«Le football est un résumé de la vie, comme l'Evangile»

Il se rêvait footballeur, il est devenu pasteur. Proche de sa retraite, Pierre-Yves Pasquier (61 ans) nous fait visionner les meilleurs moments de sa carrière. Premier ralenti sur sa vocation: «Un jour, le Seigneur m’a demandé de le servir à plein-temps. J’ai répondu, d’accord, mais laisse-moi faire du sport», explique ce natif d’Aubonne. Il jouera donc dans l’équipe de Dieu, recevant la consécration au ministère en 1980. Il exerce à Lignerolles pendant dix ans, découvrant le pied du Jura et le terrain rural. «Le président de mon conseil de paroisse signait des documents sur le dos des vaches.» Puis vingt ans dans la paroisse de Corsier/Corseaux. Le professionnel a achevé son ministère à Nyon, ces six dernières années. Il se réinstalle ces jours à Aubonne, avec son épouse, Françoise.

Pierre-Yves Paquier a marqué des points comme sportif: il a ainsi remporté le championnat vaudois de tennis en 2015 dans la catégorie seniors (55 +), devenant probablement le premier pasteur vaudois à obtenir une coupe sur un court. «Avec Dieu, nous ferons des exploits», dit-il, citant le psaume 60. Mais le sport est surtout une référence et une façon de s’adresser aux gens. Il dit du football qu’il est «un résumé de la vie, tout comme l’Evangile».

Une publication à succès

Il a poussé loin le rapprochement entre la religion et l’univers du ballon rond dans une plaquette éditée en 2008 et intitulée Buts, stars et Messi… e. Trente méditations sur les penalties, les coups francs, les cartons, les gardiens, qui ne sont que des prétextes à citer la Bible. Rien n’est oublié, jusqu’à la tricherie et aux débordements des supporters. «J’avais plein de copains footballeurs, des gaillards qui ne venaient jamais à l’église, rigole-t-il. C’était un défi de leur parler de l’Evangile.» La publication a connu un franc succès, tirée à 20 000 exemplaires.

Au passage, que pense-t-il de l’Euro 2016? «Un peu déçu, lâche-t-il, car les équipes ont plus souvent joué la défense que l’attaque.» Lors de notre entretien en début de semaine, il pronostiquait une finale Allemagne-Portugal, commentant les forces des équipes en amateur éclairé. Le style de ministère de Pierre-Yves Paquier se veut ainsi populaire, adressé au plus grand nombre. «Mon vœu le plus grand pour l’Eglise, c’est qu’elle redevienne simple, vivante et proche des gens.»

Jouer sur tous les terrains

La vocation de pasteur, telle qu’il la conçoit, est celle d’un généraliste capable de jouer sur tous les terrains. Capitaine aumônier à l’armée pendant vingt ans, pasteur du Grand Conseil pendant six ans (à l’époque où des députés allaient se recueillir à la cathédrale avant de siéger), il se dit à l’aise avec tous les milieux sociaux: «Etre pasteur, c’est s’occuper des gens de leur baptême à leur dernier souffle.» Il avoue aimer la prédication, avec un accent particulier sur l’Apocalypse. «C’est l’un des livres bibliques les moins connus, le mot Apocalypse fait peur, mais c’est l’apothéose du triomphe du Christ, un livre pétri d’espérance», explique-t-il, mentionnant pas moins de 14 passages de louanges et d’actions de grâce. «Je crois ce que dit la Bible sur le retour du Christ et j’ai été appelé à transmettre le message à mes contemporains. Il nous demande de faire en sorte que notre vie soit belle et digne.»

Pierre-Yves Paquier revendique une sensibilité évangélique, «dans le sens de fidélité à l’Evangile. Je prends la parole de Dieu pour ce qu’elle dit.» Au risque de ne pas plaire à tout le monde, il se déclare favorable au projet de Haute Ecole en théologie professante (HET-Pro) de Saint-Légier: «Je suis un peu triste de ce qu’on a fait de la Faculté de théologie de Lausanne. On remplit les têtes et on oublie de remplir les cœurs. Apprendre le métier de pasteur est aussi important qu’étudier la théologie.» Le joueur de la foi n’a pas l’intention de quitter le terrain après sa retraite: «Je continuerai avec plaisir à prêcher en réserviste, à disposition de l’équipe.» (24 heures)

(Créé: 08.07.2016, 10h06)

«Il faut en finir avec l'Église de grand-papa»

Une porte grande ouverte, des jouets d’enfants un peu partout, un trampoline au milieu du jardin, un drapeau suisse affublé du logo du Lausanne Sport à la fenêtre. Le bâtiment de la cure de Savigny où Benjamin Corbaz vit avec sa femme et son fils depuis août 2015 – date à laquelle il a pris la tête de la paroisse de Savigny-Forel – est à l’image de son locataire. Construit au XVIIe siècle, cet ancien couvent de frères franciscains à l’architecture plutôt rigide et austère respire aujourd’hui la joie de vivre, l’ouverture sur le monde, la modernité. «Ce lieu, c’est vraiment qui je suis», confirme l’homme de 36 ans. Un pasteur qui, conscient des traditions et des valeurs de son Eglise, veut y insuffler un vent de fraîcheur et de renouveau.

Sur la table de sa salle à manger sont posés son smartphone et son ordinateur. Féru de nouvelles technologies et très actif sur les réseaux sociaux, Benjamin Corbaz ne se déplace jamais sans «ses outils de travail», comme il les appelle. Véritable pasteur 2.0, il est présent sur Facebook et tient un blog lu par toujours plus d’internautes à travers le monde. Il tweete également beaucoup, que ce soit au sujet de la dernière victoire du Lausanne Sport, de ses séries télévisées préférées, ou encore des dernières actualités de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV). Pour prêcher la bonne parole, il n’attend pas que les gens viennent à lui. C’est lui qui va vers eux, sur le Web. «Il faut vivre avec son temps», insiste-t-il.

Si aujourd’hui il n’échangerait sa place de ministre pour rien au monde, quand il était petit, Benjamin Corbaz était pourtant catégorique. Jamais de la vie, il ne deviendrait pasteur. Un métier qu’exerçaient à la fois son père et sa mère. «A l’époque, ce qui me faisait rêver, c’était plutôt le sport et surtout le foot, se rappelle ce fervent supporter du Lausanne Sport. Faire la même chose que mes parents ne m’intéressait pas.»

L’appel, le fameux, c’est sur le tard que le Vaudois l’entend. Il a presque 25 ans lorsque, attablé à une terrasse de l’Université de Lausanne, où il suit des études de lettres, un de ses amis lui demande ce qu’il va faire une fois son diplôme en poche. Hésitant entre le journalisme sportif, l’enseignement ou le social, il répond qu’il n’en sait rien. «Mais pourquoi ne ferais-tu pas pasteur?» lui rétorque alors son collègue. S’il avait toujours refusé l’idée, cette discussion le taraude. Encore très actif auprès des jeunes, notamment dans l’accompagnement de camps de catéchisme, il prend conscience que c’est là qu’il y a découvert le sens profond de l’amour de Dieu. «Ado, ma vie était compliquée. Mal dans ma peau, j’ai eu de la peine à trouver ma place. Pourtant ces camps de catéchisme m’ont aidé à me construire. Je m’y sentais épanoui et heureux.» C’est une révélation. Il réinterprète ce souvenir comme étant l’appel de Dieu. Le fameux.

Il se lance alors dans des études de théologie avec, dans un coin de la tête, l’idée de changer l’image parfois austère et figée de son Eglise. «Avec des parents pasteurs, j’ai remarqué que beaucoup de préjugés et de stéréotypes lui étaient rattachés. En me lançant dans cette voie, j’ai voulu donc faire les choses autrement. Il faut en finir avec l’Eglise de grand-papa: elle doit se réinventer, innover, oser, tout en gardant profonde les traditions qui ont fait son histoire et sa force.» Pour lui, l’Eglise doit être un lieu de vie avant tout. «On doit pouvoir y rire, y pleurer, y danser, y chanter, ou simplement s’y asseoir et écouter. Mais elle doit surtout être un lieu ouvert à tous qu’on soit jeune ou vieux, homme ou femme, gay ou hétéro.» Avant de conclure: «Dieu a un amour inconditionnel pour chacun de nous.» (24 heures)

(Créé: 07.07.2016, 10h07)

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«La Bible, ce ne sont que des mots. Il faut les incarner pour qu'ils deviennent Parole»

On sonne. Un jeune homme, T-shirt de skater, jeans, cheveux en bataille et pieds nus, ouvre. «Je prends ma robe et on y va!» Une paire de baskets aux lacets «vert liturgique» plus tard, Etienne Guilloud est dans son église de Bière, la robe boutonnée jusqu’à la naissance de sa barbe blonde. Il a 29 ans, 30 en novembre, et sera consacré cet automne après deux années de suffragance dans la paroisse du pied du Jura.

«A la base, je voulais devenir prof de maths», raconte ce natif de Givrins dans sa cuisine où s’affichent sur des ardoises citations philosophiques et choix de bières. Un échec définitif à l’EPFL ayant eu raison de cette orientation, il lui a donc fallu en trouver une autre. «J’avais pensé à science des religions, mais ça manquait de débouchés.» Ce sera alors théologie. Un choix par défaut? Ce serait mal connaître le bonhomme, solide dans ses convictions. «J’ai toujours été croyant mais, plus jeune, j’étais fâché avec l’Eglise, que je considérais comme un vieux monstre poussiéreux en train de s’étouffer.»

Ado, Etienne Guilloud anime pendant dix ans un groupe de jeunes à Gland. Pour échanger librement sur tout et rien, particulièrement sur la spiritualité et quelle que soit la confession des uns et des autres. «Je me sentais bien dans ce groupe, j’appréciais aborder ces thématiques.» Ce sera donc «théol», «aussi parce que toutes ces questions que se posent les humains sur les choses qui les dépassent me passionnent». «J’ai aimé ces cours, c’était profond, intelligent, passionnant. Ils m’ont vraiment réconcilié avec l’Eglise. Je me disais que si les pasteurs les ont tous suivis, c’est qu’ils ne sont finalement pas si cons.» Alors il en sera un, de pasteur. En deux fois, parce que la première, la Commission de formation au ministère, alors mandatée par le synode pour évaluer les candidats, lui a dit non. «J’étais en colère, je pensais qu’ils n’aimaient pas les têtes qui dépassent… Peut-être leur avais-je paru arrogant, aussi.»

Après trois mois d’une «formidable expérience» au CHUV, «où ma vocation est devenue manifeste», Etienne Guilloud revient à la charge: «Mon point faible est et restera mon indiscipline», prévient-il au Conseil. Sa demande, pourtant, est acceptée. «Je peux être indiscipliné, je peux provoquer. Mais je le ferai toujours avec amour. J’aime les sports d’équipe car on sait qu’après le match, on ira de toute façon boire une bière tous ensemble.»

Jouer ensemble

Car pour le jeune Vaudois de mère anglaise, on ne gagne qu’en équipe. «Qu’avaient les Islandais de plus que l’Angleterre à l’Euro? Ils jouaient ensemble. L’Eglise réformée est multitudiniste. Les pasteurs peuvent être liturgiques, libéraux, charismatiques, rock’n’roll ou encore traditionnels, ils doivent néanmoins se réunir dans le dialogue.»

L’homme aime parler en images. «Pour moi, raconter, c’est ce que fait un pasteur. La Bible, ce ne sont que des mots. Ils ne deviennent la parole de Dieu que lorsqu’ils sont incarnés. Par un ministre ou qui que ce soit d’autre, d’ailleurs.» Etienne Guilloud assure en effet pratiquer un métier comme un autre. «Si l’on part du principe qu’un métier, c’est prendre la place qui est la sienne dans ce monde. Pour certains, c’est dans une boulangerie, pour d’autres une banque. Pour moi, c’est en tant que pasteur.»

Musicien de l’anticlérical et antidogmatique groupe (P’tit) Greg, Etienne Guilloud n’en est pas moins attaché aux valeurs fondamentales de l’Eglise. «Elle est comme un bâton inébranlable au milieu d’une tempête de sable. L’amour, la liberté et l’accueil, l’Eglise doit se montrer intransigeante sur ces points.» Un hymne au mariage homosexuel? «Pas forcément, il faut ensuite discuter de ce qu’est l’accueil. Je ne sais pas encore vraiment comment me profiler sur ce sujet. L’Eglise, c’est une posture entre le garde-fou et l’avant-garde. Lorsqu’elle a accepté un rite pour les personnes de même sexe, elle a été en avance sur la société.» Et elle s’est fait un bon coup de pub.

«Mon boulot n’est pas de remplir les églises, répond le jeune ministre, c’est d’annoncer l’Evangile en paroles et en actes. Je me demande d’ailleurs souvent si je suis un pasteur ou un imposteur. Si je nourris mon propre projet ou celui de l’Evangile à travers moi?» Une hygiène spirituelle, pour le Birolan. «Un moyen de ne pas virer dans la posture d’un ministre qui se complaît dans ses coups d’éclat.» (24 heures)

(Créé: 06.07.2016, 08h57)

Quissac a désormais un pasteur titulaire

P our tous les membres de la paroisse protestante, Caroline était déjà leur pasteur. Elle est maintenant titulaire.

Caroline Cousinié est désormais pasteur titulaire. Jusqu’ici pasteur référent –pour d’autres activités on dirait stagiaire- elle a, dimanche 26 juin à 16 h, au temple de Saint-Hippolyte-du-Fort, franchi définitivement le pas, qui fait d’elle le pasteur titulaire de notre paroisse.

Dans une cérémonie à son image, souriante et chaleureuse, empreinte de gaieté comme de gravité, de sérieux comme de simplicité, elle a, entourée de ses professeurs de théologie, de pasteurs voisins, dont Christophe, son époux, d’amies proches et de ses ouailles, confirmé son désir d’être pasteur titulaire.
Chose faite, pour le plus grand plaisir de l’assistance, venue nombreuse dans le temple pour lui signifier son affection et son soutien.

Canada: L'Eglise unie face à la décision de garder ou révoquer une pasteure athée

Engagée au sein de l’Eglise unie du Canada, Gretta Vosper n’a pas caché être une pasteure athée: elle ne croit ni en Dieu dans son sens traditionnel, ni en la Bible, et sa communauté de West Hill à Toronto la soutient.

Mais les relations avec l’Eglise unie se sont corsées lorsque la pasteure a écrit une lettre ouverte au chef de l’Eglise, après les attentats de Charlie Hebdo, affirmant que «la croyance en Dieu peut motiver de mauvaises choses».

Le secrétaire général du Conseil de l’Eglise a décidé d’entreprendre une révision pour savoir si Gretta Vosper est toujours apte à prêcher. Selon la pasteure la question principale est de savoir si l’Eglise unie va insister sur la définition unique de Dieu ou au contraire permettre aux pasteurs et aux paroissiens «d’explorer et de se faire leurs propres idées». Gretta Vosper a adopté l’étiquette «d’athée» en 2013 par solidarité avec tous ceux qui sont prsécutés et assassinés pour avoir défié le fondamentalisme et l’extrêmisme religieux.

Le comité de l’Eglise unie pourrait prendre plusieurs mois avant de rendre sa décision.

La rédaction d’Evangéliques.info – 01 juillet 2016 11:52

Retour à la source

Certains jeunes adultes font le choix d’un baptême en immersion, bénéficiant de la proximité du lac Léman. Une manière pour eux de se rapprocher de Jésus. Nous nous sommes plongés dans une cérémonie

Sur le rivage, le soleil commence à faire son apparition, en même temps que des dizaines de personnes. Au bord du lac, dans une crique de la plage de Corseaux, les canards semblent intrigués par tout ce monde un dimanche matin. Un guitariste s’installe, teste son ampli. Parmi la foule qui compte des personnes de tout âge, évoluent des jeunes gens et des jeunes filles de blanc vêtus. Ils ont entre 14 et 16 ans et sont là pour se faire baptiser directement dans le lac. « Le cadre est magnifique », s’enthousiasme un des parents.

Des pasteurs qui se mouillent

En polo et baskets que l’on devine insubmersibles, Pierre Bader, pasteur à Corsier, réunit les neuf jeunes postulants présents ce jour autour de lui. « Nous faisons ce type de baptême une à deux fois par année, raconte-t-il. Il peut y avoir des gens de tous les âges, mais au minimum 14 ans, pour être capable de décider et de comprendre qui dit quoi. Avant le baptême, notre rôle est de vérifier que ce n’est pas une décision prise sur un coup de tête ». La mère d’Anaëlle, 15 ans, acquiesce : « Nous l’avions présentée petite, pas baptisée. Je trouve bien que cela soit le choix de la personne et non des parents. » Un choix effectué avec conviction par l’intéressée. « C’est moi qui avais envie de ce moment, de montrer mon engagement à tout le monde. Le fait de le faire dans le lac me rapproche de Jésus qui a été baptisé ainsi, et c’est aussi plus vivant. » En effet. Chacun se déplace, se salue, se sourit, jusqu’à ce que Dominique Burnat, pasteur de Chardonne qui baptise dans le lac conjointement avec Corsier, entame la cérémonie, en robe pastorale blanche. « Ces baptêmes sont un moment particulier qui nous rappelle les premiers baptêmes des chrétiens », rappelle-t-il. Avant de procéder à l’immersion en tant que telle, les pasteurs demandent aux jeunes gens de répondre à trois questions de foi, dont l’une requiert de se tourner vers l’ouest, le couchant, pour « renoncer à l’ancienne vie », puis vers l’est, le levant, « pour recevoir l’homme nouveau, pour s’orienter au sens propre ».

En immersion

Dans une ambiance décontractée, où la température supposée froide du lac anime les conversations, les pasteurs s’avancent dans l’eau jusqu’au tronc et invitent un par un chaque fille et chaque garçon à les rejoindre. « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » A ce moment, la personne est immergée, tête en arrière, avant de ressurgir sous les applaudissements. « Je n’ai pas senti le froid car j’attendais que ce moment arrive enfin, se souviendra un peu plus tard Oriane. Une fois immergée, j’ai senti le poids de l’eau sur moi, et en en ressortant, j’ai eu l’impression de voler. C’est comme si j’avais laissé le mauvais de mon passé et tous mes péchés dans l’eau. » Symbole de renaissance, de purification, de limpidité, l’eau a la force du message. « Qu’est-ce qu’on fait si on reste longtemps dans l’eau ? Demande rhétoriquement Pierre Bader. On meurt. Et on est content de reprendre son souffle, de revenir à la vie. C’est cela le baptême, être lavé et revenir à la vie. » Le soleil, capricieux en ce mois de juin, disparaît une fois la cérémonie terminée. Emus au point où, sur les visages, les gouttes d’eau ne se distinguent pas des larmes, les baptisés se jettent tous ensemble dans le lac, la vie devant eux. 

// Stéphanie Billeter

En chiffres

Selon Pierre Bader, il y aurait de plus en plus de baptêmes choisis par les jeunes adultes, du fait d’une diminution ces dernières années de baptêmes d’enfants, celui dans le lac restant une option supplémentaire, « un retour à la source au sens premier du terme ». Les chiffres donnent-ils raison au pasteur de la paroisse de Corsier ? Les statistiques enregistrées par l’EERV remontant à 2000 indiquent un nombre total de 1331 baptêmes sur le canton de Vaud, parmi lesquels 14 adultes. Si l’on compare avec les données existantes de 1980, il y a une diminution de près de 80 % (2286 baptêmes en 1980 sur Vaud, dont 12 adultes). En quinze ans, de 2000 à 2015, la diminution continue à s’opérer. Malgré un sursaut en 2002 qui compte 1417 baptêmes, 2010 en enregistre 904 pour 789 en 2013 et 700 l’an dernier. Il est vrai qu’en comparaison à 1980, le nombre de baptêmes d’adultes a augmenté, avec 45 en 2012, 21 en 2013 et 24 en 2015.

Une pasteure athée défend ses opinions auprès de l'Église unie

Lors de sa comparution devant le comité cette semaine, Gretta Vosper a défendu ses opinions qui incluent une absence de croyance en Dieu et en la Bible.

Elle a soutenu dans ses déclarations écrites qu’elle se retrouvait citée devant ce comité en raison de son usage et de l’adoption du terme «athée».

Elle dit avoir adopté l’étiquette «athée» en 2013 en solidarité avec les gens de par le monde «qui sont persécutés et assassinés pour avoir défié le fondamentalisme et l’extrémisme religieux».

La principale question, a-t-elle plaidé, est de savoir si l’Église unie va insister sur une «définition unique» de Dieu ou plutôt permettre à ses pasteurs et ses membres d’explorer et de se faire leurs propres idées.

Mme Vosper a aussi souligné que des membres de la congrégation – dont plusieurs étaient présents pour l’encourager – la soutiennent fortement.

Dans ses observations orales, la pasteure a déclaré au comité qu’elle prônait des valeurs «qui transcendent nos intérêts et besoins personnels et qui nous amènent à envisager un monde meilleur».

Dieu, dans le sens traditionnel, n’est pas un concept auquel elle croit, dit-elle.

Mme Vosper, âgée de 57 ans, a été ordonnée en 1993 et a joint sa congrégation de West Hill, dans l’est de Toronto, en 1997. Elle a été franche au sujet de ses croyances depuis des années.

Les choses se sont corsées après qu’elle eut écrit une lettre ouverte au chef spirituel de l’Église après le massacre de Charlie Hebdo à Paris en janvier 2015, soulignant que la croyance en Dieu peut motiver de mauvaises choses.

Le secrétaire général du Conseil général de l’Église a décidé d’entreprendre cette révision sans précédent de son aptitude à prêcher.

Il est attendu que le comité prenne plusieurs mois avant de rendre sa décision.

Meapasculpa: pasteur Fatzer, protestantissime

Isabelle Falconnier

Je ne crois pas en Dieu et ne fréquente aucune église, mais lorsqu’on me demande de mettre une croix indiquant une éventuelle religion sur un formulaire, je n’hésite jamais: je coche «protestante».

J’ai fait ma confirmation, à 16 ans, en développant sur 3 pages l’idée que l’important n’est pas de croire ou pas mais de se poser philosophiquement la question de l’existence de Dieu – pour une entrée dans la communauté des croyants, on peut rêver plus engagé. «Protester», «réformer»: ces deux mots ont constitué la colonne vertébrale de mon éducation personnelle. Ils sont la promesse d’une sorte de Mai 68 intellectuel permanent: remettre en question, pratiquer le «oui, mais» à outrance, refuser les évidences, le politiquement correct, débattre, encore et toujours.

C’est grâce à ces deux mots que je coche encore la case «protestante» sur les formulaires. Ils sont un argument de vente incomparable et unique sur le marché de la pensée et des religions aujourd’hui. Si le protestantisme n’a pas encore été rayé de la carte, c’est grâce à ces deux mots.

Dans quelle Eglise un de ses pasteurs peut-il publier un livre intitulé Croire en un Dieu qui n’existe pas. Manifeste d’un pasteur athée, comme l’a fait le Néerlandais Klaas Hendrikse, livre devenu véritable best-seller en Europe, et continuer à faire le culte dans son église comme si de rien n’était?

Cher Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée vaudoise, si vous voulez que je continue à verser ma modeste obole annuelle, il va falloir laisser Fatzer la jouer à sa manière. Le protestant qui proteste, folklore ou pas, on le veut, il nous plaît, c’est pour lui qu’on se dit protestant. Si c’est pour ressembler à ces moutons de catholiques qui obéissent tous au même chef dorloté dans son palais romain, ce n’était pas la peine de faire la révolution. Si c’est pour exiger le respect de la hiérarchie, des règlements, des conventions, des protocoles, de la politesse et de la bienséance, ce n’était pas la peine de se faire égorger à la Saint-Barthélemy.

Contrairement à ce que vous pensez, tout ce ramdam est bon pour votre image et ne nuit pas à votre institution – pour autant que, à la fin, vous vous montriez plus protestant qu’un protestant. C’est-à-dire que, à la fin, il faudra laisser le trublion trublionner. Je dirais même que c’est la seule chance de survie de l’Eglise protestante. Daniel Fatzer a enfreint des règles? Il est narcissique, doté d’un ego surdimensionné? Il joue les martyrs avec sa grève de la faim, les justiciers, les redresseurs de torts? C’est un provocateur récidiviste?

Et alors? Cher Conseil synodal, c’est ce qu’on attend d’un protestant. C’est ennuyeux lorsqu’on est son employeur. Mais à force de vouloir asseoir sa crédibilité, on en perd son attractivité. Ce serait dommage.

isabelle.falconnier@hebdo.ch

Béatrice Métraux priée de jouer les bons offices

Appel entendu. L’autorité exécutive de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) a fait appel à Béatrice Métraux pour jouer les bons offices dans l’affaire des pasteurs licenciés.

La semaine dernière, la conseillère d’Etat se disait «à disposition pour reprendre une médiation» (lire ici). Le Conseil synodal, sur proposition de sa cellule de crise, a décidé lundi de saisir cette perche. La conseillère d’Etat avait déjà tenté une conciliation il y a quinze jours, juste avant le licenciement de Daniel Fatzer, qui a entraîné la grève de la faim de ce dernier à l’église Saint-Laurent.

«Nous allons nous mettre au­tour de la table pour chercher des solutions»

«Nous allons nous mettre au­tour de la table pour chercher des solutions», déclare Xavier Paillard, président du Conseil synodal. Et de préciser que ces discussions ne visent pas à réintégrer le pasteur Daniel Fatzer en tant que ministre de l’EERV. Et pour les autres pasteurs? «En principe, le but n’est pas de les réengager, indique Xavier Paillard. Mais, si l’on veut donner une chance à cette médiation, évitons de poser des conditions publiques. Un minimum de confidentialité est indispensable.»

L’heure semble être à la conciliation, comme le confirme l’association R & R (Résistance & Réconciliation au sein de l’EERV). S’exprimant au nom des ministres licenciés Daniel Fatzer, Daniel Nagy (2014), Natasha de Félice (2014) et Bertrand de Félice (2015), R & R salue les efforts entrepris par le Synode pour améliorer sa gestion des ressources humaines. Les ministres licenciés en appellent à «l’apaisement des conflits» et proposent au Conseil synodal des «solutions amiables à l’interne». Ils voudraient «éviter que ces conflits soient réglés par les tribunaux, et ainsi contribuer activement à mettre fin à la crise».

Bonnes intentions

Le Mouvement citoyen Saint-Laurent-Eglise, qui demandait dimanche la «mise en place d’une médiation externe», prend acte de ces bonnes intentions de part et d’autre. «Nous sommes heureux si une médiation peut se mettre en place, réagit Vincent Léchaire. Même si, dans l’absolu, nous aurions préféré une instance indépendante de l’Eglise et du pouvoir politique.»

Pendant ce temps-là, Daniel Fatzer poursuit sa grève de la faim à Saint-Laurent. Après quinze jours de jeûne, le pasteur licencié continue de dialoguer avec des visiteurs venus le soutenir. «J’espère qu’on trouvera des solutions, dit-il, en premier lieu pour mes collègues.» (24 heures)

(Créé: 29.06.2016, 08h30)

Deux figures parisiennes du protestantisme quittent leurs paroisses

Les pasteurs Gilles Boucomont et James Woody ont officialisé, dimanche 26 juin, leur départ des paroisses parisiennes où ils officiaient depuis plusieurs années.

Tous les deux sont des figures du protestantisme à Paris, appartenant chacun à deux sensibilités différentes de l’Église protestante unie de France (Epudf).

Gilles Boucomont

Né en 1972, le pasteur Gilles Boucomont, originaire de Bourgogne, est en poste depuis 12 ans au temple du Marais, à Paris. Il fut notamment pasteur en Afrique de l’Est, puis à l’Église réformée de Rouen. Il a étudié la théologie, ainsi que les sciences politiques. Il fut également aumônier d’hôpital.

> À lire. L’étonnant succès du temple du Marais

Auteur d’un livre en deux tomes aux Éditions Première partie (Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme et l’esprit, 2010 et 2011), il a gagné une certaine notoriété grâce à son activité sur Twitter. Il est l’un des initiateurs du courant des « Attestants », rassemblant des opposants à la possibilité, ouverte en 2015 par l’Epduf, de bénir des couples homosexuels. Le pasteur Boucomont quitte Paris pour une année sabbatique dans la Nièvre.

James Woody

Également très présent sur les réseaux sociaux, le pasteur James Woody officie depuis 2009 au Temple de l’oratoire, haut lieu du protestantisme libéral à Paris.

> À lire. L’Oratoire du Louvre, navire amiral du protestantisme libéral

Également né en 1972, James Woody a étudié la théologie à Paris, Strasbourg, Montpellier et Jérusalem. Il a notamment été pasteur à Marseille, où il s’est illustré dans le dialogue interreligieux, à travers le travail de Marseille-Espérance, qui réunit les responsables des différents cultes de la cité phocéenne.

Depuis son arrivée à Paris, il préside Évangile et Liberté, qui incarne le courant libéral au sein de l’Église protestante unie de France, et dirige le journal éponyme. Il quitte Paris pour une paroisse de Montpellier.

Loup Besmond de Senneville

Xavier Paillard, un président en pleine tempête

Xavier Paillard dort bien, il nous remercie. Pourtant, depuis dix jours, le président du conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) doit gérer une crise médiatique sans précédent, générée par un pasteur protestant contre son licenciement par une grève de la faim, et occupant l’église lausannoise de St-Laurent.

Le renvoi du pasteur Fatzer, après qu’il ait nommément cité un collègue licencié par l’Eglise lors d’un culte radiodiffusé le 12 juin, a fait l’objet de nombreuses critiques visant le ton cassant et l’autoritarisme du président. «Cela me touche, et c’est normal», admet Xavier Paillard. «Je concède que j’ai un franc parler, que j’ose dire ce que d’autres hésiteraient à formuler. Ma manière d’oser affronter l’adversité peut être perçue comme de l’entêtement mais cela traduit mal mon caractère». Son collègue Jean-Michel Sordet, membre du conseil synodal, le défend. «Xavier Paillard est un homme qui a du leadership et qui défend fermement son morceau. Il est décidé, parfois persévérant et zélé, mais il n’est pas autoritaire».

La confiance en valeur suprême

L’homme de 54 ans, père divorcé de trois enfants, place la confiance en haut de ses valeurs. Celle-là même qu’il donne à Daniel Fatzer et Jean Chollet en 2011, lorsqu’il décide, avec le conseil synodal, de leur confier l’Eglise St-Laurent. «Leur projet proposait des expérimentations novatrices de nouvelles formes d’Eglise. Cette créativité nous a séduits. Dans une institution reconnue, le rôle de provocateur peut être bon car nous avons besoin de têtes qui dépassent. Mais il faut éviter que la provocation ne devienne une écharde ou un obstacle pour les collègues». 

Les pasteurs trublions se spécialisent en coups d’éclat. Un jour, une carcasse de voiture est déposée sur les marches de l’édifice, en référence aux cabossés de la vie. Un autre, une braderie de cercueils est simulée par les deux hommes sur ce même escalier. Mais rapidement, l’attitude des deux hommes a consisté à «rabaisser et critiquer les autres églises lausannoises», selon Xavier Paillard. «Une provocation au service d’un ego personnel plutôt que de l’Eglise, plus perturbatrice que motivante. Ca a été l’objet de nombreuses vexations et colères de la part d’autres pasteurs». 

Aujourd’hui cette confiance est rompue, Xavier Paillard le regrette, et il n’y aura aucune forme de réintégration possible de Daniel Fatzer au sein de l’EERV. «Les choses ont assez duré. Il y a eu assez d’avertissements». 

S’asseoir à une table de négociations

Allongé dans son lit depuis dix jours, au sein de l’église St-Laurent, le pasteur Fatzer demande la démission du président du conseil synodal. Jean-Michel Sordet défend encore son collègue. «Daniel Fatzer et Xavier Paillard, ce ne sont pas deux égos qui s’affrontent, mais un égo contre une décision collégiale. Une décision de renvoi qui a été claire, mettant un terme à un long processus». Lundi, le conseil synodal se réunira. Il faut trouver une solution, rapidement. «Certaines conditions peuvent être négociées», admet Xavier Paillard. «Mais cela nécessite la volonté de sa part de s’asseoir à une table de négociations. Or pour l’instant, je ne vois pas dans son attitude ce qui pourrait rétablir le lien et la confiance». Le groupe de soutien de St-Laurent église demande la mise en place d’une médiation externe à l’EERV et une instance de recours externe.

Quotidiennement, une cellule de crise suit les rebondissements de l’affaire Fatzer. Elle comprend cinq personnes, dont Xavier Paillard qui a suivi des cours de gestion managériale. Il fait également partie d’une équipe de soutien d’urgence qui accompagne les gendarmes lors d’annonces de décès aux familles. Comment faire part de sa foi, lorsque l’on est confronté à «l’innommable de la mort, qui plus est lorsqu’elle est accidentelle»? Cela le touche et le mobilise. Xavier Paillard avait douze ans lorsque l’une de ses deux sœurs aînées meurt en montagne. Il est en Faculté de théologie à l’Université de Lausanne lorsque sa petite sœur décède à son tour en montagne elle-aussi. Dans ces moments, à ses côtés, Dieu est un compagnon de route, un allié. 

Xavier Paillard est profondément attaché au Protestantisme. Le prouvent ses années d’études au collège de St-Maurice, où il fait partie des trois seuls protestants parmi plus de mille élèves catholiques. Les valeurs des Réformés qu’il chérit le plus: le sacerdoce universel, la forte collégialité et la liberté de pensée. Ce n’est pas celle-ci qu’il sanctionne aujourd’hui chez Daniel Fatzer, mais des problèmes déontologiques, répète-t-il.

L'Eglise, une entreprise pas tout à fait ordinaire

Bateau géant comptant 245 ministres, l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) ne se pilote pas au petit bonheur la chance. Mise en cause par le pasteur Daniel Fatzer et d’autres ministres licenciés ces derniers mois, sa gestion est professionnelle, à entendre ses responsables. Son Office des ressources humaines (ORH) est constitué d’un responsable épaulé de deux personnes – pasteurs au bénéfice de formations particulières – ainsi que d’un staff administratif de quatre personnes. Le Conseil synodal a annoncé cette semaine l’engagement d’une personne supplémentaire.

Dotation suffisante? «Le nombre de postes convient à la taille du personnel, assure Line Dépraz, membre du Conseil synodal. C’est confirmé par une commission de six spécialistes en ressources humaines (RH) de diverses institutions, qui nous conseillent. La décision d’engager une nouvelle personne a été prise pour soulager le responsable des tâches administratives et lui permettre de se concentrer sur le suivi.»

Dimension théologique et pastorale

Ce service doit-il être assuré par des pasteurs? «Il est important que les RH ne soient pas des gestionnaires purs, explique Xavier Paillard, président du Conseil synodal. La principale différence avec une entreprise ordinaire, c’est qu’il y a une dimension théologique et pastorale qui doit aussi être évaluée.» L’évaluation a été peu à peu renforcée depuis 2007, date de la sortie de la gestion de l’EERV du giron de l’Etat.

L’Eglise a mis en place un cahier des charges, un règlement pour les défraiements, un entretien annuel pour les ministres, des bilans de mandat et des formations continues. Le Conseil synodal parle d’un «suivi de qualité». Xavier Paillard: «Nous assumons des tâches particulières toujours plus spécialisées. Nous travaillons avec des partenaires comme les hôpitaux ou les prisons, qui réclament des formations spécifiques.» Au risque d’écorner la liberté de certains ministres? «La majorité des collègues sont satisfaits des entretiens et du suivi de leur travail, répond Xavier Paillard. Ceux qui se plaignent, quelque part, n’acceptent pas de rendre des comptes à d’autres personnes. L’ancien système, avant 2007, pouvait être agréable mais certaines paroisses ont souffert de cette situation.»

Composer avec la foi

Est-il plus difficile de gérer des pasteurs et diacres que des employés ordinaires? «Il faut composer avec la foi, qui plus est dans une institution qui compte une pluralité de sensibilités théologiques, admet Line Dépraz. Chaque ministre manifeste des convictions dans son travail. Il peut donc être difficile pour certains de dissocier l’appréciation des prestations de celle de la personne.»

Quant aux licenciements, certains estiment qu’ils ne devraient pas exister à l’EERV, tandis que plusieurs délégués du Synode, réuni à Vaulion la semaine dernière, s’inquiétaient au contraire d’une «surprotection» des pasteurs qui dysfonctionnent. Une certitude: l’EERV n’est pas seule à y avoir eu recours. L’Eglise catholique dans le canton de Vaud a aussi été amenée à licencier quelque six personnes en dix ans et «doit parfois prendre des sanctions», indique la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud (FEDEC-VD). Celle-ci a également rénové tout son système RH, qui prévoit des entretiens annuels. Depuis 2013, les prêtres vaudois sont au bénéfice d’un contrat écrit en bonne et due forme. Une entreprise «presque» comme les autres. (24 heures)

(Créé: 25.06.2016, 08h52)

“Nous pouvons vivre notre ministère en toute liberté”

Lausanne le 16 juin 2016. Le pasteur Daniel Fatzer, en grève de la faim, à l'église Saint-Laurent. (Photo: Joël Burri/Protestinfo)

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Lausanne le 16 juin 2016. Le pasteur Daniel Fatzer, en grève de la faim, à l’église Saint-Laurent. (Photo: Joël Burri/Protestinfo)

24.06.2016 par Maurice Page

Une quarantaine de pasteurs, diacres et animateurs laïcs, ministres de l’Eglise évangélique du canton de Vaud (EERV) soulignent dans une lettre ouverte, parue le 24 juin 2016 dans le quotidien 24 heures, leur fidélité aux autorités de leur Eglise. Ils rejettent l’allégation d’autoritarisme envers le conseil Synodal lancé par le pasteur Daniel Fatzer en grève de la faim, dans l’église St-Laurent de Lausanne, pour protester contre les licenciements.

“Nous contestons l’allégation selon laquelle nous sommes contraints de nous soumettre à une seule vision d’Eglise ‘autoritariste’”, écrivent les ministres vaudois. Les signataires se disent “blessés par les nombreuses pages consacrées à la grève de la faim du pasteur Fatzer”. Pour eux, le conflit entre le pasteur et le Conseil synodal n’est pas autre chose qu’un litige entre employé et employeur. “Nous confirmons que nous avons le droit de parole et que nous sommes très divers, fort heureusement. […] Nous affirmons que nous pouvons vivre notre ministère en toute liberté et en dialogue avec le Conseil synodal et les ressources humaines, dans le respect mutuel”, conclut la lettre.

“Où est la dignité de leur ministère ?”

Dans la même page du journal, le pasteur Daniel Freymond, signataire de la lettre collective, prend aussi individuellement vivement à partie son confrère Fatzer: “Ce qui est par contre choquant et déplacé c’est l’attitude de certains collègues qui se mettent en scène de manière pathétique […]en entamant une grève de la faim, tout cela en convoquant les médias avec fracas. Où est la dignité de leur ministère? Que font-ils du respect du travail de leur collègues et des laïcs qui jour après jour ne comptent pas  leurs forces pour construire une Eglise belle et vivante?” (cath.ch-apic/24h/mp)


Le Synode de l'EERV tient au moins deux séances ordinaires par année, ainsi que des séances extraordinaires chaque fois que les dossiers l’exigent (Photo: eerv.ch)

Le Synode de l’EERV tient au moins deux séances ordinaires par année, ainsi que des séances extraordinaires chaque fois que les dossiers l’exigent (Photo: eerv.ch)

Lausanne le 16 juin 2016. Le pasteur Daniel Fatzer, en grève de la faim, à l'église Saint-Laurent. (Photo: Joël Burri/Protestinfo)

Lausanne le 16 juin 2016. Le pasteur Daniel Fatzer, en grève de la faim, à l’église Saint-Laurent. (Photo: Joël Burri/Protestinfo)

Vent de résistance dans l'église

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27.6.2016
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Conflit à l'Eglise vaudoise: Béatrice Métraux prête à intervenir

Comment mettre fin à un conflit qui s’enlise? L’occupation de l’église Saint-Laurent par Daniel Fatzer, en grève de la faim depuis une semaine, agite les esprits. De nombreuses personnes soutiennent le pasteur licencié dans son bras de fer contre l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV).

En face, des croyants et des ministres de l’Eglise jugent que cette affaire a assez duré. En témoigne un courrier signé de 40 ministres de l’EERV, que nous publions aujourd’hui. Les signataires se disent «blessés» par l’importance prise par cette histoire dans les médias. Ils affirment, pour leur part, «vivre leur ministère en toute liberté» au sein de leur Eglise.

Arrêter les frais

Entre un Conseil synodal qui déplore un «dégât d’image» jour après jour et un pasteur enfermé dans son combat, le mieux serait d’arrêter les frais. Mais qui pourrait ramener tout le monde à la table des négociations? Un nom était sur toutes les lèvres ce jeudi: Béatrice Métraux. La conseillère d’Etat a déjà offert ses bons services mercredi dernier, en organisant une séance de médiation entre Daniel Fatzer et le Conseil synodal. Elle n’a débouché sur aucun accord. Mais la ministre, qui refuse de commenter la situation, se dit aujourd’hui «à la disposition du pasteur comme du Conseil synodal pour reprendre la médiation».

Message entendu par Daniel Fatzer: «Elle m’a dit qu’elle était en tout temps à disposition pour prendre rendez-vous et nous sommes en train d’en discuter avec d’autres pasteurs licenciés.» Le Conseil synodal ne dit pas non. «Il n’est pas exclu que Béatrice Métraux puisse à nouveau être sollicitée, admet son président, Xavier Paillard. Mais nous devrons d’abord nous mettre d’accord sur le cadre exact d’une médiation.» L’attitude adoptée par le pasteur Fatzer depuis une semaine «ne rétablit ni le lien ni la confiance», estime Line Dépraz, membre du Conseil synodal.

Le Conseil synodal indique qu’il pourrait «prendre une décision» en début de semaine. Il est épaulé par la cellule de crise interne (une instance permanente composée de cinq personnes). «Quelques personnes extérieures, dignes de confiance, pour nous autant que pour Daniel Fatzer, pourraient également nous aider si une nouvelle médiation est entreprise», explique Line Dépraz.

Deux visions

Pour l’heure, les visions restent aux antipodes. Le Conseil synodal ne remet pas en cause le licenciement de Daniel Fatzer «avec effet immédiat». Le pasteur trublion a été licencié «pour justes motifs» mercredi de la semaine dernière après qu’il a prononcé le nom d’un collègue congédié et mis en cause nommément un ancien président du Conseil synodal lors d’un culte en direct sur Espace 2. Cette sanction est tombée après plusieurs mises en garde pour des faits antérieurs. «La décision de licenciement était motivée et elle était collégiale, rappelle Xavier Paillard. C’est une question d’équité en Eglise.»

Daniel Fatzer, quant à lui, en appelle à la liberté de parole: «On dit que j’ai été averti, recadré, accompagné, mais le président du Conseil synodal n’est pas un instituteur et cette Eglise n’est pas une salle de classe.» Le pasteur licencié réclame non seulement sa réintégration comme ministre dans l’EERV, mais aussi «un moratoire» sur les licenciements de quatre autres pasteurs intervenus depuis deux ans. Le Conseil synodal a pour l’instant pris acte de ces demandes «uniquement par voie de presse». (24 heures)

(Créé: 24.06.2016, 06h44)

«Il est grave de dicter à un pasteur sa façon de prêcher»

À l’église St-Laurent à Lausanne, le pasteur Daniel Fatzer entame sa deuxième semaine de grève de la faim. Son employeur, le conseil synodal de l’Eglise réformée, campe sur ses positions et maintient son licenciement. Tandis qu’un comité de soutien s’est formé autour de l’homme d’Eglise dans la capitale vaudoise; insolite, l’avocat genevois Marc Bonnant, qui ne place pourtant pas la piété au centre de ses vertus, lui manifeste son appui.

Le Temps: Vous avez rencontré Daniel Fatzer et Jean Chollet, les deux pasteurs de l’église St-Laurent, il y a trois ans, lorsqu’à leur demande, vous avez plaidé la défense de Judas durant un culte. Le spectacle et le spectaculaire sont-ils nécessaires aujourd’hui pour remplir un temple?

Marc Bonnant: Ces deux personnages prônent la joie comme chemin, et non comme but ultime. Leur hédonisme est remarquable. Avec eux, la foi est joyeuse, la profondeur légère et la légèreté n’est pas une futilité. Cela tranche avec l’art de la contention et de la rétention que prescrit le Protestantisme. Un protestant qui rit est une anomalie théologique. Un pasteur gai est un oxymore.

La manière dont prêche un pasteur relève de la liberté d’expression

– Daniel Fatzer est aujourd’hui licencié parce qu’il a, sur les ondes, nommément cité un collègue licencié par l’Eglise. Ne sanctionnez-vous pas son non-respect de la hiérarchie?

– Qu’y a-t-il de plus chrétien que de prendre part à la détresse de son frère? Porter le destin de l’autre, accueillir son espérance, voilà ce que la Bible nous enseigne. Il a bafoué la hiérarchie administrative, pour respecter la parole de Dieu. Rappelez-vous: la loi d’Antigone est plus forte que la loi de Créon.

– Son licenciement devrait donc, selon vous, être suspendu?

– Je ne connais pas le dossier. Mais si c’est sa manière inorthodoxe de pratiquer que l’on sanctionne, je trouve très grave de dicter à un homme de Dieu la façon dont il doit parler de la Foi. Si à ses côtés, comme je l’ai vu dans ses cultes, les hommes et les femmes poussent en hauteur, c’est qu’il fait juste. Si les âmes sont plus tranquilles en sortant de son prêche, que les comportements sont plus harmonieux, le but est atteint. Et la manière dont il le fait relève presque de la liberté d’expression.

– Les deux parties campent aujourd’hui sur leurs positions. Que préconisez-vous?

– Si j’étais Xavier Paillard, le président du conseil synodal, j’irais interroger les fidèles de St-Laurent. J’encourage toujours le dialogue. Lorsque les hommes se parlent, le malentendu est dissipé. Dieu ne nous a pas donné la parole pour dire la vérité, mais pour nouer des rapports harmonieux avec le monde.

Le pasteur Veldhuisen prend sa retraite

Le pasteur Evert Veldhuisen a célébré son dernier culte au temple de Rouillé: « un culte de reconnaissance » donné à l’occasion de son départ dimanche dernier. Le pasteur Guillaume de Clermont participait à la cérémonie. Il est président du conseil régional de l’Église Protestante Unie de France ainsi que les pasteurs et les membres des autres paroisses réformées du Poitou et que les responsables ou leurs représentants d’autres églises et des municipalités. Son mandat s’achèvera au 30 juin. Il a passé dix ans sur le poste de l’Église réformée du canton de Lusignan et il quittera avec sa famille Rouillé fin août pour la région parisienne.

« J’ai souhaité prendre la retraite plus tôt (deux ans) afin de me consacrer pleinement aux recherches en Amérique latine. J’envisage d’apprendre l’espagnol et d’effectuer des séjours d’études dans divers pays. L’objectif est de mieux connaître les nouveaux protestantismes là-bas qui vivent une croissance exponentielle depuis les années 1970. Comptant jusqu’alors à peine 1% de la population d’Amérique latine, les protestants composent à présent environ 15%. »
Son ministère pastoral a commencé en 1988, suite aux études de théologie effectuées en France. Avec sa famille, il était à Saint-Étienne, Alès et Roubaix avant d’arriver dans le Poitou. A côté du ministère en paroisse, il a soutenu en 1995 une thèse de doctorat en Histoire de Religions et est président de l’Association des Pasteurs de France depuis 2008. Il a grandi aux Pays-Bas et immigré en France en 1981. Hélène son épouse et lui ont eu cinq enfants et deux petits-enfants. Leur fils David est pasteur dans l’Ardèche. « Nous nous souviendrons avec reconnaissance des Poitevins qui nous ont bien accueillis et avec qui nous avons pu parcourir un bout de chemin sous le regard de Dieu. »
Un verre de l’amitié a été partagé dans une salle de la mairie.

Les raisons d'un malaise chez les pasteurs vaudois

Alors que le pasteur Daniel Fatzer poursuit sa grève de la faim à Saint-Laurent, les critiques se multiplient contre l’institution. Les dirigeants de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) sont accusés d’autoritarisme. Cinq licenciements de pasteurs en deux ans et «des lettres dont le contenu fait froid dans le dos», selon l’expression de l’ancienne conseillère nationale Suzette Sandoz, tendent à le prouver.

Certaines phrases extraites des courriers du Conseil synodal ou de l’Office des ressources humaines (ORH), que nous nous sommes procurés, révèlent des rapports pour le moins tendus. Licencié en 2015, neuf mois après son épouse, l’ancien pasteur de Château-d’Œx, Bertrand de Felice, se voit mis en demeure par une lettre au ton comminatoire de «rendre les clés». Il lui est désormais interdit de «se présenter comme ministre de la paroisse et de porter sa robe de pasteur». Quant à Daniel Nagy, l’ancien pasteur de Gryon licencié en 2014, il écrivait au Conseil synodal en juillet 2015 pour lui proposer, dans un esprit de «pardon», de «régler les différends autrement que par la voie judiciaire». Ce dernier lui répond cinq jours plus tard par une douche froide: son courrier «dénote une confusion de niveaux».

Le pasteur M., licencié il y a quelques semaines, s’est vu soupçonné de tricherie dans un courrier daté d’avril 2015. «Vous êtes mécontent des décisions successives (…) et vous avez trouvé plus commode de vous faire délivrer un certificat qui présente toutes les apparences de la complaisance que de faire votre travail. Ce mode de faire est indigne de votre ministère», écrit le responsable de l’ORH. Le pasteur M. a déposé une plainte contre l’auteur de cette lettre. «S’agissant d’une profession telle que la mienne, de tels propos sont choquants, estime M. Ils m’ont blessé, déstructuré et aggravé l’état de ma santé.»

Daniel Fatzer s’est enflammé pour la cause de ces collègues licenciés. Avec son confrère Jean Chollet, il avait invité Daniel Nagy à faire une prédication à l’église Saint-Laurent en décembre 2014. Refus du Conseil synodal, qui interdit alors ladite prédication. S’ensuit un rectificatif dans la Newsletter de Saint-Laurent, précisant que «[les pasteurs] ont commis une erreur d’appréciation et de loyauté à l’endroit de l’Eglise en invitant Daniel Nagy». Daniel Fatzer a lui-même reçu des lettres au ton plutôt ferme: «La liberté d’opinion trouve ses limites dans le devoir de fidélité que vous avez à l’égard de votre employeur», lui écrit le Conseil synodal en 2015, qui lui signifie un «avertissement ultime».

«Justes motifs»

Les dossiers de ces pasteurs licenciés font aujourd’hui l’objet de recours en justice. Le procès aux prud’hommes de Daniel Nagy a débuté ce printemps, les autres suivront. «Nous contestons les méthodes du Conseil synodal et nous sommes indignés. Il fait preuve de violence et il oublie qu’il est le seul employeur, en tout cas le principal, pour des pasteurs dans le canton de Vaud», clame Daniel Nagy, qui a aujourd’hui retrouvé du travail à Fribourg.

Le Conseil synodal serait-il un employeur brutal et sans égard? Son président, Xavier Paillard, s’en défend (lire ci-contre). A l’entendre, les situations de ces ministres, toutes différentes, ont fait l’objet de discussions nombreuses et d’offres de médiation. En fin de compte, les licenciements ont été prononcés pour «justes motifs», différents selon les cas. Le pasteur Fatzer a commis une faute en citant nommément des personnes lors d’un culte radiodiffusé. Le pasteur Nagy a refusé les postes que lui offrait l’EERV. Pour les autres cas, la discrétion est de rigueur pour l’instant. Pas question en tout cas de décréter un «moratoire sur les licenciements» de ces pasteurs.

Et «l’amour du prochain»?

Xavier Paillard se défend d’être autoritaire. «A mon sens, précise-t-il, il ne faut pas confondre gentillesse ecclésiastique et amour du prochain. Celui-ci nous demande d’avoir des exigences envers soi-même comme envers les autres.»

Un observateur de l’Eglise vaudoise, extérieur aux instances, croit savoir que «ce n’est pas le Conseil synodal qui a commencé à hausser le ton et à envoyer des lettres au ton ferme et judiciaire, mais plutôt certains pasteurs. Cela ne favorise pas le dialogue.» Quoi qu’il en soit, «nous constatons bel et bien un durcissement et une difficulté d’écoute», s’inquiète Eric Bornand, président de la Ministérielle – l’association professionnelle des pasteurs. Les commissions de médiation et de traitement des litiges, confirmées par le Synode, devraient faciliter les choses à l’avenir. En attendant, l’EERV se retrouve avec une grève de la faim et plusieurs procès.


Extraits de courriers qui ont choqué

«Ce certificat (médical) nous plonge dans la perplexité. (…) Vous avez trouvé plus commode de vous faire délivrer un certificat qui présente toutes les apparences de la complaisance que de faire votre travail. Ce mode de faire est indigne de votre ministère»

Lettre du responsable de l’Office des ressources humaines (ORH) au pasteur M. du 30 avril 2015

«Votre courrier (…) a retenu toute notre attention. Il dénote malheureusement une confusion de niveaux (…) Nous ne sommes pas fâchés avec vous. Une démarche de pardon ne saurait résoudre les problèmes qui nous ont conduits à la présente situation»

Lettre de Xavier Paillard à Daniel Nagy, le 7 juillet 2015. Remercié en 2014, ce dernier proposait de «régler les différends autrement que par la voie judiciaire»

«Par la présente, nous vous mettons en demeure de rendre à la présidente du Conseil paroissial les clés (…) que vous avez encore à votre disposition (…) Nous vous faisons formellement interdiction de vous présenter désormais comme ministre de la paroisse et de porter votre robe de pasteur»

Lettre du Conseil synodal à Bertrand de Felice, le 29 avril 2015

«(…) Visiblement, vous ne parvenez pas à faire la différence entre ce qui est de l’ordre de la provocation et de celui de l’exercice de votre ministère»

Lettre du Conseil synodal à Daniel Fatzer, le 21 janvier 2015 (24 heures)

(Créé: 22.06.2016, 06h36)

Etats-Unis: La mission du pasteur c'est de «proclamer les Ecritures, pas de faire de la politique»

L’approche des élections présidentielles suscite de vifs débats au sein des Eglises américaines. Le 15 juin, lors de la rencontre annuelle de la Convention Baptiste du Sud (SBC) une table ronde s’est penchée sur le thème de la politique. Cinq pasteurs membres de la SBC se sont exprimés sur la façon d’accompagner leurs Eglises au milieu de la multiplication des débats politiques. Tous étaient d’accord avec David MacKinley, pasteurs en Géorgie, qui ne veut pas «(…) ajouter à la polémique. Je veux aider les gens à penser bibliquement».

Au sujet des élections présidentielles, l’ancien président de la SBC Jack Graham a une recommandation : «Il ne faut pas s’abstenir d’aller aux urnes». Selon lui, les responsables chrétiens ont «la responsabilité de prier et de voter, et d’encourager leur communautés à faire de même». La SBC encourage les chrétiens à s’impliquer localement dans le domaine politique et à prier pour les autorités.

La Rédaction d’Evangeliques.info/Bpnews – 21 juin 2016 13:01