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Pasteurs Protestants

Pasteur ProtestantLes protestants ne connaissent pas de clergé, au sens de personnes que leur fonction séparerait radicalement des fidèles. Chaque protestant se considère comme engagé dans le sacerdoce universel. Martin Luther a développé radicalement ce principe très tôt en affirmant : « le baptême seul fait le chrétien. Tous nous sommes prêtres, sacrificateurs et rois. Tous nous avons les mêmes droits […]. L’État ecclésiastique ne doit être dans la chrétienté qu’une sainte fonction. Aussi longtemps qu’un prêtre est dans sa charge, il paît l’Église. Le jour où il est démis de ses fonctions, il n’est plus qu’un paysan. » (Manifeste à la nation allemande, 1520)

De ce fait, le pasteur, dont le tire officiel est « ministre du saint Évangile », ne saurait être comparé chez les protestants à un prêtre. Pasteur est finalement un nom d’usage, le mot propre est ministre, étymologiquement : serviteur. Le mot latin ministerium « fonction de serviteur [minister], service, fonction » a aussi donné le mot « métier ». Le pasteur est simplement quelqu’un dont le métier est le service du culte (prédication et sacrements) ainsi que la direction et l’accompagnement d’une Église sur un territoire donné. Ce terme étant à l’origine synonyme de berger, il peut en réalité désigner toute personne chargée de conduire spirituellement une communauté religieuse, et est donc utilisé aussi par les catholiques, à propos du prêtre, ainsi que de l’évêque notamment.

« Le pasteur de demain sera peut-être, en vertu de sa formation théologique, celui qui est, auprès de ses frères, le témoin de la Parole, celui qui y renvoie et cherche avec eux la voie de la fidélité au Seigneur. Cela ne signifie aucunement que tout fidèle devrait s’en remettre à lui du soin de fonder ses attitudes et ses options dans la foi. Cela signifie seulement que la lecture de la Bible n’est pas seulement naïve et qu’on ne saurait se passer de l’aide d’un technicien qui est, en même temps, homme de foi et soucieux de la vie de la communauté. Le pasteur servira ses frères en restant à sa place de serviteur de la Parole. Il ne prétendra pas savoir mieux qu’eux ce qu’ils ont à faire, mais seulement les reconduire sans cesse à la Parole1. »

Le terrible récit de l'assassinat en série de prêtres chrétiens en Iran

Après la diffusion fracassante d’une bande audio de l’ayatollah Montazeri sur le « massacre des prisons » en 1988 en Iran, d’anciens responsables du régime font des aveux bouleversants sur d’autres épisodes noirs de l’histoire contemporaine de ce pays. L’une d’entre elles concerne l’assassinat en série de prêtres chrétiens dans les années 1990 en Iran.

L’évêque Haik Hovsepian Mehr et les pasteurs Tateos Michaelian et Mehdi Dibaj ont été victimes d’assassinats par les agents du ministère du Renseignement iranien, VEVAK. Téhéran a cherché à nuire à l’image de l’opposition en jetant la responsabilité des meurtres sur l’organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI). Le régime avait alors exhibé à la télévision d’état trois jeunes filles, présentées comme d’anciennes sympathisantes du mouvement, qui ont « avoué » selon le régime, d’avoir commis ces assassinats et accusés l’opposition de les avoir commandités.

Par la suite à la lumière des révélations sur la série noire des meurtres en série, des éléments du régime ont avoué la participation du Vevak à ces crimes dont les meurtres des pasteurs chrétiens. Le régime islamiste prêt à tous les crimes et machinations pour assurer sa survie avaient En effetacculées ces jeunes femmes à collaborer avec le régime sous la torture. Bien entendu personne n’a été dupe et le régime a été condamné par l’ONU pour ces assassinats.

Mais plus de détails vient d’être dévoilés avec les propos tenu le 26 août dernier par Mehdi Khazali, un ancien membre du cabinet de la Présidence sous Rafsandjani. Membre du bureau d’études de la présidence de la République entre de 1986 à 1995 et responsable du centre d’études biotechnologiques de la Présidence de la République de 1993 à 1995, Khazali passe à la dissidence et fut même arrêté, mais vit toujours à l’intérieur du pays. Il fait un récit horrifiant du massacre de 1988 pendant lequel 30 000 prisonniers politiques ont été exécutés en quelques semaines. Maisil fait également lever le voile sur la série d’assassinat de prêtres chrétiens quelques années plus tard. Il affirme dans une intervention sur la chaine iranienne Dorr TV : 

« Regardez, l’une de ces bandes de sauvages, ce sont trois filles qui vont servir d’appâts aux autorités de la sécurité, pour voir si ces prêtres sont des missionnaires, s’ils font du prosélytisme chrétien ou pas. Elles pensaient qu’elles n’auraient que ça à faire, d’aller les voir et de leur dire qu’elles voulaient se convertir au christianisme et qu’elles voulaient apprendre. Alors elles sont allées au domicile des deux prêtres, et ensuite, sous les yeux de ces trois filles, les prêtres sont tués, découpés en morceaux et placés dans un congélateur.

Après, on leur a demandé de dire dans une interview qu’elles avaient été chargées par l’organisation des Moudjahidine du peuple de tuer ces prêtres. Alors elles ont été contraintes de faire cette interview et on leur a promis que si elles la faisaient, après elles seraient libres.

Mais, ils se sont rendus compte que si elles repartaient libres, elles iraient dire que c’était une mise en scène, qu’elles avaient servi d’appât, qu’elles avaient été attirées dans une maison où les prêtres avaient été tués. Alors ils condamnent à mort ces trois appâts à qui ils avaient assuré la sécurité et ils voulaient les exécuter (…) un certain vice-ministre du renseignement et qui en fait est devenu ministre (me) raconte : « nous avons empêché cette mise à mort (des 3 jeunes femmes), et en plus on en est fiers, quand on a su qu’ils voulaient les exécuter, on a demandé pourquoi, elles n’ont rien fait, elles ont collaboré avec vous. Pourquoi les exécuter ? Ils ont fini par accepter de les laisser en isolement cellulaire, jusqu’à ce que – ce vice-ministre qui parle (me) raconte ça qu’en 2009 – elles sont restées en isolement jusqu’à la ménopause.

Une de ces filles était mariée, elle avait un mari et une fille. Quand sa fille entend à la télévision sa mère dire qu’elle a tué deux prêtres et qu’elle les a découpés en morceaux, taillés en pièces, et qu’elle ajoute qu’en fait les prêtres voulaient les violer, là c’était franchement exagéré, alors la fille voit sa mère comme une corrompue qui est allée fricoter avec deux prêtres et qui les tue. Elle lui donne une image de criminelle et ne veut même plus parler avec sa mère emprisonnée au téléphone et leurs relations sont totalement rompues. »

Plus tard, j’ai partagé la cellule d’un parent d’une de ces trois filles. Ce qui est intéressant, c’est que quand je lui ai dit ce qu’un vice-ministre m’avait raconté, il m’a dit qu’une de ces filles était de sa famille et que je ne pouvais pas imaginer ce qu’elles avaient souffert, le calvaire qu’elles avaient enduré, elle, sa sœur, sa mère et tous les autres et qu’aujourd’hui encore elles étaient sous surveillance, et que personne n’ose dire la vérité (…) Les dirigeants du régime des mollahs doivent être jugés pour le meurtre de ces trois prêtres et de milliers d’innocents devant une cour de justice internationale ».

Rappel 1 :

Le 2 juillet 1994 on retrouve le cadavre de Tateos Michaelian, pasteur de l’Église évangélique arménienne Saint Jean à Téhéran; trois jours plus tard, le pasteur Mehdi Dibaj, de l’Église de l’Assemblée de Dieu subit un sort analogue. Il s’agit du troisième homicide dans la même année de hauts représentants des Églises chrétiennes en Iran : en janvier, en effet, l’évêque des Assemblées de l’Église de Dieu, Haik Hovsepian Mehr avait fini prématurément ses jours sous les coups des sicaires envoyés par les dirigeants islamistes. Tous les trois pasteurs évangéliques, iraniens de naissance, avaient été à diverses reprises menacés en raison de leur foi chrétienne. Medhi Dibaj, accusé depuis son plus jeune âge d’avoir abjuré la religion de ses pères, avait passé plus de dix ans en prison.

La persécution des chrétiens en Iran n’est pas une série d’événements isolés ou le résultat de préjugés individuels, mais plutôt une politique d’État mis en œuvre à tous les niveaux, sous diverses formes.

Au milieu des années 1990, l’évêque Haik Hovsepian Mehr, à la tête des assemblées iraniennes de Dieu, avait été sommé de se conformer aux directives suivantes: Aucun service de l’église ne doit être effectué dans la langue persane (la langue du peuple).

Tous les membres doivent être délivrés avec des cartes d’adhésion et leur admission aux services seraient sur la production de la carte appropriée. Les photocopies de ces cartes et les listes de membres avec leurs adresses doivent être donnés aux autorités compétentes. Les réunions du dimanche doivent être pour les membres seulement. Aucune réunion n’aura lieu un autre jour, en particulier, vendredi. Pas de nouveaux membres peuvent être admis sans en informer le service compétent du ministère de l’Information et de l’Orientation islamique.

L’évêque a défié les autorités en leur disant : « Jamais moi ou mes ministres nous nous conformerons à ces exigences inhumaines et injustes » et « nos églises sont ouvertes à tous ceux qui veulent entrer. »

Haïk Hovsepian Mehr a été assassiné le 2 juillet 1994 en même temps que le pasteur Tateos Michaelian.

Le régime islamique a adopté une politique délibérée d’élimination progressive des églises existantes sous des prétextes juridiques. Plusieurs églises ont été contraintes de fermer à Téhéran. Divers maison-groupes religieux ont également été fermées à Sari et Machad et Ahvaz et les chrétiens sont strictement interdits de se rencontrer. En dépit des garanties de la liberté religieuse pour les chrétiens à l’article 13 de la Constitution iranienne, c’est une infraction que de vendre une copie de la Bible en Iran. La loi sur l’apostasie demeure en vigueur et est puni de la peine capitale.

Rappel 2 :

L’enregistrement audio de l’ayatollah Montazéri, révélé par son fils au début du mois d’aout 2016, décrit le massacre de 30 000 prisonniers politiques de 1988 en Iran de « crime le plus terrible perpétré en république islamique depuis la révolution et pour lequel l’histoire va nous condamner ». Cet enregistrement de 40 minutes de propos tenus lors d’une réunion à huis clos entre le dauphin du fondateur de la République islamique et les quatre membres de la commission chargée de mener « l’épuration » des prisons iraniennes, est l’un des documents les plus importants publiés à date sur les événements tragiques de 1988.

C’est la première fois que ce sujet sensible est évoqué sur la scène médiatique en Iran. Les autorités ont toujours cherché à éluder cet épisode sanglant de l’histoire contemporaine de l’Iran, de crainte d’éventuelles poursuites devant un tribunal pénal international pour ce qu’Amnesty International a décrit comme « crimes contre l’humanité ». Or depuis la publication de l’enregistrement audio publié à l’occasion du 28ème anniversaire de « l’été sanglant », les appels des opposants, mais aussi des figures du régime, pour faire la lumière sur « le massacre des prisons » sont de plus en plus nombreux.

Khomeiny a opté pour la « solution finale » pour liquider les membres et sympathisants du principal mouvement d’opposition, les Moudjahidine du Peuple. Ces derniers purgeaient leurs peines de prison et certains étaient mêmes sur le point d’être libérés. Une « commission de la mort » a été chargée de les rejuger et évaluer le degré d’attachement à leurs convictions politiques. Ceux qui refusaient d’utiliser le terme péjoratif de « Monafeghine » pour désigner les Moudjahidine du Peuple, étaient mis à mort. Cette vague d’exécutions était consécutive à une précédente, survenue entre 1981 et 1983, au cours de laquelle des dizaines de milliers d’opposants ont été fusillés après d’effroyables tortures. Les islamistes qui avaient dévoyé la Révolution de février 1979, cherchaient à présent à étouffer toute opposition des forces démocratiques et laïques.

Dans son interview télévisé, Mehdi Khazali (cité plus haut), a également décrit l’ampleur horrifiante du massacre de 1988 à Evine: « Le groupe le plus important et le plus peuplé qui a opposé l’Etat, était l’organisation des moudjahidine du peuple (…) Ce groupe ne pouvait être anéanti qu’avec l’autorité de l’Imam. En fait, ils voulaient décimer ce groupe et affirmaient que si nous libérons une personne, il risque de devenir un renégat et nous serons alors confrontés à un plus grand nombre. Il vaut mieux les exécuter, et, ce faisant, les familles seront terrifiées et personne n’osera devenir renégat (…) Selon la sous-direction du ministère du Renseignement, quelques 20.000 personnes ont été exécutés à Téhéran et en province. Le chiffre de 4000 mentionné par M. Montazeri ne concerne que Téhéran, et, selon quelqu’un comme M. Maleki ( un ancien vice-ministre des renseignements), près de 33.000 personnes ont été pendues en une trentaine de jours. »

Les militants des droits de l’homme en Iran ont appelé les instances internationales de se saisir de ce dossier et de faire traduire en justice les responsables du massacre de 1988. « En ce qui concerne le peuple iranien, il ne renoncera jamais à sa demande de poursuite de chacun des dirigeants du régime impliqué dans ce massacre, peu importe le nombre d’années que cela prendra, a déclaré Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne. Les Nations Unies et le Conseil de Sécurité des Nations unies doivent prendre les dispositions politiques et juridiques nécessaires en ce qui concerne les poursuites internationales des dirigeants du régime pour ce crime contre l’humanité.»

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L'interprétation du chapitre 8 d'Amoris laetitia par les évêques de la région de Buenos Aires

ilsismografo.blogspot.fr

Début septembre, les évêques de la Région pastorale de Buenos Aires (Argentine) ont adressé à leurs prêtres une lettre distinguant certains critères de base pour l’application du chapitre VIII de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, notamment en ce qui concerne l’admission à la communion eucharistique des personnes divorcées remariées. Ces critères, les évêques argentins de Buenos Aires les ont déclinés en 10 points afin d’aider les prêtres dans leur tâche pastorale. Dans le document, ils soulignent l’importance du discernement et la miséricorde dans l’accompagnement pastoral des divorcés remariés. Une copie de cette lettre a été envoyée au pape François qui a adressé un courrier à Mgr Sergío Alfredo Fenoy, délégué des évêques de la région de Buenos Aires. Le pape a félicité les évêques de cette région pastorale pour leur travail visant à accompagner leurs prêtres. Il a rappelé les quatre attitudes pastorales nécessaires à avoir vis-à-vis des divorcés remariés : accueillir, accompagner, discerner, intégrer. Parmi toutes ces attitudes, a insisté le pape, « la moins cultivée et pratiquée est le discernement ». Il a émis le souhait que soit inscrit le discernement personnel et communautaire au programme de formation des prêtres.

La DC

Lettre des évêques de la région de Buenos Aires

Chers prêtres,

C’est avec joie que nous avons reçu l’exhortation Amoris laetitia (1), qui nous appelle avant tout à faire croître l’amour des époux et à motiver les jeunes afin qu’ils optent pour le mariage et la famille. Ce sont là les grands thèmes qui ne devraient jamais être négligés ni éclipsés par d’autres questions. François a ouvert plusieurs portes dans le domaine de la pastorale familiale et nous sommes appelés à profiter de ce temps de miséricorde pour assumer en tant qu’Église.

Pour le moment, nous nous arrêterons uniquement sur le chapitre VIII, étant donné qu’il fait référence aux « orientations de l’évêque » (n. 300) en termes de discernement quant au possible accès aux sacrements de quelques « divorcés engagés dans une nouvelle union. » Il nous semble approprié, en tant qu’évêques d’une même région pastorale, de convenir de quelques critères minimaux. Nous en faisons la proposition sans préjudice de l’autorité que détient chaque évêque dans son propre diocèse pour les préciser, les compléter et les délimiter.

1. En premier lieu, nous devons nous souvenir qu’il ne convient pas de parler de « permissions » d’accès aux sacrements, mais d’un processus de discernement accompagné par un prêtre. Il s’agit d’un discernement « personnel et pastoral » (n. 300).

2. Au cours de ce cheminement, le pasteur devrait mettre l’accent sur l’annonce fondamentale, le kérygme, qui stimule ou renouvelle la rencontre personnelle avec Jésus-Christ vivant (cf. n. 58).

3. L’accompagnement pastoral est un exercice de « via caritatis ». Il s’agit d’une invitation à suivre la route « de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration » (n. 296). Cet itinéraire requiert la charité pastorale du prêtre qui accueille le pénitent, l’écoute avec attention et lui montre le visage maternel de l’Église, tout en acceptant sa juste intention et sa bonne résolution d’exposer sa vie entière à la lumière de l’Évangile et de pratiquer la charité (cf. n. 306).

4. Ce chemin n’aboutit pas nécessairement aux sacrements. Il peut s’orienter vers d’autres manières de s’intégrer davantage dans la vie de l’Église : une plus grande présence dans la communauté, la participation à des groupes de prière ou de réflexion, l’engagement auprès de divers services ecclésiaux, etc. (cf. n. 299).

5. Quand les circonstances concrètes de la vie d’un couple le permettent, en particulier quand les deux personnes sont chrétiennes et témoignent d’un parcours de foi, il est possible de leur proposer de s’engager à vivre dans l’abstinence. Amoris laetitia n’ignore pas les difficultés de cette option (cf. note 329) et laisse ouverte la possibilité d’accéder au sacrement de la Réconciliation en cas de défaillance (cf. note 364, Lettre de Jean-Paul II au cardinal 22 mars 1996).

6. En d’autres circonstances plus complexes, et lorsqu’il n’a pas été possible d’obtenir une déclaration de nullité, l’option mentionnée peut ne pas être, de fait, réalisable. Toutefois, un parcours de discernement est également possible. Si l’on parvient à reconnaître que, dans un cas concret, il existe des limitations qui atténuent la responsabilité et la culpabilité (cf. n. 301-302), en particulier quand une personne estime qu’elle commettrait une nouvelle faute qui pourrait nuire aux enfants de la nouvelle union, Amoris laetitia ouvre la possibilité de l’accès aux sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie (cf. notes 336 et 351). Ceux-ci, à leur tour, disposent la personne à continuer de mûrir et de croître avec la force de la grâce.

7. Cependant, il faut éviter de comprendre cette possibilité comme un accès sans restriction aux sacrements, ou comme si n’importe quelle situation pouvait le justifier. Ce qui est proposé est un discernement qui fasse dûment la distinction au cas par cas. Par exemple, une « nouvelle union provenant d’un divorce récent » ou « la situation d’une personne qui a régulièrement manqué à ses engagements familiaux » (n. 298) requiert une attention toute particulière. De même lorsqu’il y a une sorte d’apologie ou une volonté d’ostentation de la situation même, comme si elle « faisait partie de l’idéal chrétien » (n. 297). Dans ces cas plus compliqués, nous, pasteurs, devons accompagner avec patience, en veillant à proposer un chemin d’intégration (cf. 297, 299).

8. Il est toujours important d’orienter les personnes à la prise de conscience de leur situation devant Dieu et c’est pourquoi « l’examen de conscience » proposé par Amoris laetitia (n. 300) est utile, surtout en ce qui concerne la manière dont elles « se sont comportées envers leurs enfants » ou envers le conjoint abandonné. Quand certaines injustices n’ont pas été résolues, l’accès aux sacrements est particulièrement scandaleux.

9. Il peut s’avérer opportun qu’un éventuel accès aux sacrements s’effectue de manière discrète, surtout quand des situations conflictuelles sont prévisibles. Mais en même temps, il ne faut pas cesser d’accompagner la communauté afin qu’elle continue de croître dans un esprit de compréhension et d’accueil, sans que cela crée de confusion quant à l’enseignement de l’Église concernant l’indissolubilité du mariage. La communauté est l’instrument de la miséricorde « imméritée, inconditionnelle et gratuite » (n. 297).

10. Le discernement ne se referme pas parce qu’il « est dynamique et doit demeurer toujours ouvert à de nouvelles étapes de croissance et à de nouvelles décisions qui permettront de réaliser l’idéal plus pleinement » (n. 303), selon la « loi de gradualité » (n. 295), et en ayant confiance en l’aide de la grâce.

Nous sommes avant tout des pasteurs. C’est pourquoi nous voulons accueillir ces paroles du pape : « J’invite les pasteurs à écouter avec affection et sérénité, avec le désir sincère d’entrer dans le cœur du drame des personnes et de comprendre leur point de vue, pour les aider à mieux vivre et à reconnaître leur place dans l’Église. »

Avec notre affection en Christ.

La réponse du pape François aux évêques de la Région pastorale de Buenos Aires

Mgr Sergío Alfredo Fenoy,
délégué de la Région pastorale de Buenos Aires

Cher Frère,

J’ai reçu la lettre de la Région pastorale de Buenos Aires intitulée « Critères de base pour l’application du chapitre VIII d’Amoris laetitia. » Je vous remercie de me l’avoir envoyée ; et je vous félicite pour le travail accompli : véritable exemple d’accompagnement des prêtres… et nous savons tous combien est nécessaire cette proximité de l’évêque auprès de son clergé et du clergé auprès de son évêque.
Le prochain « le plus proche » de l’évêque est le prêtre, et le commandement d’aimer son prochain comme soi-même doit s’appliquer en premier lieu à nous, évêques, précisément vis-à-vis de nos prêtres.
Cette lettre convient tout à fait. Elle explicite pleinement le sens du chapitre VIII d’Amoris laetitia. Il n’y a pas d’autre interprétation. Et je suis sûr qu’elle fera beaucoup de bien. Que le Seigneur vous accorde ses faveurs pour cet effort de charité pastorale. Et c’est précisément la charité pastorale qui nous amène à sortir à la rencontre de ceux qui se sont éloignés, et une fois que nous les avons rencontrés, à initier un parcours d’accueil, d’accompagnement, de discernement et d’intégration au sein de la communauté ecclésiale. Nous savons combien cela est ardu, il s’agit d’une pastorale « corps à corps » qui ne se satisfait pas de médiations programmatiques, organisationnelles, juridiques, bien qu’elles soient nécessaires. Simplement accueillir, accompagner, discerner, intégrer. Parmi ces quatre attitudes pastorales, la moins cultivée et pratiquée est le discernement ; et je considère qu’il est urgent de former au discernement, personnel et communautaire, dans nos séminaires et au sein de notre presbytérium.
Enfin, je voudrais rappeler qu’Amoris laetitia est le fruit du travail et de la prière de toute l’Église, grâce à la médiation des deux synodes et du pape. C’est pourquoi je vous recommande une catéchèse complète de l’exhortation qui certainement contribuera à la croissance, à la consolidation et à la sainteté de la famille.

De nouveau je vous remercie pour le travail accompli et je vous encourage à poursuivre, au sein des différentes communautés des diocèses, l’étude et la catéchèse d’Amoris laetitia.

S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier et de demander qu’on prie pour moi.

Que Jésus vous bénisse et que la Vierge Marie veille sur vous.

Fraternellement,

(*) Traduction française de Sophie Gallé pour La DC. Titre et note de La DC.

(1) DC 2016, n. 2523, p. 5-96.

Eglise réformée vaudoise, le malaise s'accentue

La crise continue de secouer l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) qui découvre avec fracas ses fonctions d’employeur. Depuis 2006, l’Eglise a remplacé l’Etat qui employait et rémunérait ses pasteurs. Ces deux dernières années, cinq diacres et pasteurs ont été licenciés, dont le pasteur Fatzer en juin 2016, qui avait entamé un jeûne de contestation dans l’église lausannoise de St-Laurent. Aujourd’hui, sept procès ont été lancés.

A lire aussi:

Le pasteur Daniel Nagy, 37 ans, en poste durant six ans à la paroisse des Avançons sur les communes de Bex et de Gryon, accuse son ancien employeur de l’avoir «abusivement licencié» en 2014, suite à des négociations concernant sa réaffectation. Aujourd’hui employé comme aumônier à l’Hôpital cantonal de Fribourg, Daniel Nagy réclame un dédommagement à l’EERV supérieur à 20 000 francs. La procédure en justice se déroulait sur les bancs du Tribunal des prud’hommes à Lausanne, commencée en mai, elle s’est prolongée mercredi soir.

Suzette Sandoz entendue en témoin

L’audition de l’ancienne conseillère nationale PLR Suzette Sandoz ouvre l’audience. Entendue comme témoin, en tant que membre du Synode, elle rappelle que «l’Eglise n’est pas un employeur ordinaire. Elle représente une dimension qui devrait impliquer que les rapports soient plus humains». Suzette Sandoz appuie le pasteur Nagy et prône une réconciliation.

Le pasteur Nagy est ensuite entendu. D’une voie submergée par l’émotion, il atteste qu’en 2014, l’EERV le charge de se trouver un poste de réhabilitation, ce qu’il accepte. En août de la même année, son représentant des ressources humaines lui fixe un délai de dix jours pour accepter une offre à la Vallée de Joux au 1er septembre. «C’était irréalisable de déménager, de changer de cure, de trouver des écoles pour les enfants dans un tel délai». Il raconte qu’après avoir été visiter la paroisse de la Vallée de Joux, sa femme, «valaisanne intégrée dans la commune de Gryon pleurait dans la voiture».

«J’avais prévu de rester dix ans de plus dans cette paroisse, je m’y sentais très bien, ma famille y était parfaitement intégrée. C’était inconcevable de partir aussi précipitamment. Il aurait été possible de changer de poste, moins loin, sans déménager», se défend-il. Suite à son licenciement, Daniel Nagy s’est trouvé durant neuf mois au chômage, avant d’être embauché à l’aumônerie de l’Hôpital cantonal de Fribourg.

Un pasteur «problématique»

Responsable des ressources humaines de l’Eglise, Nicolas Besson, décrit le pasteur comme étant un «homme difficile à gérer, dont les paroissiens de Bex se plaignaient». Sa présence à Gryon constituait «une situation paroissiale problématique», déclare-t-il en audience, représentant l’EERV. «Face à un pasteur qui ne facilitait pas la procédure de changement de poste, nous ne savions plus quoi faire au moment de lui asséner cette proposition».

Appelés en témoins par le pasteur Nagy, certains paroissiens ont été entendus en mai: ils louaient le travail de leur ancien pasteur et montraient leur incompréhension devant ce renvoi. L’EERV n’a produit aucun témoignage allant dans l’autre sens.

La nuit est déjà entamée lorsque le président du Tribunal des prud’hommes lève l’audience. Il délivrera sa délibération dans les trois semaines à venir.

Homosexualité et mariage de même sexe: L'Église méthodiste donne sa position

Au cours d’un point presse au Jubilé de Cocody, le très révérend pasteur, Isaac Bodjé, secrétaire général de la conférence de l’église, s’est voulu très clair sur cette question qui jette le discrédit sur cette communauté. Et ce, après que les églises des Etats-Unis et celles de France ont élu une pasteure lesbienne à une haute fonction de Bishop, et béni des couples de même sexe.

Entouré, pour la circonstance de certains pasteurs, le très révérend pasteur a soutenu que l’Église méthodiste unie de Côte d’Ivoire n’approuve pas ces pratiques qu’elle considère comme incompatibles avec la doctrine chrétienne. Pour appuyer ses propos, il a cité l’article 341.6 des règlements généraux de l’Emu, qui souligne que « les cérémonies qui célèbrent des unions homosexuelles ne devront pas être officiées par des pasteurs dans nos églises ». Pour dégager la communauté méthodiste de Côte d’Ivoire de toute responsabilité, et dire qu’elle ne se reconnaît pas dans cette « abomination », l’homme de Dieu s’est appesanti sur de nombreux textes, dont la lettre pastorale du 29 mai 2015, qui rejettent ces pratiques contre nature.

A en croire le très révérend, Isaac Bodjé, ce sont les détracteurs de l’Église de Côte d’Ivoire qui veulent, coûte que coûte, la salir, en faisant circuler ces informations sur les réseaux sociaux et dans des médias. « Nous, Eglise méthodiste unie de Côte d’Ivoire, ne sommes concernés ni de près ni de loin par cette mouvance morale qui donne l’impression que Dieu change et s’adapte au rythme de l’évolution des mœurs éclatées du monde aujourd’hui… », a-t-il indiqué, avant de laisser entendre qu’avant que la communauté locale ne se démarque de ces pratiques non chrétiennes, le collège des Bishops méthodistes unis d’Afrique, avait déjà pris les devants en rejetant catégoriquement, à travers une déclaration, l’homosexualité et les mariages de même sexe. « Jamais les églises d’Afrique ne s’ouvriront à de telles pratiques abominables », a dit le très révérend pasteur, Isaac Bodjé.

L’homme de Dieu a, par ailleurs, profité de l’occasion, pour donner un coup de pied aux détracteurs de l’église, en soulignant que l’Emuci ne vit pas aux dépens de l’argent des Etats-Unis. Elle est autonome et s’est développée au travers d’un système de solidarité et de contributions financières provenant de ses fidèles, des fêtes des moissons… 

 

Elysée YAO

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Un nouveau pasteur à l'Église Unie de l'Artois, après deux ans d'attente

Non loin du temple d’Arras, le pasteur Gaspard Visser’t Hooft travaille depuis déjà deux mois dans son nouveau presbytère. «  Ici, on m’appelle pasteur Gaspard ou Gaspard tout court  », se présente l’homme de 51 ans, dans un français parfait. Un léger accent néerlandais le trahit. «  Je suis arrivé en France il y a 26 ans, après avoir terminé mes études à l’université de théologie de Leyden. J’étais apprenti pasteur à Saint-Quentin, se souvient-il. Et je m’y suis plu. D’abord parce que j’ai été bien accueilli. Et aussi, parce qu’en France, la communauté protestante est minoritaire. J’ai apprécié que les gens soient prêts à se déplacer pour faire vivre l’église.  »

Après la Picardie, Nancy ne lui laisse pas le temps de se questionner sur son avenir. Les expériences se poursuivent. Un véritable tour de France, passant par Agen, Versailles, Orange et Carpentras. «  Ces dernières années, j’imaginais me rapprocher des Pays-Bas. J’ai appris que le temple d’Arras avait une place vacante, due au manque de pasteurs. Et finalement, les membres du presbytère m’ont choisi.  »

« Pour créer un vrai dialogue, il faut mettre le doigt sur les différences. C’est en discutant de celles-ci qu’on favorise la compréhension et le respect »

À peine arrivé à Arras, le pasteur s’est déjà lancé à la découverte du territoire. «  J’ai visité le Louvre-Lens  », cite-t-il. Mais c’est surtout à la rencontre de ses paroissiens, une centaine de familles environ, que le pasteur se consacre. Il confie, la mine réjouie : «  J’ai l’impression que le territoire est accueillant et dynamique  ». Il a également repris la célébration des cultes. Pas de changements : «  Les messes sont organisées en alternance à Arras et à Wanquetin, et deux fois l’an, à Barly et Verdrel  », précise-t-il. Le pasteur assurera également les enseignements ainsi que les accompagnements pastoraux.

Une ouverture aux différentes religions

Autre point essentiel : l’ouverture à la cité. Le pasteur Gaspard entend : «  Participer à des rencontres œcuméniques (entre religions de confessions chrétiennes) et aux dialogues inter-religieux : islam, judaïsme, bouddhisme… Forcément, on ne s’entend pas sur tout. Mais, pour créer un vrai dialogue, il faut mettre le doigt sur les différences. C’est en discutant de celles-ci qu’on favorise la compréhension et le respect.  » Et bien sûr, débattre des questions de société comme l’accueil des exilés, traitée en juillet au temple.

Le nouveau pasteur se prépare aussi à 2017, une année importante pour tous les protestants : «  Nous célébrerons ici et partout ailleurs les 500 ans de la Réforme. Le 31 octobre 1517, Martin Luther affichait les 95 thèses qui ont servi de point d’ancrage à la Réforme protestante.  » D’ici là, les travaux du temple d’Arras, dus au champignon invasif, la mérule, devraient être achevés.

Contact : Pasteur Gaspard Visser’t Hooft, 51 rue de Grigny à Arras. http://erartois.com

Singapour: une série d'appels suite à la condamnation du pasteur Kong Hee

Condamné à huit ans de prison pour avoir détourné 50 millions de dollars (lire article d’Evangéliques.info), le pasteur Kong Hee de la Megaéglise City Harvest Church est à nouveau devant la justice.

Jugé en appel, le pasteur et ses défenseurs jugent que l’argent a été utilisé à des fins d’évangélisation, pour des programmes missionnaires décidés par l’Eglise. Les avocats du pasteurs ont indiqué devant la cour que si les fonds ont été mal utilisés, le pasteur n’a pas pour autant été malhonnête.

Le pasteur et cinq autres personnes de l’Eglise sont accusés d’avoir investi 35 millions de dollars dans la carrière artistique de sa femme, Sun Ho, une pop star dans son pays.

Les responsables des fonds et des finances de l’Eglise ont eux aussi fait appel. Ils sont également entendu par le tribunal.

Le procureur juge que les responsables de l’Eglise étaient conscients de l’utilisation abusive des fonds de l’Eglise. Il demande entre onze et douze ans de prison, contre les huit ans prononcés par la justice en novembre dernier.

La rédaction d’Evangelique.info/Gospel Herald – 21 septembre 2016 09:13

Citoyens du monde, ou artisans de l'immonde ?

par Bernard Montet

Quand ils sont venus chercher les « fachos »,
Nous les avons un peu aidés,
Nous détestions les « fachos ».

Quand ils sont venus chercher les « sionistes »,
Nous n’avons rien dit,
Nous n’étions pas « sionistes ».

Quand ils sont venus chercher les bouddhistes et autres païens,
Nous n’avons rien dit,
Nous n’étions pas païens.

Quand ils sont venus chercher les chrétiens,
Nous n’avons pas protesté,
Nous n’étions pas chrétiens.

Quand ils sont venus chercher les musulmans patriotes
Nous n’avons pas protesté,
Nous n’étions pas musulmans et encore moins patriotes.

Puis ils sont venus nous chercher,
Nous, les bons apôtres du métissage et du sans-frontiérisme,
Et il ne restait personne pour protester.

Ce texte « à la manière de » est une adaptation du célèbre poème du pasteur Martin Niemöller (14 janvier 1892 – 6 mars 1984). Tout d’abord favorable au régime hitlérien, cet ancien commandant des « corps francs » devenu pasteur en 1931 s’oppose dès septembre 1933 à la nazification de l’église protestante ainsi qu’aux mesures antisémites. Il crée alors la « ligue d’urgence des pasteurs » (pfarrernotbund) que rejoignent rapidement 6000 de ses collègues (plus du tiers des pasteurs allemands). Lorsque l’église protestante passe sous le contrôle des « chrétiens allemands » et devient en 1934 « l’église du Reich », il forme « l’église confessante » avec les pasteurs dissidents. Ces actes de résistance lui valent une déportation au camp de concentration de Sachsenhausen en 1937, puis au camp de Dachau en 1941.

La situation actuelle ne manque pas de similitudes avec cette sinistre période. Montée en puissance d’une idéologie inhumaine et totalitaire: peste brune hier ( le nazisme), peste verte aujourd’hui ( l’islamisme radical). Même aveuglement volontaire des « élites »( y compris des élites religieuses, Pape en tête),même condamnation bien-pensante des lanceurs d’alerte. Même prise en otage d’un pays tout entier par des voyous fanatisés. Même soumission panurgique, hier au nom du peuple allemand, aujourd’hui au nom de l’amour universel.

Avec une différence notable, cependant: la passion nationaliste et l’idolâtrie du Chef sont remplacées par le culte du Veau d’Autre ( le « Big Other » de Jean Raspail). L’esprit revanchard et le ressentiment contre le Traité de Versailles cèdent la place à la haine de soi et au dénigrement assumé de ses propres racines . Ce n’est plus le délire raciste qui guide les foules, c’est le syndrome de Stockholm !

Autre symptôme inquiétant : la réticence constante à désigner l’ennemi islamiste radical, que l’alchimie médiatique transmute régulièrement en « kamikaze », en « dépressif », en « individu psychologiquement fragile ». A quand les fiches D comme « dépressif », M comme « troubles mentaux », P comme « psychologiquement fragile », voire T comme « temesta » ? Sans compter l’idée géniale de certains (merci BHL !), de réclamer l’anonymat des terroristes dans les médias. Encore un peu et le coq Gaulois se transformera en autruche !

Tout cela sous le contrôle de la Sainte Inquisition du politiquement correct: politiciens aux ordres, intellectuels du système, associations communautaristes, meute médiatique, « idiots utiles » au sens léniniste du terme.

Insidieusement, s’insinue dans les esprits le fatalisme, le trouble sentiment que notre vieux pays glisse inexorablement vers le gouffre. Mais l’exemple du pasteur Niemöller et les enseignements de l’Histoire nous rappellent fort opportunément qu’un retournement de situation est toujours possible.

Les dessous des robes…pastorales

A chacun sa doctrine et nul ne peut séparer Dieu de la science. Sans vouloir se déverser dans de profondes analyses théologiques, quand la politique se mêle de la religion, là on obtient une sorte de mélange d’huile et d’eau qui fera plus que freiner cette machine peu ou prou au point mort. Nul ne peut blâmer la prolifération grandissante des dites petites églises ou plus souvent appelées sectes. Faisant surtout référence aux diverses élections au sein de la présidence des églises protestantes, plus précisément les FLM et FJKM. Les fidèles ont l’embarras du choix pour choisir le vrai royaume de Dieu pour obtenir le salut éternel buvant les paroles des pseudo-pasteurs ou guides religieux qui se veulent tous, ou presque, des messagers de dieu avec un grand D.

Sans ironie ni blasphème, le peuple malgache a porté une certaine importance au monde spirituel tout en intégrant vraisemblablement au cercle d’une mondialisation qui ne se conjugue pas à sa culture. Tout le monde est d’accord, la religion n’échappe à la règle. Croyants ou pas, les Malgaches ne sont pas étrangers au visage de certains « pasteurs » qui ont fait le buzz ces derniers temps aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les médias classiques.

L’évènement le plus récent étant la célébration du 20è anniversaire de l’église Apokalipsy qui s’est tenue au Coliseum à Antsonjombe, a nourri de grands débats à cause notamment du parrainage du président de la République,  outre l’intervention de certains visages politiques à ne plus présenter dans les grands synodes. Il est normal que des brebis égarées et épuisées par leur train-train quotidien cherchant à tout prix la rédemption ne sachent plus à quel Saint se vouer car elles sont manifestement dépassées par les évènements. Si seulement la messe n’est pas encore dite…

Rojo N.

L'Eglise a besoin de « pasteurs », non de « princes »

« C’est mauvais pour l’Église quand ses pasteurs deviennent des princes, loin des gens, loin des plus pauvres : ce n’est pas l’esprit de Jésus », a assuré le pape François lors de l’audience générale du 14 septembre 2016. A l’imitation du Christ, le pasteur doit au contraire se faire « tout à tous, proche de tous, des plus pauvres », être « au milieu des gens ».

Au cours de sa catéchèse hebdomadaire prononcée place Saint-Pierre en présence de quelque 20 000 fidèles, le pape a expliqué que le passage de la Porte sainte, dans le cadre du Jubilé de la miséricorde, servait à « trouver Jésus », « trouver l’amitié de Jésus », « trouver le repos que seul donne Jésus ». En franchissant la Porte sainte, a-t-il ajouté en citant Jean-Paul II, « nous professons ‘que l’amour est présent dans le monde et que cet amour est plus puissant que toutes les formes de mal’ ».

Dans les « moments de fatigue et de déception », le pape François a conseillé de revenir au Christ : « Parfois, a-t-il fait observer, notre fatigue vient de ce que nous avons mis notre confiance dans des choses qui ne sont pas essentielles, parce que nous nous sommes éloignés de ce qui a réellement de la valeur dans la vie. Le Seigneur nous enseigne à ne pas avoir peur de le suivre, parce que la confiance que nous mettons en lui ne sera pas déçue ».

« Courage, donc, courage !, a-t-il conclu sous les applaudissements. Ne nous laissons pas enlever la joie d’être disciples du Seigneur. (…) Ne nous laissons pas voler l’espérance de vivre cette vie avec lui et avec la force de sa consolation ».

AK

Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour !

Pendant ce Jubilé, nous avons réfléchi plusieurs fois sur le fait que Jésus s’exprime avec une tendresse unique, signe de la présence et de la bonté de Dieu. Aujourd’hui, nous nous arrêtons sur un passage émouvant de l’Évangile (cf. Mt 11,28-30) dans lequel Jésus dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos… devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme ». L’invitation du Seigneur est surprenante : il invite à le suivre des personnes simples et appesanties par une vie difficile, il appelle à le suivre des personnes qui ont de nombreux besoins et il leur promet qu’en lui elles trouveront repos et soulagement. L’invitation est adressée à la forme impérative : « Venez à moi », « prenez mon joug », « devenez mes disciples ». Si tous les responsables du monde pouvaient dire cela ! Cherchons à saisir la signification de ces expressions.

Le premier impératif est « Venez à moi ». S’adressant à ceux qui sont fatigués et opprimés, Jésus se présence comme le serviteur du Seigneur décrit dans le livre du prophète Isaïe. Le passage d’Isaïe dit ceci : « Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé » (50,4). De ceux qui sont découragés par la vie, l’Évangile rapproche souvent aussi les pauvres (cf. Mt 11,5) et les petits (cf. Mt 18,6). Il s’agit de ceux qui ne peuvent pas compter sur leurs propres biens, ni sur des amitiés importantes. Ils ne peuvent se confier qu’en Dieu. Conscients de leur condition humble et misérable, ils savent qu’ils dépendent de la miséricorde du Seigneur, attendant de lui l’unique aide possible. Dans l’invitation de Jésus, ils trouvent enfin une réponse à leurs attentes : en devenant ses disciples, ils reçoivent la promesse de trouver le repos pour toute la vie. Une promesse qui, à la fin de l’Évangile, est étendue à toutes les nations : « Allez ! – dit Jésus aux apôtres – De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19). En accueillant l’invitation à célébrer cette année de grâce du Jubilé, dans le monde entier les pèlerins franchissent la Porte de la miséricorde ouverte dans les cathédrales, dans les sanctuaires, dans de nombreuses églises du monde, dans les hôpitaux, dans les prisons. Pourquoi franchissent-ils cette Porte de la miséricorde ? Pour trouver Jésus, pour trouver l’amitié de Jésus, pour trouver le repos que seul donne Jésus. Ce chemin exprime la conversion de tous les disciples qui se mettent à la suite de Jésus. Et la conversion consiste toujours à découvrir la miséricorde du Seigneur. Elle est infinie et inépuisable : grande est la miséricorde du Seigneur ! En franchissant la Porte sainte, par conséquent, nous professons « que l’amour est présent dans le monde et que cet amour est plus puissant que toutes les formes de mal dans lesquelles l’homme, l’humanité et le monde sont impliqués » (Jean-Paul II, enc. Dives in misericordia)

Le second impératif est : « prenez sur vous mon joug ». Dans le contexte de l’Alliance, la tradition biblique utilise l’image du joug pour indiquer le lien étroit qui lie le peuple à Dieu et, en conséquence, la soumission à sa volonté exprimée dans la Loi. Dans une polémique avec les scribes et les docteurs de la loi, Jésus pose sur ses disciples son joug dans lequel la Loi trouve son accomplissement. Il veut leur enseigner qu’ils découvriront la volonté de Dieu à travers sa personne : à travers Jésus, et non pas à travers des lois et des prescriptions froides que Jésus lui-même condamne. Il suffit de lire le chapitre 23 de Matthieu ! Il est au centre de leur relation avec Dieu, il est au cœur des relations entre les disciples et il se pose comme le point d’appui de la vie de chacun. En recevant le « joug de Jésus », chaque disciple entre ainsi en communion avec lui et est rendu participant du mystère de sa croix et de son destin de salut.

Suite à cela, le troisième impératif : « Devenez mes disciples ». Jésus présente à ses disciples un chemin de connaissance et d’imitation. Jésus n’est pas un maître qui impose sévèrement à d’autres des poids qu’il ne porte pas ; c’était l’accusation qu’il adressait aux docteurs de la loi. Il s’adresse aux humbles, aux petits, aux pauvres, aux plus démunis parce que lui-même s’est fait petit et humble. Il comprend les pauvres et ceux qui souffrent parce que lui-même est pauvre et éprouvé par des douleurs. Pour sauver l’humanité, Jésus n’a pas parcouru une route facile ; au contraire, son chemin a été douloureux et difficile. Comme le rappelle la lettre aux Philippiens : « il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (2,8).

Le joug que les pauvres et les opprimés portent est le même que celui qu’il a porté avant eux : c’est pourquoi c’est un  joug léger. Il a chargé sur ses épaules les douleurs et les péchés de toute l’humanité. Pour le disciple, donc, recevoir le joug de Jésus signifie recevoir sa révélation et l’accueillir : en lui la miséricorde de Dieu a pris sur elle les pauvretés des hommes, donnant ainsi à tous la possibilité du salut. Mais pourquoi Jésus est-il capable de dire ces choses ? Parce qu’il s’est fait tout à tous, proche de tous, des plus pauvres ! Il était un pasteur au milieu des gens, parmi les pauvres : il travaillait tout le jour avec eux. Jésus n’était pas un prince. C’est mauvais pour l’Église quand ses pasteurs deviennent des princes, loin des gens, loin des plus pauvres : ce n’est pas l’esprit de Jésus. Jésus faisait des reproches à ces pasteurs et il disait d’eux aux gens : « faites ce qu’ils disent, mais pas ce qu’ils font ».

Chers frères et sœurs, pour nous aussi il y a des moments de fatigue et de déception. Rappelons-nous alors ces paroles du Seigneur qui nous donnent tant de consolation et qui nous font comprendre si nous mettons nos forces au service du bien. En effet, parfois notre fatigue vient de ce que nous avons mis notre confiance dans des choses qui ne sont pas essentielles, parce que nous nous sommes éloignés de ce qui a réellement de la valeur dans la vie. Le Seigneur nous enseigne à ne pas avoir peur de le suivre, parce que la confiance que nous mettons en lui ne sera pas déçue. Nous sommes donc appelés à apprendre de lui ce que signifie vivre de miséricorde pour être des instruments de miséricorde. Vivre de miséricorde pour être des instruments de miséricorde : vivre de miséricorde, c’est sentir que l’on a besoin de la miséricorde de Jésus et quand nous sentons que nous avons besoin de pardon, de consolation,  nous apprenons à être miséricordieux avec les autres. Garder le regard fixé sur le Fils de Dieu nous fait comprendre tout le chemin qu’il nous reste à faire ; mais en même temps, cela répand en nous la joie de savoir que nous marchons avec lui et que nous ne sommes jamais seuls. Courage, donc, courage ! Ne nous laissons pas enlever la joie d’être disciples du Seigneur. « Mais,  Père, je suis pécheur, que puis-je faire ? – Laisse-toi regarder par le Seigneur, ouvre ton cœur, sens sur toi son regard, sa miséricorde et ton cœur sera rempli de joie, de la joie du pardon, si tu t’approches pour demander le pardon ». Ne nous laissons pas voler l’espérance de vivre cette vie avec lui et avec la force de sa consolation. Merci.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

Audience : que les pasteurs ne deviennent pas des princes

(RV) « Venez à moi », « prenez mon joug » et « mettez-vous à mon école » : ce sont ces trois invitations adressées par Jésus à ses disciples que le Pape François a développées lors de l’audience générale ce mercredi 14 septembre 2016 place Saint-Pierre. Dans sa catéchèse, le Pape a expliqué que « l’invitation du Seigneur est surprenante : il appelle à le suivre des personnes simples et marquées par une vie difficile ».Si les fidèles en cette année jubilaire passent la porte de la miséricorde c’est « pour trouver Jésus, pour trouver l’amitié de Jésus, pour trouver le repos que seul Jésus donne ». Le Pape rappelle ainsi qu’en disant « venez à moi », Jésus s’adresse d’abord et avant tout à ceux qui sont fatigués et opprimés, aux pauvres et aux petits, à ceux « qui ne peuvent pas compter sur leurs propres moyens ni sur des amitiés importantes ». De même, les fidèles d’aujourd’hui qui entreprennent de passer la porte sainte, expriment par ce chemin « la conversion de chaque disciple qui se met à la suite de Jésus », et « la conversion consiste toujours à découvrir la miséricorde du Seigneur, infinie et inépuisable ».

Chine: Libération d'un pasteur emprisonné dans l'affaire des croix

Le 9 septembre, un pasteur chinois emprisonné dans l’affaire des croix à été libéré. Wen Xiaowu, un pasteur d’Eglise de maison, était détenu depuis avril. Les autorités lui reprochaient d’avoir contacté le consulat américain au sujet de la campagne gouvernementale de démolition de croix. Wen Xiaowu doit passer les six prochains mois en «résidence surveillée», d’après l’ONG China Aid.

Dans un communiqué, la famille de Wen Xiaowu a remercié la communauté internationale pour sa mobilisation en faveur de la libération du pasteur. Elle est persuadée qu’«une pression continue, ciblée et de haut-niveau est efficace lorsqu’il s’agit de confronter la Chine sur des questions liées aux Droits de l’homme».

Wen Xiaowu avait été arrêté avec sa femme et son fils fin avril. Le couple a été mis en examen pour avoir «rassemblé une foule afin de provoquer un trouble à l’ordre public». Les époux avaient réalisé des consultations juridiques pour une centaine d’Eglises dont les croix étaient menacées.

La campagne gouvernementale «Trois rectifications et une démolition» a entraîné la destruction de plus de 1200 croix dans la province chinoise du Zhejiang depuis deux ans. Plusieurs pasteurs s’opposant à ces destructions se sont retrouvés en prison.

La rédaction d’evangéliques.info / Gospel Herald – 14 septembre 2016 11:38

Un pasteurs aux parents et tuteurs Gabonais: “surveillez vos enfants!”

gabon-motherChers parents, vous êtes les premiers responsables de la vie de vos enfants. À l’heure où le Gabon connaît une tentative de déstabilisation par des forces aussi bien internes qu ‘étrangères, votre vigilance est interpellé au plus haut point. Surveillez vos enfants. Contrôlez-les. Il en va de leurs sécurité et de leurs vies.

Certes, le gouvernement et nos forces de sécurité et de défense font le nécessaire pour empêcher notre pays de sombrer dans le chaos. C’est leur devoir. Nous ne pouvons que les en remercier. Vous avez foi en l’homme politique Gabonais qui a toujours sû éviter les violences pour protéger les citoyens, moi aussi.

Mais, alors que chaque camp revendique, les uns trois morts, les autres, sept morts, les médias francais parlent de cinquante morts et même cent morts (Dieu merci, nous n’en déplorons pas autant, car nous nous connaissons tous), mais vous êtes-vous déjà posé la question: à qui appartiennent ces enfants, parents et amis, jeunes dames ou jeunes hommes dont parlent les médias? Et si vous appreniez que c’est votre enfants qui aurait été tabassé parce que portant le t-shirt d’un candidat, qu’il serait ligoté et torturé au QG d’un autre candidat parce qu’ayant refusé de tenir l’arme? Et si votre enfant faisait parti de ces morts planifier par les hommes politiques pour justifier leurs actes?

Vous ne le savez peut-être pas, mais certains pays occidentaux (la France par exemple) ont besoin de morts, beaucoup de morts Gabonais pour justifier leurs entrée armée au nom de “l’ingérence huminitaire” dans notre pays. Ils viennent pour nos richesses et n’ont aucun intérêt pour nos vies (je ne fais pas politique, mais les témoignages de nos pays frères doivent nous interpellés), encore moins nos droits. Ils l’ont fait en Côte d’Ivoire. Si pour les premières violences, les hommes politiques ont utilisé les images choquantes de ce pays ami, leurs partenaires européens leur ont certainement dit: “On veut des vrais images de morts Gabonais, beaucoup de morts pour mettre la pagaille totale.” Il chercheront des vrais cadavres. Alors, n’abandonnez pas votre enfant en sacrifice pour une cause dont vous ignorez les réels enjeux. Prions que ce ne soit pas votre enfant, votre neveu ou votre petit frère. Retenez vos enfants chez vous. Comme de bon bergers, comptez les têtes de vos enfants au couché et recomptez-les au levé. Contrôlez-les. Nous continuons à implorer le Seigneur Jésus-Christ pour qu’il nous apporte sa paix. Que Dieu soit avec vous.

Des excuses pour le licenciement d'un pasteur

Après avoir réévalué la situation, le Conseil synodal (exécutif de l’Eglise) reconnaît que le licenciement de Martin Hoegger était regrettable. Il est conscient des blessures que cette décision a occasionnées à Martin Hoegger ainsi qu’à l’Eglise, et s’en excuse», peut-on lire dans la newsletter interne de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), publiée jeudi.

«Je suis reconnaissant de cette décision», déclare l’intéressé contacté par Protestinfo. Le pasteur licencié le 19 mai dernier, et qui ne représente plus l’EERV au sein des instances œcuméniques depuis mars 2015, se dit également «soulagé» que son engagement en faveur du dialogue entre les confessions chrétiennes soit reconnu par l’exécutif.

Ministère d’aumônier

«Cela a été un temps dur, mais j’ai toujours eu, au fond de moi, la paix. J’étais confiant que la justice serait faite.» Le pasteur Hoegger sera ainsi invité, comme tous les ministres quittant leur fonction à la soirée des jubilaires. Il n’a pour l’instant pas de poste au sein de l’EERV. «J’ai décidé de poursuivre mon ministère d’aumônier de la communauté de Saint-Loup; un 30% qui est indépendant de l’EERV. Pour le reste, je suis dans une période de discernement quant à mon futur.»

Martin Hoegger s’est retrouvé au cœur de l’«affaire Fatzer», puisque c’est après avoir pris sa défense lors d’un culte radiodiffusé que le pasteur gréviste de la faim a été licencié.

Martin Hoegger a toutefois gardé le silence durant toute cette tourmente. «J’ai délibérément refusé toute interview, car j’estime qu’un tel problème doit être réglé à l’intérieur de l’Eglise. Je suis par contre très reconnaissant du soutien que m’a apporté la Ministérielle, l’association des pasteurs et diacres de l’EERV.»

Commission pour traiter les litiges

La question des ressources humaines de l’EERV a également occupé le synode vendredi soir. Réunis au palais de Rumine pour une séance de relevé, les délégués des régions et services de l’Eglise ont rapidement mené à bien la troisième lecture des modifications réglementaires introduisant une commission de traitement des litiges à laquelle les ministres en conflit avec le Conseil synodal ou l’Office des ressources humaines pourront faire appel.

«Je crois que l’on dispose maintenant d’un outil qui va faire que chacun d’entre nous se sente dans son bon droit», a commenté Xavier Paillard, président du Conseil synodal à l’issue du vote final.

«Même si la polémique médiatique s’est estompée, le Conseil synodal n’a pas cessé de garder le contact avec les ministres avec lesquels il y a conflit», a annoncé Xavier Paillard, lors des communications.

Nouvelle tension à Saint-Laurent

«Le Conseil synodal a réaffirmé sa volonté que les activités de Saint-Laurent-Eglise reprennent, même en l’absence de Daniel Fatzer qui y était pasteur», a-t-il ajouté. Mais une nouvelle tension a déjà eu lieu lors de la première célébration de la rentrée, puisque c’est Daniel Fatzer qui assurait la liturgie en tant que pasteur bénévole. Une situation que ne goûte guère l’exécutif cantonal, qui attend d’un ministre licencié qu’il prenne davantage de distance. «Le Conseil synodal prendra une décision quant à cette situation lors de sa séance du mardi 13», a promis Xavier Paillard.

Vaud: L'exécutif de l'Eglise réformée réhabilite le pasteur Martin Hoegger

L’exécutif de l’Eglise réformée vaudoise (EERV) réhabilite le pasteur Martin Hoegger licencié en mai et reconnaît en particulier son engagement pour la cause œcuménique. Pour l’heure, le ministre n’occupe toutefois pas de poste au sein de l’institution.

“Après avoir réévalué la situation, le Conseil synodal (exécutif de l’Eglise) reconnaît que le licenciement de Martin Hoegger était regrettable. Il est conscient des blessures que cette décision a occasionnées à Martin Hoegger ainsi qu’à l’Eglise, et s’en excuse”, peut-on lire dans la newsletter interne de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), publiée jeudi. “Je suis reconnaissant de cette décision”, déclare l’intéressé contacté par Protestinfo. Le pasteur licencié le 19 mai dernier, et qui ne représente plus l’EERV au sein des instances œcuméniques depuis mars 2015, se dit également “soulagé” que son engagement en faveur de du dialogue entre les confessions chrétiennes soit reconnu par l’exécutif.

“Je suis dans une période de discernement”

“Cela a été un temps dur, mais j’ai toujours eu, au fond de moi, la paix. J’étais confiant que la justice serait faite.” Le pasteur Hoegger sera ainsi invité, comme tous les ministres quittant leur fonction à la soirée des jubilaires. Il n’a pour l’instant pas de poste au sein de l’EERV. “J’ai décidé de poursuivre mon ministère d’aumônier de la communauté de Saint-Loup; un 30% qui est indépendant de l’EERV. Pour le reste, je suis dans une période de discernement quant à mon futur.”

Au cœur de l’”affaire Fatzer”

Martin Hoegger s’est retrouvé au cœur de l’”affaire Fatzer”, puisque c’est après avoir pris sa défense lors d’un culte radiodiffusé que le pasteur gréviste de la faim a été licencié. Martin Hoegger a toutefois gardé le silence durant toute cette tourmente. “J’ai délibérément refusé toute interview, car j’estime qu’un tel problème doit être réglé à l’intérieur de l’Eglise. Je suis par contre très reconnaissant du soutien que m’a apporté la Ministérielle, l’association des pasteurs et diacres de l’EERV.”

La question des ressources humaines de l’EERV a également occupé le synode vendredi soir. Réunis au Palais de Rumine pour une séance de relevé, les délégués des régions et services de l’Eglise ont rapidement mené à bien la troisième lecture des modifications réglementaires introduisant une commission de traitement des litiges à laquelle les ministres en conflit avec le Conseil synodal ou l’Office des ressources humaines pourront faire appel. “Je crois que l’on dispose maintenant d’un outil qui va faire que chacun d’entre nous se sente dans son bon droit”, a commenté Xavier Paillard, président du Conseil synodal à l’issue du vote final.

Nouvelle tension à Saint-Laurent

“Même si la polémique médiatique s’est estompée, le Conseil synodal n’a pas cessé de garder le contact avec les ministres avec lesquels il y a conflit”, a annoncé Xavier Paillard, lors des communications.

“Le Conseil synodal a réaffirmé sa volonté que les activités de Saint-Laurent Eglise reprennent, même en l’absence de Daniel Fatzer qui y était pasteur”, a-t-il ajouté. Mais une nouvelle tension a déjà eu lieu lors de la première célébration de la rentrée, puisque c’est Daniel Fatzer qui assurait la liturgie en tant que pasteur bénévole. Une situation que ne goûte guère l’exécutif cantonal qui attend d’un ministre licencié qu’il prenne davantage de distance. “Le Conseil synodal prendra une décision quant à cette situation lors de sa séance du mardi 13”, a promis Xavier Paillard. (cath.ch-apic/protestinfo/job/gr)

Côte d'Ivoire/ L'Eglise méthodiste unie réintègre un de ses pasteurs dissidents

Une vue du corps pastoral méthodiste de Côte d’Ivoire

Abidjan, 12 sept (AIP)-Les pasteurs de l’Eglise méthodiste unie Côte d’Ivoire (EMUCI), au cours d’une session extraordinaire, à Abidjan, ont décidé de la réintégration au sien de leur communauté, du Révérend Pasteur Jean-Marc Attangba, l’un des premiers pasteurs de la dissidence de 2008, a-t-on appris sur la radio de cette église. Selon le Secrétaire général de cette Eglise, Très Révérend Isaac Bodjé, leur ancien collègue reprend sa place dans le corps pastoral pour exercer le saint ministère au sein l’EMUCI après la « lettre de repentance et de pardon » adressée à la direction et examinée par les surintendants d’abord et ensuite le reste des pasteurs. « A un temps donné, lorsqu’ils sont partis de l’Eglise, ils ont été complètement radiés….

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Vatican: Le pape François a prié avec des pasteurs évangéliques

Le 8 septembre, le Pape François a reçu sept pasteurs évangéliques italiens pour une rencontre informelle à la Maison Sainte-Marthe. Selon Radio Vatican, ils ont débuté leurs échanges en se tenant par la main pour prier ensemble le Notre Père.

Le Pape a répété que les chrétiens des différentes confessions doivent prier ensemble, se repentir des choses qui n’ont pas été bien faites et cheminer ensemble dans l’unité, en étant toujours disponibles pour le pardon.

C’est le pasteur de l’Eglise évangélique de la réconciliation à Caserte Giovanni Traettino (photo), qui conduisait le groupe des pasteurs évangéliques venus de différentes régions d’Italie. Ami du pape, le pasteur Traettino l’a remercié d’avoir stimulé le dialogue entre les Eglises, dialogue qui a connu «dans les dernières années une accélération inespérée».

Il s’est par ailleurs réjoui que leur amitié ait fait beaucoup grandir la sensibilité au dialogue au sein du mouvement évangélique en Italie.

En juillet 2014, le pape François avait notamment rendu visite au pasteur Traettino dans son temple de Caserte, alors en travaux.

La rédaction d’Evangéliques.info – 12 septembre 2016 12:14

Sept pasteurs évangéliques rendent visite au pape François

Pour le pape François, marcher ensemble, c’est déjà un signe de l’unité des chrétiens : cette idée fondamentale du pape François pour l’œcuménisme et il l’a redit jeudi 8 septembre 2016, en rencontrant au Vatican, à la Maison Sainte-Marthe, sept pasteurs évangéliques d’Italie, rapporte L’Osservatore Romano en italien.

C’étaient son ami le pasteur Giovanni Traettino, de Caserte – il a reçu le pape le 28 juillet 2014 -, Franco Bosio (Caserte également), Geoffrey Allen (Brescia), Mauro Adragna (Palerme), Ernesto Bretscher (Turin), Salvatore Interlandi (Marcianise) et Rino de Felice (Salerne).

La rencontre, informelle, a commencé par la prière du Notre Père, les participants se tenant par la main.

Le pape François a confié que ses gestes en vue de l’unité des chrétiens – sa visite à une communauté vaudoise de Turin, sa rencontre à La Havane avec le patriarche Cyrille de Moscou, par exemple – étaient des « spontanés », des choses « entendues » dans son « cœur ».

Il a souligné l’importance pour les chrétiens de différentes confessions de prier ensemble, de «se repentir des choses qui n’ont pas été bien faites », et de « marcher ensemble», disponibles au « pardon ».

Le pasteur Traettino a remercié le pape d’avoir stimulé le dialogue entre chrétiens de différentes confessions : il constate «une accélération inespérée».

Il estime que l’amitié du pape François «a fait beaucoup grandir la sensibilité au dialogue dans l’Église évangélique».

L'Eglise réformée s'excuse après un licenciement

L’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) n’aurait pas dû licencier le pasteur Martin Hoegger. Son autorité exécutive, le Conseil synodal, l’affirme noir sur blanc: «Le Conseil synodal reconnaît que le licenciement de Martin Hoegger était regrettable», lit-on dans le journal EERV Flash de septembre. Le Conseil synodal se dit «conscient des blessures que cette décision a occasionnées à Martin Hoegger, ainsi qu’à l’Eglise, et s’en excuse.» Cette mise au point est le résultat d’une convention entre l’ancien ministre et son ex-employeur. Elle est «l’aboutissement d’un long processus de conciliation», précise le Conseil synodal.

S’excuser, c’est conforme à l’Evangile

De son côté, Martin Hoegger se dit «reconnaissant des excuses présentées». L’EERV lui avait retiré sa fonction de «responsable du dialogue œcuménique» en 2015. Les relations entre le Conseil synodal et le pasteur s’étaient envenimées: des échanges de courriers aux limites de l’insulte avec l’office des ressources humaines avaient mené Martin Hoegger à déposer une plainte pénale. Un recours aux prud’hommes était aussi prévu. Ces procédures sont abandonnées.

Martin Hoegger se dit heureux de cette issue. «C’est important de pouvoir s’excuser et d’aller de l’avant, c’est conforme à l’Evangile, dit-il. Je le vois comme un témoignage constructif pour l’Eglise et pour la société.» Désormais retraité de l’EERV, il continuera d’accompagner spirituellement la Communauté de Saint-Loup et s’engagera dans divers projets œcuméniques. Président de la Ministérielle (l’association des pasteurs et diacres vaudois), Eric Bornand parle d’une «bonne nouvelle: cette réconciliation est de bon augure pour la suite des relations entre les ministres et les autorités synodales».

Le conflit continue avec 5 autres pasteurs

Cette réconciliation ne change rien, en revanche, aux conflits entre l’EERV et les cinq autres pasteurs licenciés ces deux dernières années. Ainsi, la procédure intentée aux prud’hommes par Daniel Nagy se poursuivra sous peu. «Elle ira jusqu’à son terme, car la conciliation préalable n’avait pas abouti, rappelle Xavier Paillard, président du Conseil synodal. Cela dit, nous avons offert à chaque pasteur concerné la possibilité d’un processus de réconciliation en Eglise.»

Daniel Fatzer, qui a fait une grève de la faim de 23 jours après son licenciement en juin, se réjouit pour son collègue Hoegger. Même s’il regrette au passage «un manque de solidarité» envers les autres pasteurs licenciés. Selon lui, «le Conseil synodal s’évite deux procès à bon compte». Il se demande pourquoi son propre licenciement est maintenu, étant donné que les propos qu’on lui reproche, tenus à la radio lors d’un culte à Saint-Laurent, dénonçant l’injustice faite à Martin Hoegger, «sont avérés». Il a été licencié «parce qu’il a rompu une relation de confiance et passé outre les règles déontologiques», nuance Xavier Paillard. Lequel précise que l’offre de réconciliation est individuelle et n’annule pas les licenciements. (24 heures)

(Créé: 09.09.2016, 21h33)

Le Pape François reçoit une délégation de pasteurs évangéliques

(RV) «L’unité se fait en chemin», a déclaré le Pape François jeudi 8 septembre, lors d’une rencontre informelle, à la Maison Sainte-Marthe, avec sept pasteurs évangéliques vivant en Italie.Le groupe était conduit par son ami Giovanni Traettino, pasteur de l’Église évangélique de la réconciliation, à Caserte (près de Naples), auquel le Pape avait rendu visite le 28 juillet 2014, dans son temple alors en travaux.Les six autres pasteurs était Geoffrey Allen (Brescia), Mauro Adragna (Palerme), Ernesto Bretscher (Turin), Franco Bosio (Caserte), Salvatore Interlandi (Marcianise) et Rino de Felice (Salerne). Le pasteur Traettino a remercié le Pape pour avoir stimulé le dialogue entre les Églises, qui a connu «dans les dernières années une accélération inespérée».Signe de ces amitiés nouvelles qui se créent, le Pape François et les sept pasteurs ont commencé leur discussion en se tenant par la main pour réciter ensemble le Notre Père. Le Pape François a souligné que ses gestes pour l’Unité des chrétiens, comme sa visite dans une église vaudoise, à Turin, ou sa rencontre à La Havane avec le patriarche Cyrille, de Moscou, étaient des choses spontanées, entendues dans son cœur. Il a répété que les chrétiens des différentes confessions devaient prier ensemble, «se repentir des choses qui n’ont pas été bien faites, et cheminer ensemble», en se tenant toujours disponibles pour le pardon.Le pasteur Traettino s’est réjoui de cette évolution encouragée par le souverain pontife, avec lequel son amitié «a fait beaucoup grandir la sensibilité au dialogue dans l’Église évangélique».(CV avec L’Osservatore Romano) 

Filets sociaux de sécurité en Afrique de l'ouest : Le RBM appuie ses pays membres

mercredi 7 septembre 2016

Relever les défis auxquels sont confrontés les éleveurs et les pasteurs, telle est la mission que s’est assignée le Réseau billitalmaroobé (RBM), depuis sa création en 2003 par des organisations d’éleveurs du Mali, du Burkina et du Niger. A ce titre, des mécanismes tels que le projet d’appui à la conception de modèles de filets sociaux adaptés aux réalités de l’élevage pastoral (FISOREP) a été mis en place. Un atelier de partage et d’affinements des outils et méthodes de ciblage des bénéficiaires dudit projet a été organisé ce mercredi 7 septembre 2016 à Ouagadougou.

Filets sociaux de sécurité en Afrique de l’ouest : Le RBM appuie ses pays membres

Au regard de l’intensification et de l’impact des aléas climatiques sur les activités des éleveurs, le Réseau billitalmaroobè, dont l’une des missions est de sécuriser l’élevage pastoral et promouvoir une gestion durable et équitable des ressources naturelles « veut contribuer au renforcement de la résilience des pasteurs et agropasteurs face au changement climatique » a indiqué Boureima Dodo, Secrétaire permanent du RBM. Il s’agit notamment de mécanismes de protection durable des troupeaux lors des périodes de crises pastorales par le biais de la réduction de la mortalité et la sauvegarde d’un noyau apte à favoriser la reconstitution du cheptel.

D’où le présent atelier qui s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui à la conception de modèles de filets sociaux adaptés aux réalités endogènes de l’élevage pastoral (FISOREP). Cette rencontre qui s’étalera sur trois jours, permettra de caractériser les ménages pastoraux vulnérables ciblés par les interventions et harmoniser les outils de ciblage (critères de vulnérabilités) qui seront utilisés. Et ce sont au total 1900 ménages du sahel qui vont bénéficier de ce programme.

Pour Boubacar Maïga, président de l’antenne RBM au Burkina, cet atelier est à saluer. En effet, l’initiative du RBM contribue à influencer la prise en compte du pastoralisme dans la détermination des stratégies et méthodes de ciblages des ménages vulnérables.

Crée en 2003, le RBM couvre à ce jour neuf pays membres (Mauritanie, Sénégal, Mali, Burkina, Bénin, Niger, Togo, Nigeria et Tchad) et compte 75 organisations membres. L’organisation s’attèle à défendre les intérêts de plus de 75 000 pasteurs et plus de 2 000 000 de bénéficiaires.

Nicole Ouédraogo

Lefaso.net