En Côte d'Ivoire, responsables protestants et évangéliques appellent à la reprise du travail

Le président ivoirien Alassane Ouattara, janvier 2017 (AFP)

Le président ivoirien Alassane Ouattara, janvier 2017 (AFP)

En Côte d’Ivoire, alors que le pays traverse une crise sociopolitique depuis début janvier, les pasteurs protestants et évangéliques ont publié jeudi 26 janvier une déclaration adressée à la nation.

Les pasteurs protestants et évangéliques se sont réunis le 26 janvier à Cocody. Après avoir dressé un tableau de la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire, à savoir mutineries, grèves des fonctionnaires et agents de l’État, les pasteurs ont appelé le président Ouattara à suivre l’exemple du premier président ivoirien, Félix Houphouët Boigny : « qui a toujours privilégié la paix, le dialogue et la conciliation. » Les pasteurs ont ensuite encouragé le président à écouter « ses enfants les travailleurs » avec un « esprit d’ouverture et de compréhension ».

Ne pas entamer la confiance des investisseurs

S’adressant ensuite aux « braves et laborieux fonctionnaires », les guides religieux protestants et évangéliques disent comprendre leurs revendications mais leur font observer que « les voies et moyens utiles pour atteindre les buts peuvent gravement et durablement compromettre l’économie du pays. »
Insistant sur la croissance amorcée par la Côte d’Ivoire, les pasteurs soulignent les efforts accomplis par le gouvernement et appellent les travailleurs à « ne pas entamer la confiance des investisseurs ». Les leaders religieux protestants et évangéliques ont enfin invité les travailleurs « à la retenue et à la reprise du travail, en attendant que les points n’ayant pas abouti puissent trouver des solutions ».
Le 27 janvier, un jour après l’appel des pasteurs, la plateforme nationale des syndicats des organisations professionnelles du secteur public a suspendu pour un mois, à compter du 30 janvier, son mot d’ordre de grève.

Lucie SARR (à Abidjan)

Le Dieu de Trump n'est pas le mien !

Pour le pasteur Olivier Brès, le discours d’investiture de Donald Trump comporte des détournements théologiques et spirituels.

Le Dieu de Trump n’est vraiment pas mon Dieu ! Ou plutôt le Dieu de Trump n’est pas le Dieu de la Bible sur laquelle il a prêté serment.

Je ne veux pas être péremptoire comme lui, je ne veux pas parler au nom de Dieu, mais je ne peux pas m’empêcher d’affirmer cette conviction.

J’ai écouté le discours d’investiture du 45e président des États-Unis d’Amérique. D’abord j’ai été frappé par l’expression du visage, du menton, du poing levé, du doigt tendu, par cette posture de mâle dominant, cette absence de recul, de distance avec soi-même. Pour quelqu’un comme moi dont la vie d’adulte a été baignée des reportages sur la montée des fascismes, il y avait une telle proximité avec les gesticulations de Mussolini que cela rajoute à l’inquiétude déjà grande.

Maintenant, ce sont ces deux phrases qui m’ont marqué : « N’ayez crainte, nous sommes protégés et nous serons toujours protégés par les hommes et les femmes extraordinaires de notre armée et de nos forces de sécurité. Et, surtout, nous serons protégés par Dieu. » Elles comportent, je crois, une série d’erreurs et de détournements théologiques et spirituels.

« N’ayez crainte »

Il y a le « N’ayez crainte ». Il ressemble au « N’ayez pas peur » de Jean-Paul II de 1978. Est-ce une référence volontaire du presbytérien (hélas pour nous) au pape ? En tout cas, ce qui suit chez Jean-Paul II, c’est : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ. À sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des États, des systèmes politiques et économiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du développement. »

Cela n’a aucun rapport avec « America first ! », au contraire !

Dans la Bible, il paraît qu’il y aurait 365 fois une expression équivalente à ce « n’ayez crainte ». J’avoue ne pas les avoir toutes vérifiées.

Une très connue, où Jésus rassure ses disciples, c’est quand il vient vers eux sur les eaux lors de la tempête apaisée (Mt 14,27 et parallèles).

Ce n’est pas une réponse à une demande de protection, c’est une réponse à une crainte révérencielle de se trouver devant Dieu, et peut-être devant la tâche que Dieu nous propose. Ce dont nous devrions avoir peur, c’est de ne pas être à la hauteur de ce que Dieu attend de nous, de ce qu’il met devant nous comme tâche à accomplir à sa suite. Rien à voir avec les affirmations que « tout va changer à partir d’aujourd’hui, à partir de maintenant que je suis président ! ».

Voilà qui vient aussi percuter la prétention de pouvoir assurer une véritable protection aux humains par le biais des forces militaires et de sécurité. Elles sont utiles certes, et il n’est pas question de nier leur rôle. Mais la Bible affirme que le rôle principal pour obtenir la tranquillité et la sécurité, c’est celui de la justice : « Le fruit de la justice sera la paix. L’effet de la justice, ce sera la tranquillité et la sécurité à tout jamais. » (Esaïe 32,17).

Je n’ai pas retrouvé cette idée chez Trump et son premier décret présidentiel a été de s’attaquer au système de santé pour les plus pauvres. Piètre idée de la justice !

Le parapluie de Dieu

« Et surtout nous serons protégés par Dieu. » Pas une marque de doute. Ce n’est pas non plus une prière ou une demande… c’est une affirmation péremptoire. Le parapluie de Dieu est réservé aux États-Unis d’Amérique. Une protection spéciale leur est garantie au nom de leur « destinée manifeste ».

On savait la propension de nos amis américains à récupérer Dieu, à penser que celui-ci les avait particulièrement choisis pour réaliser de grandes choses à la face du monde, pour être un exemple. Maintenant il les protégerait des autres, pour qu’ils puissent mener leur vie à l’écart des autres. Quel progrès !

Que Dieu nous protège de Donald Trump.

Grève des fonctionnaires : les pasteurs appellent à la retenue

SociétéGrève des fonctionnaires: les pasteurs appellent à la retenue

Publié le samedi 28 janvier 2017  |  Guides réligieux protestants et évangeliques

Grève

© Autre presse par DR
Grève des fonctionnaires : les pasteurs appellent à la retenue
Jeudi 26 janvier 2017. Cocody, Les guides religieux protestants et évangéliques se sont réunis, en vue d’examiner la situation socio politique qui prévaut dans notre pays.

Comment



Nous guides religieux protestants et évangéliques se sont réunis, le jeudi 26 janvier 2017 au temple sis à Cocody, en vue d’examiner la situation socio politique qui prévaut dans notre pays. Leur déclaration a été lue par le Révérend Bamba Alain.
’’Nous sommes arrivés au terme de nos travaux, à la déclaration suivante :
Le constat amer et nos regrets face à la tension qui prévaut actuellement dans notre pays (mutineries, grèves des fonctionnaires et agents de l’Etat).
Nous voulons compter sur la bonne sagesse du Président de la République dans la gestion de cette crise.
En sa qualité de disciple du président Feu Felix Houphouët Boigny, qui a toujours privilégié la paix, le dialogue et la conciliation, nous encourageons son Excellence à toujours maintenir son esprit d’ouverture et de compréhension à l’égard de ses enfants, les travailleurs.
Nous suivons avec un grand intérêt le dialogue qui s’est instauré entre le gouvernement et les confédérations des fonctionnaires de Côte d’Ivoire. Et soutenons ces pourparlers e nos prières.
A l’attention des braves et laborieux fonctionnaires :
Nous comprenons dans leurs revendications.
Cependant, ils doivent garder à l’esprit, que même ainsi et pour des revendications légitimes, les voies et moyens utiles pour atteindre les buts peuvent gravement et durablement compromettre l’économie du pays et donc l’avenir de nos enfants, et enfin, entamer la confiance des investisseurs.
Tous les ivoiriens ainsi que les observateurs étrangers reconnaissent les efforts indéniables déjà accomplis par ce gouvernement et les acquis de notre pays sur le chapitre du développement et de la modernisation.
Seuls les fruits du travail et une croissance soutenue avec le concours irremplaçables de nos partenaires extérieurs peuvent apporter cette croissance, dont les fruits seront ensuite partagés.
C’est en cela que nous voulons les inviter à la retenue et à la reprise du travail, en attendant que les points n’ayant pas abouti puissent trouver des solutions.
Nous pasteurs e Côte d’Ivoire, invitons les leaders syndicaux à mettre de la bonne volonté pour des solutions négociables sous l’empire de l’esprit de dialogue qui a toujours caractérisé notre pays.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire’’.

Fait à Abidjan le 26 janvier 2017

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Atelier national sur le foncier pastoral et mobilité du troupeau : Pour préserver le pastoralisme au …

Selon les statistiques du département de l’élevage et de la pêche, le sous secteur de l’élevage contribue à hauteur de 19 % du Pib (produit intérieur brut) national. Il est le troisième contributeur aux recettes d’exportation du Mali après l’or et le coton et contribue à hauteur de 80 % des revenus pour les pasteurs et 18 % pour les agropasteurs. L’élevage, ajoutent les mêmes données, est la principale source de revenus pour  plus de 30 % de la population malienne. En termes d’effectif, indiquent toujours les statistiques, le cheptel malien est estimé à 15 millions de bovins et 32 millions d’ovins/caprins, 980 000 camelins et 37 millions de volailles. Ce qui place le Mali à la première place des pays d’élevage de l’Uemoa et au second rang des pays de la Cedeao, après le Nigéria par l’importance des effectifs et la diversité des races animales.

Malgré cette richesse pastorale dans notre pays, il ressort des constats que l’élevage reste toujours confronté à des difficultés. Parmi celles-ci, l’on note  le manque d’espace où les bétails peuvent manger, de passage des bétails pour faciliter la mobilité du troupeau, problème d’aliment bétail. Des  embarras qui ont entre autre comme conséquence : conflits entre éleveurs et agriculteurs. Pour mettre fin cette situation qui n’arrange personne (autorités, éleveurs, agriculteurs, etc.), sur initiative de la Fédération nationale des groupements interprofessionnels de la Filière bétail viande au Mali (FEBEVIM), appuyée le Projet d’appui au pastoralisme au sahel (Praps) et sous la présidence du Ministère de l’élevage et de la pêche, se tient dans la salle Siraba Togola un atelier national sur le foncier pastoral et la mobilité du troupeau (23,24,25 janvier 2017). Les travaux ont été ouverts par le ministre de l’élevage et de la pêche, Dr Nango Dembelé. Sujet très large pour concerner un seul département, il avait à ses côtés ses homologues de l’agriculture, Kassoum Denon, de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la réforme de l’Etat, Mohamed Ag Erlaf, des représentants de ses homologues de l’environnement, et des domaines de l’Etat, des autorités politiques, administratives et politiques  de Sikasso, du président de l’Apcam, Bakary Togola, etc.

Prennent, aussi, part à cet atelier sur le système pastoral ou pastoralisme qui occupe 70 à 80% du cheptel national près de 15 %  entre pasteurs, agropasteurs, structures techniques, Ong, du Mali de toutes les régions du Mali et du District de Bamako. L’objectif  est de partager les contraintes liées à la mobilité des animaux et les textes relatifs au foncier pastoral pour une meilleure coordination des actions. Le président de la Febevim, Boubacar Bah, a salué le gouvernement de la subvention de l’aliment bétail à 30 %. Avant de demander aux autorités d’étendre la subvention à toutes les unités qui font de l’aliment bétail. Selon le président de l’Apcam, Bakary Togola, c’est bien de s’assoir ensemble, d’échanger, de réfléchir pour trouver une solution définitive à la sauvegarde des troupeaux, faciliter leur alimentation, empêcher leur vol, faciliter leur passage. Dr Nango Dembélé s’est dit fortement soucieux de la menace qui pèse sur la transhumance; au pastoralisme à cause des contraintes liées à l’occupation et à la réduction des espaces pastoraux dû à l’extension des superficies agricoles, la méconnaissance des textes législatifs et réglementaires qui reconnaissent le droit foncier pastoral et la mobilité des animaux, la pression démographique et l’urbanisation galopante.  «Mon département attend de cet atelier une mise en commun des réflexions pour une plus large diffusion et une meilleur application  des textes sur le foncier pastoral et la mobilité des animaux, en vue d’une meilleure exploitation de nos vaste étendues de pâturage et l’instauration d’une cohabitation pacifique de toutes les exploitations de ressources naturelles», promet le ministre. Durant les trois jours, plusieurs thématiques seront traitées par les délégués : la charte pastorale et la transhumance transfrontalière ; la politique foncière agricole ; le rôle des commissions foncières agricoles ; le transfert de certaines infrastructures d’élevage aux collectivités décentralisées.

Hadama B. Fofana

Les pasteurs face au suicide assisté

holdinghands https://flic.kr/p/PETFKL’Eglise évangélique réformée vaudoise a récemment fait parvenir à ses employés une recommandation sur l’accompagnement du suicide assisté. Préférant ne pas imposer de directives éthiques, le Conseil synodal laisse aux ministres le choix de la marche à suivre et la possibilité de ne pas intervenir.

Par Noriane Rapin

Photo: g_cowan CC (by-nc)

«On ne saurait donner ici de directives éthiques définitives tant les positions des uns et des autres varient en fonction de leur approche des questions touchant au respect de la vie, de la dignité et de la liberté individuelle.» Cet extrait de la recommandation du Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV), donne le ton du document transmis aux ministres le 13 janvier dernier et intitulé «Assistance au suicide et accompagnement pastoral». L’exécutif y rappelle d’une part qu’il n’est pas question de juger du bien-fondé des demandes de suicide assisté, et d’autre part que la vie humaine, selon la Bible, se définit surtout comme un ensemble de relations. Les pasteurs sont donc encouragés à offrir un accompagnement au demandeur et à ses proches avant et après l’acte, mais on laisse à leur jugement la possibilité d’intervenir ou non au moment même du suicide.

Être présent… Jusqu’où?

C’est ce dernier point qui est à l’origine de la recommandation élaborée avec Dominique Troilo, coordinateur cantonal des aumôneries d’EMS. Ce dernier explique: «Des demandes sont de plus en plus régulièrement adressées aux pasteurs. Ces derniers sont d’accord d’offrir un accompagnement en amont, puisque nous sommes là pour écouter la personne dans ce qu’elle vit, et en aval, pour la famille. Mais ils s’interrogent sur leur rôle pendant la prise de la potion létale, et ils m’ont souvent interpellé à ce sujet.» Il ajoute: «J’ai souvent été confronté à des cas de suicide, tous traumatisants pour les proches. Même dans un cas de suicide assisté, ce n’est pas toujours aussi paisible qu’on l’imagine. Personnellement, je n’arrive pas à m’imaginer être avec une personne lorsqu’elle se donne la mort, je sais que cela laisserait des traces. Et plusieurs collègues sont dans mon cas.»

Sarah Golay, pasteure de la paroisse de Chailly-la Cathédrale, a accompagné à deux reprises une situation de suicide assisté. Son approche est différente. «Je suis là pour les vivants, dans leurs choix que je n’ai pas à juger. Si la personne qui a choisi de se donner la mort est paisible, je dois cheminer à ses côtés. Je dois aussi vérifier auprès d’elle et de ses proches si leurs attentes vis-à-vis de moi sont compatibles. Après, je me mets à disposition et j’accompagne comme je le peux. Même si la situation est difficile pour moi, mon rôle, c’est d’être là. Je ne souhaite pas me dérober par confort.»

Le choix aux ministres

Que penser du fait que l’EERV de ne prenne position? «A mon sens, il y a une prise de position, celle de laisser la liberté aux ministres», explique Dominique Troilo. «J’étais opposé à ce que l’on en fasse un règlement. D’une part, les professionnels sont assez grands pour faire les choix qui s’imposent lorsqu’ils se présentent. D’autre part, il s’agit de situations profondément humaines pour lesquelles une approche légaliste n’est pas adéquate.»

Sarah Golay apprécie également l’option du Conseil synodal: «Cette question est très personnelle pour les pasteurs. Elle les renvoie à leur propre rapport à la mort et les confronte à une situation extrêmement violente. C’est une bonne chose que la recommandation ne culpabilise pas ceux qui refusent d’entrer en matière et rassure ceux qui proposent un accompagnement. Pour moi qui ai déjà été dans cette situation, cela me réconforte de savoir que j’étais un peu “dans la ligne”, si tant est qu’il y en ait une.»

Ces pasteurs qui s'élèvent contre la réforme fiscale

Res Peter est pasteur à Zurich. Mais à quelques semaines de la votation sur la RIE III, l’homme d’Eglise pourrait aisément passer pour un expert en fiscalité. Dans son bureau de paroisse, l’énergique religieux énumère une multitude de données et de chiffres visant à prouver son fait: la troisième réforme sur l’imposition des entreprises est un projet non éthique qui se fera sur le dos des plus démunis. «Zwingli aurait voté contre, c’est certain!»

Plus de 350 membres et proches de l’Eglise, issus principalement des rangs réformés alémaniques, pensent de même. Ils ont rejoint, à titre personnel, le comité ecclésiastique contre la RIE III, lancé en décembre par Res Peter et le pasteur bernois Andreas Nufer. Une contestation remarquée: il est rare de voir des ecclésiastiques s’engager lors d’une votation nationale, qui plus est sur un thème fiscal.

Trou dans les finances

Comme les opposants politiques au texte – le PS et Les Verts –, ils fustigent les déductions fiscales accordées aux entreprises et redoutent que la baisse des recettes qui en découlerait ne mette en péril les prestations publiques. Un point supplémentaire explique aussi la fronde: la crainte qu’une diminution des rentrées fiscales ne creuse un trou dans les caisses paroissiales qui bénéficient d’un impôt ecclésiastique. Une majorité de cantons, principalement outre-Sarine, effectuent un tel prélèvement auprès des personnes morales. Tous ne seraient pas affectés de la même manière par la RIE III: le taux d’imposition diffère selon les régions, tout comme la part que représentent les revenus issus de l’impôt ecclésiastique pour les finances des Eglises.

De vives inquiétudes émanent de Soleure, de Berne et, surtout, de Zurich. Sur les bords de la Limmat, l’Eglise réformée chiffre le manque à gagner à 16 millions. Côté catholique, on craint de voir s’envoler 17,5 millions. A ce stade, le gouvernement zurichois dit son refus de compenser ces pertes. «Nous n’avons même pas reçu des miettes! Si la RIE III passe, nous devrons réduire nos activités à but social», s’alarme Res Peter.

«Ce n’est pas le rôle de membres de l’Eglise de s’engager sur le terrain politique, encore moins au niveau national et sur un sujet fiscal»

Ce n’est pas la première fois que le pasteur s’engage dans une votation. Il a notamment milité pour l’introduction d’un revenu de base inconditionnel. A Zurich, certains apprécieraient moyennement son nouveau combat, au dire du religieux. «Nous ressentons une certaine pression de la part des milieux économiques. Certains nous ont fait comprendre que si on poursuivait notre action, ils remettraient en cause la contribution financière que nous verse l’Etat. En revanche, si nous nous taisions, ils s’engageaient à essayer d’obtenir en notre faveur des compensations.»

Directrice de la Chambre de commerce zurichoise, la conseillère nationale PLR Regine Sauter nie toute pression de la part de ses services. «Nous avons discuté avec des membres du comité ecclésiastique et présenté nos arguments. La manière dont cela a été perçu montre qu’ils ne comprennent pas comment fonctionne le débat.» Selon l’élue, ce n’est pas leur rôle de s’engager sur le terrain politique, encore moins au niveau national et sur un sujet fiscal.

Responsable des Finances pour le Conseil de l’Eglise réformée zurichoise, Katharina Kull-Benz insiste: les religieux frondeurs combattent la RIE III à titre personnel. Ni l’Eglise réformée ni l’Eglise catholique zurichoise n’ont pris position ou émis de recommandation de vote. Dans un document œcuménique publié le 16 janvier, elles disent toutefois leurs craintes pour la cohésion sociale. «Nous avons identifié les problèmes liés à la RIE III. Mais nous n’avons pas à nous prononcer sur une question politique», affirme Katharina Kull-Benz. Celle qui est aussi membre du Grand Conseil et présidente de la commune de Zollikon, sous les couleurs du PLR, rappelle que l’Eglise accueille des fidèles de tous bords politiques et que les avis sur la réforme divergent.

Du côté des Eglises réformées et catholiques nationales, on reste aussi en retrait. «Nous ne pouvons pas prendre position, les situations diffèrent beaucoup trop selon les cantons. Et, à mon avis, les enjeux de la réforme se situent surtout au niveau de l’Etat, et pas de l’Eglise», dit Daniel Kosch, secrétaire général de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse. Dans un courrier envoyé à ses membres, cette dernière ajoute qu’une prise de position de l’Eglise pourrait être dommageable à sa réputation, en étant «perçue comme une tentative de préserver ses ressources financières».

Res Peter réfute fermement vouloir défendre la seule santé de ses finances. «Les entreprises se doivent de contribuer au bien commun. C’est la justice sociale qui est en jeu. Nous devons la défendre.» (24 heures)

(Créé: 23.01.2017, 06h50)

À Orléans, prêtres et pasteurs réfléchissent ensemble à leur pratique pastorale

On le dit souvent en panne ou trop institutionnel. L’œcuménisme se trouve toutefois de nouvelles voies très concrètes, comme à Orléans. Dans ce diocèse du Centre-Val de Loire, où se perpétue une forte tradition de partage œcuménique, « le choix a été fait de partir de nos expériences pastorales, de nos pratiques quotidiennes pour nourrir notre foi et notre connaissance de l’autre », explique le P. Dominique Panis, membre de l’équipe d’animation du Centre œcuménique d’Orléans.Fin novembre, une trentaine de prêtres et de pasteurs de l’agglomération d’Orléans (Loiret) s’était donné rendez-vous à Saint-Benoit-sur-Loire pour échanger sur les approches théologiques et la pastorale du mariage des Églises protestantes, orthodoxes et catholiques.Le principe de cette réunion annuelle, créée il y a trois ans, plaît beaucoup au pasteur Emmanuel Alvarez, représentant de l’Église évangélique libre des Blossières, dont les études théologiques « très dogmatiques » l’ont tenu à l’écart des pratiques des autres confessions. « Là, c’est très concret. Aujourd’hui, nous abordons la pastorale du mariage comme nous l’avons fait dans le passé sur le baptême. Le partage d’expériences sur ces sujets qui nourrissent nos quotidiens va m’aider sur le terrain. Nos différences ? Il faut en parler ! »Lire aussi :Les nouvelles voies de l’œcuménismeLe P. Olivier de Scitivaux, curé de la paroisse de Cléry-Saint-André, retient de cette journée qu’il y a « beaucoup de catéchèse à faire » pour accompagner les couples dans leur projet de vie commune, s’inspirant des orthodoxes et des protestants « qui vont beaucoup plus loin que nous dans ce domaine ».« Je célèbre chaque année 25 à 30 mariages »Mais en dépit de cette volonté, il se heurte à des difficultés auxquelles les pasteurs et les prêtres orthodoxes sont, sans doute, moins exposés : « Dans nos communautés, les réalités sont très différentes. Il nous manque le temps pour bien faire les choses. Je célèbre chaque année 25 à 30 mariages alors que, dans le même temps, un pasteur ne suit que cinq ou six couples. J’essaie de garder un lien avec tous les couples que j’ai accompagnés mais c’est évidemment difficile ». Le cheminement spirituel des couples lui paraît d’autant plus indispensable qu’il rencontre trop souvent des personnes éloignées de toute pratique religieuse, mais désireuses de se marier à l’église « pour faire plaisir à la famille ou au conjoint ».Pasteur à Orléans, Agnès Lefranc observe, elle aussi, que malgré les approches très différentes du mariage – sacrement pour les catholiques et les orthodoxes et bénédiction du mariage civil pour les protestants – les mêmes problématiques pastorales s’imposent à l’ensemble des communautés : « Les mariages sont finalement plus souvent l’occasion d’une évangélisation que d’un véritable cheminement entre deux personnes croyantes et engagées ». Pour encourager les couples à nourrir leur foi, Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans remet une Bible aux jeunes mariés, « une pratique, partagée par d’autres prêtres, qui nous vient des protestants ».« Certains mariages sont célébrés trop rapidement »Nommée l’an dernier pasteur de l’Église réformée dans la capitale du Centre-Val de Loire, Agnès Lefranc vivait sa première réunion œcuménique, ne cachant pas son admiration pour cette initiative, qui contribue à faire « tomber beaucoup de barrières et de préjugés ». Ces ateliers vont l’aider dans l’accompagnement des couples. « Le mariage interconfessionnel est, par exemple, une question concrète à laquelle nous ne répondons pas toujours de façon satisfaisante. Ces situations créent parfois de l’amertume et certains mariages sont célébrés trop rapidement. ».Quiz : Que savez-vous de l’œcuménisme ?Et inversement, elle a le sentiment d’avoir aidé les prêtres catholiques sur la question des couples divorcés : « Notre façon, dans le monde protestant, d’accueillir tous ceux qui souhaitent démarrer une nouvelle union, interpelle le monde catholique, qui est d’ailleurs en pleine réflexion autour de ce sujet. »Chacune des communautés ressent un fort besoin de revisiter les fondements de la foi, comme l’exprime le P. René Boulet, l’un des deux représentants de l’Église orthodoxe : « Le mariage est une union à trois, entre Dieu et les époux. C’est pourquoi nous donnons un sacrement pour demander l’action de Dieu dans le couple »._____________________________________Une semaine de célébrations et de rencontresChaque année, le principal temps fort œcuménique se vit lors de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui, depuis 1908, rassemble des chrétiens de toutes confessions du 18 au 25 janvier. Le thème 2017, une parole de réconciliation tirée de saint Paul, « l’amour du Christ nous presse » (2 Corinthiens 5,14-20), servira de fil rouge à de nombreuses célébrations œcuméniques, rencontres et conférences, prévues partout en France à partir d’aujourd’hui. Parmi celles-ci, on peut citer :– Jeudi 19 janvier, conférence à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) sur le thème : « catholiques et protestants peuvent-ils célébrer ensemble la Réforme de 1517 ? », par le dominicain Franck Lemaitre (la cave aux huiles, place des Martyrs de la Résistance).– Vendredi 20 janvier, veillée de prière œcuménique à Notre-Dame du Travail (Paris 14e), avec lavement des pieds mutuel.– Samedi 21 janvier, après-midi d’animation, de partage, de prière et d’écoute « All for Jésus-Tous pour Jésus », à la Halte de Vaise, à Lyon (Rhône), avec le pasteur Jane Stranz, déléguée nationale à l’œcuménisme pour la Fédération protestante de France et le P. Pierre Lathuilère, théologien, membre du groupe des Dombes.– Dimanche 22 janvier, échange de chaires à Strasbourg (Bas-Rhin) des paroisses de la cathédrale et du Temple Neuf lors du culte de 9 h 45 et de la messe de 11 heures.– Mercredi 25 janvier, célébration œcuménique à l’église orthodoxe de Saint-Raphaël (Var).

Qui prêchera à l'investiture de Donald Trump ?

Trump

Donald Trump, lors d’un office dans une église de Las Vegas, le 30 octobre 2016.

©Reuters/Carlo Allegri

Donald Trump, lors d’un office dans une église de Las Vegas, le 30 octobre 2016.

 ©Reuters/Carlo Allegri

« Une nation sous l’autorité de Dieu ». Dans un pays aussi religieux que les États-Unis, il n’est guère étonnant que la cérémonie d’investiture présidentielle soit placée sous l’onction spirituelle, avec des prières et un serment sur la Bible. Pourtant, le rituel est de création récente. En 1937, le président élu Franklin Roosevelt convie un pasteur épiscopalien (anglican) à prononcer un court sermon, « l’invocation », suivi d’une prière, dite par un prêtre catholique. Depuis, la tradition a été cultivée par chaque président, avec différents ministres du culte.

Très attendue, « l’invocation » donne le ton spirituel du président, et a pour mission de réconcilier la nation par un temps de prière. Dans cette volonté de compromis, Barack Obama choisit pour son investiture en 2009 le pasteur baptiste Rick Warren. Recteur de la « méga église » californienne Saddleback Church, conservateur, opposé au mariage homosexuel et à l’avortement, il incarnait « l’autre Amérique », qui n’avait pas voté pour le président démocrate.

Pour son investiture du 20 janvier prochain, Donald Trump a choisi six personnalités, le plus grand groupe de prédicateurs jamais réuni. Deux sont pressenties pour prononcer « l’invocation » : le pasteur pentecôtiste hispanique Samuel Rodriguez, et la femme « télévangéliste » Paula White. Quatre autres prononceront également des prières : le cardinal-archevêque catholique de New York Timothy Dolan, le rabbin Marvin Hier, le pasteur baptiste Franklin Graham, et le pasteur évangélique noir Wayne Timothy Jackson.

Les classiques

Médiatique archevêque de New York, le cardinal Timothy Dolan sera le premier catholique à prendre part à une inauguration présidentielle depuis Ronald Reagan, en 1985. Connu pour sa gouaille, il avait critiqué pendant la campagne les positions de Donald Trump sur l’immigration. Après l’élection, le cardinal avait cependant invité les catholiques à un « optimisme prudent », en espérant que la nouvelle administration défende la vie à naître.

La présence du pasteur Franklin Graham n’est quant à elle pas surprenante. Fils du grand prédicateur baptiste Billy Graham, mondialement connu et âgé de 98 ans, il est, comme son père, historiquement proche des républicains. Le père a participé aux investitures des présidents John Nixon, en 1969, George Bush père, en 1989, et Bill Clinton, en 1993 et 1997. Son fils a prononcé l’invocation pour George Bush fils, en 2001.

La présence du rabbin Marvin Heir n’est également guère étonnante. Fondateur du Centre Simon Wisenthal, et du « Musée de la Tolérance », à Los Angeles, ce rabbin orthodoxe « modéré » est proche de Ivanka Trump, fille du président élu, qui s’est convertie au judaïsme en 2009, avant son mariage avec l’homme d’affaires Jared Kushner.

Les apôtres de la « prospérité »

Deux autres invités attirent en revanche l’attention, et déjà, les critiques : Paula White, « télévangéliste » à Apopka, en Floride, et Wayne Timothy Jackson, pasteur d’une paroisse évangélique noire de Détroit, dans le Michigan, où s’est rendu Donald Trump pendant la campagne présidentielle.

Les deux prédicateurs sont connus pour professer l’« Évangile de la prospérité » (Prosperity Gospel). Cette doctrine est une série de croyances, qui assurent au fidèle la richesse matérielle, s’il prie et verse un important denier du culte. Très diffusée dans les milieux pauvres, par des prédicateurs peu formés, elle est condamnée par la plupart des théologiens protestants évangéliques. Le pasteur Russel Moore, président de la commission d’éthique et de liberté religieuse de la Southern Baptist Convention, principale Église baptiste américaine, a ainsi déclaré sur Twitter que « Paula White est une charlatane, et reconnue comme hérétique par tout chrétien orthodoxe, quelque soit sa tribu ». 

Pendant sa campagne, Donald Trump s’est attiré le soutien des pasteurs adeptes de l’« Évangile de la prospérité », drainant une population blanche modeste, qui n’a eu que faire des mises en garde des élites protestante évangéliques. Paula White, mariée trois fois, a affirmé en juillet dernier dans le quotidien Christian Post être une intime de Donald Trump, et l’avoir ramené à la foi chrétienne. Que cela soit vrai ou faux, nul ne doute que le président élu soit à l’aise avec cette « prospérité », qui n’est pas si éloignée de la pensée du pasteur presbytérien (calviniste) de sa jeunesse new-yorkaise, Norman Vincent Peale. Celui-ci avait écrit en 1952 un ouvrage, La puissance de la pensée positive, promettant le succès, y compris matériel, aux fidèles professant l’optimisme.

L’invité de la réconciliation ?

Enfin, le pasteur Samuel Rodriguez est le dernier invité religieux de cette cérémonie. D’origine portoricaine et de confession pentecôtiste, il dirige le plus grand mouvement d’hispaniques évangéliques. Il s’est fait connaître en 2013 pour avoir participé à l’appel « J’étais un étranger » : plusieurs pasteurs évangéliques lisent tour à tour le jugement dernier de l’Évangile de Matthieu dans un clip vidéo, pour alerter l’opinion sur la dignité humaine des migrants. 

Si le pasteur Samuel Rodriguez devait prêcher, il symboliserait la main tendue de Donald Trump à cette Amérique qui n’a pas voté pour lui, et qui redoute sa politique migratoire.

III. L'action pastorale

Que signifie pour l’Église accompagner les jeunes à accueillir l’appel à la joie de l’Évangile, surtout à une époque marquée par l’incertitude, la précarité et l’insécurité ?L’objectif de ce chapitre est de bien définir ce que comporte le fait de prendre au sérieux le défi de la pastorale et du discernement des vocations, en tenant compte des sujets, des lieux et des instruments à notre disposition. En ce sens, nous reconnaissons une inclusion réciproque entre pastorale de la jeunesse et pastorale des vocations, tout en étant conscients des différences. Il ne s’agira pas d’un tour d’horizon exhaustif, mais d’indications à compléter sur la base des expériences de chaque Église locale.1. Cheminer avec les jeunesAccompagner les jeunes exige de sortir de schémas préétablis, en les rencontrant là où ils sont, en s’adaptant à leurs temps et à leurs rythmes ; cela signifie aussi les prendre au sérieux dans leur difficulté à déchiffrer la réalité où ils vivent et à transformer une annonce reçue en gestes et en paroles, dans l’effort quotidien de construire leur histoire et de rechercher plus ou moins consciemment un sens à leur vie.Chaque dimanche, les chrétiens gardent vivante la mémoire de Jésus, mort et ressuscité, en le rencontrant dans la célébration de l’Eucharistie. De nombreux enfants sont baptisés dans la foi de l’Église et poursuivent le chemin de l’initiation chrétienne. Cela n’équivaut toutefois pas encore à un choix mûr pour une vie de foi. Pour y parvenir, un cheminement est nécessaire, qui passe parfois par des routes imprévisibles et éloignées des lieux habituels des communautés ecclésiales. Voilà pourquoi, comme l’a rappelé le pape François, « la pastorale des vocations signifie apprendre le style de Jésus, qui passe dans les lieux de la vie quotidienne, qui s’arrête sans hâte et, regardant ses frères avec miséricorde, les conduit à la rencontre avec Dieu le Père » (Discours aux participants au Congrès de pastorale des vocations, 21 octobre 2016) (1). En cheminant avec les jeunes, on édifie la communauté chrétienne tout entière.Précisément parce qu’il s’agit d’interpeller la liberté des jeunes, il faut mettre en valeur la créativité de chaque communauté pour mettre au point des propositions capables d’intercepter l’originalité de chacun et d’en faciliter le développement. Dans de nombreux cas, il s’agira aussi d’apprendre à accorder une place réelle à la nouveauté, sans la suffoquer dans une tentative de la faire entrer de force dans des schémas prédéfinis : il ne peut pas y avoir de semailles fructueuses de vocations si nous restons simplement enfermés dans le « critère pastoral commode du “on a toujours fait comme ça” », sans « être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés » (Evangelii gaudium, n. 33) (2). Trois verbes qui, dans les Évangiles, caractérisent la façon dont Jésus rencontre les personnes de son temps, nous aident à structurer ce style pastoral : sortir, voir, appeler.SortirDans cette acception, la pastorale des vocations signifie accueillir l’invitation du pape François à sortir, avant tout, des rigidités qui rendent l’annonce de la joie de l’Évangile moins crédible, des schémas où les personnes se sentent étiquetées, et d’une façon d’être Église qui, parfois, paraît anachronique. Sortir est aussi le signe d’une liberté intérieure par rapport aux activités et préoccupations habituelles, afin de permettre aux jeunes d’être des protagonistes. Ils trouveront la communauté chrétienne d’autant plus attrayante qu’ils feront l’expérience d’une communauté qui sache accueillir les contributions concrètes et originales qu’ils peuvent apporter.VoirSortir vers le monde des jeunes exige d’avoir la disponibilité de passer du temps avec eux, d’écouter leurs histoires, leurs joies et leurs espoirs, leurs tristesses et leurs angoisses, pour les partager : telle est la voie permettant d’inculturer l’Évangile et d’évangéliser chaque culture, notamment celle des jeunes. Quand les Évangiles rapportent les rencontres de Jésus avec les hommes et les femmes de son temps, ils mettent en évidence sa capacité à s’arrêter avec eux et la fascination que ressentent ceux qui croisent son regard. C’est le regard de tout pasteur authentique, capable de voir dans la profondeur du cœur sans être pour autant ni envahissant ni menaçant ; c’est le vrai regard du discernement, qui ne veut pas prendre possession de la conscience des autres ni prédéterminer le parcours de la grâce de Dieu à partir de ses propres schémas.AppelerDans les récits évangéliques, le regard d’amour de Jésus se transforme en une parole, qui est un appel à accueillir une nouveauté, à l’explorer et à la construire. Appeler veut dire en premier lieu faire renaître le désir, détacher les personnes de ce qui les retient bloquées ou des conforts dans lesquels ils s’installent. Appeler veut dire poser des questions pour lesquelles il n’existe pas de réponses toutes faites. C’est cela, et non la prescription de normes à respecter, qui stimule les personnes et les incite à se mettre en chemin pour aller à la rencontre de la joie de l’Évangile.2. SujetsTous les jeunes, sans aucune exclusionPour la pastorale, les jeunes sont des sujets et non pas des objets. Souvent, dans les faits, ils sont traités par la société comme une présence inutile ou incommode : l’Église ne peut pas reproduire cette attitude, car tous les jeunes, sans aucune exclusion, ont le droit d’être accompagnés dans leur itinéraire.Chaque communauté est par ailleurs appelée à accorder une grande attention aux jeunes pauvres, marginalisés et exclus, et à faire d’eux des protagonistes. Être les prochains des jeunes qui vivent dans des conditions de plus grande pauvreté et misère, de violence et de guerre, de maladie, de handicap et de souffrance est un don spécial de l’Esprit, capable de faire resplendir le style d’une Église en sortie. L’Église elle-même est appelée à apprendre des jeunes : de nombreux jeunes saints en donnent un témoignage lumineux et continuent d’être une source d’inspiration pour tous.Une communauté responsableToute la communauté chrétienne doit se sentir responsable de la tâche d’éduquer les nouvelles générations et nous devons reconnaître que de nombreuses figures de chrétiens s’y adonnent dans le contexte de la vie ecclésiale. Les efforts de ceux qui témoignent de la bonne vie de l’Évangile et de la joie qui en jaillit dans les lieux de la vie quotidienne sont également très appréciés. Enfin, il faut mettre en valeur les occasions de faire participer les jeunes aux organismes des communautés diocésaines et paroissiales, à partir des conseils pastoraux, en les invitant à offrir la contribution de leur créativité et en accueillant leurs idées même quand elles apparaissent provocatrices.Partout dans le monde, des paroisses, des congrégations religieuses, des associations, des mouvements et des réalités ecclésiales sont présents et possèdent la capacité de faire des projets et d’offrir aux jeunes des expériences de développement et de discernement vraiment significatives. Parfois, cette dimension de proposer des projets laisse la place à l’improvisation et à l’incompétence : c’est un risque contre lequel il faut se défendre, en prenant toujours davantage au sérieux la tâche de penser, de concrétiser, de coordonner et de réaliser une pastorale de la jeunesse de façon correcte, cohérente et efficace. Ici encore la nécessité d’une préparation spécifique et permanente des formateurs s’impose.Les figures de référenceLe rôle d’adultes dignes de foi, avec lesquels il est bon de former une alliance positive, est fondamental dans tout parcours de maturation humaine et de discernement des vocations. Nous avons besoin de croyants qualifiés, avec une identité humaine claire, une appartenance ecclésiale solide, une qualité spirituelle visible, une passion éducative vigoureuse et une profonde capacité de discernement. Parfois, en revanche, des adultes impréparés et immatures tendent à agir de façon possessive et manipulatrice, en créant des dépendances négatives, de forts désagréments et de graves contre-témoignages, qui peuvent arriver jusqu’à des abus.Pour qu’ils soient des figures crédibles, il faut les former et les soutenir, en leur fournissant aussi davantage de compétences pédagogiques. Ceci vaut en particulier pour ceux auxquels est confiée la tâche d’accompagnateurs du discernement des vocations en vue du ministère ordonné et de la vie consacrée.• Parents et famille : à l’intérieur de toute communauté chrétienne, le rôle éducatif joué par les parents et d’autres membres de la famille doit être reconnu. Ce sont tout d’abord les parents, au sein de la famille, qui expriment chaque jour l’attention de Dieu pour chaque être humain dans l’amour qui les lie à leurs enfants. À cet égard, les indications fournies par le pape François dans un chapitre spécifique d’Amoris laetitia (cf. n. 259-290) (3) sont précieuses.• Pasteurs : la rencontre avec des figures ministérielles, capables de se mettre authentiquement en jeu avec le monde des jeunes en lui consacrant du temps et des ressources, grâce aussi au témoignage généreux de femmes et d’hommes consacrés, est décisif pour la croissance des nouvelles générations. Le pape François l’a lui-même rappelé : « Je le demande surtout aux pasteurs de l’Église, aux évêques et aux prêtres : vous êtes les principaux responsables des vocations chrétiennes et sacerdotales, et ce devoir ne peut être relégué à une charge bureaucratique. Vous aussi avez vécu une rencontre qui a changé votre vie, quand un autre prêtre – le curé, le confesseur, le directeur spirituel – vous a fait connaître la beauté de l’amour de Dieu. Et il en est de même pour vous aussi : en sortant, en écoutant les jeunes – il faut de la patience ! –, vous pouvez les aider à discerner les mouvements de leur cœur et à orienter leurs pas » (Discours aux participants au Congrès de pastorale des vocations, 21 octobre 2016).• Enseignants et autres figures éducatives : de nombreux enseignants catholiques sont engagés comme témoins dans les universités et dans les écoles de tout ordre et degré ; dans le monde du travail, beaucoup sont présents avec compétence et passion ; dans la politique, de nombreux croyants cherchent à être un levain pour une société plus juste ; dans le volontariat civil, beaucoup se dépensent pour le bien commun et la protection de la création ; dans l’animation du temps libre et du sport, beaucoup sont engagés avec élan et générosité. Tous, ils donnent un témoignage de vocations humaines et chrétiennes accueillies et vécues avec fidélité et engagement, en suscitant chez ceux qui les voient le désir d’en faire autant : répondre avec générosité à sa propre vocation est la première façon de faire une pastorale des vocations.3. LieuxLa vie quotidienne et l’engagement socialDevenir des adultes signifie gérer de façon autonome des dimensions de la vie qui sont à la fois fondamentales et quotidiennes : l’utilisation du temps et de l’argent, le style de vie et de consommation, les études et le temps libre, l’habillement et la nourriture, la vie affective et la sexualité. Cet apprentissage, avec lequel les jeunes sont inévitablement aux prises, est l’occasion de mettre de l’ordre dans sa vie et dans ses priorités, en faisant l’expérience de parcours de choix qui peuvent devenir un lieu de discernement et de consolider son orientation en vue des décisions les plus importantes : plus la foi est authentique, plus elle interpelle la vie quotidienne et se laisse interpeller par elle. Il nous faut mentionner en particulier les expériences, souvent difficiles ou problématiques, de la vie au travail ou celles du manque de travail : elles aussi sont une occasion de saisir ou d’approfondir sa vocation.Les pauvres crient et la terre crie avec eux : l’effort d’écouter peut être une occasion concrète de rencontre avec le Seigneur et avec l’Église, ainsi que de découverte de sa vocation. Comme l’enseigne le Pape François, les actions communautaires qui visent à prendre soin de la maison commune et de la qualité de la vie des pauvres « quand elles expriment un amour qui se livre, peuvent devenir des expériences spirituelles intenses » (Laudato si’, n. 232) (4) et donc aussi en occasion de cheminements et de discernements vocationnels.Les milieux spécifiques de la pastoraleL’Église offre aux jeunes des lieux spécifiques de rencontre et de formation culturelle, d’éducation et d’évangélisation, de célébration et de service, en se mettant en première ligne pour un accueil ouvert à tous et à chacun. Le défi pour ces lieux et pour ceux qui les animent est de procéder toujours davantage dans la logique de la construction d’un réseau intégré de propositions et d’assumer, dans la façon d’agir, le style du « sortir, voir, appeler ».– Au niveau mondial, les Journées Mondiales de la Jeunesse ressortent de façon toute particulière. En outre, les Conférences épiscopales et les diocèses sentent toujours plus leur devoir d’offrir des événements et des expériences spécifiques pour les jeunes.– Les paroisses offrent des espaces, des activités, des temps et des parcours pour les jeunes générations. La vie sacramentelle offre des occasions fondamentales pour devenir toujours plus capable d’accueillir le don de Dieu dans son existence et invite à participer activement à la mission ecclésiale. Les centres de jeunesse et les patronages sont aussi un signe d’attention au monde.– Les universités et les écoles catholiques, avec leur précieux service culturel et de formation, constituent un autre instrument de la présence de l’Église parmi les jeunes.– Les activités sociales et de volontariat offrent l’opportunité de se mettre en jeu à travers la générosité du service ; la rencontre avec des gens qui vivent la pauvreté et l’exclusion peut être une occasion favorable de croissance spirituelle et de discernement de la vocation : de ce point de vue aussi les pauvres sont des maîtres ; bien plus, ils sont porteurs de la bonne nouvelle que la fragilité est le lieu où l’on fait l’expérience du salut.– Les associations et les mouvements ecclésiaux, mais aussi de nombreux lieux de spiritualité, offrent aux jeunes de sérieux parcours de discernement ; les expériences missionnaires deviennent des moments de service généreux et d’échange fécond ; la redécouverte du pèlerinage comme forme et style de cheminement apparaît tout à fait valable et prometteuse ; dans de nombreux contextes, l’expérience de la piété populaire soutient et nourrit la foi des jeunes.– Les séminaires et les maisons de formation sont des lieux d’une importance stratégique qui, notamment à travers une vie communautaire intense, doivent permettre aux jeunes qu’ils accueillent de faire l’expérience qui les rendra à leur tour capables d’accompagner d’autres personnes.Le monde digitalPour les raisons déjà évoquées, le monde des new media mérite une mention particulière car, surtout pour les jeunes générations, il est véritablement devenu un lieu de vie ; il offre beaucoup d’opportunités inédites, surtout en ce qui concerne l’accès à l’information et la possibilité de tisser des liens à distance, mais il présente aussi des risques (par exemple le cyber-harcèlement, les jeux de hasard, la pornographie, les pièges des chat room, la manipulation idéologique, etc.). Bien qu’avec de nombreuses différences selon les régions, la communauté chrétienne en est encore à insérer sa présence dans ce nouvel aréopage, où les jeunes ont certainement quelque chose à lui enseigner.4. InstrumentsLes langages de la pastoraleNous nous apercevons parfois qu’entre le langage ecclésial et celui des jeunes il existe une distance assez difficile à combler, même si les expériences de rencontre féconde entre les sensibilités des jeunes et les propositions de l’Église dans le domaine biblique, liturgique, artistique, catéchétique et médiatique ne manquent pas. Nous rêvons d’une Église qui sache laisser de la place au monde de la jeunesse et à ses langages, en appréciant et en valorisant sa créativité et ses talents.Nous reconnaissons en particulier dans le sport une ressource éducative proposant de grandes opportunités et dans la musique et les autres expressions artistiques un langage expressif privilégié qui accompagne le développement des jeunes.L’éducation et les parcours d’évangélisationDans l’action pastorale avec les jeunes, où il faut initier des processus plutôt que de posséder des espaces, nous découvrons avant tout l’importance de servir la croissance humaine de chacun et l’importance des instruments pédagogiques et de formation qui peuvent la soutenir. Entre évangélisation et éducation, nous percevons un lien génétique fécond qui, dans la réalité contemporaine, doit tenir compte de la progressivité des parcours de maturation de la liberté.
Par rapport au passé, nous devons nous habituer à des parcours d’approche de la foi toujours moins standardisés et plus attentifs aux caractéristiques personnelles de chacun : à côté de ceux qui continuent de suivre les étapes traditionnelles de l’initiation chrétienne, beaucoup arrivent à la rencontre avec le Seigneur et avec la communauté des croyants par une autre voie et à un âge plus avancé, par exemple en partant d’un engagement pour la justice ou de la rencontre, dans des milieux extra-ecclésiaux, avec quelqu’un capable d’être un témoin crédible. Le défi pour les communautés est d’apparaître accueillantes pour tous, en suivant Jésus qui savait parler aux Juifs comme aux Samaritains, aux païens de culture grecque comme aux occupants romains, en saisissant le désir profond de chacun d’eux.
Silence, contemplation, prièreEnfin et surtout, il ne peut y avoir de discernement sans cultiver la familiarité avec le Seigneur et le dialogue avec sa Parole. En particulier la lectio divina est une méthode précieuse que la tradition de l’Église nous transmet.Dans une société toujours plus bruyante, qui offre une surabondance de stimuli, un objectif fondamental de la pastorale des vocations des jeunes consiste à offrir des occasions de goûter la valeur du silence et de la contemplation et de former à la relecture de ses propres expériences et à l’écoute de la conscience.5. Marie de NazarethNous confions à Marie ce parcours où l’Église s’interroge sur la façon d’accompagner les jeunes à accueillir l’appel à la joie de l’amour et à la vie en plénitude. Jeune femme de Nazareth, qui à chaque étape de son existence accueille la Parole et la garde en la méditant en son cœur (cf. Lc 2, 19), elle a parcouru ce chemin la première.Chaque jeune peut découvrir dans la vie de Marie le style de l’écoute, le courage de la foi, la profondeur du discernement et le dévouement au service (cf. Lc 1, 39-45). Dans sa « petitesse », la Vierge promise comme épouse à Joseph, expérimente la faiblesse et la difficulté de comprendre la mystérieuse volonté de Dieu (cf. Lc 1, 34). Elle aussi est appelée à vivre l’exode vis-à-vis d’elle-même et de ses projets, en apprenant à se confier et à faire confiance.Faisant mémoire des « merveilles » que le Tout-Puissant a accomplies en elle (cf. Lc 1, 49), la Vierge ne se sent pas seule, mais pleinement aimée et soutenue par le « ne crains pas » de l’ange (cf. Lc 1, 30). Consciente que Dieu est avec elle, Marie ouvre grand son cœur au Me voici et inaugure ainsi la route de l’Évangile (cf. Lc 1, 38). Femme de l’intercession (cf. Jn 2, 3), devant la croix du Fils, unie au « disciple aimé », elle accueille à nouveau l’appel à être féconde et à engendrer la vie dans l’histoire des hommes. Dans ses yeux, chaque jeune peut redécouvrir la beauté du discernement ; dans son cœur, il peut faire l’expérience de la tendresse de l’intimité et du courage du témoignage et de la mission.

Bar-le-Duc Cette célébration commune sera une première

Pasteur évangélique, Philippe Haldemann est le responsable de l’église chrétienne évangélique située rue du Coq à Bar-le-Duc, il est aussi le délégué départemental du Conseil national des évangéliques de France (CNEF), organisation qui regroupe les différentes communautés évangéliques.

Dimanche 15 janvier sera une date importante pour vous, pourquoi ?

Dans le cadre de la Semaine universelle de prière organisée par le Conseil national des évangéliques de France, les communautés évangéliques du Barrois organisent une célébration commune à la salle des fêtes de Bar-le-Duc. C’est la première fois.

Comment se déroulera cette célébration ?

Elle débutera par un temps de chant et de musique, nous attachons une grande importance à la musique, comme le gospel. Il y aura ensuite une homélie à deux voix avec deux pasteurs avec Henry Raudszus, de l’église évangélique Assemblée de Dieu et Pierre-Nicolas Zehr, pasteur de l’église mennonite. On finira par un chant, puis un moment de discussion.

Cette célébration est-elle réservée aux fidèles ?

Non, qui veut peut venir assister à la célébration.

Une façon de vous faire connaître ?

C’est avant tout un temps de partage des différentes communautés du Barrois. Mais cela peut en effet permettre à des personnes de nous connaître.

Combien compte-on de communautés dans la Meuse ?

Nous comptons six communautés, deux dans le Nord meusien, les autres dans le Sud. Dans le bassin du Barrois, il y en a quatre reconnues par le CNEF : l’église évangélique Assemblée de Dieu, l’église protestante évangélique du Barrois à Bar-le-Duc et à Ligny-en-Barrois et l’église chrétienne évangélique à Bar-le-Duc dont je suis le pasteur.

Pourquoi autant de communautés ?

Nous trouvons tous nos racines dans le mouvement protestant. Des branches ont jailli de ce mouvement avec Luther et Calvin. Les communautés vont de l’église protestante très organisée jusqu’à des mouvements plus expressifs, charismatiques.

Combien de fidèles évangéliques compte la Meuse ?

100 à 150 sur l’ensemble des communautés qui sont reconnues par le CNEF. Peu de fidèles peut-être mais l’expansion des églises évangélique est importante.

Comment fonctionnent les communautés ?

Ce sont des associations culturelles, elles vivent des dons des membres et des sympathisants, organisent des réunions de célébration dans lesquelles la musique est très présente.

Quelle est la position des églises évangéliques face au terrorisme ?

On dénonce fortement les actes terroristes. Nous faisons attention à ne pas mélanger le radicalisme avec les communautés musulmanes qui vivent leur culte tranquillement.

Célébration dominicale dimanche 15 janvier, salle des fêtes de Bar-le-Duc à 10 h. Accueil à partir de 9 h 30.

Propos recueillis par Karine DIVERSAY

L'aumônerie militaire, une mission qui se réinvente

L’aumônerie militaire est placée face à un double défi. D’une part, le manque de prêtres et de pasteurs, déjà sensible dans la vie civile, se fait aussi sentir dans la vie militaire. D’autre part, les jeunes ont souvent une distance plus critique envers la religion qu’il y a 50 ans, ce qui nécessite un «style nouveau» de la part des aumôniers. 

Il y a quelques années encore, l’aumônerie militaire était menacée de disparition faute de volontaires. Mais les critères de sélection ont été assouplis et une armée bientôt réduite à 100’000 hommes ne nécessitera plus que 170 aumôniers. «Ce chiffre est presque atteint», a déclaré le chef de l’aumônerie militaire Stefan Junger aux agences de presse catholique et protestante

Mais si le danger du manque d’effectif semble pour l’heure écarté, l’aumônerie militaire est placée face à un autre défi: parvenir à s’adresse à des jeunes pour qui la religion n’a généralement plus une aussi grande importance qu’autrefois.

swissinfo.ch avec la RTS (Téléjournal du 11.01.2017)




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Le pasteur Michel Hoeffel, figure emblématique du protestantisme alsacien, est mort

Figure de premier plan du protestantisme en Alsace, le pasteur luthérien Michel Hoeffel est mort mardi 10 janvier à Strasbourg à l’âge de 81 ans, a indiqué peu après l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (Uepal).

Né en 1935 à Strasbourg, Michel Hoeffel était issu d’une vieille famille qui a donné à la région plusieurs figures religieuses et politiques, depuis le pasteur de Breuschwickersheim de 1865 à 1903, Frederick Karl Hoeffel, jusqu’à Daniel Hoeffel, ancien ministre, frère de Michel, et leur père à tous deux, Robert, sénateur, qui fut sénateur.

Michel Hoeffel a fait ses études de théologie protestante à Strasbourg, Paris et Bâle. Il s’est marié en 1959 à Montpellier et a été pasteur à Lembach, Munster, Strasbourg…

Acteur du rapprochement entre luthériens et réformés en Alsace

Il fut président du directoire de l’Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (ECAAL), qui se rapprocha, dès le milieu des années 1990, de l’Église réformée d’Alsace et de Lorraine (ERAL), ce à quoi il tenait beaucoup.

En 1997, il s’éleva notamment, au côté d’Antoine Pfeiffer (ERAL), contre la propagande du Front national qui voulait faire croire qu’« un grand nombre de pasteurs apportaient leur soutien au FN ». Il s’était également distingué par son opposition à l’arme nucléaire. Il avait soutenu Catherine Trautmann lors des élections municipales de 1989.

En 1997, Michel Hoeffel quittait la présidence de l’ECAAL après 10 ans de mandat. Marc Lienhard lui succéda.

Ses funérailles seront célébrées vendredi 13 janvier 2017 à 14h30 en l’église luthérienne Saint-Thomas de Strasbourg.

Un pasteur brésilien avait arnaqué des centaines de victimes pour faire fortune !

Faits diversPrès de 200 parties civiles au procès de Raniero Petrucci, jugé pour une énorme fraude sociale en Belgique.

À en croire de nombreux sites internet brésiliens, le Professor Raniero Petrucci est un homme important et décoré, président du Conseil des pasteurs évangéliques de Formosa, une grande ville proche de Brasilia, la capitale du Brésil.

Il devra cependant répondre, ce matin, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, d’une étonnante fraude sociale qui, selon l’auditorat du travail, lui a permis de faire fortune au Brésil.

Cet homme né en Belgique en 1960, de nationalité italienne mais de sensibilité brésilienne, comparaît avec son épouse Hélène Stinat, de nationalité belge. Devant la chambre du conseil, 173 victimes s’étaient constitué partie civile.

L’histoire débute en 2007. Petrucci et son épouse tiennent alors une petite église évangélique brésilienne à Waterloo, nommée Philadelphia.

Le pasteur Petrucci se fait un nom et des centaines, puis des milliers de ressortissants brésiliens résidant illégalement en Belgique se pressent à ses portes. Pourquoi ? Parce que le pasteur propose des services bien particuliers. Par le biais de son asbl Missao Brasileuro ou Cleanse-Brasileuro promet à ces Brésiliens la régularisation de leur situation.

C’est ainsi que plus de 1.000 Brésiliens, principalement des femmes de ménage travaillant au noir, payent une cotisation annuelle de 24 euros à l’asbl. “Il leur promettait qu’il faciliterait la régularisation de leur situation par le travail”, indique Me Nadine Bourgeois, qui défend les intérêts de l’ONSS, partie civile dans le dossier.

Petrucci promettait aussi d’inscrire ses clients dans le registre des titres-service, leur faisant miroiter une vie tout à fait officielle en Europe. Il n’en était rien. Via plusieurs autres ASBL, les victimes étaient engagées fictivement.

Pour l’auditorat du travail, le pasteur Petrucci s’est enrichi via la cotisation annuelle de 24 euros pour les 4.000 membres de son ASBL, mais aussi par l’argent provenant du remboursement de Sodexho, couvrant les prestations effectuées par les ASBL dépendant de Missao Brasileuro. “De 2007 à 2009, ça turbinait fort. Sous couvert de sociétés de titre-service, il faisait travailler ces clandestins. Ils n’ont pas respecté la législation ni payé les cotisations sociales”, relève une source judiciaire.

L’ONSS estime son préjudice à 2,5 millions d’euros. Quant aux centaines – milliers ? – de travailleurs qui ont servi de vache à lait, leur préjudice n’est pas forcément financier : ils n’ont perdu que la cotisation annuelle de 24 euros. En revanche, leur préjudice moral est réel : ils ont fermement cru pouvoir régulariser leur situation grâce aux services du Professor Petrucci, qui a été placé sous mandat d’arrêt en avril 2009, avant de disparaître au Brésil à sa libération.

L’auditorat du travail, représenté par Dominique De Doyard estime qu’avec l’argent frauduleusement récolté, il avait déjà commencé à acheter des appartements et des terrains au Brésil, à Caldas Novas.

Le couple Petrucci-Stinat, est jugé pour escroquerie, fraude sociale, ainsi qu’un grand nombre d’infractions à la législation sur le travail.

Contactés par La DH, leurs précédents avocats ont indiqué qu’ils ne défendaient plus leur cause. Les différentes sources proches du dossier consultées n’ont pas permis de savoir s’ils allaient être représentés. Deux hommes de paille ainsi que huit ASBL et SPRL seront aussi jugés. L’audience de ce matin servira de fixation à une date ultérieure.

Surtout des femmes de ménage

L’immense majorité des victimes du pasteur Petrucci sont des femmes de ménage, surtout brésiliennes et parfois équatoriennes.

L’escroc présumé avait prévu, dans sa méthode, d’impliquer les employeurs de ces femmes. Ceux-ci, également souvent des femmes, imaginant rendre service, avaient accepté, même si elles se doutaient de la fraude.

Le pasteur avait bâti la fraude sur la promesse de régularisation. Il profitait de la crédulité de ses victimes, expliquant qu’avec un contrat de travail, elles pouvaient entrer dans le système des titres-service et être affiliées à des mutuelles, en obtenant un numéro de sécurité sociale. Ce numéro, comme ce contrat, étaient des faux. L’escroc pouvait donc conserver pour lui les cotisations sociales.

Le décès du pasteur Michel Hoeffel

Michel Hoeffel.

Michel Hoeffel.

Figure emblématique du protestantisme en Alsace, le pasteur Michel Hoeffel vient de s’éteindre à l’âge de 81 ans.

Né en 1935 à Strasbourg, Michel Hoeffel était issu d’une vieille famille qui a donné à la région des figures religieuses et politiques, depuis le pasteur de Breuschwickersheim de 1865 à 1903, Frederick Karl Hoeffel, jusqu’à Daniel Hoeffel, ancien ministre, frère de Michel, et leur père à tous deux, Robert, sénateur également.

Michel Hoeffel a fait ses études de théologie protestante à Strasbourg, Paris et Bâle. Il s’est marié en 1959 à Montpellier. Il a été pasteur à Lembach, à Munster, à Strasbourg…

Michel Hoeffel fut président du directoire de l’Eglise de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (ECAAL), qui se rapprocha, dès le milieu des années 1990, de l’Eglise réformée d’Alsace et de Lorraine (ERAL). En 1997, il s’éleva, au côté d’Antoine Pfeiffer (ERAL), contre la propagande du Front national qui voulait faire croire qu'”un grand nombre de pasteurs apportaient leur soutien au FN”. Il s’était également distingué par son opposition à l’arme nucléaire. Il avait soutenu Catherine Trautmann lors des élections municipales de 1989.

En 1997, Michel Hoeffel quittait la présidence de l’ECAAL après 10 ans de mandat. Il fut remplacé par Marc Lienhard.

En 2008-009, il a publié un livre dans lequel il rassemblait ses réflexions et ses méditations, aux Editions La Nuée-Bleue.

La réaction de Philippe Richert, président du conseil régional Grand Est :

“C’est avec beaucoup de douleur que j’apprends la disparition de Michel Hoeffel à l’âge de quatre-vingt un ans. Les protestants de France perdent aujourd’hui l’un de leurs plus grands pasteurs. L’Alsace pleure l’une de ses consciences les plus exigeantes”, écrit Philippe Richert dans un communiqué.

“Pendant près de vingt-cinq ans, le pasteur Hoeffel exerça des responsabilités de premier plan au sein de l’Eglise de la Confession d’Augsbourg et de Lorraine. Inspecteur ecclésiastique, secrétaire général du directoire puis président de l’Eglise, il a donné à l’ECAAL des impulsions qui aujourd’hui encore font sentir leurs effets les plus bénéfiques”.

“Dès 1989, c’est à son initiative que luthériens et réformés commencèrent à se rapprocher. Le pasteur Hoeffel joua également un grand rôle dans l’amitié franco-allemande, en présidant tout particulièrement la Conférence des Eglises riveraines du Rhin. On se souvient également quelle fut son implication en faveur de l’unité de l’Eglise : c’est lui notamment qui, le 9 octobre 1988, accueillait le pape Jean Paul II à l’église Saint-Thomas de Strasbourg pour une célébration oecuménique qui a durablement marqué les esprits”.

“La voix singulière du pasteur Hoeffel, toujours juste et mesurée, était écoutée à la Fédération protestante de France, dont il fut vice-président, comme au sein de la Fédération luthérienne mondiale. C’est un homme de foi, un homme de justice et de paix, que nous perdons aujourd’hui.
En mon nom personnel et en celui du Conseil régional, j’adresse à sa famille et à ses proches mes
condoléances les plus attristées. Le pasteur Hoeffel s’en va ; il nous laisse son exemple”.

Brésil: un pasteur évangélique poignardé en plein culte

Un des pasteurs évangéliques les plus en vue du Brésil, Valdemiro Santiago, a été poignardé en plein culte, dimanche 8 janvier à Sao Paolo. Le pasteur de l’Eglise mondial du pouvoir de Dieu s’en sort bien. Il a pu quitter l’hôpital le même jour, avec vingt-cinq points de suture.

Le pasteur a été agressé à l’arme blanche par un jeune homme d’une vingtaine d’années, selon un témoignage à l’AFP, repris par 20 Minutes de Jorge Pinheiro, qui prêchait ce jour là.

Le pasteur Valdemiro Santiago est à la tête d’un groupement de 4500 communautés charismatiques au Brésil et dans le monde. Il est également connu en tant que télé-évangéliste. Ancien pasteur de l’Eglise universelle du Royaume de Dieu, il avait quitté cette dernière à la fin des années 90.

La rédaction d’Evangeliques.infos/20 Minutes – 10 janvier 2017 08:49

Tanzanie : lancement d'une campagne contre les pasteurs qui emmènent le bétail dans les parcs …

La Tanzanie a annoncé une nouvelle campagne contre les pasteurs qui emmènent le bétail dans les parcs nationaux, affirmant que le vice menace de tuer les sanctuaires du pays.

Jumanne Maghembe, ministre des Ressources naturelles et du Tourisme de la Tanzanie, a déclaré dimanche que le parc national Serengeti est l’un des parcs les plus touchés par le pâturage du bétail dans la nation de l’Afrique de l’Est.

Le parc situé dans le nord de la Tanzanie, le plus ancien et le deuxième plus grand du pays, après le parc national de Ruaha, est également classé comme patrimoine mondial de l’UNESCO.

“Nous progressons bien avec la lutte contre le braconnage de la faune sauvage, mais la guerre sérieuse restante est un pâturage effréné, ce qui menace nos efforts de conservation”, a noté Jumanne Maghembe. Des reportages affirment que les pasteurs ont emmené le bétail dans les aires protégées.

Il a dit que le gouvernement fera tout dans la nouvelle lutte contre les pasteurs, qui sont entrés furtivement dans les parcs nationaux pour le pâturage.

“Nous sommes conscients du défi et nous prenons toutes les mesures nécessaires pour que nos parcs soient exempts d’intrus et d’empiècements”, a-t-il souligné, ajoutant que le bétail retrouvé à l’intérieur du parc sera confisqué et que le propriétaire sera traduit en justice.

Le ministre a également cité l’exploitation forestière illégale et la production de charbon de bois comme un autre défi affectant les efforts de conservation de la faune en Tanzanie.

Le secteur touristique de la Tanzanie apporte deux milliards de dollars par an et contribue à 12,2% de l’emploi dans la nation est-africaine. Selon un rapport du World Travel & Tourism Council Tanzania, 90% des touristes se rendant en Tanzanie visitent les parcs nationaux, la zone de conservation de Ngorongoro et l’île aux épices de Zanzibar.

Un pasteur met en garde contre “l'adultère émotionnel” et encourage l'amitié dans le couple

Le pasteur Mark Driscoll de l’église Trinity Church en Arizona, met en garde les couples contre ce qu’il décrit comme un «adultère émotionnel», et rappelle l’importance de l’amitié dans leur relation de couple.

Mark et Grace Driscoll estiment que l’amitié dans le couple est vitale, elle est un rempart contre les tensions et l’infidélité. Pour le pasteur et son épouse, les couples doivent constamment travailler à l’amitié dans leur mariage, parce qu’elle permet une plus grande unité des époux, surtout lorsqu’ils travaillent ensemble.

Mark Driscoll décrit l’adultère émotionnel ainsi sur son blog.

“L’amitié fait partie intégrante du véritable mariage chrétien, et elle est une protection contre ‘l’adultère émotionnel’. Au cours de nos années ensemble , nous avons vu de nombreux couples, y compris des pasteurs et leurs épouses, commettre l’adultère émotionnel. Cela consiste à avoir à un ami très proche du sexe opposé. »

Le couple travaille beaucoup sur cet aspect dans leur ministère. Ils pensent que trop peu de livres et de prédications se concentrent uniquement sur d’autres aspects du mariage, alors que la Bible n’hésite pas à associer amitié et amour dans le Cantique des Cantiques :

“Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami.”
Cantiques des Cantiques 5:16

Les réseaux sociaux galvaudent le mot “ami” et ouvrent la porte à des “amitiés” virtuelles, qui lorsque le couple est fragilisé peuvent s’avérer dévastatrices.

Mais, comme Mark Driscoll l’a rappelé lui-même dans une vidéo, il n’est jamais trop tard pour être pardonné et pour rebâtir.

« En plus d’être pardonné, vous êtes également nettoyé. Non seulement Jésus vous pardonne, mais il vous rend propre.”

La rédaction

Source : Christian Post

La rédaction

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Un collectif de pasteurs fait des dons aux veuves de Dabou

Dabou – Le collectif des pasteurs des églises évangéliques et protestantes de Côte d’Ivoire a fait don de sacs de riz et de divers autres présents aux veuves de Dabou.

Ce sont au total 22 veuves qui ont reçu, vendredi, chacune un sac de riz de 50 kg et un complet de pagne. Ce don s’inscrit dans le cadre des rencontres bi-partites entre les pasteurs d’Abidjan et ceux de Dabou.

Selon le secrétaire général national du collectif des pasteurs évangéliques et protestants de Côte d’Ivoire, le révérend Camille Makosso, ce geste s’inscrit dans le programme national d’activités 2017.

Bec / nmfa/kp

Côte d'Ivoire/ Des pasteurs recommandent la prière comme solution pour la paix à Divo

Divo – Le collectif des pasteurs de Divo (CPD) a proposé jeudi aux populations la prière, afin de sortir la ville définitivement de la crise née de l’invalidation du scrutin législatif du 18 décembre.

Cette élection avait été remportée par le candidat de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), Famoussa Coulibaly, qui a distancé son poursuivant immédiat de plus de 3000 voix.

L’invalidation de cette élection, dimanche, a provoqué de violentes manifestations dont la principale cible a été les biens du coordonnateur départemental du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Koffi Kouakou Amédé, maire de la commune de Divo.

“La paix est d’abord spirituelle avant d’être physique. Il faut prier pour que Divo soit reconnue comme cité de paix”, a déclaré le président du CPD, l’apôtre Koffi Alphonse, annonçant que dans les prochains jours, sa structure organisera de grands rassemblements “pour fléchir les genoux et demander pardon au Seigneur en vue de rétablir la paix dans la capitale régionale du Lôh-Djiboua”.

Le CPD est une organisation qui regroupe environ 60 pasteurs d’églises évangéliques de Divo. Une de ses missions est de gagner des âmes en Christ et semer les germes de la paix dans les cœurs de tous les habitants de la localité.

(AIP)

Gso/akn/kp

Former les imams pour lutter contre la radicalisation

L’université de Berne ouvre l’été prochain une formation continue en aumônerie aux imams et aux représentants d’autres confessions actifs dans les domaines de l’asile, dans les hôpitaux ou les prisons. Une démarche inédite en Suisse, qui s’inscrit dans la prévention de la radicalisation. Entretien avec sa responsable, la professeur en psychologie des religions, présidente de la formation continue en aumônerie de l’université de Berne, Isabelle Noth.

Lire aussi:  Enfermer préventivement les jeunes radicalisés? La Suisse est tentée

Le Temps: Pourquoi ouvrir une formation continue en aumônerie à des représentants d’autres religions?

Isabelle Noth: Nous visons en premier lieu à offrir aux aumôniers actifs dans un contexte sensible que sont les prisons ou les centres pour requérants d’asile une formation qualifiée et reconnue. Nous vivons dans une société multiculturelle, c’est un fait, mais nous mettons du temps à nous adapter à cette réalité. L’université de Berne est la seule en Suisse à offrir une spécialisation en aumônerie. Jusqu’ici, cette offre se limitait aux représentants chrétiens. Pourtant, il y a un vrai besoin, en Suisse, d’aumôniers d’autres confessions bien formés, en particulier dans les institutions sensibles où le risque de prosélytisme doit faire l’objet d’une attention particulière.

– En quoi cette démarche permettrait-elle de prévenir la radicalisation?

– Les pasteurs et les prêtres actifs dans l’accompagnement religieux en milieu institutionnel ont tous suivi une formation académique en théologie, durant laquelle leurs capacités sont éprouvées. Ce n’est pas le cas des accompagnants d’autres religions. L’une des difficultés réside dans le fait que les autorités ignorent le contenu des prêches des imams dans les prisons, par exemple. Cette formation doit combler ce vide et permettre aussi aux responsables religieux formés éventuellement de mieux discerner des signes de radicalisations. Mais de toute façon, nous devons veiller à ce que l’aumônerie ne serve pas d’instrument de chasse aux islamistes.

– Vous comptez faire passer aux candidats à cette formation un examen pour détecter d’éventuelles tendances radicales, en quoi cela consiste-t-il?

– Cette évaluation devra nous permettre de vérifier les compétences psycho-sociales des candidats: écoute, capacité de gestion des conflits. Mais aussi leurs positions à l’égard de la violence, des femmes, ou du fondamentalisme. Comme dans la plupart des métiers exigeant d’être en relation avec les autres, les professionnels de l’accompagnement religieux doivent pouvoir démontrer leurs compétences. Chaque religion développe son approche mais l’aumônerie, qu’elle soit chrétienne, musulmane ou bouddhiste, répond aux mêmes demandes de base.

– Cela signifie-t-il que les aumôniers qui n’auront pas suivi ce cursus ne pourront pas exercer?

– Ce n’est pas une condition formelle pour devenir aumônier, mais les institutions concernées – prisons et hôpitaux – auront intérêt à engager du personnel au bénéfice d’une solide formation.

– Comment cette formation est-elle perçue côté de la communauté musulmane? A quelle demande répond-elle?

– Je ne souhaite pas donner d’information à ce stade sur les candidatures que nous recevons, mais il y a un véritable intérêt de la part des communautés concernées, cela répond à un besoin concret. Nous ne pouvons pas, en Suisse, aujourd’hui proposer une véritable formation académique d’imams comme cela se fait en Allemagne, au vu de la fronde politique que cette idée suscite. Or en tant que présidente de la formation continue en aumônerie, je reçois constamment des demandes de la part d’institutions concernées, c’est-à-dire des hôpitaux, des prisons etc., et de responsables sécuritaires, qui réclament une meilleure formation des responsables religieux en milieu institutionnel.