La Gloriette, lieu de prières pour les gens du voyage

Pendant une semaine, une centaine de familles des gens du voyage s’est posée à la Gloriette. La religion tient une place primordiale dans leur vie.

Il est à peine dix heures en ce lundi de Pentecôte, la Gloriette se réveille dans le calme. Cela fait déjà sept jours que la communauté Vie et lumière a pris place sur la plaine (lire ci-dessous), à proximité de l’aire de jeux. Au milieu des caravanes, c’est le silence qui domine. Les couettes prennent l’air sous les auvents. Quelques machines à laver installées à l’arrière des camionnettes sont déjà en marche.

“ Même les sédentaires ”

Soudain, la voix d’un homme résonne depuis l’immense chapiteau installé au cœur du camp. « La réunion va commencer ! » A son appel, des silhouettes sorties de nulle part convergent vers le poumon du camp. C’est ici que, depuis une semaine, se tiennent les fameuses réunions, qui sont en réalité des temps de prières. « Il y en a eu une chaque jour, sauf samedi », rappelle Georges.
L’homme vient de la région parisienne, il est l’un des dix pasteurs présents à Tours pour le rassemblement de la Pentecôte. « Aujourd’hui, comme c’est lundi de Pentecôte, et le dernier jour, nous avons prévu trois réunions, ce matin à 10 h, cet après-midi à 14 h et ce soir à 20 heures. »
Sous la toile de tente rayée bleu et blanc, une centaine de chaises en plastique attendent les fidèles. Au fond, l’autel orné de quelques fleurs artificielles va accueillir pendant près de trois heures les « serviteurs ». Ces pasteurs de tous âges (le doyen a 87 ans) se relaient au fil de la cérémonie pour lire des extraits de la bible, reprendre des chants accompagnés par un guitariste et un pianiste.
Dans l’assemblée, la ferveur est intense. Les femmes, qui portent un léger voile sur leur chevelure, sont aussi démonstratives que les hommes. Chacun peut prier à voix haute, venir sur l’autel pour témoigner de sa foi. Un homme vient raconter la prison, l’alcool et les proches disparus ; un autre évoque une guérison miraculeuse…
Les jeunes mères tiennent leur bébé sur les genoux. Les enfants plus grands se contentent d’allées et venues sous le chapiteau ou jouent devant la porte d’entrée. « Nous organisons des rassemblements spécifiques pour les jeunes », précise Jean-Claude Schmidt. Le pasteur qui coordonne les cérémonies veut insister sur l’ouverture d’esprit de sa communauté. « Nous accueillons tout le monde ici, même les sédentaires. »
Ce matin, les caravanes quitteront la plaine de la Gloriette. Dans quelques jours, les pasteurs vont accueillir de nouvelles familles des gens du voyage à Poitiers.

En Suède, les femmes pasteurs ont leur styliste

Au rez-de-chaussée d’un petit immeuble beige de la banlieue de Stockholm, face à un square arboré, Maria Sjödin s’affaire dans son atelier où elle crée et vend des vêtements conçus pour les femmes pasteurs.

Manches trois-quarts ou évasées, poignets mousquetaires, les chemisiers et les robes à cols romains sont sophistiqués tout en restant sobres.

La styliste de 46 ans, toute de noire vêtue, est l’une des pionnières en la matière. «Mes créations sont faites et pensées pour les femmes», souligne-t-elle.

«Les autres vêtements (de pasteur) sont des vêtements pour homme, mal coupés pour les femmes», confirme Beatrice Lönnquist, pasteur de Stockholm.

La collection «Casual Priest» comprend des vêtements du quotidien, sans tenues liturgiques. Certains d’entre eux sont disponibles dans différentes couleurs, selon la fonction occupée par celles qui les portent. Dans l’Eglise de Suède, le vert est réservé aux diacres, par exemple.

D’abord présentés sur catalogue et aujourd’hui en ligne, ses vêtements coupés près du corps sont décontractés. Les mannequins sont jeunes et avenantes, à l’opposé de l’image caricaturée de la femme pasteur austère et mal attifée.

Il faut dire que les femmes pasteurs suédoises ont un bon pouvoir d’achat. Selon l’Église de Suède, leur salaire médian approche 3.000 euros par mois, voire plus si elles gèrent la paroisse administrativement.

– «Confortable et professionnel» –

«C’est confortable et professionnel. Ça célèbre les courbes d’une femme sans pour autant la rendre provocante», juge une cliente de Maria Sjödin dans un commentaire mis en ligne sur le site de la marque.

«Par leurs vêtements, les pasteurs veulent montrer qu’ils sont des êtres humains comme vous et moi. Ils ne veulent pas créer de distance mais une proximité», souligne Åsa Haggren, professeur dans une université qui forme des professionnels de la mode à Borås (sud-ouest de la Suède).

Pour Maria Sjödin, tout a commencé en 2002. «Je ne viens pas d’un milieu religieux. J’ai rencontré une fille qui était pasteur et elle m’a dit qu’il y avait peu de choses pour les femmes pasteurs, et rien dans lequel elle se sentait bien», raconte-t-elle.

Ni une ni deux, la jeune couturière réalise pour son amie un premier tee-shirt à col romain. C’est le début de sa collection, régulièrement mise à jour avec de nouveaux modèles, de nouvelles manches et de nouveaux tissus.

«Le premier top, EVA, est encore celui qui se vend le mieux», sourit-elle.

La première cliente montre sa nouvelle chemise à des collègues et les ventes commencent à décoller. En Suède et en Norvège d’abord, puis dans le monde anglo-saxon. Des hommes se sont également manifestés et ont depuis peu leur propre collection.

– Répondre à un besoin –

«C’était le bon moment (…) J’ai fait quelque chose dont on avait vraiment besoin», estime Maria Sjödin, reconnaissant avoir rencontré quelques sceptiques à ses débuts.

«Dans la mode, il s’agit souvent de créer un besoin. Là, il y a un besoin qui doit être satisfait, ça a beaucoup de sens», se félicite-t-elle.

La Suède compte beaucoup de femmes pasteurs: elles sont 2.086, contre 2.187 hommes, et elles marchent vers la parité puisque 23 femmes seront ordonnées en 2015, pour 11 hommes.

Dans la très grande majorité des Églises protestantes du monde, les femmes peuvent être ordonnées prêtres. Les protestants considèrent majoritairement que le prêtre est un expert, un théologien, qui exerce un ministère et non un sacerdoce, contrairement à la vision de l’Église catholique, qui est opposée à l’ordination des femmes.

«Je représente l’Église et je transmets le message du Christ. Quand je le fais, je veux être à l’aise dans mes vêtements, pour pouvoir être sûre de moi et me consacrer à mon message», explique Elin Hyldeen Gärtner, qui porte des vêtements Casual Priest depuis plus de dix ans.

«Je transmets un sentiment d’un prêtre moderne dans une société moderne», renchérit en souriant Mme Sjödin.

Elle a aujourd’hui 4.000 clients, dans le monde entier. Ses journées s’organisent autour de la conception mais aussi de la vente de sa collection. «On rencontre des clients, on emballe, on envoie avec soin», raconte celle qui essaie d’entretenir un contact privilégié avec ses acheteurs.

Côté production, Mme Sjödin est aidée par deux couturières en Suède, mais la majorité de la collection est fabriquée dans une usine au Portugal. Et bientôt, une partie sera également produite en Italie.

Le Pape encourage le dialogue avec les évangéliques pentecôtistes

(RV) « La division des chrétiens est une blessure infligée au corps de l’Eglise ; elle est l’œuvre du père du mensonge et de la discorde qui fait tout pour que les frères soient divisés. Mais nous ne voulons pas que cette blessure demeure. » Le Pape François le réaffirme dans un message vidéo adressé aux participants d’une journée de dialogue et de prière pour l’unité des chrétiens organisée samedi par le diocèse de Phoenix, aux Etats Unis, en collaboration avec un groupe de pasteurs évangéliques d’orientation pentecôtiste. 

Dans son message, le Saint-Père se dit convaincu que « l’unité des chrétiens ne sera pas accomplie par les théologiens. Leur science offre une contribution, affirme-t-il, mais si nous attendons que les théologiens se mettent d’accord, l’unité ne sera atteinte qu’après le Jugement Dernier. L’unité est l’œuvre du Saint-Esprit. »

Le Pape François saisit par ailleurs cette occasion pour évoquer une nouvelle fois l’œcuménisme du sang. « Face aux persécutions de leurs frères et sœurs, les chrétiens doivent prier, parler entre eux, se rapprocher, fraterniser toujours plus. Les persécuteurs savent que les chrétiens sont les disciples du Christ, qu’ils sont frères et ne font qu’un, au-delà de leurs différences ; qu’ils soient évangéliques, orthodoxes, luthériens, catholiques ou apostoliques, pour eux, cela revient au même : ils sont chrétiens ; et le sang de ces martyrs nous unit », a insisté le Souverain Pontife.

La journée de samedi a été organisée par le mouvement Jean, 17, fondé par un pasteur évangélique et dont font partie l’évêque auxiliaire de Phoenix, Mgr Eduardo Alanis Nevares et le pasteur évangélique Giovanni Traettino, un ami du Pape François, engagé depuis plus de 20 ans dans le dialogue entre charismatiques catholiques et charismatiques protestants. Le Saint-Père a voulu s’unir spirituellement à cette journée de réconciliation et d’amitié pour « demander la grâce de l’unité, avec la certitude que nous n’avons qu’un seul Seigneur Jésus ».

24/05/2015 18:39

Bénédiction du mariage gay : la fédération protestante à La Réunion donne son avis

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L’Église protestante de France a récemment dit oui au mariage gay. Face à cette décision seize pasteurs de La Réunion s’exprime.


Seize pasteurs et aumôneries de l’île La Réunion, représentant diverses dénominations qui sont regroupées au sein de la FPF (Fédération protestante de France). Plusieurs autres églises évangéliques ou pentecôtistes se manifestent également face au mouvement issu de la Réforme.

Le président du pôle régional de la Fédération protestante de France, Eric Han Kwan,réagi dans un communiqué : « Les églises protestantes ont toujours eu pour vocation d’accueillir toute personne qui souhaite poursuivre une démarche spirituelle et vivre une rencontre personnelle avec Dieu en Jésus-Christ ». Il poursuit : « Cela vaut pour quiconque homme ou femme, célibataire, marié, divorcé, homosexuel… sans discrimination a priori ».

Il ajoute également que l’Eglise protestante unie de France (EPUF) a tout simplement suivi la loi française donnant son accord mariage homosexuel en bénissant de telles unions. Il précise que chaque pasteur est totalement libre en conscience de présider ou pas à la bénédiction d’un mariage homosexuel. La position de l’EPUF ne représente en aucun cas le point de vue de la très grande majorité des églises composant la Fédération protestante de France car seuls une cinquantaine de pasteurs de l’Eglise protestante unie était invitée à voter.

À La Réunion l’ensemble des églises faisant partie de la FPF est nettement opposée à la bénédiction du mariage homosexuel.

France : Les protestants disent “oui” à la bénédiction des couples homosexuels

Pasteurs de l'Eglise Protestante Unie de France en Synode à SèteCela ressemble à une coïncidence car l’annonce de la nouvelle autorisant la bénédiction des couples homosexuels, l’équivalent du mariage pour les protestants par les pasteurs, est tombée le dimanche 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie et transphobie (IDAHOT : « International Day Against HOmophobia and Transphobia »), fondée en 2005 par Louis-Georges Tin, qui a pour but de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention pour lutter contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie.

En France, un pas historique vient d’être franchi. Ce choix intervient après une longue consultation interne qui a duré dix-huit mois. Jusqu’à maintenant, seule une petite branche du protestantisme, la Mission populaire évangélique, implantée dans les quartiers difficiles, autorisait depuis 2009 cette pratique, sous l’impulsion d’une poignée de pasteurs très progressistes.

Réunis en synode national (assemblée générale) à Sète (Hérault), les 105 délégués de l’EPUDF ont voté quasiment à l’unanimité (94 voix pour et 3 contre) le texte qui ouvre la possibilité aux paroisses et aux pasteurs – la décision se prendra localement – de procéder à des bénédictions de couples de personnes de même sexe, a annoncé le porte parole.

Vu d’Europe, le protestantisme français luthéro-réformé apparaissait aussi très à la traîne. La bénédiction de couples homosexuels existe depuis les années 90 en Suède et aux Pays-Bas, et s’est répandue depuis une dizaine d’années en Allemagne et en Suisse.

2. L’Eglise protestante unie de France bénit des couples homosexuels

2. L’Eglise protestante unie de France bénit des couples homosexuels – RFI

Dernières infos

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Les femmes pasteures ont trouvé leur style

Les différences avec leurs homologues masculins sont à la fois sensibles et difficiles à pointer.

Beaucoup rechignent à pointer des différences claires avec leurs homologues masculins. « Qu’est-ce qui vous distingue d’un homme exerçant le même ministère que vous ? » Femmes et pasteures protestantes, la question leur paraît presque saugrenue.

« Peu importe que le culte soit célébré par un homme ou par une femme. Après il peut y avoir des différences théologiques, mais cela n’a rien à voir avec le sexe. Peut-être sommes-nous moins dogmatiques, plus concrètes », commence par répondre Florence Blondon, pasteure au temple de l’Étoile, à Paris.

« Le fait qu’une femme célèbre est surtout déroutant pour les fidèles de culture catholique, qui ne sont pas habitués à voir des femmes célébrer », renchérit Caroline Bretones, qui officie au temple du Marais, également dans la capitale.

Plus du tiers des pasteurs de l’Église protestante unie de France sont des femmes

Depuis 1965, « les femmes peuvent être appelées, au même titre que les hommes, à exercer un ministère dans l’Église ».

Les représentants de ce qui était encore l’Église réformée de France décident en effet d’accorder l’accès plein et entier des femmes au ministère pastoral.

À l’époque, cette évolution tranche un débat commencé au début du siècle. Et la décision passe de justesse : 55 % des délégués nationaux participants au synode national de Nantes votent pour, 45 % s’y opposent. Cinquante ans plus tard, plus du tiers des pasteurs de l’Église protestante unie de France (EPUdF) sont des femmes.

« Une plus grande liberté de parole et de ton »

« Être une femme pasteure apporte sans doute une certaine poésie aux liturgies », avance Isabelle Hervé, 43 ans, pasteure depuis quinze ans en Île-de-France. Elle évoque l’utilisation, dans ses prédications, d’un vocabulaire « plus sensible, par exemple très proche de la nature ».

Pour cette mère de deux enfants, mariée à un pasteur, les prédications assurées par les femmes sont aussi empreintes « d’une plus grande liberté de parole et de ton ».

« Il y a cinquante ans, elles cherchaient à être des pasteurs à la manière des hommes. Puis elles ont peu à peu trouvé leur style. »

« Accepter son autorité théologique et morale »

Et vis-à-vis des paroissiens ? « Avoir une femme pasteure, cela signifie accepter son autorité théologique et morale », résume-t-elle. Pas toujours évident…

Elle se souvient de l’expérience cuisante, au début de son ministère, de l’une de ses paroissiennes mettant constamment sa parole en doute.

Isabelle Hervé mentionne, à l’inverse, ces paroissiennes qui préfèrent être accompagnées par des femmes. « Elles posent des questions qu’elles n’oseraient jamais formuler devant un homme, comme sur le couple, l’éducation des enfants, la vie de famille… »

Cameroun – Salaire: 39 000 F pour les pasteurs, 100 000 F pour les curés

Cameroun - Salaire: 39 000 F pour les pasteurs, 100 000 F pour les curés

Cameroun – Salaire: 39 000 F pour les pasteurs, 100 000 F pour les curés

La plupart des responsables des hommes de Dieu évoluent dans des conditions de précarité, caractérisées entre autre par des salaires dérisoires ou simplement inexistants.

« Les hommes de Dieu sont en général logés à bonne enseigne, ils ont des véhicules et des personnes à leur service ». Ce point de vue de André Bilounga, étudiant en Ressources humaines dans un établissement supérieur privé de la place est un peu ce que l’imagerie collective à des métiers de religieux. Seulement, ce regard extérieur tranche avec réalité qu’énoncent plusieurs hommes de Dieu. Le fait est que les salaires, à défaut d’être inexistants sont tout simplement dérisoires.
« C’est un honneur d’être un imam. Parce que tu es désigné grâce à ta connaissance du Coran et des saintes écritures, à cause de ta bonté et ton bon comportement. Mais en dehors de cette fierté de servir Allah, notre Dieu, et recevoir les honneurs des hommes, il n’y a aucun autre profit. Puisque l’imam ne perçoit pas de rémunérations ni d’argent de poche», indique El Hadj

Modibo Halidou Ibrahima, imam principal de la mosquée d’Essos. Ainsi, contrairement à ce qui s’observe dans les pays tel le Nigéria où ces dignitaires religieux sont pris en charge par l’Etat, être imam au Cameroun voudrait que l’on mène une activité parallèle. « Pour être un imam dans notre pays, il faut savoir de quoi vivre. C’est pour cela que certains parmi nous sont des commerçants, des hommes d’affaires, ou des débrouillards en général. A côté de cela, beaucoup vivent des dimes et autres actes de bonne volonté des fidèles. », raconte l’imam de la mosquée d’Essos.
A la différence du monde musulman, l’Eglise évangélique du Cameroun (E.E.C) a toujours attribué un moyen de « subsistance » aux ouvriers de Dieu. « Il y a à peu près trente ans, les pasteurs percevaient de façon trimestrielle, une somme de neuf mille francs. De revendication en revendication, les pasteurs ont pu se hisser à un niveau un peu plus élevé. La base salariale à l’E.E.C est désormais 39 900 FCFA.», révèle une source qui a requis l’anonymat. La révérende Albestine Mémiafo, épouse Kémogne, pour sa part, explique que, «en dehors du salaire minimum qui est donné à chaque pasteur, qui est davantage une indemnité de titre et de résidence, il reçoit aussi un appui de sa paroisse. Venant notamment du conseil des anciens d’Eglise. Généralement il le donne en se fondant sur le contexte et l’environnement dans lequel tu exerces.»
Mais, tout est loin d’être totalement satisfaisant. « J’ai longtemps travaillé à l’Ouest. Dans certaines communautés j’avais à peine 9 000 FCFA à la fin du mois. Travailler dans les coins reculés, c’est difficile. Surtout quand vous avez des enfants qui fréquentent au secondaire ou à l’université ça devient très compliqué. Surtout que tu n’as pas d’autres activités. Car cela est interdit », note la première femme pasteur de la paroisse de Nlongkak à Yaoundé. Toutefois, apprécie-t-elle, « à l’Eglise évangélique du Christ, les choses évoluent peu à peu. Quand on se souvient que cinq ans auparavant, les pasteurs ne dépassaient pas 10 000FCFA de salaire minimum. Après des revendications, il a été revu à la hausse au cours d’un synode. C’est vrai que jusqu’à présent les pasteurs en demande encore. Le débat est sur la table et les responsables se concertent ».
Chez les catholiques, les rétributions mensuelles sont fixées par chaque diocèse. D’après une source généralement bien introduite, dans le diocèse de Yaoundé par exemple où l’on compte des centaines de milliers de fidèles et des rentrées financières importantes, chaque vicaire perçoit 80 000 FCFA, tandis qu’un curé a droit à une somme de 100 000 FCFA par mois. Or du côté de la ville d’Obala à quelques kilomètres de la capitale, le curé gagne 80 000 et son vicaire 60 000 FCFA.
« Quand vous travaillez dans une brousse comme moi. Où il n’y a pas de d’eau potable et d’électricité, avec des autochtones qui peinent eux même à s’en sortir et que l’on vous donne 40 000 FCFA, est-ce que vous pouvez vous en sortir. C’est la misère ! », S’indigne un prêtre catholique. Or le droit Canon 281 alinéa 1 dispose que « puisque qu’ils se consacrent au ministère ecclésiastique, les clercs méritent une rémunération qui convienne à leurs conditions. Qui tienne compte, autant de la nature de leurs fonctions que des circonstances des lieux et de temps. Et qu’elle soit tel qu’il puisse subvenir à leurs propres besoins et à assurer une rétribution équitable à ceux dont le service leurs sont nécessaires. »
Autre constat : la sécurité sociale n’est guère à l’ordre du jour. « Une fois, notre Eglise a voulu nous affilier à la Caisse nationale de prévoyance sociale. Mais cela s’est avéré compliqué parce que nos rétributions n’atteignaient pas le Smig », révèle un pasteur de l’E.E.C. Un prélat de l’Eglise catholique du diocèse de Douala, lui, s’interroge toujours sur son avenir post pastoral. « Nous sommes des tacherons. En cas de maladie ou d’autre forme d’invalidité, vous êtes pris en charge par l’assureur de la paroisse. Mais celui-ci ne couvre pas votre carrière. Aussi, nous voyons Certains ainés à la retraite vivre dans la peine. Tout jeune pasteur qui voit cela est inquiet. Et est tenté de faire dans les affaires. Ou même de devenir l’ami des hommes riches.» Cette crainte aurait pu être évacuée grâce à l’alinéa 2 de la loi canon 281. Il stipule qu’ « il faut veiller à ce qu’ils bénéficient de l’assistance sociale grâce à laquelle ils sont correctement pourvus de leurs besoins de maladie, d’invalidité et de vieillesse. »

Eglise protestante : la pasteure de La Rochelle favorable au mariage homosexuel

Marianne Seckel, Pasteure de l’ Eglise Protestante Unie de France à La Rochelle est pour la bénédiction des couples homosexuels. Mais pour célébrer cette cérémonie, Marianne Seckel devra obtenir l’accord du conseil presbytéral (une assemblée de laïques) de sa paroisse. Et à La Rochelle comme ailleurs, le débat est toujours vif entre les membres de la communauté protestante.

“Cela reste très passionnel” reconnaît Marianne Seckel mais pour elle, il est normal de pouvoir “offrir cette bénédiction à partir du moment où la loi civile permet le mariage entre personnes du même sexe.” 

On parle de bénédiction car pour les protestants, le mariage n’est pas un sacrement.
Cette décision prise par le synode de l’Eglise Protestante avait été préparée de longue date. Le débat a été lancé il y a 18 mois dans les assemblées et à l’image de ce qui s’est passé le week-end dernier lors du synode à Sète, il a été très animé. Mais, cette évolution importante  a finalement été adoptée à une large majorité.
Je suis très fier d’avoir participé à ce débat qui était très intéressant” déclare aujourd’hui Loïc Engelard qui était le délégué régional de la région Ouest au synode.

Reportage de Frédéric Cartaud, Cédric Cottaz et Josiane Etienne. (Intervenants : Marianne Seckel, pasteure de La Rochelle
et  Loïc Engelard, Vice-président du Conseil Presbytéral et Délégué Régional Ouest au Synode.)

La communauté protestante et le mariage homosexuel

Reportage de Frédéric Cartaud, Cédric Cottaz et Josiane Etienne

Mariage homosexuel :La Fédération des églises évangéliques burkinabè condamne

L’Eglise protestante unie de France a autorisé  le 17 mai 2015 ses quelque 500 pasteurs, pour ceux qui le veulent, à unir les couples homosexuels. La Fédération des églises et missions évangéliques (FEME) du Burkina a tenu à préciser ce 21 mai 2015 qu’elle se démarque de cette position. Le Pasteur Samuel Yaméogo a déclaré que les pasteurs évangéliques burkinabè, du moins qui sont membres de la Fédération,  condamnent le mariage homosexuel et appellent les homosexuels à la repentance.

A l’image des autres églises de France qui se sont démarquées de la position de l’Eglise protestante unie de France,  les pasteurs de la  FEME ont tenu à faire comprendre à leurs « brebis » que cette décision ne s’applique pas au Burkina.

« Nous nous démarquons de cette décision que nous trouvons contraire aux Saintes écritures », a déclaré le Pasteur Samuel Yaméogo, président de la fédération, qui indique ainsi que cette position reflète celle du  Conseil national des évangéliques de France, dont l’association est membre.

Condamnation. Cette déclaration, explique le pasteur, se base  sur les Saintes écritures qui n’autorisent pas le mariage entre personnes de même sexe. « La doctrine biblique est claire sur l’homosexualité, l’Ecriture condamne l’homosexualité aussi bien que toute forme de relation sexuelle hors mariage », dit-il.

Au nom de la FEME, le président a tenu à ajouter que la fédération « marque son opposition à toute forme  de bénédiction de couple homosexuel », «  se désolidarise de tout mouvement ecclésial protestant soit-il qui va à l’encontre des recommandations bibliques relatives à cette pratique » et « condamne la pratique de l’homosexualité ».

 Dans sa déclaration liminaire, l’homme d’église a évoqué plusieurs passages de la Bible pour illustrer ses propos, dont, entre autres, la sanction réservée aux villes de Sodome et Gomorrhe qui « excellaient dans la pratique de l’homosexualité ».

Toutefois, il a tenu à préciser que l’Eglise « ne condamne pas l’homme », mais plutôt l’acte. Le Pasteur Samuel Yaméogo a donc appelé ceux qui ont pris ce chemin « à se repentir afin de se réconcilier avec Dieu qui les aime tant ». « Nous aimons l’acteur, c’est l’acte que nous condamnons », a indiqué le Pasteur.

Abdou ZOURE

Burkina24