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Religion / Remise de diplômes pastoraux à Yopougon : Le révérend Olivier Nai donne les 5 secrets pour réussir dans son ministère

Publié le vendredi 14 mars 2014  |  L’intelligent d’Abidjan

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Il existe 5 secrets pour réussir dans son ‘’ministère’’ et au-delà, pour avoir du succès dans la vie. Il s’agit notamment, d’avoir une bonne renommée au sein de son église, d’avoir une couverture spirituelle ou un père spirituel, d’avoir une vision, d’avoir le sens des affaires en plus de sa mission ecclésiastique et enfin d’être un guide religieux capable de soutenir ses fidèles en difficulté. Ces recettes ont été données par le révérend Olivier Nai le samedi 08 mars 2014 à l’Institut Biblique ‘‘la bonne semence’’ de Yopougon Koweit où il est allé procéder à la remise de diplômes pastoraux à 5 étudiants dudit institut. « Celui qui n’est pas formé est un élément dangereux pour le corps du Christ. Cette cérémonie a valeur de consécration. Et si vous arrivez à saisir ce que je dis, vous allez réussir. Ne soyez pas des pasteurs qui sautent les clôtures et qui vont dans les maquis et boîtes de nuit », a conseillé le révérend Olivier Nai aux nouveaux serviteurs de Dieu ainsi qu’aux fidèles chrétiens de cette église. Pour traduire en acte ses prédications et conseils, le patron de la communauté ‘’Olivier Nahi Ministries’’, à travers son département social dénommé ‘’Ong Amour du Christ’’, a fait un don de kits de vêtements aux fidèles de l’institut ainsi qu’aux 5 étudiants consacrés pasteurs.

L.Barro

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Suède: un grand pasteur évangélique se convertit au catholicisme

13/03/14

Le dimanche 9 Mars,  les communautés évangéliques suédoises ont appris avec stupéfaction qu’Ulf Ekman, un des pasteurs évangéliques les plus connus dans le pays, ainsi que son épouse, Birgitta, allaient se convertir au catholicisme. Une annonce que le pasteur  a faite personnellement pendant un sermon, dans l’église qu’il a lui-même fondée il y a 30 ans à Upsal.
 
«  Nous aimons cette assemblée que nous avons contribué à construire et que nous avons servie pendant ces trente dernières années. Nous ne pourrions pas imaginer autre chose que d’être pleins de gratitude pour cette longue période avec vous. Néanmoins, nous avons senti clairement  l’appel du Seigneur d’entrer avec foi dans une nouvelle phase de notre vie. Tout en le faisant, nous sommes convaincus que l’assemblée est entre de bonnes mains et continuera de fleurir et porter de bons fruits dans la vision qui est la sienne », déclare le pasteur face à une immense assemblée au cours de son sermon, le 9 mars dernier.
 
« J’en suis venu à réaliser que le mouvement que nous avons représenté au cours des trente dernières années, en dépit de ses succès et du grand bien réalisé dans  différents domaines de mission, fait partie de la fragmentation en églises protestantes de la chrétienté, en cours », expliquera-t-il ensuite  dans un éditorial pour le grand journal évangélique suédois de référence  Daegens Nyheter.

Tous les Suédois savent qui est Ulf Ekman, fondateur en 1983 de la communauté charismatique Livets Ord (littéralement « La Parole de la Vie »), après avoir claqué la porte de l’Eglise luthérienne de Suède, où il était pasteur. Son but à l’époque, rapporte La Vie, était de revenir aux fondamentaux de la foi, non sans triomphalisme et en prêchant notamment la guérison, selon le modèle des grandes Eglises pentecôtistes américaines. Le tout en s’opposant explicitement à la théologie libérale des luthériens d’une part et, d’autre part, à la papauté, diabolique, des catholiques…
 
Depuis sa création, Livets Ord a connu un grand succès populaire. Son école biblique est devenue une référence parmi les évangéliques et serait la plus importante de Scandinavie. En quelques années, elle s’est surtout imposée comme la plus grande megachurch en Suède. Plus de 9500 étudiants sont sortis diplômés de son école biblique.

En rejoignant l’église catholique, Ukf Ekman dit envisager de poursuivre l’unité entre les confessions et mouvements chrétiens. Dans une note sur le site Web de son ministère, il explique qu’avec sa femme, durant ces dix dernières années, ils ont vécu une lente transformation aux contacts de catholiques romains pratiquants, notamment de nombreux charismatiques. «  Cela a vraiment remis en question nos préjugés protestants, et nous avons réalisé que, dans de nombreux cas, nos critiques à leur égard ne reposaient sur aucune base », déclare Ukf Ekman dans cette note. Il ajoute : « Nous avions besoin de mieux connaître la foi catholique ».
 
Selon des détails rapportés par La Vie, dans certains milieux protestants courait le bruit depuis des années que le pasteur penchait « dangereusement » pour la théologie catholique. Le couple Ekman avait commencé à faire des retraites spirituelles, très à la mode en Suède dans les milieux œcuméniques.  Depuis son départ à la retraite, l’année dernière, en démissionnant de son poste de pasteur principal, il n’a cessé de multiplier les références catholiques.
 
Ulf Ekman explique un bout du chemin de sa propre conversion et celle de son épouse Birgitta dans une lettre envoyée à tous les membres de Livets Ord le 9 mars, dont vous trouverez tout le contenu directement sur le site de La Vie qui répercute également toutes les réactions à cette annonce, en particulier sur les réseaux sociaux.

Centrafrique : un pasteur prie pour les ex-Selekas


 

Le pasteur Dieudonné rappelle que la folie de Dieu et son amour profond pour le pardon des péchés sont plus sages que les hommes.

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300-200-radioUn journal a titré dans son édition du 20 février : « La société centrafricaine est devenue folle ». Explosion, lynchage, viols, le pays traverse une guerre civile marquée par l’horreur et la déchéance.

C’est dans un tel contexte que le pasteur Dieudonné basé à Bangui demande de prier, d’intercéder pour ses agresseurs. Lui-même a été pris pour cible a trois reprises en raison de sa charge pastorale. Au moment de l’interview, cet homme porte les vêtements que d’autres chrétiens ont bien voulu lui prêter.

Chez lui, tout a été pillé par les mercenaires de l’ex-Seleka, si bien que lui et sa famille sont obligés de dormir sur une natte à même le sol. Le pasteur Dieudonné n’est pas le seul et confirme que d’autres pasteurs ont été pris pour cible simplement parce qu’il prêchait l’Evangile. Il précise une nouvelle fois qu’il n’arrêtera pas de prêcher même si cela doit lui coûter la vie et lorsqu’on lui parle des ex-selekas, ses agresseurs, voilà ce qu’il dit :

« Moi, je vois que ce sont des créatures de Dieu. C’est Dieu qui les a créés. Donc il faut prier pour ceux que le diable utilise pour nous faire du mal, pour qu’ils puissent aussi connaître Jésus-Christ, comme leur Seigneur et Sauveur. C’est ce que je pense. Parce qu’ils ont été utilisés. S’ils connaissent Jésus-Christ, Ils ne peuvent pas commettre ces exactions là ! »

Au milieu des traumatismes, des assassinats. Le désir du pasteur Dieudonné de pardonner la folie de ces hommes tranche avec les violences qui traversent la société. Et même s’il semble encore plus fou de vouloir aimer ses agresseurs. Ce pasteur confirme par son témoignage que la folie de Dieu et son amour inconditionnel pour le pardon des péchés est plus sage que les hommes.

Légende photo : Le pasteur Dieudonné fait visiter son domicile encore dévasté

En croisade à Abidjan : Le ”Pape” des évangéliques fâche des milliers de malades

Pour nombre de malades ivoiriens, le nom du pasteur Benni Hinn a servi à escroquer (Ph. DR)

Annoncé à grand renfort de publicité, le pasteur Benni Hinn, qui est présenté comme le ‘’Pape’’ des chrétiens protestants évangéliques du monde a effectivement foulé le sol ivoirien. Mais, la séance de délivrance et de guérison tant annoncée que celui-ci devrait avoir avec les malades au stade de l’INJS, s’est faite sans lui. D’où la grogne qui fuse de partout.

En effet, c’est le lundi 03 mars que le Révérend Benny Hinn est arrivé en Côte d’Ivoire avec son staff. Conformément au programme préétabli, il y a eu une croisade de restauration au stade de l’INJS le même jour. Suivie dans la matinée du mardi 04 mars, d’un séminaire à l’intention des pasteurs. Dans la soirée, l’éminent hôte du jour a eu un dîner avec plusieurs hommes d’affaires chrétiens dans un grand hôtel de la Riéviéra Palmeraie, qui a fini tard dans la nuit. Mais alors que l’homme de Dieu se trouvait en face de ces opérateurs économiques, une séance de délivrance et de guérison, supposée se faire avec lui, est organisée au stade de l’INJS à Marcory. Et c’est là que les choses fâchent ; car le monde qui y a déferlé (estimé à plus de 80.000 personnes) s’est dit floué. «En venant au stade de l’INJS, nous avions à cœur de rencontrer le pasteur Benny Hinn qui a une renommée mondiale pour ses dons de guérison des paralytiques et des aveugles qui retrouvent la vue. Hélas ! Une fois là-bas nous avons été désillusionnés. Plusieurs orateurs, à l’exception de Benni Hinn pour lequel nous avons effectué le déplacement en grand nombre», ont confié amers, des malades qui nous ont contactés.

Pour ces derniers, ils ont fait l’objet d’une escroquerie morale ; surtout qu’en associant le nom de Benny Hinn dans cette croisade de guérison, ils n’ont pas lésiné sur les moyens pour faire des offrandes. Joint par téléphone dans la soirée d’hier, le pasteur Timothée Kouamé, coordonateur de l’arrivée de Benny en Côte d’Ivoire, a récusé ces accusations. Pour lui, il n’a jamais été question d’une séance de guérison placée sous la houlette du pasteur américain. «Sur les invitations, nous n’avons jamais dit que Benni Hinn serait présent au stade de l’INJS. Nous avons invité plusieurs hommes de Dieu qui sont venus soutenir notre programme qui est un programme spirituel. Ce n’est pas un concert où l’artiste qui est l’affiche doit nécessairement être présent sur scène. Sans la présence de Benny Hinn, l’esprit saint était là, et on a vu opérer des miracles. Le peuple de Dieu est reparti heureux », s’est défendu le pasteur Timothée, qui soutient que des pasteurs ont milité activement pour que l’arrivée de Benny Hinn en Côte d’Ivoire ne soit pas une réalité.

A noter que Toufik Benedictus « Benny » Hinn est un télévangéliste américain très connu pour son « miracle régulier Crusades ». Depuis des années, il parcourt toute la planète, voyant chaque année des dizaines de milliers de personnes recevoir Christ comme Sauveur personnel, des dizaines de milliers de guérisons documentées, des délivrances de démoniaques et des vagues d’onction du Saint-Esprit qui se répandent sur le peuple de Dieu pendant ces réunions.

 

G. DE GNAMIEN

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites

Ulf Ekman, fondateur d’une megachurch évangélique, devient catholique

Les évangéliques suédois sont sonnés. L’incroyable est arrivé. Ulf Ekman, fondateur de la plus grande megachurch évangélique suédoise, a fait savoir qu’au terme d’une longue réflexion, il allait se convertir au catholicisme. Il a lui-même fait l’annonce lors de sa dernière prédication, dimanche 9 mars, dans l’église qu’il a lui-même fondée il y a 30 ans à Upsal.
L’événement est considérable et, de prime abord, unique. (Si vous lisez l’anglais, on peut recommander cet article sur Christianity Today). Tous les grands quotidiens ont parlé à la une de cette conversion et le pasteur s’est fait inviter par les grandes chaînes populaires de la télé. Quant à la presse chrétienne, elle ne parle plus que de ça depuis dimanche.

Tous les Suédois ont en effet entendu parler d’Ekman, pasteur charismatique qui prêche depuis des décennies et sans aucun complexe un christianisme évangélique « orthodoxe », voire littéraliste. Après avoir claqué la porte de l’Eglise luthérienne de Suède, où il était pasteur, il a créé avec fracas en 1983 une petite communauté charismatique : Livets Ord (littéralement « La Parole de la Vie »). Le but étant de revenir aux fondamentaux de la foi, non sans triomphalisme et en prêchant notamment la guérison, selon le modèle des grandes Eglises pentecôtistes américaines. Le tout en s’opposant explicitement à la théologie libérale des luthériens d’une part et, d’autre part, à la papauté, diabolique, des catholiques…

Depuis sa création en 1983, Livets Ord a connu un grand succès populaire. Son école biblique est devenue une référence parmi les évangéliques et serait la plus importante de Scandinavie. En quelques années, elle s’est surtout imposée comme la plus grande megachurch en Suède, attirant des personnes de toutes les générations et de toutes les couches sociales. Aujourd’hui, elle a 3300 membres baptisés et attire plusieurs milliers de personnes chaque dimanche. Un culte à Livets Ord, c’est comme un bon concert de louange avec, en prime, une leçon de théologie d’environ 30 minutes. Cet exploit populaire est d’autant plus remarquable qu’il a lieu à Upsal, ville universitaire dont la grande particularité est d’accueillir le siège de l’archevêque luthérienne, chef d’une Eglise qui souffre d’une désaffection historique.

A l’instar de son pasteur tonitruant, Livets Ord a été soupçonnée dans les années 80 et 90 par certains médias de sectarisme (faute de dialogue oecuménique), de misogynie (parce qu’elle refusait le principe des femmes pasteures) et, bien sûr, d’homophobie (comme toutes les Eglises évangéliques, qui refusent la bénédiction de couples homosexuels). Une solide réputation de « méchants » donc, qui n’a jamais été fondée mais qui, en l’occurrence, lui a permis de drainer une foule nombreuse parmi tous ceux qui s’inquiétaient des « dérives libérales » de la grande Eglise luthérienne.

Or, l’évolution la plus spectaculaire et la plus méconnue de Livets Ord est celle que le pasteur fondateur a voulu incarner lui-même : son ouverture à d’autres traditions chrétiennes. Cette aspiration date du début des années 2000. Ulf Ekman se consacrait alors au développement international de son Eglise (qui a par exemple une grande Eglise sœur en Ukraine). Avec son épouse Birgitta, il a notamment vécu en Terre sainte pendant trois ans, où il a découvert des Eglises orthodoxes et surtout la catholique. Il y a appris les fondements du dialogue oecuménique, qu’il refusait jusqu’alors. A force de la fréquenter, il a aussi réalisé que l’Eglise catholique, en particulier, ne correspondait pas à ses propres « préjugés », selon sa propre expression. Le couple Ekman a commencé à prier avec des catholiques charismatiques, dont il apprécie tant « la foi vivante ».

Et petit à petit, suivant son pasteur, Livets Ord a évolué. Ce qui fut une Eglise assez fondamentaliste est aujourd’hui une communauté qui dialogue avec tout le monde et où n’importe quel chrétien (non libéral) pourrait se sentir à l’aise. De fait, certains catholiques la fréquentent, comme par exemple Marcus Birro, un jeune blogueur et essayiste « born again », très connu en Suède.

En ce qui concerne Ulf Ekman, il se murmurait depuis des années, dans certains milieux protestants, que l’homme penchait « dangereusement » pour la théologie catholique. Le couple Ekman avait commencé à faire des retraites spirituelles, très à la mode en Suède dans les milieux oecuméniques. Depuis qu’il est parti à la retraite l’année dernière, en démissionnant de son poste de pasteur principal, il n’a cessé de multiplier les références catholiques. De même, leur fils Benjamin, brillant étudiant de théologie, ne fréquentait-il pas les catholiques ? Il s’est en effet converti en novembre l’année dernière. L’autre fils d’Ulf, Jonathan, est, lui, devenu directeur de Livets Ord, et (a priori) ne risque pas de se convertir. Néanmoins, ce Jonathan est lui aussi connu pour son esprit d’ouverture…

Depuis plusieurs années, personne dans les milieux chrétiens n’ignorait qu’Ulf exprimait le besoin de davantage d’unité chrétienne. Il disait aussi la nécessité pour les évangéliques d’étudier toute l’histoire de l’Eglise, notamment les Pères. Il avait même osé dire que la connaissance seule des Ecritures ne suffisait pas forcément pour faire Eglise. Surtout, il a fini par adopter la conception – catholique – d’une Eglise qui serait nécessairement visible.

Voici comment Ulf Ekman a expliqué un bout du chemin de sa propre conversion et celle de son épouse Birgitta dans une lettre envoyée à tous les membres de Livets Ord le 9 mars (c’est nous qui traduisons) : « Comme vous le savez, nous avons pendant ces dix dernières années ressenti le besoin de rechercher une unité plus profonde dans le corps du Christ. Pour moi, cela a commencé déjà à la fin des années 90 quand le Seigneur m’a lancé un défi : apprendre à connaître la vraie nature de l’Eglise. Qu’est-ce à dire? Il s’agit de comprendre non seulement ce que l’assemblée de Dieu fait, réussit à faire et croit, mais aussi qui nous sommes vraiment en tant que peuple de Dieu, en tant que corps du Christ. Tout cela nous a conduit à poser des questions sur ce que serait une foi vivante et authentique et sur ce que serait une expression concrète et authentique de ce qu’est l’Eglise dans sa complétude aujourd’hui. Jésus a institué une Eglise physique concrète qui devait porter sa Parole et sa présence dans tous les temps. Jésus est sérieux quand il demande dans Jean 17, 21 que nous devons être un comme Lui et le Père sont un, pour que le monde croie. Il n’est pas possible de chercher cette unité sans prendre en compte et s’ouvrir aux grandes Eglises historiques. »

Dont acte. « La foi en l’unité a des conséquences pratiques », comme l’affirme le pasteur. Mais dans toutes ses interventions depuis dimanche dernier, Ulf Ekman n’a cessé d’insister sur l’importance d’ « apprendre de nos frères et sœurs dans la foi et de chercher le rapprochement ». Il dit aussi comprendre ceux qui réagiraientt mal à son annonce, même s’il demande par ailleurs pardon pour avoir participé lui-même en tant que pasteur de Livets Ord à la « division entre chrétiens ». A son assemblée, face à plusieurs milliers de ses frères et sœurs, il a expliqué : « La première chose à dire est qu’il ne s’agit pas d’abord d’une prise de distance de quelque chose mais d’une adhésion à quelque chose. Nous aimons cette assemblée que nous avons contribué à construire et que nous avons servie pendant plus de 30 ans. Nous ne pourrions pas imaginer autre chose que d’être pleins de gratitude pour cette longue période avec vous. Néanmoins, nous avons fait l’expérience d’un appel du Seigneur d’entrer avec foi dans une nouvelle phase de notre vie. Tout en le faisant, nous sommes convaincus que l’assemblée est entre de bonnes mains et continuera de fleurir et porter de bons fruits dans la vision qui est la sienne. »

Les réactions sont innombrables. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’évangéliques mettent en cause « l’irresponsabilité » d’Ulf Ekman et disent plus généralement leur incompréhension. Plusieurs éditorialistes sur le grand journal évangélique de référence Dagen (dagen.se) disent comprendre ces réactions. Néanmoins, ce qui frappe est le nombre de chrétiens qui disent aussi leur reconnaissance pour Ulf Ekman et leur souhait que l’unité se fasse quand même, mais pas dans l’Eglise catholique. C’est le cas de Joakim Lundqvist, le pasteur qui a succédé à Ulf Ekman, et qui n’a de cesse de dire sa conviction que le couple Ekman répond effectivement à un appel de « l’Esprit saint ». Il a néanmoins jugé bon de rappeler que son Eglise, tout en oeuvrant pour l’unité, demeure « évangélique charismatique ».

Autre réaction, à la fois attendue et impressionnante : celle de Stefan Gustavsson, secrétaire général de l’Alliance évangélique de Suède, une organisation qui se veut représentative des évangéliques en général. « Ulf Ekman est sans aucun doute le leader chrétien le plus dynamique et le plus influent que nous ayons eu en Suède ces 50 dernières années, dit-il. Pour ceux qui connaissent Ulf Ekman, le passage à l’Eglise catholique n’est guère une surprise. Il a pendant de nombreuses années dit son enthousiasme, dans des livres et dans des articles, pour une théologie catholique claire et recherché précisément ce magistère que le pape revendique. Dans l’Alliance évangélique, nous avons la joie de collaborer avec l’Eglise catholique dans de nombreuses questions, comme le regard sur le mariage, la dignité humaine et la liberté religieuse et de conscience. (…) Sur d’autres questions, des différences nous séparent, incontestablement. » Et de rappeler explicitement les points critiques, comme par exemple « le rapport entre Ecriture et tradition » et la vision de l’Eglise. Selon les évangéliques (et protestants en général), « le corps du Christ n’a pas une structure visible dirigée depuis Rome », comme le rappelle ainsi Stefan Gustavsson.

Du côté de l’Eglise catholique, aucune réaction officielle n’a été émise. On sait seulement que l’évêque catholique de Stockholm Anders Arborelius apprécie Ulf Ekman, qui l’a invité plusieurs fois à prendre la parole à Livets Ord. Ulf et Brigitta Ekman devraient être admis dans l’Eglise en mai, dans deux mois. Ils suivent depuis l’année dernière un enseignement catéchétique à cet effet. A priori, ils devraient intégrer la paroisse de Saint Lars à Upsal.

Anne Thöni, pasteur au chevet des “cassés de la vie”

Troisième épisode de notre série La moitié du ciel est à elles.

Premier épisode :
“En Chine, la politique de l’enfant unique ravive des cultes à des divinités féminines”

Deuxième épisode  :
Le Coran a-t-il un sexe ?

*

Au fil des années, elle a acquis quelques «  petits trucs  ». Elle s’est notamment rendu compte que c’était souvent dans la première ou la dernière phrase prononcée par le malade avec qui elle échangeait que se trouvait la «  clé  ». Une clé permettant de comprendre pourquoi celui-ci avait souhaité la voir, ce qu’il attendait de leur entretien, ce qui le préoccupait. Anne Thöni le reconnaît  : sa charge de pasteur aumônier en milieu hospitalier est d’abord une affaire de «  décodage. Les patients ne vont souvent pas vous dire directement pourquoi ils vous ont appelée  ».
Cela fait désormais 13 ans que cette membre de l’Armée du Salut travaille aux côtés des patients de l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Être une femme aumônier n’est pas rare chez les protestants. “Nous avons même la parité en Ile-de-France, nous sommes bien dans l’air du temps“, relève-t-elle dans un sourire. Lorsqu’elle se rend dans l’établissement, sa mission est claire : apporter aux malades son écoute, entendre leurs questionnements et les « accompagner dans l’exploration d’eux-mêmes, afin qu’ils trouvent leurs propres réponses. » Les raisons pour lesquelles ces patients font appel à elle sont fort diverses. Les questions posées peuvent être d’ordre pratique mais aussi plus profondes. Comme cette protestante qui, sachant son décès proche, l’appela pour lui demander  : « Que va-t-il se passer après ? » «  Des entretiens peuvent également se dérouler dans le silence, indique Anne Thöni. Certains malades peuvent avoir besoin d’une présence, je suis alors là pour eux ».
De ces échanges, on ne sort bien évidemment jamais indemne. Elle se dit « enrichie » par toutes ces rencontres, mais également, bien sûr, «  touchée. Nous ne sommes pas les mêmes après ». C’est pour cela qu’un aumônier est lui-même suivi par un professionnel de la psychologie avec lequel il peut reprendre le fil des entretiens passés.

«  Une parabole de la Bible m’a empoigné le cœur  »

En s’engageant auprès des malades, Anne Thöni est en fait allée au bout de la démarche qu’elle a fait sienne depuis une quarantaine d’années comme ministre du culte. «  Ma vocation s’est affinée au fil des ans. Je suis profondément habitée par toutes les rencontres que le Christ a faites avec les ”cassés de la vie”, aveugles, étrangers, prostituées, souffrants… J’ai voulu vivre ça. Comme lui, j’ai souhaité me mettre à leur service ». Un altruisme qui est d’ailleurs très présent dès le début de son cheminement religieux  : c’est vers l’Armée du Salut qu’elle s’est dirigée voici plus de 40 ans, mouvement protestant tourné vers les détresses humaines.
Cet engagement fait suite à «  une expérience spirituelle au début de l’âge adulte ». Invité à un culte de cette même Armée du Salut par des connaissances, elle s’y rend par curiosité. D’origine catholique, elle s’était éloignée de l’Eglise à l’adolescence. La cérémonie protestante sera, pour elle, un choc. Elle va être « saisie par l’Evangile. Un texte m’a empoigné le cœur  : la parabole du fils prodigue, se souvient-elle. J’ai compris que Dieu accueillait sans reproche ni jugement. Je me suis alors demandé ce que j’allais faire de ma vie… J’ai décidé de servir Dieu en réponse à cet appel auquel je ne pouvais résister ».
Suivra alors, peu après, sa rencontre, au sein de l’Armée du Salut, avec son futur mari. A l’issue de leur formation théologique, viendra le temps de la consécration et de l’ordination pour les deux membres du couple. Nous sommes en 1976. Ils vont alors se lancer ensemble dans un riche parcours commun -une tradition à l’Armée du Salut. Lequel commence à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), où ils sont chargés de réinsuffler un dynamisme à une paroisse en sommeil. Une attention toute particulière sera portée aux «  enfants des rues  », souligne Anne Thöni. Après 5 ans, le cap est mis sur le pays de Montbéliard où d’importants travaux œcuméniques seront menés. Quelques années plus tard, de retour à Paris au siège de la congrégation, le couple s’occupera des publications de l’Armée du Salut (rédaction de journaux, édition d’ouvrages…).

Le dialogue avec les musulmans

Et c’est enfin en tant qu’aumôniers qu’ils abordent la dernière partie de leur cheminement. Son mari, rattaché à une prison, a pris sa retraite récemment. Anne Thöni, elle, a encore quelques années à accomplir à l’hôpital Avicenne. Une mission à laquelle elle en a adjoint d’autres. A 62 ans, elle est également responsable de la formation initiale et continue des pasteurs au sein de l’Armée du Salut, et remplit différentes charges au sein de la Fédération protestante de France sur les dossiers de l’aumônerie mais aussi des relations avec l’islam.
Cet intérêt pour le dialogue avec les musulmans n’est d’ailleurs probablement pas étranger à son entrée à l’hôpital Avicenne, ancien «  hôpital franco-musulman  » qui a pris en 1978 le nom d’un médecin et philosophe perse du XIe siècle. Elle reconnaît que son immersion dans ces lieux lui a permis d’évacuer rapidement «  des appréhensions et des a priori  » sur les musulmans. Mieux  : sa présence a été l’occasion de développer, aux côtés de représentants des cultes catholique, orthodoxe, juif et musulman, un grand nombre de rencontres interreligieuses.
Un dialogue constant avec les autres religions qu’Anne Thöni a toujours voulu doublé d’un travail « en alliance avec la laïcité ». « Cela témoigne de notre respect de l’autre et de l’importance que nous, protestants, accordons à la liberté de conscience », assure-t-elle. Elle s’attache au quotidien à exercer sa tâche en accord avec ces préceptes, en répondant notamment aux demandes de rencontres et d’échanges que peuvent lui faire des patients athées. Ou comme cette fois où elle a répondu positivement à une famille endeuillée qui lui demandait d’assurer la tenue d’un enterrement civil. Avec cette réflexion en tête  : « Si on annonce un Dieu qui accueille, alors on se doit d’accueillir nous-mêmes ces personnes dans leur demande ».

A l’occasion du lancement de ses activités : L’église MEIVA donne les 7 devoirs du pasteur

: Le fondateur de la MEIVA, Rév. Louis Bozi, a annoncé une restauration de son église (Ph. G. DE G.)

Portée sur les fonts baptismaux en août 1998, la Mission évangélique internationale de la vie abondante (MEIVA) a connu des difficultés de fonctionnement à partir de 2004.

C’est dans le souci de relancer ses activités que cette mission internationale a initié un programme de deux (2) jours autour du thème : ”Dieu permet les difficultés pour élever son fils ou son peuple”, le samedi 22 et le dimanche 29 février à Marcory. Dans sa prédication du dimanche 23 février, le fondateur de cette église, Révérend Louis Signon Bozi, s’est appesanti sur les 7 devoirs du pasteur. A savoir faire paître le troupeau, fortifier les brebis faibles, guérir les malades, panser les plaies de celles qui sont blessées, ramener les brebis égarées, chercher celles qui sont perdues. Et enfin, rassembler le troupeau de Dieu.

«En 2004, les difficultés de la MEIVA ont commencé avec la démission de certains pasteurs pour créer leur ministère. Notre siège de Koumassi Promodo a été fermé par le fait des voisins qui se plaignaient de nuisance sonore, sans oublier la crise post-électorale de 2011 qui a dispersé nos fidèles. Mais, dans la vie des hommes comme celle des nations, il y a toujours une période de traversée du désert à surmonter pour que Dieu t’utilise puissamment », s’est convaincu le Révérend Louis Bozi, qui a annoncé l’acquisition d’un terrain de 4.500 M2 à Koumassi devant servir à bâtir le siège de la MEIVA. Les pasteurs venus de l’intérieur du pays ont, également, égrainé leurs difficultés. Il s’agit du manque de local pour exercer leur ministère, le manque de formation, sans oublier les moyens financier et matériel qui font cruellement défaut.

 

G. DE GNAMIEN

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La fatwa de Kampala

En chef d’État organisé, Yoweri Museveni a voulu que cela se fasse devant témoins. Lundi 24 février, le président ougandais a donc convoqué en sa résidence d’Entebbe ses ministres, les médias, une demi-douzaine de pasteurs… et une poignée de scientifiques dont les “travaux” présentent l’avantage de certifier que l’homosexualité n’a pas d’origine génétique – ce qui rend responsables, donc coupables, celles et ceux qui partagent cette orientation. De sa plus belle plume de chef d’État, il a alors paraphé la calamiteuse “loi antigay”, votée depuis des semaines par le Parlement de Kampala. Applaudissements, toast et effet immédiat : dès le lendemain, un tabloïd à grand tirage livrait à la vindicte populaire la liste des deux cents homosexuels “les plus connus d’Ouganda”. Bilan : une vague de lynchages. On ne peut qu’être sidéré devant la violence de cette loi régressive, qui condamne à la perpétuité les partenaires d’une relation homosexuelle, rend leur dénonciation obligatoire sous peine de sept années de prison et menace d’expulsion toute société étrangère qui emploierait des gays. La réaction des bailleurs de fonds occidentaux, ainsi que celle de la Banque mondiale, qui ont immédiatement annoncé la prochaine suspension de leur aide financière à l’Ouganda, sont-elles pour autant appropriées ? Rien n’est moins sûr.

Tout comme Robert Mugabe, Goodluck Jonathan et quelques autres présidents ouvertement homophobes, Museveni sait pertinemment ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Au pouvoir depuis vingt-huit ans, désireux de rempiler en 2016 mais contesté en interne, l’autocrate ougandais joue sur ce type de loi populiste pour distraire son opinion et sur l’indignation extérieure qu’elle suscite pour provoquer autour de sa personne un prurit d’identité nationale, laquelle serait menacée par les “antivaleurs” occidentales. Le chantage à l’aide, agité par le Premier ministre britannique David Cameron ? Peu lui importe : Museveni est l’un des porte-parole les plus virulents de ce nouveau front du refus africain, boosté par la croissance et l’arrivée de partenaires asiatiques plus compréhensifs, et qui estime pouvoir se passer de ce que l’économiste zambienne Dambisa Moyo appelle “l’aide fatale”. Il sait également que si les Anglo-Saxons ne cachent pas la répulsion que leur inspire la loi antigay (“un jour de deuil pour l’Afrique”, a tweeté Susan Rice) pour des raisons là aussi d’opinion intérieure, ils ne lui demandent pas pour autant de quitter le pouvoir, lui leur allié si précieux contre les jihadistes somaliens. Bref, Museveni joue sur du velours.

On ne fera pas reculer l’intolérance envers les homosexuels africains en faisant comme si ce type de lois répressives n’était pas populaire – elles le sont, hélas, il suffit de parcourir les réseaux sociaux – ni en phase avec des sociétés où la communauté (et le poids de la parenté) détermine toujours la condition des individus et rejette impitoyablement toute déviance supposée. On la fera encore moins reculer en prônant des politiques d’ingérence et de punition qui auront pour effet de renforcer les pouvoirs en place et de faire de la communauté homosexuelle le bouc émissaire idéal des frustrations de la rue. Il faut rechercher d’autres voies, inventer d’autres moyens et surtout faire savoir que si l’homosexualité est aussi vieille et universelle que l’apparition de l’homme, l’Afrique n’est devenue un continent homophobe que récemment, sous l’influence nocive d’Églises évangéliques venues d’outre-Atlantique. Ce n’est pas de chefs traditionnels que s’est entouré Museveni pour décréter sa fatwa, mais de pasteurs chrétiens. Comme quoi, les néocolonisés ne sont pas ceux que l’on dit.

Pour assainir les églises et ôter les faux pasteurs : L’OTE met en place, un bureau préfectoral …

L’observatoire togolais des �glises (OTE) a mis officiellement en place ce mardi � Lom�, un bureau pr�fectoral Lom�-Golfe. Pr�sid� par le Pasteur Djokp� Koffi, le bureau est compos� de cinq membres, tous des hommes de Dieu.

C’�tait dans les locaux de la Conf�d�ration nationale des travailleurs du Togo CNTT). La c�r�monie a drain� de nombreux fid�les et pasteurs. Une dizaine de pasteurs du Nig�ria �taient parmi les fid�les pour apporter leur soutien � l’initiative de l’OTE.

C’est le R�v. Cyrus B.Padabadi, pr�sident de l’OTE et pasteur de l’�glise “Mission Peuple de Dieu” (MPD) qui a pr�sid� la c�r�monie d’installation des membres du tout nouveau bureau pr�fectoral.

La mission d�volue aux membres du bureau pr�fectoral est simple : il est charg� de cr�er les autres bureaux de zones de Lom�-Golfe.

Les membres des zones qui seront install�s auront � travailler pour d�cortiquer les probl�mes que traversent les �glises dans les diff�rents quartiers afin de les transmettre au bureau pr�fectoral qui va � son tour proc�der � la recherche de solution dans le seul but d’assainir la corporation. Aussi, d�tecteront-ils les les �glises qui s�ment le d�sordre, la panique au sein des quartiers.

Au Togo, il n’est pas rare de voir devant les juges, les plaintes de nombreux citoyens pour d�noncer le comportement inhumain d’un pasteur. Tr�s souvent, l’affaire d’escroquerie revient apr�s tout sans oublier les cas d’agression sexuelle sur des fid�les.

Il n’y a pas longtemps, c’est un pasteur qui avait distribu� de l’argent � certains jeunes dans la r�gion de la Kara (environ 420 Km de Lom�), afin que ceux-ci simulent des maladies lors d’une campagne de pri�re et de gu�rison qu’il organise au Palais de Congr�s de la ville. Avant m�me que l’acte soit consomm�, la gendarmerie a mis la main sur le pasteur et les jeunes.

“C’est un moment que nous attendons depuis. Il faut qu’on mette un peu d’ordre au sein de nos �glises”, se r�jouie Mme Odette, fid�le de l’�glise +Peuple de Dieu+.

Pour le pr�sident de l’OTE, cet observatoire vise � assainir le corps du christ, � �ter dans les rangs des pasteurs, les faux qui ont transform� le service de Dieu en un lieu de commerce.

Rappelons que l’OTE a pour objectifs de sauver l’honneur des pasteurs togolais � cause du non-respect � leur �gard ; d’intervenir dans les litiges opposants pasteurs-pasteurs d’un c�t�, et pasteurs contre une tierce personne. Aussi, il est question d’assainir le corps du Christ, de rassembler les pasteurs dans un creuset pour le bonheur des Eglises charismatiques du Togo.

Un but : devenir pasteur ” implanteur d’église “

Alors que le chantier de l’Église évangélique de Langeais accuse plusieurs mois de retard, la communauté s’active déjà pour préparer la relève. Reportage.

Mercredi matin, 10 h, à un jet de pierre du château de Langeais. L’ancienne salle de bal de la rue Anne-de-Bretagne n’a pas encore officiellement démarré sa nouvelle vie d’Église évangélique. Mais la relève est déjà là, en plein cours d’herméneutique, dans la salle qui jouxte le chantier de transformation.

Attablés dans la cuisine, Thimoté, 26 ans, Tamara, 28 ans et Marina, 22 ans, ordinateurs sous les yeux, écoutent David Williamson leur enseigner l’interprétation des textes bibliques. Avec un objectif bien en tête : devenir « implanteur d’église », d’ici deux ans pour le premier, équipières dans moins d’un an, pour les deux autres.
Exactement comme Raphaël et Floriane Héritier, leurs hôtes de Langeais, issus de la première promotion du centre de formation pour pasteurs implanteurs de Loches. « Les premiers, les cobayes », s’amuse le futur pasteur de la commune, 30 ans à peine. À quelques mois du grand lancement de son lieu de culte, Raphaël Héritier a dû mettre entre parenthèses son métier de menuisier. Pour s’atteler exclusivement aux démarches administratives. Pas vraiment une sinécure, reconnaît-il, alors que le calendrier du chantier accuse plusieurs mois de retard, confronté, notamment, à la réglementation imposée par les architectes des Bâtiments de France dans le périmètre du château de Langeais. Résultat : l’inauguration, initialement prévue en octobre, a été repoussée au mois d’avril. Au mieux…
En attendant, les anciens élèves se sont déjà faits formateurs, à raison d’une ou deux journées par semaine. Enchaînant prières et démarches légales, les époux Héritier endossent aussi le rôle de baby-sitter pour les enfants des nouveaux élèves du centre de formation. « Notre but, c’est que les gens fassent partie intégrante de l’Église, qu’ils prennent le relais à leur tour », explique Floriane sur la philosophie à l’œuvre.

 “ Notre but : que les gens fassent partie intégrante de l’Église ”

Restera, une fois l’Église ouverte, à atteindre 15 membres pour pouvoir se constituer en association cultuelle. Et à attendre une dizaine d’années pour voir la nouvelle venue des Églises évangéliques d’Indre-et-Loire quitter le statut d’annexe de Loches pour une autonomie pleine et entière.
« On a pu compter sur un accueil plutôt bon de la population », apprécie d’ores et déjà Raphaël Héritier. Une population, surtout « curieuse », de voir une église s’implanter dans son centre-ville, abonde Floriane. D’autant plus surprise, s’amuse la jeune femme de 25 ans, que Raphaël Anzeberger, leur ancien formateur, n’est pas vraiment passé inaperçu dans les rues de Langeais. Un pasteur qui arrive sur un long-board, « forcément, ça étonne… »

le chiffre

10.000

C’est le nombre d’habitants pour une église que souhaitent atteindre les instances représentatives évangéliques. Contre un taux de 30.000, voire 32.000 aujourd’hui. Parmi les zones qui manquent encore de lieux de culte figurent Sainte-Maure-de-Touraine, Azay-le-Rideau ou encore Montlouis-sur-Loire.

la phrase

” On n’est pas chrétien que le dimanche matin ! “

De Raphaël Héritier, pasteur de Langeais : « On n’est pas chrétien que le dimanche matin ! On vit les uns à côté des autres. L’objectif est de ne plus avoir des églises excentrées dans les zones industrielles, mais d’inverser la tendance en faisant des églises qui peuvent apporter à la vie de la ville. »

en bref

> Laïcité. Un sujet qui ne va pas sans poser quelques difficultés ou qui fâche même… Comme cette fois où les Églises de Touraine se sont vu refuser l’autorisation d’occuper un stade de Joué-lès-Tours pour un rassemblement de tous les enfants des paroisses de Touraine, rappelle Jean-Pierre Dupont, délégué départemental du Conseil national des évangéliques de France (CNEF). « La laïcité, ça signifie ne pas favoriser, ne pas subventionner tel ou tel groupe, mais pas interdire d’occuper un stade », argumente le pasteur. « La laïcité oui, mais pas une laïcité où on se replie, où on vit sa foi en cachette, chez soi. »
> Vocation sociale. Les Églises réformées gèrent très souvent des vestiaires et des banques alimentaires. L’Assemblée de Dieu, par exemple, distribue entre 180 et 200 paniers repas chaque semaine. Tandis que l’Église évangélique Baptiste propose des vêtements aux plus démunis. La Mission chrétienne du plein Évangile de Tours a quant à elle choisi de mêler les deux.
> En vidéo. « La société a tellement évolué. C’est l’occasion de proposer des choses plus actuelles. » Jusqu’aux vidéos de culte et à l’animation sur les réseaux sociaux, avance Raphaël Héritier, le pasteur de Langeais, pas à court d’idées pour faire vivre sa communauté grâce à des moyens de communication modernes…