L’Etat doit-il subsidier les Eglises?

Jacques Neirynck

Après 23 jours, le pasteur Daniel Fatzer vient d’interrompre sa grève de la faim, sans avoir obtenu la réintégration des pasteurs licenciés par le Conseil Synodal, à commencer par lui-même. Tout en se gardant de s’immiscer et de trancher dans un conflit interne à une Eglise, à laquelle je n’appartiens pas, on peut saisir cette occasion pour réfléchir aux rapports entre l’Etat de Vaud et les Eglises. Quelle est la raison qui justifie le subside accordé par le pouvoir politique à une organisation religieuse ? La coutume sans doute. Mais cette habitude tombe en déshérence. Eglises et temples sont de moins en moins fréquentés. Il suffirait de temporiser dans la situation actuelle pour entrevoir un temps où les fidèles constitueront une si petite minorité que l’Etat n’y prêtera même plus attention. Dans ce canton de Vaud, il y a plus de citoyens sans appartenance religieuse que de fidèles dans l’EERV.

L’Etat verse 60 millions de francs en 2014 aux Eglises réformée et catholique vaudoises, qui se les répartissent. Une somme qui représente moins de 0,7 % du budget de l’Etat. Avec 34,5 millions de francs, l’EERV couvre notamment les salaires des ministres et la formation. Le canton est propriétaire des cures. Et les communes entretiennent leurs églises. Ainsi, l’Etat assure la tradition de ces institutions, tout comme il maintient l’existence de théâtres, d’orchestres, de musées. Au regard de la loi, les Eglises remplissent une fonction sociale en perpétuant une tradition spirituelle, qui soutient maintes personnes dans les difficultés. Bien évidemment cette activité d’ordre culturel ne peut s’exercer sous le contrôle de l’Etat. Les ministres du culte, comme les écrivains, les journalistes, les enseignants, jouissent de la liberté de parole. Même si celle-ci n’est pas absolue, ses limites sont très larges.

Le conflit entre le Conseil Synodal et plusieurs pasteurs licenciés provient du mécanisme de subsidiation. Les pasteurs et les prêtres sont les employés de leurs Eglises et non de l’Etat. Jusqu’en 2007, les pasteurs dépendaient directement de l’Etat. Depuis, celui qui paie est devenu le maître. Autant l’Etat se gardait comme la peste d’intervenir dans la prise de parole des ministres du culte, autant les organes dirigeants des Eglises sont tentés de le faire. Il faut d’urgence revenir au statut d’avant 2007. Les subsides consentis aux Eglises n’ont pas pour but de permettre une censure interne.

Car la Réforme a surgi précisément comme refus du centralisme romain. La multiplicité des Eglises réformées et l’absence d’un double du pape permettent une diversité et une liberté, qui devraient caractériser les chrétiens. Ils ne vivent pas tous dans les mêmes conditions, ils n’ont pas tous les mêmes traditions, ils disposent de conceptions du monde différentes. La foi religieuse ne peut se transmettre qu’en s’adaptant à cette divergence culturelle. C’est bien la tâche que s’était attribuée les pasteurs de l’église Saint Laurent à Lausanne : aller à la rencontre des gens pour les rencontrer là où ils se trouvent et non pas là où l’on suppose qu’ils devraient être.

L’Eglise catholique (dont je suis) a grand besoin d’Eglises réformées pour encourager sa rénovation. Ainsi, en instituant des femmes pasteurs, le protestantisme a démontré qu’il est concevable et souhaitable de consacrer des femmes prêtres. De même, en utilisant les langues vernaculaires plutôt que le latin, la Réforme a entrainé le même mouvement pour l’Eglise catholique.

A l’invitation des pasteurs de Saint Laurent, j’ai pu animer un culte dont j’avais choisi les lectures parmi l’oeuvre des écrivains de langue française, plus accessibles, plus parlants, plus proches de nous que le prophète Isaïe ou l’apôtre Paul. Cela ne m’avait jamais été proposé auparavant. Ce qui vient de se passer me fait craindre que cela ne se passera plus jamais. Et qu’un jour l’objet du litige lui-même, le salaire d’un pasteur transitant par une caisse synodale deviendra obsolète.

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Appel des organisations protestantes à accueillir des exilés : “C’est aux religieux de prendre leur …

Plusieurs organisations protestantes de France, regroupées au sein du collectif “Exilés: l’accueil d’abord !”, ont lancé vendredi un appel à accueillir les exilés dans de meilleures conditions en France, notamment dans des familles volontaires. Ce collectif est composé de l’Eglise protestante unie de France, de l’ONG la Cimade, de la Fédération protestante de France et de la Fédération de l’entraide protestante, ainsi que de l’Union bouddhiste de France et de l’association Coexister.

“C’est aux religieux de prendre leur part de responsabilité, à la foi d’interpeller, de dénoncer à des moments, mais aussi d’accompagner” explique ce samedi sur France Info Daniel Cassou, pasteur, et chargé de communication pour l’Eglise protestante unie de France.

“Il ne faut pas attendre que la Méditerranée devienne le plus grand cimetière du monde pour réagir (…). Nous voulons interpeller les autorités publiques par une démarche citoyenne, républicaine, autour de la Fête nationale du 14 juillet, qui va rassembler tous les Français autour de la devise nationale ‘Liberté égalité fraternité’.”

Les initiateurs du mouvement reprochent aux autorités de compliquer l’accueil des migrants : “Malheureusement, il y a plus de familles qui sont prêtes à accueillir que de réfugiés qui ont l’autorisation d’être accueillies.
Les arguments des autorités sont des arguments techniques, politiques, pour que les réfugiés restent dans des camps, soit en Syrie, soit aux Portes de l’Europe, mais la question reste bien plus large, nous avons des réfugiés en France que nous devons accueillir de manière bien plus humaine. Je crois qu’il faut que nous prenions conscience que l’accueil de ces réfugiés est un problème humain qui va durer, ça n’est pas un épiphénomène, donc nous devons avoir un autre regard sur les exilés” ajoute Daniel Cassou.

Les organisateurs de la campagne appellent les pasteurs à afficher la bannière “Exilés : l’accueil d’abord” au fronton des temples. Ils vont également envoyer des lettres aux députés, et lancer des appels via les réseaux sociaux.

Le pasteur Fatzer cesse sa grève de la faim

Le pasteur Daniel Fatzer a stoppé le 8 juillet 2016 sa grève de la faim entamé 23 jours plus tôt à l’église St-Laurent de Lausanne pour protester contre son licenciement. S’il n’a rien obtenu dans son cas personnel, il se réjouit d’avoir soulevé dans le grand public des questions telles que la brutalité du droit du travail suisse ou le déficit démocratique au sein de l’Eglise évanglique réformée vaudoise  (EERV).

Toujours avec la même mise en scène, matelas gonflable au milieu de l’église, entouré de trois de ses collègues licenciés comme lui, et de quelques membres de son groupe de soutien, le pasteur Fatzer n’a pas changé de ton. «J’arrête ce jeûne de contestation parce que j’ai obtenu ce que je pouvais en espérer. Je remercie mon ex-employeur. J’ai perdu 10 kg au seuil de l’été. J’en avais besoin. Lorsque l’on m’a signifié mon licenciement, j’avais promis à mon employeur un feu d’artifice médiatique.”

Sur le fonds, le ministre n’a néanmoins rien obtenu puisque, selon un communiqué de l’EERV, «Daniel Fatzer a quitté la table de la médiation ce vendredi matin au terme d’une deuxième rencontre.» Dans cette affaire, la Conseillère d’Etat Béatrice Métraux avait, en effet, offert ses bons offices. Une décision sur laquelle le pasteur ne fera aucun commentaire, respectant un engagement à la confidentialité.

Reprendre des forces pour un nouveau combat

Le pasteur tient aussi à “reprendre des forces pour le marathon de combats qui s’annonce”, Il rappelle notamment que plusieurs cas opposant l’EERV à ses ex-employés devront être traités par les tribunaux dès cet automne. Selon Xavier Paillard, président du Conseil synodal  de l’EERV quatre procédures en cours devant les prud’hommes, y compris le cas de Daniel Fatzer.

Pour le pasteur cette grève de la faim médiatisée a servi à sensibiliser la population vaudoise aux dysfonctionnements graves de cet employeur. Il se décrit lui-même comme un «lanceur d’alerte». Au fil des jours, dans une église Saint-Laurent «visitée du matin au soir, j’ai réalisé que je faisais aussi ce jeûne pour tous les gens qui sont maltraités par la loi sur le travail. J’aurais aimé que l’Eglise puisse être présentée comme un employeur modèle. Ce n’est pas le cas.»

Les autorités de l’EERV ont pris acte de la fin du jeûne du ministre licencié. «Nous regrettons énormément le battage médiatique orchestré par le pasteur Fatzer, a souligné Lise Dépraz, pasteure et membre du Conseil synodal. Alors que beaucoup de gens s’engagent dans l’EERV, il est triste de focaliser toute l’attention sur un conflit d’ordre privé entre l’Eglise et quelques pasteurs.» (cath.ch-apic/ag/mp)

Les protestants du Havre se mobilisent pour l’accueil des exilés

À l’initiative de l’Église protestante unie de France, un collectif intitulé « Exilés, l’accueil d’abord ! » a été fondé il y a quelques semaines. À l’approche du 14 juillet et de cette fête nationale où l’on exalte les valeurs de la devise républicaine : liberté-égalité-fraternité, il appelle à « un accueil conforme aux principes républicains et aux capacités de la France ».

Autour de cet appel, une campagne de sensibilisation est engagée, tant sur le plan national que dans les régions. Ainsi, l’Église protestante unie du Havre-Etretat-Montivilliers et l’Entraide protestante prennent trois initiatives. La première est l’envoi d’un texte qui interpelle les parlementaires de la région havraise. Il porte les signatures de Pauline Raoul-Duval et Frédéric d’Herbécourt, présidents respectifs de l’Entraide protestante du Havre et du conseil presbytéral de l’Église protestante unie du Havre-Etretat-Montivilliers.

Lancement de la campagne dimanche

La deuxième action, c’est la présence cet été d’une grande bannière sur la façade du temple. Une invitation est faite enfin à tout citoyen ou collectif intéressé de relayer cette interpellation sur les réseaux sociaux. Les pasteurs et le conseil presbytéral de l’Église protestante unie du Havre-Etretat-Montivilliers rappellent que les protestants de notre région ne sont pas inactifs face aux nombreuses demandent formulées chaque jour, chaque semaine de l’année par des migrants : distribution alimentaire (ceci depuis 2004), accueil, recherche de solutions pour l’hébergement, écoute, soutien moral et apport de conseils.

Le lancement de la campagne a lieu ce dimanche 10 juillet. À 10 h 30, le culte dominical sera placé sous le signe de l’accueil et fera écho à l’interpellation des parlementaires, puis la bannière sera déployée à 11 h 45.

Collectif « Exilés : l’accueil d’abord ! » sur Facebook et Twitter. Pasteur Marion Heyl : 06 74 64 38 75 et marionheyl@laposte.net. Pasteur Emmanuel Rouanet : 06 40 95 33 71 et emmanuel.rouanet@laposte.net

Satisfait de son «feu d’artifice médiatique», le pasteur Fatzer met fin à sa grève de la faim

Caméras, appareil photo et bloc-notes prêts à immortaliser l’instant, les journalistes ont répondu présents à l’invitation du pasteur Daniel Fatzer, vendredi en l’église Saint-Laurent à Lausanne. Quelques membres de son groupe de soutien sont également là. Le ministre qui poursuit un «jeûne de contestation» strict depuis une vingtaine de jours, trône sur un matelas gonflable au milieu du temple. Alignés sur des chaises à ses côtés, trois des quatre anciens collègues licenciés au cours des trois dernières années par l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV).

«Je mets fin à cette grève de la faim, car j’ai obtenu ce que je pouvais obtenir. J’ai alerté la population sur la situation dans l’Eglise réformée vaudoise. Et j’ai obtenu le soutient de la population», déclare le pasteur qui occupe le temple du centre lausannois depuis le 18 juin, au lendemain de son licenciement pour faute grave, intervenu à la suite de deux mentions nominatives de situations personnelles d’autres pasteurs prononcées lors du culte radio, diffusé en direct sur Espace 2, le 12 juin.

Un feu d’artifice médiatique

«Lorsque l’on m’a signifié mon licenciement, j’avais promis à mon employeur un feu d’artifice médiatique», a rappelé Daniel Fatzer, durant sa conférence de presse. Et c’est sans doute tout ce que le ministre a obtenu, puisque, selon un communiqué de l’EERV, «Daniel Fatzer a quitté la table de la médiation ce vendredi matin au terme d’une deuxième rencontre.» Dans cette affaire, la Conseillère d’Etat Béatrice Métraux avait, en effet, offert ses bons offices. Une décision sur laquelle le pasteur ne fera aucun commentaire, respectant un engagement à la confidentialité.

«Si j’étais ermite, il est certain que je poursuivrais le mouvement, mais j’ai une famille qui souffre de cette situation», a déclaré le pasteur qui déclare avoir perdu 10 kilo durant ces 23 jours de contestation. «Il me faut par ailleurs reprendre des forces pour le marathon de combat qui s’annonce», ajoute-t-il. Il rappelle notamment que plusieurs cas concernant l’EERV devront être traités par les tribunaux dès cet automne. «Il y a sept à huit procès impliquant des pasteurs, dont un a déjà été gagné», rappelle Daniel Fatzer. Des chiffres contestés par Xavier Paillard, président du Conseil synodal (exécutif) de l’EERV: «Il y a trois procédures en cours devant les prud’hommes. Quatre si l’on compte le cas de Daniel Fatzer.»

Pasteurs captifs

«Je n’ai pas fait cela pour moi, je l’ai fait pour mes quatre autres collègues», insiste Daniel Fatzer. S’oppose-t-il par principe au licenciement d’un pasteur? «Quand on prend le risque d’être engagé par l’EERV, on se retrouve dans une situation où l’on ne peut aller nulle part si l’on se fait virer. Les pasteurs sont captifs de cette Eglise. Donc oui, je pense que l’on ne devrait pas pouvoir licencier un pasteur, et l’Eglise devrait y être sensible au moment d’engager quelqu’un dans le ministère.»

Xavier Paillard rétorque: «les pasteurs ne sont pas des employés plus captifs que les travailleurs de n’importe quelle branche où un acteur à une position dominante. Il peut être engagé par une autre Eglise réformée. En outre avec sa formation en théologie, il peut trouver du travail comme journaliste, enseignant ou une autre fonction à caractère social.»  

Les fidèles ne se sentent pas entendus

Daniel Fatzer dénonce aussi le «déficit démocratique» de l’Eglise, concentrant, ces dernières années tout le pouvoir entre les mains du Conseil synodal et des l’Office des ressources humaines. «Il n’y a pas de réel contre-pouvoir; le synode ne joue pas ce rôle. Les fidèles ne se sentent pas entendus.» Xavier Paillard conteste également: «les assemblées de paroisses élisent des délégués à la région, qui à leur tour élisent des délégués au synode. Et à chaque niveau, l’assemblée élit un conseil exécutif ainsi qu’une commission de vérification des comptes et de la gestion. On a un parfait exemple de démocratie parlementaire.»

Un droit du travail brutal

«Au fil des jours, j’ai réalisé que je faisais aussi ce jeûne pour les travailleurs nombreux qui sont venus me soutenir et qui sont maltraités par une loi sur le travail qui permet à n’importe quel employeur de se débarrasser d’un employé et qui ne permet même pas aux prud’hommes d’obliger une entreprise à réengager quelqu’un. Il se pourrait que la prospérité de notre pays se fasse sur des déchetteries de travailleurs poubellisés par une loi brutale», a également plaidé Daniel Fatzer. «J’aurais aimé que l’Eglise puisse être présentée comme un employeur modèle. Ce n’est pas le cas.» Xavier Paillard ne pense pas que l’Eglise se comporte comme n’importe quel autre employeur. «D’abord, je dis toute mon admiration pour la grande majorité des PME qui ont une gestion humaine des ressources humaines. Et je crois que l’Eglise n’est pas en reste dans ses offres de formation, de suivi de ceux qui travaillent pour elle et d’accompagnement des personnes en situation de fragilité.»

Malgré l’absence de consensus, le pasteur Fatzer arrête son jeûne de contestation

Alité sur son matelas pneumatique qu’il n’a pas quitté depuis 23 jours, le pasteur de l’Eglise lausannoise de Saint-Laurent, Daniel Fatzer, allume son micro. Installé sous une banderole balisée «Eglise habitée», il commence à parler. «Tout le monde est prêt?» s’assure-t-il. Entouré de pasteurs licenciés, dont il a intégré la défense à sa cause, il annonce l’arrêt de sa grève de la faim. «Mon 400 mètres sprint se termine ici, mais un marathon de résistance commence», image-t-il.

Le 15 juin dernier, le pasteur Fatzer avait annoncé sa grève de contestation afin de protester contre son licenciement immédiat pour justes motifs. Les dirigeants de l’église réformée lui reprochaient d’avoir cité nommément, durant un culte radiodiffusé, le nom d’un collègue licencié par l’Eglise.

Sur les bancs de Saint-Laurent, une trentaine de personnes sont venues écouter le prêche de ce pasteur désormais «bénévole en son église». «J’ai obtenu ce que je pouvais espérer d’un tel jeûne, poursuit-il. Sans cela, je n’aurais jamais rassemblé tout ce monde. J’ai reçu beaucoup de soutien, et obtenu une remise en question de mon employeur.» Celui qui prétendait poursuivre sa grève jusqu’à sa réintégration ne le fera donc pas. Les négociations entre le pasteur et l’EERV n’ont pas abouti, «la suite est à découvrir lors des sept à huit procès qui s’ouvriront à partir du mois d’août 2016».

Daniel Fatzer et l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) ont tenté des négociations, que le pasteur a quittées vendredi matin. «Je ne vous en dirai pas plus, au vu de l’embargo que je me suis engagé à respecter. Mais j’ai toujours dit que la réintégration de tous les pasteurs licenciés par l’Eglise depuis deux ans était l’un des points sur lesquels je ne transigerais pas.» Voilà qui ne semblait pas être à l’ordre du jour de l’institution.

Viser le pardon et la réconciliation

Dans un communiqué diffusé vendredi, le Conseil synodal de l’EERV «estime avoir fait plusieurs pas significatifs dans le sens des demandes du pasteur Daniel Fatzer. Il a proposé un chemin de pacification en Eglise, sans interférences avec les procédures juridiques en cours. Il a notamment ouvert, pour chaque personne licenciée, la possibilité d’un dialogue qui vise au pardon et à la réconciliation.»

Après avoir perdu dix kilos, le pasteur Fatzer rompra le jeûne vendredi soir. Il aura le droit, pour commencer, à un repas qui ne dépassera pas 175 calories.


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Le pasteur Daniel Fatzer arrête sa grève de la faim

Le pasteur trublion Daniel Fatzer a décidé de cesser son jeûne de contestation, après 23 jours. L’ancien ministre de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) annonce également qu’il devrait quitter l’église Saint-Laurent, à Lausanne, qu’il occupait jour et nuit depuis le 15 juin dernier.

Face aux médias, le pasteur a expliqué cet après-midi les raisons qui l’ont incité à stopper sa démarche. «J’ai hésité à continuer, dit-il. Si j’étais un moine ermite je n’aurais pas hésité une minute à continuer. On peut aller jusqu’à 60 jours. Mais j’ai une famille qui s’use de mon combat.»

Il devrait reprendre son premier repas ce vendredi soir, sous contrôle médial. «Il ne devra pas dépasser 175 calories», précise-t-il. Et de lancer un trait d’humour: «Je remercie mon ex-employeur de m’avoir permis de perdre dix kilos au seuil de l’été, j’en avais besoin.»

Médiation échouée

Une médiation entre le pasteur Daniel Fatzer et le Conseil synodal, organisée par la conseillère d’Etat Béatrice Métraux, a échoué. Après une première séance lundi, une deuxième s’est tenue ce vendredi matin et s’est terminée sans trouver d’accord.

Dans un communiqué diffusé peu après, le Conseil synodal «a pris acte avec regret que Daniel Fatzer a quitté la table de la médiation».

Daniel Fatzer demandait notamment sa réintégration comme pasteur au sein de l’EERV, ainsi que la réintégration de quatre autres pasteurs licenciés par l’Eglise depuis deux ans. Un point qui n’était pas à l’ordre du jour pour l’institution.

«Des pas significatifs»

Le Conseil synodal «estime avoir fait plusieurs pas significatifs dans le sens des demandes du pasteur Daniel Fatzer. Il a proposé un chemin de pacification en Eglise, sans interférences avec les procédures juridiques en cours. Il a notamment ouvert, pour chaque personne licenciée, la possibilité d’un dialogue qui vise au pardon et à la réconciliation.»

En d’autres termes, des solutions individuelles pourrait être trouvées. Mais pas question de décréter «une amnistie générale» sur les licenciements, comme le réclamait Daniel Fatzer.

Daniel Fatzer jeûnait pour protester contre son licenciement de l’EERV «avec effet immédiat», survenu après un coup d’éclat en direct lors d’un culte radiodiffusé sur Espace 2, où il a cité nommément deux collègues pasteurs. Il entendait dénoncer cinq autres licenciements intervenus au sein de l’institution depuis deux ans.

«Déficit démocratique»

«L’EERV est en déficit démocratique, estime Daniel Fatzer, il n’y a en effet ni droit d’initiative ni droit de référendum dans cette Eglise. C’est la voie que j’aurais choisi cas échéant. J’ai donc choisi de m’adresser au peuple vaudois tout entier.»

Il rappelle que son jeûne visait à soutenir des collègues et pas à défendre sa propre situation. «Au fil des jours, dans l’église Saint-Laurent visitée du matin au soir, j’ai aussi réalisé que je faisais aussi ce jeûne pour les travailleurs nombreux, maltraités dans notre pays par la loi sur le travail.»

Même si rien de concret n’a été obtenu, ce «400 mètres haies», comme il l’appelle, sera suivi d’un «marathon de résistance» dès 2017: pas moins de sept démarches en justice sont annoncées, lancées par des pasteurs licenciés contre leur ancien employeur, l’EERV.

(24 heures)

(Créé: 08.07.2016, 13h35)

«Le football est un résumé de la vie, comme l’Evangile»

Il se rêvait footballeur, il est devenu pasteur. Proche de sa retraite, Pierre-Yves Pasquier (61 ans) nous fait visionner les meilleurs moments de sa carrière. Premier ralenti sur sa vocation: «Un jour, le Seigneur m’a demandé de le servir à plein-temps. J’ai répondu, d’accord, mais laisse-moi faire du sport», explique ce natif d’Aubonne. Il jouera donc dans l’équipe de Dieu, recevant la consécration au ministère en 1980. Il exerce à Lignerolles pendant dix ans, découvrant le pied du Jura et le terrain rural. «Le président de mon conseil de paroisse signait des documents sur le dos des vaches.» Puis vingt ans dans la paroisse de Corsier/Corseaux. Le professionnel a achevé son ministère à Nyon, ces six dernières années. Il se réinstalle ces jours à Aubonne, avec son épouse, Françoise.

Pierre-Yves Paquier a marqué des points comme sportif: il a ainsi remporté le championnat vaudois de tennis en 2015 dans la catégorie seniors (55 +), devenant probablement le premier pasteur vaudois à obtenir une coupe sur un court. «Avec Dieu, nous ferons des exploits», dit-il, citant le psaume 60. Mais le sport est surtout une référence et une façon de s’adresser aux gens. Il dit du football qu’il est «un résumé de la vie, tout comme l’Evangile».

Une publication à succès

Il a poussé loin le rapprochement entre la religion et l’univers du ballon rond dans une plaquette éditée en 2008 et intitulée Buts, stars et Messi… e. Trente méditations sur les penalties, les coups francs, les cartons, les gardiens, qui ne sont que des prétextes à citer la Bible. Rien n’est oublié, jusqu’à la tricherie et aux débordements des supporters. «J’avais plein de copains footballeurs, des gaillards qui ne venaient jamais à l’église, rigole-t-il. C’était un défi de leur parler de l’Evangile.» La publication a connu un franc succès, tirée à 20 000 exemplaires.

Au passage, que pense-t-il de l’Euro 2016? «Un peu déçu, lâche-t-il, car les équipes ont plus souvent joué la défense que l’attaque.» Lors de notre entretien en début de semaine, il pronostiquait une finale Allemagne-Portugal, commentant les forces des équipes en amateur éclairé. Le style de ministère de Pierre-Yves Paquier se veut ainsi populaire, adressé au plus grand nombre. «Mon vœu le plus grand pour l’Eglise, c’est qu’elle redevienne simple, vivante et proche des gens.»

Jouer sur tous les terrains

La vocation de pasteur, telle qu’il la conçoit, est celle d’un généraliste capable de jouer sur tous les terrains. Capitaine aumônier à l’armée pendant vingt ans, pasteur du Grand Conseil pendant six ans (à l’époque où des députés allaient se recueillir à la cathédrale avant de siéger), il se dit à l’aise avec tous les milieux sociaux: «Etre pasteur, c’est s’occuper des gens de leur baptême à leur dernier souffle.» Il avoue aimer la prédication, avec un accent particulier sur l’Apocalypse. «C’est l’un des livres bibliques les moins connus, le mot Apocalypse fait peur, mais c’est l’apothéose du triomphe du Christ, un livre pétri d’espérance», explique-t-il, mentionnant pas moins de 14 passages de louanges et d’actions de grâce. «Je crois ce que dit la Bible sur le retour du Christ et j’ai été appelé à transmettre le message à mes contemporains. Il nous demande de faire en sorte que notre vie soit belle et digne.»

Pierre-Yves Paquier revendique une sensibilité évangélique, «dans le sens de fidélité à l’Evangile. Je prends la parole de Dieu pour ce qu’elle dit.» Au risque de ne pas plaire à tout le monde, il se déclare favorable au projet de Haute Ecole en théologie professante (HET-Pro) de Saint-Légier: «Je suis un peu triste de ce qu’on a fait de la Faculté de théologie de Lausanne. On remplit les têtes et on oublie de remplir les cœurs. Apprendre le métier de pasteur est aussi important qu’étudier la théologie.» Le joueur de la foi n’a pas l’intention de quitter le terrain après sa retraite: «Je continuerai avec plaisir à prêcher en réserviste, à disposition de l’équipe.» (24 heures)

(Créé: 08.07.2016, 10h06)

«Il faut en finir avec l’Église de grand-papa»

Une porte grande ouverte, des jouets d’enfants un peu partout, un trampoline au milieu du jardin, un drapeau suisse affublé du logo du Lausanne Sport à la fenêtre. Le bâtiment de la cure de Savigny où Benjamin Corbaz vit avec sa femme et son fils depuis août 2015 – date à laquelle il a pris la tête de la paroisse de Savigny-Forel – est à l’image de son locataire. Construit au XVIIe siècle, cet ancien couvent de frères franciscains à l’architecture plutôt rigide et austère respire aujourd’hui la joie de vivre, l’ouverture sur le monde, la modernité. «Ce lieu, c’est vraiment qui je suis», confirme l’homme de 36 ans. Un pasteur qui, conscient des traditions et des valeurs de son Eglise, veut y insuffler un vent de fraîcheur et de renouveau.

Sur la table de sa salle à manger sont posés son smartphone et son ordinateur. Féru de nouvelles technologies et très actif sur les réseaux sociaux, Benjamin Corbaz ne se déplace jamais sans «ses outils de travail», comme il les appelle. Véritable pasteur 2.0, il est présent sur Facebook et tient un blog lu par toujours plus d’internautes à travers le monde. Il tweete également beaucoup, que ce soit au sujet de la dernière victoire du Lausanne Sport, de ses séries télévisées préférées, ou encore des dernières actualités de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV). Pour prêcher la bonne parole, il n’attend pas que les gens viennent à lui. C’est lui qui va vers eux, sur le Web. «Il faut vivre avec son temps», insiste-t-il.

Si aujourd’hui il n’échangerait sa place de ministre pour rien au monde, quand il était petit, Benjamin Corbaz était pourtant catégorique. Jamais de la vie, il ne deviendrait pasteur. Un métier qu’exerçaient à la fois son père et sa mère. «A l’époque, ce qui me faisait rêver, c’était plutôt le sport et surtout le foot, se rappelle ce fervent supporter du Lausanne Sport. Faire la même chose que mes parents ne m’intéressait pas.»

L’appel, le fameux, c’est sur le tard que le Vaudois l’entend. Il a presque 25 ans lorsque, attablé à une terrasse de l’Université de Lausanne, où il suit des études de lettres, un de ses amis lui demande ce qu’il va faire une fois son diplôme en poche. Hésitant entre le journalisme sportif, l’enseignement ou le social, il répond qu’il n’en sait rien. «Mais pourquoi ne ferais-tu pas pasteur?» lui rétorque alors son collègue. S’il avait toujours refusé l’idée, cette discussion le taraude. Encore très actif auprès des jeunes, notamment dans l’accompagnement de camps de catéchisme, il prend conscience que c’est là qu’il y a découvert le sens profond de l’amour de Dieu. «Ado, ma vie était compliquée. Mal dans ma peau, j’ai eu de la peine à trouver ma place. Pourtant ces camps de catéchisme m’ont aidé à me construire. Je m’y sentais épanoui et heureux.» C’est une révélation. Il réinterprète ce souvenir comme étant l’appel de Dieu. Le fameux.

Il se lance alors dans des études de théologie avec, dans un coin de la tête, l’idée de changer l’image parfois austère et figée de son Eglise. «Avec des parents pasteurs, j’ai remarqué que beaucoup de préjugés et de stéréotypes lui étaient rattachés. En me lançant dans cette voie, j’ai voulu donc faire les choses autrement. Il faut en finir avec l’Eglise de grand-papa: elle doit se réinventer, innover, oser, tout en gardant profonde les traditions qui ont fait son histoire et sa force.» Pour lui, l’Eglise doit être un lieu de vie avant tout. «On doit pouvoir y rire, y pleurer, y danser, y chanter, ou simplement s’y asseoir et écouter. Mais elle doit surtout être un lieu ouvert à tous qu’on soit jeune ou vieux, homme ou femme, gay ou hétéro.» Avant de conclure: «Dieu a un amour inconditionnel pour chacun de nous.» (24 heures)

(Créé: 07.07.2016, 10h07)

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