Anne Thöni, pasteur au chevet des “cassés de la vie”

Troisième épisode de notre série La moitié du ciel est à elles.

Premier épisode :
“En Chine, la politique de l’enfant unique ravive des cultes à des divinités féminines”

Deuxième épisode  :
Le Coran a-t-il un sexe ?

*

Au fil des années, elle a acquis quelques «  petits trucs  ». Elle s’est notamment rendu compte que c’était souvent dans la première ou la dernière phrase prononcée par le malade avec qui elle échangeait que se trouvait la «  clé  ». Une clé permettant de comprendre pourquoi celui-ci avait souhaité la voir, ce qu’il attendait de leur entretien, ce qui le préoccupait. Anne Thöni le reconnaît  : sa charge de pasteur aumônier en milieu hospitalier est d’abord une affaire de «  décodage. Les patients ne vont souvent pas vous dire directement pourquoi ils vous ont appelée  ».
Cela fait désormais 13 ans que cette membre de l’Armée du Salut travaille aux côtés des patients de l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Être une femme aumônier n’est pas rare chez les protestants. “Nous avons même la parité en Ile-de-France, nous sommes bien dans l’air du temps“, relève-t-elle dans un sourire. Lorsqu’elle se rend dans l’établissement, sa mission est claire : apporter aux malades son écoute, entendre leurs questionnements et les « accompagner dans l’exploration d’eux-mêmes, afin qu’ils trouvent leurs propres réponses. » Les raisons pour lesquelles ces patients font appel à elle sont fort diverses. Les questions posées peuvent être d’ordre pratique mais aussi plus profondes. Comme cette protestante qui, sachant son décès proche, l’appela pour lui demander  : « Que va-t-il se passer après ? » «  Des entretiens peuvent également se dérouler dans le silence, indique Anne Thöni. Certains malades peuvent avoir besoin d’une présence, je suis alors là pour eux ».
De ces échanges, on ne sort bien évidemment jamais indemne. Elle se dit « enrichie » par toutes ces rencontres, mais également, bien sûr, «  touchée. Nous ne sommes pas les mêmes après ». C’est pour cela qu’un aumônier est lui-même suivi par un professionnel de la psychologie avec lequel il peut reprendre le fil des entretiens passés.

«  Une parabole de la Bible m’a empoigné le cœur  »

En s’engageant auprès des malades, Anne Thöni est en fait allée au bout de la démarche qu’elle a fait sienne depuis une quarantaine d’années comme ministre du culte. «  Ma vocation s’est affinée au fil des ans. Je suis profondément habitée par toutes les rencontres que le Christ a faites avec les ”cassés de la vie”, aveugles, étrangers, prostituées, souffrants… J’ai voulu vivre ça. Comme lui, j’ai souhaité me mettre à leur service ». Un altruisme qui est d’ailleurs très présent dès le début de son cheminement religieux  : c’est vers l’Armée du Salut qu’elle s’est dirigée voici plus de 40 ans, mouvement protestant tourné vers les détresses humaines.
Cet engagement fait suite à «  une expérience spirituelle au début de l’âge adulte ». Invité à un culte de cette même Armée du Salut par des connaissances, elle s’y rend par curiosité. D’origine catholique, elle s’était éloignée de l’Eglise à l’adolescence. La cérémonie protestante sera, pour elle, un choc. Elle va être « saisie par l’Evangile. Un texte m’a empoigné le cœur  : la parabole du fils prodigue, se souvient-elle. J’ai compris que Dieu accueillait sans reproche ni jugement. Je me suis alors demandé ce que j’allais faire de ma vie… J’ai décidé de servir Dieu en réponse à cet appel auquel je ne pouvais résister ».
Suivra alors, peu après, sa rencontre, au sein de l’Armée du Salut, avec son futur mari. A l’issue de leur formation théologique, viendra le temps de la consécration et de l’ordination pour les deux membres du couple. Nous sommes en 1976. Ils vont alors se lancer ensemble dans un riche parcours commun -une tradition à l’Armée du Salut. Lequel commence à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), où ils sont chargés de réinsuffler un dynamisme à une paroisse en sommeil. Une attention toute particulière sera portée aux «  enfants des rues  », souligne Anne Thöni. Après 5 ans, le cap est mis sur le pays de Montbéliard où d’importants travaux œcuméniques seront menés. Quelques années plus tard, de retour à Paris au siège de la congrégation, le couple s’occupera des publications de l’Armée du Salut (rédaction de journaux, édition d’ouvrages…).

Le dialogue avec les musulmans

Et c’est enfin en tant qu’aumôniers qu’ils abordent la dernière partie de leur cheminement. Son mari, rattaché à une prison, a pris sa retraite récemment. Anne Thöni, elle, a encore quelques années à accomplir à l’hôpital Avicenne. Une mission à laquelle elle en a adjoint d’autres. A 62 ans, elle est également responsable de la formation initiale et continue des pasteurs au sein de l’Armée du Salut, et remplit différentes charges au sein de la Fédération protestante de France sur les dossiers de l’aumônerie mais aussi des relations avec l’islam.
Cet intérêt pour le dialogue avec les musulmans n’est d’ailleurs probablement pas étranger à son entrée à l’hôpital Avicenne, ancien «  hôpital franco-musulman  » qui a pris en 1978 le nom d’un médecin et philosophe perse du XIe siècle. Elle reconnaît que son immersion dans ces lieux lui a permis d’évacuer rapidement «  des appréhensions et des a priori  » sur les musulmans. Mieux  : sa présence a été l’occasion de développer, aux côtés de représentants des cultes catholique, orthodoxe, juif et musulman, un grand nombre de rencontres interreligieuses.
Un dialogue constant avec les autres religions qu’Anne Thöni a toujours voulu doublé d’un travail « en alliance avec la laïcité ». « Cela témoigne de notre respect de l’autre et de l’importance que nous, protestants, accordons à la liberté de conscience », assure-t-elle. Elle s’attache au quotidien à exercer sa tâche en accord avec ces préceptes, en répondant notamment aux demandes de rencontres et d’échanges que peuvent lui faire des patients athées. Ou comme cette fois où elle a répondu positivement à une famille endeuillée qui lui demandait d’assurer la tenue d’un enterrement civil. Avec cette réflexion en tête  : « Si on annonce un Dieu qui accueille, alors on se doit d’accueillir nous-mêmes ces personnes dans leur demande ».

Ghana : Des prêtres traditionnels prêts à contrattaquer les pasteurs éveillés « Actu-Chretienne.Net

Des prêtres traditionnels dans la région Ashanti au Ghana ont mis en garde le 27 février 2014 des pasteurs des églises dites éveillées…

…qui fustigent et condamnent leur religion sur les radios et les télévisions. De plus, les prêtres critiquent les producteurs de films locaux qui dépeignent en noir le culte traditionnel car dans tous leurs scénarios «les adorateurs d’idoles ne sont jamais victorieux».

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A l’occasion du lancement de ses activités : L’église MEIVA donne les 7 devoirs du pasteur

: Le fondateur de la MEIVA, Rév. Louis Bozi, a annoncé une restauration de son église (Ph. G. DE G.)

Portée sur les fonts baptismaux en août 1998, la Mission évangélique internationale de la vie abondante (MEIVA) a connu des difficultés de fonctionnement à partir de 2004.

C’est dans le souci de relancer ses activités que cette mission internationale a initié un programme de deux (2) jours autour du thème : ”Dieu permet les difficultés pour élever son fils ou son peuple”, le samedi 22 et le dimanche 29 février à Marcory. Dans sa prédication du dimanche 23 février, le fondateur de cette église, Révérend Louis Signon Bozi, s’est appesanti sur les 7 devoirs du pasteur. A savoir faire paître le troupeau, fortifier les brebis faibles, guérir les malades, panser les plaies de celles qui sont blessées, ramener les brebis égarées, chercher celles qui sont perdues. Et enfin, rassembler le troupeau de Dieu.

«En 2004, les difficultés de la MEIVA ont commencé avec la démission de certains pasteurs pour créer leur ministère. Notre siège de Koumassi Promodo a été fermé par le fait des voisins qui se plaignaient de nuisance sonore, sans oublier la crise post-électorale de 2011 qui a dispersé nos fidèles. Mais, dans la vie des hommes comme celle des nations, il y a toujours une période de traversée du désert à surmonter pour que Dieu t’utilise puissamment », s’est convaincu le Révérend Louis Bozi, qui a annoncé l’acquisition d’un terrain de 4.500 M2 à Koumassi devant servir à bâtir le siège de la MEIVA. Les pasteurs venus de l’intérieur du pays ont, également, égrainé leurs difficultés. Il s’agit du manque de local pour exercer leur ministère, le manque de formation, sans oublier les moyens financier et matériel qui font cruellement défaut.

 

G. DE GNAMIEN

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La fatwa de Kampala

En chef d’État organisé, Yoweri Museveni a voulu que cela se fasse devant témoins. Lundi 24 février, le président ougandais a donc convoqué en sa résidence d’Entebbe ses ministres, les médias, une demi-douzaine de pasteurs… et une poignée de scientifiques dont les “travaux” présentent l’avantage de certifier que l’homosexualité n’a pas d’origine génétique – ce qui rend responsables, donc coupables, celles et ceux qui partagent cette orientation. De sa plus belle plume de chef d’État, il a alors paraphé la calamiteuse “loi antigay”, votée depuis des semaines par le Parlement de Kampala. Applaudissements, toast et effet immédiat : dès le lendemain, un tabloïd à grand tirage livrait à la vindicte populaire la liste des deux cents homosexuels “les plus connus d’Ouganda”. Bilan : une vague de lynchages. On ne peut qu’être sidéré devant la violence de cette loi régressive, qui condamne à la perpétuité les partenaires d’une relation homosexuelle, rend leur dénonciation obligatoire sous peine de sept années de prison et menace d’expulsion toute société étrangère qui emploierait des gays. La réaction des bailleurs de fonds occidentaux, ainsi que celle de la Banque mondiale, qui ont immédiatement annoncé la prochaine suspension de leur aide financière à l’Ouganda, sont-elles pour autant appropriées ? Rien n’est moins sûr.

Tout comme Robert Mugabe, Goodluck Jonathan et quelques autres présidents ouvertement homophobes, Museveni sait pertinemment ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Au pouvoir depuis vingt-huit ans, désireux de rempiler en 2016 mais contesté en interne, l’autocrate ougandais joue sur ce type de loi populiste pour distraire son opinion et sur l’indignation extérieure qu’elle suscite pour provoquer autour de sa personne un prurit d’identité nationale, laquelle serait menacée par les “antivaleurs” occidentales. Le chantage à l’aide, agité par le Premier ministre britannique David Cameron ? Peu lui importe : Museveni est l’un des porte-parole les plus virulents de ce nouveau front du refus africain, boosté par la croissance et l’arrivée de partenaires asiatiques plus compréhensifs, et qui estime pouvoir se passer de ce que l’économiste zambienne Dambisa Moyo appelle “l’aide fatale”. Il sait également que si les Anglo-Saxons ne cachent pas la répulsion que leur inspire la loi antigay (“un jour de deuil pour l’Afrique”, a tweeté Susan Rice) pour des raisons là aussi d’opinion intérieure, ils ne lui demandent pas pour autant de quitter le pouvoir, lui leur allié si précieux contre les jihadistes somaliens. Bref, Museveni joue sur du velours.

On ne fera pas reculer l’intolérance envers les homosexuels africains en faisant comme si ce type de lois répressives n’était pas populaire – elles le sont, hélas, il suffit de parcourir les réseaux sociaux – ni en phase avec des sociétés où la communauté (et le poids de la parenté) détermine toujours la condition des individus et rejette impitoyablement toute déviance supposée. On la fera encore moins reculer en prônant des politiques d’ingérence et de punition qui auront pour effet de renforcer les pouvoirs en place et de faire de la communauté homosexuelle le bouc émissaire idéal des frustrations de la rue. Il faut rechercher d’autres voies, inventer d’autres moyens et surtout faire savoir que si l’homosexualité est aussi vieille et universelle que l’apparition de l’homme, l’Afrique n’est devenue un continent homophobe que récemment, sous l’influence nocive d’Églises évangéliques venues d’outre-Atlantique. Ce n’est pas de chefs traditionnels que s’est entouré Museveni pour décréter sa fatwa, mais de pasteurs chrétiens. Comme quoi, les néocolonisés ne sont pas ceux que l’on dit.

Pour assainir les églises et ôter les faux pasteurs : L’OTE met en place, un bureau préfectoral …

L’observatoire togolais des �glises (OTE) a mis officiellement en place ce mardi � Lom�, un bureau pr�fectoral Lom�-Golfe. Pr�sid� par le Pasteur Djokp� Koffi, le bureau est compos� de cinq membres, tous des hommes de Dieu.

C’�tait dans les locaux de la Conf�d�ration nationale des travailleurs du Togo CNTT). La c�r�monie a drain� de nombreux fid�les et pasteurs. Une dizaine de pasteurs du Nig�ria �taient parmi les fid�les pour apporter leur soutien � l’initiative de l’OTE.

C’est le R�v. Cyrus B.Padabadi, pr�sident de l’OTE et pasteur de l’�glise “Mission Peuple de Dieu” (MPD) qui a pr�sid� la c�r�monie d’installation des membres du tout nouveau bureau pr�fectoral.

La mission d�volue aux membres du bureau pr�fectoral est simple : il est charg� de cr�er les autres bureaux de zones de Lom�-Golfe.

Les membres des zones qui seront install�s auront � travailler pour d�cortiquer les probl�mes que traversent les �glises dans les diff�rents quartiers afin de les transmettre au bureau pr�fectoral qui va � son tour proc�der � la recherche de solution dans le seul but d’assainir la corporation. Aussi, d�tecteront-ils les les �glises qui s�ment le d�sordre, la panique au sein des quartiers.

Au Togo, il n’est pas rare de voir devant les juges, les plaintes de nombreux citoyens pour d�noncer le comportement inhumain d’un pasteur. Tr�s souvent, l’affaire d’escroquerie revient apr�s tout sans oublier les cas d’agression sexuelle sur des fid�les.

Il n’y a pas longtemps, c’est un pasteur qui avait distribu� de l’argent � certains jeunes dans la r�gion de la Kara (environ 420 Km de Lom�), afin que ceux-ci simulent des maladies lors d’une campagne de pri�re et de gu�rison qu’il organise au Palais de Congr�s de la ville. Avant m�me que l’acte soit consomm�, la gendarmerie a mis la main sur le pasteur et les jeunes.

“C’est un moment que nous attendons depuis. Il faut qu’on mette un peu d’ordre au sein de nos �glises”, se r�jouie Mme Odette, fid�le de l’�glise +Peuple de Dieu+.

Pour le pr�sident de l’OTE, cet observatoire vise � assainir le corps du christ, � �ter dans les rangs des pasteurs, les faux qui ont transform� le service de Dieu en un lieu de commerce.

Rappelons que l’OTE a pour objectifs de sauver l’honneur des pasteurs togolais � cause du non-respect � leur �gard ; d’intervenir dans les litiges opposants pasteurs-pasteurs d’un c�t�, et pasteurs contre une tierce personne. Aussi, il est question d’assainir le corps du Christ, de rassembler les pasteurs dans un creuset pour le bonheur des Eglises charismatiques du Togo.

Un but : devenir pasteur ” implanteur d’église “

Alors que le chantier de l’Église évangélique de Langeais accuse plusieurs mois de retard, la communauté s’active déjà pour préparer la relève. Reportage.

Mercredi matin, 10 h, à un jet de pierre du château de Langeais. L’ancienne salle de bal de la rue Anne-de-Bretagne n’a pas encore officiellement démarré sa nouvelle vie d’Église évangélique. Mais la relève est déjà là, en plein cours d’herméneutique, dans la salle qui jouxte le chantier de transformation.

Attablés dans la cuisine, Thimoté, 26 ans, Tamara, 28 ans et Marina, 22 ans, ordinateurs sous les yeux, écoutent David Williamson leur enseigner l’interprétation des textes bibliques. Avec un objectif bien en tête : devenir « implanteur d’église », d’ici deux ans pour le premier, équipières dans moins d’un an, pour les deux autres.
Exactement comme Raphaël et Floriane Héritier, leurs hôtes de Langeais, issus de la première promotion du centre de formation pour pasteurs implanteurs de Loches. « Les premiers, les cobayes », s’amuse le futur pasteur de la commune, 30 ans à peine. À quelques mois du grand lancement de son lieu de culte, Raphaël Héritier a dû mettre entre parenthèses son métier de menuisier. Pour s’atteler exclusivement aux démarches administratives. Pas vraiment une sinécure, reconnaît-il, alors que le calendrier du chantier accuse plusieurs mois de retard, confronté, notamment, à la réglementation imposée par les architectes des Bâtiments de France dans le périmètre du château de Langeais. Résultat : l’inauguration, initialement prévue en octobre, a été repoussée au mois d’avril. Au mieux…
En attendant, les anciens élèves se sont déjà faits formateurs, à raison d’une ou deux journées par semaine. Enchaînant prières et démarches légales, les époux Héritier endossent aussi le rôle de baby-sitter pour les enfants des nouveaux élèves du centre de formation. « Notre but, c’est que les gens fassent partie intégrante de l’Église, qu’ils prennent le relais à leur tour », explique Floriane sur la philosophie à l’œuvre.

 “ Notre but : que les gens fassent partie intégrante de l’Église ”

Restera, une fois l’Église ouverte, à atteindre 15 membres pour pouvoir se constituer en association cultuelle. Et à attendre une dizaine d’années pour voir la nouvelle venue des Églises évangéliques d’Indre-et-Loire quitter le statut d’annexe de Loches pour une autonomie pleine et entière.
« On a pu compter sur un accueil plutôt bon de la population », apprécie d’ores et déjà Raphaël Héritier. Une population, surtout « curieuse », de voir une église s’implanter dans son centre-ville, abonde Floriane. D’autant plus surprise, s’amuse la jeune femme de 25 ans, que Raphaël Anzeberger, leur ancien formateur, n’est pas vraiment passé inaperçu dans les rues de Langeais. Un pasteur qui arrive sur un long-board, « forcément, ça étonne… »

le chiffre

10.000

C’est le nombre d’habitants pour une église que souhaitent atteindre les instances représentatives évangéliques. Contre un taux de 30.000, voire 32.000 aujourd’hui. Parmi les zones qui manquent encore de lieux de culte figurent Sainte-Maure-de-Touraine, Azay-le-Rideau ou encore Montlouis-sur-Loire.

la phrase

” On n’est pas chrétien que le dimanche matin ! “

De Raphaël Héritier, pasteur de Langeais : « On n’est pas chrétien que le dimanche matin ! On vit les uns à côté des autres. L’objectif est de ne plus avoir des églises excentrées dans les zones industrielles, mais d’inverser la tendance en faisant des églises qui peuvent apporter à la vie de la ville. »

en bref

> Laïcité. Un sujet qui ne va pas sans poser quelques difficultés ou qui fâche même… Comme cette fois où les Églises de Touraine se sont vu refuser l’autorisation d’occuper un stade de Joué-lès-Tours pour un rassemblement de tous les enfants des paroisses de Touraine, rappelle Jean-Pierre Dupont, délégué départemental du Conseil national des évangéliques de France (CNEF). « La laïcité, ça signifie ne pas favoriser, ne pas subventionner tel ou tel groupe, mais pas interdire d’occuper un stade », argumente le pasteur. « La laïcité oui, mais pas une laïcité où on se replie, où on vit sa foi en cachette, chez soi. »
> Vocation sociale. Les Églises réformées gèrent très souvent des vestiaires et des banques alimentaires. L’Assemblée de Dieu, par exemple, distribue entre 180 et 200 paniers repas chaque semaine. Tandis que l’Église évangélique Baptiste propose des vêtements aux plus démunis. La Mission chrétienne du plein Évangile de Tours a quant à elle choisi de mêler les deux.
> En vidéo. « La société a tellement évolué. C’est l’occasion de proposer des choses plus actuelles. » Jusqu’aux vidéos de culte et à l’animation sur les réseaux sociaux, avance Raphaël Héritier, le pasteur de Langeais, pas à court d’idées pour faire vivre sa communauté grâce à des moyens de communication modernes…

Peu d’églises, mais des fidèles

Si une Église évangélique se crée tous les dix jours en France, le temps semble s’être arrêté en Indre-et-Loire. Entre 2002 et 2012, seuls deux nouveaux lieux de culte ont ouvert leurs portes sur le territoire, pour atteindre 12 Églises (une vingtaine en intégrant la totalité des Églises réformées) en 2013. Contre une progression de 47 à 68 Églises évangéliques en région Centre dans le même temps.
Et ce, malgré quelques créations ponctuelles d’Églises annexes au sein des différents courants évangéliques, Assemblée de Dieu, Hmong, tzigane, de la Re-naissance, Baptiste ou encore du Plein Évangile. Depuis juillet dernier, Régis Nkounkou, 24 ans, officie ainsi chaque semaine comme pasteur principal à Saint-Pierre-des-Corps. Publiée au Journal Officiel au début du mois de février, son association, la Mission chrétienne du Plein Évangile, implantée à Orléans depuis une douzaine d’années, compterait déjà une trentaine de fidèles réguliers sept mois à peine après son arrivée en Touraine.

L’immigration dope la fréquentation du culte

S’il est bien un point positif sur lequel s’accordent les pasteurs contactés, c’est justement la ferveur des fidèles dont le nombre serait en augmentation ces derniers temps. Jusqu’à atteindre les « 2.500 pratiquants réguliers » en Indre-et-Loire, avance Daniel Liechti, vice-président du Conseil national des évangéliques de France. Jean-Pierre Dupont, l’un des pasteurs de l’Église évangélique Assemblée de Dieu de Tours a enregistré « en moyenne 40 personnes de plus les dimanches de 2013. » Soit 310 à 320 fidèles rassemblés pour le culte.
Cet attrait croissant, le pasteur de la rue George-Sand l’explique en grande partie par l’immigration, plus particulièrement africaine, de ces dernières années : « Les gens qui viennent de pays où on est croyant, l’Afrique, la Guadeloupe ou la Martinique, participent au développement des Églises du département. » Même constat du côté de l’Église évangélique baptiste de la rue Lakanal à Tours, où Stéphane Guillet a vu doubler la fréquentation de son Église. Jusqu’à 170 personnes certains dimanches.

Théorie du genre – Messieurs les Evêques de France, vous êtes de mauvais pasteurs…

FRANCE-RELIGION-CATHOLICS-BISHOP-ASSEMBLY

Ceux qui ont lu le livre II de la République se souviennent que Platon y décrit la Cité parfaite dont les poètes seraient bannis. Pourquoi ? Non pas, comme le prétend la vulgate philosophique parce que Platon leur reprocherait d’être de tristes imitateurs du réel. Mais parce que ce sont eux qui gouvernent la transmission des valeurs et donc la reprogrammation de la culture d’une génération à l’autre. Et parce que Platon rêve d’un reconditionnement culturel des citoyens.

Car que font les poètes ? Ils composent des récits et ils les racontent!

Les grands schèmes culturels – ce qu’on appelle les patterns – sont transmis par ces récits mythiques ou légendaires. Les récits d’Homère et d’Hésiode constituent une sorte de « Bible » dont la pensée imprègne tous les niveaux de conscience, dont l’autorité s’exerce sur tous les plans. Ils sont comme un « livre » que beaucoup connaissent largement par cœur, et dont la lettre régit une sorte d’inconscient collectif – en tout cas des schèmes de conduite. D’où l’exceptionnelle importance de ces poètes.

La composition des récits est une activité qui n’appartient donc pas au Législateur.

Ce qui lui appartient, c’est de fournir les modèles et de décider des lois qui gouvernent la production de ces récits fondateurs de culture. C’est donc à lui de définir les normes de création des poètes. Ou de les redéfinir.

Par qui sont récités ces contes qui structurent les grandes conduites humaines? Platon se pose la question et il y répond : ils sont récités par les mères et les nourrices aux enfants petits…

Ce n’est pas de poétique dont il est question au livre II de la République, c’est d’éducation… Et de l’éducation des enfants petits. C’est pour pouvoir redéfinir les normes de création des récits qui vont gouverner les valeurs de la cité – et donc gouverner les hommes – qu’il faut chasser les poètes de la cité parfaite !

Le monde chrétien a beaucoup aimé Homère et Hésiode. Mais il a pourtant une tout autre « Bible », un grand récit qui gouverne ses conduites humaines. La norme de composition de cette déroutante fresque est tout à fait singulière : elle est révélée…

L’Ancien Testament décrit figurativement une succession d’alliances qui va de Noé à David, et l’histoire de la constitution patiente d’un peuple, aujourd’hui l’Eglise. Le Nouveau Testament raconte l’histoire d’un Dieu qui se fait homme et qui vient guérir et enseigner avec un mode pédagogique singulier : la  « parabole ». La Bible décrit comment Dieu a fait entrer dans l’humanité une information nouvelle, portée par un petit peuple héroïque, à la longue histoire, dont l’Eglise est héritière.

Ces récits sont là pour la mémoire et pour l’intelligence. Ils ont fait l’objet d’une longue histoire de pensée, d’exégèse, d’interprétation – la théologie – et ils gouvernent tous les grands « patterns » chrétiens. Ordonné à son Dieu, le chrétien ne vit pas soumis à la règle de son bon plaisir, de ses « droits » divers. Il vit soumis à un Dieu juste et bon, à une Loi bonne, dans un régime particulier qui est celui de la Grâce. Il vit en Homme, parmi d’autres hommes.

Ces récits mythologiques gouvernent aussi son rapport au corps. Au sien, et à celui de l’autre. Il est fondé sur une norme simple : le corps traduit l’éminente dignité de l’homme. Il est même « le temple de l’Esprit Saint ». La nudité n’est pas honteuse, elle est chargée de sens, ce qui n’est pas la même chose.

La cité platonicienne, c’est le projet de M. Vincent Peillon. Les enfants y appartiennent à l’Etat et il s’agit de les programmer selon les normes officielles et dans le nouveau paradigme anthropologique que le Législateur entend bien imposer et qui s’appelle « la théorie du genre ».

Mais ce nouveau conditionnement rencontre une résistance inattendue: celle des chrétiens. Ils ont compris les enjeux de ce nouvel ordre anthropologique du « tous à poil ». Et ils protestent et refusent. Ils « réagissent ». Cette réaction ne fait pas d’eux des réactionnaires, mais des hommes et des femmes qui s’opposent à un nouvel ordre inique qui prétend soumettre les intelligences et les reprogrammer.

Et nos Evêques ? Que pensent nos Evêques de tout cela ?

On aurait pu croire que devant tant d’attaques, devant l’ombre toujours plus menaçante qui s’avance sur l’Eglise, sur la religion dont ils sont les garants, ils auraient élevé leur protestation prophétique.

Mais rien… Nos Evêques ne disent rien. Si, nos Evêques de France invitent à la vigilance lors des prochaines élections…

Y  a t-il une raison à ce silence ?

Oui, il y a une raison.

Nos Evêques de France vivent encore imprégnés de la puissante et sirupeuse théologie de la récupération des « valeurs du monde », celle qui, depuis bientôt trois générations pare le monde d’admirables qualités évangéliques, fruits de l’action de l’Esprit Saint. Celle qui veut que le monde soit animé d’une force divine qui le fait aller de l’avant. Voilà les dogmes massivement imposés depuis des années. Quiconque ne suit pas la ligne du parti est évidemment qualifié de rétrograde ou de réactionnaire.  

On juge l’arbre à ses fruits.

Les fruits ? La pastorale de « l’aller au monde » ! Pierre Chaunu, qui ne mâchait pas ses mots, l’avait qualifiée de « pastorale du chien crevé au fil de l’eau ».

Un bref tour d’horizon devrait pourtant suffire à convaincre n’importe quel esprit un peu lucide.

Les news magazines qui offrent à la curiosité des cerveaux démembrés les anatomies intéressantes de « people » aux loisirs d’une consternante pauvreté et à la vie sexuelle abêtissante : l’œuvre de l’Esprit !

La jouissance obligatoire et forcenée et le culte du corps, la socialisation forcée et la grande flambée des dépressions : l’œuvre de l’Esprit !

La finance souveraine, la pathologie sécuritaire, la vengeance dans toutes les bouches, la justice ordonnée à des avatars techniques ou à des procédures formelles : l’œuvre de l’Esprit !

La vieillesse abandonnée et sous peu euthanasiée : l’œuvre de l’Esprit !

Le suicide massif des jeunes, de tous les jeunes, pas seulement des indécis en matière d’identité sexuelle dont l’Education nationale prend un soin jaloux : l’œuvre de l’Esprit !

La déprogrammation forcenée des enfants dès le primaire, l’illettrisme grandissant, les écoles dévastées, le mépris du travail intellectuel et de l’abstraction, mais aussi celui de l’œuvre de nos mains, le mépris du travail manuel : l’œuvre de l’Esprit !

La vie tressaillante et fragile, la promesse d’homme détruite dés le départ à travers le voile de la chair maternelle : l’œuvre de l’Esprit saint !

Une jeunesse qui boit – homosexuelle ou pas – et qui boit comme un « trou », par jeu, par bravade, par défi stérile et vain, l’œuvre de l’Esprit saint « au cœur de ce monde », comme on nous fait bêler pendant nos liturgies salopées.

Un univers professionnel trépidant, inutilement stressant, de plus en plus stérile et stérilisant, criant d’iniquité  voire inhumain: l’œuvre de l’Esprit Saint !

Et dans nos paroisses de France : la culture de la niaiserie, la geignardise généralisée, l’infantilisation forcée (y compris pendant la liturgie), l’autosatisfaction autiste. Tout cela excusé et justifié au nom de l’amour mal compris !

L’œuvre de l’Esprit de sainteté ?

« Amen, Amen, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas, vous mourrez dans votre péché ».

La vie humaine est une aventure à haut risque, ce risque, Dieu le partage avec nous : voilà ce qu’il fallait dire aux hommes et aux femmes de ce monde privé de toute transcendance, abruti de loisirs et de jeux télévisés.

Dieu dit vrai, vrai est son amour, vraie sa Parole. Mais vraies aussi ses exigences envers ceux et celles qui ont cru en sa Promesse. Et vrai sera son Jugement. Voila ce qu’il faut leur dire.

Il y va de l’avenir du christianisme, il y va des conditions de sa diffusion et de sa transmission, il y va d’une histoire vieille de quatre millénaires, il y va des droits de Dieu et de ceux de l’humanité.

Et accessoirement, il y va de notre honneur et de l’honneur de l’Eglise de France.

Nos Evêques de France auront à rendre compte de leur silence.

Ils auront à rendre compte du sang des enfants petits qu’ils ont abandonnés aux nouveaux dieux sanglants de la République, sans même livrer bataille.

Messieurs les Evêques de France, vous êtes de mauvais pasteurs !

Marion Duvauchel

Professeur de lettres et de philosophie

Téléréalité : les serpents mordent aussi… les pasteurs

Par Barthélémy Gaillard

Publié le 17 février 2014 à 13h27 Mis à jour le 17 février 2014 à 13h31

MORSURE FATALE – Le pasteur du Kentucky était convaincu que les croyants ne pouvaient être blessés par une morsure de serpent.

Pratique séculaire. C’est un des commandements de l’Evangile selon la religion pentecotiste. Saint-Marc écrit que les vrais croyants pourront prendre des serpents dans leur mains et boire un poison mortel sans problèmes. Jamie Coots, pasteur du Kentucky, était issu d’une famille de manieurs de serpents depuis trois générations. Il est mort dimanche des suites d’une morsure survenue lors du tournage de l’émission Snake Salvation. Une émission qui suivait justement Jamie Coots et ses proches pour comprendre pourquoi cette pratique, bien qu’illégale, persiste dans les zones rurales de la “Church Belt”américaine (le sud-est du pays).

Foi inébranlable. Rapportée par sur le site de la chaîne National Geographic qui diffusait l’émission, l’information laisse songeur quand au degré de croyance de Jamie Coots. “Même après avoir perdu la moitié de son doigt suite à une morsure, après avoir vu plusieurs ecclésiastiques mourir pour la même raison, il pensait toujours qu’il devait accepter les morsures et suivre sa Sainte destinée”.

Autres victimes. Jamie Coot avait déjà été condamné à un an de liberté surveillée en 2013 pour avoir transporté des serpents venimeux dans le Tenessee. Un autre pentecôtiste, Marc Wolford, est décédé en mai 2012 après s’être fait mordre apr un serpent lors d’une cérémonie en Virgine occidentale. On dénombre encore 125 églises où se pratique la manipulation de serpents venimeux.