Bodo Ramelow, dernier avatar de la «République des pasteurs» allemande

Le nouveau président de la Thuringe n’est pas seulement le premier élu du parti de la gauche radicale Die Linke à diriger un Land: c’est aussi un protestant pratiquant, élevé dans une famille pieuse et qui prêche parfois dans son Eglise.

La IIIe République avait été appelée «la République des Jules» (à cause des nombreux hommes politiques portant ce prénom). L’Allemagne est la «République des pasteurs». Avec la réunification, qui a vu arriver des millions d’Allemands de l’Est de religion réformée, avec leurs pasteurs, dont beaucoup avaient participé aux mouvements pour les droits de l’homme, ils occupent dans la nouvelle Allemagne une place qu’il n’avait pas dans la «République de Bonn», plutôt marquée par le catholicisme rhénan.

Le président de la République, Joachim Gauck, était pasteur à Rostock avant 1990. La chancelière Angela Merkel est fille de pasteur et a passé sa jeunesse dans la paroisse de Temelin, dans le Brandebourg. La coprésidente du groupe parlementaire des Verts au Bundestag, Katrin Göring-Eckardt, était une femme-pasteur qui a été présidente du synode de l’Eglise évangélique allemande. Un ancien secrétaire général de la démocratie-chrétienne, actuellement vice-président du Bundestag, Peter Hintze, a fait ses études de théologie à l’université de Bonn et a dirigé une paroisse à Königswinter, au bord du Rhin. Et la liste est loin d’être close.

Et voici qu’arrive à la tête du gouvernement régional de Thuringe, dans l’est de l’Allemagne, une personnalité originale. Elu ce vendredi 5 décembre avec une voix de majorité par le parlement régional d’Erfurt, Bodo Ramelow est d’abord le premier ministre-président appartenant au parti de la gauche radicale Die Linke. Mais il n’est pas un de ces anciens apparatchiks de l’ancien parti communiste de RDA ou pire, un de ces anciens informateurs de la Stasi, la police secrète. C’est un protestant pratiquant, élevé dans une famille pieuse de Basse-Saxe (à l’ouest), qui prêche parfois dans son Eglise et qui n’hésite pas à citer l’apôtre Paul dans ses discours militants.

Décision peu facile à prendre

Il s’est installé en Thuringe après la réunification à la demande du syndicat unitaire DGB pour organiser les travailleurs menacés par les restructurations industrielles consécutives à l’effondrement de l’économie est-allemande. Il a ensuite adhéré au PDS (le Parti de la gauche démocratique, héritier du parti communiste) qui s’est ensuite fondue dans Die Linke avec les sociaux-démocrates déçus de l’ouest de l’Allemagne.

Aux élections régionales de septembre, la CDU est arrivée en tête sans avoir la majorité absolue. Il y a quatre ans, en 2000, elle avait fait alliance avec les sociaux-démocrates du SPD. Cette année, le SPD a décidé de tenter l’aventure d’une nouvelle coalition avec la gauche radicale et les Verts. Arrivé loin derrière Die Linke au dernier scrutin, il a laissé la direction du gouvernement régional à Bodo Ramelow. C’est une double première: une coalition rouge-rouge-verte au niveau régional et un ministre-président membre de la formation issue du parti communiste est-allemand.

La décision n’a pas été facile pour les sociaux-démocrates, qui ont organisé une consultation de tous les adhérents en Thuringe avant de s’engager. Elle n’a pas été facile non plus pour les Verts, qui comptent dans leur rang de nombreux anciens militants pour les droits civiques dans l’ancienne RDA. Ceux-ci ont du mal à coopérer avec un parti qui compte encore dans ses rangs des anciens de la police secrète (mais c’est vrai de tous les partis dans l’est de l’Allemagne). Le président Gauck et la chancelière Angela Merkel avaient pris publiquement position contre une coalition rouge-rouge-verte.

Un modèle pour une coalition nationale?

La personnalité de Bodo Ramelow a aidé à franchir le pas, à l’issue d’un vif débat sur la nature arbitraire et policière de l’Etat est-allemand. La RDA était-elle un «Etat de non-droit» (par opposition à un Etat de droit)? Ou était-elle un Etat «normal», malgré des dérives autoritaires? Il est difficile aux anciens collaborateurs du régime d’admettre qu’ils ont été complices d’un système totalitaire. Il est difficile aussi pour d’autres Allemands originaires de l’est, y compris parmi les victimes du régime, d’avoir le sentiment qu’on leur dénie le droit d’avoir eu «une vie juste dans un système injuste». Die Linke a finalement accepté que la RDA soit qualifiée d’«Etat de non-droit», condition sine qua non à la formation de la coalition.

Souvent, dans l’histoire de l’Allemagne d’après-guerre, les coalitions régionales ont servi de test à des alliances au niveau fédéral. Le SPD comme les Verts affirment que ce n’est pas le cas de la Thuringe. Il est possible de s’entendre dans un Land sur la politique sociale, le recrutement de 500 enseignants par an, une année supplémentaire de crèche gratuite, la réforme des services de renseignements régionaux qui ont eu des relations douteuses avec l’extrême-droite, etc. Pour un gouvernement fédéral, la politique étrangère ou les rapports avec l’Union européenne et l’Otan restent pour l’instant des obstacles insurmontables à une entente.

Sans créer un précédent, la formation d’une coalition rouge-rouge-verte en Thuringe vise aussi à accroître la marge de manœuvre du SPD au sein de la grande coalition. Le président social-démocrate Sigmar Gabriel passe un message à Angela Merkel sur l’hypothèse d’une autre coalition, même si, à court terme, elle ne parait pas très réaliste.

Le «miracle de la guérison»

Les deux orateurs encadrent leur hôte du jour./Photo A.Jacquot

Les deux orateurs encadrent leur hôte du jour./Photo A.Jacquot

Lorsque deux confessions se retrouvent autour du «miracle de la guérison», il ne semble pas étonnant de rencontrer dans une même assemblée, ecclésiastiques, prêtres, sœurs, pasteurs, de confessions ou de sensibilités diverses. Dans une conférence ouverte à tout public, deux conférenciers se sont tour à tour exprimés avec force conviction sur le miracle de la guérison, pour «prier ensemble au-delà des clivages des différentes confessions» avec les malades et dans «la fidélité à l’Evangile». L’assemblée chrétienne d’Agen et ses deux orateurs, Werner Lehmann, pasteur suisse, ainsi que le prêtre jésuite Guy Lepoutre de Pau s’exprimaient sur le «miracle de la guérison» dans le cadre d’une collaboration avec l’AIMG (www.laguerison.org)

Une salle comble écoutait «religieusement» les 8 enseignements distillés par les orateurs toute la journée durant, suivie du questionnement des personnes de l’auditoire venues parfois de très loin «découvrir l’Evangile». La maladie «signe que l’humanité s’est éloignée de Dieu», liée «au désordre de l’âme» peut se guérir «car la volonté de Dieu de guérir est bien réelle». Par simples impositions des mains, l’onction et quelques dons spirituels, de foi, de miracle et la parole de connaissance, les deux conférenciers démontrent que «oui, tout est possible, «il suffit de croire» !

Quand les prophéties des pasteurs brisent les foyers

eglise

Elisabeth est mère de deux enfants. Elle est mariée à Karamoko, un corps habillé. Chrétienne évangélique, elle proposait souvent à son mari d’assister au culte. Ce que celui-ci a toujours refusé. Coléreux, le militaire invectivait son épouse.

En fait, même si Karamoko n’est pas musulman ni chrétien, il avait une aversion pour le christianisme surtout évangélique réputé à ses yeux pour endoctriner. Elisabeth ne se décourageait pas pour autant. Patiente, persévérante et compréhensive, elle espérait le convaincre un jour.

Ce moment arrivera, un soir où son homme était libre de toute occupation. Il a donc décidé de passer du temps avec sa femme. Le couple sortit pour effectuer un petit tour dans le quartier. Elisabeth profita de cette balade pour inviter son homme au programme du soir de son église.

Il accepta de faire plaisir à sa femme ne serait-ce que pour cette seule fois. Une fois dans l’église, le sermon du prophète ne l’inspirant guère, c’est avec une indifférence totale qu’il suivit le culte. Après la prédication, l’homme de Dieu passa à la phase des prophéties, de rangée en rangée.

Arrivé au niveau d’Elisabeth, il mit sa main sur sa tête et, les yeux fermés, il lui dit : « votre souffrance va bientôt prendre fin ma fille. Le Dieu qui dit et la chose arrive me montre, en effet, votre mari. C’est un riche Américain. Il est dans un avion qui se dirige en ce moment même vers la Côte d’Ivoire. » Visiblement, le « prophète » ignorait qu’Elisabeth est déjà mariée.

Gênée par cette prophétie, Elisabeth essaya de retenir son invité d’époux qui entre-temps s’en était pris rageusement au prophête en lui disant : « Vous venez de frapper à la porte de la Maca si jamais cet Américain vient prendre mon épouse.

Priez donc pour qu’il retourne immédiatement chez lui dès son atterrissage à l’aéroport. » Avant d’interdire à sa femme de revenir à la maison. Les fidèles qui savaient Elisabeth mariée, ont vidé l’église, déçus du prophète.

Le prophète lui-même est demeuré introuvable quand il a appris que Karamoko est un militaire à la Garde Républicaine. Chassée par son mari, Elisabeth se retrouve chez ses parents.

Aux dernières nouvelles, Karamoko aurait accepté que son épouse regagne la maison à une seule condition : qu’elle ne mette plus jamais les pieds dans une église. Va-t-elle renoncer à sa religion pour sauver son foyer ? Là est la grande question

Tchad: Idriss Déby annonce le retrait du texte du code pastoral

Tchad: Idriss Déby annonce le retrait du texte du code pastoral – Afrique – RFI

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L’Eglise protestante de Genève se demande qui sont ses membres

vote consistoire temple malagnouUn groupe de travail a été nommé. Son mandat sera de réfléchir à la définition de membre de l’Eglise

Par Joël Burri et Elisabeth Schenker

«Nous ne sommes plus membres de l’Eglise protestante de Genève (EPG) par la génétique», a constaté Emmanuel Fuchs, président de l’Eglise protestante de Genève, devant le Consistoire (organe délibérant) qui s’est réuni jeudi 27 et vendredi 28 novembre à Malagnou. «Dans la paroisse que je sers, un bon tiers des fidèles ne sont pas nés protestants. Ces paroissiens-là n’ont jamais eu l’occasion d’exprimer leur appartenance à l’EPG», constate le pasteur.

Le Consistoire a donc donné mandat à un groupe de travail qui va réfléchir aux nouvelles façons d’être membre de l’Eglise dans une société où l’appartenance confessionnelle ne se déclare plus ni pas le biais contrôle des habitants ni par celui de la tradition familiale. En réponse à un délégué au Consistoire qui se demandait si cela devait vraiment faire partie des priorités de l’Eglise que de travailler sur la notion de membre, Emmanuel Fuchs a cité quelques exemples concrets nécessitant de savoir qui est membre: de la convocation des jeunes au catéchisme, aux appels aux dons. «L’objectif ne doit pas être de se regarder le nombril et de pouvoir compter qui est dans l’enclos, mais bien de pouvoir ouvrir au plus grand nombre la possibilité de s’exprimer comme membre», a souligné le président.

Membre du Conseil du Consistoire (exécutif) Alain de Felice a invité les membres de cette commission à laisser libre court à leur imagination pour proposer des solutions innovantes. La commission de sept membres, quatre nommés par le Consistoire, un par le Conseil du Consistoire, un par la Faculté de théologie et un par la Compagnie des pasteurs, est par exemple invitée à réfléchir à la question de proposer plusieurs catégories de membres, tel que membre sympathisant, par exemple. Le groupe de travail devrait pouvoir rapporter lors du Consistoire de septembre 2015.

Par ailleurs, lors de la même séance, le Conseil du Consistoire a informé le Consistoire d’un projet, mené sur trois ans: le changement du logiciel utilisé pour la gestion du registre. Eric Vulliez, codirecteur de l’EPG a rappelé que la solution actuellement utilisée datait des années 1980 et posait désormais plusieurs problèmes de stabilité. «A l’époque, les données étaient encore saisies en terme de foyers», a soulevé le codirecteur. Soulignant que les autres Eglises cantonales pouvaient compter sur l’aide des infrastructures étatiques pour gérer les registres ecclésiaux, Eric Vulliez a annoncé que le choix de la direction s’est porté sur la solution de gestion de relations clients de Microsoft, mis en œuvre par Exel, une entreprise locale. Le projet a été planifié en trois étapes, déployées sur trois ans ce qui permettra d’évaluer régulièrement les qualités du projet et de répartir les dépenses, estimées à plus de 360’000 fr sur trois budgets informatiques ordinaires.

Est-ce aux régions de soutenir les Espaces en ville?

Actuellement, ce sont les régions Rive gauche et Rive droite qui s’occupent des espaces urbains tels que la Fusterie, Saint-Gervais et les Pâquis. «Ces lieux ont un rayonnement qui dépasse largement les limites de la région. Ils doivent donc être portés par l’ensemble de l’EPG pour pouvoir aller de l’avant», a souligné Laurent Rupp, le président de la Région Ville Rive gauche. Toutefois, selon un membre de la Région Salève, «les régions sont déjà submergées. Elles auraient aussi besoin d’être portées». Par ailleurs, il souhaiterait que des activités comme celles qui se passent au centre puissent être exportées.

La question de la prise en charge se pose également pour le Temple de la Madeleine qui est utilisé par la paroisse suisse alémanique de Genève. Depuis septembre 2014, cet édifice propose un lieu de prière continu pour tout un chacun. Le pasteur Georges Braunschweig en assure le bon fonctionnement. Actuellement, seule la paroisse suisse alémanique finance ce nouveau lieu de prière. Elle s’interroge sur la participation de l’EPG dans ce projet.

Par ailleurs, le Forum Saint-Pierre, qui propose des projections de films présentés par le pasteur Vincent Schmid, cessera ses activités en juin 2015. Une des principales raisons: le matériel de diffusion devient obsolète et devrait être entièrement remplacé.

(Laurence Villoz)

Les dons sont insuffisants

«Je commence à me faire du souci, tout se jouera ces prochains mois. Le budget est calculé sur les dons obtenus en 2013 et le quota n’est largement pas atteint pour cette année», s‘inquiète Eric Vulliez, le responsable des finances. Actuellement, il manque plus de 5 millions de francs pour atteindre les montants de dons espérés. «Nous travaillons d’arrache-pied pour tenir notre plan de redressement. Nous pouvons faire l’hypothèse que la suppression de postes et les changements au sein de l’EPG ont généré de l’incertitude chez les membres qui ont ainsi versé moins de dons. Nous allons leur redonner confiance. En 2013, nous avons reçu la majorité des dons en fin d’année. Je suis inquiet, mais pas désespéré», a déclaré le président du Conseil du consistoire, Emmanuel Fuchs.

(Laurence Villoz)