L’Eglise protestante accepte la bénédiction des couples homosexuels

Le pasteur Laurent Schlumberger, président de l’Eglise protestante unie de France, explique que la possibilité pour les couples homosexuels d’être bénis dans un Temple n’est pas pour accueillir de nouveaux fidèles, mais pour partager avec ces couples la célébration de leur union.

 

premier mariage homosexuel en France, célébré à Montpellier ()

@afp

L’Eglise protestante de France a annoncé ce dimanche qu’elle accepterait désormais de bénir le mariage des couples homosexuels. 

“Les choses se sont passées assez sereinement, a expliqué le pasteur Laurent Schlumberger, président de l’Eglise protestante unie de France, invité de Sud Radio. (…) Il y a souvent beaucoup de passion mais, hier, nous avons fait un pas de plus pour accueillir dans les cultes, dans l’Eglise et à l’occasion de leurs mariages les couples qui le souhaiteraient, même avec cette diversité de point de vue mais réunis par notre souci de partager avec tout le monde l’Evangile de Jésus-Christ qui nous fait vivre et qui accueille chacun tel qu’il est.”

Les pasteurs auront le choix de procéder à cette bénédiction ou non. Une évolution qui n’a pas, selon le pasteur Laurent Schlumberger, pour objectif de chercher à accueillir de nouveaux fidèles, mais plutôt “de pouvoir partager nos convictions telles que nous les formulons ensemble et de rendre l’Evangile, la foi Chrétienne, qui est de l’ordre de la rencontre et pas de la doctrine, plus ouverte à ceux qui cherchent et qui essaient d’avancer avec plus de sens dans leur existence.”

Des pasteurs pourront bénir les mariages gays

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ne quasi-première dans l’Hexagone : sur la centaine de délégués de l’Église protestante unie de France (EPUdF) réunis hier en synode à Sète (Hérault) et ayant pris part au vote, 94 ont voté pour la possibilité d’une bénédiction des mariages homosexuels et 3, contre. « Ce qui m’a surpris, c’est l’excellente ambiance » lors de la session du vote, marquée par « la confiance et la fraternité », a déclaré à l’AFP le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF, Église qui incarne le courant historique du protestantisme français. « Ce n’est pas une majorité qui a gagné contre une minorité. La décision intègre toutes les positions. »

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Dans un communiqué, l’EPUdF précise qu’il s’agit d’« un pas de plus » pour « accompagner les personnes et les couples », après dix-huit mois de réflexion et de débat, et deux ans après l’adoption de la loi Taubira ouvrant le mariage civil à deux personnes de même sexe.

D’importantes communions protestantes d’Europe (Espagne, Italie…) et d’Amérique du Nord ont ouvert cette bénédiction aux couples gays et lesbiens. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise actuellement ses pasteurs à participer à un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels, une pratique qui reste marginale. Le mariage ne constitue pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple.

« Le synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie », a indiqué l’EPUdF. « Une telle bénédiction est bien une possibilité ouverte, elle n’est ni un droit ni une obligation. En particulier, elle ne s’impose à aucune paroisse », a-t-elle pris soin de préciser, ajoutant que « les débats qui concernent les couples de même sexe sont souvent passionnés et exclusifs ».

Loin de faire consensus

Au sein même de l’Église protestante unie, née en 2012 de la fusion des Églises luthériennes et réformées, le sujet est loin de faire consensus, même si le mariage gay n’y subit pas le net rejet constaté parmi les responsables catholiques et dans les mouvements évangéliques. En juin 2014, l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (Uepal), présente sur le territoire alsacien-mosellan, avait sursis à statuer et s’était donné « un délai de trois ans avant d’envisager de reprendre cette question en assemblée ».

Avant le synode, le pasteur Gilles Boucomont, vif opposant au projet, s’était inquiété de ce que « pour la première fois en France depuis 1517 » (date de la Réforme entreprise par Martin Luther), « une décision synodale majeure puisse être prise contre tous les textes bibliques ». Avec une cinquantaine d’autres pasteurs et une centaine de conseillers presbytéraux (locaux), il avait d’ailleurs signé un « appel » invitant les délégués du synode à ne pas statuer « dans la hâte de répondre à la pression de la société et l’évolution de ses mœurs », et disait craindre « de profondes déchirures ».

« Symbolique »

Pour sa part, le président de SOS Homophobie, Yohann Roszéwitch, « très heureux de ce vote à la quasi-unanimité », a souligné la « symbolique » de ce geste intervenu dimanche, journée internationale de lutte contre l’homophobie. Le vote lui paraît « primordial dans un contexte actuel de hausse de l’homophobie, entretenue parfois par les Églises ». En 2014, l’association a recueilli 2 197 témoignages faisant état d’actes homophobes.

Le synode de l’EPUdF, qui revendique 110 000 membres actifs parmi 400 000 personnes faisant appel à ses services, était réuni depuis jeudi autour du thème « Bénir, témoins de l’Évangile dans l’accompagnement des personnes et des couples ». Tout en se défendant d’être en concurrence avec une mouvance évangélique en forte croissance, l’EPUdF parie désormais sur une démarche missionnaire pour « passer d’une Église de membres à une Église de témoins ».

L’EPUdF accueille un nouveau pasteur chaque mois, ce qui, compte tenu des départs à la retraite, lui permet de stabiliser leur nombre. Un tiers d’entre eux, et même 45 % des nouveaux pasteurs, sont des femmes.

L’Église protestante pourra bénir les mariages homosexuels

La décision de bénir les couples homosexuels a été prise à la quasi-unanimité./Photo DDM, archives

La décision de l’Église protestante de pouvoir bénir les mariages des couples de même sexe est une quasi première en France. Le vote a eu lieu hier lors du Synode de Sète.

Un coup de tonnerre a éclaté à Sète (Hérault), lors du synode des Églises protestantes (Réformée et Luthérienne) de France. Désormais, et s’ils le souhaitent, les pasteurs pourront bénir les couples homosexuels déjà mariés civilement.

Mais, face à cette annonce, force et de constater que ce n’est pas vraiment une première en France. La Mission populaire évangélique (MPEF), une Église beaucoup plus petite que l’Église protestante unie de France (EPUdF), autorise déjà ses pasteurs à participer à «un geste liturgique d’accueil et de prière» pour les homosexuels. Mais cette pratique reste encore marginale.

Unanimité après de houleux débats

Cette décision de bénir les couples homosexuels a été prise a la quasi-unanimité. Sur la centaine de délégués présents et ayant pris part au vote, 94 se sont prononcés en faveur de la possibilité d’une bénédiction. Seuls 3 se sont montrer contre cette décision cultuelle. Selon le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF, «ce n’est pas une majorité qui a gagné contre une minorité. La décision intègre toutes les positions».

Cela fait près d’un an et demi, que l’Église protestante a ouvert le débat en son sein. Pour l’EPUdF, la décision du vote est «un pas de plus» pour «accompagner les personnes et les couples». C’est aussi un moyen de «permettre aux couples de même sexe de se sentir accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante». C’est pourquoi, et l’Église insiste sur ce point, «une telle bénédiction est bien une possibilité ouverte, elle n’est ni un droit ni une obligation. Elle ne s’impose à aucune paroisse». En supprimant le principe de contrainte, l’EPUdF affirme son ambition de transformer son Église.

Tout en se défendant d’être en concurrence avec une mouvance évangélique en forte croissance, l’EPUdF parie sur une démarche missionnaire pour «passer d’une Église de membres à une Église de témoins».

«Une décision prise contre tous les textes bibliques»

À en croire certains pasteurs comme Gilles Boucomont, présent à Sète, «pour la première fois en France depuis 1517 — date de la Réforme initiée par Martin Luther —, une décision synodale majeure est prise contre tous les textes bibliques». Avec une cinquantaine d’autres pasteurs et une centaine de conseillers presbytéraux, il avait signé un appel invitant les délégués du synode à ne pas statuer «dans la hâte de répondre à la pression de la société et l’évolution de ses mœurs». Certains des signataires craignant même «de profondes déchirures» à l’intérieur même de l’Église protestante.

Selon l’EPUdF, un nouveau pasteur serait accueilli chaque mois dans l’Église. Une statistique qui, face aux départs à la retraite, permet de stabiliser le nombre de ces pasteurs. D’ailleurs, 45 % des pasteurs de l’Église Protestante sont des femmes.


Repères

Le chiffre : 94

personnes > au synode. Ce sont 94 délégués sur 105 représentants de l’église protestante qui ont entériné la bénédiction des unions homosexuelles.


Des réactions partagées

Pour Jean-Luc Roméro, élu de la région Ile-de-France qui a mené combat pour le mariage homosexuel c’est une «magnifique avancée. La bénédiction des mariages gay, c’est un «grand geste d’amour en cette Journée contre l’homophobie».

Pour lui qui est homosexuel marié, «cette décision réconcilie les homosexuels avec les religions».

Cet avis n’est cependant pas partagé par tous et, notamment pas par de nombreux représentants, prêtres et fidèles de l’église catholique qui «voient là une décision irresponsable qui met à mal nos sociétés».

Chez les protestants, cette bénédiction ne fait cependant pas non plus l’unanimité .

Gilles ­Boucomont, pasteur du temple du Marais, à Paris «se déclare hostile à cette décision». Très actif dans les réseaux sociaux, le pasteur Boucomont était devenu le porte-étendard des opposants protestants.

Les vifs débats provoqués dans la société sur l’adoption du mariage pour tous en 2013 ont pesé sur le synode. Les Églises luthérienne et réformée avaient repoussé le sujet car elles étaient attachées à réaliser leur unité. «À l’époque, les questions sensibles avaient été mises sous le tapis», regrette un farouche partisan de la bénédiction. L’Église protestante «classique» était également confrontée aux positions tranchées des évangéliques et des pentecôtistes, opposés à cette bénédiction.

Protestants : un pas vers les unions homosexuelles

Le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF. Photo AFP

Le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF. Photo AFP

Les pasteurs de l’Église protestante unie de France (EPUdF) pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement, selon une décision adoptée hier à une large majorité par le synode, une quasi-première dans l’Hexagone.

Sur la centaine de délégués de l’EPUdF réunis à Sète (Hérault) et ayant pris part au vote, 94 ont voté pour la possibilité d’une bénédiction et trois contre, selon le porte-parole de cette Église qui incarne le courant historique du protestantisme français.

Le sourire de SOS Homophobie

« Ce qui m’a surpris, c’est l’excellente ambiance » lors de la session du vote, marquée par « la confiance et la fraternité », a déclaré le pasteur Laurent Schlumberger, président du conseil national de l’EPUdF.

« Ce n’est pas une majorité qui a gagné contre une minorité. C’est un pas de plus pour accompagner les personnes et les couples. »

Deux ans après l’adoption de la loi Taubira ouvrant le mariage civil aux personnes de même sexe, cette annonce est historique en France. D’importantes communions protestantes d’Europe (Espagne, Italie…) et d’Amérique du Nord, ont ouvert cette bénédiction aux couples gays et lesbiens. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), une Église beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise actuellement ses pasteurs à participer à un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels, mais cela reste marginal.

Pas un sacrement pour les protestants

Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple.

Le président de SOS Homophobie, Yohann Roszéwitch, « très heureux de ce vote à la quasi-unanimité », a souligné la « symbolique » de ce geste intervenu hier, au cours de la journée internationale de lutte contre l’homophobie.

Au sein même de l’Église protestante unie, née en 2012 de la fusion des Églises luthérienne et réformée, le sujet est loin de faire consensus, même si le mariage gay n’y fait pas l’objet du rejet constaté parmi les responsables catholiques et dans les mouvements évangéliques.

En juin 2014, l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL) s’était donné « un délai de trois ans avant d’envisager de reprendre cette question en assemblée ».

Mariage gay: les pasteurs réforment leur opinion

La principale composante de l’Église protestante de France autorise la bénédiction d’une union homosexuelle dans ses lieux de culte.

Les pasteurs de la principale Église protestante de France pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement, selon une décision adoptée dimanche à une large majorité par le synode, une quasi-première dans l’Hexagone.

“C’est une décision
prise contre
tous les textes bibliques!”

Qui l’a décidé? Il s’agit de l’Église protestante unie de France (EPUdF) qui incarne le courant historique du protestantisme français. L’EPUdF revendique 110.000 membres actifs parmi 400.000 personnes faisant appel à ses services. L’EPUdF accueille un nouveau pasteur chaque mois, 45% de ce clergé est renouvelé par des femmes.
De quoi s’agit-il? D’un vote après de longs débats. Sur la centaine de délégués réunis à Sète (Hérault) et ayant pris part au vote, 94 ont voté pour la possibilité d’une bénédiction et trois contre. Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple. Dans un communiqué, l’EPUdF précise qu’il s’agit ici d’« un pas de plus pour accompagner les personnes et les couples », après dix-huit mois de réflexion et de débat. « Le Synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie », indiquait dimanche l’EPUdF. « Une telle bénédiction est bien une possibilité ouverte, elle n’est ni un droit ni une obligation. En particulier, elle ne s’impose à aucune paroisse », a-t-elle pris soin de préciser, ajoutant que « les débats qui concernent les couples de même sexe sont souvent passionnés et exclusifs ».
L’Église protestante reste très partagée. Deux ans après l’adoption de la loi Taubira ouvrant le mariage civil à deux personnes de même sexe, cette annonce est une quasi-première en France.
D’importantes communions protestantes d’Europe (Espagne, Italie…) et d’Amérique du Nord, ont ouvert cette bénédiction aux couples gays et lesbiens. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), une Église beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise actuellement ses pasteurs à participer à un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels, une pratique qui reste marginale. Au sein même de l’Église protestante unie, née en 2012 de la fusion des Églises luthériennes et réformées, le sujet est loin de faire consensus, même si le mariage gay n’y fait pas l’objet du rejet constaté parmi les responsables catholiques et dans les mouvements évangéliques.
Une frange de la communauté est opposée au mariage homosexuel. En juin 2014, l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), présente sur le territoire alsacien-mosellan, avait sursis à statuer et s’était donné « un délai de trois ans avant d’envisager de reprendre cette question en assemblée ». Avant le synode, le pasteur Gilles Boucomont, vif opposant au projet, s’était inquiété de ce que « pour la première fois en France depuis 1517 » (date de la Réforme initiée par Martin Luther), « une décision synodale majeure puisse être prise contre tous les textes bibliques ».
Avec une cinquantaine d’autres pasteurs et une centaine de conseillers presbytéraux locaux, il avait d’ailleurs signé un appel invitant les délégués du synode à ne pas statuer « dans la hâte de répondre à la pression de la société et l’évolution de ses moeurs et disait craindre de profondes déchirures ».

et aussi

“Le problème c’est le lobby gay”

« Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger » s’interrogeait le pape François voici un an. Ce commentaire avait été estimé encourageant par la communauté homosexuelle qui notait une évolution, au sommet de l’Église catholique. Mais évolution ne signifie pas inflexion et doctrinalement, l’homosexualité reste « un acte intrinsèquement désordonné » aux yeux des théologiens qui dissocient le respect dû aux êtres, du rejet de leurs écarts. Dès lors, aucune caution n’est à espérer de Rome. « Le problème, c’est le lobbying gay » exposait le même François l’été dernier. Inflexible, le Vatican refuse toujours d’accréditer Laurent Stéfanini, l’ambassadeur nommé par la France auprès du Saint-siège ce printemps. Catholique pratiquant, l’ancien chef du protocole à l’Élysée est aussi un militant de la cause homosexuelle.

Les pasteurs pourront bénir les couples homos

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18 Mai 2015, 07h00 | MAJ : 18 Mai 2015, 05h51

Les pasteurs de la principale Eglise protestante de France pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement, selon une décision adoptée hier à une large…

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L’Église protestante de France va pouvoir bénir les mariages homosexuels


C’est une quasi-première en France. Deux ans après l’adoption de la loi Taubira ouvrant le mariage civil aux personnes de même sexe, les pasteurs de la principale Église protestante de France pourront désormais bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement. La décision a été adoptée, hier, à une très large majorité par le synode de l’Église protestante unie de France (EPUdF), qui incarne le courant historique du protestantisme français. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF) autorise actuellement ses pasteurs à participer à un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels. Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple. « Le synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie », a indiqué l’EPUdF.










Les pasteurs protestants peuvent bénir les couples homosexuels

(FRANCE 3)

En cette journée mondiale contre l’homophobie, dimanche 17 mai, l’Église protestante unie de France a pris une décision symbolique. À huis clos et à main levée, les 103 délégués réunis à Sète (Hérault) ont voté en grande majorité pour autoriser la bénédiction des couples homosexuels, l’aboutissement de 18 mois de discussions internes.

Les pasteurs garderont toutefois la liberté d’accepter ou de refuser de procéder à ces bénédictions. En 1985, le polémique pasteur Doucé bénissait déjà un couple d’homosexuels. Cérémonie condamnée par ses paires au nom de la Bible, mais aussi au nom de la loi qui réservait alors le mariage aux hétérosexuels, car dans le protestantisme, le mariage n’est pas un sacrement. Il s’agit d’une bénédiction donnée à un mariage civil. 30 ans plus tard, la donne a changé. Ce synode n’engage toutefois pas les Églises protestantes évangéliques aujourd’hui beaucoup plus conservatrices en matière de mœurs.

Le JT

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Les pasteurs protestants vont pouvoir bénir les couples homosexuels

En cette journée mondiale contre l’homophobie, l’Église protestante unie de France a pris une décision symbolique. À huis clos et à main levée, les 103 délégués de réunis à Sète (Hérault) ont voté en grande majorité pour

autoriser la bénédiction des couples homosexuels, l’aboutissement de 18 mois de discussions interne.

La bénédiction fait office de mariage

Les 500 pasteurs de France pourront donc, s’ils le souhaitent, bénir l’union de couples de même sexe. Pour Laurent Schlumberger, président du conseil, “C’est un enjeu majeur pour notre église d’aller à la rencontre des personnes là où elles en sont, pour partager nos convictions, partager l’évangile de Jésus Christ”.

Il n’y a pas de sacrement chez les protestants, car le mariage relève d’un choix privé, mais pour les fidèles, la bénédiction fait office de mariage. Lors du synode, des pasteurs ont reconnu avoir déjà uni des couples homosexuels en privé. Ils pourront maintenant le faire en public.

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Les couples homosexuels auront droit à la bénédiction des protestants

(FRANCE 2)

C’est l’aboutissement de 18 mois de discussions au sein de l’Église protestante unie de France. En ce 17 mai, journée mondiale contre l’homophobie, les 103 délégués réunis à Sète (Hérault) ont voté en grande majorité pour autoriser la bénédiction des couples de même sexe par des pasteurs.

Il ne s’agira pas d’une obligation, mais bien d’une possibilité laissée aux 500 pasteurs de France de bénir l’union de deux hommes ou deux femmes.

Le sujet fait en tout cas débat parmi les 400 000 fidèles français, mais les représentants de la communauté homosexuelle applaudissent cette décision. “On espère que ça va ouvrir la voix aux autres religions sur cette reconnaissance des couples homosexuels”, témoigne un homme au micro de France 2. Mais l’église catholique notamment, n’envisage pas de célébrer l’union de personnes de même sexe pour le moment.  

Le JT

Les autres sujets du JT

Union gay, la bénédiction protestante accordée

Parfois, le calendrier a d’heureux hasards. «Je n’ai appris qu’il y a deux jours que ce dimanche était la Journée internationale de lutte contre l’homophobie», assure à Libération Laurent Schlumberger, le président de l’Eglise protestante unie de France (EPUDF), la plus importante numériquement et la plus ancienne historiquement dans l’Hexagone, et qui regroupe les luthériens et les réformés (calvinistes). Cela tombait bien car, ce même jour, l’EPUDF a franchi un pas historique en autorisant la bénédiction des couples homosexuels (l’équivalent du mariage pour les protestants) par les pasteurs. En France, c’est une première. Jusqu’à maintenant, seule une petite branche du protestantisme, la Mission populaire évangélique, implantée dans les quartiers difficiles, autorisait depuis 2009 cette pratique, sous l’impulsion d’une poignée de pasteurs très progressistes.

Rattrapage. Réunis en synode national (assemblée générale) à Sète (Hérault), les 105 délégués de l’EPUDF ont voté quasiment à l’unanimité (94 voix pour et 3 contre) le texte qui ouvre la possibilité aux paroisses et aux pasteurs – la décision se prendra localement – de procéder à des bénédictions de couples de personnes de même sexe. «Jusqu’au scrutin, nous ne savions de quel côté la décision allait pencher», explique Laurent Schlumberger, lui-même surpris de la très large majorité qui s’est dégagée sur le texte. Ce choix intervient après une longue consultation interne, qui a duré dix-huit mois.

A l’été 2014, les discussions s’orientaient plutôt vers une réponse négative. «Je crois que les gens ne sont pas d’un bloc face à cette question, radicalement pour ou contre», estime le président de l’EPUDF. Ce qui a visiblement laissé des marges de manœuvre pour aboutir à la décision prise dimanche.

Pour le protestantisme français, ce vote ressemble à une session de rattrapage. Lors des débats sur le mariage pour tous en 2012-2013, il avait été très frileux, voire hostile. Présidée alors par un évangélique, la Fédération protestante de France (FPF) s’était à l’époque positionnée contre le mariage pour tous. Elle estimait que le projet apportait de la «confusion dans la symbolique sociale», et ne favorisait pas la «structuration de la famille». Les luthériens et les réformés avaient, eux, refusé de prendre publiquement position. Deux ans seulement ont suffi pour que le débat avance. «Depuis que le mariage pour tous a été adopté, les choses se passent sereinement au sein de la société française et cela a beaucoup joué», estime le théologien et pasteur Stéphane Lavignotte, le premier à avoir béni des couples homosexuels. «Aujourd’hui, c’est un jour émouvant, poursuit-il. Le débat s’est ouvert dès 1999. Nous avons eu le sentiment parfois qu’il n’avançait pas. Nous avons aussi entendu des choses très dures, comme si les gens se repliaient sur des lectures fondamentalistes de la Bible.»

Traîne. L’association Carrefour des chrétiens inclusifs, qui se bat pour les droits LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et trans) dans les églises chrétiennes, le vote de l’EPUDF a été accueilli avec satisfaction. «Nous étions en assemblée générale quand nous l’avons appris, raconte sa présidente, Marina Zuccon. Tout le monde a applaudi, pleuré et chanté.»

Vu d’Europe, le protestantisme français luthéro-réformé apparaissait aussi très à la traîne. La bénédiction de couples homosexuels existe depuis les années 90 en Suède et aux Pays-Bas, et s’est répandue depuis une dizaine d’années en Allemagne et en Suisse.


Bernadette Sauvaget

Le journal de 19h : l’Église protestante unie de France accepte de bénir les couples homosexuels

REPLAY INTÉGRAL – À la suite d’un synode national qui s’est déroulé ce dimanche, les pasteurs de l’Église protestante unie de France pourront désormais bénir les couples homosexuels.

Le journal de 19h : l’Église protestante unie de France accepte de bénir les couples homosexuels Crédit Image : RTL Télécharger

Pour la première fois, l’Église protestante unie de France a adopté la possibilité de bénir les couples homosexuels, à l’issue d’un vote très largement positif. Une grande majorité des délégués de l’EPUdF a voté en faveur de cette évolution.

Cette décision, annoncée lors d’un synode à Sète dans l’Hérault, est l’aboutissement de 18 mois de réflexion alors que 250.000 fidèles y ont participé. “Les votes se sont déroulés avec une sorte de gravité tranquille, confiante et joyeuse à la fois. La première fois que les mains se sont levées, il y a eu un espèce d’effet de masse”, a déclaré Laurent Schlumberger, l’Église protestante unie de France (EPUdF). 

Pour rappel, le mariage n’est pas un sacrement chez les protestants. Cependant, les couples unis à la mairie peuvent bénéficier d’une liturgie de bénédiction célébrée au temple par un pasteur.

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Un synode et une grande décision. Dimanche, les pasteurs de la principale Eglise protestante de France ont adopté à une très large majorité (94 voix pour, 3 contre) la décision de pouvoir bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement. Jusqu’à présent en France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), nettement plus petite que l’EPUdF, autorisait ses pasteurs à participer à un « geste liturgique d’accueil et de prière » pour les homosexuels, une pratique qui reste marginale.

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Pour les protestants, contrairement aux catholiques, le mariage n’est pas un sacrement mais une bénédiction est possible. L’Eglise a tenu à préciser que les pasteurs n’étaient cependant pas tenus de l’accorder et qu’elle ne s’imposait « à aucune paroisse »

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« Tout le monde a essayé de me protéger de la réalité et de me cacher les réactions mais je sais lire », a-t-il déclaré à 20 Minutes après s’être fait incendier sur les réseaux sociaux.

Le cinéaste ne semble pourtant pas trop affecté. « Quand je fais un film, je m’attends toujours à ce que les gens trouvent ça nul alors, le jour où ça arrive, je me dis juste que j’avais raison et que j’ai été démasqué ».

Le journal satirique, meurtri par les attentats qui ont assassiné une grande partie de sa rédaction le 7 janvier dernier, se déchire. Après la mise à pied de la journaliste Zineb El Razhoui, finalement levée, c’est le dessinateur Luz qui est annoncé comme partant. L’information n’a toutefois pas été confirmée par l’intéressé.

L’info en plus

Luz sort ce 21 mai un album exutoire sur sa difficile vie post-7 janvier, intitulé Catharsis, aux éditions Futuropolis. Son quotidien et la façon dont « il affronte les événements dans sa vie personnelle et de couple, et les difficultés qu’il éprouve dans son travail » feront l’objet de 128 pages en noir et blanc, avec un premier tirage de 50.000 exemplaires.

France: l’Eglise protestante autorise les bénédictions de couples gays

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Pourquoi les protestants sont-ils plus gay friendly que les catholiques?

RELIGION La principale Eglise protestante de France a voté en faveur de la bénédiction des couples homosexuels…

Illustration couple gay. – Dolores Ochoa/AP/SIPA

* Céline Boff

Un vote quasi historique et quasi unanime. Dimanche, les délégués de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF) ont décidé d’accorder la bénédiction aux couples homosexuels. Autrement dit, ses pasteurs pourront désormais bénir les couples homosexuels mariés civilement. Hasard du calendrier, cette décision est tombée le 17 mai, Journée internationale de lutte contre l’homophobie.

«C’est une très bonne nouvelle et une avancée pour les protestants, mais aussi pour les religions et pour la société dans son ensemble», réagit Elisabeth Saint-Guily, co-présidente du mouvement homosexuel chrétien David et Jonathan. Elle parle même de «décision prophétique», ajoutant: «Il y a dix ans, cette communauté était encore majoritairement hostile aux couples homosexuels. Les choses ont donc bougé».

La décision n’est pourtant pas surprenante: «L’EPUdF est, comme les autres églises réformées et contrairement à l’Eglise catholique, très démocratique. Or, ces dernières années, de plus en plus de pasteurs sont devenus favorables à la reconnaissance des unions homosexuelles. D’ailleurs, certains pratiquaient déjà des bénédictions plus ou moins sauvages», explique Odon Vallet, historien des religions.

Les protestants ont toujours été très proches de la République et de ses lois

Sans compter que les bénédictions sont déjà courantes aux Etats-Unis, au Canada et dans plusieurs pays d’Europe du Nord, comme en Suède, où une femme pasteur est même mariée avec une femme… «L’acceptation de l’union homosexuelle s’étend dans le monde», analyse Odon Vallet. En tout cas chez les protestants. Mais pourquoi? «Parce qu’ils ont une lecture plus symbolique de la Bible», répond Odon Vallet. «Ce n’est toutefois pas le cas des évangéliques qui ont une lecture des textes encore plus littérale que les catholiques».

Autre explication, plus historique: les protestants français ont toujours été très proches de la République et de ses lois. «Quand celle-ci reconnaît l’union homosexuelle, d’abord avec le Pacs puis avec le mariage pour tous, les protestants s’interrogent. Plus généralement, il est tout de même difficile pour des églises d’ignorer l’évolution de la société», estime Odon Vallet.

D’ailleurs, si la reconnaissance du mariage homosexuel n’est pas d’actualité chez les catholiques, «tous ne sont pas opposés au mariage pour tous. J’estime qu’environ 40% des catholiques français y sont favorables. Certains évêques le sont aussi, et des prêtres pratiquent même des bénédictions sauvages», assure Odon Vallet.

Pour Elisabeth Saint-Guily, la décision de l’EPUdF est en tout cas «hautement symbolique» et «dépasse largement la question du couple». «Elle va aider certains homosexuels à s’accepter et à s’affirmer. C’est un signe fort d’inclusion». Qui pourrait pousser des fidèles à changer de confession? «L’EPUdF n’a pas pris cette décision pour racoler des catholiques. S’ils sont confrontés à ce type de demande, ses responsables veilleront à ce que la bénédiction ne soit pas l’unique motivation du changement d’église», affirme Odon Vallet.

Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants

Mais Elisabeth Saint-Guily s’attend effectivement à ce que davantage de couples homosexuels se tournent vers l’église protestante. «Ce phénomène existe déjà et il ne s’agit pas d’une conversion: nous avons le même baptême, nous sommes tous chrétiens».

Si elle est historique, la décision de l’EPUdF doit toutefois être relativisée. D’abord parce qu’elle ne s’imposera pas aux pasteurs, qui seront libres de décider s’ils souhaitent ou non bénir les unions homosexuelles. Et tous n’y sont pas favorables, loin de là. Ensuite, parce que le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants. La reconnaissance de cette union est donc nettement moins symbolique que pour l’Eglise catholique.

Qui s’interroge quant à elle sur la manière dont elle pourrait accueillir les personnes homosexuelles au sein de ses paroisses. C’est en tout cas l’un des thèmes du synode sur la famille, lancé en octobre par le pape François. «Nous n’en sommes certes pas à la question du mariage homosexuel, nous avançons lentement… Mais nous avançons», estime Elisabeth Saint-Guily.

L’Eglise protestante unie de France, c’est quoi ?

La principale église protestante en France, avec 400.000 fidèles. Elle regroupe luthériens et réformés et incarne le courant historique du protestantisme français. Mais elle n’est pas la seule à reconnaître les unions homosexuelles en France : la Mission populaire évangélique (MPEF), une Eglise beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise déjà un «geste liturgique d’accueil et de prière» pour ces couples.

Les protestants pourront bénir les couples homosexuels

Malgré un texte voté à une quasi-unanimité, la voix des représentants de cette Église est loin d’être monocorde sur cette question.

« Le synode ouvre la possibilité, pour ceux et celles qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu. » En adoptant cette phrase, les représentants de l’Église protestante unie de France (EPUdF) ont mis fin, dimanche 17 mai, à un débat de plusieurs années prenant, par 94 voix pour et 3 contre, une décision qui fera date. Témoignant de la tension soudain retombée, de longs applaudissements ont jailli de l’assemblée, réunie pour l’occasion au temple protestant de Sète, dès la fin du vote de ce texte de quatre pages.

Pour traiter de l’épineuse question de la bénédiction des couples de même sexe, les responsables de cette Église protestante avaient choisi d’engager une réflexion plus large : que signifie bénir ? bénit-on des personnes, ou leur projet ? peut-on bénir tous ceux qui le demandent ? une bénédiction doit-elle obligatoirement comporter un caractère liturgique ?… Pendant les quatre jours de ce synode national, les 200 délégués (dont 105 votants) ont patiemment discuté et amendé un texte examiné paragraphe par paragraphe.

Score impressionnant du vote et débats animés

À grands traits, la déclaration diffusée par l’Église unie se décompose en plusieurs points. D’abord, une définition de la bénédiction, tenant en un triptyque : « Accueillir une personne telle qu’elle est, exprimer une promesse faite par Dieu et inviter celui que l’on bénit à regarder sa vie à la lumière de l’Évangile », résume Isabelle Grellier, professeur de théologie pratique à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg et l’un des deux rapporteurs du texte. Puis la possibilité, donnée aux pasteurs, sous réserve de l’approbation de leurs conseils presbytéraux, de bénir les couples homosexuels déjà mariés civilement. Enfin, la mise en place de deux équipes de coordination qui auront pour tâche de conseiller les Églises locales sur l’accompagnement et la préparation des bénédictions de couples de même sexe, et aussi de mettre au point une liturgie spécifique pour ces couples. Elles seront sur pied dès septembre.

Le score impressionnant du vote – quasiment unanime sur une majeure partie du texte – dissimule des débats animés pendant ces quatre jours. « Nous avons pu être déçus, réjouis, apaisés, tranquillisés, tendus ou encore étonnés », a résumé, devant les délégués, le président du Conseil national de l’EPUdF, le pasteur Laurent Schlumberger. « Dieu écrit droit avec des lignes courbes. Souvent, j’y ai pensé, pendant le synode. Et les lignes courbes pour les temps qui viennent, c’est nous », a-t-il poursuivi. Samedi soir, les discussions se sont prolongées tard dans la soirée, plus pastorales finalement que théologiques. Quant au texte final, il a été bouclé à deux heures du matin, intégrant jusqu’au dernier moment les amendements de diverses sensibilités…

La nécessité d’accueillir les personnes homosexuelles

Du côté des partisans, beaucoup ont exprimé la nécessité d’accueillir les personnes homosexuelles à travers ce geste de bénédiction. « Les couples homosexuels sont les seuls à ne pas pouvoir être bénis dans cette circonstance particulière », s’est agacé Romain Gavache, pasteur à Vienne (Isère). « Faut-il attendre son enterrement pour accueillir une personne homosexuelle ? » Beaucoup ont aussi défendu la nécessité d’accompagner des couples déjà très investis dans leur paroisse.

Originaire de Grasse (Alpes-Maritimes), Pierre Bernhard se range dans le camp des pragmatiques : « Je suis persuadé que l’Église n’a plus les moyens matériels de dire non, parce que plusieurs pasteurs le font déjà en cachette et que la loi sur le mariage homosexuel est désormais en vigueur. » Mais cet universitaire à la retraite plaide néanmoins pour que soit maintenue une différence sensible entre bénédiction de couples de même sexe ou de sexe opposé, « car tout ne se vaut pas », plaide-t-il.

La question de l’unité de l’Église a été omniprésente

« Ce n’est pas parce qu’un père et une mère aiment leur enfant qu’ils disent oui à tout », objecte de son côté Valérie Mitrani, pasteure à Tours, en rappelant que « Dieu ne nous donne pas un blanc-seing (et que) notre volonté n’est pas celle de Dieu ». Cette pasteure affirme déjà qu’elle fera partie de ceux qui refuseront une telle pratique. Tout comme Caroline Schrumpf, de Nantes : « Notre Église n’était pas prête à trancher ce sujet : les tensions sont telles qu’il y a forcément des frustrés. Le but est-il de frustrer la moitié de l’Église ? »

Avec une cinquantaine de pasteurs et 100 conseillers presbytéraux, elle a, au début du mois, signé un appel demandant au synode de reporter sa décision. Compte-t-elle quitter l’Église pour autant ? « Je ne pense pas, mais je crois que ce sera vraiment très compliqué dans ma paroisse. Certains paroissiens ne vont pas comprendre ce texte », répond-elle.

De fait, la question de l’unité de l’Église a été omniprésente tout au long des débats. Laurent Schlumberger balaye cet argument d’un revers de main. « Cela concerne un ou deux pasteurs, tout au plus », affirme-t-il. Cette décision peut-elle, à l’inverse, créer un appel d’air et attirer des protestants d’autres sensibilités vers l’Église unie ? « Je ne crois pas. Et s’ils nous rejoignaient uniquement pour cela, ce serait une très mauvaise raison. »

Expliquer le texte voté à l’ensemble des fidèles

Il reste désormais à mettre en œuvre ce texte. « Et il ne faudrait pas aller trop vite », estime Vincens Hubac, pasteur à Paris, non loin de la place des Vosges. Lui a déjà béni un couple de femmes, il y a trois ans, conscient de poser alors un acte « marginal » dans son Église. « Il a fallu les accueillir, revoir les textes, préparer une liturgie particulière, parler de leur foi. Ce n’est pas un acte à poser à la légère : j’ai pour conviction que le message de Jésus bouscule toutes les conventions de manière spectaculaire. Au nom de cet amour, on peut aller assez loin, à condition de faire les choses sérieusement », avance-t-il.

Depuis, le pasteur parisien attendait la décision de son Église avant d’aller plus avant. « À l’avenir, j’aurai certainement quelques demandes, mais je ne pense pas que ce soit le cas de la plupart de mes collègues », estime-t-il. La plupart des pasteurs admettent d’ailleurs qu’ils ne seront que très rarement confrontés à de telles demandes.

Expliquer le texte voté à l’ensemble des fidèles reste l’autre chantier de taille. Cette semaine, Laurent Schlumberger a prévu d’écrire aux 500 paroisses de son Église pour « accompagner notre décision ». La démarche semble indispensable pour certaines communautés très divisées sur l’opportunité de procéder à de telles bénédictions. « Ma communauté est littéralement coupée en deux », rapporte Nary Razanamparany qui préside, à Vichy, un consistoire regroupant cinq paroisses de la région. « Je sais déjà que mon conseil presbytéral y est vivement opposé, et que beaucoup ne comprendront pas cette décision du synode », glisse pour sa part un pasteur du centre de la France.

Dernière lettre adressée par Laurent Schlumberger dans les prochains jours : celle envoyée à ses partenaires des autres Églises chrétiennes, dont l’Église catholique, pour prévenir toute tension œcuménique. « Cette décision ne nous éloigne pas, a-t-il prévu d’écrire en substance. Mais cela confirme nos divergences sur les questions touchant à la sexualité et à l’éthique. »

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L’Église protestante unie de France

Issue de la fusion de l’Église réformée de France et de l’Église évangélique luthérienne de France, l’Église protestante unie de France (EPUdF) est née en 2012. 250 000 fidèles fréquentent régulièrement ses 480 paroisses. En tout, cette Église compte 500 pasteurs, dont un tiers de femmes. En tout, on estime le nombre de protestants français à 1,7 million de fidèles.

Les membres de l’EPUdF travaillent sur la question de la bénédiction et de l’homosexualité depuis plus de vingt ans. En 1999, 2004, 2007 et 2009, plusieurs synodes ont déjà abordé ces thématiques (« Couples, parentalité, espérance », « Église et homosexualité »…). Dernier processus en date : la consultation des paroisses sur la bénédiction, entamée en janvier 2014, suivie de la tenue de synodes régionaux, puis du synode de Sète le week-end du 16 mai.

En Suède, le mariage homosexuel fait encore débat

En Suède, l’évêque luthérienne de Stockholm, Eva Brunne, 61 ans, est mariée à une autre femme, pasteur également. Leur situation n’a rien d’exceptionnel dans ce pays où le mariage homosexuel a été légalisé le 1er  mai 2009.

Les cérémonies religieuses ont également été autorisées six mois plus tard par l’Église de Suède, après un vote de son synode général : près de 70 % des 250 représentants élus des paroisses ont voté pour. Dès 1994, certains pasteurs avaient déjà commencé à bénir des couples de même sexe, un an avant que l’État lui-même n’autorise l’enregistrement de partenariats homosexuels.

Un quart des pasteurs se disent encore mal à l’aise

Six ans après, ce choix, qui avait suscité la désapprobation publique de la moitié des évêques et de 800 des 3 000 pasteurs en exercice, ne fait toujours pas l’unanimité. Près d’un quart des pasteurs se disent encore mal à l’aise avec cette décision, qu’ils considèrent comme plus politique que théologique.

Concrètement, ils peuvent refuser à titre individuel de marier un couple homosexuel, mais la loi oblige leur Église à trouver un autre pasteur pour procéder à la cérémonie (dans ce pays, les mariages religieux sont reconnus par la loi).

Et les réfractaires se sentent marginalisés. « Les pasteurs qui refusent de marier un couple homosexuel ne sont pas licenciés formellement mais beaucoup se plaignent d’être tolérés, mais jamais promus », explique Henrik Lindell, chef de rubrique société à La Vie, d’origine suédoise. Un certain nombre, ces dernières années, a quitté l’Église luthérienne pour rejoindre l’Église catholique.

L’église protestante va célébrer les mariages homosexuels

(FRANCE 2)

À huis clos et à main levée, les 103 délégués de l’église protestante unie de France réunis à Sète (Hérault) ont voté en grande majorité pour autoriser la bénédiction des couples homosexuels. C’est l’aboutissement de 18 mois de discussion.

“C’est un enjeu majeur pour notre église d’aller à la rencontre des personnes là où elles sont, pour partager nos convictions, partager l’évangile de Jésus Christ”, estime Laurent Schlumberger, président du conseil.

Le mariage relève d’un choix privé chez les protestants, il n’y a pas de sacrement. Les couples homosexuels pourront seulement être bénis par des pasteurs. 150 signataires d’une pétition ont signalé leur opposition à ce texte, mais ce matin seules quelques voix ont exprimé une réserve.
Sur les quelques 400 000 fidèles protestants en France, les couples homosexuels souhaitant se marier pourraient être peu nombreux.

Le JT

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