CAMEROUN :: LE REVEIL, LES MIRACLES ET LES DESILLUSIONS :: CAMEROON

CAMEROUN :: LE REVEIL, LES MIRACLES ET LES?DESILLUSIONS :: CAMEROONCAMEROUN :: LE REVEIL, LES MIRACLES ET LES…DESILLUSIONS :: CAMEROON 47 confessions religieuses officiellement reconnues, plus de 200 ‘’Eglises évoluant en marge de la légalité en attendant le cachet régularisateur du Président de la République qui tarde à venir, tout autant que tardent à se matérialiser les miracles annoncés.

Certains habitants de Yaoundé ne remonteraient pas très loin dans leurs souvenirs pour se rappeler les prestations plutôt, courues d’un évangéliste américain nommé BONKE qui attirait des foules à l’esplanade du stade omnisports ou encore au lieu-dit ‘CARREFOUR WARDA.

Le relais pris par  les pasteurs nigérians avec un succès certain n’a pas manqué de susciter des vocations auprès de quelques inspirés locaux. Le filon désormais maitrisé par ces acteurs avec à la clé des affiches aux couleurs chatoyantes placardées aux quatre coins de la ville sur fond de décibels assourdissants, a tôt fait de déclencheurs auprès de certaines couches sociales, une hystérie collective.

Portées par les effets déstabilisateurs d’une crise économique persistante, d’une misère ambiante face auxquels les liturgies jugées soporifiques et monotones des confessions religieuses conventionnelles sont restées sans solutions, des hordes de fidèles, pour une bonne part des femmes, abandonnent par vagues successives leurs premières amours religieuses pour se jeter corps et biens sur les guérisons, les miracles, les richesses proposés par les nouveaux conquérants des âmes : les Eglises dites de réveil, un succès foudroyant, un phénomène de masse qui a simplement eu le don d’engendrer par certaines des ‘’pasteurs’’ de tout poil dont certains doivent en toute objectivité établir les preuves de leurs aptitudes professionnelles si ce n’est par ailleurs celle de leur probité morale.

Tous ceux-là qui, victimes à divers titres de chômage, d’envoûtement, de stérilité, de toutes sortes de maladies, y affluent pour y trouver des solutions à leurs différentes préoccupations. L’erreur serait de croire que seuls les crèves -la –faim se laissent séduire par les sirènes de ces nouveaux ‘’sauveurs des âmes’’.

Et bien que non ! Le tableau que peint un célèbre sociologue camerounais laisse perplexe : … il y avait aussi d’authentiques personnalités des administrations publique et privée, du monde des affaires, des professions, libérales, des étudiants, des artistes… »

La contagion était dévastatrice. Le clergé catholique surtout qui en a perdu le sommeil a eu le mérite de s’être livré à une introspection afin de redresser la barre.

Avec le concours de l’Exhortation apostolique post-synodale « ECCLESIA IN AFRICA » proclamé par le Pape Jean-Paul II de regretté mémoire lors de sa visite en aout 1985 au Cameroun.

Les innovations culturelles du document papal se sont chargées de corriger autant que faire se peut les reproches faits à l’Eglise de Rome.

Les nouveaux convertis ont-ils trouvé leur compte ?

Une abondance littérature émanant des cercles spécialisés fait ressortir que leur parcours s’est soldée parfois par de cruelles désillusions. Et aux dis de ces spécialistes, nos « braves » pasteurs ne sont, pour certain que de vulgaires opportunistes soucieux avant tout de se « sucrer » aux dépens de la crédibilité, de la naïveté, et du désarroi existentiel de leurs fidèles.

Un jeu rendu plus aisé avec cette faculté dont jouissent certains promoteurs de ces Eglises capables de les faire naître, de les faire disparaitre, de les faire renaitre…. Au fait, combien sont-elles aujourd’hui au Cameroun, ces Eglises dites de réveil. Selon certaines sources ayant enregistré leur déclaration au Minatd, on en compterait plus de deux cents à s’être engouffrée dans la brèche ouverte par la loi N° 90/053 du 19 décembre 1990 relative au libertés publiques, aux questions du culte et au suivi des activités des associations et autres mouvements à but non lucratif.

On comprend dès lors pourquoi ces Eglises se résument parfois en un domicile privé si ce ne sont que quelques piquets qui supportent un simple toit. Evoluant dans ce cadre provisoire, certains nourrissent ainsi l’espoir d’obtenir le sésame officiel du nom d’Eglise que seul le décret du président de la République est habileté à conférer. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’entreprise n’est pas du tout aisée.

Marianne Seckel, bienveillante dans l'âme

Anaïs MORAN

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«Vous vous occupez de la paroisse en attendant qu’il y ait quelqu’un ? ». Cette question, Madame le pasteur la connaît trop. Pourtant, dans sa confession protestante, plus d’un tiers des ecclésiastiques sont des femmes. « Luther a toujours insisté sur l’égalité sociale et sexuelle, mais bon, il y a toujours des remarques déplacées et des mentalités désuètes ». Lorsqu’elle arrive à son premier poste, en 1979, mariée et mère de deux enfants, dans la paroisse de Saint-Jean-d’Angély, les remarques fusent. « Ça ne faisait même pas vingt ans que l’église réformée avait accepté les femmes en son sein », explique-t-elle, sourire aux lèvres.

Depuis, elle est passée à la tête de trois paroisses dans la région de Montbéliard entre 1986 et 2010, avant de revenir ici, sur les terres charentaises. Juillet 2011, elle devient la première femme pasteur de l’histoire de l’île de Ré et La Rochelle.

« Je ne me voyais pas pasteur »

Pourtant, sa vocation de pasteur, elle affirme ne jamais l’avoir eue. « Je suis plutôt timide, je me mets souvent en retrait. Prêcher devant du monde, c’était impensable. Je ne me voyais pas pasteur », s’amuse-t-elle à raconter. Avec des études de théologie à Strasbourg puis à Montpellier et un père pasteur de métier, difficile d’y croire. « C’est vrai, cela m’a toujours intéressée. J’ai commencé par étudier les lettres classiques. Mais très vite, je me suis tournée vers la théologie ».

Mme Seckel vit dans l’enceinte de la paroisse de La Rochelle. Mais sa responsabilité n’est pas moindre sur Ré. Malgré l’aide de pasteurs retraités ou de laïcs solidaires, elle est seule en poste.

Travail à temps plein

Tous les dimanches, elle part célébrer le culte au temple de Saint-Martin, place de la République. Sur l’île, 80 familles sont répertoriées à l’Église protestante unie de France. « Je m’occupe aussi hebdomadairement de l’école biblique pour leurs enfants. Avec le clergé catholique rétais, nous organisons des groupes œcuméniques qui permettent aux adultes de s’initier à la lecture des textes ».

L’été, à Pâques ou pour Noël, le nombre de paroissiens quadruple. « Forcément, ce sont mes temps forts durant l’année ». Entre la préparation des prédications, les rendez-vous quotidiens et hebdomadaires, il faut s’occuper des baptêmes et demandes de mariages « quelques fois un peu farfelus sur l’île de Ré ». Les années passent, mais Marianne Seckel s’implique et travaille toujours aussi bien. Tous les six ans, deux membres du conseil régional de son église sont envoyés pour apprécier son travail au sein de la paroisse. « Je n’ai jamais eu de problèmes ». A l’automne 2016, elle vivra sa dernière évaluation. « J’espère que ma carrière se finira sur une bonne note ! » Parce que oui, dans deux ans, elle prendra sa retraite. Et sa bienveillance et son ouverture d’esprit manqueront certainement à beaucoup.

Le Prophète Dolsky Jaurès,fait des révélations sur la Côte d'Ivoire / Ce qu'il dit du Président …

Prophète Dolsky Jaurès

Prophète Dolsky Jaurès


Prophète Dolsky Jaurès, il avait prédit les violences qui ont lieu dans le pays en ce moment. Ce qu’il dit du Président Ouattara…

Dans la première partie de l’interview que nous avons réalisée avec le prophète Dolsky Jaurès, le serviteur de Dieu fait mention de sa rencontre avec Jésus Christ quand il avait 13 ans. Dans la deuxième partie que nous publions il y’a une semaine, le pasteur a fait ressortir ses aptitudes à être aussi un profiler qui peut aider la police dans la réalisation des enquêtes. Dans cette troisième et dernière partie de notre entretien, le prophète Dolsky Jaurès Yoro donne son regard sur la vie politique du président de la République ainsi que des autres hommes de Dieu.

Quel est votre regard sur le ministère que vous exercez et sur vos collègues, les bons comme les moins bons

Au fur et à mesure que vous allez me découvrir, vous verrez que j’ai un message et un programme. L’image de l’homme de DIEU est ternie en Côte d’Ivoire. A part les prêtres catholiques, tout ce qui est hommes de DIEU est ternie parce qu’il y a eu beaucoup de faux. Et pour moi, ce faux ne vient pas de la Côte d’Ivoire, mais plutôt des pays voisins. Quand on va à l’aventure, on ne va pas pour s’amuser, on va pour un but précis : il faut revenir chez soi avec quelque chose. C’est une règle à laquelle les hommes de DIEU venus à l’aventure en Côte d’ivoire n’échappent pas. Et comme les Ivoiriens aiment copier, ils se sont eux aussi mis à faire du faux. Ici, quand on voit sur une affiche par exemple, le Bishop Okaka du Nigéria, la salle sera pleine et comble mais quand on va annoncer le prophète Yao, Yoro ou Kéita, la salle est vide. Pourquoi ? Parce qu’on aime ce qui vient d’ailleurs, du dehors. Et ceux qui viennent du dehors viennent avec des actions que certains traitent de fallacieuses qui frisent même la magie. Après on a découvert qu’il faisait de faux miracles. Peut-être à cause d’un gain lucratif certains prophètes se laissent influencer et se prennent au jeu du faux. Avec un peu d’argent, on peut monter des miracles de toutes pièces. Payer des jeunes désœuvrés pour qu’ils se fassent passer pour des paralytiques ou des malades et monter un scénario assez convaincant. On arrive à attirer des foules mais les vies ne changent pas dans ces églises et elles ternissent l’image de toutes.

Il faut qu’à nouveau quand  on dit Côte d’Ivoire, qu’on puisse citer des noms, qui sont des références parce qu’ils font la véritable œuvre de DIEU. Avant on parlait d’Abekan et les cœurs étaient réjouis mais maintenant on n’a plus de prophètes. Ne me faites pas citer des noms.

Parlons-en. Kodja Guy Vincent par exemple. Qu’est-ce que vous en dites ?

C’est quelqu’un qui est très assis dans la parole de DIEU mais qui a un témoignage d’un homme très audacieux. Il était chanteur et il est devenu un grand pasteur, ce n’est pas donné à tout le monde. Il est plus facile de passer d’une école pastorale au monde que de faire le chemin inverse. Il est bon quelque part, soit dans la communication ou dans quelque chose qui a fait qu’il a pu arriver là. Mais je disais tout à l’heure que tout ce qui sort de la prière est attaqué. Je ne le connais pas personnellement mais de loin, il m’a bluffé, séduit par son aura. Il s’impose.

Mais ne fait-il pas partie des pasteurs que vous évoquiez tout à l’heure, qui ont des pouvoirs occultes

Je ne sais pas juger quelque chose que je n’ai pas vu de près. Je ne le connais pas personnellement. Je n’ai jamais vu de vidéos non plus ou entendu que Kodja Guy Vincent a fait un miracle. Peut-être que sa magie  c’est pour avoir de l’argent. En tout cas, il est plus paroles que miracles. Mais je répète je ne le connais pas personnellement, je ne l’ai jamais vu.

Dernièrement, il y a un autre qui a fait l’actualité, le prophète Kacou Philippe qui est en ce moment en prison, à la MACA. Il disait être le seul et unique vrai prophète. Si vous deviez faire un commentaire

J’ai causé deux fois avec lui. Avec moi, il n’a pas été arrogant. Il a été très respectueux, il a reconnu mon travail, j’ai les messages. Il m’a même sollicité pour que j’accepte d’être sur le même plateau que lui pour un débat. Mais ça n’a pu être fait jusqu’à présent. Je ne sais pas si on doit le classer parmi les pasteurs. Lui-même il ne reconnait pas être pasteur. C’est un genre de secte. Tel que Bouddha est venu et il a créé la religion bouddhiste, lui il est venu et il a créé sa religion. Ce n’est pas une religion chrétienne en fait donc on ne peut pas le comparer à nous autres. Il veut prendre la place de DIEU, il veut qu’on l’adore alors que nous, nous œuvrons pour l’avancement du royaume de DIEU.

Il y en a un autre qui s’appelle Joël Krasso…

C’est mon coup de cœur

Pourquoi ?

Je ne le connais pas non plus, j’ai vu une vidéo où des vieux confessaient la sorcellerie. J’ai également vu qu’il avait démasqué une femme avec beaucoup de serpents sur elle. J’ai été stupéfait. C’est de la puissance. J’ai été étonné qu’en Côte d’Ivoire on puisse faire des choses qu’on ne voyait avant qu’à la télévision, des choses que faisaient les grands pasteurs du Nigeria, TB Joshua, Oyedepo et les autres. J’espère qu’il est de DIEU. S’il l’est vraiment, c’est qu’il y a un grand réveil en Côte d’Ivoire.

A ce sujet, il y a un mystique qui affirme que Joël Krasso n’est pas un pasteur mais plutôt un mystique comme lui

Il ne faut pas que ça vous étonne.   Le bâton de Moïse était à la fois un bâton et un serpent. Le Coran en parle. Quand il est allé chez les Egyptiens, il a jeté son serpent et le serpent de Moïse a mangé celui des Egyptiens, c’est ce que je veux que vous reteniez. Les sorciers savaient transformer les bâtons en serpent, Moïse aussi. Est-ce que parce qu’il le faisait qu’il était sorcier ? Non, c’était un envoyé de DIEU.

Moi si vous me regardez travailler, vous aller dire aussi que je suis un mystique parce que ce sont des choses différentes de ce qu’on a l’habitude de voir…

Dites-nous comment vous travaillez ? Comment les messages, les révélations se manifestent ? On veut savoir

D’abord, je prie Jésus, je médite la parole de DIEU, je jeûne souvent aussi. Je regarde longtemps la personne, je l’écoute ou parfois même je la touche et je voyage dans sa vie. Je peux même me rendre dans son village en y apparaissant ou m’y rendre par voie aérienne. Je peux voir son enfance, sa jeunesse, ce qui fait son amertume, ses défauts…

Pour conclure, Pasteur Yoro, que vous souhaitez que les gens retiennent de vous ?

Je ne pourrai jamais me justifier pour dire ou prouver que je suis un envoyer de DIEU, donc je ne veux pas qu’on retienne quelque chose de moi mais plutôt des hommes de DIEU. Je veux qu’on retienne qu’il y a des bons. Une femme qui a un cancer de sein, le prix de son opération est équivalent au montant de la scolarité de trois de ses enfants. Elle a cet argent sur elle, que doit- elle faire ? Sacrifier ses enfants pour sauver sa vie ou se sacrifier pour scolariser ses enfants ?

Elle rencontre un homme de DIEU, il prie pour elle et elle guérit. Cet homme de DIEU, qu’est-ce qu’il a fait ? Il a boosté la société même. Le ministère de la santé doit le reconnaitre, le ministère de la famille également. Faire du mal à un homme de DIEU, c’est tirer sur une ambulance. Il ne faut pas qu’on tergiverse sur qui est de DIEU ou pas mais qu’on se concentre sur les résultats. Si la personne guérie remercie Jésus, est-ce que cela revient à remercier satan que l’homme “de DIEU“ en question prie ? C’est le résultat qui compte.

Je veux aussi qu’on retienne qu’il y a aussi des prophètes. Je ne suis pas xénophobe mais je n’aime pas l’effet que les anglophones Africains ont sur les Ivoiriens. Je veux qu’on me dise quelle église appartenant à un francophone à ne serait-ce que 500 fidèles dans un pays africain anglophone.

Qu’on arrive en Côte d’Ivoire à mettre en valeur des Ivoiriens qui œuvrent pour le bien-être de tous, qui combattent le mal sous toutes ses formes. Il faut que les devanciers l’encadrent, que les autres le soutiennent en mettant en place une bonne politique de communication.

J’ai aussi décoré par l’Etat de Côte d’Ivoire pour des messages que j’ai lancés en période électorale. Je ne savais même pas que j’étais écouté.

Je suis issu de l’Ouest mais j’ai été l’un des rares à avoir dit que le Président actuel serait élu et qu’il règnerait sur la Côte d’Ivoire.

A ce sujet, d’aucuns annoncent que trois années après son 2e  mandat, il s’en ira

Au contraire. Ils ont bien vu le chiffre 3 mais ils ont mal interprétés. Ce n’est pas trois ans, c’est trois mandats avec une Constitution de complaisance. Il y aura une décision de courtoisie pour le laisser continuer.

Et pour sa maladie, que dit le prophète Yoro ?

En tant que prophète, il a une santé fragile mais il a les moyens de la stabiliser jusqu’à X âge. Il ne mourra ni aujourd’hui, ni demain. Il faut que les prophètes arrêtent de prophétiser avec passion, avec leur penchant politique. J’ai un penchant politique mais ce n’est pas pourtant que je vais refuser une prophétie ou la tronquer.

Est-ce que vous pensez qu’un homme de DIEU sera à la tête de ce pays un jour ?

C’est possible, moi-même. Bizarrement, je sais que je serai à la tête de ce pays un jour, au plus haut niveau. Peut-être pas président mais au plus haut niveau.

     Ange T B

Coll: Pascale Andrée N’Guessan                                                                                                      

Des victimes de Guillot peinent à comprendre

Qu’aucun des directeurs et pasteurs ne soient démis de leurs fonctions

JUSTICE. Mardi dernier le 19 juillet , l’Association des Églises Baptistes Évangéliques au Québec (AEBEQ) et le pasteur Gabriel Cotnoir ont fait une reconnaissance publique et des excuses aux présumées victimes de l’école La Bonne Semence de Victoriaville.

Maintenant que ces reconnaissances ont eu lieu, des victimes autant de Victoriaville que de Québec peinent à comprendre que l’AEBEQ et des églises de leur réseau gardent en poste et en fonction des gens ayant eu une part de responsabilité en lien avec les abus physiques d’enfants et l’omerta entourant cela. «Ils refont constamment le même scénario. En 1985, ils disaient ça de Claude Guillot, qu’il était repentant d’avoir frappé des enfants et ils l’ont mis en poste comme pasteur. Aujourd’hui, même si nous saluons son honnêteté et sa compassion, nous ne comprenons pas pourquoi Gabriel Cotnoir est toujours en poste comme pasteur. Tout comme les pasteurs Benoit Rancourt et François Nolet qui ont été pasteurs en formation et impliqués à l’Église Baptiste Évangélique de Victoriaville à l’époque où les châtiments corporels étaient autorisés et connus de l’ensemble de l’église.»

Les victimes sont en colère également de constater que tout s’est poursuivi à Québec et ce même si certains l’ont dénoncé aux autorités de l’AEBEQ. Nous ne comprenons pas que Terry Cuthbert, Michel Habib, et Gilles Lapierre n’aient pas été démis de leur fonction en décembre 2015 lorsque leur négligence dans cette histoire a été soulevée dans les médias.» Il aura fallu attendre la sortie dans les médias de l’église Chauveau en janvier 2016, qui demandait la suspension de ces personnes, pour que le conseil d’administration de l’AEBEQ commence à s’interroger sur le sujet.

L’impartialité et l’intégrité de ce conseil semblent compromises par le fait que trois des membres du conseil de l’AEBEQ aient un lien de parenté direct avec Gabriel Cotnoir, Gilles Lapierre et Terry Cuthbert. «Il reste et demeure que Terry Cuthbert, Michel Habib et Gilles Lapierre ont établi le pasteur Guillot dans ses fonctions et ils l’ont supporté financièrement et moralement de 1989 à 2003 alors qu’il y avait des allégations sérieuses d’abus.»

Evangélistes à Montpellier : les deux pasteurs témoignent

D es évangélistes occupent illégalement le parc Montcalm après y avoir pénétré par effraction au grand dam des habitants du quartier. Mercredi 20 juillet, les deux pasteurs ont accepté de témoigner. Entre-temps, un début d’incendie s’est déclaré sur le camp.

Les occupants évangélistes qui stationnent dans le parc Montcalm depuis un peu plus d’une semaine sont en sursis. Mardi 5 juillet, le tribunal administratif, saisi dans le cadre d’une procédure d’urgence, a examiné la demande de leur évacuation présentée par la ville de Montpellier, si nécessaire avec le recours de la force publique.

Dans l’après-midi, un début d’incendie s’est déclaré sur le camp. Dialogue musclé entre les forces de l’ordre et les occupants du parc.

À Cleveland, un pasteur noir contre la violence policière

Jawanza Colvin s’était beaucoup mobilisé après la mort de Tamir Rice, un jeune Noir tué par un policier blanc en 2014. Son combat est loin d’être fini.

Le pasteur Jawanza Colvin fait partie de la nouvelle génération de leaders religieux noirs.ZOOM

Le pasteur Jawanza Colvin fait partie de la nouvelle génération de leaders religieux noirs. / Michael F. McElroy/The New York Times-Redux-REA

Depuis l’église baptiste Olivet, dressée au cœur d’un quartier noir défavorisé dans l’est de Cleveland, la convention républicaine paraît bien loin. Ici, point de journalistes ou de policiers, mais des experts, des élus et des responsables associatifs réunis pour parler des défis que rencontrent les Noirs américains aujourd’hui.

Pauvreté, obstacles à la participation électorale, réforme de la justice : ce forum, nommé « Impact 2016 », se refermera jeudi 21 juillet, en même temps que la convention républicaine qui a lieu au centre-ville. « On veut aborder les problèmes qui se sont développés ces huit dernières années, alors que nous étions euphoriques après l’élection de Barack Obama », souligne l’organisateur du rassemblement, le révérend Jawanza Colvin.

> A lire : Premier jour animé à la convention républicaine

Issu d’une nouvelle génération de leaders religieux noirs

Le charismatique pasteur d’Olivet est une étoile montante à Cleveland. Ce quadra à la voix grave et au regard rieur, qui adore la marche et le jazz, fait partie de la nouvelle génération de leaders religieux noirs. Son pari : bâtir des coalitions au-delà de sa communauté et de son Église pour améliorer le sort des minorités dites « de couleur » dans une ville encore soumise à la ségrégation.

En 2014, il a été propulsé sur le devant de la scène nationale, après la mort à Cleveland de Tamir Rice, un garçon noir de 12 ans, tué par un policier blanc alors qu’il tenait un pistolet en plastique.

À l’époque, Jawanza Colvin est l’un des seuls pasteurs afro-américains à hausser la voix contre le maire de Cleveland – un démocrate – pour exiger la réforme de la police. « En tant que père d’un enfant de couleur, cet épisode m’était profondément douloureux. Avec la tribune offerte par mon église, il fallait agir pour que justice soit faite ».

Fils d’un membre du mouvement révolutionnaire Black Panthers

Né à Washington, Jawanza Colvin est plongé dans le militantisme noir dès l’enfance. Son père, vétéran, est membre du mouvement révolutionnaire Black Panthers. Sa mère, « très chrétienne », admire Martin Luther King Jr.

Comme ce dernier, Jawanza Colvin étudie à Morehouse College à Atlanta. Il arrive à Cleveland en 2009, à l’âge de 33 ans. L’église qu’il trouve, Olivet, compte 4 000 membres et possède une longue tradition d’activisme en faveur des démunis.

Il se met au travail. Avec un rabbin, il lance en 2011 une coalition de quarante institutions religieuses nommée GCC (Greater Cleveland Congregations). Ensemble, elles se mobilisent sur des sujets divers comme l’éducation, l’emploi et la nutrition, et participent en 2013 à l’extension du programme de santé Medicaid pour les habitants les plus pauvres de l’Ohio.

Jawanza Colvin interpelle les autorités et critique ouvertement le maire

La réforme du système judiciaire fait aussi partie des chevaux de bataille du groupe, mais la mort tragique de Tamir Rice l’a fait resurgir. Hyperactif, le pasteur joue les poils à gratter.

Il organise des conférences de presse, s’affiche avec la famille, publie des tribunes et propose des réformes pour mieux encadrer la police. Il interpelle les autorités et critique ouvertement le maire alors que beaucoup de leaders noirs préfèrent le ménager.

« Nous utilisons la colère de manière constructive, pour préserver nos vies et nos âmes ». Deux ans après la mort de Tamir Rice, des peluches se sont amassées sur le site du drame, à côté d’un centre de loisirs. « Les enfants comprennent ce qui s’est passé ici. On se souvient de l’émotion. Rien n’a changé depuis », raconte Bob Hargrove, un Afro-américain rencontré sur place.

> Lire aussi : Chronologie : la longue histoire des violences policières aux États-Unis

Une possible présidence Clinton lui donne de l’espoir

C’est aussi l’avis de Jawanza Colvin, inquiet des tensions récentes qui ont résulté de la mort de Noirs abattus par la police à Bâton Rouge et dans le Minnesota en juillet. « Nous devons parler de l’accès aux armes à feu et du racisme institutionnalisé qui touche notre économie, le système éducatif et l’appareil judiciaire ».

Une possible présidence Clinton lui donne de l’espoir, dit-il, assis devant des photos prises avec la démocrate, Bernie Sanders et même Barack Obama. « L’électorat qui émerge est plus mélangé. Les relations entre les communautés se multiplient. L’Amérique se dirige vers plus d’empathie ».

Alexis Buisson (envoyé spécial à Cleveland)

Jean-Pierre Anzala, pasteur de l'Église protestante : « Proposer sans imposer, c'est un peu cela …

Vous avez tenu à rencontrer les parents des prisonniers, pourquoi ?

L’association Men A lespwa et l’aumônerie protestante des prisons sont allées à la rencontre des parents des prisonniers parce que nous avons constaté qu’il y avait un manque dans leur accueil et qu’il fallait vite le combler. En effet, nous avons voulu accueillir d’une façon chaleureuse ces familles qui venaient rendre visite à leurs proches, car aujourd’hui l’accueil est uniquement administratif. Elles doivent s’acquitter d’un certain nombre d’obligations administratives et sont mécaniquement conduites au parloir, avec une faible dimension humaine. Une approche qui manque vraiment d’humanité. Nous avons voulu aussi les rassembler parce qu’elles rencontrent les mêmes difficultés. Notre démarche avait pour but, de leur permettre de partager un temps festif et convivial, une façon de percevoir le lieu autrement, voire de partager et échanger autour de leur expérience.

Une initiative qui rentre dans la politique de l’Église protestante ?

Absolument, nous considérons que notre théologie est une théologie de la grâce et de l’amour, une théologie de la libération de la personne, aussi bien sur le plan spirituel, que politique et économique. Nous pensons donc qu’une personne est accomplie si ces trois aspects de la liberté sont réunis. Il s’agit pour ces personnes, de se laisser accompagner vers cet accomplissement d’eux-mêmes. Nous avons mis en place toute une logistique autour de cette manifestation, à savoir, la location d’un château gonflable pour les enfants, une animation assurée par un DJ, un clown qui nous a fait un spectacle de 45 minutes environ, des temps d’écoute aussi. Nous sommes avant tout des citoyens et des pasteurs, entraînés à l’écoute active des personnes, sans perdre de vue que cette rencontre était avant tout conviviale et citoyenne. Nous avons pu compter sur différents partenaires (la Ville de Baie-Mahault, le centre pénitentiaire, la Banque alimentaire, etc.).

Comment peut-on définir l’Église protestante en Guadeloupe ?

Quand on dit protestant, c’est très vaste. D’ailleurs au niveau de la prison, nous avons une aumônerie protestante qui regroupe des protestants réformés et luthériens que nous sommes, des adventistes, des baptistes, des évangéliques. Mon église présente le protestantisme historique, luthérien et réformé. Car à l’origine même du protestantisme, au XVIe siècle en Allemagne un moine Augustin, qui s’appelle Martin Luther va lancer le protestantisme qu’il synthétisera à travers trois écrits. Il sera relayé en France et à Genève par le réformateur Jean Calvin. Pour le protestant luthérien et réformé, être chrétien c’est être libre : cette liberté m’est donnée pour que je choisisse Dieu librement, sans marchandage, sans lâcheté, sans indulgence et par rapport à l’autre, je me fais libre serviteur. Derrière tout cela il y a une éthique, celle de la liberté et de la responsabilité. Je suis responsable de moi-même et de la société tout entière pour vivre en paix et saintement. C’est un mouvement très jeune en Guadeloupe et en Martinique. Nous sommes arrivés en tant qu’Église par le biais de l’aumônerie protestante des armées, il y avait alors un aumônier qui accompagnait les familles des militaires protestants. Et à l’époque, pour aller au culte, il fallait se rendre sur la base militaire et montrer sa carte d’identité. La communauté protestante était alors composée essentiellement d’expatriés venus s’installer en Guadeloupe ou d’Antillais venus au protestantisme par le biais du mariage pour certains. C’est ainsi que le mouvement a pris racine dans le département. Aujourd’hui, nous représentons une soixantaine de familles environ dans le département.

Quels sont vos rapports avec les autres communautés religieuses ?

Nous sommes implantés sur un site qui appartient aux soeurs dominicaines, qui nous ont cédé une parcelle. C’est là que nous allons construire notre Centre protestant. Donc, dès l’origine, nous vivons l’oecuménisme. Pour les protestants luthero-réformés, l’oecuménisme est une évidence, c’est inscrit dans notre constitution, il s’agit de témoigner du Christ. Nous vivons l’oecuménisme dans le respect et dans l’espérance de l’unité. Il est dit : « c’est à votre amour que le monde saura que vous êtes mes disciples » . Nous avons de bons rapports avec nos voisins, avec l’Église catholique tout entière. Quand cela est possible, nous établissons un dialogue avec les autres religions non chrétiennes.

Votre mission arrive à son terme, quel bilan faites-vous ?

Vivre le christianisme dans la différence et mettre cette différence au service du Christ. C’est le premier bilan que je ferais de mon passage en Guadeloupe. Proposer sans imposer, c’est un peu cela ma politique. L’oecuménisme a été un des temps forts de ma mission. Il s’agissait pour moi de contribuer à rapprocher les chrétiens. L’unité de l’Église passe par les hommes et s’il n’y a pas cette volonté de faire avancer les choses, ce serait un vain mot. J’ai eu la chance de rencontrer des hommes et des femmes qui avaient cette ouverture d’esprit, notamment le Père Jean Hamot qui a commencé le travail en amont et aujourd’hui, Mgr Riocreux, un homme de communication avec qui l’oecuménisme fait son chemin. Et comme je l’ai dit par le biais de l’aumônerie des prisons, je vis l’oecuménisme avec les autres Églises protestantes. Nous témoignons du même Christ et notre présence en Guadeloupe consiste à transformer la société ensemble. Dans notre Église, les pasteurs sont envoyés pour une durée très limitée, quatre ans environ. Après une prolongation d’une année, je laisse la place à mon successeur, le pasteur Christian Bouzy, qui arrivera à la fin des vacances et prendra son poste en septembre.

«L'important, les personnes qui m'ont fait confiance»

Au début, Ariane Baehni et la religion ne partaient pas forcément copains. Née à Morges en 1961, elle vit au travers du mariage de ses parents – une bonne catholique espagnole dont le père a été fusillé durant la guerre civile et un gérant immobilier issu de la vieille tradition protestante vaudoise – l’implacable difficulté des unions mixtes. Dans son cas, cela se traduit par une grand-mère qui menace de ne pas venir au mariage, tandis que le baptême réformé de la jeune fille entraîne automatiquement l’excommunication de sa mère.

A première vue, rien ne prédestinait la jeune gymnasienne du Belvédère à devenir ministre de Vallorbe. Entre ses deux cultures familiales, Ariane Baehni trouve d’abord ce qu’elle appelle aujour­d’hui «une porte de sortie» et se passionne pour l’ésotérisme. Pas de quoi faire tourner des guéridons et parler aux défunts. Mais en tout cas le temps de comprendre «l’ouverture à la dimension de l’invisible et de la transcendance. C’est une dimension à aborder avec respect. Ce n’est pas un jeu.» Elle remplit sa bibliothèque de bouquins de mythologie grecque (ses enfants s’appelleront Agnès et Ulysse) et opte pour des études en HEC: «Parce que c’était ce qui me permettait d’être rapidement indépendante. A l’époque c’était un enseignement pratique, diversifié, qui formait les employés des PME de la région.»

Cheveux blonds, joviale, le sourire facile et la voix posée qui donne confiance, Ariane Baehni grimpe les échelons en talons aiguilles. Elle sera cadre à l’Office du tourisme de Lausanne, puis chargée de com de sa faculté, avant de devenir responsable régionale d’Imholz Voyages, feu numéro trois du tourisme suisse.

Révélation tardive

La vie d’Ariane Baehni a changé un soir, chez elle, seule sur son canapé à Romainmôtier. «C’est peut-être la crise de la quarantaine, vous savez, quand on se rend compte qu’on n’est pas immortel. J’ai soudain ressenti quelque chose de très difficile à décrire, une sorte de révélation. Et non, je n’avais rien fumé, rit-elle. C’était comme si j’étais aimée inconditionnellement. En fait je priais souvent jusqu’à ce jour, mais sans vraiment savoir qui.» Bonne cartésienne, elle consulte un psy, un curé et un pasteur. C’est le troisième qui l’emporte: «J’ai hésité à rentrer chez les bonnes sœurs, mais je ne remplissais pas les critères. Et ma famille est trop importante pour moi. En fait, je crois surtout à la fidélité à la tradition dans laquelle on vit, au système religieux fon­damentalement en lien avec notre société. C’est ce que dit le dalaï-lama: il fait peu de sens de faire du yoga à Pompaples.». Si Ariane Baehni réussit bien ses prêches, c’est notamment parce qu’elle a le sens de la formule.

Pasteur n’est pas un métier comme les autres. Il y a le secret professionnel, et Ariane Baehni est intransigeante là-dessus. A Vallorbe, elle fait face aux récits des migrants du centre pour requérants d’asile de la Confédération. Ils fréquentent le temple, racontent des horreurs qui font «douter de l’humanité». Le soir, Ariane Baehni rentre chez elle et dit simplement que «la journée a été difficile», avant de dévorer un épisode de Broadchurch ou de Game of Thrones.

En analyste marketing confirmée, Ariane Baehni a développé son propre indice d’autoévaluation. Elle ne juge pas sa semaine au taux de remplissage du vaste temple de Vallorbe dont la fréquentation est, comme partout, en berne, à l’exception notable des cérémonies funéraires. Elle compte plutôt «le nombre de personne qui m’ont fait confiance». Car le ministère de la Cité du fer, c’est beaucoup d’accompagnement. «Ici, les gens s’échappent moins facilement qu’ailleurs par la consommation. Ils se parlent.» Si elle regrette sa reconversion? «Absolument pas, je me sens enfin à ma place. Dans ce village il y a de la solidarité, une capacité d’accueil et du courage. Ces gens me touchent comme je n’ai jamais été touchée. Il y a des graines de paradis ici.» (24 heures)

(Créé: 11.07.2016, 10h00)

Affaire Fatzer: le grand ratage!

L’affrontement entre les deux pasteurs, le Président du Conseil synodal – qui exerce le pouvoir et représente l’EERV !- et l’autre – qui taquinait les médias – s’est terminé par un échec lequel n’est à l’honneur ni de l’un ni de l’autre.

On assiste à une dérive politique du conflit, à une querelle d’arguments plus ou moins faux et à une étrange affirmation de « pouvoir ».

La dérive politique : le gréviste de la faim dit avoir réalisé qu’il faisait aussi la grève pour tous les travailleurs malmenés par des employeurs et « poubellisés par une loi du travail brutale », et le président du Conseil synodal rétorque « son admiration pour la grande majorité des PME qui ont une gestion humaine des ressources humaines ». Bon ! Est-ce la CGT contre Hollande ?

Les affirmations erronées : Au gréviste de la faim qui soutient « qu’il y a sept à huit procès impliquant des pasteurs », le Président rétorque «  qu’il y a trois procédures en cours devant les prud’hommes, éventuellement quatre ». Il oublie sans doute les trois autres procédures qui ne sont pas devant les prud’hommes !

Une Eglise peu démocratique : Au gréviste de la faim qui dénonce une concentration du pouvoir entre les mains du Conseil synodal « sans contre-pouvoir », et affirme que « les fidèles ne se sentent pas entendus », le Président du Conseil synodal répond que « les assemblées de paroisse élisent des délégués à la région qui à leur tour élisent des délégués au Synode » et que l’on a « un parfait exemple de démocratie parlementaire ». Il omet de dire que, précisément, le Synode doit tout prochainement se prononcer sur une demande de consultation plus systématique des paroisses et que, dans le No de Bonne Nouvelle de juin 2016, il écrivait lui-même que  le déménagement du siège du Conseil synodal dans la maison des Cèdres « est le symbole d’une Eglise synodale » (or l’EERV est presbytéro-synodale et non pas synodale).

Une Eglise de « position dominante » : Enfin, quand le gréviste de la faim dit « quand on prend le risque de se faire engager par l’EERV, on se retrouve dans une situation où on ne peut aller nulle part si l’on se fait virer », le Président du Conseil synodal affirme simplement que «les pasteurs ne sont pas des employés plus captifs que les travailleurs de n’importe quelle branche où un acteur a une position dominante ». Et toc ! l’EERV est une entreprise à position dominante. Sans doute faudra-t-il signaler la chose à la Commission de la concurrence !

Je n’approuve nullement le procédé du gréviste de la faim qui a nettement dérapé dans son attitude, mais que penser des réponses de celui qui engage l’EERV face à la population ?

Il ne reste aux fidèles, ministres et laïcs, que la prière pour s’en remettre.

Le 10 juillet 2016

L'Etat doit-il subsidier les Eglises?

Jacques Neirynck

Après 23 jours, le pasteur Daniel Fatzer vient d’interrompre sa grève de la faim, sans avoir obtenu la réintégration des pasteurs licenciés par le Conseil Synodal, à commencer par lui-même. Tout en se gardant de s’immiscer et de trancher dans un conflit interne à une Eglise, à laquelle je n’appartiens pas, on peut saisir cette occasion pour réfléchir aux rapports entre l’Etat de Vaud et les Eglises. Quelle est la raison qui justifie le subside accordé par le pouvoir politique à une organisation religieuse ? La coutume sans doute. Mais cette habitude tombe en déshérence. Eglises et temples sont de moins en moins fréquentés. Il suffirait de temporiser dans la situation actuelle pour entrevoir un temps où les fidèles constitueront une si petite minorité que l’Etat n’y prêtera même plus attention. Dans ce canton de Vaud, il y a plus de citoyens sans appartenance religieuse que de fidèles dans l’EERV.

L’Etat verse 60 millions de francs en 2014 aux Eglises réformée et catholique vaudoises, qui se les répartissent. Une somme qui représente moins de 0,7 % du budget de l’Etat. Avec 34,5 millions de francs, l’EERV couvre notamment les salaires des ministres et la formation. Le canton est propriétaire des cures. Et les communes entretiennent leurs églises. Ainsi, l’Etat assure la tradition de ces institutions, tout comme il maintient l’existence de théâtres, d’orchestres, de musées. Au regard de la loi, les Eglises remplissent une fonction sociale en perpétuant une tradition spirituelle, qui soutient maintes personnes dans les difficultés. Bien évidemment cette activité d’ordre culturel ne peut s’exercer sous le contrôle de l’Etat. Les ministres du culte, comme les écrivains, les journalistes, les enseignants, jouissent de la liberté de parole. Même si celle-ci n’est pas absolue, ses limites sont très larges.

Le conflit entre le Conseil Synodal et plusieurs pasteurs licenciés provient du mécanisme de subsidiation. Les pasteurs et les prêtres sont les employés de leurs Eglises et non de l’Etat. Jusqu’en 2007, les pasteurs dépendaient directement de l’Etat. Depuis, celui qui paie est devenu le maître. Autant l’Etat se gardait comme la peste d’intervenir dans la prise de parole des ministres du culte, autant les organes dirigeants des Eglises sont tentés de le faire. Il faut d’urgence revenir au statut d’avant 2007. Les subsides consentis aux Eglises n’ont pas pour but de permettre une censure interne.

Car la Réforme a surgi précisément comme refus du centralisme romain. La multiplicité des Eglises réformées et l’absence d’un double du pape permettent une diversité et une liberté, qui devraient caractériser les chrétiens. Ils ne vivent pas tous dans les mêmes conditions, ils n’ont pas tous les mêmes traditions, ils disposent de conceptions du monde différentes. La foi religieuse ne peut se transmettre qu’en s’adaptant à cette divergence culturelle. C’est bien la tâche que s’était attribuée les pasteurs de l’église Saint Laurent à Lausanne : aller à la rencontre des gens pour les rencontrer là où ils se trouvent et non pas là où l’on suppose qu’ils devraient être.

L’Eglise catholique (dont je suis) a grand besoin d’Eglises réformées pour encourager sa rénovation. Ainsi, en instituant des femmes pasteurs, le protestantisme a démontré qu’il est concevable et souhaitable de consacrer des femmes prêtres. De même, en utilisant les langues vernaculaires plutôt que le latin, la Réforme a entrainé le même mouvement pour l’Eglise catholique.

A l’invitation des pasteurs de Saint Laurent, j’ai pu animer un culte dont j’avais choisi les lectures parmi l’oeuvre des écrivains de langue française, plus accessibles, plus parlants, plus proches de nous que le prophète Isaïe ou l’apôtre Paul. Cela ne m’avait jamais été proposé auparavant. Ce qui vient de se passer me fait craindre que cela ne se passera plus jamais. Et qu’un jour l’objet du litige lui-même, le salaire d’un pasteur transitant par une caisse synodale deviendra obsolète.


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Appel des organisations protestantes à accueillir des exilés : “C'est aux religieux de prendre leur …

Plusieurs organisations protestantes de France, regroupées au sein du collectif “Exilés: l’accueil d’abord !”, ont lancé vendredi un appel à accueillir les exilés dans de meilleures conditions en France, notamment dans des familles volontaires. Ce collectif est composé de l’Eglise protestante unie de France, de l’ONG la Cimade, de la Fédération protestante de France et de la Fédération de l’entraide protestante, ainsi que de l’Union bouddhiste de France et de l’association Coexister.

“C’est aux religieux de prendre leur part de responsabilité, à la foi d’interpeller, de dénoncer à des moments, mais aussi d’accompagner” explique ce samedi sur France Info Daniel Cassou, pasteur, et chargé de communication pour l’Eglise protestante unie de France.

“Il ne faut pas attendre que la Méditerranée devienne le plus grand cimetière du monde pour réagir (…). Nous voulons interpeller les autorités publiques par une démarche citoyenne, républicaine, autour de la Fête nationale du 14 juillet, qui va rassembler tous les Français autour de la devise nationale ‘Liberté égalité fraternité’.”

Les initiateurs du mouvement reprochent aux autorités de compliquer l’accueil des migrants : “Malheureusement, il y a plus de familles qui sont prêtes à accueillir que de réfugiés qui ont l’autorisation d’être accueillies.
Les arguments des autorités sont des arguments techniques, politiques, pour que les réfugiés restent dans des camps, soit en Syrie, soit aux Portes de l’Europe, mais la question reste bien plus large, nous avons des réfugiés en France que nous devons accueillir de manière bien plus humaine. Je crois qu’il faut que nous prenions conscience que l’accueil de ces réfugiés est un problème humain qui va durer, ça n’est pas un épiphénomène, donc nous devons avoir un autre regard sur les exilés” ajoute Daniel Cassou.

Les organisateurs de la campagne appellent les pasteurs à afficher la bannière “Exilés : l’accueil d’abord” au fronton des temples. Ils vont également envoyer des lettres aux députés, et lancer des appels via les réseaux sociaux.

Le pasteur Fatzer cesse sa grève de la faim

Le pasteur Daniel Fatzer a stoppé le 8 juillet 2016 sa grève de la faim entamé 23 jours plus tôt à l’église St-Laurent de Lausanne pour protester contre son licenciement. S’il n’a rien obtenu dans son cas personnel, il se réjouit d’avoir soulevé dans le grand public des questions telles que la brutalité du droit du travail suisse ou le déficit démocratique au sein de l’Eglise évanglique réformée vaudoise  (EERV).

Toujours avec la même mise en scène, matelas gonflable au milieu de l’église, entouré de trois de ses collègues licenciés comme lui, et de quelques membres de son groupe de soutien, le pasteur Fatzer n’a pas changé de ton. «J’arrête ce jeûne de contestation parce que j’ai obtenu ce que je pouvais en espérer. Je remercie mon ex-employeur. J’ai perdu 10 kg au seuil de l’été. J’en avais besoin. Lorsque l’on m’a signifié mon licenciement, j’avais promis à mon employeur un feu d’artifice médiatique.”

Sur le fonds, le ministre n’a néanmoins rien obtenu puisque, selon un communiqué de l’EERV, «Daniel Fatzer a quitté la table de la médiation ce vendredi matin au terme d’une deuxième rencontre.» Dans cette affaire, la Conseillère d’Etat Béatrice Métraux avait, en effet, offert ses bons offices. Une décision sur laquelle le pasteur ne fera aucun commentaire, respectant un engagement à la confidentialité.

Reprendre des forces pour un nouveau combat

Le pasteur tient aussi à “reprendre des forces pour le marathon de combats qui s’annonce”, Il rappelle notamment que plusieurs cas opposant l’EERV à ses ex-employés devront être traités par les tribunaux dès cet automne. Selon Xavier Paillard, président du Conseil synodal  de l’EERV quatre procédures en cours devant les prud’hommes, y compris le cas de Daniel Fatzer.

Pour le pasteur cette grève de la faim médiatisée a servi à sensibiliser la population vaudoise aux dysfonctionnements graves de cet employeur. Il se décrit lui-même comme un «lanceur d’alerte». Au fil des jours, dans une église Saint-Laurent «visitée du matin au soir, j’ai réalisé que je faisais aussi ce jeûne pour tous les gens qui sont maltraités par la loi sur le travail. J’aurais aimé que l’Eglise puisse être présentée comme un employeur modèle. Ce n’est pas le cas.»

Les autorités de l’EERV ont pris acte de la fin du jeûne du ministre licencié. «Nous regrettons énormément le battage médiatique orchestré par le pasteur Fatzer, a souligné Lise Dépraz, pasteure et membre du Conseil synodal. Alors que beaucoup de gens s’engagent dans l’EERV, il est triste de focaliser toute l’attention sur un conflit d’ordre privé entre l’Eglise et quelques pasteurs.» (cath.ch-apic/ag/mp)

Les protestants du Havre se mobilisent pour l'accueil des exilés

À l’initiative de l’Église protestante unie de France, un collectif intitulé « Exilés, l’accueil d’abord ! » a été fondé il y a quelques semaines. À l’approche du 14 juillet et de cette fête nationale où l’on exalte les valeurs de la devise républicaine : liberté-égalité-fraternité, il appelle à « un accueil conforme aux principes républicains et aux capacités de la France ».

Autour de cet appel, une campagne de sensibilisation est engagée, tant sur le plan national que dans les régions. Ainsi, l’Église protestante unie du Havre-Etretat-Montivilliers et l’Entraide protestante prennent trois initiatives. La première est l’envoi d’un texte qui interpelle les parlementaires de la région havraise. Il porte les signatures de Pauline Raoul-Duval et Frédéric d’Herbécourt, présidents respectifs de l’Entraide protestante du Havre et du conseil presbytéral de l’Église protestante unie du Havre-Etretat-Montivilliers.

Lancement de la campagne dimanche

La deuxième action, c’est la présence cet été d’une grande bannière sur la façade du temple. Une invitation est faite enfin à tout citoyen ou collectif intéressé de relayer cette interpellation sur les réseaux sociaux. Les pasteurs et le conseil presbytéral de l’Église protestante unie du Havre-Etretat-Montivilliers rappellent que les protestants de notre région ne sont pas inactifs face aux nombreuses demandent formulées chaque jour, chaque semaine de l’année par des migrants : distribution alimentaire (ceci depuis 2004), accueil, recherche de solutions pour l’hébergement, écoute, soutien moral et apport de conseils.

Le lancement de la campagne a lieu ce dimanche 10 juillet. À 10 h 30, le culte dominical sera placé sous le signe de l’accueil et fera écho à l’interpellation des parlementaires, puis la bannière sera déployée à 11 h 45.

Collectif « Exilés : l’accueil d’abord ! » sur Facebook et Twitter. Pasteur Marion Heyl : 06 74 64 38 75 et marionheyl@laposte.net. Pasteur Emmanuel Rouanet : 06 40 95 33 71 et emmanuel.rouanet@laposte.net

Satisfait de son «feu d'artifice médiatique», le pasteur Fatzer met fin à sa grève de la faim

Caméras, appareil photo et bloc-notes prêts à immortaliser l’instant, les journalistes ont répondu présents à l’invitation du pasteur Daniel Fatzer, vendredi en l’église Saint-Laurent à Lausanne. Quelques membres de son groupe de soutien sont également là. Le ministre qui poursuit un «jeûne de contestation» strict depuis une vingtaine de jours, trône sur un matelas gonflable au milieu du temple. Alignés sur des chaises à ses côtés, trois des quatre anciens collègues licenciés au cours des trois dernières années par l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV).

«Je mets fin à cette grève de la faim, car j’ai obtenu ce que je pouvais obtenir. J’ai alerté la population sur la situation dans l’Eglise réformée vaudoise. Et j’ai obtenu le soutient de la population», déclare le pasteur qui occupe le temple du centre lausannois depuis le 18 juin, au lendemain de son licenciement pour faute grave, intervenu à la suite de deux mentions nominatives de situations personnelles d’autres pasteurs prononcées lors du culte radio, diffusé en direct sur Espace 2, le 12 juin.

Un feu d’artifice médiatique

«Lorsque l’on m’a signifié mon licenciement, j’avais promis à mon employeur un feu d’artifice médiatique», a rappelé Daniel Fatzer, durant sa conférence de presse. Et c’est sans doute tout ce que le ministre a obtenu, puisque, selon un communiqué de l’EERV, «Daniel Fatzer a quitté la table de la médiation ce vendredi matin au terme d’une deuxième rencontre.» Dans cette affaire, la Conseillère d’Etat Béatrice Métraux avait, en effet, offert ses bons offices. Une décision sur laquelle le pasteur ne fera aucun commentaire, respectant un engagement à la confidentialité.

«Si j’étais ermite, il est certain que je poursuivrais le mouvement, mais j’ai une famille qui souffre de cette situation», a déclaré le pasteur qui déclare avoir perdu 10 kilo durant ces 23 jours de contestation. «Il me faut par ailleurs reprendre des forces pour le marathon de combat qui s’annonce», ajoute-t-il. Il rappelle notamment que plusieurs cas concernant l’EERV devront être traités par les tribunaux dès cet automne. «Il y a sept à huit procès impliquant des pasteurs, dont un a déjà été gagné», rappelle Daniel Fatzer. Des chiffres contestés par Xavier Paillard, président du Conseil synodal (exécutif) de l’EERV: «Il y a trois procédures en cours devant les prud’hommes. Quatre si l’on compte le cas de Daniel Fatzer.»

Pasteurs captifs

«Je n’ai pas fait cela pour moi, je l’ai fait pour mes quatre autres collègues», insiste Daniel Fatzer. S’oppose-t-il par principe au licenciement d’un pasteur? «Quand on prend le risque d’être engagé par l’EERV, on se retrouve dans une situation où l’on ne peut aller nulle part si l’on se fait virer. Les pasteurs sont captifs de cette Eglise. Donc oui, je pense que l’on ne devrait pas pouvoir licencier un pasteur, et l’Eglise devrait y être sensible au moment d’engager quelqu’un dans le ministère.»

Xavier Paillard rétorque: «les pasteurs ne sont pas des employés plus captifs que les travailleurs de n’importe quelle branche où un acteur à une position dominante. Il peut être engagé par une autre Eglise réformée. En outre avec sa formation en théologie, il peut trouver du travail comme journaliste, enseignant ou une autre fonction à caractère social.»  

Les fidèles ne se sentent pas entendus

Daniel Fatzer dénonce aussi le «déficit démocratique» de l’Eglise, concentrant, ces dernières années tout le pouvoir entre les mains du Conseil synodal et des l’Office des ressources humaines. «Il n’y a pas de réel contre-pouvoir; le synode ne joue pas ce rôle. Les fidèles ne se sentent pas entendus.» Xavier Paillard conteste également: «les assemblées de paroisses élisent des délégués à la région, qui à leur tour élisent des délégués au synode. Et à chaque niveau, l’assemblée élit un conseil exécutif ainsi qu’une commission de vérification des comptes et de la gestion. On a un parfait exemple de démocratie parlementaire.»

Un droit du travail brutal

«Au fil des jours, j’ai réalisé que je faisais aussi ce jeûne pour les travailleurs nombreux qui sont venus me soutenir et qui sont maltraités par une loi sur le travail qui permet à n’importe quel employeur de se débarrasser d’un employé et qui ne permet même pas aux prud’hommes d’obliger une entreprise à réengager quelqu’un. Il se pourrait que la prospérité de notre pays se fasse sur des déchetteries de travailleurs poubellisés par une loi brutale», a également plaidé Daniel Fatzer. «J’aurais aimé que l’Eglise puisse être présentée comme un employeur modèle. Ce n’est pas le cas.» Xavier Paillard ne pense pas que l’Eglise se comporte comme n’importe quel autre employeur. «D’abord, je dis toute mon admiration pour la grande majorité des PME qui ont une gestion humaine des ressources humaines. Et je crois que l’Eglise n’est pas en reste dans ses offres de formation, de suivi de ceux qui travaillent pour elle et d’accompagnement des personnes en situation de fragilité.»

Malgré l'absence de consensus, le pasteur Fatzer arrête son jeûne de contestation

Alité sur son matelas pneumatique qu’il n’a pas quitté depuis 23 jours, le pasteur de l’Eglise lausannoise de Saint-Laurent, Daniel Fatzer, allume son micro. Installé sous une banderole balisée «Eglise habitée», il commence à parler. «Tout le monde est prêt?» s’assure-t-il. Entouré de pasteurs licenciés, dont il a intégré la défense à sa cause, il annonce l’arrêt de sa grève de la faim. «Mon 400 mètres sprint se termine ici, mais un marathon de résistance commence», image-t-il.

Le 15 juin dernier, le pasteur Fatzer avait annoncé sa grève de contestation afin de protester contre son licenciement immédiat pour justes motifs. Les dirigeants de l’église réformée lui reprochaient d’avoir cité nommément, durant un culte radiodiffusé, le nom d’un collègue licencié par l’Eglise.

Sur les bancs de Saint-Laurent, une trentaine de personnes sont venues écouter le prêche de ce pasteur désormais «bénévole en son église». «J’ai obtenu ce que je pouvais espérer d’un tel jeûne, poursuit-il. Sans cela, je n’aurais jamais rassemblé tout ce monde. J’ai reçu beaucoup de soutien, et obtenu une remise en question de mon employeur.» Celui qui prétendait poursuivre sa grève jusqu’à sa réintégration ne le fera donc pas. Les négociations entre le pasteur et l’EERV n’ont pas abouti, «la suite est à découvrir lors des sept à huit procès qui s’ouvriront à partir du mois d’août 2016».

Daniel Fatzer et l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) ont tenté des négociations, que le pasteur a quittées vendredi matin. «Je ne vous en dirai pas plus, au vu de l’embargo que je me suis engagé à respecter. Mais j’ai toujours dit que la réintégration de tous les pasteurs licenciés par l’Eglise depuis deux ans était l’un des points sur lesquels je ne transigerais pas.» Voilà qui ne semblait pas être à l’ordre du jour de l’institution.

Viser le pardon et la réconciliation

Dans un communiqué diffusé vendredi, le Conseil synodal de l’EERV «estime avoir fait plusieurs pas significatifs dans le sens des demandes du pasteur Daniel Fatzer. Il a proposé un chemin de pacification en Eglise, sans interférences avec les procédures juridiques en cours. Il a notamment ouvert, pour chaque personne licenciée, la possibilité d’un dialogue qui vise au pardon et à la réconciliation.»

Après avoir perdu dix kilos, le pasteur Fatzer rompra le jeûne vendredi soir. Il aura le droit, pour commencer, à un repas qui ne dépassera pas 175 calories.


Sur le même sujet:

Le pasteur Daniel Fatzer arrête sa grève de la faim

Le pasteur trublion Daniel Fatzer a décidé de cesser son jeûne de contestation, après 23 jours. L’ancien ministre de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) annonce également qu’il devrait quitter l’église Saint-Laurent, à Lausanne, qu’il occupait jour et nuit depuis le 15 juin dernier.

Face aux médias, le pasteur a expliqué cet après-midi les raisons qui l’ont incité à stopper sa démarche. «J’ai hésité à continuer, dit-il. Si j’étais un moine ermite je n’aurais pas hésité une minute à continuer. On peut aller jusqu’à 60 jours. Mais j’ai une famille qui s’use de mon combat.»

Il devrait reprendre son premier repas ce vendredi soir, sous contrôle médial. «Il ne devra pas dépasser 175 calories», précise-t-il. Et de lancer un trait d’humour: «Je remercie mon ex-employeur de m’avoir permis de perdre dix kilos au seuil de l’été, j’en avais besoin.»

Médiation échouée

Une médiation entre le pasteur Daniel Fatzer et le Conseil synodal, organisée par la conseillère d’Etat Béatrice Métraux, a échoué. Après une première séance lundi, une deuxième s’est tenue ce vendredi matin et s’est terminée sans trouver d’accord.

Dans un communiqué diffusé peu après, le Conseil synodal «a pris acte avec regret que Daniel Fatzer a quitté la table de la médiation».

Daniel Fatzer demandait notamment sa réintégration comme pasteur au sein de l’EERV, ainsi que la réintégration de quatre autres pasteurs licenciés par l’Eglise depuis deux ans. Un point qui n’était pas à l’ordre du jour pour l’institution.

«Des pas significatifs»

Le Conseil synodal «estime avoir fait plusieurs pas significatifs dans le sens des demandes du pasteur Daniel Fatzer. Il a proposé un chemin de pacification en Eglise, sans interférences avec les procédures juridiques en cours. Il a notamment ouvert, pour chaque personne licenciée, la possibilité d’un dialogue qui vise au pardon et à la réconciliation.»

En d’autres termes, des solutions individuelles pourrait être trouvées. Mais pas question de décréter «une amnistie générale» sur les licenciements, comme le réclamait Daniel Fatzer.

Daniel Fatzer jeûnait pour protester contre son licenciement de l’EERV «avec effet immédiat», survenu après un coup d’éclat en direct lors d’un culte radiodiffusé sur Espace 2, où il a cité nommément deux collègues pasteurs. Il entendait dénoncer cinq autres licenciements intervenus au sein de l’institution depuis deux ans.

«Déficit démocratique»

«L’EERV est en déficit démocratique, estime Daniel Fatzer, il n’y a en effet ni droit d’initiative ni droit de référendum dans cette Eglise. C’est la voie que j’aurais choisi cas échéant. J’ai donc choisi de m’adresser au peuple vaudois tout entier.»

Il rappelle que son jeûne visait à soutenir des collègues et pas à défendre sa propre situation. «Au fil des jours, dans l’église Saint-Laurent visitée du matin au soir, j’ai aussi réalisé que je faisais aussi ce jeûne pour les travailleurs nombreux, maltraités dans notre pays par la loi sur le travail.»

Même si rien de concret n’a été obtenu, ce «400 mètres haies», comme il l’appelle, sera suivi d’un «marathon de résistance» dès 2017: pas moins de sept démarches en justice sont annoncées, lancées par des pasteurs licenciés contre leur ancien employeur, l’EERV.

(24 heures)

(Créé: 08.07.2016, 13h35)

«Le football est un résumé de la vie, comme l'Evangile»

Il se rêvait footballeur, il est devenu pasteur. Proche de sa retraite, Pierre-Yves Pasquier (61 ans) nous fait visionner les meilleurs moments de sa carrière. Premier ralenti sur sa vocation: «Un jour, le Seigneur m’a demandé de le servir à plein-temps. J’ai répondu, d’accord, mais laisse-moi faire du sport», explique ce natif d’Aubonne. Il jouera donc dans l’équipe de Dieu, recevant la consécration au ministère en 1980. Il exerce à Lignerolles pendant dix ans, découvrant le pied du Jura et le terrain rural. «Le président de mon conseil de paroisse signait des documents sur le dos des vaches.» Puis vingt ans dans la paroisse de Corsier/Corseaux. Le professionnel a achevé son ministère à Nyon, ces six dernières années. Il se réinstalle ces jours à Aubonne, avec son épouse, Françoise.

Pierre-Yves Paquier a marqué des points comme sportif: il a ainsi remporté le championnat vaudois de tennis en 2015 dans la catégorie seniors (55 +), devenant probablement le premier pasteur vaudois à obtenir une coupe sur un court. «Avec Dieu, nous ferons des exploits», dit-il, citant le psaume 60. Mais le sport est surtout une référence et une façon de s’adresser aux gens. Il dit du football qu’il est «un résumé de la vie, tout comme l’Evangile».

Une publication à succès

Il a poussé loin le rapprochement entre la religion et l’univers du ballon rond dans une plaquette éditée en 2008 et intitulée Buts, stars et Messi… e. Trente méditations sur les penalties, les coups francs, les cartons, les gardiens, qui ne sont que des prétextes à citer la Bible. Rien n’est oublié, jusqu’à la tricherie et aux débordements des supporters. «J’avais plein de copains footballeurs, des gaillards qui ne venaient jamais à l’église, rigole-t-il. C’était un défi de leur parler de l’Evangile.» La publication a connu un franc succès, tirée à 20 000 exemplaires.

Au passage, que pense-t-il de l’Euro 2016? «Un peu déçu, lâche-t-il, car les équipes ont plus souvent joué la défense que l’attaque.» Lors de notre entretien en début de semaine, il pronostiquait une finale Allemagne-Portugal, commentant les forces des équipes en amateur éclairé. Le style de ministère de Pierre-Yves Paquier se veut ainsi populaire, adressé au plus grand nombre. «Mon vœu le plus grand pour l’Eglise, c’est qu’elle redevienne simple, vivante et proche des gens.»

Jouer sur tous les terrains

La vocation de pasteur, telle qu’il la conçoit, est celle d’un généraliste capable de jouer sur tous les terrains. Capitaine aumônier à l’armée pendant vingt ans, pasteur du Grand Conseil pendant six ans (à l’époque où des députés allaient se recueillir à la cathédrale avant de siéger), il se dit à l’aise avec tous les milieux sociaux: «Etre pasteur, c’est s’occuper des gens de leur baptême à leur dernier souffle.» Il avoue aimer la prédication, avec un accent particulier sur l’Apocalypse. «C’est l’un des livres bibliques les moins connus, le mot Apocalypse fait peur, mais c’est l’apothéose du triomphe du Christ, un livre pétri d’espérance», explique-t-il, mentionnant pas moins de 14 passages de louanges et d’actions de grâce. «Je crois ce que dit la Bible sur le retour du Christ et j’ai été appelé à transmettre le message à mes contemporains. Il nous demande de faire en sorte que notre vie soit belle et digne.»

Pierre-Yves Paquier revendique une sensibilité évangélique, «dans le sens de fidélité à l’Evangile. Je prends la parole de Dieu pour ce qu’elle dit.» Au risque de ne pas plaire à tout le monde, il se déclare favorable au projet de Haute Ecole en théologie professante (HET-Pro) de Saint-Légier: «Je suis un peu triste de ce qu’on a fait de la Faculté de théologie de Lausanne. On remplit les têtes et on oublie de remplir les cœurs. Apprendre le métier de pasteur est aussi important qu’étudier la théologie.» Le joueur de la foi n’a pas l’intention de quitter le terrain après sa retraite: «Je continuerai avec plaisir à prêcher en réserviste, à disposition de l’équipe.» (24 heures)

(Créé: 08.07.2016, 10h06)

«Il faut en finir avec l'Église de grand-papa»

Une porte grande ouverte, des jouets d’enfants un peu partout, un trampoline au milieu du jardin, un drapeau suisse affublé du logo du Lausanne Sport à la fenêtre. Le bâtiment de la cure de Savigny où Benjamin Corbaz vit avec sa femme et son fils depuis août 2015 – date à laquelle il a pris la tête de la paroisse de Savigny-Forel – est à l’image de son locataire. Construit au XVIIe siècle, cet ancien couvent de frères franciscains à l’architecture plutôt rigide et austère respire aujourd’hui la joie de vivre, l’ouverture sur le monde, la modernité. «Ce lieu, c’est vraiment qui je suis», confirme l’homme de 36 ans. Un pasteur qui, conscient des traditions et des valeurs de son Eglise, veut y insuffler un vent de fraîcheur et de renouveau.

Sur la table de sa salle à manger sont posés son smartphone et son ordinateur. Féru de nouvelles technologies et très actif sur les réseaux sociaux, Benjamin Corbaz ne se déplace jamais sans «ses outils de travail», comme il les appelle. Véritable pasteur 2.0, il est présent sur Facebook et tient un blog lu par toujours plus d’internautes à travers le monde. Il tweete également beaucoup, que ce soit au sujet de la dernière victoire du Lausanne Sport, de ses séries télévisées préférées, ou encore des dernières actualités de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV). Pour prêcher la bonne parole, il n’attend pas que les gens viennent à lui. C’est lui qui va vers eux, sur le Web. «Il faut vivre avec son temps», insiste-t-il.

Si aujourd’hui il n’échangerait sa place de ministre pour rien au monde, quand il était petit, Benjamin Corbaz était pourtant catégorique. Jamais de la vie, il ne deviendrait pasteur. Un métier qu’exerçaient à la fois son père et sa mère. «A l’époque, ce qui me faisait rêver, c’était plutôt le sport et surtout le foot, se rappelle ce fervent supporter du Lausanne Sport. Faire la même chose que mes parents ne m’intéressait pas.»

L’appel, le fameux, c’est sur le tard que le Vaudois l’entend. Il a presque 25 ans lorsque, attablé à une terrasse de l’Université de Lausanne, où il suit des études de lettres, un de ses amis lui demande ce qu’il va faire une fois son diplôme en poche. Hésitant entre le journalisme sportif, l’enseignement ou le social, il répond qu’il n’en sait rien. «Mais pourquoi ne ferais-tu pas pasteur?» lui rétorque alors son collègue. S’il avait toujours refusé l’idée, cette discussion le taraude. Encore très actif auprès des jeunes, notamment dans l’accompagnement de camps de catéchisme, il prend conscience que c’est là qu’il y a découvert le sens profond de l’amour de Dieu. «Ado, ma vie était compliquée. Mal dans ma peau, j’ai eu de la peine à trouver ma place. Pourtant ces camps de catéchisme m’ont aidé à me construire. Je m’y sentais épanoui et heureux.» C’est une révélation. Il réinterprète ce souvenir comme étant l’appel de Dieu. Le fameux.

Il se lance alors dans des études de théologie avec, dans un coin de la tête, l’idée de changer l’image parfois austère et figée de son Eglise. «Avec des parents pasteurs, j’ai remarqué que beaucoup de préjugés et de stéréotypes lui étaient rattachés. En me lançant dans cette voie, j’ai voulu donc faire les choses autrement. Il faut en finir avec l’Eglise de grand-papa: elle doit se réinventer, innover, oser, tout en gardant profonde les traditions qui ont fait son histoire et sa force.» Pour lui, l’Eglise doit être un lieu de vie avant tout. «On doit pouvoir y rire, y pleurer, y danser, y chanter, ou simplement s’y asseoir et écouter. Mais elle doit surtout être un lieu ouvert à tous qu’on soit jeune ou vieux, homme ou femme, gay ou hétéro.» Avant de conclure: «Dieu a un amour inconditionnel pour chacun de nous.» (24 heures)

(Créé: 07.07.2016, 10h07)

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