Centrafrique : un pasteur prie pour les ex-Selekas


 

Le pasteur Dieudonné rappelle que la folie de Dieu et son amour profond pour le pardon des péchés sont plus sages que les hommes.

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300-200-radioUn journal a titré dans son édition du 20 février : « La société centrafricaine est devenue folle ». Explosion, lynchage, viols, le pays traverse une guerre civile marquée par l’horreur et la déchéance.

C’est dans un tel contexte que le pasteur Dieudonné basé à Bangui demande de prier, d’intercéder pour ses agresseurs. Lui-même a été pris pour cible a trois reprises en raison de sa charge pastorale. Au moment de l’interview, cet homme porte les vêtements que d’autres chrétiens ont bien voulu lui prêter.

Chez lui, tout a été pillé par les mercenaires de l’ex-Seleka, si bien que lui et sa famille sont obligés de dormir sur une natte à même le sol. Le pasteur Dieudonné n’est pas le seul et confirme que d’autres pasteurs ont été pris pour cible simplement parce qu’il prêchait l’Evangile. Il précise une nouvelle fois qu’il n’arrêtera pas de prêcher même si cela doit lui coûter la vie et lorsqu’on lui parle des ex-selekas, ses agresseurs, voilà ce qu’il dit :

« Moi, je vois que ce sont des créatures de Dieu. C’est Dieu qui les a créés. Donc il faut prier pour ceux que le diable utilise pour nous faire du mal, pour qu’ils puissent aussi connaître Jésus-Christ, comme leur Seigneur et Sauveur. C’est ce que je pense. Parce qu’ils ont été utilisés. S’ils connaissent Jésus-Christ, Ils ne peuvent pas commettre ces exactions là ! »

Au milieu des traumatismes, des assassinats. Le désir du pasteur Dieudonné de pardonner la folie de ces hommes tranche avec les violences qui traversent la société. Et même s’il semble encore plus fou de vouloir aimer ses agresseurs. Ce pasteur confirme par son témoignage que la folie de Dieu et son amour inconditionnel pour le pardon des péchés est plus sage que les hommes.

Légende photo : Le pasteur Dieudonné fait visiter son domicile encore dévasté

En croisade à Abidjan : Le ”Pape” des évangéliques fâche des milliers de malades


Pour nombre de malades ivoiriens, le nom du pasteur Benni Hinn a servi à escroquer (Ph. DR)

Annoncé à grand renfort de publicité, le pasteur Benni Hinn, qui est présenté comme le ‘’Pape’’ des chrétiens protestants évangéliques du monde a effectivement foulé le sol ivoirien. Mais, la séance de délivrance et de guérison tant annoncée que celui-ci devrait avoir avec les malades au stade de l’INJS, s’est faite sans lui. D’où la grogne qui fuse de partout.

En effet, c’est le lundi 03 mars que le Révérend Benny Hinn est arrivé en Côte d’Ivoire avec son staff. Conformément au programme préétabli, il y a eu une croisade de restauration au stade de l’INJS le même jour. Suivie dans la matinée du mardi 04 mars, d’un séminaire à l’intention des pasteurs. Dans la soirée, l’éminent hôte du jour a eu un dîner avec plusieurs hommes d’affaires chrétiens dans un grand hôtel de la Riéviéra Palmeraie, qui a fini tard dans la nuit. Mais alors que l’homme de Dieu se trouvait en face de ces opérateurs économiques, une séance de délivrance et de guérison, supposée se faire avec lui, est organisée au stade de l’INJS à Marcory. Et c’est là que les choses fâchent ; car le monde qui y a déferlé (estimé à plus de 80.000 personnes) s’est dit floué. «En venant au stade de l’INJS, nous avions à cœur de rencontrer le pasteur Benny Hinn qui a une renommée mondiale pour ses dons de guérison des paralytiques et des aveugles qui retrouvent la vue. Hélas ! Une fois là-bas nous avons été désillusionnés. Plusieurs orateurs, à l’exception de Benni Hinn pour lequel nous avons effectué le déplacement en grand nombre», ont confié amers, des malades qui nous ont contactés.

Pour ces derniers, ils ont fait l’objet d’une escroquerie morale ; surtout qu’en associant le nom de Benny Hinn dans cette croisade de guérison, ils n’ont pas lésiné sur les moyens pour faire des offrandes. Joint par téléphone dans la soirée d’hier, le pasteur Timothée Kouamé, coordonateur de l’arrivée de Benny en Côte d’Ivoire, a récusé ces accusations. Pour lui, il n’a jamais été question d’une séance de guérison placée sous la houlette du pasteur américain. «Sur les invitations, nous n’avons jamais dit que Benni Hinn serait présent au stade de l’INJS. Nous avons invité plusieurs hommes de Dieu qui sont venus soutenir notre programme qui est un programme spirituel. Ce n’est pas un concert où l’artiste qui est l’affiche doit nécessairement être présent sur scène. Sans la présence de Benny Hinn, l’esprit saint était là, et on a vu opérer des miracles. Le peuple de Dieu est reparti heureux », s’est défendu le pasteur Timothée, qui soutient que des pasteurs ont milité activement pour que l’arrivée de Benny Hinn en Côte d’Ivoire ne soit pas une réalité.

A noter que Toufik Benedictus « Benny » Hinn est un télévangéliste américain très connu pour son « miracle régulier Crusades ». Depuis des années, il parcourt toute la planète, voyant chaque année des dizaines de milliers de personnes recevoir Christ comme Sauveur personnel, des dizaines de milliers de guérisons documentées, des délivrances de démoniaques et des vagues d’onction du Saint-Esprit qui se répandent sur le peuple de Dieu pendant ces réunions.

 

G. DE GNAMIEN

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites

Ulf Ekman, fondateur d’une megachurch évangélique, devient catholique

Les évangéliques suédois sont sonnés. L’incroyable est arrivé. Ulf Ekman, fondateur de la plus grande megachurch évangélique suédoise, a fait savoir qu’au terme d’une longue réflexion, il allait se convertir au catholicisme. Il a lui-même fait l’annonce lors de sa dernière prédication, dimanche 9 mars, dans l’église qu’il a lui-même fondée il y a 30 ans à Upsal.
L’événement est considérable et, de prime abord, unique. (Si vous lisez l’anglais, on peut recommander cet article sur Christianity Today). Tous les grands quotidiens ont parlé à la une de cette conversion et le pasteur s’est fait inviter par les grandes chaînes populaires de la télé. Quant à la presse chrétienne, elle ne parle plus que de ça depuis dimanche.

Tous les Suédois ont en effet entendu parler d’Ekman, pasteur charismatique qui prêche depuis des décennies et sans aucun complexe un christianisme évangélique « orthodoxe », voire littéraliste. Après avoir claqué la porte de l’Eglise luthérienne de Suède, où il était pasteur, il a créé avec fracas en 1983 une petite communauté charismatique : Livets Ord (littéralement « La Parole de la Vie »). Le but étant de revenir aux fondamentaux de la foi, non sans triomphalisme et en prêchant notamment la guérison, selon le modèle des grandes Eglises pentecôtistes américaines. Le tout en s’opposant explicitement à la théologie libérale des luthériens d’une part et, d’autre part, à la papauté, diabolique, des catholiques…

Depuis sa création en 1983, Livets Ord a connu un grand succès populaire. Son école biblique est devenue une référence parmi les évangéliques et serait la plus importante de Scandinavie. En quelques années, elle s’est surtout imposée comme la plus grande megachurch en Suède, attirant des personnes de toutes les générations et de toutes les couches sociales. Aujourd’hui, elle a 3300 membres baptisés et attire plusieurs milliers de personnes chaque dimanche. Un culte à Livets Ord, c’est comme un bon concert de louange avec, en prime, une leçon de théologie d’environ 30 minutes. Cet exploit populaire est d’autant plus remarquable qu’il a lieu à Upsal, ville universitaire dont la grande particularité est d’accueillir le siège de l’archevêque luthérienne, chef d’une Eglise qui souffre d’une désaffection historique.

A l’instar de son pasteur tonitruant, Livets Ord a été soupçonnée dans les années 80 et 90 par certains médias de sectarisme (faute de dialogue oecuménique), de misogynie (parce qu’elle refusait le principe des femmes pasteures) et, bien sûr, d’homophobie (comme toutes les Eglises évangéliques, qui refusent la bénédiction de couples homosexuels). Une solide réputation de « méchants » donc, qui n’a jamais été fondée mais qui, en l’occurrence, lui a permis de drainer une foule nombreuse parmi tous ceux qui s’inquiétaient des « dérives libérales » de la grande Eglise luthérienne.

Or, l’évolution la plus spectaculaire et la plus méconnue de Livets Ord est celle que le pasteur fondateur a voulu incarner lui-même : son ouverture à d’autres traditions chrétiennes. Cette aspiration date du début des années 2000. Ulf Ekman se consacrait alors au développement international de son Eglise (qui a par exemple une grande Eglise sœur en Ukraine). Avec son épouse Birgitta, il a notamment vécu en Terre sainte pendant trois ans, où il a découvert des Eglises orthodoxes et surtout la catholique. Il y a appris les fondements du dialogue oecuménique, qu’il refusait jusqu’alors. A force de la fréquenter, il a aussi réalisé que l’Eglise catholique, en particulier, ne correspondait pas à ses propres « préjugés », selon sa propre expression. Le couple Ekman a commencé à prier avec des catholiques charismatiques, dont il apprécie tant « la foi vivante ».

Et petit à petit, suivant son pasteur, Livets Ord a évolué. Ce qui fut une Eglise assez fondamentaliste est aujourd’hui une communauté qui dialogue avec tout le monde et où n’importe quel chrétien (non libéral) pourrait se sentir à l’aise. De fait, certains catholiques la fréquentent, comme par exemple Marcus Birro, un jeune blogueur et essayiste « born again », très connu en Suède.

En ce qui concerne Ulf Ekman, il se murmurait depuis des années, dans certains milieux protestants, que l’homme penchait « dangereusement » pour la théologie catholique. Le couple Ekman avait commencé à faire des retraites spirituelles, très à la mode en Suède dans les milieux oecuméniques. Depuis qu’il est parti à la retraite l’année dernière, en démissionnant de son poste de pasteur principal, il n’a cessé de multiplier les références catholiques. De même, leur fils Benjamin, brillant étudiant de théologie, ne fréquentait-il pas les catholiques ? Il s’est en effet converti en novembre l’année dernière. L’autre fils d’Ulf, Jonathan, est, lui, devenu directeur de Livets Ord, et (a priori) ne risque pas de se convertir. Néanmoins, ce Jonathan est lui aussi connu pour son esprit d’ouverture…

Depuis plusieurs années, personne dans les milieux chrétiens n’ignorait qu’Ulf exprimait le besoin de davantage d’unité chrétienne. Il disait aussi la nécessité pour les évangéliques d’étudier toute l’histoire de l’Eglise, notamment les Pères. Il avait même osé dire que la connaissance seule des Ecritures ne suffisait pas forcément pour faire Eglise. Surtout, il a fini par adopter la conception – catholique – d’une Eglise qui serait nécessairement visible.

Voici comment Ulf Ekman a expliqué un bout du chemin de sa propre conversion et celle de son épouse Birgitta dans une lettre envoyée à tous les membres de Livets Ord le 9 mars (c’est nous qui traduisons) : « Comme vous le savez, nous avons pendant ces dix dernières années ressenti le besoin de rechercher une unité plus profonde dans le corps du Christ. Pour moi, cela a commencé déjà à la fin des années 90 quand le Seigneur m’a lancé un défi : apprendre à connaître la vraie nature de l’Eglise. Qu’est-ce à dire? Il s’agit de comprendre non seulement ce que l’assemblée de Dieu fait, réussit à faire et croit, mais aussi qui nous sommes vraiment en tant que peuple de Dieu, en tant que corps du Christ. Tout cela nous a conduit à poser des questions sur ce que serait une foi vivante et authentique et sur ce que serait une expression concrète et authentique de ce qu’est l’Eglise dans sa complétude aujourd’hui. Jésus a institué une Eglise physique concrète qui devait porter sa Parole et sa présence dans tous les temps. Jésus est sérieux quand il demande dans Jean 17, 21 que nous devons être un comme Lui et le Père sont un, pour que le monde croie. Il n’est pas possible de chercher cette unité sans prendre en compte et s’ouvrir aux grandes Eglises historiques. »

Dont acte. « La foi en l’unité a des conséquences pratiques », comme l’affirme le pasteur. Mais dans toutes ses interventions depuis dimanche dernier, Ulf Ekman n’a cessé d’insister sur l’importance d’ « apprendre de nos frères et sœurs dans la foi et de chercher le rapprochement ». Il dit aussi comprendre ceux qui réagiraientt mal à son annonce, même s’il demande par ailleurs pardon pour avoir participé lui-même en tant que pasteur de Livets Ord à la « division entre chrétiens ». A son assemblée, face à plusieurs milliers de ses frères et sœurs, il a expliqué : « La première chose à dire est qu’il ne s’agit pas d’abord d’une prise de distance de quelque chose mais d’une adhésion à quelque chose. Nous aimons cette assemblée que nous avons contribué à construire et que nous avons servie pendant plus de 30 ans. Nous ne pourrions pas imaginer autre chose que d’être pleins de gratitude pour cette longue période avec vous. Néanmoins, nous avons fait l’expérience d’un appel du Seigneur d’entrer avec foi dans une nouvelle phase de notre vie. Tout en le faisant, nous sommes convaincus que l’assemblée est entre de bonnes mains et continuera de fleurir et porter de bons fruits dans la vision qui est la sienne. »

Les réactions sont innombrables. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’évangéliques mettent en cause « l’irresponsabilité » d’Ulf Ekman et disent plus généralement leur incompréhension. Plusieurs éditorialistes sur le grand journal évangélique de référence Dagen (dagen.se) disent comprendre ces réactions. Néanmoins, ce qui frappe est le nombre de chrétiens qui disent aussi leur reconnaissance pour Ulf Ekman et leur souhait que l’unité se fasse quand même, mais pas dans l’Eglise catholique. C’est le cas de Joakim Lundqvist, le pasteur qui a succédé à Ulf Ekman, et qui n’a de cesse de dire sa conviction que le couple Ekman répond effectivement à un appel de « l’Esprit saint ». Il a néanmoins jugé bon de rappeler que son Eglise, tout en oeuvrant pour l’unité, demeure « évangélique charismatique ».

Autre réaction, à la fois attendue et impressionnante : celle de Stefan Gustavsson, secrétaire général de l’Alliance évangélique de Suède, une organisation qui se veut représentative des évangéliques en général. « Ulf Ekman est sans aucun doute le leader chrétien le plus dynamique et le plus influent que nous ayons eu en Suède ces 50 dernières années, dit-il. Pour ceux qui connaissent Ulf Ekman, le passage à l’Eglise catholique n’est guère une surprise. Il a pendant de nombreuses années dit son enthousiasme, dans des livres et dans des articles, pour une théologie catholique claire et recherché précisément ce magistère que le pape revendique. Dans l’Alliance évangélique, nous avons la joie de collaborer avec l’Eglise catholique dans de nombreuses questions, comme le regard sur le mariage, la dignité humaine et la liberté religieuse et de conscience. (…) Sur d’autres questions, des différences nous séparent, incontestablement. » Et de rappeler explicitement les points critiques, comme par exemple « le rapport entre Ecriture et tradition » et la vision de l’Eglise. Selon les évangéliques (et protestants en général), « le corps du Christ n’a pas une structure visible dirigée depuis Rome », comme le rappelle ainsi Stefan Gustavsson.

Du côté de l’Eglise catholique, aucune réaction officielle n’a été émise. On sait seulement que l’évêque catholique de Stockholm Anders Arborelius apprécie Ulf Ekman, qui l’a invité plusieurs fois à prendre la parole à Livets Ord. Ulf et Brigitta Ekman devraient être admis dans l’Eglise en mai, dans deux mois. Ils suivent depuis l’année dernière un enseignement catéchétique à cet effet. A priori, ils devraient intégrer la paroisse de Saint Lars à Upsal.

Anne Thöni, pasteur au chevet des “cassés de la vie”


Troisième épisode de notre série La moitié du ciel est à elles.

Premier épisode :
“En Chine, la politique de l’enfant unique ravive des cultes à des divinités féminines”

Deuxième épisode  :
Le Coran a-t-il un sexe ?

*


Au fil des années, elle a acquis quelques «  petits trucs  ». Elle s’est notamment rendu compte que c’était souvent dans la première ou la dernière phrase prononcée par le malade avec qui elle échangeait que se trouvait la «  clé  ». Une clé permettant de comprendre pourquoi celui-ci avait souhaité la voir, ce qu’il attendait de leur entretien, ce qui le préoccupait. Anne Thöni le reconnaît  : sa charge de pasteur aumônier en milieu hospitalier est d’abord une affaire de «  décodage. Les patients ne vont souvent pas vous dire directement pourquoi ils vous ont appelée  ».
Cela fait désormais 13 ans que cette membre de l’Armée du Salut travaille aux côtés des patients de l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Être une femme aumônier n’est pas rare chez les protestants. “Nous avons même la parité en Ile-de-France, nous sommes bien dans l’air du temps“, relève-t-elle dans un sourire. Lorsqu’elle se rend dans l’établissement, sa mission est claire : apporter aux malades son écoute, entendre leurs questionnements et les « accompagner dans l’exploration d’eux-mêmes, afin qu’ils trouvent leurs propres réponses. » Les raisons pour lesquelles ces patients font appel à elle sont fort diverses. Les questions posées peuvent être d’ordre pratique mais aussi plus profondes. Comme cette protestante qui, sachant son décès proche, l’appela pour lui demander  : « Que va-t-il se passer après ? » «  Des entretiens peuvent également se dérouler dans le silence, indique Anne Thöni. Certains malades peuvent avoir besoin d’une présence, je suis alors là pour eux ».
De ces échanges, on ne sort bien évidemment jamais indemne. Elle se dit « enrichie » par toutes ces rencontres, mais également, bien sûr, «  touchée. Nous ne sommes pas les mêmes après ». C’est pour cela qu’un aumônier est lui-même suivi par un professionnel de la psychologie avec lequel il peut reprendre le fil des entretiens passés.

«  Une parabole de la Bible m’a empoigné le cœur  »

En s’engageant auprès des malades, Anne Thöni est en fait allée au bout de la démarche qu’elle a fait sienne depuis une quarantaine d’années comme ministre du culte. «  Ma vocation s’est affinée au fil des ans. Je suis profondément habitée par toutes les rencontres que le Christ a faites avec les ”cassés de la vie”, aveugles, étrangers, prostituées, souffrants… J’ai voulu vivre ça. Comme lui, j’ai souhaité me mettre à leur service ». Un altruisme qui est d’ailleurs très présent dès le début de son cheminement religieux  : c’est vers l’Armée du Salut qu’elle s’est dirigée voici plus de 40 ans, mouvement protestant tourné vers les détresses humaines.
Cet engagement fait suite à «  une expérience spirituelle au début de l’âge adulte ». Invité à un culte de cette même Armée du Salut par des connaissances, elle s’y rend par curiosité. D’origine catholique, elle s’était éloignée de l’Eglise à l’adolescence. La cérémonie protestante sera, pour elle, un choc. Elle va être « saisie par l’Evangile. Un texte m’a empoigné le cœur  : la parabole du fils prodigue, se souvient-elle. J’ai compris que Dieu accueillait sans reproche ni jugement. Je me suis alors demandé ce que j’allais faire de ma vie… J’ai décidé de servir Dieu en réponse à cet appel auquel je ne pouvais résister ».
Suivra alors, peu après, sa rencontre, au sein de l’Armée du Salut, avec son futur mari. A l’issue de leur formation théologique, viendra le temps de la consécration et de l’ordination pour les deux membres du couple. Nous sommes en 1976. Ils vont alors se lancer ensemble dans un riche parcours commun -une tradition à l’Armée du Salut. Lequel commence à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), où ils sont chargés de réinsuffler un dynamisme à une paroisse en sommeil. Une attention toute particulière sera portée aux «  enfants des rues  », souligne Anne Thöni. Après 5 ans, le cap est mis sur le pays de Montbéliard où d’importants travaux œcuméniques seront menés. Quelques années plus tard, de retour à Paris au siège de la congrégation, le couple s’occupera des publications de l’Armée du Salut (rédaction de journaux, édition d’ouvrages…).

Le dialogue avec les musulmans

Et c’est enfin en tant qu’aumôniers qu’ils abordent la dernière partie de leur cheminement. Son mari, rattaché à une prison, a pris sa retraite récemment. Anne Thöni, elle, a encore quelques années à accomplir à l’hôpital Avicenne. Une mission à laquelle elle en a adjoint d’autres. A 62 ans, elle est également responsable de la formation initiale et continue des pasteurs au sein de l’Armée du Salut, et remplit différentes charges au sein de la Fédération protestante de France sur les dossiers de l’aumônerie mais aussi des relations avec l’islam.
Cet intérêt pour le dialogue avec les musulmans n’est d’ailleurs probablement pas étranger à son entrée à l’hôpital Avicenne, ancien «  hôpital franco-musulman  » qui a pris en 1978 le nom d’un médecin et philosophe perse du XIe siècle. Elle reconnaît que son immersion dans ces lieux lui a permis d’évacuer rapidement «  des appréhensions et des a priori  » sur les musulmans. Mieux  : sa présence a été l’occasion de développer, aux côtés de représentants des cultes catholique, orthodoxe, juif et musulman, un grand nombre de rencontres interreligieuses.
Un dialogue constant avec les autres religions qu’Anne Thöni a toujours voulu doublé d’un travail « en alliance avec la laïcité ». « Cela témoigne de notre respect de l’autre et de l’importance que nous, protestants, accordons à la liberté de conscience », assure-t-elle. Elle s’attache au quotidien à exercer sa tâche en accord avec ces préceptes, en répondant notamment aux demandes de rencontres et d’échanges que peuvent lui faire des patients athées. Ou comme cette fois où elle a répondu positivement à une famille endeuillée qui lui demandait d’assurer la tenue d’un enterrement civil. Avec cette réflexion en tête  : « Si on annonce un Dieu qui accueille, alors on se doit d’accueillir nous-mêmes ces personnes dans leur demande ».

Ghana : Des prêtres traditionnels prêts à contrattaquer les pasteurs éveillés « Actu-Chretienne.Net

Des prêtres traditionnels dans la région Ashanti au Ghana ont mis en garde le 27 février 2014 des pasteurs des églises dites éveillées…

…qui fustigent et condamnent leur religion sur les radios et les télévisions. De plus, les prêtres critiquent les producteurs de films locaux qui dépeignent en noir le culte traditionnel car dans tous leurs scénarios «les adorateurs d’idoles ne sont jamais victorieux».

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A l’occasion du lancement de ses activités : L’église MEIVA donne les 7 devoirs du pasteur


: Le fondateur de la MEIVA, Rév. Louis Bozi, a annoncé une restauration de son église (Ph. G. DE G.)

Portée sur les fonts baptismaux en août 1998, la Mission évangélique internationale de la vie abondante (MEIVA) a connu des difficultés de fonctionnement à partir de 2004.

C’est dans le souci de relancer ses activités que cette mission internationale a initié un programme de deux (2) jours autour du thème : ”Dieu permet les difficultés pour élever son fils ou son peuple”, le samedi 22 et le dimanche 29 février à Marcory. Dans sa prédication du dimanche 23 février, le fondateur de cette église, Révérend Louis Signon Bozi, s’est appesanti sur les 7 devoirs du pasteur. A savoir faire paître le troupeau, fortifier les brebis faibles, guérir les malades, panser les plaies de celles qui sont blessées, ramener les brebis égarées, chercher celles qui sont perdues. Et enfin, rassembler le troupeau de Dieu.

«En 2004, les difficultés de la MEIVA ont commencé avec la démission de certains pasteurs pour créer leur ministère. Notre siège de Koumassi Promodo a été fermé par le fait des voisins qui se plaignaient de nuisance sonore, sans oublier la crise post-électorale de 2011 qui a dispersé nos fidèles. Mais, dans la vie des hommes comme celle des nations, il y a toujours une période de traversée du désert à surmonter pour que Dieu t’utilise puissamment », s’est convaincu le Révérend Louis Bozi, qui a annoncé l’acquisition d’un terrain de 4.500 M2 à Koumassi devant servir à bâtir le siège de la MEIVA. Les pasteurs venus de l’intérieur du pays ont, également, égrainé leurs difficultés. Il s’agit du manque de local pour exercer leur ministère, le manque de formation, sans oublier les moyens financier et matériel qui font cruellement défaut.

 

G. DE GNAMIEN

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La fatwa de Kampala

En chef d’État organisé, Yoweri Museveni a voulu que cela se fasse devant témoins. Lundi 24 février, le président ougandais a donc convoqué en sa résidence d’Entebbe ses ministres, les médias, une demi-douzaine de pasteurs… et une poignée de scientifiques dont les “travaux” présentent l’avantage de certifier que l’homosexualité n’a pas d’origine génétique – ce qui rend responsables, donc coupables, celles et ceux qui partagent cette orientation. De sa plus belle plume de chef d’État, il a alors paraphé la calamiteuse “loi antigay”, votée depuis des semaines par le Parlement de Kampala. Applaudissements, toast et effet immédiat : dès le lendemain, un tabloïd à grand tirage livrait à la vindicte populaire la liste des deux cents homosexuels “les plus connus d’Ouganda”. Bilan : une vague de lynchages. On ne peut qu’être sidéré devant la violence de cette loi régressive, qui condamne à la perpétuité les partenaires d’une relation homosexuelle, rend leur dénonciation obligatoire sous peine de sept années de prison et menace d’expulsion toute société étrangère qui emploierait des gays. La réaction des bailleurs de fonds occidentaux, ainsi que celle de la Banque mondiale, qui ont immédiatement annoncé la prochaine suspension de leur aide financière à l’Ouganda, sont-elles pour autant appropriées ? Rien n’est moins sûr.

Tout comme Robert Mugabe, Goodluck Jonathan et quelques autres présidents ouvertement homophobes, Museveni sait pertinemment ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Au pouvoir depuis vingt-huit ans, désireux de rempiler en 2016 mais contesté en interne, l’autocrate ougandais joue sur ce type de loi populiste pour distraire son opinion et sur l’indignation extérieure qu’elle suscite pour provoquer autour de sa personne un prurit d’identité nationale, laquelle serait menacée par les “antivaleurs” occidentales. Le chantage à l’aide, agité par le Premier ministre britannique David Cameron ? Peu lui importe : Museveni est l’un des porte-parole les plus virulents de ce nouveau front du refus africain, boosté par la croissance et l’arrivée de partenaires asiatiques plus compréhensifs, et qui estime pouvoir se passer de ce que l’économiste zambienne Dambisa Moyo appelle “l’aide fatale”. Il sait également que si les Anglo-Saxons ne cachent pas la répulsion que leur inspire la loi antigay (“un jour de deuil pour l’Afrique”, a tweeté Susan Rice) pour des raisons là aussi d’opinion intérieure, ils ne lui demandent pas pour autant de quitter le pouvoir, lui leur allié si précieux contre les jihadistes somaliens. Bref, Museveni joue sur du velours.

On ne fera pas reculer l’intolérance envers les homosexuels africains en faisant comme si ce type de lois répressives n’était pas populaire - elles le sont, hélas, il suffit de parcourir les réseaux sociaux - ni en phase avec des sociétés où la communauté (et le poids de la parenté) détermine toujours la condition des individus et rejette impitoyablement toute déviance supposée. On la fera encore moins reculer en prônant des politiques d’ingérence et de punition qui auront pour effet de renforcer les pouvoirs en place et de faire de la communauté homosexuelle le bouc émissaire idéal des frustrations de la rue. Il faut rechercher d’autres voies, inventer d’autres moyens et surtout faire savoir que si l’homosexualité est aussi vieille et universelle que l’apparition de l’homme, l’Afrique n’est devenue un continent homophobe que récemment, sous l’influence nocive d’Églises évangéliques venues d’outre-Atlantique. Ce n’est pas de chefs traditionnels que s’est entouré Museveni pour décréter sa fatwa, mais de pasteurs chrétiens. Comme quoi, les néocolonisés ne sont pas ceux que l’on dit.

Pour assainir les églises et ôter les faux pasteurs : L’OTE met en place, un bureau préfectoral …

L’observatoire togolais des �glises (OTE) a mis officiellement en place ce mardi � Lom�, un bureau pr�fectoral Lom�-Golfe. Pr�sid� par le Pasteur Djokp� Koffi, le bureau est compos� de cinq membres, tous des hommes de Dieu.

C’�tait dans les locaux de la Conf�d�ration nationale des travailleurs du Togo CNTT). La c�r�monie a drain� de nombreux fid�les et pasteurs. Une dizaine de pasteurs du Nig�ria �taient parmi les fid�les pour apporter leur soutien � l’initiative de l’OTE.

C’est le R�v. Cyrus B.Padabadi, pr�sident de l’OTE et pasteur de l’�glise “Mission Peuple de Dieu” (MPD) qui a pr�sid� la c�r�monie d’installation des membres du tout nouveau bureau pr�fectoral.

La mission d�volue aux membres du bureau pr�fectoral est simple : il est charg� de cr�er les autres bureaux de zones de Lom�-Golfe.

Les membres des zones qui seront install�s auront � travailler pour d�cortiquer les probl�mes que traversent les �glises dans les diff�rents quartiers afin de les transmettre au bureau pr�fectoral qui va � son tour proc�der � la recherche de solution dans le seul but d’assainir la corporation. Aussi, d�tecteront-ils les les �glises qui s�ment le d�sordre, la panique au sein des quartiers.

Au Togo, il n’est pas rare de voir devant les juges, les plaintes de nombreux citoyens pour d�noncer le comportement inhumain d’un pasteur. Tr�s souvent, l’affaire d’escroquerie revient apr�s tout sans oublier les cas d’agression sexuelle sur des fid�les.

Il n’y a pas longtemps, c’est un pasteur qui avait distribu� de l’argent � certains jeunes dans la r�gion de la Kara (environ 420 Km de Lom�), afin que ceux-ci simulent des maladies lors d’une campagne de pri�re et de gu�rison qu’il organise au Palais de Congr�s de la ville. Avant m�me que l’acte soit consomm�, la gendarmerie a mis la main sur le pasteur et les jeunes.

“C’est un moment que nous attendons depuis. Il faut qu’on mette un peu d’ordre au sein de nos �glises”, se r�jouie Mme Odette, fid�le de l’�glise +Peuple de Dieu+.

Pour le pr�sident de l’OTE, cet observatoire vise � assainir le corps du christ, � �ter dans les rangs des pasteurs, les faux qui ont transform� le service de Dieu en un lieu de commerce.

Rappelons que l’OTE a pour objectifs de sauver l’honneur des pasteurs togolais � cause du non-respect � leur �gard ; d’intervenir dans les litiges opposants pasteurs-pasteurs d’un c�t�, et pasteurs contre une tierce personne. Aussi, il est question d’assainir le corps du Christ, de rassembler les pasteurs dans un creuset pour le bonheur des Eglises charismatiques du Togo.

Un but : devenir pasteur ” implanteur d’église “

Alors que le chantier de l’Église évangélique de Langeais accuse plusieurs mois de retard, la communauté s’active déjà pour préparer la relève. Reportage.

Mercredi matin, 10 h, à un jet de pierre du château de Langeais. L’ancienne salle de bal de la rue Anne-de-Bretagne n’a pas encore officiellement démarré sa nouvelle vie d’Église évangélique. Mais la relève est déjà là, en plein cours d’herméneutique, dans la salle qui jouxte le chantier de transformation.

Attablés dans la cuisine, Thimoté, 26 ans, Tamara, 28 ans et Marina, 22 ans, ordinateurs sous les yeux, écoutent David Williamson leur enseigner l’interprétation des textes bibliques. Avec un objectif bien en tête : devenir « implanteur d’église », d’ici deux ans pour le premier, équipières dans moins d’un an, pour les deux autres.
Exactement comme Raphaël et Floriane Héritier, leurs hôtes de Langeais, issus de la première promotion du centre de formation pour pasteurs implanteurs de Loches. « Les premiers, les cobayes », s’amuse le futur pasteur de la commune, 30 ans à peine. À quelques mois du grand lancement de son lieu de culte, Raphaël Héritier a dû mettre entre parenthèses son métier de menuisier. Pour s’atteler exclusivement aux démarches administratives. Pas vraiment une sinécure, reconnaît-il, alors que le calendrier du chantier accuse plusieurs mois de retard, confronté, notamment, à la réglementation imposée par les architectes des Bâtiments de France dans le périmètre du château de Langeais. Résultat : l’inauguration, initialement prévue en octobre, a été repoussée au mois d’avril. Au mieux…
En attendant, les anciens élèves se sont déjà faits formateurs, à raison d’une ou deux journées par semaine. Enchaînant prières et démarches légales, les époux Héritier endossent aussi le rôle de baby-sitter pour les enfants des nouveaux élèves du centre de formation. « Notre but, c’est que les gens fassent partie intégrante de l’Église, qu’ils prennent le relais à leur tour », explique Floriane sur la philosophie à l’œuvre.

 “ Notre but : que les gens fassent partie intégrante de l’Église ”

Restera, une fois l’Église ouverte, à atteindre 15 membres pour pouvoir se constituer en association cultuelle. Et à attendre une dizaine d’années pour voir la nouvelle venue des Églises évangéliques d’Indre-et-Loire quitter le statut d’annexe de Loches pour une autonomie pleine et entière.
« On a pu compter sur un accueil plutôt bon de la population », apprécie d’ores et déjà Raphaël Héritier. Une population, surtout « curieuse », de voir une église s’implanter dans son centre-ville, abonde Floriane. D’autant plus surprise, s’amuse la jeune femme de 25 ans, que Raphaël Anzeberger, leur ancien formateur, n’est pas vraiment passé inaperçu dans les rues de Langeais. Un pasteur qui arrive sur un long-board, « forcément, ça étonne… »

le chiffre

10.000

C’est le nombre d’habitants pour une église que souhaitent atteindre les instances représentatives évangéliques. Contre un taux de 30.000, voire 32.000 aujourd’hui. Parmi les zones qui manquent encore de lieux de culte figurent Sainte-Maure-de-Touraine, Azay-le-Rideau ou encore Montlouis-sur-Loire.

la phrase

” On n’est pas chrétien que le dimanche matin ! “

De Raphaël Héritier, pasteur de Langeais : « On n’est pas chrétien que le dimanche matin ! On vit les uns à côté des autres. L’objectif est de ne plus avoir des églises excentrées dans les zones industrielles, mais d’inverser la tendance en faisant des églises qui peuvent apporter à la vie de la ville. »

en bref

> Laïcité. Un sujet qui ne va pas sans poser quelques difficultés ou qui fâche même… Comme cette fois où les Églises de Touraine se sont vu refuser l’autorisation d’occuper un stade de Joué-lès-Tours pour un rassemblement de tous les enfants des paroisses de Touraine, rappelle Jean-Pierre Dupont, délégué départemental du Conseil national des évangéliques de France (CNEF). « La laïcité, ça signifie ne pas favoriser, ne pas subventionner tel ou tel groupe, mais pas interdire d’occuper un stade », argumente le pasteur. « La laïcité oui, mais pas une laïcité où on se replie, où on vit sa foi en cachette, chez soi. »
> Vocation sociale. Les Églises réformées gèrent très souvent des vestiaires et des banques alimentaires. L’Assemblée de Dieu, par exemple, distribue entre 180 et 200 paniers repas chaque semaine. Tandis que l’Église évangélique Baptiste propose des vêtements aux plus démunis. La Mission chrétienne du plein Évangile de Tours a quant à elle choisi de mêler les deux.
> En vidéo. « La société a tellement évolué. C’est l’occasion de proposer des choses plus actuelles. » Jusqu’aux vidéos de culte et à l’animation sur les réseaux sociaux, avance Raphaël Héritier, le pasteur de Langeais, pas à court d’idées pour faire vivre sa communauté grâce à des moyens de communication modernes…

Peu d’églises, mais des fidèles

Si une Église évangélique se crée tous les dix jours en France, le temps semble s’être arrêté en Indre-et-Loire. Entre 2002 et 2012, seuls deux nouveaux lieux de culte ont ouvert leurs portes sur le territoire, pour atteindre 12 Églises (une vingtaine en intégrant la totalité des Églises réformées) en 2013. Contre une progression de 47 à 68 Églises évangéliques en région Centre dans le même temps.
Et ce, malgré quelques créations ponctuelles d’Églises annexes au sein des différents courants évangéliques, Assemblée de Dieu, Hmong, tzigane, de la Re-naissance, Baptiste ou encore du Plein Évangile. Depuis juillet dernier, Régis Nkounkou, 24 ans, officie ainsi chaque semaine comme pasteur principal à Saint-Pierre-des-Corps. Publiée au Journal Officiel au début du mois de février, son association, la Mission chrétienne du Plein Évangile, implantée à Orléans depuis une douzaine d’années, compterait déjà une trentaine de fidèles réguliers sept mois à peine après son arrivée en Touraine.

L’immigration dope la fréquentation du culte

S’il est bien un point positif sur lequel s’accordent les pasteurs contactés, c’est justement la ferveur des fidèles dont le nombre serait en augmentation ces derniers temps. Jusqu’à atteindre les « 2.500 pratiquants réguliers » en Indre-et-Loire, avance Daniel Liechti, vice-président du Conseil national des évangéliques de France. Jean-Pierre Dupont, l’un des pasteurs de l’Église évangélique Assemblée de Dieu de Tours a enregistré « en moyenne 40 personnes de plus les dimanches de 2013. » Soit 310 à 320 fidèles rassemblés pour le culte.
Cet attrait croissant, le pasteur de la rue George-Sand l’explique en grande partie par l’immigration, plus particulièrement africaine, de ces dernières années : « Les gens qui viennent de pays où on est croyant, l’Afrique, la Guadeloupe ou la Martinique, participent au développement des Églises du département. » Même constat du côté de l’Église évangélique baptiste de la rue Lakanal à Tours, où Stéphane Guillet a vu doubler la fréquentation de son Église. Jusqu’à 170 personnes certains dimanches.

Théorie du genre – Messieurs les Evêques de France, vous êtes de mauvais pasteurs…

FRANCE-RELIGION-CATHOLICS-BISHOP-ASSEMBLY

Ceux qui ont lu le livre II de la République se souviennent que Platon y décrit la Cité parfaite dont les poètes seraient bannis. Pourquoi ? Non pas, comme le prétend la vulgate philosophique parce que Platon leur reprocherait d’être de tristes imitateurs du réel. Mais parce que ce sont eux qui gouvernent la transmission des valeurs et donc la reprogrammation de la culture d’une génération à l’autre. Et parce que Platon rêve d’un reconditionnement culturel des citoyens.

Car que font les poètes ? Ils composent des récits et ils les racontent!

Les grands schèmes culturels – ce qu’on appelle les patterns – sont transmis par ces récits mythiques ou légendaires. Les récits d’Homère et d’Hésiode constituent une sorte de « Bible » dont la pensée imprègne tous les niveaux de conscience, dont l’autorité s’exerce sur tous les plans. Ils sont comme un « livre » que beaucoup connaissent largement par cœur, et dont la lettre régit une sorte d’inconscient collectif – en tout cas des schèmes de conduite. D’où l’exceptionnelle importance de ces poètes.

La composition des récits est une activité qui n’appartient donc pas au Législateur.

Ce qui lui appartient, c’est de fournir les modèles et de décider des lois qui gouvernent la production de ces récits fondateurs de culture. C’est donc à lui de définir les normes de création des poètes. Ou de les redéfinir.

Par qui sont récités ces contes qui structurent les grandes conduites humaines? Platon se pose la question et il y répond : ils sont récités par les mères et les nourrices aux enfants petits…

Ce n’est pas de poétique dont il est question au livre II de la République, c’est d’éducation… Et de l’éducation des enfants petits. C’est pour pouvoir redéfinir les normes de création des récits qui vont gouverner les valeurs de la cité – et donc gouverner les hommes – qu’il faut chasser les poètes de la cité parfaite !

Le monde chrétien a beaucoup aimé Homère et Hésiode. Mais il a pourtant une tout autre « Bible », un grand récit qui gouverne ses conduites humaines. La norme de composition de cette déroutante fresque est tout à fait singulière : elle est révélée…

L’Ancien Testament décrit figurativement une succession d’alliances qui va de Noé à David, et l’histoire de la constitution patiente d’un peuple, aujourd’hui l’Eglise. Le Nouveau Testament raconte l’histoire d’un Dieu qui se fait homme et qui vient guérir et enseigner avec un mode pédagogique singulier : la  « parabole ». La Bible décrit comment Dieu a fait entrer dans l’humanité une information nouvelle, portée par un petit peuple héroïque, à la longue histoire, dont l’Eglise est héritière.

Ces récits sont là pour la mémoire et pour l’intelligence. Ils ont fait l’objet d’une longue histoire de pensée, d’exégèse, d’interprétation – la théologie – et ils gouvernent tous les grands « patterns » chrétiens. Ordonné à son Dieu, le chrétien ne vit pas soumis à la règle de son bon plaisir, de ses « droits » divers. Il vit soumis à un Dieu juste et bon, à une Loi bonne, dans un régime particulier qui est celui de la Grâce. Il vit en Homme, parmi d’autres hommes.

Ces récits mythologiques gouvernent aussi son rapport au corps. Au sien, et à celui de l’autre. Il est fondé sur une norme simple : le corps traduit l’éminente dignité de l’homme. Il est même « le temple de l’Esprit Saint ». La nudité n’est pas honteuse, elle est chargée de sens, ce qui n’est pas la même chose.

La cité platonicienne, c’est le projet de M. Vincent Peillon. Les enfants y appartiennent à l’Etat et il s’agit de les programmer selon les normes officielles et dans le nouveau paradigme anthropologique que le Législateur entend bien imposer et qui s’appelle « la théorie du genre ».

Mais ce nouveau conditionnement rencontre une résistance inattendue: celle des chrétiens. Ils ont compris les enjeux de ce nouvel ordre anthropologique du « tous à poil ». Et ils protestent et refusent. Ils « réagissent ». Cette réaction ne fait pas d’eux des réactionnaires, mais des hommes et des femmes qui s’opposent à un nouvel ordre inique qui prétend soumettre les intelligences et les reprogrammer.

Et nos Evêques ? Que pensent nos Evêques de tout cela ?

On aurait pu croire que devant tant d’attaques, devant l’ombre toujours plus menaçante qui s’avance sur l’Eglise, sur la religion dont ils sont les garants, ils auraient élevé leur protestation prophétique.

Mais rien… Nos Evêques ne disent rien. Si, nos Evêques de France invitent à la vigilance lors des prochaines élections…

Y  a t-il une raison à ce silence ?

Oui, il y a une raison.

Nos Evêques de France vivent encore imprégnés de la puissante et sirupeuse théologie de la récupération des « valeurs du monde », celle qui, depuis bientôt trois générations pare le monde d’admirables qualités évangéliques, fruits de l’action de l’Esprit Saint. Celle qui veut que le monde soit animé d’une force divine qui le fait aller de l’avant. Voilà les dogmes massivement imposés depuis des années. Quiconque ne suit pas la ligne du parti est évidemment qualifié de rétrograde ou de réactionnaire.  

On juge l’arbre à ses fruits.

Les fruits ? La pastorale de « l’aller au monde » ! Pierre Chaunu, qui ne mâchait pas ses mots, l’avait qualifiée de « pastorale du chien crevé au fil de l’eau ».

Un bref tour d’horizon devrait pourtant suffire à convaincre n’importe quel esprit un peu lucide.

Les news magazines qui offrent à la curiosité des cerveaux démembrés les anatomies intéressantes de « people » aux loisirs d’une consternante pauvreté et à la vie sexuelle abêtissante : l’œuvre de l’Esprit !

La jouissance obligatoire et forcenée et le culte du corps, la socialisation forcée et la grande flambée des dépressions : l’œuvre de l’Esprit !

La finance souveraine, la pathologie sécuritaire, la vengeance dans toutes les bouches, la justice ordonnée à des avatars techniques ou à des procédures formelles : l’œuvre de l’Esprit !

La vieillesse abandonnée et sous peu euthanasiée : l’œuvre de l’Esprit !

Le suicide massif des jeunes, de tous les jeunes, pas seulement des indécis en matière d’identité sexuelle dont l’Education nationale prend un soin jaloux : l’œuvre de l’Esprit !

La déprogrammation forcenée des enfants dès le primaire, l’illettrisme grandissant, les écoles dévastées, le mépris du travail intellectuel et de l’abstraction, mais aussi celui de l’œuvre de nos mains, le mépris du travail manuel : l’œuvre de l’Esprit !

La vie tressaillante et fragile, la promesse d’homme détruite dés le départ à travers le voile de la chair maternelle : l’œuvre de l’Esprit saint !

Une jeunesse qui boit – homosexuelle ou pas – et qui boit comme un « trou », par jeu, par bravade, par défi stérile et vain, l’œuvre de l’Esprit saint « au cœur de ce monde », comme on nous fait bêler pendant nos liturgies salopées.

Un univers professionnel trépidant, inutilement stressant, de plus en plus stérile et stérilisant, criant d’iniquité  voire inhumain: l’œuvre de l’Esprit Saint !

Et dans nos paroisses de France : la culture de la niaiserie, la geignardise généralisée, l’infantilisation forcée (y compris pendant la liturgie), l’autosatisfaction autiste. Tout cela excusé et justifié au nom de l’amour mal compris !

L’œuvre de l’Esprit de sainteté ?

« Amen, Amen, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas, vous mourrez dans votre péché ».

La vie humaine est une aventure à haut risque, ce risque, Dieu le partage avec nous : voilà ce qu’il fallait dire aux hommes et aux femmes de ce monde privé de toute transcendance, abruti de loisirs et de jeux télévisés.

Dieu dit vrai, vrai est son amour, vraie sa Parole. Mais vraies aussi ses exigences envers ceux et celles qui ont cru en sa Promesse. Et vrai sera son Jugement. Voila ce qu’il faut leur dire.

Il y va de l’avenir du christianisme, il y va des conditions de sa diffusion et de sa transmission, il y va d’une histoire vieille de quatre millénaires, il y va des droits de Dieu et de ceux de l’humanité.

Et accessoirement, il y va de notre honneur et de l’honneur de l’Eglise de France.

Nos Evêques de France auront à rendre compte de leur silence.

Ils auront à rendre compte du sang des enfants petits qu’ils ont abandonnés aux nouveaux dieux sanglants de la République, sans même livrer bataille.

Messieurs les Evêques de France, vous êtes de mauvais pasteurs !

Marion Duvauchel

Professeur de lettres et de philosophie

Téléréalité : les serpents mordent aussi… les pasteurs

Par Barthélémy Gaillard

Publié le 17 février 2014 à 13h27 Mis à jour le 17 février 2014 à 13h31

MORSURE FATALE – Le pasteur du Kentucky était convaincu que les croyants ne pouvaient être blessés par une morsure de serpent.

Pratique séculaire. C’est un des commandements de l’Evangile selon la religion pentecotiste. Saint-Marc écrit que les vrais croyants pourront prendre des serpents dans leur mains et boire un poison mortel sans problèmes. Jamie Coots, pasteur du Kentucky, était issu d’une famille de manieurs de serpents depuis trois générations. Il est mort dimanche des suites d’une morsure survenue lors du tournage de l’émission Snake Salvation. Une émission qui suivait justement Jamie Coots et ses proches pour comprendre pourquoi cette pratique, bien qu’illégale, persiste dans les zones rurales de la “Church Belt”américaine (le sud-est du pays).

Foi inébranlable. Rapportée par sur le site de la chaîne National Geographic qui diffusait l’émission, l’information laisse songeur quand au degré de croyance de Jamie Coots. “Même après avoir perdu la moitié de son doigt suite à une morsure, après avoir vu plusieurs ecclésiastiques mourir pour la même raison, il pensait toujours qu’il devait accepter les morsures et suivre sa Sainte destinée”.

Autres victimes. Jamie Coot avait déjà été condamné à un an de liberté surveillée en 2013 pour avoir transporté des serpents venimeux dans le Tenessee. Un autre pentecôtiste, Marc Wolford, est décédé en mai 2012 après s’être fait mordre apr un serpent lors d’une cérémonie en Virgine occidentale. On dénombre encore 125 églises où se pratique la manipulation de serpents venimeux.

Réconciliation nationale/ Pasteur Dro Honoré

Société

Réconciliation nationale/ Pasteur Dro Honoré

Publié le lundi 17 fevrier 2014  |  Le Patriote

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“De fausses prophéties ont aggravé la crise
Le pasteur Dro Honoré de l’Eglise du Seigneur Jésus Christ dénonce l’implication de certains pasteurs dans la politique. Il l’a fait savoir, samedi dernier, au cours d’une conférence de presse tenue dans les locaux de cette église au Plateau Dokui. ‘’La restauration de la Côte d’Ivoire dans le processus de réconciliation ‘’, c’est autour de cette thématique que le conférencier a mené sa réflexion. L’homme de Dieu a condamné l’attitude de certains pasteurs qui, selon lui, se sont érigés en politiciens et non en hommes de Dieu. Il a expliqué que ces guides religieux se sont détournés du chemin de Jésus Christ. Pour lui, faire la politique n’est pas la mission d’un pasteur. Le rôle de l’Eglise, a t-il affirmé, est de prêcher l’Evangile, afin que des vies soient sauvées et non se mêler de la politique. Il a ajouté que le guide religieux, qui fait la politique, n’est pas assez lucide pour dire la vérité. L’homme de Dieu a également dénoncé les fausses prophéties. Il a pointé un doigt accusateur sur le pasteur préféré des refondateurs. « Koné Malachie a aggravé la crise postélectorale avec ses fausses prophéties. Si Dieu a parlé la chose s’accomplira car Dieu ne ment pas », a soutenu le pasteur Dro. Poursuivant, il a souligné la nécessité de restaurer l’Eglise. D’où son invite aux chrétiens à retourner à la doctrine apostolique.

Zana Coulibaly

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L’Eglise réformée se ravise sur la consécration des diacres

(Laurent Gilliéron/Keystone)

(Laurent Gilliéron/Keystone)

Le Conseil synodal invite son parlement à continuer de consacrer les aspirants au ministère diaconal, et présente même ses excuses. La proposition en 2013 de renoncer à cet acte liturgique, le réservant aux seuls pasteurs, avait suscité tristesse et révolte

Les diacres ne tomberont pas dans les marges de l’Eglise évangélique réformée vaudoise. Le Conseil synodal (exécutif) s’est ravisé sur la consécration des alter ego des pasteurs. En 2013, les autorités protestantes avaient en effet envisagé de renoncer à cet acte liturgique ou, du moins, d’en remodeler le profil. Face à une très vive réaction, mêlant tristesse et révolte, le gouvernement de l’Eglise réformée propose désormais au Synode de continuer à consacrer les diacres. Dans la foulée, le conseil invite le législatif à élargir l’accès à la fonction diaconale, autre point qui avait suscité la controverse, en valorisant non seulement les titres d’étude mais également l’expérience.

Le Conseil synodal a donc choisi la voie «de l’apaisement». Il présente même ses excuses à tous ceux qui se sont sentis blessés.

Parfois «imprévisible», selon un ancien membre, cette instance, le Synode, qui se réunit cette fin de semaine à Lausanne, devrait emboîter le pas à l’exécutif et mettre un terme à la crise qui secoue les paroisses et les cures du canton.

Le retour à la consécration ravit les diacres, qui avaient craint d’être «rabaissés au rôle d’employés». C’est par ce rituel que l’Eglise protestante reconnaît la vocation de ces derniers comme celle des pasteurs.

Défaut d’information

En peu de temps, c’est la deuxième fois que le Conseil synodal et le Synode sont confrontés à la fronde de la base, les ­obligeant à reprendre leur dessein d’origine. La volonté d’introduire un rite destiné aux couples homosexuels avait passablement heurté. Une première résolution du Synode avait provoqué le refus bruyant d’une frange attachée à une lecture conservatrice des textes. Décidé à aller de l’avant sans exacerber les divisions, l’exécutif a corrigé le dispositif. La nouvelle mouture, adoptée, préserve le libre arbitre des objecteurs de conscience. Les opposants restent opposés; néanmoins, la contestation a fini par perdre de vigueur.

Quant à la consécration des diacres, le Conseil synodal a écouté les critiques, il est revenu en arrière, mais il a voulu justifier sa position sur le plan théologique, explique Line Dépraz, l’une de ses membres. Ce qui lui a permis de clarifier les rôles différents et complémentaires des ministres: le pasteur porteur de la parole et de l’interprétation de la bible; le diacre chargé d’œuvrer au milieu des gens.

L’église réformée se ravise sur la consécration des diacres

(Laurent Gillieron/Keystone)

(Laurent Gillieron/Keystone)

Le Conseil synodal invite son parlement à continuer de consacrer les aspirants au ministère diaconal, et présente même ses excuses. La proposition en 2013 de renoncer à cet acte liturgique le réservant aux seuls pasteurs avait suscité tristesse et révolte

Les diacres ne tomberont pas dans les marges de l’Eglise évangélique réformée vaudoise. Le Conseil synodal, exécutif, s’est ravisé sur la consécration des alter ego des pasteurs. En 2013, les autorités protestantes avaient en effet envisagé de renoncer à cet acte liturgique ou, du moins, d’en remodeler le profil. Face à une très vive réaction, mêlant tristesse et révolte, le gouvernement de l’église réformée propose désormais au Synode, parlement, qui se réunit cette fin de semaine à Lausanne, de continuer de consacrer les diacres, pour leur plus grand bonheur.

Le Conseil synodal a donc choisi la voie «de l’apaisement». Il présente même ses excuses à tous ceux qui se sont sentis blessés. Quoique parfois «imprévisible», selon un ancien membre du Synode, cette instance devrait lui emboîter le pas et mettre un terme à la crise qui a secoue les paroisses et les cures du canton. Les diacres, mais aussi des pasteurs, avaient exprimé leur peine et leur réprobation à l’égard d’une décision qui «rabaissait» des femmes et des hommes au service de Dieu sur le terrain, au milieu des gens.

En peu de temps, c’est la deuxième fois que le Conseil synodal et le Synode sont confrontés à la fronde de la base les obligeant à reprendre leur dessein d’origine. La volonté d’introduire un rite destiné aux couples homosexuels avait passablement heurté. Une première résolution du Synode avait provoqué le refus bruyant d’une frange attachée à une lecture conservatrice des textes. Sans le ranger au fond d’un tiroir, l’exécutif a corrigé le dispositif d’origine. La nouvelle mouture , adoptée, préserve ainsi la liberté des objecteurs de conscience. Les opposants restent opposés mais la contestation a fini par perdre de vigueur.

Quant à la consécration des diacres, le Conseil synodal est revenu certes en arrière, mais il a voulu justifier sa position sur le plan théologique , explique Line Dépraz, Ce qui a permis de clarifier les rôles différents et complémentaires des ministres. Ces tensions, explique la pasteure membre de l’exécutif, tiennent en grande partie à un «déficit d’information». En revanche, elle exclue qu’un fossé sépare les autorités ecclésiastiques des fidèles. «Il y a une minorité en désaccord qui se fait entendre, mais il y a en même temps une majorité silencieuse qui approuve les changements.»

Colombie : une église évangélique hostile aux pasteurs amputés

Maria Luisa Piraquive. (Photo : Wikimedia Commons)Postée le mois dernier, une vidéo a déclenché la fureur des internautes colombiens. Sur ces images, on peut voir la directrice d’une église évangélique, dont la famille fait partie intégrante du paysage politique colombien, expliquer doctement pourquoi selon elle, les personnes amputées ne peuvent devenir pasteurs. « Si on voit quelqu’un prêcher avec un bras en moins, ça ne risque pas de plaire beaucoup, explique Maria Luisa Piraquive, fondatrice de l’Eglise ministérielle de Dieu de Jésus-Christ international, à un public composé précisément d’handicapés. Par acquit de conscience, certains diraient pour des raisons esthétiques, nous ne les laissons pas monter en chaire ».

Après s’être plaint que des demandes en ce sens existent dans de nombreux pays, elle explique encore qu’elle ne se fait pas de soucis à ce sujet, parce qu’en Colombie « nous n’aurons jamais ce genre de problèmes ». « C’est l’Esprit Saint qui demande à quelqu’un de venir prêcher, poursuit-elle. Et donc, l’invalide sait très bien qu’il ne peut pas monter en chaire. Il n’ira pas nous en faire la demande parce qu’il sait que ce serait ridicule et il pourrait le faire. Mais, en fin de compte, quoi ? Dieu le punit et lui prend la main ».

Malheureusement, il se trouve que Maria Luisa Piraquive, qui a fondé sa propre église évangélique en 1971 avec son mari, appartient à l’une des familles plus puissantes du pays. Les Piraquive ont participé en l’an 2000 à la création du parti centriste MIRA, le Mouvement indépendant pour la refonte globale, la huitième force politique du pays. Le parti ne compte que trois membres au Sénat colombien, dont la propre fille de Maria Luisa, Alexandra Moreno Piraquive. Or, le MIRA est à l’origine d’une loi anti-discrimination, adoptée en 2011, sur proposition de son chef, Carlos Alberto Baena, qui a lui-même épousé l’une des nièces de Maria Luisa.

Religion et politique : liaisons dangereuses


Ce n’est pas la première fois que la famille Piraquive se retrouve empêtrée dans ses contradictions. Un scandale avait éclaté en 2006 quand Ivan Moreno, le frère d’Alexandra, avait affirmé avoir été écarté de l’Eglise fondée par les siens en raison de ses préférences sexuelles. Cependant, après avoir donné une interview au journal Semana dans lequel il réaffirmait que son homosexualité était cause de son éviction, il était réintégré dans l’Eglise par sa famille – dont il est encore membre aujourd’hui.

Dans cette même interview, Ivan Moreno estimait par ailleurs qu’il n’y avait aucune différence entre l’Eglise ministérielle de Dieu de Jésus-Christ international et le parti MIRA. Le second sert seulement de plateforme politique au premier. L’Eglise, qui compterait 850 lieux de culte dans 45 pays selon son site web, a été à plusieurs reprises sous le feu des critiques en raison des mouvements d’argent entre l’un et l’autre. En 2005, le magazine Cambio, disparu depuis, détaillait ainsi les sommes astronomiques que récupérait l’Eglise lorsque ses pasteurs faisaient la quête à la fin de la messe. « Une fois, en un mois, rien qu’à Bogotá, un milliard de pesos [357.000 euros] ont ainsi été récupérés », explique Oscar Jair Bedoya, un autre neveu de Maria Luisa.

A présent, l’Eglise évangélique se retrouve de nouveau sous les feux de la rampe à cause des propos de sa co-fondatrice, Maria Luisa Piraquive, qui fait pratiquement l’objet d’un culte de la personnalité de la part des fidèles. Un signe : la vidéo sur laquelle on la voit exclure les handicapés de la prêtrise pour des raison esthétiques a depuis été supprimée – sur demande de l’Eglise ministérielle de Dieu de Jésus-Christ international.

Églises évangéliques : d’Abidjan à Kinshasa, la Jesus Connection

Cérémonie d'une Église pentecôtiste, à Goma, en RDC. Cérémonie d’une Église pentecôtiste, à Goma, en RDC. © Colin Delfosse

D’Abidjan à Kinshasa, leurs Églises se comptent par dizaines de milliers. Promettant aux foules ce que les hommes d’État ne peuvent offrir, les pasteurs seraient-ils les nouveaux leaders du continent ?

La Jesus Connection a de beaux jours devant elle. Si l’on en croit les statistiques (approximatives) des spécialistes des religions, la communauté des chrétiens évangéliques et pentecôtistes au sud du Sahara talonne désormais celle des catholiques, après avoir largement vampirisé les effectifs du protestantisme, dont elle est issue. Avec une armée de fidèles estimée entre 120 et 150 millions d’âmes, cette mouvance acéphale conjuguant technologie numérique et exubérance émotionnelle, christianisme originel et Évangile de la prospérité est, avec l’islam, la forme religieuse la plus expansive en Afrique.

>> Lire aussi notre dossier : Chrétiens en terre d’islam : l’impossible cohabitation

D’Abidjan à Kinshasa, de Nairobi à Accra, de Libreville à Johannesburg, ce christianisme conquérant, missionnaire et mondialisé, qui ne connaît d’autre hiérarchie que celle de ses pasteurs et se décline sous des milliers d’appellations différentes (5 000 pour le seul Bénin !), prospère sur les terreaux fertiles de la crise des valeurs, du discrédit de la politique et de la quête du spirituel. Essentiellement urbaines, ces Églises qui prônent une religion à la fois physique et binaire (le bien contre le mal), reposant sur la révélation et l’engagement personnel, recrutent un public jeune, majoritairement féminin, appartenant à des catégories éduquées (étudiants, enseignants, cadres, fonctionnaires) et ayant une forte ambition de mobilité sociale, voire d’enrichissement individuel.

La popularité, proche du star-system, que rencontrent les pasteurs les plus connus (et cela quelle que soit leur formation religieuse, souvent sommaire) fait d’eux des clients courtisés et des conseillers écoutés des dirigeants et des chefs d’État. D’autant que les évangéliques, qui fonctionnent en réseaux et souvent en lobbies, sont présents dans les secteurs clés de l’administration et diffusent leur message transnational auprès des diasporas émigrées. Grands voyageurs, les pasteurs ont souvent un pied dans les banlieues des grandes capitales européennes, où leurs Églises prospèrent, et un autre dans leur pays d’origine, ce qui en fait des agents d’influence particulièrement efficaces.

De cette relation entre l’au-delà et la politique survient le meilleur comme le pire. Beaucoup de pasteurs évangéliques sont des hommes de bien, dont la parole redonne confiance, resserre le lien social et prône la vertu. Mais il en est d’autres pour qui la religion est une entreprise financière et dont le langage de combat flirte volontiers avec l’éthnonationalisme, la haine de l’étranger, voire l’incitation à la violence : de la Côte d’Ivoire à la RD Congo, les exemples récents de telles dérives sont nombreux. Le risque que représente ce type d’Églises pour les libertés est dans le fond identique à celui que véhicule toute formation religieuse exacerbée, de l’islamisme radical à l’hindouisme militant. L’investissement exigé de la part des fidèles est en effet total, intense, englobant tous les aspects de la vie en échange d’une part hypothétique de la puissance divine - notion dont l’écho est particulier en Afrique.

Sensible depuis la fin des années 1980, la déferlante évangélique est donc devenue l’objet de toutes les convoitises et de toutes les manipulations politiciennes. Au regard du caractère meurtrier qu’a souvent pris, dans le passé, l’interconnexion entre le religieux et la politique, il est permis de s’en inquiéter.

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Un pasteur proche de l’ex-président réagit : « Gbagbo n’est pas perdu, vous aurez des surprises »


Suite à l’article paru dans nos colonnes le mercredi 05 février dernier, et portant sur des hommes de Dieu qui étaient dans l’entourage de Laurent Gbagbo, le Révérend Alain Leroux Gaman, lui aussi proche de l’ex-président s’est senti interpellé. Il réagit dans la déclaration suivante.

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur, suite à votre publication du Mercredi 05 Février 2014 avec à la grande Une : CRISE POSTELECTORALE, Des révélations sur ces pasteurs qui ont perdu Gbagbo, je me suis senti interpellé en tant que pasteur, ex-Président des Croyants pour la réélection du Président GBAGBO, ex-responsable de secteur du CNEPECI, une des composantes du Haut Conseil dirigé en son temps par le Pasteur Paul AYOH et en tant que collaborateur du Magistrat ZAHIRI ZIKI SEBASTIEN, ex-Conseiller du Président GBAGBO. Je voudrais au nom de tous ‘ces pasteurs’ vous apporter des éclairages et dissiper le trouble et les injures gratuites que des journalistes distillent à l’endroit de la masse et qui sont malheureusement récupérés par des gens qui n’attendent que ce coup de pousse pour justifier leurs forfaits. Des journalistes étrangers ignorants peuvent le faire, mais, rapporter leurs propos et y ajouter des balivernes, nécessite des clarifications surtout à l’heure de la réconciliation. L’histoire de la radio ‘milles collines’ au Rwanda est malheureusement encore bien fraîche dans nos mémoires.

D’entrée, Assane NIADA, l’auteur de l’article et ceux qui pensent comme lui doivent savoir qu’avant d’accuser le Président GBAGBO et les Pasteurs de tous les péchés d’Israël, il faut souligner que le fait que les hommes de Dieu soient dans le sillage des politiques n’est pas extraordinaire. Depuis la nuit des temps et sur toute la planète c’est un fait banal. Les livres saints le recommandent et c’est une nécessité protocolaire. Notre regretté père de la Nation avait des chapelles et sa foi l’a poussé à construire la plus grande basilique qui fait la fierté de notre pays.

Quand notre Président actuel était à l’hôtel du Golf, il y recevait aussi des hommes religieux chrétiens et musulmans et je ne pense pas que ces derniers ne continuent pas de lui rendre visite et de lui donner des conseils. Tout chef d’Etat digne de ce nom à un ou plusieurs conseillers spirituels. Si aujourd’hui notre Président m’en donne l’occasion, je lui rendrai aussi visite. Souffrez de savoir que cela fait parti de la mission de Pasteur. Oui vous voulez donner plusieurs pères à ce que vous appelez avec ironie ‘la perte de GBAGBO’. Vous applaudissez les accords de Ouaga, en connaissez-vous les pères de l’hombre? L’amnistie des ex-rebelles en connaissez vous les pères? Connaissez-vous les nuits blanches que nous avons passées à prier et à concilier les différentes parties? GBAGBO n’est pas perdu, et personne n’a poussé GBAGBO à la perte. Il vit la vie que lui a tracée Dieu ; et tant qu’il vit et que vous vivrez aussi, vous aurez des surprises.

En reprenant l’expression de Jeune Afrique qui n’est plus ” intelligent ” : ” ils l’ont travaillé au corps à corps ”, c’est ne pas connaître le Woody de Mama, le seul homme à s’opposer vertement au vénéré père de la nation. Ce n’est pas un homme à se laisser dicter quoi que ce soit, c’est un homme d’Etat qui prenait ses décisions avec responsabilité et conviction. Il pouvait se passer de conseils et réussir. Le Président GBAGBO ne s’est jamais appuyé sur des prophéties pour gouverner la Côte d’Ivoire, pour accomplir autant d’exploits dans les conditions que vous savez.

Pour finir, nous continuons de pleurer et de déplorer toutes les victimes et les dégâts d’un simple contentieux électoral qui pouvait être réglé autrement. Sachez que nous avons fait tout ce que nous devrions faire pour éviter le bain de sang, nous qui travaillons pour la nation, à la restauration des populations meurtries et vulnérables nuits et jours sans émarger au budget de l’Etat. Même si vous ne partagez pas notre vision, puisque vous interprétez mal nos actions et propos, de grâce ne soyez pas les griots de ceux qui veulent continuer de nous opposer, sapant ainsi les efforts du Gouvernement Duncan. Pasteur Paul AYOH, Mr ZAHIRI ZIKI, Dr DION Robert, Bishop BONI, Apôtre KORE … sont de grands hommes de Dieu qui ont toujours œuvré pour la paix et le bien-être des Ivoiriens. Ayez un peu de considération pour eux, ne les vilipendez pas. Je vous remercie.

Rev. Dr Alain Leroux Gaman

 NB : Les titres et le chapeau sont de la Rédaction

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