Martin Luther : l'éducation du peuple et les catéchismes

En 1528, après une visite pastorale menée en Saxe, Martin Luther se rend compte des lacunes dans l’instruction religieuse tant des fidèles que de certains pasteurs : « L’homme du commun, surtout dans les villages, ignore tout de la doctrine chrétienne ; un grand nombre de pasteurs – hélas – sont fort malhabiles et incapables de l’enseigner. Ils vivent comme du bétail insouciant et des pourceaux dépourvus de raison », écrit-il dans la préface au Grand Catéchisme. Aussi prononce-t-il plusieurs séries de prédications sur des points centraux – le Credo (la foi de l’Église), le Notre Père (la prière à Dieu) et le Credo (les œuvres que Dieu exige du chrétien) –, avant de publier, en janvier 1529, le Petit Catéchisme, puis, en avril, le Catéchisme allemand, plus connu sous le nom de Grand Catéchisme. Ces deux ouvrages se présentent sous forme de questions-réponses. Le Petit Catéchisme était destiné à être appris par cœur ; il parut d’abord sous forme d’affiches que l’on accrochait dans les maisons, les écoles ou les églises. Le Grand Catéchisme, destiné à nourrir la prédication des pasteurs et à contrôler leur doctrine, renferme des exposés plus développés ; Luther s’attache à y présenter en profondeur chaque point de la foi. Toutefois, les deux ouvrages s’adressent aussi aux maîtres d’école et même aux chefs de famille, « évêques » et « pasteurs » de leurs domestiques, chargés d’examiner la foi de ceux qui vivent sous leur toit.

Le Réformateur ne suit pas le plan traditionnel des catéchismes du Moyen Âge : le Credo, le Notre Père, puis le Décalogue (les dix commandements). Il commence par ce dernier, qui pour lui prépare à la foi (Credo), dont résulte la prière des enfants de Dieu (Notre Père). Ainsi, le Credo est situé au centre du catéchisme et, au centre du Credo, on trouve l’article qui se rapporte à Jésus-Christ : « Je crois en Jésus-Christ, son fils unique, notre Seigneur… » Cette place centrale n’est pas un hasard : le deuxième article du Credo proclame le salut acquis pour l’homme par le Christ seul.

Au contraire des catéchismes antérieurs, Luther n’interprète pas le deuxième article séquence après séquence (« Il a été conçu du Saint-Esprit… », « Il est né de la Vierge Marie… »), mais il en donne l’interprétation tout d’une traite : ce qui commande la compréhension de l’article, c’est le « petit mot Seigneur », c’est-à-dire le fait que Jésus-Christ se révèle comme rédempteur ou sauveur. Situé au cœur du catéchisme, le deuxième article du Credo exprime le message réconfortant de l’Évangile : Jésus-Christ délivre le croyant des puissances de mort pour le placer sous sa seigneurie. Ce qui est important, c’est de croire qu’il l’a fait « pour moi » : « Je crois que Jésus-Christ… est devenu mon Seigneur. » Sous la plume de Luther, même la fin de cet article – « Il viendra juger les vivants et les morts » – perd son caractère effrayant.

Cette tonalité très positive des catéchismes de Luther, jointe à une langue simple, concise et très expressive, a contribué à l’immense succès de ces ouvrages. De son vivant, ils ont connu une trentaine d’éditions en allemand, et plusieurs en latin, danois, français ou encore – pour le Petit Catéchisme – en estonien. Imités par les autres catéchismes protestants, mais aussi par les catholiques, ces manuels sont les ouvrages de Luther qui connurent le plus grand succès. Rien qu’au XVIe siècle, on estime que 500 000 exemplaires ont été imprimés. Jusque dans la seconde moitié du XXe siècle, ils ont été en usage dans l’enseignement religieux dispensé par les pasteurs, exerçant ainsi une influence considérable sur la piété luthérienne.

*professeur d’histoire du christianisme moderne et contemporain à la faculté de théologie protestante de l’université de Strasbourg. Il est l’éditeur (avec Marc Lienhard) de Luther dans la Bibliothèque de la Pléiade chez Gallimard (T.1, 1999; T.2, 2017) et l’auteur, entre autres, d’une biographie de Luther (Fayard, 2017). Il a participé à la BD « Luther » (Collection « Ils ont fait l’histoire », Glénat-Fayard, 2017)

« Le petit mot « Seigneur » signifie « rédempteur »

Ici, nous apprenons à connaître la deuxième personne de la divinité afin de voir ce que, outre les biens temporels dont nous avons parlé plus haut, nous tenons de Dieu : il s’est entièrement déversé et n’a rien gardé qu’il ne nous ait donné. Cet article [du Credo] est très riche et très étendu ; toutefois, pour le traiter brièvement et le rendre accessible aux enfants, nous prendrons une parole pour saisir en elle l’essentiel de cet article, à savoir que nous apprenions comment nous avons été délivrés. Il s’agira de ces mots : « En Jésus-Christ, notre Seigneur. »

Si donc l’on demande : « Que crois-tu, dans le second article, au sujet de Jésus-Christ ? » Réponds, le plus brièvement possible : « Je crois que Jésus-Christ, vrai Fils de Dieu, est devenu mon Seigneur. » Mais que veut dire « devenir un Seigneur » ? Cela signifie qu’il m’a délivré du péché, du diable, de la mort et de tout malheur. Auparavant, en effet, je n’avais ni seigneur ni roi, mais j’étais prisonnier, soumis à la puissance du diable, condamné à mort et empêtré dans les liens du péché et de l’aveuglement.

En effet, après que nous avons été créés et que nous avons reçu de Dieu le Père toutes sortes de biens, le diable est venu et nous a conduits dans la désobéissance, dans le péché, dans la mort et dans tous les malheurs, de sorte que nous étions sous la colère de Dieu et sous sa disgrâce, voués à la damnation éternelle, ainsi que l’avions encouru et mérité. Il ne subsistait ni espoir, ni aide, ni réconfort, jusqu’à ce que le Fils unique et éternel de Dieu, dans son insondable bonté, prenne pitié de notre détresse et de notre misère, et que, du ciel, il vienne pour nous porter secours. C’est ainsi que tous ces tyrans et ces geôliers ont été chassés, et qu’à leur place est venu Jésus-Christ, le Seigneur de la vie, de la justice, de tous les biens et de la félicité. Nous autres, pauvres hommes perdus, il nous a arrachés au gouffre de l’enfer, il nous a acquis, rendu libres et ramenés dans la clémence et dans la grâce du Père ; et, comme ce qui lui appartient, il nous a pris sous sa protection, afin de nous gouverner par sa justice, par sa sagesse, par sa puissance, par sa vie et par sa félicité.

Tel est donc l’essentiel de cet article : le petit mot « Seigneur » signifie tout simplement « rédempteur », c’est-à-dire celui qui nous a menés du diable à Dieu, de la mort à la vie, du péché à la justice, et qui nous y maintient. Quant aux autres points qui suivent dans cet article [du Credo], ils ne font qu’expliciter cette rédemption et exprimer comment et par quoi elle s’est produite : c’est-à-dire, combien il en a coûté au Seigneur, ce qu’il a employé et risqué pour nous gagner à lui et nous conduire à sa seigneurie, à savoir qu’il est devenu homme, qu’il a été conçu du Saint-Esprit et qu’il est né de la Vierge sans aucun péché, afin de se rendre maître du péché ; à savoir aussi qu’il a souffert, qu’il est mort et qu’il a été enterré, afin de satisfaire pour moi et de payer ma dette – non pas avec de l’or ou de l’argent, mais par son propre et précieux sang. Et tout cela, afin de devenir mon Seigneur. Car il n’a fait ni n’avait besoin de faire aucune de ces choses pour lui-même. Ensuite, il est ressuscité, il a englouti la mort et l’a dévorée, et, enfin, il est monté au ciel ; il y a pris le pouvoir, à la droite du Père, de sorte que le diable et toutes les puissances doivent lui être soumises et gésir à ses pieds, jusqu’à ce que, pour finir, au dernier jour il nous sépare et nous coupe du monde mauvais, du diable, de la mort et du péché.

Luther, Le grand catéchisme,traduction de Matthieu Arnold, d’après l’édition originale de Weimar, t. 30/I.Martin Luther

En Ouganda, des prêtres et des pasteurs contre l'homophobie

Un membre de la communauté LGBT au cours de l’événement organisé pour la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, à Kampala, le 17 mai 2017.Un membre de la communauté LGBT au cours de l’événement organisé pour la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, à Kampala, le 17 mai 2017.Crédits : Gaël Grilhot

« Vous n’êtes pas tout seuls !, clame le pasteur Simon à l’assemblée. Priez le Seigneur ! » Une invitation à la prière aussitôt suivie d’un « Alléluia ! » repris en chœur par l’assistance, couvrant presque la musique de l’orchestre. La cérémonie, en présence de personnalités religieuses provenant de différentes obédiences chrétiennes, a tout d’une réunion œcuménique, comme il y en a tant en Ouganda. Jusque dans la disposition des chaises sous le chapiteau, telle une petite église de fortune. Mais cette assemblée est un peu particulière, car elle est majoritairement composée de membres de la communauté Lesbiennes gays bisexuels et transsexuels (LGBT), réunis, mercredi 17 mai, pour la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

L’événement se déroule dans les jardins du siège de l’organisation Minorités sexuelles en Ouganda (SMUG). Une grande maison entourée d’un vaste terrain, située dans le quartier de Ntinda, à Kampala. Sur une petite table, des brochures pédagogiques, et dans un autre coin du jardin, deux infirmiers de l’hôpital de Mulago pratiquent des tests VIH à ceux qui le souhaitent. « Cette journée est très importante pour nous, affirme Pepe Julian Onziema, directeur de programme de SMUG, car il y a beaucoup d’intolérance envers les LGBT ici, en Ouganda, mais aussi parce que ça permet à toute la famille LGBT de se réunir, pour échanger des expériences et se soutenir. »

Discriminations et agressions physiques

Mais derrière l’ambiance bon enfant, la tension est restée palpable toute la journée. Afin de rassurer les membres de la communauté, Pepe Julian Onziema a dès le début annoncé que les autorités avaient été prévenues et que deux policiers étaient en faction pour éviter le moindre trouble. En outre, le SMUG avait mis en place un dispositif interne de sécurité, et les invitations avaient été envoyées au compte-gouttes.

Des précautions qui ne sont pas de trop. L’Ouganda reste un pays très répressif à l’encontre des LGBT. En février 2014, une loi liberticide avait été signée par le président Museveni qui prévoyait la détention à vie des homosexuels et l’obligation de délation à leur encontre. Devant le tollé international, la loi a finalement été annulée par la Cour suprême six mois plus tard, mais les séquelles sont toujours là, et la communauté LGBT doit toujours faire face à de très sérieuses discriminations et agressions, y compris physiques. En août 2016, une descente de police particulièrement brutale avait mis fin à un événement festif organisé par la communauté. Plusieurs arrestations avaient eu lieu et des personnes avaient été battues.

Dans la plupart des cas, « ces discours de haine ont pour origine un fond religieux », explique Pepe Julian Onziema. La loi de 2014 a par exemple été fortement inspirée par les évangéliques américains. C’est pour cette raison que le SMUG fait appel à des personnalités religieuses comme le pasteur anglican Denis Iraguha, pour venir contredire ce discours, et soutenir les membres de la communauté, dont beaucoup sont très croyants. « Nous essayons de réconforter ceux qui n’ont pas d’espoir, explique Denis Iraguha, même si vous êtes discriminés à l’intérieur de vos familles, il y a d’autres personnes qui vous aiment. Vous pouvez retrouver une autre famille. » Et la réponse du pasteur aux prêches homophobes est sans appel : « Il y a tellement de discriminations en raison de l’ignorance. Je pense qu’ils ont mal interprété le sens de l’amour. Ils utilisent ce qu’ils appellent la culture africaine pour combattre les LGBT, mais ils ne savent pas ce que c’est réellement. »

Cette présence religieuse s’explique également, selon Pepe Julian Onziema, parce que « nous sommes dans une logique de dialogue et de discussion. Nous ne nous excluons pas de la société dans son ensemble, donc c’est important que des leaders religieux soient là pour être à nos côtés ».

Église protestante unie : Laurent Schlumberger fait le bilan de son action

Avant de quitter ses fonctions, le pasteur Laurent Schlumberger revient sur le rôle de l’Eglise protestante unie dans la société.

Commençons par la fin. Qu’allez-vous faire au terme de votre mandat ?

Je redeviens pasteur de paroisse, à La Rencontre, à Paris. Il s’agit d’une toute petite communauté qui cherche un nouveau souffle, au milieu d’un quartier où il y a tout à faire : Stalingrad avec ses immigrés et ses exilés, les hôpitaux, les gares, les quartiers très populaires, voire misérables, les quartiers très bourgeois, l’interculturel, etc. L’enjeu est d’imaginer un mode de présence.

Justement, après la présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, l’Église n’a-t-elle pas « raté » quelque chose dans les quartiers déshérités ?

Il y a un gros travail à faire ! Cela fait partie de la volonté de notre Église de sortir de ses murs, d’aller vers les marges, sur le seuil. La Mission populaire évangélique l’a beaucoup fait, à tel point que, là où il avait une Miss’ Pop’, l’ERF s’abstenait d’implanter une paroisse. Depuis un certain temps, ce sont les Églises évangéliques qui le font le plus. De notre côté, il y a des choses à imaginer pour aller plus et mieux à la rencontre des gens comme ils sont. C’est en fait davantage possible aujourd’hui, car il y a beaucoup plus de recherches individuelles et beaucoup moins de transmission par filiation. J’aimerais que l’on puisse imaginer une Église différente d’une vie paroissiale classique.

Cela peut-il avoir un impact politique ?

Notre société est aspirée par un vide, un absurde, un manque de sens qui font des ravages, depuis la surconsommation jusqu’à la violence djihadiste. « Ma vie a tellement peu de sens que je suis prêt à faire passer la colère, la frénésie ou la violence avant tout, car je n’ai plus que cela pour me sentir vivre. » C’est la question du sens, de la vie spirituelle, de la transcendance qui nous est posée à tous. Paul Ricœur disait que le rôle des Églises est de travailler la question du sens et du non-sens.

En 2013, luthériens et réformés ont donné naissance à l’Église protestante unie de France. Est-ce votre plus grand souvenir en tant que président ?

C’est un des souvenirs les plus importants. Cela a été lourd à préparer, le risque étant, à un moment, de s’enliser dans des questions institutionnelles. Il a fallu les honorer, mais leur donner du sens, et revenir à ce qui est la source, la raison d’être de l’Église : l’écoute partagée de la Parole de Dieu. D’où la dynamique : « Écoute, Dieu nous parle… » La journée du 11 mai 2013 à Lyon a été fondatrice. Les dimensions œcuménique et internationale ont été premières. Elle a eu des répercussions dans la plupart des communautés locales, avec des cultes inauguraux. Cela a fait sens pour engager la suite. Cette union s’est très bien passée, alors que le processus a été rapide, décidé en 2007 et finalisé en 2013.

Quel fut le contexte de cette union ?

Ma préoccupation constante a été de chercher à donner de la cohérence et de la confiance. La cohérence pour faire advenir « une Église de témoins », pour passer d’une Église « petit troupeau qui se serre les coudes » à une Église qui essaie de mieux aller à la rencontre des autres. D’où notre approche de l’année 2017, par exemple : ne pas glorifier le passé ni l’identité luthéro-réformée, mais afficher nos thèses pour l’Évangile aujourd’hui. Parallèlement, notre Église avait besoin d’avoir confiance, non pas en elle-même, mais dans ce qu’elle reçoit : confiance en Dieu, confiance des luthériens envers les réformés et inversement, confiance dans le travail d’équipe, confiance dans la mission. On a toujours raison de faire confiance : c’est fécond, ça libère des énergies, ça peut changer la vie des gens. La confiance, c’est la foi.

Il n’a pas manqué de Cassandres pour dire en 2013 que l’union luthéro-réformée était un leurre, qu’elle ne marcherait pas, puis pour dire avant et après le synode national de 2015 que l’Église allait exploser. Et ce ne fut pas le cas.

Revenons sur le synode de 2015 qui a ouvert la possibilité de bénir des couples de même sexe.

La proposition du Conseil national était de travailler sur la manière d’accompagner les personnes et les couples dans des étapes importantes de leur vie, le plus largement possible, et de manifester dans ces moments, heureux ou malheureux, la bénédiction de Dieu : la maladie, la guérison, la retraite, le divorce, etc. Non pas pour dire que « tout cela est bien », mais pour rappeler communautairement aux personnes dans ces moments importants que Dieu les accompagne quoi qu’il arrive.

Mais le travail en paroisses et dans les synodes régionaux a concentré le sujet sur les couples mariés de même sexe, puisque la loi le rendait possible et qu’il y avait des demandes. Il y avait là une question particulièrement difficile, épineuse et urgente. La réponse du synode a été de donner la possibilité aux communautés et aux pasteurs qui le souhaitent de répondre par une bénédiction.

L’ampleur de la majorité avec laquelle la décision a été prise a été mal comprise. Dans un synode, on ne cherche pas à faire triompher une position sur une autre, mais à trouver la position qui doit être celle de notre Église, y compris si, à titre personnel, on n’est pas d’accord.

À la suite de cette décision, il y a eu beaucoup de joie, de reconnaissance, parfois de la fierté, et aussi beaucoup d’incompréhensions. Parce que notre processus presbytérien et synodal est long. Parce qu’il y a eu beaucoup de raccourcis dans les titres des médias.

Le contenu des articles était souvent correct, mais les titres étaient très réducteurs : « Les protestants approuvent l’homosexualité. » Ces raccourcis ont été ravageurs et ont parfois provoqué incompréhension, colère et tristesse.

On s’est employé par la suite, dans notre Église et au sein de la Fédération protestante de France, à entendre ces colère et tristesse et à travailler à les surmonter. C’est en bonne voie.

Le malentendu aurait-il pu être évité, en amont ?

La FPF s’est élargie au monde évangélique à partir des années 1970, et c’est une excellente chose. Mais le travail de fond sur ce que signifie « être ensemble » n’avait pas été mis à jour.

À la suite de cet épisode du synode de l’Église unie en 2015, cette mise à jour se fait. Et elle s’engage bien : la dernière assemblée générale de la FPF a montré une volonté unanime d’avancer ensemble et a choisi de renforcer les collaborations concrètes.

C’est dommage que ce travail n’ait pas été fait entre les années 1980 et 2000, quand on est passé de quelques Églises membres de la FPF, le plus souvent luthéro-réformées, à une trentaine.

Je regrette que des gens aient été blessés, mais je me réjouis que cet éclat débouche sur une lucidité plus grande et sur des liens refondés « en vérité ».

Quelle est la place de l’Église unie au sein de la FPF ?

Elle est au cœur de la Fédération. C’est l’une des maisons où elle se sent pleinement chez elle. Elle en a été cofondatrice.

Elle est le premier fournisseur de ressources en personnes, en argent et elle contribue aussi par ses idées, ses interpellations et ses apports aux débats et aux actions.

Voulez-vous ajouter autre chose ?

Des aspects souvent moins visibles que certains événements médiatisés ont parfois plus d’importance que ce qui « fait le buzz ». Comme, par exemple, nos efforts en matière de communication, de travail avec la jeunesse (Grand Kiff), la production d’outils (papier et numérique, mais aussi formations) pour accompagner les personnes qui exercent une responsabilité dans l’Église. Nous avons exercé une vigilance active sur les questions de société, notamment l’immense question des migrations et l’attitude très frileuse de la République à l’égard des exilés.

Nous avons mis l’accent sur les relations œcuméniques et internationales, renoué des liens profonds avec Taizé, après plusieurs décennies de méfiance et d’incompréhensions. Les trois quarts du corps enseignant de l’Institut protestant de théologie ont été renouvelés en sept ans. L’IPT est entré de plain-pied dans l’ère de l’enseignement numérique à distance. Cette liste est loin d’être exhaustive !

Quel est l’enjeu immédiat des prochaines semaines pour l’ÉPUdF ?

Le synode sur la déclaration de foi. J’espère que nous arriverons au synode national à un bon texte. Comment disons-nous, ensemble, notre foi aujourd’hui ? J’espère que le texte qui sera voté fera consensus, au sens fort, et pas au sens évanescent du terme. Mais il faudra du temps pour savoir si tel est le cas. Et, bien sûr, il y aura aussi les élections pour renouveler les instances de l’Église.

Quel défi voyez-vous à plus long terme ?

Les protestants ne lisent pas assez la Bible. Ils pensent qu’ils le font, mais c’est souvent une posture. Or, c’est un enjeu fondamental. On peut voir l’Église comme une communauté lectrice de la Bible. Si elle ne la lit pas assez, elle perd sa sève, ce qui la nourrit. Et quand nous lisons la Bible, c’est encore trop souvent exclusivement sous un angle intellectuel.

Il faut encourager une lecture existentielle des textes. Lire les Écritures ne doit pas s’arrêter au cerveau mais prendre en compte l’intégralité de la personnalité et de la vie individuelle et de groupe. Dans les lieux où cela se fait, beaucoup de gens viennent, parfois tout à fait inconnus de l’Église. Il y a un grand appétit. Le fait même de lire ensemble avec d’autres met en route quelque chose d’intime et de profondément joyeux.

Propos recueillis par Marie Lefebvre-Billiez

À lire en complément : Église protestante unie : l’au revoir de Laurent Schlumberger

Entretien avec Claude et Julia Payan

Musiciens, chanteurs, adorateurs, pasteurs, prophètes, implanteurs d’églises, enseignants. Tout au long de leurs trente années de ministères, Claude et Julia Payan ont béni le peuple de Dieu de bien des manières. Ils partagent aujourd’hui la riche expérience de leurs vies consacrées au Seigneur, avec les églises et les ministères qui les invitent en France et au delà. Claude a accepté de répondre aux questions de la rédaction d’Info Chrétienne, et nous le remercions pour son ouverture et sa bienveillance. Merci pour la simplicité et l’humilité qui transparaissent dans le récit de ce parcours, et dans la communication de sa vision pour l’Église d’aujourd’hui..

  • Quel a été le déclic qui a marqué le début de votre ministère ?

La Bible dit que Dieu a préparé pour chacun de nous des œuvres d’avance, afin que nous les accomplissions (Éphésiens 2:10). C’est ma définition d’une vie réussie : arriver, placer ses deux pieds à un moment donné dans les œuvres que Dieu a préparées d’avance pour nous. Je ne peux qu’encourager chacun à avoir ce critère de réussite, et non de chercher à faire ou être comme l’autre.

La différence n’est pas une tare, c’est un don de DieuL’unicité (c’est la faculté d’être soi-même) est un facteur d’onction. C’est à dire nous permet d’être oint de l’onction qui a été prévu spécialement pour nous. Quand je cherche à être quelqu’un d’autre de qui je suis, il est normal que son débit en soit limité. La différence n’est pas une tare, c’est un don de Dieu qu’il nous faut non seulement accepter, mais développer.

  • Comment définirais-tu votre ministère ?

Quand quelqu’un, croyant ou non croyant, me demande ce que je fais dans la vie, je lui réponds que je suis : « pasteur, écrivain et chanteur itinérant ».

Je me vois mal lui répondre : « Je suis apôtre » ou « prophète » ou autre. Mais je n’utilise pas alors le terme de « pasteur » dans le sens d’Éphésiens 4, où il est fait allusion à 5 ministères bien précis, et à celui de pasteur entre autres, qui est un berger que Dieu a établi pour œuvrer dans et pour l’église locale. Le terme « pasteur » est utilisé communément aujourd’hui pour parler d’un serviteur de Dieu, quel que soit son appel.

Nous avons été, Julia et moi, provisoirement pasteurs d’églises, car Dieu nous fait passer par plusieurs stades pour nous former, mais, bien que ce soit un merveilleux appel, ce n’était pas le nôtre à long terme. Nous avons voyagé pendant des années tout en étant pasteurs d’une église sur la ville de Toulon, et en supervisant d’autres assemblées.

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En 2007 nous avons mis fin au ministère pastoral, sur une direction de Dieu, afin de nous donner pleinement dans notre appel vis-à-vis de l’ensemble du corps de Christ. Un premier point qui caractérise ce ministère que nous exerçons Julia et moi, est qu’il est un ministère de SEMEURS. C’est un ministère en grande partie itinérant et, à la différence d’un ministère d’évangéliste, qui annonce avant tout le salut, il a comme priorité de semer la Parole de Dieu dans le Corps de Christ.

Cela sous quatre formes précises et distinctes :

  • La parole prêchée !
  • La parole écrite !
  • La parole chantée !
  • La parole prophétique !

Semer ce que Dieu nous a donné… À travers les supports des réunions, de livres, du chant, de vidéos, d’une école biblique par correspondance et des réseaux sociaux. Notre appel consiste donc à semer ce que Dieu nous a donné, à travers nos voyages, et après, chacun est responsable d’en faire ce qu’il veut.

  • Comment perçois-tu vos prochaines années dans le ministère ? Quel est le ou quels sont les projets qui vous tiennent à cœur ?

Nous avons principalement à cœur le peuple de DieuNous avons principalement à cœur le peuple de Dieu, sa guérison et son épanouissement. Et nous voulons participer à équiper les saints, en vue de l’avancement du royaume de Dieu, pour que le plus grand nombre soit victorieux et efficace dans les temps glorieux qui sont devant nous (Éphésiens 4 toujours !).

Nous visitons toutes sortes d’églises et oeuvres de diverses dénominations, dans les milieux francophones et travaillons avec différentes équipes de ministères, dans des lieux très divers. Et sans trop s’arrêter sur les points secondaires sur lesquels nous ne serions pas d’accord, car si l’on ne devait travailler qu’avec les personnes avec qui on voit tout pareil, on ne travaillerait plus avec personne. Cela tout en visitant régulièrement des églises rattachées à une œuvre que nous avons démarrée il y a vingt ans, appelée « Souffle Nouveau », sur Madagascar et l’Ile de La Réunion.


Servir et non dominer ou imposer
Nous n’avons néanmoins aucune vision d’hégémonie pour autant (se rattacher à tout prix les gens ou les églises), croyant que là où est l’Esprit du Seigneur là doit être la liberté. Notre conception du ministère « apostolique », si je peux l’appeler ainsi, est de servir et non pas de dominer ou d’imposer. Nous trouvons d’ailleurs déplacée cette frénésie des titres qui envahi certains milieux depuis un moment.

Notre priorité, à Julia et moi est surtout d’être une démonstration dans notre vie personnelle : couple, famille, ministère, finances, etc., de ce que la parole de Dieu marche. Partant du principe qu’il n’y a rien de mieux, que le témoignage vécu pour appuyer ce que l’on prêche.

C’est un privilège de pouvoir exercer et voyager en tant que couple, et nous encourageons les couples à servir ensemble dans la complémentarité, dans l’appel que Dieu leur adresse. Nous commençons à avoir un certain âge, mais nous n’avons jamais autant voyagé que ces deux dernières années, et c’est parti pour encore plus, cette année en cours.

Il y a comme une urgence pour vivre plus, et tout ce que nous n’avons pas encore pu vivre. Et pour laisser quelque chose aux jeunes serviteurs qui suivent, si Jésus tarde à revenir. Nous sommes animés également d’un désir de « passer à autre chose » !

« Nouvelle réforme »« Nouvelle réforme », cette expression a résonné un jour dans mon esprit. On a pas mal entendu parler de réformes ces dernières années : réforme des retraites, réformes territoriales, etc. Mais il y en a une qui est des plus nécessaires, si nous désirons voir Dieu se manifester « comme aux jours d’autrefois » (et encore plus), c’est une réforme dans l’Eglise. Nous sommes à une croisée des chemins où ce qui vient est bien plus qu’une simple visitation, c’est une réforme !

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Le réveil qui vient, et qui va toucher puissamment les nations francophones avant le retour du Seigneur, je le crois, PASSE PAR UNE GRANDE REFORME !

L’Eglise étant composée de personnes, cette réforme commence par moi, par toi. Je prêche, et crois vraiment que le meilleur pour l’Église n’est pas derrière !

Cette génération va avoir accès à une relation encore plus profonde avec Dieu, dont le résultat se verra dans l’expression d’un plus grand amour. Cette réforme va apporter une nouvelle révélation du Royaume de Dieu et de son expression. Elle est déjà en route et va impacter autant l’Église que le monde. Et nous avons à cœur avec Julia, de tout faire pour y apporter notre part, selon la grâce que Dieu nous a accordée.

Claude et Julia merci d’avoir partagé avec nous ce parcours si riche. Que le Seigneur vous bénisse et qu’il vous accompagne là où il vous conduira.

La rédaction

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Burkina : la BID finance le développement durable du pastoralisme dans le Sahel

Dans le cadre du financement du Programme de développement durable du pastoralisme dans le Sahel, la Banque Islamique de Développement a débloqué une enveloppe de plus 19 milliards de FCFA au profit de 300.000 pasteurs et agro-pasteurs du Burkina Faso, a-t-on appris de source officielle.

D’un coût global estimé à 19,5 milliards de FCFA, ce programme est élaboré en collaboration avec la Banque Mondiale, le CILSS, le FIDA et l’ALG dans le cadre du DVPER, indique lundi un communiqué de presse du ministère en charge des finances.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de développement du secteur de l’élevage (PNDEL) et du programme national du secteur rural (PNSR).

Il s’exécutera sur cinq ans et aura pour objet l’amélioration de l’accès à des moyens et services de production essentiels et aux marchés pour les pasteurs et agropasteurs de l’ensemble des régions du Burkina Faso.

L’objectif global du projet est de contribuer à l’amélioration de la production animale pour accroître les revenus et réduire l’insécurité alimentaire dans la région du Sahel grâce à une meilleure gestion des ressources naturelles, à l’accès aux marchés et à un contrôle accru des maladies transfrontalières du bétail.

Le programme bénéficiera directement à près de 300.000 pasteurs et agro-pasteurs dans les six régions d’interventions du projet : Boucle du Mouhoun, Cascades, Est, Hauts-Bassins, Sahel et Nord.

Les principaux indicateurs d’impact et de niveau de résultats attendus sont la hausse de la consommation du lait par habitant, qui passera de 16,67 kg à 18,34 kg par an d’ici à 2030, l’accroissement de 10% par rapport aux niveaux de base, du budget des ménages grâce à la contribution du secteur de l’élevage.

Les résultats attendus sont également l’accroissement de 20% des effectifs de petits ruminants engraissés et vendus par année, l’installation de services de micro-finance au profit de 30.000 opérateurs de la chaîne de valeurs, et la réduction de 30% du nombre de conflits entre les pasteurs et les agriculteurs.

La réduction de 25% de la distance moyenne entre les points d’eau sur les pistes de transhumance ciblées et l’augmentation à hauteur de 150.000 ha sur l’ensemble des provinces concernées, des parcours avec des pratiques de gestion durable des terres, sont par ailleurs attendus. Fi

Accueil RD CONGO Mopéro wa Maloba : Retour sur sa disparition en 2008 dans l'indifférence…

Mopéro wa Maloba , guitariste, chanteur, auteur-compositeur (vers 1950 -2008)

Le 17 Août 2008 une vie s’est arrêtée en chemin. Celle de l’illustre chanteur Mopéro wa Maloba mort à Abidjan en Côte d’Ivoire. Chanteur-guitariste, il compte parmi les musiciens de renom qu’a connu la musique congolaise dans les années 70/80.

Issu du peuple Téké du quartier « Mombele » (Kinshasa) dont il a vu le jour vers 1950, Mopéro wa Maloba a fait son cycle primaire à l’Ecole Saint Gabriel du quartier Yolo-Sud dans la commune de Kalamu (Kinshasa), puis le cycle secondaire dans la région du Bas-Congo. Plus tard, il se lance à la musique et dès qu’il a su chanter et maîtriser la guitare, il se consacre aux compositions personnelles.

Son objectif de devenir professionnel se concrétise dans les années 70 par son intégration dans l’orchestre « Tupo Zawutemba » du leader et maître à chanter Audry.

1972 – Mopéro wa Maloba est à la tête d’un nouveau groupe dénommé « Africa danse », formé avec le concours des musiciens Jonitha, Abanitha, Mabibi, Mambo Ley, Boba Mwana Nteba et autres, surnommés   » les poulains noirs « . Une aventure qui n’ira pas loin.

Mopéro revient dans son foyer natal de « Mombele » et donne naissance à l’orchestre « Tupa Zawutena » dans lequel on retrouve les chanteurs comme Emeneya Mubiala et Mambo Ley, avant de fusionner avec le chanteur Dona Mobéti (en provenance du  groupe « Makiluambo ») et former l’orchestre « Cavacha ».

1973, Mopero se sépare de Dona Mobéti et quelques musiciens, pour former l’orchestre « Shama Shama ». Après l’expérience des trois premiers groupes et grâce à une brillante discographie, Mopero est au sommet de sa gloire. Il est plébiscité au cours des années 1974 à 1976 meilleur chanteur et meilleur vedette du Congo-Kinshasa. Tout comme, il a produit plusieurs disques  classés N° 1 sur quelques hit parades congolais et africains.

1977, Mopero arrive en Ouganda  et s’installe à Kampala où, il emboîte le style de musique variété ougandaise, histoire de s’informer sur les réalités de la musique en Ouganda et de l’exploiter harmonie avec la rumba congolaise. Quelques années après, Mopero est de retour à Kinshasa. Il place à nouveau son groupe au meilleur de sa forme.

1985 – Etant très tenté par le changement, il se sépare de ses sociétaires, et rejoint King Kester Emeneya dans l’orchestre Victoria Eleison. Ce fut une belle expérience, car il apporte son savoir faire et son talent au rayonnement du groupe. Cette étape sera la toute dernière de voir Mopero dans un groupe de musique profane, avant de devenir pasteur, évangéliste et chanteur des louanges à Dieu.

Au début des années 1990, Mopero décide de consacrer le reste de sa vie à l’évangile. Il se convertit à l’Eglise Cité Béthel du pasteur Mbiye et se fait baptiser  Ferdinand Liloba wa Nzambi. Il est sacré pasteur en 1992.

1995 – Au cours de l’Assemblée Chrétienne de Dieu (ACD) Mopero confirme son apostolat à L’Eternel comme Pasteur, évangéliste et musicien chrétien. Adieu la musique du « monde ».

« Biblia » est le titre de son premier album  dans lequel il magnifie la bonté du Créateur. Un très grand succès qui va illuminer la foi des milliers de chrétiens des Eglises de Réveil. Sa renommée se répand au-delà des frontières du Congo. Ce qui va l’amener à effectuer en 2005, une longue et fructueuse tournée d’évangélisation et de louanges, à Cotonou (Bénin), à Ouagadougou (Burkina Faso) et à Abidjan ( Côte d’Ivoire) où Dieu l’a rappelé à lui le 17 Août 2008,  après une courte maladie.

Mopero wa Maloba a été porté en terre le dimanche 21 septembre 2008 à Kinshasa dans l’indifférence de ses collègues musiciens et pasteurs. A l’exception du chanteur et pasteur Mbaki Dieka alias « Debaba » et des membres de la Association « Artistes en danger ». – Comme nul n’est prophète en son pays –

Il a laissé pour la postérité à la communauté chrétienne du monde, son témoignage enregistré, sur deux albums « Yawé-Yawé » et « Nayoki Liloba » et un coffret double (DVD-CD) intitulé « Nabeleli Nkolo » sorti juste en juillet 2008, un mois avant son décès. Le double coffret  a été produit au Canada où la renommée de Mopéro est demeurée très grande.

Eglise Evangelique festivités

L’église Protestante Evangélique, Assemblée de Dieu de Graulhet fête en cette année, son cinquantième anniversaire. Les festivités ont débuté samedi dernier avec un rassemblement des pasteurs tarnais autour du Pasteur graulhétois Laurent Lenoir et des fidèles, au lieu de culte, route de St Julien du Puy. Une rétrospective des temps forts de l’église, l’historique du mouvement des Assemblées de Dieu, des chants Gospels ont été partagés. Près de150 personnes étaient présentes. «C’est le signe que notre église est toujours bien présente, malgré les années qui passent. Outre la participation, il faut retenir l’enthousiasme des fidèles» assure Roger Blavo, membre de l’organisation. E, parallèle est proposée une exposition autour de la Bible et de la foi chrétienne qui permet de commémorer les 500 ans de la Réforme. Elle est visible tous les vendredis soir à 20h du 5 mai au 11 juin, ainsi que tous les dimanches à 10h. Le public est également conviés aux concerts Gospel les dimanche 7 mai, 21 mai et 11 juin à 15h.

Bâle: une pastorale pour accompagner les personnes homosexuelles

12.05.2017 par Sylvia Stam/Kath.ch. Traduction et adaptation B. Hallet

Le diocèse de Bâle a lancé, le 11 mai 2017, “Arc-en-ciel”, un groupe de travail d’action pastorale à l’intention des chrétiens gay, lesbiennes, bisexuels et trans (LGBT). Le diocèse a édité un dépliant distribué au public. Son but: mieux connaître ce que vivent ces personnes au quotidien.

“Il y a des gens ayant une orientation sexuelle différente”, explique Barbara Kückelmann, en charge de la pastorale du diocèse de Bâle. “Le groupe de travail veut connaître la réalité de vie de ces personnes dans l’église et dans la société et l’aborder sérieusement. Il sont les bienvenus chez nous”, poursuit-elle, affirmant que nous sommes tous des êtres voulus et aimés par Dieu. Le diocèse souhaite améliorer son action pastorale pour ces personnes.

Aucune contradiction avec l’enseignement de l’Eglise

Le diocèse a favorisé la mise en place de ce groupe de travail pour les personnes avec cette orientation sexuelle bien que la doctrine officielle de l’Eglise catholique ne la tolère pas? “Là-dessus, le diocèse ne fait aucun commentaire”, répond Barbara Kückelmann. “Ce groupe de travail n’a pas vocation à réfléchir sur ce qui est permis ou ce qui ne l’est pas. Nous sommes préoccupés par l’offre pastorale destinées à ces personnes. L’homosexualité ainsi que d’autres orientations sexuelles font partie de la condition humaine. Il est important de souligner que nous n’excluons personne.”

Pour Barbara Kückelmann, accompagner les gens est une des activités principales de l’Eglise. “Il y a bien une pastorale pour accompagner les jeunes, les malades à l’hôpital, ou encore les migrants”, ajoute-t-elle.

Comment le groupe de travail pourra-t-il répondre à un couple gay qui demande la bénédiction de son union? “Les bénédictions de couples homosexuels ne sont pas possibles. Mais chacun peut demander la bénédiction de Dieu pour les gens qui vivent dans leur entourage et que nous trouvons sur notre chemin.”

Bruno Fluder, porte-parole de l’ADAMIN, l’association des pasteurs homosexuels, “se réjouit que le diocèse de Bâle prenne en considération ce groupe de personnes et réalise que ces personnes ont été systématiquement discriminées par l’Eglise catholique et le sont encore”, a-t-il déclaré à Kath.ch.

Le groupe de travail “Arc-en-ciel”, formé à l’initiative de Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle, a été constitué à l’été 2016. Il faut mettre fin aux préjugés et aux discriminations, souligne l’évêché. (cath.ch/sys/bh)

Le pasteur Alourdin C. Benoît n'est plus: une perte immense pour l'œuvre adventiste

National –

Par Louis Carl Saint Jean On ne finira jamais d’appréhender la mort, ni de donner un sens à cette faucheuse qui jette l’épouvante, le désarroi et la consternation au sein de la grande famille humaine depuis la sombre nuit des temps. En dépit de la nature divine de ce concept, nul ne s’est jamais résolu à l’accepter, surtout quand elle enlève à son affection un être cher. Tout croyant, quelle que soit la bonne relation qu’il puisse entretenir avec Dieu, succombera un jour ou l’autre à ce reflexe purement humain. Il est donc de ceux dont la dernière nouvelle qu’on veut entendre est celle de sa mort. Celle du pasteur Alourdin Clément Benoît, survenue au matin du 25 avril dernier, représente pour les membres de l’Eglise adventiste haïtienne l’un des cas de figure les plus pertinents. Lorsque, ce même matin de deuil, en route pour le travail, mon ami Claude Aurélien m’a appris cette nouvelle bouleversante, sur-le-champ, un nuage épais de douleur s’est amoncelé au-dessus de mon cœur. Ma réaction humaine m’a dicté du coup à poser cette question à Esaïe: « Où se trouvait la main de l’Eternel qui, dixit ce prophète, n’est pas trop courte pour sauver…? » En « l’espace d’un cillement », j’ai entendu la voix de Job me répondre : « L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté; que le nom de l’Éternel soit béni ! » Et oui, la main foudroyante des Parques a frôlé le front de notre bien-aimé Alourdin Benoît, un homme qui en quarante-trois ans de ministère évangélique a fait passer des milliers d’âmes des ténèbres à l’admirable lumière de l’Évangile. Il l’a fait pendant deux décennies par monts et par vaux dans presque tous les villages et villes d’Haïti et de la Guyane française et pendant vingt-trois ans aux États-Unis d’Amérique du Nord, défiant le vent du Michigan et le froid et la neige de New York. En effet, troublante a été cette nouvelle pour moi qui ai été l’un des témoins privilégiés de certaines de ses réalisations titanesques, pour avoir occupé le rôle de secrétaire d’église pendant une bonne partie de son ministère pastoral à Gethsémané. Chose curieuse, au soir de la veille de la mort de ce titan, mon ami Jacques Vaval et moi, ressuscitant un passé cousu de rêves et de belles choses, parlions de lui et d’autres héros de la foi. Il m’a alors confié avoir vu en octobre dernier au Camp Berkshire, à New York, cet homme de Dieu visiblement fatigué physiquement, mais en pleine possession de ses capacités mentales et intellectuelles. Je lui disais alors combien je désirais visiter ce géant. Et voilà que, 48 heures après cette conversation, mon désir s’est transformé en regrets douloureux ! Rares sont les adventistes haïtiens qui, au cours de ces quatre dernières décennies, n’ont entendu citer au moins une fois le nom du pasteur Alourdin Benoît. Je n’irai pas jusqu’à blasphémer, comme l’avait fait 46 ans de cela à Port-au-Prince un avocat bien connu devant la bière de son chef, en clamant: « Cet homme était le Messie! ». Cependant, je peux calmement affirmer que ce pasteur était un ambassadeur fidèle du Messie. En effet, presque tous ceux qui ont eu l’heureux privilège de collaborer avec lui et de le voir piocher dans la vigne du Maître abondent en ce sens, en saluant également son intégrité et son dynamisme proverbiaux. De l’avis du non moins progressiste et compétent pasteur Yves Pierre, qui le connaît parfaitement: « En plus d’avoir été un génial administrateur, pasteur Alourdin Benoît était un homme sincère, franc et charitable. Il n’a jamais passé par quatre chemins pour dire à quelqu’un ses quatre vérités. Il n’a jamais donné de coup bas ni à un membre d’église ni à un collègue qui a erré dans un moment de folie. S’il est au courant d’une infraction quelconque commise par quelqu’un, sans ne rien divulguer à personne, il l’aborde seul pour l’aider à le réconcilier avec Dieu. Ils sont légion ceux qui, tant en Haïti que surtout aux États-Unis, ont bénéficié de sa charité ». (Idem, le 28 avril 2017, 13 h.36). Frère Lebon Davilmar, ancien proche collaborateur du berger défunt, se souvient de lui en ces termes : « De 1990 à 1992, j’ai collaboré avec pasteur Benoît comme trésorier de l’église Mount Sinaï. Ces deux années passées en sa compagnie m’ont permis d’admirer sa droiture et son honnêteté. C’était un véritable pasteur, un homme converti, dans toute l’acception du terme. » (Id., le 30 avril 2017, 16 h.27). De l’avis du frère diacre Jean H.K. Lafontant : «Les adventistes de Mirebalais doivent tous une fière chandelle au pasteur Alourdin Benoît. En effet, en 1973, c’est grâce à son sens du leadership que l’église Bethléem, nouvellement fondée, a pu grandir, tant au point de vue spirituel qu’au point de vue numérique. Pasteur Benoît était très dynamique et profondément spirituel. Sa mort représente une perte immense pour l’Œuvre adventiste haïtienne. » (Idem, le 29 avril 2017, 22 h.) On dirait que durant toute sa vie, pasteur Alourdin Benoît n’était animé que d’un seul objectif : son salut en Jésus-Christ, celui de ses parents et des membres des différentes églises que Dieu lui avait confiées. Rien d’autre ne comptait pour lui ! Dans son style incisif, typiquement artibonitien, il affirmera: « Être pasteur ne fait de quelqu’un automatiquement ni un chrétien ni un homme converti. Je peux confesser que je suis chrétien parce que je cultive jour après jour l’amour pour mon Dieu, mon Seigneur, son Église, ma famille, mon prochain et même pour ceux qui pensent être mes ennemis. Moi, Alourdin Benoît, simple serviteur de Dieu, suis chrétien parce que je crois de façon impavide au salut en Jésus-Christ…» (in «Qu’est-ce qui fait de toi un chrétien? », sermon délivré à Gethsémané le samedi 19 avril 1986). C’est sur les rives de l’Artibonite, plus précisément à Latapie (Desdunes), que le 17 juillet 1939 le bébé Alourdin Clément a souri pour la première fois au soleil. Il est issu des œuvres bénies de Bernadette Jean et de Clément Délile Benoît. Aux Gonaïves, il fait ses classes primaires à l’Institution Lamartine Coq et ses classes secondaires au lycée Fabre Geffrard. D’ailleurs, c’est à la cité de l’Indépendance que, encore adolescent, il entendra pour la première fois, par l’entremise de sa grand-mère, la voix du Seigneur l’invitant à mettre son esprit au service de son église. Il hésite un peu. Il m’a raconté ceci au cours de l’une de nos nombreuses conversations: «Déjà en classes primaires, je caressais le rêve de devenir plutôt avocat, pour deux raisons. D’abord, j’avais voulu continuer une tradition familiale. En effet, mon arrière-grand-père Oconnel Benoît était à une époque doyen du tribunal civil des Gonaïves, mon grand-père Délile Benoît et mon père étaient juges de paix de leurs localités, et l’un de mes oncles, Hilton Benoît, était doyen du tribunal civil de Hinche pendant plusieurs années. Ensuite, j’avais toujours voulu défendre les paysans que certaines autorités puissantes dépossédaient de façon inique de leurs lopins de terre.» Cependant, nos voies ne rencontrent jamais celles de l’Éternel. Ou du moins, cela se fait très rarement. Après ses études secondaires, le jeune Alourdin s’inscrit en septembre 1962 au Séminaire adventiste franco-haïtien de Diquini, où il obtient sa licence en théolgie. En 1963, il débute son ministère comme directeur de l’école adventiste des Baradères (département des Nippes). Un an plus tard, il entame d’emblée son ministère évangélique, en sillonant dans des conditions périlleuses les villages les plus reculés, surtout dans le Nord. Dans le message déjà mentionné, il a raconté aux auditeurs: « J’ai fait le tour d’Haïti, de Jérémie au Môle Saint-Nicolas, parfois en grimpant des montagnes ou des monts rocailleux pour atteindre des centres d’évangélisation. Souvent, on était obligé de dormir à la belle étoile, s’exposant aux morsures de serpent, aux piqûres d’insectes et à d’autres dangers, avant de regagner un village à la pointe du jour. Toute la satisfaction se trouvait dans la prédication de l’Évangile.» En 1969, le jeune ouvrier desdunien seconde pasteur Naasson Prosper dans une grande campagne d’évangélisation tenue à Jacmel. Pasteur Benoît y devient le loup blanc, apprécié dans toutes les couches de la société de la ville de Roussan Camille. Son entregent et son bel esprit lui attirent notamment l’admiration des intellectuels. Par exemple, le grand poète et romancier Bonnard Posy, auteur du recueil Les chants du silence, lui sert de mentor. D’ailleurs, en souvenir de ce fin lettré, qu’il a beaucoup admiré, il baptisera son second fils Eddly Bonnard. Peu après la croisade évangélique organisée à Jacmel, pasteur Benoît est transféré à Saint-Marc. Gérard Jolibois, qui n’a jamais tari d’éloges à l’egard de cet ouvrier divin, a écrit: « M. Alourdin Benoît de l’église de Saint-Marc a été consacré pasteur au Cap-Haïtien à l’occasion d’un Congrès qui a été organisé en cette ville dans le courant de la deuxième semaine du mois de juillet 1971 par l’Union franco-haïtienne des adventistes du septième jour…C’est véritablement le résultat heureux des efforts que déploie le pasteur Benoît dans la communauté saint-marcoise où il excerce son ministère depuis plus de deux ans. » (Le Nouveau Monde, Lundi 26 juillet 1971, page 2 – Rubrique « Le saviez-vous »). Le pasteur Yves Pierre m’a même appris: « C’est au cours du ministère de pasteur Alourdin Benoît à Saint-Marc qu’ont reçu le message des jeunes tels que Marc Ricot Borieux et Balthazar Séjour, qui sont devenus pasteurs par la suite.» En 1973, Alourdin Benoît est nommé pasteur, chef de district et responsable du département des activités laïques et de l’école du Sabbat en Guyane Française. Il y passe quatre années. Il retourne en Haïti en septembre 1977. De retour au bercail, il remplira ces mêmes fonctions à la mission du Sud d’Haïti, présidée alors par le pasteur Gabriel Desvarieux. Aprè s’être distingué par sa fougue et son dévouement, en janvier 1980, sous la recommandation de feu pasteur Napoléon Gründer, Gonaïvien d’origine allemande, Alourdin Benoît est nommé président de la mission du Nord d’Haïti. Tandis qu’il occupe cette fonction administrative élevée, encouragé par sa jeune sœur adorée Anne-Rose Benoît Edmond, il émigre en juillet 1983 aux Etats-Unis, plus précisément à Michigan. Au Wolverine State, pasteur Benoît s’inscrit à Andrews University où il décroche une maîtrise en divinité. En 1985, Naasson Prosper, le premier berger de Gethsémané, promu à la coordination des églises francophones affiliées à la Greater New York Conference, fait appel à son ancien et fougueux collaborateur pour venir le seconder à la direction de cette église devenue précocement prospère. C’est ainsi qu’à la fin de l’année 1985, Alourdin Benoît deviendra l’unique berger, le second de Gethsémané. Le passage du pasteur Alourdin Benoît à Gethsémané confirme de façon la plus éloquente les témoignages de son collègue Yves Pierre. Doué d’une audace et d’une foi proverbiales, il a admirablement continué et même amplifié l’œuvre merveilleuse qu’avait solidement mise sur pied son illustre prédécesseur. L’homme se montre un rude ouvrier, un vrai Artibonitien qui n’a jamais reculé, pas même une seule fois, devant la tâche et le devoir à accomplir, quels que soit le défi à relever, les barrières à renverser et les mers à traverser! Pasteur Benoît entretenait des idées sociales très avancées et était un homme très généreux. Selon lui, à côté de l’évangélisation, l’Église a la responsabilité morale de venir en aide aux défavorisés du sort. À la fin de 1986, il propose au conseil d’église l’achat d’immeubles pour y louer des appartements à prix réduits aux membres momentanément désavantagés. À l’époque, l’état précaire des caisses de cette communauté chrétienne a eu malheureusement raison de cette merveilleuse proposition. Pour prouver la générosité de cet être exceptionnel, qu’il me soit permis d’offrir deux exemples concrets. Le premier consiste en un fonds d’urgence qu’il avait mis en place pour aider financièrement (surtout pour des cas de funérailles) certains membres défavorisés. Me revient ensuite à la mémoire un geste qu’il a fait en ma présence et qui m’a permis de découvrir son grand cœur. À deux ou trois reprises, mon statut de diacre m’a donné le privilège d’effectuer avec lui des visites pastorales. À la fin de certaines d’entre elles, je l’ai vu sortir discrètement de son porte-feuille quelques billets verts pour les offrir à certains membres visiblement un peu coincés sous la poutre de la vie. D’ailleurs, avec le rire timide mais toujours prolongé dont il agrémentait généralement ses vieux proverbes créoles, il amait dire: « Sa k vid pa kanpe! » C’est pendant la même période qu’il réalise, selon moi, le plus bel exploit de son ministère aux Etats-Unis. Il transforme un hangar désaffecté en un véritable joyau. En effet, à son arrivée à Gethsémané, le lieu d’adoration n’est autre que l’emplacement d’une ancienne usine, à qui des frères et sœurs de bonne foi administrent une bonne toilette bihebdomadaire. Il pense anormal le fait de louer Dieu dans un espace mésavenant. Il sensiblise les membres d’ Église, met sur pied des lever de fond et entreprend en automne 1987 la construction de Gethsémané. Le beau chant-slogan du célébrissime maestro défunt Fleurange Cherenfant « Mettons-nous à l’œuvre, soyons victorieux » a alors servi de catalyseur aux fidèles. C’est ainsi que, secondés par des Anciens d’église éduqués, éclairés et remplis du Saint Esprit, le rêve s’est réalisé. Ainsi, le samedi 13 mai 1989, a été inauguré au 357 Empire Boulevard, à Brooklyn, l’un des plus beaux lieux d’adoration de New York. Les croyants l’appellent depuis « Le Jardin Vert », en raison de la couleur verte de ses sièges et de la moquette qui recouvre et embellit le parquet. Évidemment, selon la Bible même, l’Église n’appartient qu’au Seigneur. Cependant, il faut admettre que Dieu se sert souvent de certains hommes pour faire avancer son œuvre. À mon humble avis, si Gethsémané a pu croître à tous les points de vue, et ceci dans des conditions souvent très difficiles, ce ne sera nullement un péché de dire qu’après Dieu, on le doit d’abord aux pasteurs Naasson Prosper et Alourdin Benoît et au sens de leadership d’Anciens d’église avisés. Je pense aux Carlvilair Péan, Appolon Luc, Jean Daniel François, Maurice Innocent Michel, Luc Bastien, Zachée Michel, Mackenson Doucet, Daniel Beauzil, Antoine Jean, etc. Personne, selon moi, ne peut mettre en question le côté orthodoxe du pasteur Alourdin Benoît. Cependant, son orthodoxie ne l’a jamais empêché de voir en l’église un lieu où le membre, quel qu’il soit, est appelé à évoluer socialement, culturellement et intellectuellement. D’abord, il encourage et favorise les choses de l’esprit. De 1983 à 1991, les réunions de jeunesse et les soirées récréatives organisées à Gethsémané, et auxquelles assistent parfois plus d’une centaine de personnes, ont toujours pris l’allure de salon littéraire. C’est justement cette merveilleuse période que des nostalgiques comme les Claude Aurélien, Odny Ulysse, Carline Templier, Jacques Vaval, Clarence Saint Hilaire et tant d’autres – dont votre humble serviteur – aiment encore appeler: « La Gethsémané de la Belle Époque ». Elle a été possible grâce à l’esprit éclairé et au bon goût du berger artibonitien! Pasteur Alourdin Benoît était un ami du progrès. Il a toujours encouragé tous les jeunes des différentes églises qu’il a dirigées à décrocher au moins une licence à l’université. Et une fois ce diplôme obtenu, il vous encourage, vous importune même, à obtenir une maîtrise et un doctorat. J’illustrerai cette affirmation par un seul exemple, choisi entre au moins une dizaine. Ma jeune soeur et amie Daphney Mathieu a dit de lui et m’a aussi appris:« Pasteur Alourdin Benoît était un conseiller avisé. Il ne s’était jamais comporté comme s’il était supérieur à quelqu’un d’autre. C’était un homme de bon commerce. Si, aujourd’hui, j’exerce le noble métier d’infirmière, c’est grâce à son ministère et à ses conseils salutaires. » À New York, il n’y a pas eu que Gethsémané à avoir bénéficié du mordant et surtout de la consécration de pasteur Alourdin Benoît. Dix ans plus tard, il accomplit le même exploit à l’Eglise de Jérusalem, sise à Beverly Road, au coin de East 28th Street, à Brooklyn. Les églises Mount Sinaï, Bethsaïda, Ephraïm, Béthesda, Siloé, Sychar et d’autres ont eu à bénéficier, sous une forme ou sous une autre, du ressort de l’esprit et de la volonté du pasteur Benoît. Même au lendemain de sa retraite en juillet 2006, notre bien-aimé est resté attaché au salut des âmes et à ses œuvres de charité. Il anime avec sa femme des communautés de prière par téléphone, visite les malades, console veuves et orphelins. Parallèlement, il érige des plans concrets avec sa chère moitié pour fonder un orphelinat en Haïti. C’est ainsi que, en 2007 et en 2008, ce couple s’est rendu plus d’une fois au pays pour aller y jeter les bases. Au moment où progressent les choses, notre bon pasteur tombe subitement malade. Voilà inachevé l’un de ses plus chers rêves. Ce qui est certain, c’est que Dieu en a bien pris note. Et je suis sûr que ses bonnes œuvres le suivront. L’autre côté merveilleux de pasteur Alourdin Benoît est la place qu’il a accordée à sa famille. Depuis le 28 décembre 1965, par les liens sacrés du mariage, sa charmante épouse Anne Paul Benoît et lui forment un couple parfait, sculpté, on dirait, à l’intérieur d’un obélisque d’amour. Madame Benoît a prouvé qu’est encore de saison la recommandation biblique qui demande à toute femme de se placer à côté de son mari « dans la santé comme dans la maladie…». Et elle en a donné la preuve éloquente au cours de ces cinq dernières années où le vaillant guerrier de l’Éternel faisait face à certains petits ennuis de santé. Qu’elle en soit abondamment bénie! Et en Carlyle, Annie Nadine, Eddly Bonnard et Marceline, Dieu a accordé à ce couple un héritage béni. Chacun de ses enfants a prouvé que (j’utilise le mot du psalmiste) c’est l’Eternel lui-même qui avait bâti la maison Benoît. Le pasteur et sa chère moitié, qui l’avaient combien patiemment construite, n’ont pas travaillé en vain. Le vide que laissera Alourdin Benoît sera certainement très profond. Cependant, je me soulage du fait que son fils Eddly Bonnard Benoît, sa fille Annie Nadine Benoît et son jeune frère Emmanuel Benoît, tous trois pasteurs comme lui, continueront à faire connaître le nom béni du Seigneur. Alourdin Clément Benoît sera toujours parmi nous, car les grands hommes, surtout ceux qui ont fait la volonté de notre Père céleste, ne s’éteignent jamais complètement! Sans conteste, il était un général, l’un des vaillants guerriers de l’Armée de l’Éternel! Notre bien-aimé frère n’a fait que répondre sagement à un appel divin pour aller recueillir éternellement les fruits qu’il a semés sur terre, lui qui y a arraché des milliers d’âmes des mains méchantes de l’ennemi. Puisse donc Dieu, dans son amour incommensurable, accorder à sa femme, à ses enfants, aux membres de sa famille immédiate et prolongée, à ses anciennes ouailles, à ses anciens collaborateurs et collègues le privilège de chanter un jour en sa compagnie, au bord de la mer de verre, le cantique de Moïse et de l’Agneau. Comme ce jour sera beau!

Cameroun – Scandale: Un pasteur avoue avoir violé et enceinté sa propre fille

Cameroun - Scandale: Un pasteur avoue avoir violé et enceinté sa propre fille

Traduit en justice par sa femme, l’homme aurait fait subir à l’adolescente de 16 ans plusieurs viols. L’accusé est actuellement aux arrêts à la prison centrale de Kodengui à Yaoundé.

L’affaire est encore en instruction au Tribunal de Grande Instance (TGI) du Mfoundi. Outrage à la pudeur sur une mineure de 16 ans, suivi d’un viol incestueux aggravé, complicité d’avortement, violences, pratique de sorcellerie et menace de mort. Tels sont les faits reprochés à Manga Thierry, pasteur dans une église de réveil à Yaoundé.
Olivia, la victime aujourd’hui âgée de 20 ans, est la fille aînée du couple Manga, ses parents pasteurs avec lesquels elle vit depuis toute petite. D’après le procès-verbal dressé dans cette affaire, Manga Thierry, son géniteur âgée de plus 40 ans, l’a désorienté et fait subir à sa fille des viols à plusieurs reprises. Le journal Kalara du lundi 8 mai 2017 indique que l’homme d’église a monté un scénario selon lequel sa fille était possédée par les esprits maléfiques et était à l’origine des malheurs de sa maman.
Profitant de la distance que cette situation

a créée entre la mère et la fille, «  l’homme de Dieu » a rassuré sa fille alors âgée de 16 ans à l’époque des faits, qu’il allait la désenvouter des esprits démoniaques à l’aide d’un remède, et que le traitement devait se faire par le sexe. A en croire les propos de la victime, le papa pasteur lui a fait subir ce supplice pendant une période d’au moins trois mois. Période à l’issu de laquelle, il affirme avoir contracté une grossesse, dont l’auteur était son père, qui a vite fait de l’emmener dans un centre médical pour se faire avorter, peut-on lire dans le journal.
Entendu au sujet des récriminations retenues contre lui, le pasteur reconnait avoir entretenu des rapports sexuels avec sa fille ainée, arguant qu’il a été emporté par les émotions. « Mais cela n’est arrivé qu’une seule fois. Je ne savais pas qu’elle allait concevoir », a avoué l’homme de Dieu. L’accusé médite actuellement son sort en prison, en attendant son procès.

Les origines de l'Eglise Evangélique du Cameroun :: CAMEROON

Les origines de l?Eglise Evang?lique du Cameroun :: CAMEROONLes origines de l’Eglise Evangélique du Cameroun :: CAMEROON L’Église Evangélique du Cameroun (EEC) est l’une des principales Églises protestantes du Cameroun. Elle est membre du Conseil des Églises Protestantes du Cameroun (CEPCA) et membre fondateur de la Communauté Evangélique d’Action Apostolique (CEVAA) sous l’instigation du Pasteur Dr Jean Kotto.

L’EEC est une Église issue des actions missionnaires entreprises par des protestants afro-jamaïcains notamment Joseph Merrick qui ont été suivies par plusieurs sociétés de mission  notamment la Baptist Missionary Society , la Mission de Bâle et la Société des missions évangéliques de Paris. Son siège est à Douala.

L’EEC est devenue autonome en 1957, et a célébré ses cinquante ans d’existence le 10 mars 1957. Elle a été reconnue par l’État Camerounais par le décret présidentiel n°74/853 du 14 octobre 1974.

L’Église Evangélique du Cameroun veut être une Église fidèle à son Seigneur et dès lors, se situe comme servante, engagée dans la lutte pour promouvoir le développement de tout Homme et de tout l’Homme. Pour cela, elle doit rendre accessible l’éducation, la formation, la santé et l’emploi au plus grand nombre en mettant en place diverses œuvres et départements qui prennent en compte les divers aspects du développement humain et dont la globalité correspond au concept du développement. Elle assure le Développement du Centre d’accueil et de formation à Foumban comprenant un axe de formation des responsables d’Église et un axe de lutte pour la paix par des programmes de rencontres inter religieuses (islamo-chrétien) et in fine organise la formation du peuple de Dieu.

En 1949, une constitution est proposée à l’EEC, par la Société des Missions Evangéliques de Paris ( S.M.E.P.). Cette constitution dite constitution de l’eglise évangélique du Cameroun était de type synodal avec comme chapitre : 1. L’Eglise 2. L’Eglise locale    3. Le Consistoire    4. Le synode régional    5. La commission synodale régionale (CSR)   6. Le synode général    7. La commission synodale générale et son bureau (CSG)  8. La caisse centrale et la commission financière   9. Les ministères dans l’Eglise  10. Les dispositions transitoires.

Curiosité de cette constitution, seule les missionnaires peuvent gérer les fonds ecclésiastiques et les locaux (catéchistes, évangélistes, pasteurs) à l’exclusion de tout autre travail doivent consacrer leur vie entière à l’Eglise. Inutile de signaler ici, que cette constitution tient compte de la fronde du Pasteur Lotin a Same qui prônait la nécessité pour les évangélistes et les pasteurs de concilier les devoirs de l’Eglise et la nécessité de gagner de l’argent. Les missionnaires sont donc désignés pour s’occuper des questions financières jugées délicates pour les Africains et pourtant ces Africains mobilisent les fidèles pour la collecte tous les dimanches et une fois par an lors de la grande fête des récoltes où chaque Eglise locale rivalise d’adresse pour mobiliser les fidèles et faire la meilleure quête financière… des fonds qu’ils remettront aux missionnaires pour la gérance, via une sorte de compte de souveraineté. Combien les fidèles cotisent et où vont les sous récoltés ? Autant de questions si souvent posées restées parfois sans réponse au début de la jeunesse de l’EEC.

Dans cette constitution, le rôle de la commission synodale régionale et générale était bien défini.

Ainsi la CSR place les évangélistes et les pasteurs que la CSG met à sa disposition. La CSG veille à l’application de la discipline établie par le synode général et c’est aussi d’elle que les pasteurs dépendent pour toute questions relatives à leurs ministères. Le président de l’Eglise est le Pasteur Paul  Jocky, un sawa et le vice-président est le pasteur Josué Mouïche, un Bamoum.

Plusieurs membres de cette Eglise vont demander sans succès l’autonomie de l’Eglise à l’instar de l’Eglise Baptiste qui subtilement via l’ONU obtint l’autorisation de publier ses statuts au journal officiel devenant de facto légalement une association religieuse autochtone autorisée en 1949. Le gouvernement va refuser ce privilège à l’EEC.

1952, le Pasteur Henri Martin, missionnaire français exerçant sa charge pastorale à la région synodale Bamoum, et selon le code établi, s’occupe des fonds ecclésiastiques. Les pasteurs Camerounais avec à leur tête le Pasteur Josué Mouïche contestent de plus en plus cette approche.

Foumban, temple historique de Njissé, l’an de grâce 1953, le pasteur Henri Martin préside le culte de la fête des récoltes. en présence de tous les pasteurs et évangéliste de la région synodale Bamoum. Vint ensuite le moment crucial et tant attendu où le pasteur Martin appelle chaque pasteur pour la lecture de la liste des collectes de leur paroisse respective selon les us et coutumes établis.  Le tour de la paroisse dirigée par le Pasteur Josué Mouïche arrive. Ce dernier annonce sa récolte bien différente de la liste préétablie et détenue par le pasteur Henri Martin. Ce dernier va très vite contester la lecture de cette version et sommer dans la foulée le pasteur  Josué Mouïche de respecter sa liste à lui. Ce dernier refuse d’obtempérer et le ton monte. Le pasteur Martin se lève et insiste. Le pasteur Josué Mouïche d’un ton ferme demanda au missionnaire d’aller s’asseoir. Scandale ! Le pasteur Martin ira s’asseoir sans mot dire jusqu’à la fin ruminant sa colère. Inutile de décrire l’ambiance ce jour-là.

Quelques jours plus tard, le Pasteur Martin tentera de reprendre la main en instruisant le Docteur Clunet ( ou Cugnier), médecin missionnaire en charge de l’hôpital protestant de Njissé à Foumban, de donner une formation aux pasteurs et évangélistes de la région synodale Bamoum sur le thème de l’importance de l’hérédité dans la fatalité du péché et la fidélité à Dieu avec en fond, le message subliminal qui était la vanité et l’orgueil de la race noire et son incapacité à assumer une quelconque vocation. Le parallèle est aussi fait entre l’altercation entre les deux pasteurs Martin et Mouïche, et l’histoire de Noé, y compris celle de la malédiction de Cham dont les noirs seraient les descendants. A la fin de cette formation, le Docteur Clunet dira entre autre je cite : ” Je voulais aujourd’hui vous expliquer scientifiquement le mécanisme de l’hérédité, les rapports de la morphologie (forme du corps), avec les qualités et les défauts de l’âme, puis vous faire entrevoir le comment et le pourquoi de la prédestination, le pourquoi et le comment de la malédiction qui pèse sur les noirs, fils de de Cham ; vous en montrer les possibilités de la libération par le christ.  La vanité de l’un de vous à l’Eglise, son manque de respect en public à un vrai pasteur, qui a passé 27 ans de sa vie à essayer de vous libérer ; la vanité de cet homme qui n’est pas plus un véritable pasteur qu’infirmier ou un médecin Africain n’est un docteur en médecine, son manque de respect intolérable m’ont fait comprendre que vous n’aviez qu’une vanité incoercible et aucune reconnaissance. Puisqu’aucun de vous n’a réagi et n’a exigé demandé la démission de cet insupportable vaniteux, vous êtes solidairement responsables et vous ne m’intéressez plus. Je n’ai pas à vous faire des cours inutiles. Je ferme donc l’hôpital et en France je ne me gênerai pas pour dire ce que je pense et qu’il est inutile de continuer à s’occuper de vous.”  

Le Docteur Clunet fermera l’hôpital pour ne rouvrir qu’à une seule condition obtenue : La destitution et le renvoi du Pasteur Mouïche. Le Pasteur Henri Martin décida de faire sa fête au pasteur Mouïche mais l’ensemble des pasteurs et des évangélistes de la région synodale Bamoum s’y opposèrent, se rangeant derrière le Pasteur Mouïche. Pour éliminer l’activité pastorale de Josué Mouïche et sauver la face au Dr Clunet dans ce bras de fer, le Pasteur Martin va fermer l’accès au temple de Njissé prétextant une décision du synode régional. En réaction, le Pasteur Mouïche va ériger un hangar pour célébrer le culte. Il sera suivi de la quasi-totalité des fidèles. Sur le fronton de ce hangar le pasteur Mouïche écrira ceci :

« Voici l’Eglise Évangélique des enfants de Cham ». Le hangar fit le plein des fidèles.

Se sentant humilié, le pasteur Martin flairant le coup de la solidarité des pasteurs Camerounais, se retourne vers le conseil d’administration de la mission protestante française pour régler ce différend d’ordre disciplinaire alors que cette action relève de pouvoir de la commission synodale générale.  Le conseil d’administration de la mission protestante de France décida d’écarter le pasteur Josué Mouïche. Ce dernier rejettera la décision et se tournera vers la CSG en bon légaliste tout en invitant le comité directeur de la S.M.E.P (la Société des Missions Evangélique de Paris) à se rendre à Foumban. Ce que fit la SMEP en envoyant le missionnaire Jean-René Brutsch.  La CSG dont le président est le pasteur Jocky appuyé en cela par le missionnaire Jean-René Brutsch décidera le maintien du Pasteur frondeur Josué Mouïche, la réouverture du temple historique de Foumban et la mutation du Pasteur Henri Martin à Ndoungué mais ce dernier refusera et quittera le Cameroun, le cœur brisé et sera remplacé par l’aumonier militaire Elie Allegret. Le Docteur Clunet sera lui  aussi appelé à quitter le Cameroun  pour son indélicatesse.

A ce propos, il est utile de rappeler que certains pasteurs Bamoun (Philippe Popouere, Pierre Wah, Philippe Kouotou)  qui officiaient hors du département Bamoun au moment de l’affaire Martin-Mouïche, s’étaient opposaient au Pasteur Mouïche, demandant au passage au CSG dans une lettre datée du 14 Janvier 1955, de sommer le Pasteur Mouïche de se ranger, d’abandonner l’idée de vouloir diriger seul la région synodale bamoun sinon autorisée la création d’une nouvelle synode régionale avec la minorité des fidèles dissidentes à eux confiée et dépendant directement du synode général. La CSG ne suivra pas leur démarche et n’appliquera pas non plus une quelconque mesure disciplinaire à leur égard.

En guise de rappel, le pasteur Josué Mouïche est un des premiers chrétiens et lettrés bamoun converti après l’arrivée les missionnaires allemands à Foumban au début du 20è siècle. Sa foi intransigeante en Jésus-Christ l’a poussé à servir de pilier de transition entre les traditions et l’adoption de la foi chrétienne, entre la langue Shumon et l’Allemand, puis le Français, entre son statut de simple adepte du culte des ancêtres à celui de leader de la communauté chrétienne. Plus que tout autre contemporain bamoun, il a su incarner sa foi dans divers rôles dans la société où il a brillé comme un flambeau. Fils de Moma et de Ntapsière, né au quartier Njimbam à Foumban. Sous la pression du roi Njoya, qui avait appelé les missionnaires pour le recommander, ses parents l’envoyèrent à l’école de Njisse à l’âge de onze ans et il devient très vite un des premiers élèves à l’arrivée de pasteur Martin Gohring de la Mission de Bâle le 10 avril 1906. Il sera baptisé par le pasteur Martin Gohring le 25 décembre 1909.  Josué Mouïche a été pasteur à Foumban de 1931 à 1963, un record de ministère indigène qu’aucun autre pasteur ne pourra égaler. Il devint le tout premier président de la région synodale du Noun de 1957 à 1963, vice-président de l’Eglise Evangélique du Cameroun, et membre de la Commission Générale Synodale (CSG).                         .

Il meurt le 8 mai 1963. En son honneur, on a donné son nom au collège d’enseignement secondaire implanté à la station protestante de Njisse, le “Collège Evangélique Josué Mouïche de Foumban,” créé pour former la jeune génération dont votre serviteur. Du petit groupe des croyants de 1909, Dieu l’a utilisé pour surveiller la croissance de son église jusqu’à sa mort. La région du Noun a été éclatée en Noun Nord et Noun Sud en 2003. Les deux régions comptent plus de quarante pasteurs et 30.000 fidèles aujourd’hui à ce jour.

Cette histoire qu’il convient d’appeler l’affaire Mouïche/Martin sera à l’origine de l’autonomie de l’EEC. L’autonomie de l’EEC évangélique faut-il le rappeler fut acquise après d’âpres batailles face aux missionnaires Français. Il est tout aussi intéressant de constater ici que les communautés qui étaient aux avant-postes furent les Bamoums et les Sawa. C’est ainsi donc qu’à la suite de la fronde de Foumban, des Pasteurs parmi lesquels les Pasteurs Mallo, Mbonjo, Mouïche, réuni autour du secrétaire général de l’EEC, le Pasteur Jean Kotto, prirent l’initiative d’établir un pacte d’avenir pour l’EEC et dès 1955 à Ndoungué, ils vont dans la quasi clandestinité se réunir pour parler de l’EEC, sa naissance, sa vie, son autonomie totale et les moyens pour y parvenir. En 1956, ils étaient prêts et présentèrent leurs projets au corps pastoral camerounais ainsi qu’au conseil d’anciens élargi.

En Juillet 1956, eut lieu “une pastorale » et “l’assemblée des anciens de l’EEC” toutes les deux nées en réaction contre la conférence des missionnaires. En Août 1956 lors de la commission synodale générale qui se tient dans la cité des Arts, Foumban, sera soumise de façon officielle, la demande de l’autonomie de l’EEC. La commission synodale générale dont les missionnaires étaient d’office membres, demanda depuis Foumban, l’autonomie de l’Eglise Evangélique du Cameroun, à la SMEP, ce qui fut accepté en Janvier 1957 au grand dam des missionnaires traditionnalistes. L’EEC devenait de facto autonome… Cette indépendance fut célébrée lors d’un culte solennel le 10 Mars 1957 au Temple du Centenaire à Akwa (Duala) en collaboration avec l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun.

Etaient présent ce jour-là outre les fidèles, un nombre imposants des chefs et Rois traditionnels (Duala (membres du Ngondo), le Roi Bamoun etc.) et des laïcs engagés comme Paul Soppo Priso et Betoté. La liturgie du jour est présidée par le Pasteur Paul Joky, président de l’EEC, suivi de l’excellente prédication sur la “vraie liberté” par le pasteur Charles Westphal, vice-président de la Société des Missions Evangéliques de Paris et de la Fédération protestante de France, et la traduction assurée par le pasteur Eugène Mallo.  Au terme de cette prédication, la lecture de la déclaration d’autonomie fut lue et écoutée avec beaucoup d’émotion, la même émotion qui nous anime cette année de 2017 où l’EEC vit ses heures sombres. Voici la teneur de la déclaration lue ce jour-là par le pasteur Charles Westphal :

” Je déclare que l’EEC et l’UEBC sont désormais autonomes à l’égard de la SMEP et responsables du témoignage auquel Dieu les appelle dans leur pays.

La Société des Missions est reconnaissante que ces deux Églises aient constitué un organisme commun, le Conseil des Eglises Baptistes et Evangéliques du Cameroun (CEBEC). Elle confie donc à ce Conseil et à ces Eglises respective la personne et la famille de ses missionnaires, l’autorité de la Conférence des missionnaires et les biens immobiliers de la Mission.

La Société des Missions s’engage enfin à continuer de demander aux Eglises de France et de Suisse, toute l’aide en homme et en argent que les Eglises Evangéliques et Baptistes jugeront nécessaire à leur action. Dieu veuille sceller Lui-même notre pacte nouveau et nous garder unis dans la charité en Christ ! Ainsi soit -il.”

Ainsi naquit dans la foulée de cette autonomie, le CEBEC, véritable conseil d’administration de ces Eglises.  Cette nouvelle famille va compter sur des chevilles ouvrières, des hommes d’honneur, notamment le secrétaire général de l’EEC, le pasteur Jean Kotto (EEC) et le pasteur Paul Mbende (UEBC) pour l’encadrement des missionnaires, pasteurs et médecins, et enfin les missionnaires enseignants recevront un encadrement moral et spirituel solide du pasteur Thomas Ekollo.

Certes autonome, la vie de l’EEC ne sera pas un long fleuve tranquille. Cette famille va traverser plusieurs crises notamment les assassinats des pasteurs Guillaume Mbi et David Nenkam en pays Bamileké et du pasteur Kop Bernard à Douala au moment où ce dernier s’apprêtait à regagner son poste pastoral à Foumban. Des missionnaires enseignants Suisses (Roland Waldvogel et Lilianne-Hélène Markhoff-Thiebaud ) furent également assassiné et enfin le Directeur du Collège Thomas Nouton à Banganté, Monsieur Tchoneng Jospeh , originaire de Bayangam dans l’Ouest du Cameroun fut lui aussi assassiné. Ces assassinats étaient l’œuvre de ceux qu’on appelait à l’époque les maquisards qui soupçonnaient ces religieux et confessionnels d’intelligence avec la force colonisatrice présente au Cameroun. D’autres pasteurs à l’instar du Pasteur François Njumkwo vont échapper à la mort après enlèvement par ces maquisards.

Dès le départ, l’EEC est tenue par l’axe Douala Foumban, les Sawa et les Bamoun ayant lutté sans répit pour l’implantation et la consolidation de ce courant religieux. Ces troubles et meurtres vont provoquer le départ de certains missionnaires Européens. La grosse vague de départ se situera en 1959, lorsqu’un mouvement, l’UNIBRECAM (Union des Chrétiens Bamiléké du Moungo) fait son apparition et tente un schisme. Cette tentative de schisme va hypothéquer les plans d’avenir de l’EEC et l’Eglise sera secouée pendant plus d’une année. A la base de ce conflit, un problème de langue soulevé par la communauté Bamileké qui voulaient utiliser leurs propres langues et non le Duala pour le culte et la lecture de la Bible. A la vérité, il s’agissait d’une tentative de schisme puisse que ce mouvement va s’avérer séparatiste car certains malintentionné voulaient influencer les missionnaires afin qu’ils s’opposent à leur côté aux nouveaux responsables de l’EEC. L’affaire Martin -Mouïche était encore dans les mémoires.

Grace à la sagacité et la prudence du secrétaire général de l’EEC, le pasteur Jean Kotto soutenu en cela par la région synodale Bamoun, l’Eglise ne se divisera, et ne sombra pas non plus. Le pasteur Kotto sut soulever le problème de fond pour l’avenir de l’EEC et apaisé les différentes parties.  L’approche du pasteur Jean Kotto aujourd’hui encore nous interpelle.

Qu’avait -il fait ? Le pasteur Kotto fut inspiré pendant ces périodes de troubles et explique lui -même sa stratégie pour vaincre ces troubles et le découragement des fidèles : “…Existe t-il un moment psychologiquement plus favorable que celui-ci pour travailler parmi cette population d’un demi-million d’habitants, dans laquelle nous ne comptons que vingt-trois mille membres communiants ? Il faut des “Néhémie” pour reconstruire ! il faut encore des “Jérémie” pour avertir les autorités ! Il faut aussi des “Jean-Baptiste” pour appeler à la repentance ! Il faut des “Osée” pour annoncer le pardon et la réconciliation avec Dieu !  Il faut des ” Saint-Paul ” pour annoncer l’Evangile de Jésus Christ pour la rémission des péchés ! Aucun chrétien, aucun serviteur de Jésus-Christ n’a le droit, au nom même de l’Evangile, de se dérober à cette tâche urgente (…)

Aucun chrétien, aucun serviteur de Jésus-Christ n’a le droit, au nom même de l’Evangile, de se dérober à cette tâche urgente de réconciliation !!!!!

Ainsi donc, le pasteur Jean Kotto allait lancer des commandos pour une mission urgente d’évangélisation et de réconciliation. Aujourd’hui, nous fidèles de l’EEC, Conseillers paroissiaux, Diacres, Anciens d’Eglise, Laïcs, Biblicains, Evangéliste et Pasteurs, Chefs et Rois traditionnels devront ensemble lutter pour vaincre ce nouveau risque de schisme au sein de l’EEC car l’EEC n’est pas l’Eglise des enfants de Cham, mais une Eglise qui vit la vraie liberté, prône le consensus et l’union de tous les fidèles dans le respect de l’esprit de nos humbles bâtisseurs de notre grande famille chrétienne de l’EEC. Oui au consensus et à l’unité de l’EEC, non au schisme.   

Pour son fonctionnement, l’EEC a choisi nous l’avions déjà mentionné plus haut une ecclésiologie presbytérienne c’est-à-dire, un système presbytérien synodal avec à la tête un président élu pour un mandat de 5 ans.

L’EEC déploie ses activités à travers ses organes territoriaux et centraux, créés par le synode général de l’Église, notamment : La paroisse et ses composantes, le district et la région synodale.

L’EEC compte 22 régions synodales :

  1. Région synodale du Wouri-Centre
  2. Région synodale du Wouri-Nord et Sud-Ouest
  3. Région synodale du Wouri-Sud
  4. Région synodale de l’Est
  5. Région synodale du Nord et Extrême-Nord
  6. Région synodale de l’Adamaoua
  7. Région synodale du Centre Sud 1
  8. Région synodale du Centre Sud 2
  9. Région synodale de la Mifi
  10. Région synodale du Koung-Khi
  11. Région synodale des Hauts Plateaux
  12. Région synodale des Bamboutos et Nord-Ouest
  13. Région synodale de la Menoua
  14. Région synodale de la Sanaga Maritime et Océan
  15. Région synodale du Nkam
  16. Région synodale du Ndé et Mbam et Inoubou
  17. Région synodale du Haut-Nkam
  18. Région synodale du Moungo-Nord
  19. Région synodale du Moungo-Centre
  20. Région synodale du Moungo-Sud
  21. Région synodale du Noun-Nord
  22. Région synodale du Noun-Sud

 

En 1977, une réunion extraordinaire du synode général a adopté une nouvelle constitution stipulant que le président général de l’EEC aurait le mandat de diriger une équipe de cinq membres ou bureau de l’Église, et d’exercer une autorité administrative de toute l’Eglise et l’extérieur, fonction auparavant dévouée au secrétaire général de l’Eglise.  Les pasteurs ayant présidés les destinés de l’EEC depuis son autonomie en 1958 sont :

  1. Pasteur Paul Jocky (Sawa)
  2. Pasteur Elie Mondjo (Sawa)
  3. Pasteur Dr Jean Kotto (Sawa)
  4. Pasteur Moïse Lamere (Bamoun)
  5. Pasteur Emmanuel Njiké (Bamileké)
  6. Pasteur Dr Joseph Fochivé
  7. Pasteur Dr Isaac Batomen Henga (Bamileké)
  8. Pasteur Dr Jean Samuel Hendje TOYA (Yabassi,…Sawa(?) ).

 

L’EEC n’a jamais été un long fleuve tranquille. Pour sa survie, les communautés dominantes, Sawa, Bamoun, Bamileké, vont rapidement mettre en place des règles de direction non écrites et basé sur le consensus ; ainsi l’alternance à la présidence de l’EEC fut respectée toujours tenant compte de ce consensus. Que s’est -il passé en 2017 au dernier synode générale pour qu’on se retrouve face à une grave menace de schisme portée sur la place publique par les chefs Sawa du Ngondo ? Il est temps que l’esprit des pasteurs Mouïche, Njocky, Kotto, Mallo véritable pionnier de l’autonomie de l’EEC puisse prévaloir afin que règne la sérénité et la maitrise au sein de la grande famille de l’EEC pour nous prouver si besoin en était que nous ne sommes point membre de l’Eglise des enfants de Cham mais bien de l’EEC digne et assumée plein de zèle en Christ.

Aussi le pasteur Jean Kotto, pionnier du consensus et cheville ouvrière de la construction de l’EEC nous parle, nous, fidèles de l’EEC, membre de différentes chorales, Conseillers paroissiaux, Diacres, Anciens d’Eglise, Laïcs, Biblicains, Evangéliste et Pasteurs, Chefs et Rois traditionnels :

Aucun chrétien, aucun serviteur de Jésus-Christ n’a le droit, au nom même de l’Evangile, de se dérober à cette tâche urgente de réconciliation !!!!!

Josué Muishe est un des premiers chrétiens et lettrés bamoun converti après l’arrivée les missionnaires allemands à Foumban au début du 20è siècle. Sa foi intransigeante en Jésus-Christ l’a poussé à servir de pilier de transition entre les traditions et l’adoption de la foi chrétienne, entre la langue Shumon et l’Allemand, puis le Français, entre son statut de simple adepte du culte des ancêtres à celui de leader de la communauté chrétienne. Plus que tout autre contemporain bamoun, il a su incarner sa foi dans divers rôles dans la société où il a brillé comme un flambeau.

Source :

1.wikipedia

2.Njoya et le Royaume Bamoun ;les archives de la Société des Missions Evangélique de Paris, Dr Alexandra Loumpit Galitzine (éd. Khartala, 2006)

3. Histoire du Christianisme au Cameroun : Des origines à nos jours, approche œcuménique, Jean Paul Messina & Jaap Van Slageren ( Ed. Khartala)

4. Dictionnaire biographique des chrétiens d’Afrique

5. Déclaration du Ngondo 2017 relative à l’EEC

6. Les origines de l’Eglise Evangélique du Cameroun. Missions et christianisme autochtone, Jaap Van Slageren (Leiden, EJ. Bill, 1972)

7. L’éthique Chrétienne face à l’interconnexion culturelle et religieuse en Afrique. Exemple du pays Bamoun 1873-1937, Joseph Fochive (thèse de doctorat, publié en 1983)

500 ans de la Réforme à Sète : le temple à cœur ouvert

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Mai 2015. A l’issue du synode national réuni au Lazaret est formulée, dans l’enceinte même du temple de Sète, rue Clavel, la possibilité, pour les pasteurs de l’Église protestante unie de France, de “bénir les couples de même sexe, mariés civilement, qui en font la demande”. Une décision résolument progressiste – et on ne peut plus en lien avec la réalité – pas si surprenante au regard du positionnement des protestants en général, et de la paroisse de Sète en particulier.

Première femme pasteur de France

“Nous sommes toujours à repenser, à réinterpréter les textes. Chez nous, ce n’est pas la tradition qui prime. Nous nous posons toujours la question de savoir quel est le fondement biblique qui nous conduit à dire oui, ou non…”, explique Eva Nocquet, pasteure à Sète depuis 2008 d’une communauté d’environ 400 personnes. Dans la même veine, c’est en Île singulière, en 1949, qu’avait été consacrée Élisabeth Schmidt (lire en fin d’article), la toute première femme pasteur de l’Église réformée de France. Alors qu’il faudra attendre 1965 pour que le ministère féminin soit totalement reconnu…

Deux femmes qui, souligne le conseil presbytéral de la paroisse sétoise, “malgré des situations politiques et sociétales différentes, ont été attentives au respect des règles de l’église mais aussi progressistes dans ce qui touche à l’évolution de la société et la fraternité”.

Mai 2017. Les protestants de Sète s’apprêtent, ce vendredi 12 mai, à fêter les 500 ans du protestantisme. Un demi-millénaire après qu’en 1517, Luther, relayé quelques décennies plus tard par Calvin, a publié 95 thèses critiques envers l’Église en dénonçant, notamment, les indulgences, cette façon d’acheter le salut de l’âme par des dons d’argent.

Des Cévennes, du Nord de l’Europe…

À cette époque, Cette n’est qu’un cap sur une carte, mais de petites communautés protestantes fleurissent au nord du bassin de Thau. Des familles d’extraction souvent populaire dont les enfants vont bénéficier du souffle de démocratie introduit par la Réforme. “Le savoir n’est, par exemple, plus freiné par une langue, le latin, que beaucoup ne maîtrisent pas. Les textes anciens sont traduits en langue vernaculaire”, explique Nicolas Westphal, président du conseil presbytéral. Et l’imprimerie contribue à ce que la connaissance savante, biblique mais aussi technique, se répande. Déjà à cette époque, les garçons, mais aussi les filles, apprennent à lire “à la maison”. Ce qui est assez mal vu.

Cependant, la communauté protestante s’enrichit, avec la création du port de Cette, de l’arrivée de populations cévenoles, mais aussi venues du Rouergue et du Tarn, lesquelles feront souche. Et, dans le courant du XVIIIe siècle, de l’apport de grandes familles bourgeoises du Nord de l’Europe, qui vont notamment investir dans le négoce de marchandises transitant par le port de Sète.

La vie des populations d’obédience protestante, en bord de Méditerranée comme ailleurs, ne sera néanmoins pas un long fleuve tranquille, puisque jalonnée de persécutions, d’exils, qui contribueront à forger l’esprit d’entraide propre à cette communauté. Toute une constellation de mouvements en témoignera, dont la Cimade (qui, depuis 1939, accompagne les personnes étrangères dans la défense de leurs droits).

Des enfants de l’exil espagnol aux migrants soudanais, libyens…

Localement, cette entraide se concrétisera, entre autres, par la création du Lazaret protestant sur le site d’un centre de quarantaine constitué après la guerre de Crimée. Là seront également accueillis des blessés évacués du front, entre 1914 et 1918, puis des femmes et enfants de Républicains espagnols évacués, dès 1937 du pays basque, mais aussi une multitude d’enfants atteints de tuberculose osseuse avant que le Lazaret (dont les terrains appartiennent toujours à la Fondation du protestantisme) ne devienne, bien sûr, le haut lieu du tourisme social que l’on connaît. C’est là aussi, plus récemment, à l’automne 2015, que 27 migrants (soudanais, libyens, érythréens…), fuyant la guerre et les persécutions dans leurs pays d’origine, ont trouvé un havre de paix.

C’est autour de cette culture d’entraide, d’accueil et d’ouverture au monde que s’articulera la soirée de ce vendredi 12 mai. Un “prétexte pour se retrouver”, certes, que ce demi-millénaire de la Réforme. Mais aussi une belle occasion d’ouvrir le temple, et les cœurs, à tous “les amis des autres religions et aux sympathisants sans religion”.

Rue Clavel…

Les protestants de Sète lancent la construction d’un premier temple en 1832, qui, grâce à une souscription et l’aide de la municipalité, sera achevé en 1834. Or, 30 ans plus tard, son exiguïté pousse le conseil presbytéral à décider la construction du temple actuel, inauguré en 1872.

Le Pape aux nouveaux prêtres: “soyez des pasteurs du peuple de Dieu”

2017-05-07 Radio Vatican

(RV) À l’occasion de la 54e journée mondiale de prière pour les vocations, ce dimanche 7 mai 2017, le Pape François a ordonné dix prêtres dont six du diocèse de Rome, en la Basilique Saint Pierre de Rome. Le Saint-Père leur a rappelé qu’ils étaient choisis par le Seigneur «non pour faire carrière», mais pour faire, en son nom, une mission de maitre, de sacerdoce et de pasteur.

«Lisez et méditez assidument la Parole du Seigneur pour croire ce que vous avez lu, enseigner ce que vous avez appris dans la foi, vivre ce que ce que vous avez enseigné» a déclaré le Pape François lors de l’ordination, avant de donner quelques conseils. «Ne faites pas des homélies trop intellectuelles et élaborées : parlez simplement, parlez aux cœurs.» «La parole sans l’exemple de vie ne sert à rien» a continué le Saint-Père, ajoutant que «une double-vie est une maladie mauvaise dans l’Église.»

Soyez toujours miséricordieux 

«Un prêtre qui a étudié beaucoup la théologie, qui a eu un, deux, trois diplômes mais qui n’a pas appris à porter la croix du Christ n’est pas utile» a souligné François. «Ce sera un bon académicien, un bon professeur, mais pas un prêtre». Le Pape qui souligne l’importance de la miséricorde. «Je vous demande, au nom du Christ et de l’Église, d’être miséricordieux. Toujours. Ne chargez pas sur les épaules des fidèles des poids qu’ils ne peuvent porter» a expliqué le Saint-Père. «Jésus a réprimandé ces médecins et les a appelés hypocrites.»

Soyez toujours joyeux, jamais tristes 

Autre recommandation du Pape, celle d’aller voir les malades, même si cette tâche est «peut-être ennuyante, et aussi douloureuse. Faites-le vous.» Enfin le souverain pontife donne ce dernier conseil. «Soyez joyeux, jamais tristes. Joyeux. Avec la joie du service du Christ, même au milieu de la souffrance, de l’incompréhension». «Ayez toujours devant les yeux l’exemple du Bon Pasteur, qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. Ne soyez pas des seigneurs, mais des pasteurs : des pasteurs du peuple de Dieu.»  (SB)

(Tratto dall’archivio della Radio Vaticana)

Quand partialité rime avec responsabilité

Carte de vote https://flic.kr/p/HoyZAProtestinfo laisse régulièrement carte blanche à des personnalités réformées.
Le pasteur Blaise Menu, modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres revient sur les élections présidentielles françaises.

Photo: CC (by-nc) Tonio Vega

A sa fille qui s’apprête à partir en soirée, un père protestant déclare: «Ma fille, je ne vais pas te dire ce que tu dois faire ou ne pas faire. Tu sais ce que tu dois faire…». Inscrite dans l’ADN protestant au point d’avoir été croquée, dans mon souvenir, par Albert de Pury, la scène prête toujours à sourire. Pourtant, au moment où ce savoir s’estompe, où cette sorte d’évidence des valeurs transmises se voit inquiétée, plus rien ne prête à sourire.

La France s’apprête à faire un choix de valeurs crucial. En son sein, bon nombre de protestants s’inscrivent en résistance face à la droite radicalisée que représente le FN, tandis que d’autres ont cédé aux charmes d’une blondeur duplice. Macron ou Le Pen, à qui le protestant donnera-t-il son vote? Sait-il encore ce qui fonde ses valeurs? J’entends déjà la complainte: «Voilà qu’un pasteur vient faire la morale dans le champ politique au lieu de s’occuper des âmes! Au nom de la laïcité, que chacun reste chez soi!» Ha! Bienheureuse laïcité qu’on invoque quand ça nous arrange. Or la laïcité, à Genève, je sais ce que c’est, je la revendique haut et clair, et elle est le meilleur outil possible pour garantir la paix convictionnelle, le pluralisme et la liberté d’expression, avec cette nécessaire connivence critique qui veut qu’on reste en dialogue, même avec ceux qui ne pensent ou ne croient pas comme nous – mais en dialogue exigeant et ferme.

Pour moi qui ne suis qu’un spectateur du choix présidentiel, pas même français par mariage, je vis l’expérience de l’impuissance citoyenne. Mais je me souviens que mon illustre prédécesseur à la charge de modérateur que j’occupe aujourd’hui, un certain Jean Calvin, Français émigré à Genève, n’a pas mâché ses mots devant l’ignorance religieuse et l’arrogance politique pour garder le cap de l’Evangile, même s’il a cédé lui aussi, hélas, à quelque tragique infamie. Et combien dans sa trace furent inspirés et courageux dans le refus de l’autocratie ou de la démocrature!

Du coup, je le reconnais sans ambages: c’est bien de morale qu’il s’agit, de celle qui ne vous laisse pas tranquille, qui vous oblige parce que rien ne saurait valablement être pensé sans elle. Mais qu’on ne se méprenne pas: je ne parle pas de ce moralisme qui vous enivre de propos suaves en disant «C’est pas bien, vous savez…», non: j’invoque les valeurs fondamentales, évangéliques et humanistes qui, dans un pluralisme toujours à reprendre mais assumé, permettent de construire et de gérer une société complexe, riche et forte.

Or pour fourguer leur projet politique, le FN et ses affidés échafaudent de toutes pièces la fiction d’une France homogène qu’ils doivent pourtant fragmenter, prise aux filets du piège identitaire: française par les gènes, chrétienne virant catholique par opportunisme, surtout non-musulmane, la moins européenne possible, le tout soutenu par un programme politiquement versatile à un point qui donne le tournis, quand on n’a pas simplement la nausée à cause de ses fondamentaux sous-jacents. Et son moteur de transformation sociale reste le principe d’exclusion, jamais de concertation ni de consensus. De ce point de vue, le FN n’est que la quintessence d’une République clivée et éreintée: il est le reflet illusoire d’un monde fini. A ce stade, il n’est même plus besoin de diaboliser, ce qui de toute façon est un peu vain: il suffit d’ouvrir les yeux et d’avoir un peu – juste un peu – de mémoire et de conscience politiques.

Dès lors, on a beau n’être peut-être pas transporté d’enthousiasme par le programme centriste, il n’y a pas à hésiter – mais il reste à se questionner, pour savoir comment surmonter cette duperie frontiste qui, si l’on ne fait rien, si l’on ne crée pas de la nouveauté politique, continuera de prospérer sur la misère des plus faibles et des laissés-pour-compte du capitalisme et de la société. Car la souffrance est réelle, le malaise profond, l’attente hors-norme, l’espérance redoutable. Le vote affleure la colère et le désespoir – car si c’est de raison qu’on vote bleu marine, quelle drôle de raison que voilà: que s’est-il donc passé pour qu’elle soit désolée à ce point? Cela, je veux bien l’entendre, honnêtement. Mais voter sciemment pour un parti qui conchie les valeurs évangéliques élémentaires et méprise les protestants comme le fait le FN par des références historiques oiseuses est incompréhensible.

Alors si j’étais ce père protestant, je discuterais et dirais: «Ma fille, je ne vais pas te dire ce que tu dois voter, ni même si tu dois voter: tu sais ce que tu dois faire». Car voter n’est plus un choix, c’est le privilège d’une responsabilité considérable – presque infinie. Encore faut-il savoir envers qui, ou envers quoi. A cette heure, peut-on encore se contenter de rester en retrait, ou laisser d’autres choisir à notre place quand ça nous contrarie? Chacun-e jugera, dans la solitude de l’isoloir, en conscience, devant deux projets de société qu’on ne saurait considérer comme simplement équivalents, où se trouve encore la possibilité de l’Evangile.

Campagne présidentielle : quand les pasteurs parlent de politique

Deux pasteurs de l’Église protestante unie expliquent comment ils abordent la question du politique.

Anne Faisandier, Marseille « J’ai abordé lors de diverses prédications des sujets liés à la campagne de l’élection présidentielle : la diversité, l’immigration, la place des « petits ». Par contre, je m’interdis de prendre position publiquement pour tel ou tel candidat, pour rester la pasteure de tout le monde. Dans notre Église, il y a une grande diversité politique  : de ceux qui votent pour Mélenchon à ceux qui votent pour Le Pen avec tous les autres au milieu, et qui sont pour certains élus municipaux. Nous avons tous conscience que l’Église n’est pas le lieu du débat partisan. Dans une France qui…

Moyen-Orient: Deux femmes ordonnées pasteurs

Deux femmes ont été ordonnées pasteurs par l’Eglise évangélique réformée arabe en février et mars. Rola Sleiman and Najla Kassab sont les premières femmes pasteurs pour la région Moyen-Orientale depuis les années 1920. L’une à Beyrouth, l’autre à Tripoli, toutes les deux ont été appelées par leur communauté pour remplacer les pasteurs ayant émigrés vers l’Occident.

Pour être ordonné par l’Eglise évangélique réformée arabe, un vote a été nécessaire. Pour Rola Sleiman, 23 voies en sa faveur (et une voie contre) lui ont permis d’être consacré pasteur. Elle qui officiait dans son église depuis plusieurs années, mais ne pouvait administrer de sacrements car n’étant pas consacrée, était surprise du résultat : «Je pensais bien que le vote passerait, mais je ne pensais pas que ce serait avec autant de voix. Quel étonnement !»

La rédaction d’evangeliques.info – 03 mai 2017 10:19

Présidentielles: regards du clergé français en Suisse

Prêtres ou pasteurs français établis en Suisse, comment perçoivent-ils le second tour des élections présidentielles dans leur pays d’origine? Beaucoup estiment qu’il n’y a pas de candidat idéal pour défendre les valeurs chrétiennes. Déçus, confiants ou perplexes, ils iront néanmoins voter le 7 mai 2017.

A quelques jours du deuxième tour des présidentielles françaises, des responsables de paroisses catholiques et réformées de Suisse romande s’apprêtent à passer aux urnes pour départager Emmanuel Macron et Marine Le Pen, tant bien que mal. “Avec un regard chrétien, on détecte assez aisément des propositions inquiétantes chez les deux candidats, déclare l’abbé Philippe Blanc, curé modérateur dans le canton de Fribourg. Il y a un problème, soit au niveau de l’accueil de l’étranger et des liens avec l’Europe, soit au niveau de la famille et de l’éducation.”

Ils “draguent” l’électorat chrétien

L’éviction de François Fillon a-t-elle rendu le choix “dit chrétien” plus cornélien? “Les catholiques français, dit-on, votent traditionnellement pour la droite républicaine, avance le Père Eric Marchand, responsable général de la Mission ouvrière Saints-Pierre-et-Paul (MOPP). Qu’elle soit éjectée au premier tour, c’est une première. Mais faut-il s’en désoler? D’autant plus que l’on sent très bien les deux candidats restants tenter de ‘draguer’ l’électorat chrétien par tous les moyens.”

“Tout homme est pécheur et faillible, y compris les politiques”

Désemparés, des croyants attendent les directives de leur hiérarchie ecclésiale. Certains reprochent que la lettre des évêques français ne soit “pas très courageuse”. C’est le cas de ce groupe de prêtres catholiques qui, par le biais du Collectif Antioche, ont appelé à voter “paisiblement” pour Marine Le Pen. Les auteurs de cette initiative gardent l’anonymat, il est donc difficile d’évaluer leur représentativité au sein du clergé.

“L’Evangile est politique”

“La seule solution, comme le suggèrent les évêques, c’est de renvoyer chacun à voter selon sa conscience. Mais il ne faut en aucun cas, tranche Philippe Blanc, qu’un réflexe lié à la peur soit le moteur de votation.” Il rappelle que le pape Paul VI encourageait l’apostolat des laïcs “non seulement le dimanche à la messe, ajoute-t-il, mais aussi dans le monde, le social et la politique”.

Bien avant d’obtenir la nationalité suisse, Patrice Haesslein incitait déjà ses paroissiens à être responsable et à s’intéresser à la vie politique. “Car l’Evangile est politique, déclare le pasteur de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV). Et beaucoup d’orientations que le Christ a données ont une résonance politique”. Le pasteur d’origine alsacienne a toujours soutenu la démocratie, car, dit-il, c’est le système le moins mauvais.

Tous pourris, tous pécheurs

“Intégré dans le système politique suisse depuis plus de dix ans, j’observe les qualités indéniables de la démocratie directe, explique le Père Eric de la MOPP. En Suisse, les politiciens parlent de leurs dossiers, tandis qu’en France, ils parlent en ‘je’. Les candidats sont moins précis sur leur programme que sur leur volonté de briller personnellement.”

“Beaucoup sont tentés de dire que les politiciens sont tous pourris, reconnaît le pasteur Patrice Haesslein. Mais tout homme est pécheur et faillible, y compris les politiques. Laissons une marge de manœuvre à ceux qui sont élus et mettons en place des éléments de contrôle pour adapter ce qui ne va pas au bout d’un certain temps. Faisons avec les candidats donnés et ne nous abstenons pas de voter.” Il précise que le vote blanc n’existe pas en France, il est considéré comme nul.

“Un président capable d’aller dans les périphéries”

Si les protestants attendent un respect des valeurs évangéliques, les catholiques souhaitent une prise en compte de la doctrine sociale de l’Eglise. “Oui, j’irai voter, assure l’abbé Jean-Philippe Halluin, curé modérateur dans le canton de Genève. Car je fais partie de cette génération où le vote est sacré.” Mais le prêtre avoue d’emblée sa déception. “Bien que rappelée par le pape François dans son encyclique Laudato Si’, le ‘bien commun’ est primordial pour moi. Mais cette notion n’est malheureusement que trop absente dans la campagne présidentielle”.

Même son de cloche pour le prêtre ouvrier, qui ne perçoit pas de réelle volonté de la part des élus de se mettre à table pour défendre la justice sociale. “Je souhaite un président capable d’aller dans les périphéries, si chères au pape François. Qu’il brave le système très centralisé de la politique française”

Voter et prier ensuite

“Jésus œuvrait pour le respect et la dignité du prochain, rappelle le pasteur Patrice Haesslein. J’espère que le prochain président fasse de même”. “D’abord j’irai voter. Et je prierai ensuite”, ajoute l’abbé Philippe Blanc, sur un ton humoristique. Et le responsable de la MOPP de lancer: “A l’approche du Synode des Jeunes 2018, peut-être que nous pourrions faire confiance à la jeunesse d’Emmanuel Macron. En espérant qu’il ne pousse pas l’ultralibéralisme trop loin”, conclut-il. (cath.ch/gr)

Entretien avec Bruno Picard

Bruno Picard est le fondateur et pasteur principal de l’église Extravagance à Saint-Pierre, sur l’île de la Réunion. Il exerce un ministère prophétique et souhaite voir les chrétiens équipés pour étendre le Royaume de Dieu et entrer dans leurs destinées. Il enseigne également à l’école biblique Destinée, fondée par ses amis Stève et Sandrine Rivière. Bruno veut voir la Réunion, toute la France et la francophonie sauvées et bouillantes pour le Seigneur. Il exerce son ministère aux côtés de son épouse Elodie, et il est l’heureux papa de Lisa, Anna et Théo. Bruno a accepté de répondre aux questions de la rédaction d’Info Chrétienne, et nous le remercions pour sa générosité, sa transparence, le partage de son parcours riche et son authenticité. Il raconte sans filtre ses premiers pas dans la foi, dans le ministère, ainsi que le chemin de remise en question et de brisement qui lui a permis de voir le Saint-Esprit agir au travers de sa vie.

  • Peux-tu nous raconter ta rencontre avec Jésus ?

C’est la première fois que j’ai eu, ce que j’appelle, un face à face avec DieuOh ! Tu as du temps ??? Lol. Cette rencontre inoubliable s’est faite en plusieurs étapes. En 1989, mes parents ont donné leur cœur à Jésus-Christ et fait de lui leur Seigneur et Sauveur. Ayant grandi dans la religion catholique, je me suis rendu compte que quelque chose de puissant s’était produit dans leur cœur, et que leur approche de la vie avec Dieu avait considérablement changé. Aussi, mu par la curiosité et touché par l’amour que j’ai ressenti, j’ai décidé un soir d’accompagner mon père et quelques-uns de mes oncles, à une réunion de prière, quelque part dans les hauteurs de la ville de Saint-Denis à La Réunion. J’étais alors âgé de 13 ans. C’est la première fois que j’ai eu, ce que j’appelle, un face à face avec Dieu. La présence de Dieu était tellement forte que je n’ai pu faire autrement que de me mettre à genoux. Les gens autour de moi priaient dans une autre langue, tandis que j’ai dit à Dieu :

« Ok, si tu existes vraiment, je te demande de me toucher moi directement, sans détour ! »

Je suis incapable de dire combien de temps après, mais peu après cette prière audacieuse et spontanée, Jésus-Christ Lui-même m’est apparu. Je n’ai pas vu son visage, et je ne me suis pas non plus levé. Je suis resté prostré. La crainte s’était emparée de moi, suivie par une joie immense, une paix indescriptible et un amour extraordinaire. Puis, j’ai entendu ces quelques mots qui demeurent gravés à jamais :

« Bruno, Je t’appelle à me suivre, à me servir et à partager tout ce que je te dirai. Tu n’es pas prêt, mais un jour tu rencontreras un homme qui aura Mon cœur et qui sera pour toi un père. Tu pourras lui faire confiance, il te montrera comment me suivre et comment me servir ! »

Mon père, mes oncles et d’autres chrétiens présents à ce moment-là peuvent en témoigner. Ils m’ont vu trembler et pleurer. Personnellement, si je ne me souviens plus de ce face-à-face sur le plan émotionnel ou physique, je ne l’oublierai jamais d’un point de vue spirituel.

« Un jour, je suivrai Jésus-Christ et le servirai ! Mais, comment ??! »Quelques mois plus tard, mes parents ont choisi de quitter cette église évangélique pour revenir à leur pratique catholique. Blessés, nous avons repris notre vie presque comme avant. Pour moi, ce n’avait été (ne fut) qu’un épisode. On aimait Dieu, mais les gens nous avaient déçus, donc « Au revoir ! ». Au fond de mon cœur pourtant, de temps en temps, je me remémorais ce moment et me disais : « Un jour, je suivrai Jésus-Christ et le servirai ! Mais, comment ??! »

Des années plus tard, alors que j’avais 17 ans, mes parents ont retrouvé une église évangélique dans laquelle ils se sentaient bien. Les douleurs du passé s’étaient estompées mais, toujours présentes, elles justifiaient selon eux une distance de protection. C’est alors que Dieu est intervenu d’une façon extravagante.

Un soir, mon oncle Jim nous a conviés à dîner, en demandant à mes parents si je pouvais servir d’interprète pour son invité, un certain Marc Bredenkamp, un Sud-Africain qui ne parle qu’anglais. J’ai accepté l’invitation surtout parce que, chez mon oncle, on mange toujours bien, mais avant d’y aller, j’ai tenté de rassurer ma sœur Sandrine, en lui affirmant : « T’inquiète, je traduis ce gars-là, on mange, puis on va en discothèque ! ». Mais Dieu…

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En entrant dans la pièce à vivre, l’atmosphère m’a rappelé quelque chose de très fort et de très profond. J’ai ressenti Sa présence comme rarement je l’ai sentie dans ma vie. Alors que j’avançais, j’ai d’abord entendu mes parents pleurer, puis j’ai vu un homme à genoux, en train de leur laver les pieds en disant :

« Je vous demande pardon pour toutes les blessures que vous ont infligées les hommes et les femmes de Dieu avant ce moment. Je vous en conjure, pardonnez et reprenez la main de Dieu… »

C’est alors que j’ai entendu une voix claire et limpide :

« Voici l’homme dont Je t’ai parlé quand tu avais 13 ans, il te montrera comment Me suivre et comment Me servir ! »

Ne me dites pas que le monde spirituel n’existe pas !Ce soir-là, mon cœur a été gagné par le Saint-Esprit. La semaine suivante a été intense. Pendant 7 jours et 7 nuits, le Saint-Esprit m’a fait découvrir le monde de l’esprit. J’ai visité des lieux et des moments dans le monde spirituel avec une intensité rare. C’est ainsi que j’ai commencé à suivre Jésus-Christ. Ne me dites pas que le monde spirituel n’existe pas ! Ne me dites pas que Dieu ne parle plus aux hommes et aux femmes aujourd’hui ! Ne me dites qu’il faut être spécial pour que Dieu nous appelle !

  • Quel a été le déclic qui a marqué le début de ton ministère ?

Rencontrer Marc Bredenkamp a été le déclic. Dieu s’est servi de Marc pour me montrer que le ministère exige une vie de sacrifice ultime, mais que si la motivation réelle est l’amour pour Dieu et pour les autres, alors ces sacrifices deviennent beaux.

Voir la consécration de cet homme a été le déclicQuelques semaines après ma conversion, le 13 novembre 1993, dans le salon de mon oncle, Marc m’a invité à passer 4 semaines chez lui afin de découvrir les aspects du ministère. Chaque jour (ou presque) était organisé selon deux axes principaux : prier et étudier la Parole de Dieu (7/8H par jour) et prêcher (chaque soir). Cette saison a placé des fondements dans ma vie et dans mon ministère. Voir la consécration de cet homme a été le déclic. Cela m’a inspiré et m’inspire toujours aujourd’hui. Le ministère repose sur l’amour. Et l’amour exige que l’on donne sa vie à Dieu et aux autres.

  • La vie est parfois soumise aux épreuves. Serais-tu d’accord d’en partager une avec nous, et surtout de nous faire découvrir de quelle manière tu l’as surmontée avec la grâce de Dieu ?

« Plaire aux gens avant ou au lieu de plaire à Dieu »En 2006, après 6 ans de pastorat, mon couple n’allait pas bien du tout. Je n’allais pas bien du tout. Malgré des débuts prometteurs (selon le standard humain ou du moins à mes yeux), mon caractère était fragilisé par un orgueil démesuré. Cet orgueil se manifestait au travers du syndrome « pleasing people » ou « plaire aux gens avant ou au lieu de plaire à Dieu ».
Marc, mon père spirituel l’a résumé ainsi :

« Bruno, tu as une superbe personnalité. Tu es très sympa. Tu sais mettre les gens à l’aise et tu veux les aimer. Mais, ton caractère est trop fragile. Tu es toujours écartelé entre vouloir servir Dieu et plaire à TOUT le monde. Cela est très dangereux et peut te coûter ta vie, ton mariage, ton ministère et ton église locale, si tu ne changes pas! »

A cause de l’ambition de mon âme malade, je me servais des gens pour faire avancer MON ministèreÀ l’époque, je voulais avoir la plus grande église locale de La Réunion (wow! quelle ambition). J’étais blessé et en colère contre les gens qui colportaient mensonges et rumeurs à mon sujet. J’étais dans la perspective de leur prouver que j’étais un « vrai » homme de Dieu. A cause de l’ambition de mon âme malade, je me servais des gens -à commencer par mon épouse- pour faire avancer MON ministère. La plupart du temps, je n’en étais pas conscient. J’ai compris cela après avoir été brisé par Dieu qui, dans son immense bonté, sait comment vous briser, pour mieux vous relever.

Pour arracher une racine d’orgueil comme celle de « plaire aux hommes », il faut accepter d’être brisé à la façon de DieuPour arracher une racine d’orgueil comme celle de « plaire aux hommes » (Eh oui, c’est de l’orgueil !) et être reconstruit à la façon de Dieu, il faut accepter d’être brisé à la façon de Dieu. Ainsi, pour regagner le cœur de ma femme, il m’a fallu chercher Dieu comme jamais. Il m’a fallu me plonger dans sa Parole comme jamais. Je me souviens que durant près de 9 mois, je me suis retrouvé la nuit allongé sur le sol de notre chambre, tandis qu’Elodie (mon épouse) dormait, suppliant Dieu de m’aider. Un livre a été d’un immense soutien et m’a offert un cadre pour vivre ce processus de changement. Ce livre de Lou Priolo s’intitule Pleasing people : comment ne pas être addict de l’approbation. Je crois l’avoir lu 6 fois.

Ce qui m’a aussi beaucoup aidé, c’est l’amour de ma femme! Il m’a fallu plusieurs mois pour (re)gagner le coeur de mon épouse, qui avait compris la réalité de l’alliance. Malgré la blessure, elle ne s’est pas détournée de moi. C’est d’ailleurs lorsque nous nous tournons vers Dieu, que nous recevons la force, l’amour et la sagesse pour protéger ce qui importe vraiment. Elodie a toujours été une magnifique manifestation de la grâce de Dieu envers moi.

Sans le soutien de ma famille, de mes amis, de mon pasteur, de la famille spirituelle Extravagance, je n’aurais jamais pu remonter la pente ou endurer le processus. C’est à cette époque que j’ai commencé à comprendre que ce n’est pas notre spiritualité qui nous préserve de la chute, mais ce sont nos relations. Beaucoup d’hommes et de femmes de Dieu oints et consacrés sont tombés, incapables d’être transparents et sincères, préférant se cacher et cacher leurs manquements, au lieu de s’ouvrir à des amis.

Dieu m’a brisé dans son amour et il m’a reconstruit dans son amourCertes, il n’est pas facile d’avouer ses fautes, ses péchés, et de demander pardon, mais c’est la seule vraie façon de rester en bonne santé spirituelle. Dieu m’a brisé dans son amour et il m’a reconstruit dans son amour. C’est la puissance de la grâce de Dieu. Celle-ci n’est pas une licence nous permettant de rester tel que l’on est, mais c’est la puissance de Dieu pour nous transformer à l’image de Christ.

Durant cette saison de désert, j’ai compris beaucoup de choses en ce qui concerne la priorité à donner à son mariage et à sa famille. J’ai revu toutes mes priorités, mais il m’a fallu des mois pour vraiment les vivre. Je veux dire qu’il y a souvent un monde entre ce que l’on sait et ce que l’on fait. Cette saison m’a aidé à comprendre que celui ou celle qui s’abandonne entre les mains de Dieu, n’abandonne jamais! Si ton abandon est total, ta victoire sera totale. Si ton abandon est partiel, ta victoire sera partielle.

Le plus important, c’est d’aimer Dieu et les gensCes années d’épreuves, les 10 premières années de ma vie chrétienne, m’ont permis de voir ce qui est vraiment important. Le plus important, c’est d’aimer Dieu et les gens. Le projet de Dieu, c’est les gens. Pour maintenir cet amour et cette ardente passion, il faut rester sur l’autel. Il faut régulièrement se remettre en question. Il faut chercher à donner sa vie continuellement. Ainsi, l’ambition n’a plus raison d’être. Ce qui compte, c’est de servir -servir à la façon de Christ.

  • Quel est le projet ou la réalisation dont tu es le plus fier ?

Ma plus grande fierté demeure mon mariage et mes enfants. Je suis reconnaissant envers Dieu pour les dons qu’il m’a faits en me confiant Elodie, Lisa, Anna et Théo. J’aime ma famille et chaque jour ils savent me combler d’amour. Ils sont ma joie! Mais à ce stade de ma vie, je suis encore en chantier. Je les remercie pour leur patience.

Ma vision dicte mes projetsEn ce qui concerne le reste de ma vie, j’ai beaucoup (beaucoup) de projets mais je cherche à rester le plus fidèle à la vision céleste. Ma vision dicte mes projets. La vision est de voir le réveil à La Réunion, en France et en Francophonie. Bien entendu, je ne suis pas seul. Nombreux sont les chrétiens et les églises locales qui participent à la réalisation de cette vision.

Tous mes projets sont donc en cours de réalisation. L’un d’eux est l’implantation de campus ou d’églises locales puissamment fondées sur la Parole de Dieu, sous la conduite du Saint-Esprit. Pour cela, il faut des ministères solides en Christ. Je m’attache à lever une armée. Par Sa grâce, je suis entouré d’un équipe extraordinaire qui, chaque jour, œuvre dans ce sens avec une passion inspirante. Je suis fier et encouragé par ce que je vois, mais il y a encore tellement de choses à faire.

Faire des disciples et faire de ma nation, un disciple. Je refuse de croire que parce que le monde va de plus en plus mal, l’Eglise doit prendre la même direction. Au contraire, l’Eglise est appelée à briller dans les ténèbres.

Dieu n’est pas un secret devant être gardéMatt 5: 14-16 En d’autres termes : Vous êtes ici pour être la lumière qui met en valeur les couleurs de Dieu dans le monde. Dieu n’est pas un secret devant être gardé. Nous allons être rendus publics, aussi publics qu’une ville placée sur une colline. Si je fais de vous des porteurs de lumières, ne pensez pas que je vais vous cacher sous un seau. Je vous place sur un chandelier. Maintenant que je vous ai placés là au sommet de la colline, sur un chandelier – brillez ! Tenez maison ouverte; soyez généreux avec votre vie. En vous ouvrant aux autres, vous inciterez les gens à s’ouvrir à Dieu, ce Père généreux qui est au Ciel.

C’est à nous – le Peuple de Dieu – de montrer le chemin. Ce chemin est Christ! Pas une religion. Christ!
Par conséquent, tous mes projets sont soumis à la vision celeste.

  • Quelle est la plus grande leçon que tu aies apprise au travers de ton ministère ?

« Dieu est lent ! »« Dieu est lent ! » (rires) Je crois vraiment que c’est la plus grande leçon que j’ai apprise en 17 ans de ministère pastoral. La première fois que j’ai entendu cette punchline, c’est de la bouche de Luc Dumont, l’un de mes meilleurs amis. Nous étions dans notre douzième année de vie d’église. Et Luc nous partageait des principes fondamentaux sur le leadership. À l’époque je trouvais que les choses n’allaient pas assez vite, que mon équipe n’allait pas assez vite. Et Bam ! « Dieu est lent ».

Nous devons faire le possible, tandis que lui s’occupe de l’impossibleCe jour-là, je n’ai pas du tout apprécié la phrase. Puis, au fil des semaines qui ont suivi, j’ai compris ce que Dieu voulait me dire. Il voulait me dire : « Dieu fait toute chose belle en Son temps. »( Ecc. 3:11a) Les « soudains » de Dieu sont réels, mais ils s’inscrivent dans le temps qui passe, temps durant lequel nous lui faisons confiance ! Nous devons faire le possible, tandis que lui s’occupe de l’impossible. Parfois, le temps qui passe nous semble une éternité. Pourtant, le temps qui passe est bien souvent le temps nécessaire pour que notre caractère soit prêt à encaisser les soudains de Dieu. « Dieu est lent » ne signifie pas qu’il est passif ou en vacances, mais que ce qu’il est en train d’accomplir, même s’il n’est pas encore visible, est fondamental pour le futur.

J’ai dû apprendre à prendre du recul. J’ai dû apprendre à chercher plus en profondeur. J’ai compris ce que Dieu dit lorsqu’Il dit que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (Rom. 8:28)

La qualité prend du temps. Le but de Dieu n’est pas de nous faire réussir dans tous nos projets, mais de nous transformer à l’image de Son fils. Pour cela, ce que Lui appelle le temps de formation et de transformation, nous, nous l’appelons « la lenteur de Dieu ».

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  • Et si c’était à refaire ! Que changerais-tu ?

Ohhh! Bien que tout ce que j’ai vécu a contribué et a été utilisé par Dieu pour me façonner, je pense que si j’avais la chance de refaire quelque chose, je reviendrais en 1999. C’est l’année où j’ai épousé une femme extraordinaire, Elodie, et c’est l’année où nous avons implanté l’église dont nous sommes les pasteurs. Je déconseille fortement à tous les jeunes mariés de se lancer dans le ministère d’implantation d’église dans la même saison que le mariage. (Rires) Si Dieu vous parle, il vous fera grâce. C’est ce qu’il a fait pour nous. Ce n’est pas un regret que j’exprime mais avec le recul, je me rends compte que je n’étais pas un mari à la hauteur, comme je n’étais pas un pasteur et un leader à la hauteur. Cela est certainement lié à notre jeune âge. Elodie avait 18 ans et moi, 23 ans ! Les 7 premières années du mariage et de l’église locale ont été très difficiles. Mais, Dieu…

  • Quelles sont les personnes qui ont eu un rôle majeur tout au long de ton parcours ?

C’est elle qui, durant les moments les plus sombres de ma vie, a su me redonner l’envie de continuerAvant tout, je réponds sans hésiter : Élodie, mon épouse et la mère de mes enfants. C’est elle qui, durant les moments les plus sombres de ma vie, a su me redonner l’envie de continuer. Elle a une intimité avec Jésus-Christ qui m’inspire. Sa présence a toujours été un baume dans mon cœur. Au delà du rôle d’épouse et de mère qu’elle remplit avec passion et excellence, elle est une guerrière. Je l’ai vu se battre dans l’esprit pour de très nombreuses personnes. Je l’ai vu garder sa bouche fermée face aux attaques et à la violence de certaines personnes contre nous. Elle m’a appris à être constant et garder le cap. Elle m’a appris à imiter Jésus-Christ.

Bien entendu, mon père spirituel, Marc Bredenkamp, a joué un rôle fondamental. Je lui serai éternellement reconnaissant. Il m’a inculqué la passion pour les âmes non pas en parlant mais par le prix qu’il a payé et qu’il paye encore aujourd’hui avec son épouse et sa famille.

Son amour pour la Parole de Dieu vous met une belle gifle d’amourJ’évoquais plus tôt mes problèmes d’orgueil et mon addiction à l’approbation des gens. Cela avait affecté mon couple et mon leadership. A ce moment-là, Dieu par Sa grâce m’a envoyé des personnes extraordinaires qui sont devenus mes meilleurs amis. (Lorsque Dieu veut bâtir une vie, il t’envoie quelqu’un. Lorsque le diable veut détruire une vie, il t’envoie quelqu’un). Stève et Sandrine Rivière, qui sont à nos côtés dans le leadership Extravagance, ont joué et jouent toujours un rôle majeur dans nos vies. Stève est un homme de Dieu extraordinaire. Il m’inspire au quotidien. A ses côtés, vous ne pouvez pas baisser les bras. Son amour pour la Parole de Dieu vous met une belle gifle d’amour (lol). Stève est un roc. Ceux qui le connaissent l’appelle le Vin Diesel français… Quand vous servez Dieu à ses côtés, vous demandez à franchir de plus grandes montagnes. Sans lui, je doute que je pourrais être encore dans le ministère aujourd’hui.

Mes parents et mes beaux parents ont eux aussi joué un rôle majeur. Mon père m’a appris ce qu’est la générosité. J’en ai vu des gens généreux dans ma vie, mais lui, il les surpasse tous. Il a cette facilité à se dépouiller par amour. Je crois sincèrement que cela m’a permis de « comprendre » un peu mieux l’amour du Père.

Mon ami de longue date, Luc Dumont. Par son courage et sa ténacité, par son cœur d’adorateur, il a toujours été là pour moi. On s’écrit presque tous les jours (rires). Pourtant, il vit à Montréal et moi je vis là où Dieu habite toute l’année, l’île de La Réunion.

Les membres de mon équipe m’inspirent. Je ne peux pas les citer tous ici mais je tiens à remercier Jérémie, Harold, Pascal et Joel, Emilie, Phil. Merci les amis ainsi que vos familles.

  • As-tu des modèles, des mentors, des personnes qui te poussent à aller de l’avant et à devenir meilleur ?

La liste peut être longue – très longue. En quelques lignes, je vais essayer de vous donner les noms de ceux et de celles qui me poussent à toujours progresser.

John Bevere, Bill Hybels, Rick Godwin, TD Jakes, Rick Renner font partie de ceux qui m’inspirent tous les jours et qui me poussent à vouloir devenir un meilleur leader. Leur enseignement, tout comme leur histoire, me touchent particulièrement. Tous ont un amour pour la Parole, pour les gens et tous veulent laisser un héritage à la gloire de Dieu. Il y en a d’autres, mais, eux sont les principaux.

Never give up !En tant que mentors, j’aimerais citer deux de mes amis qui, dans leur domaine, me sortent régulièrement de ma zone de confort : Fabrice Aldon et Mica Pain. Ce sont deux amis avec lesquels je fais du sport (vélo et trail). Leur style de vie m’aide énormément à maintenir une bonne santé physique. Avec eux, mon mental est toujours en mode « Never give up ! Never give up ! Never give up ! ». Je les remercie au passage.

  • Quel est le personnage biblique qui est une source d’inspiration pour toi ? Et pourquoi ?

David : C’est lui qui m’a fait comprendre que l’adversité est le petit-déj’ des champions pour DieuAu risque de manquer d’extravagance, je dirais « David ». David avait de très nombreuses qualités en tant que leader, mais celle qui – surtout par les temps qui courent – me marque le plus, c’est sa capacité à voir et percevoir le cœur de Dieu, même après avoir chuté lourdement. Son optimisme me galvanise. Lorsque tu lis la vie de ce roi extraordinaire, tu oublies presque toutes ses immenses et colossales erreurs. Dès les premières heures de son leadership, dès l’instant où David a reçu le manteau de roi d’Israël, il a foncé dans la carrière qui lui était ouverte avec panache, passion, optimisme et foi ! D’autres leaders auraient sûrement pris beaucoup de temps de réflexion à peser le pour et le contre avant d’agir. Pas David ! Lui était un homme d’action. Il avait une telle confiance en Dieu que Goliath n’a eu aucune emprise sur lui. C’est lui qui m’a fait comprendre que l’adversité est le petit-déj’ des champions pour Dieu. Sa confiance en Dieu et l’assurance qui en découlait te rappellent que rien ne peut arrêter un homme ou une femme qui demeure à l’abri du Très Haut. C’est lui qui a écrit le Psaume 23. C’est lui qui te rappelle que tout ira bien en tout temps. David m’inspire par l’espérance qu’il a toujours su préserver et partager. « Mais David reprit courage en s’appuyant sur l’Éternel, son Dieu. » ( 1 Sam.30:6) Au beau milieu de l’un des pires moments de sa vie, David a puisé sa force dans le Seigneur et a su la communiquer aux autres. Sans aucun doute, il nous faut plus de David aujourd’hui que jamais.

  • Quel conseil pourrais-tu donner à celles et ceux qui souhaitent se lancer dans la même voie que toi ?

Servir Dieu sans les larmes est possibleTout d’abord, j’aimerais leur dire que servir Dieu sans les larmes est possible. Certes le ministère n’est pas toujours facile, mais si tu apprends à marcher à Son rythme, alors tu peux vivre une vie joyeuse et victorieuse. Un jour, j’ai posé la question suivante au pasteur d’une très grande église (plus de 35 000 membres) : « Mais, vous ne semblez pas stressé ! Vous êtes joyeux et toujours en train de rire ! Comment faites-vous? » Il m’a souri et a ouvert sa bible à Matthieu 11.28-30 (J’aime la paraphrase de la version « The Message ») :

Êtes-vous fatigués ? Êtes-vous épuisés ? Êtes-vous blessés par la religion ? Venez à moi. Reposez-vous en moi et vous serez restaurés. Je vais vous montrer comment prendre du vrai repos. Marchez avec moi et travaillez avec moi. Regardez comment je m’y prends. Apprenez les rythmes spontanés de la grâce. Je ne mettrai rien de lourd ou de mal ajusté sur vous. Tenez-moi compagnie et vous apprendrez à vivre une vie légère et libre.
(MSG traduite)

Ce jour-là, j’ai compris que ma vie publique dépend de ma vie dans le lieu secret. (Matt. 6:6)
Quoi que tu fasses, ne jamais faire passer le ministère avant l’intimité avec Dieu. Ne laisse jamais ce que tu fais pour Dieu te faire oublier qui Dieu est.

L’une des tendances les plus pernicieuses de notre génération est d’enseigner que l’amour est plus important que la doctrine et la véritéEnsuite, j’aimerais dire que pour réussir selon Dieu, il faut faire les choses à sa façon. Sa Parole et son Esprit sont les « ingrédients » d’une vie digne de son amour. Il est capital de toujours chercher à vivre avec le Saint-Esprit et selon Sa parole. Nous faisons face à une montée sans précédent d’une grande confusion dans le Corps de Christ. Il y a beaucoup de mélange. La Bible est de moins en moins respectée en tant que Parole de Dieu. Je ne parle pas ici de légalisme, mais je veux t’encourager à ne jamais oublier que tu dois bâtir ta vie, ton mariage, ta famille, ton ministère et tout le reste sur la Parole de Dieu. Dieu est Amour, mais Dieu est aussi Vérité. Son Esprit est appelé l’Esprit de vérité. L’une des tendances les plus pernicieuses de notre génération est d’enseigner que l’amour est plus important que la doctrine et la vérité. Ainsi, l’amour demande le divorce à la doctrine et l’unité rejette la Vérité !Sans rentrer dans des débats sans fin, je suis inquiet de voir que de plus en plus de gens disent que la doctrine divise, tandis que l’amour unifie.

Sans la vérité pour le définir, pour l’interpréter, le protéger, le guider, le canaliser, l’amour peut produire une vraie catastropheAlors un conseil, étudie la Parole et reste ancré dans sa Parole, parce que sans la vérité pour le définir, pour l’interpréter, le protéger, le guider, le canaliser, l’amour peut produire une vraie catastrophe. Nous ne pouvons pas imaginer la vie sur cette planète sans eau. L’eau est absolument essentielle pour la vie, tant qu’elle reste canalisée, dans ses canaux, ses aqueducs et ses tuyaux. Mais lorsque l’eau est hors de contrôle, c’est la deuxième plus grande catastrophe qui peut arriver à notre planète, après le feu. D’une part, c’est une bénédiction absolue, mais d’autre part, cela peut devenir une pure catastrophe. Il en est ainsi de l’amour ! Il nous faut prendre garde de ne pas tomber pour ce sentimentalisme religieux. Il y a une chose pire que la division, c’est la paix avec le compromis. La vérité est infiniment plus importante que la fausse unité du monde.

Ce sont tes relations qui sont pour toi et pour chacun de nous de vraies protectionsEnfin, n’oublie jamais que ta spiritualité ne te protège pas. Ce sont tes relations qui sont pour toi et pour chacun de nous de vraies protections. J’ai vu trop d’hommes et de femmes spirituels tomber dans le péché parce qu’ils étaient isolés. Incapables de se tourner vers quelqu’un de confiance afin de partager leur tentation, nombreux ont tout perdu en tombant dans une spirale infernale. J’aimerais souligner ici que les associations sont capitales dans le royaume de Dieu. Aime tout le monde et respecte tout le monde, mais cherche des relations et associations que Dieu approuve. Ce n’est pas tout ce qui est bon qui est divin ! Ne laisse rien ni personne installer une distance entre toi et ton épouse (ou époux si tu es une femme) et entre toi et ta famille. Ton mariage et ta famille sont ton premier ministère.

  • Comment perçois-tu tes prochaines années dans le ministère ? Quel est le ou quels sont les projets qui te tiennent à cœur ?

Mon futur tourne autour de trois axes principaux.

Ces églises ne doivent jamais être des clubs, mais des familles qui brillent dans la société par les œuvres qu’elles pratiquentJe crois fermement que l’Eglise locale est le socle ou la rampe de lancement pour tout ce que Dieu veut faire dans le monde. C’est de Sion que Dieu étend son sceptre. Je sais que « faire des disciples de Christ » est ce qui importe vraiment. Cela ne peut se faire sans églises locales qui soient réellement des familles spirituelles et des familles d’accueil dans leur région. Travailler à implanter des églises locales avec tout ce que cela implique est l’une de mes priorités. Ces églises ne doivent jamais être des clubs, mais des familles qui brillent dans la société par les œuvres qu’elles pratiquent (Jean 15, Eph. 2).

Travailler aux côtés de mon ami Stève et de notre équipe à la mise en place de centres de formation est le deuxième axe autour duquel je ressens l’approbation de Dieu. Nos écoles « Destinée » (fondées par Stève et Sandrine) en sont les prémices. D’autres projets magnifiques sont dans les pipelines.

Il y a un besoin urgent d’exposer l’Eglise et le monde au vrai ministère prophétiqueDe par mon appel, je voudrais me consacrer à lever une armée prophétique. Dieu a assurément restauré aux yeux du peuple les cinq ministères. La voix prophétique, surtout en France, a été grandement méprisée depuis des siècles – et je pèse mes mots. Il y a un besoin urgent d’enseigner sur le sujet. Il y a un besoin urgent d’exposer l’Eglise et le monde au vrai ministère prophétique. Les dérives ont assez duré. Les manipulations ont assez duré. Les cinq ministères sont d’une importance capitale dans l’œuvre de transformation que chaque Chrétien vit, sous la conduite continuelle du Saint-Esprit.

  • L’actualité est souvent troublée et triste. Chrétiens persécutés, société à la dérive, catastrophes naturelles, changements éthiques majeurs… Quelle est ta position face à ces événements ? Es-tu plutôt engagé, veilleur attentif, lanceur d’alerte, intercesseur… ?

Je veux être de ceux qui font bouger les choses par la puissance du Saint-EspritChrist a dit « L’Esprit du Seigneur est sur moi car il m’a oint pour »… les autres, pour tous ceux qui sont esclaves, aveugles, meurtris, blessés, sous le poids de la culpabilité. En tant que chrétien rempli du Saint-Esprit, il m’est impossible de ne pas réagir. Je ne suis certainement pas un veilleur attentif. La compassion, la sagesse d’en haut et la puissance du Saint-Esprit font de nous des solutions pour notre monde. Nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde. Nous ne sommes pas que des serviteurs, mais aussi des amis du Christ. Il nous révèle son cœur pour un monde qui souffre. Je veux être de ceux qui font bouger les choses par la puissance du Saint-Esprit. Il y a plusieurs façons pour le faire – toujours dans l’Amour : prêcher la Parole, manifester les dons spirituels et la puissance de Dieu, se consacrer à sa famille, s’investir dans des associations qui font un travail efficace dans la société, utiliser les réseaux sociaux et tout moyen de communication tel que ce super site qu’est InfoChrétienne, que je remercie au passage pour cette interview.

Que Dieu nous remplisse de son Esprit ! En tout temps, que son Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel nous sature et qu’un amour ardent pour sa parole soit notre portion. Que les fruits de notre enracinement en Christ soient plus qu’abondants pour le gloire du Père. Que Dieu vous bénisse richement et que sa faveur abonde dans votre vie. Voici ma prière pour tous ceux et celles qui me liront aujourd’hui.

Bruno, merci pour le temps consacré et tes réponses à coeur ouvert. Merci également pour tes encouragements ! Que le Seigneur te bénisse richement et continue de vous inspirer Elodie et toi, pour bénir la francophonie.

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Deuil: Le Père Goa Ibo Maurice repose à Oghlwapo

Jean Pierre Cardinal Kutwa a, pour sa part, présenté ses condoléances et dit merci au clergé ivoirien, aux pasteurs et religieuses pour avoir répondu nombreux pour cet ultime hommage.

Deuil: Le Père Goa Ibo Maurice repose à Oghlwapo

Le Père Goa Ibo Maurice, professeur de théologie spirituelle, chef de département de Théologie pastorale à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (Ucao), décédé le 24 mars, des suites d’un accident de la circulation, repose désormais à Oghlwapo, quartier Domolon. Où il a été conduit ce vendredi 28 avril 2017, à sa dernière demeure dans la cour de la chapelle St Bernard.

En présence Jean Pierre Cardinal Kutwa, Archevêque d’Abidjan, de Paul Dakoury, Évêque Émérite de Grand-Bassam, de nombreux fidèles, amis et connaissances. Le terrain de cette localité choisi pour la circonstance pour la veillée funèbre de la veille et de la messe de requiem s’est avéré exigu pour accueillir tout ce monde venu rendre un dernier hommage à celui qui, dit on, durant sa vie terrestre invitait toujours à célébrer la vie.

S’adressant directement au défunt, Augustin Ohuia, Curé de la paroisse Notre Dame du Perpétuel secours de Treichville dira ceci: « Ta vie chrétienne a connu des hauts et des bas mais tu n’as rien négligé. Ibo, vas sans t’inquiéter, chanter dans le ciel, la puissance du Seigneur ». Il a invité également les fidèles chrétiens et tous ceux qui étaient présents à prendre la bonne route qui mène au paradis.

Jean Pierre Cardinal Kutwa a, pour sa part, présenté ses condoléances et dit merci au clergé ivoirien, aux pasteurs et religieuses pour avoir répondu nombreux pour cet ultime hommage.

A 12h 40, au terme de la messe de requiem, de longues processions prennent la direction de la cour de la chapelle St Bernard. En ce moment précis, des visages devenaient graves. De nombreuses personnes laissent alors s’échapper des larmes.

Fin de parcours terrestre pour ce prêtre communicateur et brillant selon son frère Josué Goa (lors de son témoignage à la veillée), qui est né le 24 mars 1966 et ordonné prêtre en 1995. Adieu mon père.

Boni Amlaman
Correspondant local

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