Nîmes : une exposition sur la résistance oubliée

P endant la Seconde Guerre mondiale, des résistants allemands ont trouvé refuge auprès de pasteurs en Cévennes. Des panneaux informent le public à la Maison du protestantisme jusqu’au 10 juin.

Il se dit lui-même étonné par le succès et l’ampleur que prend cette exposition : une vingtaine de panneaux informatifs, avant tout conçus dans une démarche pédagogique et destinés à des élèves mais qui, sept années après leur création, continuent de rencontrer un bel écho, notamment en France.

Nîmes ne devrait pas faire exception. Cette exposition, installée jusqu’au 10 juin à la Maison du protestantisme, évoque un aspect méconnu de l’histoire locale : la rencontre entre des résistants allemands et les pasteurs de l’Église réformée, en Cévennes, durant la Seconde Guerre mondiale.

L’exposition en pratique

Antifascistes allemands et pasteurs cévenols dans la résistance française 1942-1945”, exposition à la Maison du protestantisme, 3, rue Claude-Brousson. Samedi 6 juin, à 16 heures, chants et lectures de textes par la chorale Chants en liberté, puis projection du film Un maquis allemand dans les Cévennes. Entrée libre. 

“Des faits peu connus”

Günter Leitzgen, ancien professeur, fut le premier surpris lorsqu’un jour un ami lui présenta un ouvrage évoquant le rôle des résistants allemands.

Surpris et surtout ému par ces actes si peu mis en lumière qu’il souhaita en concevoir une exposition. “Ce sont des faits peu connus dans les deux pays, explique l’enseignant, les exploits d’Allemands s’étant engagés dans la résistance ont été méconnus. On n’arrivait pas à apprécier à sa juste valeur la réalité de la résistance de ces hommes et de ces femmes. Pourtant, certains Allemands se sont opposés, dès 1933, à Hitler. Ils ont été les premiers. Mais, en France, il y avait, jusqu’au début des années quatre-vingt, une image persistante du “Boche”.”

20 000 à 30 000 Allemands réfugiés en France

Selon des récits historiques, entre 20 000 et 30 000 Allemands se sont réfugiés en France. En Cévennes, le rôle des pasteurs protestants fut majeur. “Ils représentaient une aide très importante en Cévennes”, poursuit l’Allemand.

Sur cette terre traditionnellement résistante – depuis les guerres de Religion -, les pasteurs ont soutenu ces résistants. “C’était une aide pratique, logistique, de ravitaillement, et parfois ils allaient jusqu’à prévenir des actions de “nettoyage” à venir.” Photos, extraits de témoignages, documents d’époque à l’appui : la modeste exposition décrit le quotidien difficile, dans des conditions très sommaires, de ces Allemands qui décidèrent de s’opposer au régime nazi. Et comment ils survirèrent dans les contrées cévenoles.

Après avoir tourné en Allemagne, l’exposition, traduite en français, fait le tour de France depuis un an. Günter Leitzgen souhaite évoquer “une résistance oubliée”. “Des Allemands se sont battus hors du Reich contre la Wehrmacht, la propagande et la barbarie nazies. Ils ont risqué leur vie parce qu’ils ne voulaient pas rester les bras croisés.” Un autre regard sur le passé qu’il est possible de découvrir jusqu’au 10 juin à la Maison du protestantisme.

La Faculté de théologie se prépare à tirer sa révérence

« Un lieu se ferme, mais la théologie continue de se pratiquer » : ce sont les mots utilisés mardi par le doyen de la Faculté de théologie de l’Université de Neuchâtel, Félix Moser, au moment de présenter les manifestations qui marqueront la fermeture du lieu, prévue pour le 31 juillet. Trois jours de colloque, une soirée officielle et une table ronde sont notamment au programme la semaine prochaine, du 10 au 12 juin. Ces événements s’inscrivent dans une thématique: « Entre la mémoire et l’oubli: la pertinence de la théologie protestante.»

Les étudiants qui suivent encore un cursus ont été redirigés vers les Facultés de théologie de Lausanne et de Genève, où l’enseignement de la théologie pratique, assuré jusque-là par Neuchâtel, a été transféré.

Le dernier enseignant encore actif, le professeur Félix Moser, assurera quant à lui un enseignement en sciences bibliques à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Neuchâtel, au moins jusqu’en 2017.

 

La Bibliothèque des pasteurs s’apprête à déménager à la BPUN

L’avenir des deux bibliothèques actuellement abritées par la Faculté de théologie est aussi un peu plus clair désormais. La Bibliothèque des pasteurs, qui appartient à la Société des pasteurs et ministres neuchâtelois, sera conservée à la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel (BPUN) à l’avenir. Le déménagement devrait commencer cet été pour se poursuivre jusqu’à la fin de l’année. La question du transfert de propriété de ce fonds, qui abrite environ 80’000 ouvrages, reste encore à définir. Une donation a été proposée à la BPUN, mais son Conseil de fondation doit encore se prononcer.

Cette solution permet de maintenir sur sol neuchâtelois cet important patrimoine, qui compte des documents précieux comme des bibles d’Olivétan, premières bibles traduites en français et imprimées à Neuchâtel juste après la Réforme. Si la Société des pasteurs et ministres neuchâtelois a su conserver ces trésors au fil des siècles, ceux-ci devraient être encore mieux valorisés à l’avenir, selon Pierre-Henri Molinghen, responsable de la Bibliothèque des pasteurs. Le fonds est en train d’être catalogué, ce qui permettra de mieux connaître son contenu et d’y accéder plus facilement.

Quant à la bibliothèque de la Faculté de théologie proprement dite, elle prendra la direction de la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Neuchâtel. Le bâtiment pourrait de son côté être utilisé par le rectorat, mais rien n’est encore clairement décidé.

 

Un enseignement dont les prémisses remontent à la Réforme

Cette fermeture de la Faculté de théologie marque la fin d’une ère. Les premiers enseignements donnés dans le canton de Neuchâtel dans le domaine remontent à la période de la Réforme. Le doyen s’est d’ailleurs permis d’appeler à être critique sur la manière d’envisager l’enseignement universitaire, en faisant attention à ne pas « valoriser que les chiffres, que ce qui marche, car rien ne se démode plus vite que la mode », pour déterminer de la vie ou de la mort d’une formation. /sbe

CHEVRIÈRES Les évangéliques bien implantés

Habillé de cuir, portant ses 62 ans avec insolence, la barbichette blanche encadrant un sourire lumineux, ainsi se présente Michel Catherine, pasteur évangélique de son état (une branche du protestantisme). Il a été nommé en juin 2009 sur le secteur de Chevrières.

Né à Fort-de-France, en Martinique, il est arrivé en métropole à l’âge de six ans avec ses parents, à Bar-le-Duc (Meuse), où il a suivi ses études. Il raconte la suite : «  Issu d’une famille catholique pratiquante, j’ai été servant de messe, me destinant à la prêtrise. Puis un jour, à l’âge de 17 ans, lisant L’Évangile, j’ai eu comme une révélation. » Par la suite, il est allé à la rencontre d’un pasteur évangélique. 

« Les fidèles ont économisé »

Michel Catherine officiait dans la région parisienne, avant Chevrières. «  Mon collègue Olivier Rogez, pasteur à Grigny (Essonne), par ailleurs président de l’association évangélique de Chevrières, m’a parlé de cette commune. Au départ, quelques fidèles se rendaient à Lacroix Saint-Ouen, chez un particulier, pour célébrer l’Évangile. Puis, la municipalité de Chevrières a prêté la salle du Parc durant plusieurs années. »

L’idée a ensuite germé de construire une église évangélique dans le village. «  Les fidèles ont économisé, bénéficiant du prêt gracieux de la salle municipale. En plus de leur apport, ils ont souscrit un prêt de 190 000 euros. »

En présence du maire de l’époque, Marcel Fouet, le samedi 21 novembre 2009, en compagnie de son collègue Olivier Rogez et d’autres pasteurs, Michel Catherine a célébré l’office inaugural de l’église.

Un lieu de culte d’une capacité de 100 personnes

Depuis, la communauté s’est encore développée. Chaque mardi, à 20 heures, ont lieu des réunions de prières. Chaque dimanche, à 10 heures sont célébrés des offices. «  Nous accueillons chaque fois plus de soixante personnes. Durant les célébrations, un orchestre accompagne le groupe de louanges, composé de musiciens jouant de la batterie, de la clarinette, du violon et de la guitare. Un professeur de trompette joue aussi, de même que mon épouse Jeannine, aux claviers. »

Le local abritant l’église est vaste. Hormis le lieu de culte, qui peut accueillir cent personnes, existent une salle de réflexion où se réunissent les jeunes, des vestiaires pour les baptisés, une tisanerie, une salle pour les publications, des toilettes et même une nurserie.

L’Eglise bernoise défend une politique active ne matière de religions

Que les pasteurs bernois ne soient plus salariés par l’Etat, mais par l’Eglise? Le Synode des Eglises réformées de Berne, Jura et Soleure accueille cette proposition favorablement. Mais il ne faut pas que cela soit une mesure d’économie déguisée. Dans un contexte de débat politique régulier sur les rapports entre Eglises et Etat, le Conseil exécutif du Canton de Berne a rédigé un rapport sur cette question. AVant que celui-ci ne soit discuté au grand Conseil, les Eglises reconnues disposaient d’un droit de préavis et proposition. Lesreprésentants des Eglises réformées de Berne, Jura et Soleure, réunis en Synode les 26 et 27 mai, ont discuté de ce document et du rapport des experts de la société Ecoplan et de l’étude Ad! vocate sur les relations entre Etat et Eglises.

Ce rapport Ecoplan/Ad! vocate a été rendu public fin mars. Mardi dernier, les membres du synode ont exprimé un préavis sur cette étude qu’ils remettront au Conseil exécutif. Si le rapport Ecoplan/Ad! vocate «constitue une base solide pour la suite du débat», le synode déplore qu’il se focalise sur des éléments économiques et financiers, laissant une toute petite place à foi et à la spiritualité.

Actuellement, l’Eglise bernoise est encore largement soutenue par l’Etat. Elle est d’ailleurs la dernière de Suisse dont les ministres sont salariés de l’Etat. Mais bien que le rapport des experts démontre que la majorité de la population bernoise (57,7%) est réformée; que plus de deux tiers de la population est représentée par l’une des trois Eglises reconnues (réformée, catholique romaine, catholique chrétienne); et qu’en termes monétaires les prestations fournies à la société par ces Eglises rapportent davantage à la collectivité que ce que ces institutions lui coutent, des voix politiques se font entendre pour repenser les relations Eglises-Etat.

Attitude ouverte face au changement

Que les pasteurs ne soient plus salariés par le canton est la mesure phare du train de proposition de l’exécutif cantonal. Pour Andreas Zeller, président du Conseil synodal (exécutif) de RefBeJuSo, il est probable qu’une majorité de députés aurait pu être trouvée pour s’opposer à cette mesure, mais pour combien de temps? «Nous avons compris les signes du temps et nous pensons qu’il serait bien que l’on se dise prêt à ce changement.» Le Conseil synodal plaidait une attitude ouverte face à ce changement afin que les Eglises puissent y jouer un rôle de partenaire.

Cette position d’ouverture a été largement suivie par le plénum qui encourage le Conseil exécutif à mener une politique active en matière de religions et d’éviter de réduire cette thématique à la seule sphère privée.

Si certains regrettent que l’on mette à mal le rôle de l’Eglise d’Etat issu du Contrat social datant de la Révolution française, d’autres accueillent favorablement cette séparation de l’Etat à l’instar du pasteur Samuel Hug qui se réjouit «de pouvoir être employé par l’Eglise qui l’a consacré et à laquelle il a dit oui».

Un défi pour les services centraux de l’Eglise

Mais ce changement appelle diverses craintes en particulier autour de la pérennité du financement des postes pastoraux. Le Synode a donc cherché une formule adéquate pour demander fermement des garanties financières, sans pour autant faire preuve de méfiance vis-à-vis du canton qui «a toujours été un partenaire fiable», a rappelé le Conseil synodal. Du côté du corps pastoral, en particulier, on craint que cette mesure soit une mesure d’économie déguisée.

Autre point d’inquiétude autour de ce changement de statut pressenti: la question des ressources humaines. Si les pasteurs deviennent employés d’Eglise, ce n’est plus une centaine de salariés sur un seul site, mais près de 500 répartis sur tout le territoire bernois que les services centraux devront gérer. Les structures actuelles ne sont pas adaptées et l’Eglise sait d’ores et déjà que cette question devra être minutieusement reprise si le projet se concrétise. Une aide spécifique pourrait être demandée à l’Etat. – Laurence Villoz et Joël Burri, Protestinfo

Mariage pour tous : les Protestants disent oui aux bénédictions

Le mariage pour tous vient tout juste de célébrer ses noces de cuir. La loi autorisant l’union de couples homosexuels a été promulguée en effet il y a deux ans, après des mois de débats passionnés qui ont précipité des centaines de milliers d’opposants dans la rue. Depuis, le climat s’est apaisé, même si l’association SOS Homophobie faisait encore état récemment, dans son dernier rapport annuel, de statistiques préoccupantes. Hasard du calendrier, le synode de l’église protestante unie de France (l’une des principales Églises protestantes de France, née en 2012 de l’union de l’église réformée de France et l’église évangélique luthérienne), vient d’autoriser ses pasteurs à bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement. Andrew Rossiter, pasteur des paroisses de Dieppe et Luneray, se tient prêt.

Andrew Rossiter, pasteur de l’Église protestante unie de France, soumettra prochainement la question à ses paroissiens de Dieppe et de Luneray, selon le principe protestant voulant que chaque décision soit aussi bien validée par les instances représentatives que par la base pratiquante.

Lui-même, et il ne l’a jamais caché à ses coreligionnaires, est un fervent partisan du choix acté par son clergé le 17 mai dernier : le synode de l’Église protestante unie de France s’est en effet prononcé en faveur de la bénédiction des unions homosexuelles. Le vote s’est révélé sans appel, (94 votes pour, sur une centaine de délégués), après dix-huit mois de débats internes.

« Une décision consternante » pour les évangéliques

En réalité, « cela fait une vingtaine d’années que notre église a pris en main cette question », témoigne Andrew Rossiter. La bénédiction des couples homosexuels a déjà été adoptée par d’importantes communions protestantes d’Europe (Espagne, Italie…) et d’Amérique du Nord. En France, l’évolution législative a naturellement influé sur la position de l’Église protestante unie. Par un hasard de calendrier, le vote du synode a d’ailleurs parfaitement coïncidé avec les deux ans de l’entrée en vigueur de la loi sur le mariage pour tous, le 17 mai.

Le hasard s’arrête là, puisqu’il s’agit bien d’une adaptation à un nouveau contexte sociétal. « Nous répondons à une demande qui existe », affirme Andrew Rossiter. Contrairement au culte catholique, il n’existe pas de mariage religieux chez les protestants. Le pasteur se contente d’une bénédiction des couples unis civilement. « Les débats ont d’ailleurs davantage porté sur cette notion même de bénédiction, ce qu’elle signifie dans notre société actuelle », indique le pasteur de la région dieppoise. En l’occurrence, « nous ne sommes que les canaux de Dieu, lance Andrew Rossiter. Qui sommes-nous pour décider d’ouvrir ou non ce canal ? » Le communiqué officiel de l’Église protestante unie demeure à ce sujet parfaitement clair : « Le synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie. »

Toutefois, cette ouverture, qui tranche de manière spectaculaire avec le dogme des « cousins » catholiques, est également loin de faire l’unanimité au sein de la communauté protestante. Le Conseil national des évangéliques de France (CNEF), qui revendique la représentation de « plus de 70 % des pratiquants réguliers du protestantisme en France », évoque ainsi « une décision consternante ». Pour lui, l’Église protestante unie de France confond « le souci louable d’accueillir en l’Église les personnes homosexuelles, avec la bénédiction d’une pratique condamnée sans équivoque par la Bible ». Ces désaccords, Andrew Rossiter les a rencontrés dans ses propres paroisses*, où « certains ont participé à la Manif pour tous » contre le mariage homosexuel. Mais lui, une fois de plus, assume pleinement son soutien à la bénédiction des couples homosexuels, renvoyant à la pensée de Calvin : « Chaque croyant est son propre pape. »

L’Église protestante unie pourrait même aller encore plus loin : puisqu’elle bénit les personnes de même sexe désormais autorisées à se marier, et puisque les pasteurs ont eux aussi la possibilité de s’unir, pourquoi n’accepterait-elle pas en son sein l’exercice de pasteurs homosexuels ? « C’est déjà le cas au Danemark, souligne Andrew Rossiter. L’un de mes amis, un pasteur homosexuel, est marié là-bas. »

Thomas Dubois

t.dubois@presse-normande.com

* Selon le pasteur Andrew Rossiter, la paroisse de Dieppe compte une soixantaine de familles à Dieppe, celle de Luneray près de deux cents.

À l’écoute des homos croyants

Vivre pleinement sa foi et son homosexualité, Pierre, lui aussi protestant, y arrive parfaitement. « Mais je connais d’autres homos, ou bien leurs proches, qui ont le sentiment d’être rejetés par la religion », explique le pratiquant assidu, âgé de 33 ans.

Installé près de Caen, Pierre souhaiterait y ouvrir un espace d’accueil et d’écoute pour toutes ces personnes, avec l’appui du centre LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et trans) de Normandie. « C’est très difficile : le milieu religieux reste naturellement assez fermé à la cause homosexuelle et, à l’inverse, le milieu homo est très hostile au cadre religieux. » La décision de l’Église protestante unie de France, relative à la bénédiction des unions homosexuelles, réjouit de fait le pratiquant.

« Les gens s’en foutent »

« Ces bénédictions se faisaient déjà plus ou moins en privé, ce choix permet au moins de clarifier la situation, note Pierre. L’Église réformée, qui donne la parole à la base sans imposer des décisions venues d’en haut, est de fait plus proche des préoccupations contemporaines. »

Contrairement, sous-entendu, à un culte catholique encore très loin de franchir le pas. « Pour ma part, je suis très l’aise avec la pratique de ma religion et mon homosexualité. Pour mon compagnon, catholique, ce fut plus compliqué. Mais nous allons au culte ensemble, au temple comme à l’église. Les gens ne nous ont jamais jetés de pierres : ceux que ça dérange ne nous parlent pas, c’est tout. Mais honnêtement, les trois quarts des gens s’en foutent. »

D’ailleurs, pour mener à bien son projet de permanence, Pierre assure avoir trouvé une écoute attentive auprès d’un pasteur de la région caennaise, mais aussi d’un prêtre catholique.

T. D.

Après les Irlandais, les Allemands attendent

Y aura-t-il un référendum en Allemagne pour décider s’il faut, ou non, autoriser le mariage homosexuel ? C’est en tout cas le vœu de certains partisans de l’égalité complète entre les couples. En Allemagne, les personnes du même sexe n’ont pas le droit de se marier mais, si elles le désirent, peuvent signer un « partenariat » qu’un projet de loi voudrait élargir. À ce jour, la question reste synonyme de tabou outre-Rhin. En 2013, la Chancelière avait écarté l’idée de présenter un projet de loi instaurant le mariage gay.

En tout cas, les Allemands partisans du mariage entre deux hommes ou deux femmes viennent de retrouver un peu de baume au cœur ces derniers jours après la décision prise par les Irlandais d’approuver par un « oui » franc et massif le mariage homosexuel. Le 24 mai dernier, vingt-deux ans après la dépénalisation de l’homosexualité en Irlande, le « oui » l’a en effet emporté avec 62 % des voix. L’Irlande est ainsi devenue le 19e pays, le 14e en Europe, à légaliser le mariage gay. Il est, par contre, le seul pays à l’avoir fait par référendum, les autres gouvernements ayant opté pour la voie parlementaire.

Les mariés de l’an II

L’alliance à son annulaire gauche n’est pas encore marquée de la patine du temps. Pierre Passavant n’a dit « oui » qu’il y a quelques semaines. À peine évoque-t-il son mariage que des étoiles brillent dans ses yeux.

« On a voulu faire quelque chose de grand, sur le thème des constellations. Nous avons préparé toutes les décorations, des billets d’embarquement pour la soirée façon ticket pour une navette spatiale, une vidéo et des sons d’ambiance pour accompagner les invités. Même une chorégraphie pour notre entrée », s’enthousiasme le jeune marié de 40 ans, heureux de recevoir les messages de remerciements et de félicitations des convives du 9 mai.

« Spirituellement parlant, ce serait important »

Anthony Quindroit

a.quindroit@presse-normande.com

C’est que ce mariage, le Rouennais l’attendait depuis longtemps. Mais, en couple depuis 14 ans et pacsé depuis 11 ans, il ne pouvait prétendre passer devant M. le maire que depuis deux ans. Auparavant, en France, Pierre n’avait pas le droit d’épouser Olivier. « Le jour de l’adoption du mariage pour tous, le 23 avril 2013, je m’en souviendrais toute ma vie. Je revois Claude Bartolone qui annonce le résultat. Nous étions devant la télévision, j’ai chialé comme une madeleine en criant : « Égalité ! »Le soir même, je demandais la main de mon compagnon », narre-t-il.

Au-delà du symbole, c’était aussi une volonté de « protéger l’autre » en cas de problème. Et une revanche après la souffrance et les tombereaux de haine déversés pendant les débats. « Il y a eu énormément de méchanceté, nous en avons beaucoup souffert. Pendant dix-huit mois, ça a été l’enfer. C’était même parfois compliqué d’en parler en famille. Je ne comprends pas pourquoi cela a provoqué une telle agitation en France alors que c’est passé comme une lettre à la Poste en Angleterre. Surtout que ça ne change rien pour les couples hétérosexuels. »

Les relents homophobes l’ont plusieurs fois rendu malade. Le niveau de certains politiques aussi. Entendre parler de retour en arrière l’énerve pour celles et ceux qui ne sont pas encore mariés. Quant à l’adoption, il ne comprend pas certains blocages : « Pourquoi une amie, en couple avec une autre amie mère d’un enfant, ne pourrait-elle pas adopter cet enfant alors qu’elle participe à son éducation et à son bien-être ? », s’interroge-t-il. Quid de la gestion pour autrui (GPA) ? « C’est un peu la marchandisation de la femme. Mais ça peut aussi être une bonne chose pour un couple », lâche-t-il sans avis totalement tranché.

Il applaudit en tout cas l’initiative des pasteurs protestants qui acceptent désormais de bénir les couples du même sexe. « C’est une belle avancée. Nous, nous devions être bénis par une femme, pasteur anglicane, mais c’est tombé à l’eau, faute de temps. Mais, pour moi qui suis croyant, spirituellement parlant, ce serait important. Si j’avais pu le faire chez les catholiques, je l’aurais fait. » Un jour, peut-être. Il y croit. Il veut y croire. « Le Pape est génial. Il veut faire avancer les choses, ce qui était moins le cas avec Ratzinger [Benoît XVI, le précédent pape, NDLR]. Ça peut évoluer, ces discours sont plus ouverts. » Mais il modère de lui-même son ardeur : « Enfin, pour Civitas, nous sommes des suppôts de Satan, donc… C’est encore loin d’être gagné ! »

Pierre Passavant est aussi conscient que, même si la loi est entrée en vigueur, la société n’a pas encore complètement évolué : « On ne représente que 4 % des mariages en France, mais il y a encore du boulot pour que ça entre dans les mœurs. »

Au Havre, l’Église protestante prête pour la bénédiction des couples gays

Les bénédictions, au Havre se feront suite à une concertation avec le conseil presbytéral.Les bénédictions, au Havre, se feront suite à une concertation avec le conseil presbytéral.

Dimanche 17 mai 2015, le synode national de l’Église protestante unie de France a validé la possibilité de « bénir des unions de personnes de même sexe », une avancée remarquée, mais préparée de longue date par la communauté protestante. « Elle ne concerne qu’une des églises du protestantisme. Il y a eu 18 mois de discussions entre les communautés locales, régionales, puis nationales, avant ce synode », explique à Normandie-actu le pasteur Emmanuel Rouanet, de la paroisse du Havre (Seine-Maritime). Cette décision votée à très grande majorité est présentée comme « une possibilité ouverte aux pasteurs et communautés locales » de bénir, ou non, les couples homosexuels.

Cela nous renvoie à notre responsabilité. Une demande se validera au Havre s’il y a des sollicitations. Ce n’est pas le cas pour le moment.

Une décision à valider par le conseil presbytéral

Pour Emmanuel Rouanet, l’importance de cette décision tient aussi à la possibilité pour les pasteurs de ne pas être forcément « sur la même longueur d’onde ». À l’Eglise protestante du Havre, deux pasteurs officient, et un accord entre ces derniers et le conseil presbytéral local est nécessaire pour répondre favorablement à la requête d’un couple de personnes de même sexe. Deux ans après le débat concernant le mariage pour tous, le pasteur du Havre tient également à rappeler que les pasteurs restent libres de leurs opinions, concernant ce sujet.

Il est important de montrer aussi que l’on peut vivre en communion dans une Église, tout en ayant des positions différentes, qui sont toutes deux légitimes.»

Compléter le mariage civil

Contrairement à l’Église catholique qui voit l’acte de mariage comme un sacrement, l’Église protestante considère cette bénédiction « plutôt comme un moyen de compléter le mariage civil, sans le remplacer. Dans le cas des couples de personnes de même sexe, cet acte permet enfin à ceux qui le désirent de recevoir une bénédiction de leur Église. »
Alors que la plupart voit cette décision du synode comme une grande évolution, en pointant du doigt l’Église catholique et son « retard », le pasteur Emmanuel Rouanet se montre plus pragmatique sur la question.

Pour moi, elle marque une différence sur la conception du mariage, mais elle était déjà existante auparavant. Il n’y a rien de nouveau dans cette différence entre l’Église protestante et l’Église catholique.

248 millions de dollars pour booster le pastoralisme dans six pays du Sahel

La Banque mondiale va financer un projet d’une valeur de 248 millions de dollars, visant à stimuler le pastoralisme dans six pays du Sahel et à améliorer l’accès à des services essentiels pour plus de 2 millions de pasteurs et agropasteurs, a appris APA jeudi auprès de la représentation de l’institution financière à Ouagadougou.

Le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS), d’une durée de six ans, concernera le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad.

Ce projet stimulera la coopération régionale entre ces six pays où les activités pastorales constituent la principale source de revenu des populations ciblées, souligne la Banque mondiale.

“En Afrique subsaharienne, relève-t-elle, les activités pastorales constituent la principale source de revenus de quelque 50 millions d’habitants. Au Sahel, les terres arides et semi-arides occupent 75% du territoire et font vivre près de 20 millions de pasteurs”.

Selon la Banque mondiale, ce projet constitue une étape importante pour instaurer une alliance solide en faveur du pastoralisme, à travers la mise en commun de l’expertise et des moyens de différents acteurs, parmi lesquels des partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux, des gouvernements, des entreprises privées et des organisations pastorales de la société civile.

KOUTIALA : des pasteurs renforcent leur capacité dans la gestion de l’église

KOUTIALA : près de 500 pasteurs venus des 19 districts de l’église chrétienne renforcent leur capacité dans la gestion de l’église depuis ce matin (28/05/2015) à Koutiala. C’est à la faveur d’un séminaire sur le « rôle et mission du berger ». Au cours de cette rencontre, qui va durer 3 jours, les participants procéderont à des prières pour la paix et la réconciliation.

A Koutiala, écoutez-nous en direct sur la radio Jamana de Koutiala 102.6 Fm

La Banque mondiale débloque 248 millions de dollars pour soutenir le pastoralisme au Sahel

Maroc

Les banques marocaines à la fête

Dix ans après leurs premières opérations d’expansion au sud du Sahara, les grands établissements chérifiens commencent à tirer les pleins bénéfices de leurs investissements. Le point.

Lire la suite

Développement

La Banque mondiale débloque 248 millions de dollars pour soutenir le pastoralisme au Sahel

L’IDA, fonds du groupe Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, a débloqué une enveloppe de 248 millions de dollars pour favoriser le développement du Sahel et renforcer les…

Lire la suite

Automobile

Renault, symbole de la voiture algérienne

Depuis novembre 2014, l’usine de Oued Tlelat, près d’Oran, fabrique les premières voitures made in Algeria. Une expérience industrielle devenue un modèle dans le contexte actuel de crise pétrolière.

Lire la suite

Energie

Kenya : énergie en sous-sol

Dans les profondeurs de la faille du Rift, les Kényans disposent d’une source d’énergie considérable. Et ils se donnent les moyens de l’exploiter de plus en plus efficacement. 40 %…

Lire la suite

Finance

Ecobank face à son avenir

Un peu plus d’un an après la crise qui l’a ébranlé, le groupe panafricain renoue avec les performances. Mais il doit encore régler plusieurs problèmes pour se développer sereinement, notamment…

Lire la suite

Conjoncture

Pourquoi les banques nigérianes peuvent surmonter la baisse du pétrole

La part de l’industrie des hydrocarbures dans l’ensemble des prêts des plus grands établissements a doublé depuis la chute des cours du baril de 2008. Mais le secteur est mieux…

Lire la suite

Agriculture

Côte d'Ivoire : la production de coton atteint 450 000 tonnes

La Côte d’Ivoire a enregistré une production de coton record : 450 000 tonnes, au terme de la saison 2014/2015. Une hausse de 11 % par rapport à la saison…

Lire la suite

Institutions

Donald Kaberuka, artisan du retour de la BAD à Abidjan, critiqué par les francophones

Donald Kaberuka, qui quitte bientôt la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), laisse une institution financièrement solide, mais a été accusé d’avoir délaissé les pays francophones au profit…

Lire la suite

Finance

Equity Bank va acquérir ProCredit Bank Congo

Equity Bank va prendre le contrôle de ProCredit Bank Congo, 7e banque en République démocratique du Congo. Le groupe bancaire kényan a lancé cette année un programme d’expansion à travers…

Lire la suite

Coulisses

Mode d'emploi et favoris : l'élection du président de la BAD en 5 questions

Le 28 mai, la Banque africaine de développement élira un nouveau président. “Jeune Afrique” décrypte pour vous tous les ressorts de cette élection et livre une analyse exclusive des chances…

Lire la suite

Finance

Moody's relève les perspectives de la Tunisie

Moody’s a confirmé la note de crédit de la Tunisie (“Ba3”) et relevé ses perspectives de “négatives” à “stables”. Une amélioration que l’agence de notation explique par le redressement de…

Lire la suite

Politique économique

Chute des cours du pétrole : l'Algérie annonce de nouvelles mesures fiscales

Alors que le déficit commercial de l’Algérie explose (- 4,32 milliards de dollars à la fin avril), l’Algérie prépare de nouvelles mesures pour encourager l’investissement “productif” et alléger la facture…

Lire la suite

Maroc

Affaire Samanah : Hennessy et Crenn rattrapés par la justice

Ce qui aurait dû être l’un des plus beaux projets touristiques de Marrakech vient de se transformer en un scandale juridico-financier, a appris “Jeune Afrique”. Sur le banc des accusés…

Lire la suite

Obligations

Finance islamique : l'Afrique convertie au sukuk

L’Afrique du Sud et le Sénégal ont émis leur première obligation islamique. La Côte d’Ivoire, le Niger et le Nigeria pourraient les suivre. Mais l’opération reste complexe.

Lire la suite

Énergie

Avec Actis, le camerounais Eneo espère avoir trouvé sa bonne fée

Après la prise de contrôle du capital-investisseur britannique, l’opérateur national d’électricité est en mutation. Mais la réorganisation du secteur et les relations avec l’État compliquent la donne.

Lire la suite

Économie

Nigeria : le premier producteur de pétrole en Afrique à court d'essence

La pénurie d’essence qui paralyse le Nigeria depuis près d’un mois serait sur le point d’être résolue. Une entente entre les importateurs de carburant et l’État a été conclue le…

Lire la suite

Finance

Souscription : la branche auto du groupe Loukil trouve son public

La souscription aux actions d’UADH, la branche automobile du groupe tunisien Loukil, a suscité une forte demande du marché. L’Offre à prix ferme a été sursouscrite plus de cinq fois,…

Lire la suite

Finance

Sous pavillon marocain, Banque Atlantique investit sur tous les fronts

La greffe de 2012 avec Banque populaire a pris. En forte progression, le groupe panafricain se diversifie, misant aussi bien sur les infrastructures que sur la microfinance.

Lire la suite

Institutions

Abidjan : plus de 4 500 personnes aux Assemblées de la Banque africaine de développement

Six chefs d’État, un vice-président et deux Premiers ministres ont participé à l’ouverture officielle des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le 26 mai. Avec deux temps forts…

Lire la suite

Conjoncture

Perspectives économiques : la BAD appelle à

Le rapport “Perspectives économiques en Afrique 2015”, impulsé par la Banque africaine de développement, appelle les États du continent à mobiliser le potentiel “immense et largement inexploité” de leurs territoires.

Lire la suite

Actu

Cette semaine dans Jeune Afrique

Cette semaine, “Jeune Afrique” brosse le portrait de Nassef Sawiris. Le benjamin et le plus effacé des fils du magnat égyptien Onsi Sawiris est déjà la première fortune d’Afrique du…

Lire la suite

La Banque mondiale mobilise 248 millions $ pour développer les activités agro-pastorales au Sahel

(Agence Ecofin) – La Banque mondiale a annoncé, le 26 mai, que son conseil d’administration a approuvé un financement  de 248 millions de dollars destinés à renforcer la productivité, la pérennité et la résilience des moyens de subsistance des populations pastorales dans six pays du Sahel.

Ce financement de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds du groupe de la Banque mondiale dédié aux pays les plus pauvres, se décline comme suit : crédits de 30 millions de dollars pour le Burkina Faso et le Sénégal et de 45 millions de dollars pour le Niger et le Mali ; et dons de 45 millions de dollars pour la Mauritanie et le Tchad, et de 8 millions de dollars pour le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS).

L’enveloppe de 248 millions de dollars contribuera à améliorer l’accès à des services essentiels, comme les soins vétérinaires, l’eau, les prévisions météorologiques, les pratiques de gestion du bétail et des pâturages, la nutrition animale, les informations sur les marchés et des services de conseil adaptés à des communautés nomades, dans l’objectif de stimuler leur productivité. Elle va aussi promouvoir la coopération nationale et régionale, notamment en matière de contrôle des maladies, de gestion des ressources naturelles, de déplacements transfrontaliers des troupeaux et de facilitation des échanges. Enfin, il renforcera la résilience face au changement climatique, aux épizooties, aux aléas économiques, aux conflits et à l’insécurité.

«Les investissements envisagés ciblent des zones qui ont été historiquement mal dotées et où vivent un grand nombre de ménages exposés aux sécheresses et piégés dans la pauvreté, faute de posséder suffisamment de biens. Ces fonds devraient promouvoir une prospérité partagée en permettant aux familles de traverser les prochains chocs avec moins de pertes et d’investir dans le développement de leur capital humain», souligne Christian Berger, chef d’équipe du projet à la Banque mondiale.

En Afrique subsaharienne, les activités pastorales constituent la principale source de revenu de quelque 50 millions d’habitants. Au Sahel, les terres arides et semi-arides occupent 75 % du territoire et font vivre près de 20 millions de pasteurs.

Lire aussi

19/06/2012 – L’Europe lance un partenariat pour la résilience au Sahel

01/04/2015 – La Banque mondiale recommande davantage d’investissement public dans l’agriculture africaine

18/03/2015 – La Banque mondiale alloue 22 millions $ au secteur de la pêche en Guinée et en Mauritanie