncer à cet acte liturgique, le réservant aux seuls pasteurs, avait suscité tristesse et révolte
Publicité
Publicité
Les diacres ne tomberont pas dans les marges de l’Eglise évangélique réformée vaudoise. Le Conseil synodal (exécutif) s’est ravisé sur la consécration des alter ego des pasteurs. En 2013, les autorités protestantes avaient en effet envisagé de renoncer à cet acte liturgique ou, du moins, d’en remodeler le profil. Face à une très vive réaction, mêlant tristesse et révolte, le gouvernement de l’Eglise réformée propose désormais au Synode de continuer à consacrer les diacres. Dans la foulée, le conseil invite le législatif à élargir l’accès à la fonction diaconale, autre point qui avait suscité la controverse, en valorisant non seulement les titres d’étude mais également l’expérience.
Le Conseil synodal a donc choisi la voie «de l’apaisement». Il présente même ses excuses à tous ceux qui se sont sentis blessés.
Parfois «imprévisible», selon un ancien membre, cette instance, le Synode, qui se réunit cette fin de semaine à Lausanne, devrait emboîter le pas à l’exécutif et mettre un terme à la crise qui secoue les paroisses et les cures du canton.
Le retour à la consécration ravit les diacres, qui avaient craint d’être «rabaissés au rôle d’employés». C’est par ce rituel que l’Eglise protestante reconnaît la vocation de ces derniers comme celle des pasteurs.
Défaut d’information
En peu de temps, c’est la deuxième fois que le Conseil synodal et le Synode sont confrontés à la fronde de la base, les obligeant à reprendre leur dessein d’origine. La volonté d’introduire un rite destiné aux couples homosexuels avait passablement heurté. Une première résolution du Synode avait provoqué le refus bruyant d’une frange attachée à une lecture conservatrice des textes. Décidé à aller de l’avant sans exacerber les divisions, l’exécutif a corrigé le dispositif. La nouvelle mouture, adoptée, préserve le libre arbitre des objecteurs de conscience. Les opposants restent opposés; néanmoins, la contestation a fini par perdre de vigueur.
Quant à la consécration des diacres, le Conseil synodal a écouté les critiques, il est revenu en arrière, mais il a voulu justifier sa position sur le plan théologique, explique Line Dépraz, l’une de ses membres. Ce qui lui a permis de clarifier les rôles différents et complémentaires des ministres: le pasteur porteur de la parole et de l’interprétation de la bible; le diacre chargé d’œuvrer au milieu des gens.
Le Conseil synodal invite son parlement à continuer de consacrer les aspirants au ministère diaconal, et présente même ses excuses. La proposition en 2013 de renoncer à cet acte liturgique le réservant aux seuls pasteurs avait suscité tristesse et révolte
Publicité
Publicité
Les diacres ne tomberont pas dans les marges de l’Eglise évangélique réformée vaudoise. Le Conseil synodal, exécutif, s’est ravisé sur la consécration des alter ego des pasteurs. En 2013, les autorités protestantes avaient en effet envisagé de renoncer à cet acte liturgique ou, du moins, d’en remodeler le profil. Face à une très vive réaction, mêlant tristesse et révolte, le gouvernement de l’église réformée propose désormais au Synode, parlement, qui se réunit cette fin de semaine à Lausanne, de continuer de consacrer les diacres, pour leur plus grand bonheur.
Le Conseil synodal a donc choisi la voie «de l’apaisement». Il présente même ses excuses à tous ceux qui se sont sentis blessés. Quoique parfois «imprévisible», selon un ancien membre du Synode, cette instance devrait lui emboîter le pas et mettre un terme à la crise qui a secoue les paroisses et les cures du canton. Les diacres, mais aussi des pasteurs, avaient exprimé leur peine et leur réprobation à l’égard d’une décision qui «rabaissait» des femmes et des hommes au service de Dieu sur le terrain, au milieu des gens.
En peu de temps, c’est la deuxième fois que le Conseil synodal et le Synode sont confrontés à la fronde de la base les obligeant à reprendre leur dessein d’origine. La volonté d’introduire un rite destiné aux couples homosexuels avait passablement heurté. Une première résolution du Synode avait provoqué le refus bruyant d’une frange attachée à une lecture conservatrice des textes. Sans le ranger au fond d’un tiroir, l’exécutif a corrigé le dispositif d’origine. La nouvelle mouture , adoptée, préserve ainsi la liberté des objecteurs de conscience. Les opposants restent opposés mais la contestation a fini par perdre de vigueur.
Quant à la consécration des diacres, le Conseil synodal est revenu certes en arrière, mais il a voulu justifier sa position sur le plan théologique , explique Line Dépraz, Ce qui a permis de clarifier les rôles différents et complémentaires des ministres. Ces tensions, explique la pasteure membre de l’exécutif, tiennent en grande partie à un «déficit d’information». En revanche, elle exclue qu’un fossé sépare les autorités ecclésiastiques des fidèles. «Il y a une minorité en désaccord qui se fait entendre, mais il y a en même temps une majorité silencieuse qui approuve les changements.»
Maria Luisa Piraquive. (Photo : Wikimedia Commons)Postée le mois dernier, une vidéo a déclenché la fureur des internautes colombiens. Sur ces images, on peut voir la directrice d’une église évangélique, dont la famille fait partie intégrante du paysage politique colombien, expliquer doctement pourquoi selon elle, les personnes amputées ne peuvent devenir pasteurs. « Si on voit quelqu’un prêcher avec un bras en moins, ça ne risque pas de plaire beaucoup, explique Maria Luisa Piraquive, fondatrice de l’Eglise ministérielle de Dieu de Jésus-Christ international, à un public composé précisément d’handicapés. Par acquit de conscience, certains diraient pour des raisons esthétiques, nous ne les laissons pas monter en chaire ».
Après s’être plaint que des demandes en ce sens existent dans de nombreux pays, elle explique encore qu’elle ne se fait pas de soucis à ce sujet, parce qu’en Colombie « nous n’aurons jamais ce genre de problèmes ». « C’est l’Esprit Saint qui demande à quelqu’un de venir prêcher, poursuit-elle. Et donc, l’invalide sait très bien qu’il ne peut pas monter en chaire. Il n’ira pas nous en faire la demande parce qu’il sait que ce serait ridicule et il pourrait le faire. Mais, en fin de compte, quoi ? Dieu le punit et lui prend la main ».
Malheureusement, il se trouve que Maria Luisa Piraquive, qui a fondé sa propre église évangélique en 1971 avec son mari, appartient à l’une des familles plus puissantes du pays. Les Piraquive ont participé en l’an 2000 à la création du parti centriste MIRA, le Mouvement indépendant pour la refonte globale, la huitième force politique du pays. Le parti ne compte que trois membres au Sénat colombien, dont la propre fille de Maria Luisa, Alexandra Moreno Piraquive. Or, le MIRA est à l’origine d’une loi anti-discrimination, adoptée en 2011, sur proposition de son chef, Carlos Alberto Baena, qui a lui-même épousé l’une des nièces de Maria Luisa.
Religion et politique : liaisons dangereuses
Ce n’est pas la première fois que la famille Piraquive se retrouve empêtrée dans ses contradictions. Un scandale avait éclaté en 2006 quand Ivan Moreno, le frère d’Alexandra, avait affirmé avoir été écarté de l’Eglise fondée par les siens en raison de ses préférences sexuelles. Cependant, après avoir donné une interview au journal Semana dans lequel il réaffirmait que son homosexualité était cause de son éviction, il était réintégré dans l’Eglise par sa famille – dont il est encore membre aujourd’hui.
Dans cette même interview, Ivan Moreno estimait par ailleurs qu’il n’y avait aucune différence entre l’Eglise ministérielle de Dieu de Jésus-Christ international et le parti MIRA. Le second sert seulement de plateforme politique au premier. L’Eglise, qui compterait 850 lieux de culte dans 45 pays selon son site web, a été à plusieurs reprises sous le feu des critiques en raison des mouvements d’argent entre l’un et l’autre. En 2005, le magazine Cambio, disparu depuis, détaillait ainsi les sommes astronomiques que récupérait l’Eglise lorsque ses pasteurs faisaient la quête à la fin de la messe. « Une fois, en un mois, rien qu’à Bogotá, un milliard de pesos [357.000 euros] ont ainsi été récupérés », explique Oscar Jair Bedoya, un autre neveu de Maria Luisa.
A présent, l’Eglise évangélique se retrouve de nouveau sous les feux de la rampe à cause des propos de sa co-fondatrice, Maria Luisa Piraquive, qui fait pratiquement l’objet d’un culte de la personnalité de la part des fidèles. Un signe : la vidéo sur laquelle on la voit exclure les handicapés de la prêtrise pour des raison esthétiques a depuis été supprimée – sur demande de l’Eglise ministérielle de Dieu de Jésus-Christ international.
D’Abidjan à Kinshasa, leurs Églises se comptent par dizaines de milliers. Promettant aux foules ce que les hommes d’État ne peuvent offrir, les pasteurs seraient-ils les nouveaux leaders du continent ?
La Jesus Connection a de beaux jours devant elle. Si l’on en croit les statistiques (approximatives) des spécialistes des religions, la communauté des chrétiens évangéliques et pentecôtistes au sud du Sahara talonne désormais celle des catholiques, après avoir largement vampirisé les effectifs du protestantisme, dont elle est issue. Avec une armée de fidèles estimée entre 120 et 150 millions d’âmes, cette mouvance acéphale conjuguant technologie numérique et exubérance émotionnelle, christianisme originel et Évangile de la prospérité est, avec l’islam, la forme religieuse la plus expansive en Afrique.
D’Abidjan à Kinshasa, de Nairobi à Accra, de Libreville à Johannesburg, ce christianisme conquérant, missionnaire et mondialisé, qui ne connaît d’autre hiérarchie que celle de ses pasteurs et se décline sous des milliers d’appellations différentes (5 000 pour le seul Bénin !), prospère sur les terreaux fertiles de la crise des valeurs, du discrédit de la politique et de la quête du spirituel. Essentiellement urbaines, ces Églises qui prônent une religion à la fois physique et binaire (le bien contre le mal), reposant sur la révélation et l’engagement personnel, recrutent un public jeune, majoritairement féminin, appartenant à des catégories éduquées (étudiants, enseignants, cadres, fonctionnaires) et ayant une forte ambition de mobilité sociale, voire d’enrichissement individuel.
La popularité, proche du star-system, que rencontrent les pasteurs les plus connus (et cela quelle que soit leur formation religieuse, souvent sommaire) fait d’eux des clients courtisés et des conseillers écoutés des dirigeants et des chefs d’État. D’autant que les évangéliques, qui fonctionnent en réseaux et souvent en lobbies, sont présents dans les secteurs clés de l’administration et diffusent leur message transnational auprès des diasporas émigrées. Grands voyageurs, les pasteurs ont souvent un pied dans les banlieues des grandes capitales européennes, où leurs Églises prospèrent, et un autre dans leur pays d’origine, ce qui en fait des agents d’influence particulièrement efficaces.
De cette relation entre l’au-delà et la politique survient le meilleur comme le pire. Beaucoup de pasteurs évangéliques sont des hommes de bien, dont la parole redonne confiance, resserre le lien social et prône la vertu. Mais il en est d’autres pour qui la religion est une entreprise financière et dont le langage de combat flirte volontiers avec l’éthnonationalisme, la haine de l’étranger, voire l’incitation à la violence : de la Côte d’Ivoire à la RD Congo, les exemples récents de telles dérives sont nombreux. Le risque que représente ce type d’Églises pour les libertés est dans le fond identique à celui que véhicule toute formation religieuse exacerbée, de l’islamisme radical à l’hindouisme militant. L’investissement exigé de la part des fidèles est en effet total, intense, englobant tous les aspects de la vie en échange d’une part hypothétique de la puissance divine – notion dont l’écho est particulier en Afrique.
Sensible depuis la fin des années 1980, la déferlante évangélique est donc devenue l’objet de toutes les convoitises et de toutes les manipulations politiciennes. Au regard du caractère meurtrier qu’a souvent pris, dans le passé, l’interconnexion entre le religieux et la politique, il est permis de s’en inquiéter.
Suite à l’article paru dans nos colonnes le mercredi 05 février dernier, et portant sur des hommes de Dieu qui étaient dans l’entourage de Laurent Gbagbo, le Révérend Alain Leroux Gaman, lui aussi proche de l’ex-président s’est senti interpellé. Il réagit dans la déclaration suivante.
Monsieur, suite à votre publication du Mercredi 05 Février 2014 avec à la grande Une : CRISE POSTELECTORALE, Des révélations sur ces pasteurs qui ont perdu Gbagbo, je me suis senti interpellé en tant que pasteur, ex-Président des Croyants pour la réélection du Président GBAGBO, ex-responsable de secteur du CNEPECI, une des composantes du Haut Conseil dirigé en son temps par le Pasteur Paul AYOH et en tant que collaborateur du Magistrat ZAHIRI ZIKI SEBASTIEN, ex-Conseiller du Président GBAGBO. Je voudrais au nom de tous ‘ces pasteurs’ vous apporter des éclairages et dissiper le trouble et les injures gratuites que des journalistes distillent à l’endroit de la masse et qui sont malheureusement récupérés par des gens qui n’attendent que ce coup de pousse pour justifier leurs forfaits. Des journalistes étrangers ignorants peuvent le faire, mais, rapporter leurs propos et y ajouter des balivernes, nécessite des clarifications surtout à l’heure de la réconciliation. L’histoire de la radio ‘milles collines’ au Rwanda est malheureusement encore bien fraîche dans nos mémoires.
D’entrée, Assane NIADA, l’auteur de l’article et ceux qui pensent comme lui doivent savoir qu’avant d’accuser le Président GBAGBO et les Pasteurs de tous les péchés d’Israël, il faut souligner que le fait que les hommes de Dieu soient dans le sillage des politiques n’est pas extraordinaire. Depuis la nuit des temps et sur toute la planète c’est un fait banal. Les livres saints le recommandent et c’est une nécessité protocolaire. Notre regretté père de la Nation avait des chapelles et sa foi l’a poussé à construire la plus grande basilique qui fait la fierté de notre pays.
Quand notre Président actuel était à l’hôtel du Golf, il y recevait aussi des hommes religieux chrétiens et musulmans et je ne pense pas que ces derniers ne continuent pas de lui rendre visite et de lui donner des conseils. Tout chef d’Etat digne de ce nom à un ou plusieurs conseillers spirituels. Si aujourd’hui notre Président m’en donne l’occasion, je lui rendrai aussi visite. Souffrez de savoir que cela fait parti de la mission de Pasteur. Oui vous voulez donner plusieurs pères à ce que vous appelez avec ironie ‘la perte de GBAGBO’. Vous applaudissez les accords de Ouaga, en connaissez-vous les pères de l’hombre? L’amnistie des ex-rebelles en connaissez vous les pères? Connaissez-vous les nuits blanches que nous avons passées à prier et à concilier les différentes parties? GBAGBO n’est pas perdu, et personne n’a poussé GBAGBO à la perte. Il vit la vie que lui a tracée Dieu ; et tant qu’il vit et que vous vivrez aussi, vous aurez des surprises.
En reprenant l’expression de Jeune Afrique qui n’est plus ” intelligent ” : ” ils l’ont travaillé au corps à corps ”, c’est ne pas connaître le Woody de Mama, le seul homme à s’opposer vertement au vénéré père de la nation. Ce n’est pas un homme à se laisser dicter quoi que ce soit, c’est un homme d’Etat qui prenait ses décisions avec responsabilité et conviction. Il pouvait se passer de conseils et réussir. Le Président GBAGBO ne s’est jamais appuyé sur des prophéties pour gouverner la Côte d’Ivoire, pour accomplir autant d’exploits dans les conditions que vous savez.
Pour finir, nous continuons de pleurer et de déplorer toutes les victimes et les dégâts d’un simple contentieux électoral qui pouvait être réglé autrement. Sachez que nous avons fait tout ce que nous devrions faire pour éviter le bain de sang, nous qui travaillons pour la nation, à la restauration des populations meurtries et vulnérables nuits et jours sans émarger au budget de l’Etat. Même si vous ne partagez pas notre vision, puisque vous interprétez mal nos actions et propos, de grâce ne soyez pas les griots de ceux qui veulent continuer de nous opposer, sapant ainsi les efforts du Gouvernement Duncan. Pasteur Paul AYOH, Mr ZAHIRI ZIKI, Dr DION Robert, Bishop BONI, Apôtre KORE … sont de grands hommes de Dieu qui ont toujours œuvré pour la paix et le bien-être des Ivoiriens. Ayez un peu de considération pour eux, ne les vilipendez pas. Je vous remercie.
Rev. Dr Alain Leroux Gaman
NB : Les titres et le chapeau sont de la Rédaction
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites
Des pasteurs alsaciens ont signé un manifeste pour réclamer un “débat ouvert” sur la bénédiction des couples homosexuels qui…
…doit être débattue prochainement au sein de l’Union régionale des Églises luthérienne et réformée (UEPAL). Ce texte qui compte quelque 150 signataires, parmi lesquels une trentaine de pasteurs et de nombreux fidèles, a été publié mardi sur le réseau social Facebook.
Il n’y a pas de business plus lucratif, à Kinshasa, que les “Églises de réveil”. Leurs guides vendent au prix fort leur bénédiction aux fidèles congolais… et leur influence aux hommes politiques.
“Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à… prêcher.” Entendu au dernier festival d’humour Toseka, en juin 2013 à Kinshasa, ce détournement du célèbre dicton de Confucius résume bien la situation des “Églises de réveil” en RDC. “Aujourd’hui, une Église rapporte plus qu’une boîte de nuit, assure Mwinyi Hamza Badjoko, anthropologue et opposant politique. Les fidèles sont prêts à se priver pour donner de l’argent à leur “berger”. Ils considèrent ce sacrifice comme un acte de foi et espèrent en retour contracter un mariage, trouver un emploi, voire obtenir un visa pour l’Europe.”
Dans les faits, ce sont bien sûr les pasteurs qui s’enrichissent, au point de s’acheter villas et belles voitures. Un exemple ? Pascal Mukuna, très populaire à Kinshasa, ne roule qu’en Lincoln Navigator, tantôt en version blanche, tantôt en version noire… Le prix d’un tel véhicule : pas moins de 55 000 euros. Une telle “vitrine” explique pourquoi les Églises de réveil poussent comme des champignons dans la capitale congolaise – on en compte jusqu’à deux ou trois par rue. “Impossible de connaître leur nombre exact : certaines sont enregistrées auprès de l’hôtel de ville en tant qu’association à but non lucratif, comme l’impose la loi, mais d’autres restent dans l’informel”, admet un fonctionnaire municipal à Kinshasa.
Créer une Église est devenu une sorte de “débouché sur le marché du travail”
“Le phénomène s’est développé au début des années 1970 avec le mouvement du Renouveau charismatique apparu au sein des Églises traditionnelles, décrypte l’abbé Gilbert Shimba, docteur en théologie et professeur de sociologie des religions. Les adeptes de ce courant, gagnés par les enseignements pentecôtistes, se sont détachés du catholicisme pour lancer des Églises dites de réveil. Le pasteur y occupe une place prépondérante dans la vie du fidèle : c’est lui qui sauve, et non plus les sacrements.” Cette tendance a pris de l’ampleur autour des années 1990, après l’échec des politiques d’ajustement structurel imposées par les institutions de Bretton Woods. La grogne sociale est à son comble, le peuple a perdu toute confiance en l’État et se tourne vers la religion. De nouvelles Églises se développent, issues à la fois de mouvements évangéliques, pentecôtistes, charismatiques et prophétiques.
Dans un pays à fort taux de chômage, créer une Église est vite devenu une sorte de “débouché sur le marché du travail pour certains jeunes diplômés en quête d’emploi”, observe Mélanie Soiron-Fallut, anthropologue spécialiste des mouvements religieux en Afrique centrale : “Le statut de pasteur confère une position importante dans la société, dans la mesure où la vie sociale de beaucoup d’adeptes tourne autour de l’église, devenue le nouveau lieu de sociabilité. On n’y va plus seulement le dimanche, mais trois ou quatre fois par semaine. Le leader religieux est désormais considéré comme le relais social qui remplace la famille et, surtout, les structures étatiques défaillantes.”
Pour conserver cette emprise, les pasteurs multiplient les initiatives : campagnes d’évangélisation, journées de guérison, veillées de prière… La conquête des esprits prend des allures de compétition entre prédicateurs, qui n’hésitent plus à lancer des chaînes de radio ou de télévision pour se faire connaître et grossir les rangs de leurs fidèles. Plus ceux-ci seront nombreux, plus les “bénédictions”, qui s’achètent à prix d’or lors de grands rassemblements de prière dans les stades, seront rentables. Huile miraculeuse, bouteilles de vin porte-bonheur, bibles bénies, stylos de réussite… Ces prédicateurs promettent tout et n’importe quoi pourvu qu’ils y trouvent leur compte, à savoir bijoux et liasses de billets.
Les politiques courtisent les leaders religieux
Leur influence sans cesse grandissante dans la société n’échappe pas au radar des politiques. “Les pasteurs sont écoutés par leurs ouailles, drainent des foules, remplissent des stades : mieux vaut les avoir avec vous plutôt que contre vous”, reconnaît un élu de Kinshasa. Ainsi, en fonction de leur ascendant, les leaders religieux sont plus ou moins courtisés par la classe politique. Il existe désormais les pasteurs proches du pouvoir et ceux de l’opposition.
Pour peser davantage, ils se regroupent dans des plateformes : la structure la plus ancienne, Églises de réveil du Congo, se dit “le partenaire social incontournable du gouvernement” ; l’Alliance mondiale des Églises chrétiennes est présidée par Pascal Mukuna, réputé proche de Marie-Olive Lembe di Sita, l’épouse du chef de l’État ; et le Haut Conseil des Églises de réveil charismatiques et autres compte parmi ses anciens responsables Jean-Marie Runiga, président du Mouvement du 23-Mars en avril 2012. “Pendant les campagnes électorales, ces pasteurs drainent les foules pour les candidats moyennant quelques billets de banque”, lâche Freddy Kita, secrétaire général du parti Démocratie chrétienne… et responsable à Kinshasa de la Mission évangélique pour le salut du monde, une Église qui refuse jusqu’ici de rejoindre l’une ou l’autre association.
Une jeep de 25 000 euros contre la promesse de figurer dans le gouvernement
Car le mélange des genres comporte des risques. Depuis avril 2013, le “prophète des nations” Denis Lessie est ainsi poursuivi pour “rançonnement de hautes autorités”. Leader de l’Église Arche de Noé, il aurait arnaqué Jean-Baptiste Ntahwa, ancien ministre du Budget. Se faisant passer pour le conseiller spirituel de Joseph Kabila, d’abord accompagné d’un lieutenant de l’armée présenté comme le chauffeur personnel du chef de l’État puis d’un étudiant campant le rôle du petit frère du président, il aurait obtenu de sa victime une Jeep d’une valeur de 25 000 euros en échange de la promesse de figurer dans le prochain gouvernement. Pour sa défense, le pasteur soutient qu’il s’agissait d’une donation. Il a même produit l’acte de cession devant les juges. La voiture lui a effectivement été cédée, mais, selon la partie adverse, elle devait être mise en vente par la suite pour en acheter une neuve au chef de l’État.
Si l’affaire éclabousse les Églises de réveil, elle ne suffit pas à estomper l’influence des pasteurs sur les Kinois. Les “hommes de Dieu” peuvent dormir sur leurs deux oreilles, car “les Églises servent aujourd’hui à absorber les frustrations d’une population qui a besoin de trouver la solution à ses problèmes”, soutient l’anthropologue Mwinyi Hamza Badjoko. L’espoir placé en leur mentor, c’est tout ce qui leur reste.
Ils ont hypnotisé l’ex chef de l’etat Sous l’influence de prédicateurs comme Moïse Koré, l’ancien président Laurent Gbagbo avait fini par croire que Dieu était de son côté.
Raté…
Il a converti Laurent et Simone Gbagbo à l’évangélisme et prédit le destin présidentiel de celui qui n’était alors que « l’opposant historique ». Puis Moïse Loussouko Koré, alias Moïse Koré, a convaincu l’ex-chef de l’État ivoirien de sa destinée messianique : il devait rester au pouvoir pour parachever l’œuvre de libération de son pays contre la « domination » française. Fondateur de l’Église Shekinah Glory Ministries en 1998, Moïse Koré a même fait dresser une chapelle dans le palais présidentiel, juste après la défaite à l’élection de novembre 2010. Le pasteur, qui fut dans une autre vie une gloire du basket-ball ivoirien, y dirigeait lui-même les quatre prières quotidiennes (6 h 30, 12 heures, 18 h 30 et minuit), avec Laurent Gbagbo au premier rang des fidèles. Il n’hésitait pas, alors, à en appeler au Seigneur afin qu’Il « garde le chef de l’État et sa femme ». Convaincu tout comme son auditoire qu’il était dans le vrai, le gourou souhaitait que « Dieu donne de longs jours au chef de l’État et à la première dame, afin qu’ils conduisent le pays non dans la voie des hommes mais dans la voie du Seigneur ». D’autres « hommes de Dieu » se sont joints à la partie pour persuader Gbagbo que les résultats donnés par la Commission électorale indépendante et certifiés par l’ONU ne suffisaient pas pour qu’il quitte le pouvoir, sa mission n’étant pas achevée. Parmi ces « prophètes », Sébastien Zahiri Ziki, bombardé conseiller spirituel à la présidence de la République, et Robert Yayé Dion, l’un des dirigeants de l’Église protestante baptiste Œuvres et Mission internationales. Avec le pasteur Benjamin Boni, de l’Église méthodiste unie de Côte d’Ivoire, ils ont travaillé Gbagbo au corps : selon eux, Dieu l’avait établi « sur le trône » pour longtemps et il finirait par convaincre « les suppôts de Satan ». Mais lorsque, le 11 avril 2011, l’ancien chef de l’État est capturé après l’assaut contre sa résidence, il ne s’est trouvé aucun de ces « prophètes » pour expliquer cette issue qu’ils n’avaient pas vu venir.
Enquête exclusive de Jeune Afrique NB : Le titre et le surtitre sont de la rédaction Le Démocrate
« Article précèdent
Côte d’Ivoire – Le commandant du GSPR menace (escroquerie avec les laissez-passer)
Article suivant»
Côte d’Ivoire – Michel Gbagbo convoqué à Paris (plainte contre Soro et les comzones)
Le président de “Caravane des aigles” a fait d’importantes révélations sur sa vie. Ph C.D.MEL
Président du ministère “Caravane des aigles”, le Bishop César Kassié nous a accordé une interview, à la suite du don qu’il a fait au gouvernement ivoirien. Dans cet entretien, il parle de la place et du rôle de l’Église dans la construction de la nation, de sa vie ”opulente”, des conflits inter-religieux et de sa vision pour l’église évangélique.
Linfodrome: Quel est le sens de ce don ?
Bishop Kassié: Ce don a été fait de mes mains, mais j’étais le représentant de mon père spirituel, le représentant au niveau de la francophonie mondiale, l’archibishop Nicolas William Duncan. Il était dernièrement à Abidjan, et a bien voulu réitérer un don à l’endroit du ministère de la Solidarité, de la Famille de la Femme et de l’Enfant. C’était son deuxième don du genre. La première fois, c’était quatre millions et la seconde fois cinq millions. Je pense que tout cela part de cet esprit que nous partageons, qu’il nous a inculqué lui-même, qui est que l’église doit participer au développement d’une nation.
Linfodrome: Pourquoi avoir choisi de donner au gouvernement et non aux ONGs et associations qui pourraient mieux l’utiliser?
B.K: C’est vrai ! Vous le dites si bien. Aujourd’hui, il y a une multitude d’ONGs. Nous-mêmes, au sein de la Caravane des aigles, nous avons une Ong qui est dirigée par mon épouse, la révérende Christine Kassié qui, depuis lors, a fait beaucoup de dons. Mais vous savez, le programme pour lequel l’archibishop William Duncan est arrivé en Côte d’Ivoire est national, avec pour thème « Côte d’Ivoire, ton unité déterminera ta prospérité ». C’est dans la suite de cet évènement que ces dons sont venus. C’est dire que nous avons choisi d’aller vers le ministère et quand on parle de ministère, on parle d’État donc de la nation. Je crois que l’État qui gère les affaires de la nation sait mieux qui a besoin de ce don en ce moment. C’est cet État qui, à travers le ministère de la Solidarité, connaît les vrais problèmes des populations qui sont dans le manque. Je veux parler des orphelinats, des veuves, des orphelins. Et la bible nous demande de prendre soin des ces personnes.
C’est un principe religieux et nous voulons le respecter. Nous avons vu que le ministère de la Solidarité regorge en lui tous ces principes-là. Nous l’avons choisi parce qu’il est le visage humanitaire de l’État. Et nous pensons qu’en le faisant, nous aidons notre État. Nous ne blâmons aucune ONG parce que nous-mêmes en avons une. Nous aurions pu faire ce don à travers elle, si nous voulions avoir le nom en poupe. Mais loin de là, nous voulons vraiment apporter du bonheur dans le cœur d’un enfant, apporter du réconfort dans le cœur d’une veuve. Et dire à quelqu’un qui est démuni, qu’il y a de l’espoir pour lui.
Linfodrome:Les organismes internationaux agissent à travers les ONGs, parce qu’ils estiment que les gouvernements ne sont pas crédibles, et vous, vous faites le contraire !
B.K: Le contraire, je dirai non, parce que depuis plusieurs années, comme je l’ai dit, nous avons une ONG, ”Secret d’Eden”, qui a à son actif plus de mille femmes sponsorisées pour des petites et moyennes entreprises. Il y a des enfants démunis qui sont scolarisés gratuitement, des kits scolaires qui sont distribués à tout moment, et cela, chaque année. L’ONG Secret d’Eden est reconnue déjà pour cela. Mais je dis que, lorsqu’une Église qui a été souvent marginalisée, souvent mal comprise, doit effectivement jouer un rôle dans la nation, elle doit montrer sa bonne foi. Nous sortons de crise où l’Église a été accusée à tort, pas par les dirigeants, mais nous avons tous entendu que l’église était à la base de beaucoup de choses.
Nous voulons dire que dans toutes organisations, il y a des bons et il y a des mauvais. Même chez les dirigeants, il y en a de bon et de mauvais. Donc dans l’Église, il y a des gangrènes. Mais je crois que l’Église est une force pour relever un pays. Quand vous prenez les autres États, le Nigeria qui en Afrique avec nous, l’Église est une force. Par sa force de démographique, elle participe au développement de la nation par la création de banques, d’hôpitaux. Cela arrange aussi l’État. Car ouvrir un hôpital de plus, c’est permettre à plus de personnes de se faire soigner. Voici notre rêve quand nous parlons d’Église, d’hommes religieux. L’Église peut apporter un plus qui n’est pas forcement spirituel, parce que Christ lui même a prêché la parole, a guéri les malades. Mais il a aussi multiplié le pain qu’il a donné aux affamés. Tant que l’Église n’arrive pas à ce niveau de l’évangile, ce sera difficile pour nous d’avoir des fidèles.
Linfodrome: Vous appeliez les gouvernants à ne pas regarder l’Église comme une ennemie. Avez-vous le sentiment que c’est ainsi que les différents gouvernants ivoiriens voient l’Église ?
B.K: Non, l’Église a été une alliée depuis notre cher père, le président Félix Houphouët-Boigny. Quand, je parle d’Église, je ne parle pas d’église évangélique, catholique, protestante, parce que ce ne sont que des prénoms. Car notre nom de famille, c’est Christ. C’est comme dans les familles biologiques où les membres ont des prénoms différents mais portent tous le même nom. Quand nous parlons d’Église, nous parlons d’Église forte qui n’a pas de problèmes en elle. Regardons l’église catholique. Je suis évangélique mais il faut savoir montrer du doigt les bonnes actions. L’église catholique réunit ces deux enseignements. Elle prêche la parole, mais à côté, vous voyez la Caritas, les hôpitaux.
Même les communautés catholiques construisent des écoles. C’est aussi cela l’évangile. Si nous voulons que l’Église ait un droit de parole dans la vie de la nation, il faut qu’elle participe. Lorsque je parle d’ennemie, ce n’est pas dans le sens premier du mot. Nous sommes sortis de crise post-électorale, chacun de nous a entendu ce qui a été dit. Pourquoi il y a des prophéties par-là, des prophéties par-ci, qui ont été mal interprétées. Mais l’heure n’est plus au passé, il faut chercher à rebâtir. Comment l’Église va rebâtir sa popularité, sa crédibilité, je pense que c’est par des actions concrètes.
Linfodrome:De plus en plus, on voit des noms fantaisistes d’église et de ministères, comme le vôtre, ministère des aigles. À quoi obéissent ces dénominations qui font perdre la tête ?
B.K: J’aurai pu demander pourquoi tout le monde ne s’appelle pas César comme moi. Chacun prend le nom qu’il peut donner à une église en fonction de la révélation qu’il reçoit de Dieu. Mais, je suis d’accord avec vous qu’il y a des noms fantaisistes dans le sens qu’ils ne sont pas bibliques. La caravane des aigles est tirée de la parole de Dieu. Une caravane parce que nous sillonnons les villes ; l’aigle parce que c’est une face de Dieu. Dieu veut que nous renouvelions nos forces comme l’aigle. Il est le symbole du rajeunissement. Nous avons choisi aussi pour l’église, ”la mission de l’armée des vainqueurs” parce qu’il y a une prophétie qui dit que nous sommes plus que vainqueurs.
Linfodrome: Quel est votre sentiment au sujet de la guerre inter-religieux en Centrafrique ?
B.K: Je ne parle pas beaucoup politique parce que mon rôle est d’annoncer la parole de Dieu. Mais je dirai qu’il ne faut pas confondre la religion et le fanatisme. Lorsque nous arrivons au fanatisme, nous arrivons à l’extrême et cet extrême peut causer des situations difficiles comme en Centrafrique. Aujourd’hui, en quoi un musulman gagnerait-il à tuer un chrétien, en quoi un chrétien gagnerait-il à tuer un musulman. Quel est le verset biblique ou la sourate coranique qui nous amène à faire ces choses ? Je dis non ! Je pense que tout cela est dû au fait que les hommes de Dieu, les religieux, souvent, ne jouent pas leur partition. Et aussi, parce que les églises et les mosquées se laissent parfois manipuler par les politiques. Dans ces conditions, on a ce résultat-là. Pour ma part, je crois qu’un musulman qui a bien lu et étudié le coran ne peut jamais lever un couteau, une arme contre un homme, à plus forte raison un chrétien qui croit aussi en Dieu. Pareil pour le chrétien. Cela nous interpelle, surtout dans notre pays, à cultiver l’amour et la véritable unité. Acceptons-nous selon nos différences.
Linfodrome: Effectivement, la Côte d’Ivoire n’est pas passée loin d’un affrontement inter-religieux. Aujourd’hui, que doivent faire les religieux pour que jamais un tel drame ne se produise ?
B.K: Que les religieux restent religieux ! Que les religieux restent religieux ! Qu’on puisse évoluer dans nos canevas. Je crois que cela va aider les gens à croire en nos paroles. Je dis que lorsque la politique se mélange à l’église, cela devient autre chose. Je crois que l’Église est l’endroit où doit partir le politique pour être recadré. Mais si l’Église doit être partie prenante et se transformer souvent en parti politique, c’est difficile. Je crois que Dieu a agi pour la Côte d’Ivoire, sinon les Ivoiriens étaient en train de prévoir le drame. On l’a évité de quelques secondes. Dieu a calmé les cœurs. Aujourd’hui, si nous voulons évité cela, il faut prêcher l’amour et l’unité.
Linfodrome: Vous voulez apporter votre pierre à la construction de la nation, quelles solutions préconisez-vous pour la réconciliation des Ivoiriens.
B.K: Tout le monde sur cette terre, je crois, a peur d’un être suprême et cet être suprême, c’est Dieu. Qu’on donne une place aux religieux, ce sont eux qui ont l’onction, cette force de Dieu de parler et de voir des cœurs inclinés. Donc, il faut qu’on leur laisse plus de place. Les religieux également doivent s’entendre. On peut ne pas prêcher la même chose, mais cela ne doit pas nous amener à nous combattre. On peut ne pas être d’accord avec la même idéologie, mais cela ne doit pas nous diviser. Il faudrait que la religion en Côte d’Ivoire soit unie. C’est vrai que beaucoup de choses nous mettent en différend d’idées par rapport à l’étique et l’évangile que nous prêchons chacun. N’empêche que vous ne verrez nulle part un livre saint qui encourage à être meurtrier, à prendre des armes et à tirer sur une autre personne. A partir de cet instant, nous avons quelque chose qui nous unit. Je veux donc dire que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous désunit. Recadrer l’amour dans le coeur des gens, ramener le pardon dans leurs cœurs, la religion peut le faire.
Linfodrome: Vous roulez carrosse, vivez dans l’opulence comme beaucoup d’hommes de Dieu, ce qu’on n’a pas connu le Christ faire. Une vie qui est décriée par plus d’un. Comment l’expliquez-vous ?
B.K: D’abord une chose qui m’intéresse, c’est le mot critique. Cela me plaît parce que Christ lui-même a été beaucoup critiqué par sa manière de faire. Pour dire que si on ne trouve pas un, on trouvera deux avec vous, si on ne trouve pas A, on trouvera que c’est B qui est le problème. Lorsque vous marchez avec Dieu, il faut pouvoir vivre selon que Dieu vous conduit et être en paix avec votre esprit et vous-même. Si on vous accuse des choses dans lesquelles vous ne vous reconnaissez pas, mais que votre cœur est à la disposition et au service de Dieu, tout ira. Je puis dire aujourd’hui pour ma part, que Dieu m’a fait traverser beaucoup de situations et m’a fait grâce de comprendre que l’église n’a pas besoin de tendre la main. Elle a une force qui est le nombre de ses fidèles.
On peut avec ce nombre, sans les escroquer, leur expliquer certaines choses et entreprendre. Je crois que lorsqu’un pasteur comprend ces choses, il peut permettre aussi à son église de comprendre la force de l’entrepreunariat. Dans la bible, en 2 Rois chapitre 4, on lit qu’il y a un prophète qui a servi Dieu, qui est mort et ses créanciers sont venus pour enlever ses enfants. Est-ce que cela est la volonté de Dieu ? Qu’un pasteur meurt dans les dettes, que ces enfants qu’il a aimés partent en esclavage ? Je dis non ! Donc, qu’est-ce qu’il faut faire. Le nom de certains pasteurs sont dans la boue parce qu’on les accuse d’escroquerie. Aujourd’hui, nous n’avons pas affaire à des pasteurs escrocs, mais plutôt des pasteurs qui ont décidé de prendre leur destinée en main, qui ont décidé de ne plus tendre la main pour financer leurs croisades d’évangélisation. Qui ont choisi de travailler pour apporter un plus. L’ONG que nous dirigeons n’a pas de sponsors au niveau international. Nous la finançons sur fonds propre. Mais d’ou sortent ces fonds ?
Linfodrome:Dites-le nous !
B.K: Ces fonds sortent d’une longue réflexion. Quant vous partez prier pour une personne, par exemple une personne qui n’a pas d’enfant mais qui est nantie, qui a un bon poste, et que par la puissance et l’onction que Dieu a vous a données de délivrer, Dieu opère le miracle à travers votre personne, il y a une reconnaissance. Ne nous le cachons pas. Cette personne peut vous donner ”un million”. Mais si vous le pasteur, vous prenez cet argent pour vous acheter des costumes, des chaussures et des cravates, c’est normal que vous soyez toujours dans le manque. Mais quand vous comprenez que le pasteur avant d’être un homme de Dieu est un homme, qu’il doit assurer son avenir, vous prenez ce million, vous ouvrez un compte, commencez à épargner, à tracer des projets, à faire fructifier cet argent pour ne pas rester demain à toujours tendre la main. Voici ce que nous avons compris. Moi particulièrement, j’ai traversé beaucoup de difficultés. Aujourd’hui, vous voyez un monsieur qui a de belles carrosses, qui est nanti. Mais, autrefois, c’était un monsieur qui dormait dans une maison d’une seule pièce, qui n’avait aucun fauteuil, qui n’avait ni l’eau courante, ni l’électricité, pendant 7 ans. Vous êtes en face de quelqu’un qui a été rejeté par sa famille à cause de l’évangile. Qui a passé plus de 4 ans au bord de la mer, qui se nourrissait de coco. Mais, tout cela est derrière moi aujourd’hui. Ces choses sont là pour m’emmener à réfléchir.
C’est pour cela que nous avons créé une ONG. Pas parce qu’on veut faire plaisir mais, nous avons créé l’Ong parce que nous savons ce qu’est la faim, nous savons ce que c’est de ne pas manger le soir. Nous savons ce que c’est de se lever le matin, regarder dans tous les sens, sans avoir de solutions. Nous savons que nous ne pouvons pas extraire la pauvreté du monde parce que, Jésus a dit : ”les pauvres seront toujours avec vous ”. Mais, nous voulons apporter notre pierre à l’édifice. En ce qui me concerne, je pense que le pasteur doit refléter ce qu’il prêche. Vous ne pouvez pas venir prêcher un Dieu qui peut vous emmener d’un point A à un point B pendant que vous êtes toujours au point A. Mais, il ne faudrait pas passer d’un point A à un point B en escroquant quelqu’un. Il faudrait que vous soyez un modèle, même pour les intellectuels de haut niveau de votre église. Aujourd’hui, je suis coach pour des chefs d’entreprises parce que, je suis moi-même chef d’entreprise. Quelqu’un dira, pourquoi il est pasteur et il fait des affaires ? Je pense qu’il faut qu’on redescende sur terre. Je dis souvent avec ironie, quand je prêche, qu’il y a trois esprits qui fatiguent le pasteur : l’esprit du loyer, l’esprit de la Sodeci et l’esprit de la Cie. Lorsque le pasteur est face à ces trois esprits, lui qui a l’habitude de délivrer les gens se trouve lui-même dans les problèmes. Pour servir Dieu, il faut avoir le cœur libéré. Parce que, nous prêchons un évangile qui peut ramener les cœurs surchargés à être libérés. Mais, si votre cœur n’est pas libéré, comment pouvez-vous prêcher Jésus qui libère ? Je ne demande pas à un pasteur d’aller se mettre dans n’importe quoi pour avoir à tout prix de l’argent. Je demande au pasteur qu’il sache qu’avant d’être un homme de Dieu, il est un homme. Donc, en tant que tel, il doit construire sa vie parce que, nous avons des enfants à qui nous devons laisser un héritage.
Vous savez qu’il est très difficile de dire à une église d’aller rencontrer un ministre. Quand vous écrivez une lettre à un ministre, dans la majorité des cas, on ne vous rend pas l’ascenseur. Parce que, dans l’esprit des décideurs, on reconnaît l’Église comme des gens qui tendent la main. Est-ce que cela glorifie le nom de Jésus ? Non ! Je prend un autre exemple, l’église catholique, lorsqu’elle veut une audience avec un décideur, on lui ouvre la porte. Parce que, l’église catholique n’est pas n’importe quelle église. Non seulement, elle prêche la parole de Dieu, mais en plus, elle a des biens. Elle a l’UCAO où elle forme des universitaires. Voici mon rêve. Il faut que l’église évangélique en Côte d’Ivoire ait une Université. On n’a pas de collège évangélique même en Côte d’Ivoire. Pourtant, vous avez le CSP qui est un collège protestant. Pourquoi pas nous ? Prêcher, c’est bon, guérir les malades, c’est bien. Mais, je pense que, l’Église peut aller plus loin. Et, c’est cela mon rêve.
Linfodrome:Qu’est ce que vous prévoyez faire ?
B.K: Déjà, nous sommes en train de construire notre cathédrale parce que, nous avons constaté que ce qui tue les églises évangéliques, c’est la location ? Vous ne pouvez pas emmener un homme qui a déjà fini ses études, obtenu ses diplômes en classe de CP2, dans une école primaire. C’est comme s’il n’avançait pas, mais qu’il est en train de régresser. En tant qu’un bon intellectuel, il ne viendra plus. Nous avons la parole, nous avons le fond. Il nous faut la forme pour être stable. Aujourd’hui, lorsque vous partez signer un contrat avec quelqu’un, c’est vrai que le projet vous intéresse mais, vos yeux regardent aux alentours pour voir la forme dans lequel il est. La confiance ne vient pas du cœur mais de l’apparence. C’est pour cette raison qu’un bon homme d’affaires se met à quatre épingles pour aller traiter des marchés. Parce qu’il se dit qu’il doit faire bonne impression. Au niveau de l’église évangélique, nous avons ce problème de bonne impression. Il faudrait qu’on ait des édifices religieux à la gloire de Dieu, stables. Nous sommes en train de bâtir une cathédrale, nous avons plus d’un hectare au niveau de la Riviera. Par la grâce de Dieu, nous allons à notre rythme mais avec une vision certaine. Celle de construire, en plus d’une cathédrale, une clinique avec des appareils de dernière génération pour faire du social à moindre coût.
Parce qu’aujourd’hui, des gens meurent à cause d’une radio de 5000 francs. Donc, nous verrons comment le faire à moindre coût. Je ne dis pas gratuitement parce que tout matériel doit être entretenu. Nous avons dans l’esprit de créer une banque évangélique. Nous avons dans l’esprit de créer une école qui ira de la maternelle jusqu’à la terminale parce que, le terrain que Dieu nous a donné nous permet de faire cela. Nous avons beaucoup de projets, un restaurant qui va s’appeler Eden, où les enfants des chrétiens viendront passer le temps. Nous avons l’idée d’un hyper-marché chrétien. C’est aussi cela impacter le pays. Eden peut être le lieu où, entre midi et deux, les chrétiens peuvent venir manger. Où il n’y aura pas forcément la boisson alcoolisée mais, une bonne atmosphère permettant au chrétien de s’épanouir. Parce qu’aujourd’hui, nous avons un problème dans nos églises. On voit des gens chrétiens le dimanche et païens en semaine. Pourquoi ? Parce qu’on ne crée pas l’environnement. Lorsque vous regardez Adam, le premier Homme qui a été créé, Dieu a d’abord créé son environnement. Parce que, lorsque que vous créez un Homme hors de son environnement, il devient un danger. Nous croyons qu’il est l’heure pour l’église de créer des environnements pour les enfants de Dieu. Qu’on puisse dire : ici c’est chrétien ! Et que quand vous y entrez, vous êtes à l’aise. Car les gens pensent que, accepter Jésus Christ dans sa vie, c’est arrêter de vivre. Je dis non ! Pourtant, vous voyez le contraire avec nous tous. On peut vivre tout ce que chacun vit, tout en gardant le cœur au service de Jésus.