Concarneau. Un pasteur du Niger en visite à l'école

À l’occasion des 10 ans de l’association Mil espoir mille savoirs, l’un des membres de la tribu des Wodaabe du Niger a rendu visite aux élèves du Sacré-Cœur à Concarneau.

Sous la pluie et dans le vent, un homme tout de blanc vêtu se présente à une trentaine d’élèves de maternelle.

« Je m’appelle Djouri Bigue et, contrairement à ce que vous pouvez penser, mon turban ne me sert pas à me protéger de la pluie, mais des vents de sable qui parcourent ma région du Niger. Depuis des années maintenant, les périodes de sécheresse durent plus longtemps, si bien que l’activité pastorale de notre tribu est compromise », témoigne Djouri Bigue.

Aujourd’hui âgé de 46 ans, après un mois de procédures administratives, il est parvenu à décrocher un visa qui lui permettra, jusqu’à la fin de la semaine, de sillonner la région de Concarneau en compagnie des membres de l’association Mil espoir mille savoirs.

Cette relation d’amitié dure depuis 10 ans, à une époque où Jacques Delnooz et un groupe d’amis rencontrent ce jeune chef de tribu et finissent par répondre à sa demande d’aide pour scolariser les enfants de sa tribu près d’Abaka.

À l’époque, la majorité des chefs Wodaabe est opposée à l’école « qui nous prend nos enfants ». « Moi-même je ne suis jamais allé à l’école. Mais aujourd’hui les pasteurs doivent bouger de plus en plus et aller plus loin afin de trouver de la nourriture pour leur troupeau. Alors, les parents confient leurs enfants à un grand frère afin de permettre aux enfants de suivre les cours à l’école. Aujourd’hui, Abaka compte un internat et les premiers élèves passent leur bac », apprécie Djouri Bigue.Les efforts de Mil espoirs mille savoirs ont ainsi porté leurs fruits et aujourd’hui 280 personnes ou familles apportent leur soutien.

L'Afrique du Sud s'alarme d'une recrudescence de pratiques superstitieuses

Dans la presse internationale, l’Afrique du Sud s’alarme d’une recrudescence de pratiques superstitieuses. Le gouvernement vient d’ouvrir une enquête contre un pasteur qui aspergeait ses ouailles de pesticides, pour les guérir du sida et du cancer.

Lethebo Rabalago s’est même auto-proclamé prophète, et les gens assistent par centaines à ses cérémonies où on le voit brandir ce goupillon spécial, un aérosol rempli de pesticide de la marque Doom : efficace contre les moustiques et les insectes rampants. D’après ce leader de l’église de l’Assemblée générale du mont Zion, contre toutes sortes de maladie, une bonne rasade dans les yeux ou sur le visage peut vous guérir de tout notamment d’un glaucome, du sida ou même du cancer. Cela semble ridicule, et pourtant… L’affaire déclenche un vrai débat en Afrique du Sud où cohabitent un éventail exceptionnellement large de religions, plus ou moins imprégnées de pratiques traditionnelles avec des pasteurs à la fois, gourous et guérisseurs. “Dieu peut guérir de tout, soutient le pasteur à la télévision locale, il suffit d’y croire” et Il ne comprend absolument pas les raisons pour lesquelles on lui cherche des noises, pas plus que des milliers de personnes qui cherchent du réconfort auprès de ce genre de groupes religieux.

Ils sont de plus en plus nombreux ?

C’est vrai et comme ils accèdent aux médias, leur audience et leur crédibilité se renforce. Mais quand, l’an dernier, un pasteur a voulu nourrir ses fidèles avec, non pas du pain et du vin, mais avec du pétrole et un serpent, sensés se transformer en pain et chocolat dans la bouche des croyants, alors le gouvernement a décidé d’agir. Une commission a été créée pour enquêter sur ces cas. Mais son travail est difficile car son président l’a répété hier, elle ne peut pas punir les pasteurs puisque les gens sont consentants, ils veulent se faire asperger de pesticide. Ce qu’il faudrait c’est changer la loi pour réguler les croyances. exiger un certificat et un contrôle des pasteurs.

Mais on ne régule pas la foi ?

Non le concept passe très mal, partisans et opposants de cette commission s’affrontent, tandis que d’autres regardent en se disant que décidément, on passe à côté du sujet. Pourquoi une recrudescence de ces cas ? Les ONG ont une opinion. La médecine traditionnelle est très implantée en Afrique du Sud. 70% des gens, selon le ministère de la Santé, consulteraient un guérisseur. Et dans un pays aux inégalités criantes, où 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté et qui a très longtemps vécu dans le déni du sida, on a nié pendant des années que la maladie pouvait même exister, toutes sortes de palliatifs se sont développés. Sept millions de Sud-Africains sont séropositifs aujourd’hui, et si les politiques ont changé et que les médicaments sont même proposés gratuitement depuis le mois dernier, les gourous guérisseurs ont eu le temps de s’installer et contre ces croyances, il sera très difficile de vraiment lutter. 

Côte d'Ivoire/ Quatorze nouveaux pasteurs du CFBP consacrés à Agnibilékrou

Agnibilékrou, 18 nov (AIP) – Quatorze nouveaux pasteurs sortis du Centre de formation biblique pour pasteurs (CFBP) de l’Institut théologique âme comblée (ITAC) ont été consacrés le 12 novembre lors de la cérémonie de graduation de la deuxième promotion dénommée Jean Hus organisée au centre culturel d’Agnibilékrou (Est, région Indénié-Djuablin). Pour le directeur du CFBP, Pasteur Kouamé Augustin, ces serviteurs de Dieu sont fin prêts pour mener à bien le travail du Seigneur qui consiste à propager l’évangile à travers le monde entier afin que les hommes aient la connaissance pour améliorer leurs conditions de vie et parvenir au Royaume des cieux. Parlant au nom de ses collègues, Pasteur Yessoulou Konan Fulgence a exprimé la joie du groupe d’être…

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Niger : les droits fonciers des pasteurs au cœur d'un atelier de réflexion

(Agence Ecofin) – Le mardi 15 novembre 2016 s’est ouvert à Niamey une réunion d’orientation du processus de formulation et de validation d’un module de formation des magistrats et d’un guide pour les pasteurs sur l’accès à la justice en cas de litiges fonciers, organisé par l’Association pour la Redynamisation de l’Elevage au Niger (AREN) et la Fédération Nationale des Eleveurs du Niger (FNEN-DADDO).

Prévus pour durer deux jours, ces échanges ont pour objectif de mettre en place un cadre juridico-règlementaire propice à une meilleure gestion des conflits fonciers impliquant les pasteurs.

Présidant la séance, le directeur de cabinet du ministre en charge de la Justice, M. Chaïbou Mamane, a rappelé que ces assises répondent à un impératif de sécurisation de l’activité des éleveurs nigériens. Un impératif qui ne saurait occulter la gestion des procédures judiciaires, motivant la formation des magistrats et avocats. « Le droit rural nigérien est le fruit d’un long processus dans lequel furent impliquées les principales composantes du monde rural, en particulier les agriculteurs et les éleveurs », a-t-il ainsi déclaré, selon les informations du Sahel.

Comme le précise le site d’information, « cette rencontre vise spécifiquement à définir les objectifs de ces deux produits ( le module et le document) de formation ; à définir une feuille de route pour la mise en œuvre de la formulation des produits attendus ; à identifier les acteurs devant être ciblés par les produits de formation attendus et à réussir à identifier et à faire adhérer au processus toutes les compétences nécessaires à son aboutissement. Pendant deux jours, les différents acteurs œuvrant dans le domaine foncier discuteront sur entre autres sujets, le droit fondamental à la mobilité ; le droit d’usage pastoral prioritaire ; la protection judiciaire des droits fonciers des pasteurs ; l’exploration de pistes méthodologiques pour l’élaboration d’un module de formation des magistrats et de l’administration publique et droit foncier et l’exploration de piste méthodologique pour l’élaboration d’un guide à l’intention des pasteurs en cas de litiges fonciers pastoraux ».

Souha Touré

Niamey/Réunion AREN/FNEN sur le droit foncier des pasteurs

AREN FNENLe directeur de cabinet du ministre en charge de la Justice, M. Chaïbou Mamane, a présidé, hier matin à Niamey, et en présence du représentant du ministre Délégué en charge de l’Elevage, du secrétaire exécutif de l’AREN, l’ouverture de la première réunion d’orientation du processus de formulation et de validation d’un module de formation des magistrats et d’un guide pour les pasteurs sur l’accès à la justice en cas de litiges fonciers. Cette rencontre initiée par l’Association pour la Redynamisation de l’Elevage au Niger (AREN) et la Fédération Nationale des Eleveurs du Niger (FNEN-DADDO), avec l’appui de leurs partenaires notamment Care Danemark et le Service Civil pour la paix de la GIZ/ZF, vise spécifiquement à mettre en place deux outils, à savoir un « module de formation en droits fonciers des pasteurs » et un «guide à l’intention des pasteurs en cas de litiges fonciers pastoraux ».

Cette rencontre vise aussi spécifiquement à définir les objectifs de ces deux produits ( le module et le document) de formation ; à définir une feuille de route pour la mise en œuvre de la formulation des produits attendus ; à identifier les acteurs devant être ciblés par les produits de formation attendus et à réussir à identifier et à faire adhérer au processus toutes les compétences nécessaires à son aboutissement. Pendant deux jours, les différents acteurs œuvrant dans le domaine foncier discuteront sur entre autres sujets, le droit fondamental à la mobilité ; le droit d’usage pastoral prioritaire ; la protection judiciaire des droits fonciers des pasteurs ; l’exploration de pistes méthodologiques pour l’élaboration d’un « module de formation des magistrats et de l’administration publique et droit foncier et l’exploration de piste méthodologique pour l’élaboration d’un « guide à l’intention des pasteurs en cas de litiges fonciers pastoraux ».

A l’ouverture des travaux, le directeur de cabinet du ministre de la Justice, a précisé que la rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’une recommandation de l’atelier d’information et de formation des magistrats et avocats sur la problématique de l’élevage au Niger sur le volet gestion de conflits organisé par l’AREN. « Le droit rural nigérien est le fruit d’un long processus dans lequel furent impliquées les principales composantes du monde rural, en particulier les agriculteurs et les éleveurs », a rappelé M. Chaïbou Mamane. Il a également précisé que l’Ordonnance n°93-015 du 02 févier 1993, qui en est le texte de référence, fixe le cadre juridique des activités agricoles, sylvicoles et pastorales dans la perspective de l’aménagement du territoire, de la protection de l’environnement et de la promotion humaine.

Cette ordonnance assure aussi la sécurité des opérateurs ruraux par la reconnaissance de leurs droits et favorise le développement par une organisation rationnelle du monde rural. Selon le directeur de cabinet du ministre de la Justice, « l’adoption de cette ordonnance est la première étape majeure du processus. Cette Ordonnance a vocation à être précisée et complétée par d’autres textes. Ainsi l’Ordonnance n°2010-029 du 20 mai 2010 relative au pastoralisme la complète, définit et précise les principes fondamentaux et les règles régissant le pastoralisme au Niger. D’autres textes législatifs ou réglementaires ont été adoptés dans la même logique » a-t-il ajouté. M. Chaïbou Mamane, de reconnaitre qu’en dépit de cette volonté de l’Etat de mieux organiser le monde rural et protéger les droits des différentes de producteurs, force est de constater que cet objectif est encore loin d’être atteint.

A cela s’ajoutent, a-t-il souligné, diverses menaces sur le foncier pastoral dont l’accaparement des espaces à des fins immobilières, le grignotage et la suppression des

enclaves pastorales, des couloirs et pistes de passage en zone agricole, les concessions faites par l’Etat à des sociétés extractives sans dédommagement. D’où l’intérêt de cette rencontre qui a regroupé les acteurs œuvrant dans le domaine foncier afin de discuter ou d’orienter les idées dans la perspective d’aboutir à la meilleure maîtrise du droit foncier pastoral par tous les acteurs concernés par cette problématique et à des actions de protection efficace en cas d’atteinte à ces droits.

Mamane Abdoulaye(onep)

17 novembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Religion/ 14 nouveaux pasteurs du CFPB consacrés

Agnibilekrou – Quatorze nouveaux pasteurs sortis du Centre de formation biblique pour pasteurs (CFPB) de l’Institut théologique âme comblée (ITAC) ont été consacrés lors de la sortie de la deuxième promotion dénommée Jean Hus organisée au centre culturel d’Agnibilekrou (Est, région de l’Indenié-Djuablin).

“Ces serviteurs de Dieu formés au CFPB sont fin prêts pour mener à bien le travail du Seigneur qui consiste à propager l’évangile à travers le monde entier afin que les hommes aient la connaissance pour améliorer leurs conditions de vie et parvenir au royaume des cieux”, a déclaré le directeur du CFBP, pasteur Kouamé Augustin, samedi, lors de cette cérémonie de graduation.

Parlant au nom de ses collègues, le pasteur Yessoulou Konan Fulgence, professeur de français de formation, a exprimé la joie du groupe. “Nous sommes très heureux d’être consacrés ce jour. La tâche ne sera pas aisée certes mais nous avons choisi et donc nous allons l’accomplir avec beaucoup de succès”, a-t-il souligné.

Le CFBP existe à depuis deux ans à Agnibilekrou.

jcl/kkf/akn/cmas

Cameroun : les églises de réveil, « l'opium du peuple »

Cameroun : les églises de réveil, « l’opium du peuple »
Les églises de réveil, « l’opium du peuple » | Ph. Illustration

Les églises de réveil, « l’opium du peuple » | Ph. Illustration

Elles tendent leurs bras à tout le monde et promettent amour, argent et prospérité. De vrais marchands d’illusions qui maîtrisent toutes les ficelles de la communication. Géopolis vous propose de partir à la découverte des églises de réveil qui prolifèrent au Cameroun avec un guide qui connaît bien ce milieu, le blogueur camerounais, Ecclésiaste Deudjui.

Ouvrir une église de réveil, rien de plus facile, témoigne Ecclésiaste Deudjui, blogueur camerounais installé à Douala, la capitale économique du Cameroun. Là-bas, elles poussent comme des champignons.

«Aujourd’hui, créer une église de réveil est plus facile qu’ouvrir un bar ou une pharmacie. Vous vous levez un matin, vous ouvrez votre salon, vous ouvrez portes et fenêtres et vous mettez une affiche pour dire que vous êtes un envoyé de Dieu.» Et le tour est joué, explique notre guide.

Dans sa ville de Douala, il en a dénombré des dizaines. Elles sont installées dans des maisons d’habitation, des salons de coiffure et dans des lieux divers, où les gens se rassemblent dès le coucher du soleil pour chanter et faire des incantations.

«Ce sont des églises qui naissent du jour au lendemain sans formalité administrative et qui sont dirigées par des personnes ne disposant d’aucune qualification, d’aucune référence. C’est-à-dire que je peux me lever un matin, je dis dans mon quartier que j’ai parlé avec le seigneur dans la nuit et qu’il m’a choisi comme son messager pour transmettre la bonne nouvelle», raconte Ecclésiaste Deudjui à Géopolis.

« De faux pasteurs aux idées lumineuses »

Ce sont souvent des gens qui n’ont pas réussi à trouver du travail. Un bon jour, ils ont une idée lumineuse et se font passer pour les messagers du seigneur, explique le blogueur camerounais.

«Dans un premier temps, les fidèles sont le cercle restreint du faux pasteur. Il prend d’abord, soit ses frères, soit ses collègues ou ses amis, des gens qu’il connaît dans son entourage que moi j’appelle ses complices. Il leur demande de venir assister à ses premiers offices. L’objectif est de montrer aux autres personnes que son église est fréquentée.»

De «faux pasteurs» adeptes de la Bible qu’ils lisent 24 heures sur 24. Ils sont capables de réinterpréter les mêmes versets que vous avez-vous-même lus en leur donnant une autre signification avec beaucoup de conviction. Et ça marche, constate Ecclésiaste Deudjui.

«Quoi de mieux qu’un pasteur qui vous fait comprendre que demain vous serez heureux. Que vous étiez sur un mauvais chemin. Ils exploitent cette faiblesse-là. Quand l’être humain est démuni matériellement, il est prêt à tout, à partir du moment où on lui apporte une garantie de fraternité. Parce que le maître-mot dans ces confréries, c’est le mot « frère ». Dès que tu es nouveau, on t’accueille, les gens t’embrassent. Ca vous fait réfléchir.»

Le dénominateur commun de toute cette mascarade, c’est la pauvreté, dénonce Ecclésiaste. Selon lui, les églises de réveil exploitent la naïveté et la détresse d’une population plongée dans la misère.

«Pour moi, ces églises sont comme des laveuses de cerveaux. La plupart de leurs fidèles sont des personnes qui sont perdues. Elles sont désorientées et désespérées. Les églises de réveil savent capter ces âmes en perdition. Chaque fois que tu discutes avec une de ces personnes, elle se réfère toujours au pasteur : je vais faire ça si le pasteur me dit que…ou le pasteur m’avait dit hier que…ou encore le pasteur pense que…Ces fidèles pensent que le pasteur est la seule personne à détenir la vérité. 

« Eglises de réveil, un véritable business »

Ecclésiaste décrit à Géopolis des pasteurs-comédiens devenus spécialistes de la communication. Tout est étudié et pensé, remarque-t-il. Les affiches dans les rues, les vidéo-projecteurs et les écrans géants dans les salles de prière, tout est pris en charge par des spécialistes de l’image pour attirer le plus de monde possible. Objectif: récolter parmi les fidèles le maximum de dons que le pasteur mettra dans ses poches.

«Moi j’appelle ces pasteurs des entrepreneurs. Des hommes d’affaires aux dents très longues. Qu’est-ce-que ils font? Ils leur demandent de verser 10% de leurs salaires et même des avantages en nature. Parfois ceux qui ont beaucoup d’argent donnent des voitures. Dès qu’ils ont réussi, ces pasteurs deviennent des gens très fortunés. La preuve, certains ont des chaînes de télévision pour élargir encore plus leur audience. Ils possèdent des bus estampillés à leur image. Des bus de plus de 70 places avec la photo du pasteur à l’avant et à l’arrière.»

Début novembre, la radio d’Etat camerounaise rapportait le décès d’un responsable communal survenu dans l’est du pays alors qu’un évangéliste congolais tentait de le «délivrer» de la maladie dont il souffrait. Des drames similaires dans des églises de réveil sont rapportés régulièrement par des médias locaux.

«Ils prétendent être en mesure de soigner toutes les maladies. Si tu as le sida, c’est un petit problème. Si tu as un AVC, c’est un petit problème. Il suffit de venir à l’église, de les écouter, de respecter leurs prescriptions pour que la plupart de vos maladies disparaissent. Moi je les appelle des charlatans et des arnaqueurs. La preuve, c’est que quand eux tombent malades, ils vont voir un vrai médecin. Ils ne soignent que des malades imaginaires. Des comédiens à leur service simulent des maladies de toute sorte. Dès qu’ils leur imposent leurs mains sur la tête, ils se lèvent et marchent. Et les fidèles naïfs y croient», se désole Ecclésiaste Deudjui.

Cameroun: les églises de réveil, «l'opium du peuple»

GEOPOLIS –

Elles tendent leurs bras à tout le monde et promettent amour, argent et prospérité. De vrais marchands d’illusions qui maîtrisent toutes les ficelles de la communication. Géopolis vous propose de partir à la découverte des églises de réveil qui prolifèrent au Cameroun avec un guide qui connaît bien ce milieu, le blogueur camerounais, Ecclésiaste Deudjui.


Ouvrir une église de réveil, rien de plus facile, témoigne Ecclésiaste Deudjui, blogueur camerounais installé à Douala, la capitale économique du Cameroun. Là-bas, elles poussent comme des champignons.
 
«Aujourd’hui, créer une église de réveil est plus facile qu’ouvrir un bar ou une pharmacie. Vous vous levez un matin, vous ouvrez votre salon, vous ouvrez portes et fenêtres et vous mettez une affiche pour dire que vous êtes un envoyé de Dieu.» Et le tour est joué, explique notre guide.
 
Dans sa ville de Douala, il en a dénombré des dizaines. Elles sont installées dans des maisons d’habitation, des salons de coiffure et dans des lieux divers, où les gens se rassemblent dès le coucher du soleil pour chanter et faire des incantations.
 
«Ce sont des églises qui naissent du jour au lendemain sans formalité administrative et qui sont dirigées par des personnes ne disposant d’aucune qualification, d’aucune référence. C’est-à-dire que je peux me lever un matin, je dis dans mon quartier que j’ai parlé avec le seigneur dans la nuit et qu’il m’a choisi comme son messager pour transmettre la bonne nouvelle», raconte Ecclésiaste Deudjui à Géopolis.

Ecclésiaste Deudjui vu par Jeff Ikapi
Ecclésiaste Deudjui, blogueur camerounais vu par le dessinateur et blogueur gabonais Jeff Ikapi. © Dessin de Jeff Ikapi, bogueur gabonais


«De faux pasteurs aux idées lumineuses»
Ce sont souvent des gens qui n’ont pas réussi à trouver du travail. Un bon jour, ils ont une idée lumineuse et se font passer pour les messagers du seigneur, explique le blogueur camerounais.
 
«Dans un premier temps, les fidèles sont le cercle restreint du faux pasteur. Il prend d’abord, soit ses frères, soit ses collègues ou ses amis, des gens qu’il connaît dans son entourage que moi j’appelle ses complices. Il leur demande de venir assister à ses premiers offices. L’objectif est de montrer aux autres personnes que son église est fréquentée.»
 
De «faux pasteurs» adeptes de la Bible qu’ils lisent 24 heures sur 24. Ils sont capables de réinterpréter les mêmes versets que vous avez-vous-même lus en leur donnant une autre signification avec beaucoup de conviction. Et ça marche, constate Ecclésiaste Deudjui.
 
«Quoi de mieux qu’un pasteur qui vous fait comprendre que demain vous serez heureux. Que vous étiez sur un mauvais chemin. Ils exploitent cette faiblesse-là. Quand l’être humain est démuni matériellement, il est prêt à tout, à partir du moment où on lui apporte une garantie de fraternité. Parce que le maître-mot dans ces confréries, c’est le mot “frère”. Dès que tu es nouveau, on t’accueille, les gens t’embrassent. Ca vous fait réfléchir.»
 
Le dénominateur commun de toute cette mascarade, c’est la pauvreté, dénonce Ecclésiaste. Selon lui, les églises de réveil exploitent la naïveté et la détresse d’une population plongée dans la misère.
 
«Pour moi, ces églises sont comme des laveuses de cerveaux. La plupart de leurs fidèles sont des personnes qui sont perdues. Elles sont désorientées et désespérées. Les églises de réveil savent capter ces âmes en perdition. Chaque fois que tu discutes avec une de ces personnes, elle se réfère toujours au pasteur : je vais faire ça si le pasteur me dit que…ou le pasteur m’avait dit hier que…ou encore le pasteur pense que…Ces fidèles pensent que le pasteur est la seule personne à détenir la vérité.
 
«Eglises de réveil, un véritable business»
Ecclésiaste décrit à Géopolis des pasteurs-comédiens devenus spécialistes de la communication. Tout est étudié et pensé, remarque-t-il. Les affiches dans les rues, les vidéo-projecteurs et les écrans géants dans les salles de prière, tout est pris en charge par des spécialistes de l’image pour attirer le plus de monde possible. Objectif: récolter parmi les fidèles le maximum de dons que le pasteur mettra dans ses poches.
 
«Moi j’appelle ces pasteurs des entrepreneurs. Des hommes d’affaires aux dents très longues. Qu’est-ce-que ils font? Ils leur demandent de verser 10% de leurs salaires et même des avantages en nature. Parfois ceux qui ont beaucoup d’argent donnent des voitures. Dès qu’ils ont réussi, ces pasteurs deviennent des gens très fortunés. La preuve, certains ont des chaînes de télévision pour élargir encore plus leur audience. Ils possèdent des bus estampillés à leur image. Des bus de plus de 70 places avec la photo du pasteur à l’avant et à l’arrière.» 

Dans église réveil à Douala

Séance de prière dans une église de réveil à Douala, la capitale économique du Cameroun. © Photo Ecclésiaste Deudjui


Début novembre, la radio d’Etat camerounaise rapportait le décès d’un responsable communal survenu dans l’est du pays alors qu’un évangéliste congolais tentait de le «délivrer» de la maladie dont il souffrait. Des drames similaires dans des églises de réveil sont rapportés régulièrement par des médias locaux.
 
«Ils prétendent être en mesure de soigner toutes les maladies. Si tu as le sida, c’est un petit problème. Si tu as un AVC, c’est un petit problème. Il suffit de venir à l’église, de les écouter, de respecter leurs prescriptions pour que la plupart de vos maladies disparaissent. Moi je les appelle des charlatans et des arnaqueurs. La preuve, c’est que quand eux tombent malades, ils vont voir un vrai médecin. Ils ne soignent que des malades imaginaires. Des comédiens à leur service simulent des maladies de toute sorte. Dès qu’ils leur imposent leurs mains sur la tête, ils se lèvent et marchent. Et les fidèles naïfs y croient», se désole Ecclésiaste Deudjui.
 
Et si ces églises prolifèrent dans le pays, soutient-il, c’est que les autorités laissent faire. Le gouvernement camerounais a baissé les bras après avoir tenté de les interdire au début des années 90.
 
«Je fais toujours un parallèle avec la boisson. C’est une sorte d’opium du peuple. On vous laisse vous abrutir avec l’alcool, vous vous faites laver le cerveau par des messages divins, vous n’allez pas revendiquer vos droits. Les gens oublient leurs véritables problèmes», constate, amer, notre guide camerounais.

Réactions des pasteurs américains à la victoire de Donald Trump

Plusieurs responsables d’églises ont exprimé leurs sentiments et réflexions à la suite de la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines. Retour sur quelques unes des réactions de pasteurs évangéliques en Californie.

Le 9 novembre, lorsque Donald Trump, déjouant tous les pronostics et créant la surprise a gagné l’élection présidentielle américaine, comme dans tous le pays, les réactions ont été multiples et variées. Entre joie et dégoût, malaise et tristesse, effacement et incrédulité, les Églises américaines ont elles aussi été interpellées par ces résultats inattendus, ceci d’autant plus que le vote évangélique a tenu une place importante dans cette victoire.

Quatre évangéliques blancs sur cinq ont en effet décidés de voter en faveur du milliardaire américain. Afin de comprendre les enjeux de cette élection, les sentiments des chrétiens américains au lendemain de la victoire du candidat républicain, des journalistes protestants de reforme.net ont suivi, pendant un mois, plusieurs communautés chrétiennes de Californie.

Ils rapportent ainsi les réactions de plusieurs pasteurs évangéliques issus de la diversité des églises protestantes évangéliques en Californie au lendemain de la victoire de Donald Trump.

Dès le mercredi suivant l’élection et l’annonce selon laquelle Donald Trump avait remporté avec 279 électeurs contre 228 pour Hillary Clinton, l’église épiscopalienne All Saints de Pasadena située au nord de Los Angeles s’est rassemblée au sein de la paroisse pour y célébrer un office eucharistique.

Dans cette communauté chrétienne, majoritairement démocrate, dont les membres sont aisés et éduqués, la victoire de Trump a été vécue comme un coup de massue. Aucun des fidèles de cette assemblée n’avait vu venir cette issue aux élections.

Juliana Serrano, déléguée en charge des questions de paix et de justice au sein de la paroisse a déclaré à ce sujet : « Beaucoup d’Américains ressentent aujourd’hui des sentiments de colère, de douleur et de tristesse. Nous avons pensé qu’il serait utile de rassembler les gens, pour qu’ils se sentent moins seuls et désemparés. Beaucoup ont l’impression d’être vidés »

Ils ont aussi voulu signifier en se réunissant qu’ils continueraient à agir aux côtés des Américains qui souffrent, pleurent et ont peur, comme l’a rapporté le nouveau recteur de cette église, Mark Kinman.

Pour l’église pentecôtiste hispanique Restauracion et son  pasteur René Junior Molina aussi, la victoire de Donald Trump est un moment difficile, particulièrement en tant que minorités. Mais pas vraiment une surprise.

Face aux résultats des élections, le jeune pasteur évangélique a encouragé les chrétiens à ne pas promouvoir ou critiquer un candidat, mais plutôt à accepter de ne pas être d’accord tout en se battant pour rester unis.

Du côté de la Saddleback Church,  son pasteur Rick Warren, un serviteur de Dieu connu mondialement a préféré s’abstenir de réagir depuis la victoire de Donald Trump, mais son texte intitulé « pourquoi j’ai fait en l’âme de l’Amérique » que certains évangéliques font circuler sur les réseaux sociaux en dit long sur son positionnement quant à ces élections. Le plus important, selon lui, quelle que soit son appartenance politique, est d’apporter sa pierre à l’édifice, et de le faire ensemble, où qu’on soit.

Son épouse va dans le même sens puisqu’elle a déclaré :

« Mon amour et ma loyauté appartiennent à Dieu, à son Royaume et à son Église, pas à une étiquette ou à un courant, un parti politique ou même à un pays. #Jesusfirst ».

Pour le pape François, “la pastorale des vocations signifie apprendre le style de Jésus”

Texte original italien dans l’Osservatore Romano du 22 octobre 2016 (*)

Le pape François a reçu en audience, le 21 octobre 2016, les participants à un congrès international sur la pastorale des vocations organisé par la Congrégation pour le clergé. Soulignant le slogan du congrès qui est sa devise épiscopale, le pape François a souligné combien « la pastorale des vocations signifie apprendre le style de Jésus ». Il a développé un programme qui repose sur trois verbes : sortir, voir, appeler. « La pastorale des vocations a besoin d’une Église en mouvement, capable d’élargir ses horizons (…) » a souligné le pape, encourageant à sortir des « rigidités » qui rendent « incapables de communiquer la joie de l’Évangile ». Poursuivant son propos, il précise que « la vocation commence par un regard de miséricorde qui s’est posé sur moi. (…) j’imagine le regard de tout pasteur : attentif, sans hâte, capable de s’arrêter et de lire en profondeur, d’entrer dans la vie de l’autre sans qu’il se sente menacé, ni jugé ». Il termine par le dernier verbe, appeler : « Le désir de Jésus est de mettre les personnes en chemin, de les sortir d’une sédentarité mortelle, de rompre l’illusion que l’on peut vivre joyeusement en restant confortablement assis dans ses propres certitudes. (…) Ce désir de recherche, qui habite souvent les plus jeunes, est le trésor que le Seigneur place entre nos mains et dont nous devons prendre soin, que nous devons cultiver et faire germer. »

La DC

Messieurs les cardinaux,
chers frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,
frères et sœurs,

Je vous accueille avec joie au terme de votre congrès, organisé par la Congrégation pour le clergé, et je remercie le cardinal Beniamino Stella pour les aimables paroles qu’il m’a adressées au nom de tous.

Je vous avoue que j’ai toujours un peu de crainte à utiliser certaines expressions communes de notre langage ecclésial : « pastorale des vocations » pourrait faire penser à l’un des nombreux secteurs de l’action ecclésiale, à un bureau de curie ou même à l’élaboration d’un projet. Je ne dis pas que cela n’est pas important, mais il y a beaucoup plus : la pastorale des vocations est une rencontre avec le Seigneur ! Quand nous accueillons le Christ, nous vivons une rencontre décisive, qui apporte de la lumière dans notre existence, qui nous sort de notre petit monde étroit et fait de nous des disciples aimant le Maître.

Ce n’est pas par hasard que vous avez choisi comme titre de votre congrès Miserando atque eligendo, la parole de Bède le Vénérable (cf. Om. 21 : CCL 122, 149 ; Liturgia Horarum, 21 sept., Officium lectionis, lectio II). Vous savez – je l’ai dit d’autres fois – que j’ai choisi cette devise pour rappeler les années de jeunesse au cours desquelles j’ai senti l’appel puissant du Seigneur : cela n’a pas eu lieu suite à une conférence ou en raison d’une belle théorie, mais après avoir fait l’expérience du regard miséricordieux de Jésus sur moi. Cela a été ainsi, je vous dis la vérité. Donc, il est beau que vous soyez venus ici, de nombreuses parties du monde, pour réfléchir sur ce thème, mais, s’il vous plaît, que tout ne finisse pas par un beau congrès ! La pastorale des vocations signifie apprendre le style de Jésus, qui passe dans les lieux de la vie quotidienne, qui s’arrête sans hâte et, regardant ses frères avec miséricorde, les conduit à la rencontre avec Dieu le Père.

Les évangélistes soulignent souvent un détail de la mission de Jésus : il sort dans les rues et se met en chemin (cf. Lc 9, 51), « parcourt les villes et les villages » (cf. Lc 9, 35) et va à la rencontre des souffrances et des espérances du peuple. C’est le « Dieu avec nous », qui vit au milieu des maisons de ses fils et qui ne craint pas de se mêler à la foule de nos villes, en devenant un ferment de nouveauté là où les gens luttent pour une vie différente. Dans le cas de la vocation de Matthieu également, nous trouvons le même détail : d’abord, Jésus sort à nouveau pour prêcher, puis il voit Lévi assis au bureau des douanes et, enfin, il l’appelle (cf. Lc 5, 27). Nous pouvons nous arrêter sur ces trois verbes, qui indiquent le dynamisme de toute pastorale des vocations : sortir, voir, appeler.

Sortir

Avant tout : sortir. La pastorale des vocations a besoin d’une Église en mouvement, capable d’élargir ses horizons, les mesurant non pas sur la base étroite des calculs humains ou sur la peur de se tromper, mais sur la large mesure du cœur miséricordieux de Dieu. Il ne peut y avoir une semence fructueuse de vocations si nous restons simplement enfermés dans « le confortable critère pastoral du “on a toujours fait ainsi” », sans « être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 33) (1). Nous devons apprendre à sortir de nos rigidités qui nous rendent incapables de communiquer la joie de l’Évangile, des formules standard qui souvent apparaissent anachroniques, des analyses préconçues qui enferment la vie des personnes dans des schémas froids. Sortir de tout cela.

Je le demande surtout aux pasteurs de l’Église, aux évêques et aux prêtres : vous êtes les principaux responsables des vocations chrétiennes et sacerdotales, et ce devoir ne peut être relégué à une charge bureaucratique. Vous aussi avez vécu une rencontre qui a changé votre vie, quand un autre prêtre – le curé, le confesseur, le directeur spirituel – vous a fait connaître la beauté de l’amour de Dieu. Et il en est de même pour vous aussi : en sortant, en écoutant les jeunes – il faut de la patience ! –, vous pouvez les aider à discerner les mouvements de leur cœur et à orienter leurs pas. C’est triste lorsqu’un prêtre vit uniquement pour lui-même, en s’enfermant dans la forteresse sûre du presbytère, de la sacristie, ou du groupe restreint des « très fidèles ». Au contraire, nous sommes appelés à être des pasteurs au milieu du peuple, capables d’animer une pastorale de la rencontre, et de passer du temps à accueillir et à écouter tous, en particulier les jeunes.

Voir

Deuxièmement : voir. Sortir, voir. Quand il passe dans les rues, Jésus s’arrête et croise le regard de l’autre, sans hâte. C’est cela qui rend son appel attrayant et fascinant. Aujourd’hui, malheureusement, la hâte et la rapidité des stimulations auxquelles nous sommes soumis ne laissent pas toujours la place au silence intérieur dans lequel résonne l’appel du Seigneur. Parfois, il est possible de courir ce risque également dans nos communautés : des pasteurs et des agents de la pastorale pris par la hâte, excessivement préoccupés par les choses à faire, qui risquent de tomber dans un activisme d’organisation vide, sans réussir à s’arrêter pour rencontrer les personnes. Au contraire, l’Évangile nous fait voir que la vocation commence par un regard de miséricorde qui s’est posé sur moi. C’est ce terme : « miserando », qui exprime en même temps l’étreinte des yeux et du cœur. C’est ainsi que Jésus a regardé Matthieu. Enfin, ce « publicain » n’a pas perçu sur lui un regard de mépris ou de jugement, mais s’est senti regardé à l’intérieur avec amour. Jésus a défié les préjugés et les étiquettes des gens ; il a créé un espace ouvert, dans lequel Matthieu a pu revoir sa vie et commencer un nouveau chemin.

C’est ainsi que j’aime penser le style de la pastorale des vocations. Et, si vous le permettez, de la même façon, j’imagine le regard de tout pasteur : attentif, sans hâte, capable de s’arrêter et de lire en profondeur, d’entrer dans la vie de l’autre sans qu’il se sente menacé, ni jugé. Le regard du pasteur est un regard capable de susciter de l’émerveillement pour l’Évangile, de réveiller de la torpeur dans laquelle la culture de la consommation et de la superficialité nous plonge et de susciter des questions authentiques de bonheur, surtout chez les jeunes. C’est un regard de discernement, qui accompagne les personnes, sans s’emparer de leur conscience, ni prétendre contrôler la grâce de Dieu. Enfin, c’est un regard attentif et vigilant, et, pour cela, appelé constamment à se purifier. Et lorsqu’il s’agit des vocations au sacerdoce et de l’entrée au séminaire, je vous prie d’opérer un discernement dans la vérité, d’avoir un regard avisé et prudent, sans légèreté et superficialité. Je le dis en particulier à mes frères évêques : vigilance et prudence. L’Église et le monde ont besoin de prêtres mûrs et équilibrés, de pasteurs intrépides et généreux, capables de proximité, d’écoute et de miséricorde.

Appeler

Sortir, voir et, troisième action, appeler. C’est le verbe propre à la vocation chrétienne. Jésus ne fait pas de longs discours, il ne remet pas un programme auquel adhérer, il ne fait pas de prosélytisme, et n’offre pas non plus de réponse toutes faites. En s’adressant à Matthieu, il se limite à dire : « Suis-moi ! ». De cette façon, il suscite en lui la fascination de découvrir un nouvel objectif, en ouvrant sa vie vers un « lieu » qui va au-delà du petit bureau où il est assis. Le désir de Jésus est de mettre les personnes en chemin, de les sortir d’une sédentarité mortelle, de rompre l’illusion que l’on peut vivre joyeusement en restant confortablement assis dans ses propres certitudes.

Ce désir de recherche, qui habite souvent les plus jeunes, est le trésor que le Seigneur place entre nos mains et dont nous devons prendre soin, que nous devons cultiver et faire germer. Regardons Jésus, qui passe le long des rives de l’existence, en recueillant le désir de qui cherche, la déception d’une nuit de pêche infructueuse, la soif ardente d’une femme qui va au puits prendre de l’eau, ou le profond besoin de changer de vie. Ainsi, nous aussi, au lieu de réduire la foi à un livre de recettes ou à un ensemble de normes à observer, nous pouvons aider les jeunes à se poser les justes questions, à se mettre en chemin et à découvrir la joie de l’Évangile.

Je sais bien que votre devoir n’est pas facile et que parfois, en dépit d’un engagement généreux, les résultats peuvent être faibles et nous risquons la frustration et le découragement. Mais si nous ne nous enfermons pas dans les plaintes et que nous continuons de « sortir » pour annoncer l’Évangile, le Seigneur reste à nos côtés et nous donne le courage de jeter les filets même quand nous sommes fatigués et déçus de ne rien avoir pêché.

Aux évêques, aux prêtres, surtout, je voudrais dire : continuez de vous faire proches, persévérez dans la proximité – la synkatabasis du Père et du Fils avec nous – ; continuez de sortir, de semer la Parole, avec des regards de miséricorde. C’est à votre action pastorale, à votre discernement et à votre prière qu’est confiée la pastorale des vocations. Ayez soin de la promouvoir en adoptant les méthodes possibles, en exerçant l’art du discernement et en donnant une impulsion, à travers l’évangélisation, au thème des vocations sacerdotales et à la vie consacrée. N’ayez pas peur d’annoncer l’Évangile, de rencontrer, d’orienter la vie des jeunes.

Et ne soyez pas timides en leur proposant la voie de la vie sacerdotale en montrant, avant tout à travers votre témoignage joyeux, qu’il est beau de suivre le Seigneur et de lui donner sa vie pour toujours. Et, comme fondement de cette œuvre, rappelez-vous toujours de vous confier au Seigneur, en implorant de Lui de nouveaux ouvriers pour Sa moisson et en soutenant les initiatives de prière au soutien des vocations.

Je forme le vœu que ces journées – au cours desquelles a jailli tant de richesse, notamment grâce aux rapporteurs qui y ont participé – puissent contribuer à rappeler que la pastorale des vocations est un devoir fondamental dans l’Église et interpelle le ministère des pasteurs et des laïcs. C’est une mission urgente que le Seigneur nous demande d’accomplir avec générosité. Je vous assure de ma prière, et vous, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Merci.

(*) Version française de l’ORLF n. 44. Titre, intertitres et note de La DC.

(1) DC 2014, n. 2513, p. 16.

Vaud: L'Eglise réformée gagne aux Prud'hommes

Un pasteur vaudois qui avait porté plainte contre l’Eglise réformée vaudoise (EERV) pour licenciement abusif a été débouté aux Prud’hommes.

Le Tribunal des prud’hommes de l’arrondissement de Lausanne a confirmé, le 3 novembre 2016, la légalité du licenciement du pasteur Daniel Nagy, qui avait fait couler beaucoup d’encre il y a deux ans. Le pasteur de Gryon estimait avoir été remercié de façon abusive et réclamait des réparations financières à l’EERV.

Le Conseil synodal (l’autorité exécutive de l’EERV) a constaté “avec soulagement que le cadre réglementaire de l’EERV et la gestion RH qui en a découlé dans l’affaire (…) sont conformes au droit du travail et qu’aucune charge n’est retenue contre lui”.

Une procédure humainement douloureuse

Contacté par L’agence de presse protestante Protestinfo, le pasteur Nagy n’a pas désiré commenté la décision de justice. Dans son communiqué, le Conseil synodal se dit “attristé d’avoir été poussé dans une procédure juridique humainement douloureuse pour chacun”.

L’EERV est troublée depuis plusieurs années par des tensions entre certains pasteurs et son autorité exécutive. (cath.ch-apic/ag/prot/rz)

© Centre catholique des médias Cath-Info, 05.11.2016

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Un pasteur pris en flagrant délit d'adultère a été forcé de défiler nu avec son affiche

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Il est si triste de constater que certains pasteurs ont décidé de salir le nom de Dieu. Un bon nombre d’entre eux sont pris dans des situations compromettantes.

Quand ils sont pris, ils blâme le diable. La plupart des pasteurs n’ont plus la crainte de Dieu. Ils sont plus préoccupés par la satisfaction de leurs désirs égoïstes, oubliant qu’ils sont censés être de bons exemples pour l’église et le monde. Lorsque vous voyez certains hommes de Dieu se livrer à des choses fâcheuses, vous commencez à vous demander s’il y en a encore d’authentiques.

Mais Il y en a…, Il y a de vrais serviteurs de Dieu qui craignent Dieu, et nous louons Dieu pour eux.

Voici un autre pasteur qui a été pris en flagrant délit d’adultère, un prophète Nigérian nommé Obi O. de l’ église de la Restauration au Nigéria.Il a été pris avec une femme mariée. Les gens se sont assurés qu’il sorte dans la rue nu, dépouillé de son pantalon et tenant une affiche de son église dans laquelle il apparaît, en main pour défiler dans la rue.Une vraie honte.

Après cette honte sera-t-il à mésure de prêcher encore dans son église ?

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Pourquoi un pasteur évangélique français a demandé pardon en Centrafrique

En déplacement à Bangui en octobre, Alain Stamp a demandé pardon, au nom de la France, à 350 responsables évangéliques réunis en forum.

L'évangélique français Alain Stamp, avec le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.ZOOM

L’évangélique français Alain Stamp, avec le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra. / / DR

La scène se déroule à Bangui, le 11 octobre dernier. Entre 300 et 350 personnes sont réunies dans la capitale centrafricaine. Il y a là des responsables évangéliques venus de tout le pays, pour assister pendant quatre jours à un « Forum des évangélistes » organisé par l’Alliance évangélique centrafricaine.

Lorsqu’il arrive devant l’assistance, Alain Stamp, l’un des responsables du Conseil national des évangéliques français (Cnef) commence par cette phrase étonnante. « Je crois que j’ai un double handicap : je suis blanc et je suis français. » Devant lui, des dizaines de personnes approuvent en silence. « J’ai alors simplement demandé pardon pour les actions graves, inadmissibles et révoltantes que mon pays a commis en Centrafrique, et exprimé mes regrets et ma compassion », raconte-t-il. « La réaction a été merveilleuse et bruyante de joie ! »

Armes, richesses du sous-sol

Pourquoi avoir exprimé une telle demande de pardon ? « Dès mon arrivée à Bangui, j’ai été en contact avec un pasteur, également haut fonctionnaire, qui a insisté sur la responsabilité de la France dans la situation du pays », répond le responsable français. Il cite notamment l’exploitation des richesses du sous-sol ou encore les ventes d’armes.

« En entendant parler cet homme, je me suis rendu compte que j’avais, en tant que chrétien et que pasteur, perdu toute crédibilité. » Or, lors du forum de Bangui, le responsable évangélique devait précisément intervenir sur un sujet délicat : « Face à la souffrance et l’épreuve. »

« Confiance spirituelle »

« Je perdais mon droit d’être écouté et entendu par les pasteurs qui étaient en face de moi, poursuit Alain Stamp. Le premier sens de ma demande de pardon a donc été une démarche spirituelle. » Une manière, selon lui, d’entrer dans une « relation de confiance spirituelle » avec ses interlocuteurs.

Dans les jours qui suivent, il accueille lui-même des demandes de pardon, notamment de la part de plusieurs jeunes présents, venu faire cette démarche pour regretter leur réaction « contre la France ». « L’un d’entre eux m’a demandé pardon au nom de la jeunesse centrafricaine. »

« Plate-forme interreligieuse pour la paix »

Au cours de ce forum, les participants ont notamment abordé la question du « pardon » et de la « guérison ». Deux thèmes centraux pour les Églises dans ce pays, et en particulier les Églises évangéliques. Les débats ont été clos en présence du président du pays, Faustin-Archange Touadéra, élu en mars dernier à la tête du pays.

Le président de l’Alliance évangélique centrafricaine, Nicolas Guérékoyame-Gbangou, est l’un des membres de la plate-forme interreligieuse pour la paix, créée en 2013 aux côtés de côtés de l’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, et de l’imam de Bangui, Oumar Kobine Layama.

La Centrafrique éprouve de grandes difficultés à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l’ex-président François Bozizé par des rebelles séléka (« coalition » en sango) majoritairement musulmans, qui avait entraîné une contre-offensive des milices anti-balaka majoritairement chrétiennes.

Loup Besmond de Senneville

Religion : Gospel Assembly, une nouvelle église pour le salut des âmes

LEFASO.NET | Par Justine Bonkoungou (Stagiaire) • mercredi 2 novembre 2016 à 11h00min

La communauté évangélique du Burkina Faso a enregistré un nouveau-né. Le lancement de la nouvelle église baptisée Gospel Assembly a eu lieu ce dimanche 30 octobre 2016 à Ouagadougou, en présence de pasteurs et de fidèles venus nombreux pour l’occasion.

Religion : Gospel Assembly, une nouvelle église pour le salut des âmes

Fondé par le pasteur Der Laurent Dabiré, Gospel assembly a pour particularité la célébration du culte en anglais et en français. Elle est une branche franco-anglaise de l’Assemblée évangélique de pentecôte (AEP).

La réalisation d’une vision

En 2008, Der Laurent Dabiré est ordonné pasteur. La même année, il est aussi envoyé à New York comme diplomate auprès des Nations-Unies. A en croire le pasteur Der Laurent Dabiré, c’est lorsqu’il se trouvait à New York qu’il a reçu la révélation de fonder une église dont le culte sera célébré en anglais et en français comme aux Nations-Unies où les langues de travail sont l’anglais et le français.

A son retour au Burkina Faso en 2013, il est nommé pasteur principal de l’Assemblée évangélique de Pentecôte de Bonheur ville, quartier périphérique de Ouagadougou. Mais il ne perd pas de vue sa vision de créer une église bilingue français-anglais. Trois ans donc après son retour au Burkina Faso, la vision devient réalité ce 30 octobre 2016 où le pasteur Dabiré reçoit les bénédictions de ses collègues pasteurs qui lui imposent les mains.

Selon le pasteur Der Laurent Dabiré, Gospel Assembly repose sur trois piliers, la prière, l’humanitaire avec la réalisation d’œuvres sociales, à l’image de Jésus Christ et enfin l’adoration véritable de Dieu.

Le président national de l’AEP, le pasteur Samuel Yaldia, parrain de la cérémonie s’est dit heureux de la naissance de cette nouvelle église qui participe à l’expansion de l’évangile. A l’endroit du pasteur Der Laurent, il dit prier que la grâce de Dieu l’accompagne dans son œuvre. Il a par ailleurs formulé le vœu que de nombreuses vies soient gagnées à Jésus-Christ à travers Gospel Assembly et l’évangile qui y sera prêché, « un évangile de vérité, de salut, qui transforme la vie, qui transforme la société, la nation et qui est la solution pour notre monde brisé, fracturé, angoissé. »

En attendant d’avoir un local, les cultes de Gospel Assembly se feront dans les différents hôtels de Ouagadougou.

Justine Bonkoungou(Stagiaire)

Lefaso.net

L'ascension des prêcheuses superstars

Pendant plus d’une semaine nos reporters ont traversé le Sud profond de l’Amérique, à la rencontre des femmes prêcheuses, ces « born again » qui transcendent les foules, vénèrent Jésus et Trump. En cette période d’élection présidentielle, leur vote et celui de leurs fidèles pèseront d’un poids considérable.

Elle est apparue juste après que les fidèles ont fini de déposer leurs offrandes sur la scène qui occupe toute la largeur de la vaste église. Ses escarpins écrasent les enveloppes roses renfermant les dons. Blonde, fine, robe rouge et microserre- tête, elle est… divine. L’assistance – principalement des femmes noires entre deux âges – retient son souffle. Ce matin d’août, au moment où un orage tropical s’abat sur le New Destiny Christian Center d’Apopka, dans le centre de la Floride, la pasteur Paula White débute son prêche dominical.

Ça démarre calmement. Il est question, en substance, de la nécessité de s’en remettre au ciel pour affronter les difficultés de l’existence :

Dieu sait exactement qui vous êtes et il vous aime.

Puis son débit va crescendo, son corps se met en mouvement. Elle cite les Évangiles, roule des épaules, claque des doigts, jure à nouveau de « l’amour du Christ », montre le poing, lâche quelques blagues, feule, tape du pied, gouaille et finit par ordonner : « Satan, sors de ma vie. » Quand, une quarantaine de minutes plus tard, elle en termine avec ce monologue halluciné où se mêlent théologie et conseils de bonne copine, le public est extatique. « C’est Dieu qui parle à travers moi », confiera-t-elle après l’office.

Un passé à scandale

 

Paula White, 50 ans, est une star ; la plus connue des prêcheuses américaines. Sa jeunesse agitée, ses émissions de télévision, ses trois mariages, son train de vie pharaonique, ses ennuis avec le fisc, sa ruine et, enfin, son retour sur le devant de la scène : rien de tout cela n’affecte sa popularité. Au contraire. Pour les évangélistes, le principal groupe religieux aux Etats-Unis (1), chuter n’est en effet pas rédhibitoire, à condition de faire amende honorable et d’accepter d’être « sauvé par Jésus ».

Un pasteur sur dix est désormais une femme, renouvelant le genre. Longtemps considérés avec mépris par les Eglises protestantes traditionnelles, ces « born again » (« renaître dans la foi », ndlr) forment aujourd’hui une composante incontournable de la société américaine. En cette période d’élection présidentielle, leur vote pèsera ainsi d’un poids considérable, bien que sans surprise : être évangéliste c’est presque systématiquement être affilié à la droite religieuse. Pour un Français habitué aux rites immuables du christianisme européen et aux crispations du débat sur la laïcité, cette omniprésence du fait religieux est souvent un choc. Mais l’ignorer, c’est ne rien comprendre à l’Amérique contemporaine.

Kimberly Jones Pothier aime gratifier ses visiteurs de hugs puissants, des étreintes qui semblent dire :

Dieu et moi-même nous chargeons désormais de ton fardeau.

Notre voyage avait débuté dans son église, l’un de ces nombreux lieux de culte posés le long de la route qui traverse Fayetteville, une bourgade proprette de Géorgie. Dans cet Etat du cœur de la « Bible Belt » – la frontière imaginaire qui délimite la partie du sud-est des Etats-Unis où les « Jesus lovers » sont les plus enthousiastes –, la moitié des habitants se considèrent comme « très religieux » (1).

Ici comme en Floride voisine ou dans le reste du pays, les nouveaux chrétiens affichent leur foi sans aucun complexe, qu’ils soient ancien président (George W. Bush), monsieur et madame Tout-le Monde, hurluberlus ou marginaux. Le père de « Pasteur Kim » était prêcheur itinérant, parcourant le Middle West pour transmettre la bonne parole. Il a d’abord eu des réticences à voir sa fille vouloir l’imiter : selon ses exégètes (masculins), la Bible réserverait en effet ce rôle aux hommes. Les choses ont changé.

« Tonner et menacer les pêcheurs des foudres de l’enfer, ce n’est pas mon truc, explique Kimberly Jones Pothier. Je préfère parler d’amour et donner de l’espoir. » Un prêche simple et sucré qu’elle diffuse sur les réseaux sociaux, où ses Dr. Martens et son look sagement punk lui ont permis se démarquer de la concurrence.

Pasteur et actrice de télé-réalité

L’adresse du rendez-vous suivant est celle d’une résidence privée de la banlieue aisée d’Atlanta. Des grandes maisons identiques, des pelouses taillées au cordeau, rien ne dépasse. Dommage que l’on ait oublié de planter les arbres pour se protéger du cruel soleil de Géorgie. La pasteur Tara Lewis est apparue très légèrement en retard, après avoir descendu l’escalier de son logis rutilant, moulée dans une spectaculaire robe noire.

Après avoir participé à Sistershood, une émission de téléréalité trash mettant en scène des épouses de pasteurs, elle présente désormais une émission religieuse sur le câble, en duo avec son mari, Brian. « Nous voulons montrer ce qu’est une vraie famille chrétienne », précise-t-elle. Télévision, Internet, T-shirts ou autocollants à l’arrière des voitures : pour les évangélistes, peu importe le médium du moment que se transmet le « gospel de Jésus Christ », ce récit de la vie éternelle promise aux croyants. Tara Lewis est noire, franche du collier, et affiche un corps sculptural, fruit de vingt heures hebdomadaires de fitness.

Il y a vingt ans, c’est d’ailleurs dans une salle de gym qu’elle avait rencontré Brian, un Juif californien devenu pasteur évangéliste. Une Noire et un Blanc, convertis par-dessus le marché : outre qu’il leur donnera peut-être un jour ce succès d’audimat dont ils rêvent, ce schéma conjugal est une rareté dans leur milieu, surtout dans le Sud. Après huit ans de présidence Obama et la polémique sur la mort de plusieurs Afro-Américains tués ces derniers mois par des policiers à la gâchette facile, la question raciale est toujours un sujet brûlant, présent dans tous les esprits. « Il y a dans ce pays un politicien qui attise les tensions communautaires », accuse-t-elle.


Donald Trump ? « Mais non, pas du tout ! C’est Hillary Clinton qui profite des divisions du peuple américain. » On s’étonne de cette virulence, d’autant que la communauté noire s’apprête à voter en masse pour la candidate démocrate. « Croire au message de la Bible et lui permettre de devenir présidente, c’est incompatible. Elle s’oppose à nos valeurs fondamentales. Nous sommes conservateurs ; Hillary, elle, est diabolique », résume la pasteur culturiste. Des valeurs résumées par un Christ sévère sur les immenses panneaux qui jalonnent l’autoroute filant vers Jacksonville, Floride, où, le lendemain, Donald Trump tient meeting.

Jésus protégeant un embryon (non à l’avortement) ou bénissant des GI agenouillés sur fond d’Apocalypse (God Bless America !) : comme pour les vitraux du Moyen Age, le message doit être compris en un coup d’oeil. Au moment où l’on pénètre en Floride, la voix d’un prêcheur sortie de l’autoradio se charge d’enfoncer le clou : « Etre sauvé par Jésus ou emporté par Satan. » Car le diable est partout, rappellent les sermons. Derrière un divorce, un foyer submergé de dettes. Ou derrière l’obésité morbide dont souffrait Shane Boen, 42 ans. On l’a rencontrée durant le discours du candidat républicain au Veterans Memorial Arena, une immense salle omnisports de Jacksonville. Ce soir-là, « The Donald » semble fatigué et confus, mais Shane, ceinte de son écharpe de « Mme Rêve américain 2016 », resplendit.

Elle a été sacrée reine de ce concours de beauté quelques jours plus tôt, après avoir perdu 30 kg. Un résultat obtenu, selon elle, grâce à la prière et au « Vi-Shape », un régime à base de barres vitaminées et de boissons énergisantes. « Nous croyons en Dieu, la famille et la patrie. Dans cet ordre », explique Shane Boen, qui soutient donc Trump, comme 70 % des évangélistes (2).

“Inspirer la vie des gens”

Chaleur étouffante. Humidité maximale. Nuées de moucherons gros comme le poing. La route traverse le « marais du bouseux » (Cracker Swamp) et, perdu dans un sous-bois, le cimetière d’une charmante église où les tombes des soldats morts durant la guerre de Sécession ont été fraîchement décorées du drapeau confédéré. Un monde, décidément, sépare le nord rural de la Floride de Miami, la métropole cosmopolite et clinquante du sud de l’Etat.

La vie est dure par ici, et le travail rare

dit Carrey Morford, en surveillant du coin de l’œil la demi-douzaine d’enfants – les siens et ceux des voisins – qui jouent dans la piscine de ses beaux-parents, à Melrose. Une « mum » souriante, en jean et débardeur, dont on n’aurait jamais deviné qu’elle puisse aussi être pasteur. A 33 ans, Carrey est pourtant à la tête d’une petite communauté informelle qui se réunit dans une clairière et qu’elle a baptisée la Mission du chemin de terre. On fi nit vite par comprendre qu’elle professe discrètement des idées iconoclastes, infiniment plus libérales que la doxa évangéliste (« Je vais même voter Clinton, mais ne le répétez pas »).

Alors pourquoi rester dans ce coin perdu, 100 % blanc et conservateur, où elle a passé toute sa vie mais dans lequel elle semble tellement détonner ?

Je veux inspirer la vie des gens, comme le faisait Jésus

confie Carrey Morford. Je crois au prêche par l’exemple, à la générosité et à la tolérance du christianisme originel. » Il arrive pourtant aussi aux croyants les plus sincères de douter. En plus de leurs trois enfants, Carrey et son mari, Isaac, ont ainsi adopté un adolescent (« Je ne vous laisserai pas orphelins », Jean 14:18). Lequel, l’année dernière, a violé l’une de leurs fillettes. Sa voix se brise :

C’est notre foi qui a amené cette catastrophe sur notre foyer.

On n’a pas osé lui demander de détails. Au septième jour de notre traversée de l’Amérique des croyants, à Melbourne, station balnéaire anciennement à la mode du centre de la Floride, une mélodie sirupeuse s’échappe de l’église Jésus-est-la-clé.

Sur l’air de Candle in the wind, Chad Forshino, coiffure et chemise bouffantes, y chantait « les louanges du roi des rois » en s’accompagnant au piano avec la dextérité d’un pianiste de hall d’hôtel. « Il improvise en fonction de ce que lui souffle le Saint- Esprit », jurait la pasteur Janna Hogan-Forshino en désignant son mari. Cela a duré longtemps, pour le plus grand plaisir des douze personnes âgées qui composaient l’assistance. Immobile dans le fond, il y avait aussi ce type auquel il manque une dent et qui ne rate aucun office.

Eddy Layton, 48 ans, a débarqué de Virginie il y a quelques années et n’a ni femme, ni enfants, ni proches. Dans ce pays immense, la Floride est un réceptacle à déracinés venus chercher un nouveau départ ou y terminer leur vie au soleil. Un terminus de la solitude, où les lieux de culte sont la dernière garantie d’un minimum de vie sociale.

Une mégapole pour les croyants

Paula White se recoiffe, aidée de trois assistantes. Après son prêche enflammé, on l’a rejointe dans son immense loge, où six de ses adjoints, tous des hommes, ont pris place autour de la lourde table de style texan garnie de fruits et de fromages.

Sa petite fille sur les genoux, elle raconte d’une voix douce pour la énième fois les mêmes anecdotes sur son parcours hors du commun. Une vraie professionnelle doublée d’une hôtesse charmante qui se démène pour Donald Trump, « un ami de quinze ans » : il faut convaincre l’establishment évangéliste que le candidat républicain est un bon chrétien. A ceux qui s’étonneraient de l’alliance d’une femme en contact direct avec le Très-Haut et de l’homme d’affaires qui n’a jamais manifesté d’intérêt pour la religion, il est conseillé d’aller chercher du côté du « gospel de la prospérité ».

La pasteur White est en effet réputée pour prêcher à ses ouailles que plus ils donnent à leur église, plus le ciel le leur rendra. Selon cette doctrine extrêmement contestée dans les milieux chrétiens, la richesse individuelle est donc, par extension, un signe de la grâce divine. De là à faire d’un magnat de l’immobilier comme Donald Trump un élu de Dieu… CQFD. Mais Paula White voudrait surtout parler de ses projets.

Ces tonnes de nourriture et de matériel scolaire distribuées aux familles nécessiteuses du coin. Cette collection d’escarpins à son nom (« J’adore les chaussures, vous savez », confie-t-elle, coquette). Et surtout, cet immense complexe qu’elle s’apprête à faire construire autour de son église de New Destiny. On y trouvera un hôpital psychiatrique gratuit, une école, des logements. Une véritable ville dont elle a déjà décidé le nom – Destiny la bien nommée – et dont elle confiera la direction à son fils, Bradley Knight.

Et lorsque Paula White promet qu’il bénéficiera dans sa tâche de « la bénédiction de Jésus Christ », ce trentenaire sympathique ainsi que l’ensemble des présents acquiescent avec conviction. On se gardera bien de jouer les sceptiques : lorsque nos prêcheuses annoncent la couleur, généralement, elles s’y tiennent. Au nom de la Mère, de ses filles et du Saint-Esprit.

Le pape a célébré la Toussaint avec la minorité catholique de Suède

Rome (AFP) – Le pape François a achevé mardi une visite de deux jours en Suède, au cours de laquelle il a notamment participé au lancement du 500e anniversaire de la Réforme protestante de Martin Luther et célébré la Toussaint avec la petite minorité catholique du pays.

Le pape a regagné Rome dans l’après-midi, après avoir célébré à Malmö (sud de la Suède) une messe de la Toussaint pour cette minuscule communauté catholique, qui défend des valeurs conservatrices dans ce pays ultra-sécularisé où les pasteurs, hommes ou femmes, vivent ouvertement leur homosexualité.

La veille, il avait participé au lancement de l’année du 500e anniversaire de la Réforme protestante de Martin Luther, excommunié par l’Église catholique au XVIe siècle. Dans la cathédrale de Lund (sud), le pape et des représentants luthériens du monde entier ont exprimé leurs profonds regrets face aux massacres et préjugés issus du schisme entre chrétiens, appelant à poursuivre le dialogue vers l’unité.

La concorde affichée masque cependant des différends doctrinaux et liturgiques importants.

En Suède par exemple, le ministère pastoral est ouvert aux femmes depuis 1960, les pasteurs peuvent marier des couples gays depuis 2009 et peuvent eux-mêmes se marier religieusement avec un partenaire du même sexe. Les couples homosexuels ont accès à la procréation médicale assistée, un épouvantail pour beaucoup de catholiques.

Interrogé dans l’avion du retour par une télévision suédoise sur l’éventuelle ordination des femmes dans les prochaines décennies, le pape François a rétorqué que la question avait été tranchée clairement pour l’Église catholique sous Jean Paul II.

“Les femmes peuvent faire tant de choses mieux que les hommes”, a-t-il botté en touche, en notant que l’Église “avait une dimension féminine” au regard de l’importance de la Vierge Marie.

Au cours d’une célébration en latin et suédois de “tous les saints” devant 15.000 fidèles, dont de nombreux migrants et convertis qui contribuent au dynamisme de l’Église catholique en Suède, le pape a prôné “la douceur”, qui “permet de laisser de côté tout ce qui nous divise et nous oppose”. Le pape argentin s’exprimait dans un grand stade de Malmö (sud), la troisième ville du pays qui compte une large communauté immigrée.

– “Nous avons besoin de femmes prêtres” –

L’église catholique de Suède revendique 113.000 membres (1,1% de la population), contre 87.000 en 2000, mais estime le nombre réel de catholiques dans le pays à 150.000.

Elle passe parfois pour une “place forte” de la doctrine chrétienne dans un pays peu religieux qui a élevé au rang de vertus cardinales la tolérance, l’égalité entre les sexes et la promotion des droits des minorités sexuelles.

Anders Arborelius, unique archevêque catholique de Suède, sait gré au Vatican de maintenir la tradition face aux réformes sociétales dont la Suède s’est faite la championne.

Ce pape “vient d’un autre continent et a des façons bien à lui de s’exprimer qui peuvent expliquer qu’il soit perçu comme progressiste, plus ouvert à la diversité des modes de vie”, avance ce converti. Pour autant, “on ne peut pas dire qu’il ait modifié en aucune façon la doctrine” de l’Église catholique “sur la famille, la parentalité, l’homosexualité ou l’ordination des femmes”.

Henrik Glamsjö, pasteur venu avec femme et enfants assister à l’office en plein air, exprime le malaise de certains luthériens qui, comme lui, ont fait le choix de la conversion. “L’Église de Suède est contrôlée par les politiques. Ils interfèrent dans la liturgie”, déplore-t-il. “L’Église catholique est l’Église mondiale, c’est l’Église originelle, la mère des Églises”. Et le pasteur bientôt catholique désapprouve le mariage gay: “Le mariage est un sacrement”.

Ingeborg Stenström, une fidèle catholique suédoise d’origine allemande, souhaite de son côté une évolution: “les catholiques doivent changer. Nous avons besoin de femmes prêtres”.

L’Église luthérienne de Suède compte 6,2 millions de fidèles enregistrés et acquittant l’impôt religieux, soit 62% de la population. Mais pratique et croyance sont parmi les plus faibles du monde, et l’Église majoritaire a perdu plus de 550.000 fidèles en dix ans, alors que l’Église catholique recrute.

Le pape appelle les évêques à la responsabilité concernant la vie consacrée

Devant les participants à la première rencontre internationale des vicaires épiscopaux et délégués diocésains à la vie consacrée, le pape François a rappelé, vendredi 28 octobre, la responsabilité des évêques au moment d’ériger de nouveaux instituts religieux.

Lorsqu’ils décident « d’ériger un nouvel institut », les évêques diocésains ne peuvent se contenter de penser à leur Église locale, a rappelé le pape aux participants à la première rencontre internationale des vicaires épiscopaux et délégués diocésains à la vie consacrée qu’il recevait en audience, vendredi 28 octobre, au Vatican.

« Ils ne peuvent être simplistes lorsqu’ils exercent cette grave responsabilité », a-t-il souligné, quelques mois après avoir requis des évêques la consultation de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique avant d’ériger de nouvelles communautés.

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Lorsqu’ils prennent cette décision, a poursuivi le pape, « ils exercent certainement un droit qui leur est propre, mais ils prennent en même temps une responsabilité au nom de l’Église universelle, à partir du moment où cet institut sera destiné à grandir au-delà des frontières du diocèse qui l’a vu naître ».

« Il faut considérer avec prudence le devoir de fournir la formation adéquate aux candidats », a insisté François. « Il s’agit d’une décision délicate, a-t-il ajouté, et il est bon que les évêques se laissent aider. »

« Capital spirituel »

« La vie consacrée est un capital spirituel qui contribue au bien de tout le corps du Christ », a dit le pape, encourageant les pasteurs au discernement mais aussi à « promouvoir dans leurs Églises les différents charismes qu’ils soient anciens ou nouveaux, à être proches des consacrés avec tendresse et amour et à enseigner au peuple de Dieu la valeur de la vie consacrée ». Les pasteurs, souligne-t-il, « sont appelés à respecter sans manipulation la pluridimensionnalité qui constitue l’Église ».

Aux consacrés, le pape François a demandé de ne pas confondre une « juste autonomie » avec « l’isolement et l’indépendance » et d’avoir en mémoire « qu’ils ne sont pas un patrimoine fermé mais une facette intégrée dans le corps de l’Église, attirée vers le centre qui est le Christ ». Faisant ensuite référence à la relation entre pasteurs et consacrés, le pape a mis en avant la nécessité « d’approfondir la valeur de la réciprocité », de « cultiver le dialogue, l’écoute, et la recherche partagée de la vérité ».

Traiter les religieuses cloîtrées comme des « femmes adultes »

« Il n’existe pas de relations mutuelles là où certains commandent et d’autres se soumettent par peur ou intérêt », a observé le pape, rappelant que « tous sont appelés à construire des ponts ».

Le pape a également évoqué la vie contemplative et son importance pour la vie de l’Église.

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Il a ainsi invité à accompagner les religieuses avec « une affection fraternelle » et à les traiter comme des « femmes adultes », en respectant leurs « compétences », sans « interférences ». À ses yeux, les Églises locales ont besoin de ces « phares qui indiquent la route pour arriver à bon port ».

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Marie Malzac (avec I.Media et Radio Vatican)