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Pour les pasteurs chrétiens

Cameroun – Eglises de réveil: Qui est le pasteur le plus po…

Cameroun - Eglises de réveil: Qui est le pasteur le plus populaire ?

Selon la majorité des camerounais que nous avons rencontrés, Tsala Essomba et Dieunedort Kamdem se disputent la première place. Les deux pasteurs connaissent en ce moment une popularité à nulle autre pareille. Ils ont façonné leur image autour des miracles. Tsala Essomba et Dieunedort Kamdem Nounga défraient la chronique depuis de longues années. Le premier est le promoteur de l’Eglise Va-et Raconte. Le deuxième gère la Cathédrale de la Foi. Tous évoluent dans la tunique de docteur. Dieunedort Kamdem est présenté comme le pasteur doyen de la Faith Covenant Ministry International. C’est un prophète des nations qui aurait déserté l’Eglise du Plein Evangile. Il y a passé près d’une dizaine d’années. Son goût très prononcé pour l’exorcisme l’a mis en conflit avec ses supérieurs. Pour éviter de polluer l’atmosphère, le pasteur Dieunedort Kamdem a préféré claquer la porte. Titulaire d’un doctorat en sociologie obtenu à la Cornestone Theogical University, l’homme qu’on qualifie de miraculé a embrassé le ministère à l’âge de 17 ans. Celui qu’on appelle Général de Dieu est à la tête de Kanodi TV et de Dunamis FM. Il est le doyen de la Faith Bible Institute qui forme les missionnaires et les leaders dans le continent noir. Le patron de la Cathédrale de la Foi est auteur de plusieurs ouvrages. Ses prises de position heurtent constamment l’opinion nationale et internationale. La Cathédrale de la Foi (CF) est rattachée à la Congrégation Baptiste Camerounaise. Son ouverture officielle s’est déroulée le 04 juillet 2010. Les adeptes de la CF se recrutent dans toutes les couches sociales. Dieunedort Kamdem est particulièrement apprécié par ses fidèles. Les mauvaises langues disent que le pasteur spolie les chrétiens et fait ombrage aux églises dites traditionnelles. Comme dit la Bible « Dieu reconnaîtra les siens. » Tsala Essomba est le promoteur de Va et Raconte. Notre compatriote a un profil très controversé. Des témoignages le présentent comme étant un marchand d’illusions. Son titre de pasteur est vivement contesté par le grand public. Selon l’animateur Martinez Zogo, Va et Raconte présente toutes les caractéristiques d’une entreprise commerciale. Sa fameuse eau vendue serait une combinaison d’anti-douleurs. Le fait que cette eau soit commercialisée au sein de l’église par ses proches est flagrant. Les fidèles attribuent à Tsala Essomba un certain pouvoir de guérison. En dépit de violentes attaques dont il fait l’objet de manière récurrente, docteur Tsala continue son bonhomme de chemin. Tsala Essomba et son rival ne badinent pas avec leur image.

Bouaflé : Des étudiants pasteurs reçoivent leur diplôme de fin de formation

RégionBouaflé : Des étudiants pasteurs reçoivent leur diplôme de fin de formation

Publié le dimanche 22 juin 2014  |  AIP

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Bouaflé – La 13ème promotion des étudiants pasteurs de l’Institut pastoral hébron (IPH) ont reçu, samedi à Bouaflé, leur diplôme de formation lors d’une cérémonie organisée en présence des autorités pastorales, administratives et la chefferie traditionnelles locales.
Le directeur de l’IPH, pasteur N’Dri Yao Roger a invité les récipiendaires à rejeter les choses honteuses qui se font en secret et à ne pas avoir une conduite astucieuse qui altère la parole de Dieu. Il leur a ensuite demandé de publier la vérité, comme le recommande la Bible.
« Nous pensons vous avoir annoncé tout le conseil de Dieu sans en rien vous cacher. Nous pensons vous avoir appris comment être vrai envers vous-même, envers le Seigneur, envers la sainte vocation qui vous a été adressée et qui vous a convoqués ici », a-t-il fait savoir aux étudiants pasteurs.
Selon le directeur, l’IPH se fixe pour objectif de former les leaders des églises évangéliques de l’Afrique francophone en communiquant un savoir-faire mais surtout un savoir-être.
Depuis 22 ans d’activité de formation biblique et théologique, l’Institut reçoit les étudiants en provenance du Bénin, du Sénégal, de la Guinée, du Burkina Faso et de Côte d’Ivoire. Son programme d’enseignement est de deux ordres, à savoir le cycle d’enseignement supérieur et la formation pastorale.
(AIP)
zaar/cmas

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«Je n’aime pas trop le mot religion»

Ce matin dès 10 heures, le pasteur Guillaume Diez et toute l’équipe de l’espace Bethesda proposent au public des rétrospectives photos mises en musique par des louanges gospel, chemin de Marin, à Auch./Photo DDM, S. Lapeyrère

Aujourd’hui, l’église évangélique protestante du Gers fête le jubilé de ses 50 d’existence. Le pasteur Guillaume Diez invite toutes les personnes désireuses de découvrir la pratique d’une foi qui se veut pragmatique.

Cinquante ans d’implantation, ça se fête. Aujourd’hui, l’église évangélique protestante (1) organise une journée conviviale ouverte à tout le monde pour se remémorer le parcours d’hommes pieux qui ont bâti – au sens littéral – une communauté. A 26 ans, le pasteur Guillaume Diez revient sur l’histoire, celle avec un grand «H» et la sienne. Et dévoile la marque de fabrique d’«une foi dynamique et au service de la société».

Pour les «hérétiques», quelle est la différence entre le protestantisme et le catholicisme ?

Historiquement, c’est au XVIe siècle que s’est opérée la séparation. Pour faire simple, on ne prie pas les saints ni Marie, on parle de cultes et non pas de messes, et il n’y a pas non plus de pape. Les hommes et les femmes sont égaux donc les dames aussi peuvent être pasteures. En fait, il s’agit plus pour nous de vivre notre foi sous le coup de la grâce de Dieu plutôt que de devoir agir pour mériter un après. Mais nos différences, tout le monde les connaît et ici, ça fait longtemps que nous travaillons ensemble avec les catholiques : nous sommes pleinement intégrés dans le paysage œcuménique gersois.

Justement, elle s’est déroulée comment cette implantation ?

A la base, ce sont des pasteurs toulousains qui venaient prêcher dans le Gers à la fin des années cinquante, début 60. D’abord, ils ont créé une association culturelle dans un appartement de la place du Caillou en 1963 puis des années plus tard, les fidèles sous l’égide du pasteur Roger Potenti ont retroussé les manches et ont construit eux-mêmes la structure que vous voyez aujourd’hui. Comme je le disais, on participe à beaucoup de manifestations interreligieuses et depuis les années 90, on s’inscrit dans une réelle volonté de se mettre au service de la société. Notre association Agape (lire ci-contre) en est l’exemple.

A 26 ans, on peut dire que vous êtes un jeune pasteur dynamique ?

C’est surtout notre foi que l’on considère comme vivante et dynamique avec l’équipe pastorale. Nous portons ensemble une vision de l’église qui est celle de la société, de l’accompagnement des personnes. Pour ma part, j’ai juste eu la chance de savoir très vite ce que je voulais faire alors je n’ai pas perdu de temps.

Comment avez-vous trouvé la foi ?

Je l’ai toujours eu dans la mesure où mes parents s’étaient convertis à l’évangélisme à leur arrivée dans le Gers. Mais à 17 ans, alors que je m’interrogeais encore sur mon orientation, j’ai entendu le mot théologie dans ma tête. Je sais que ça fait mystique de dire comme ça que j’ai entendu la voix de Dieu mais c’est comme ça que ça s’est passé. J’ai donc fait une licence et un master de théologie avant de revenir ici faire mon stage pastoral.

La religion évangélique c’était donc une évidence ?

Mes parents m’ont toujours laissé le choix et à l’école, j’avais plein de copains qui n’étaient pas croyants. J’ai donc pu voir les deux côtés. Mais je n’aime pas trop le mot religion : je préfère parler de relation. Une relation avec Dieu qui se vit maintenant.

(1) Les évangéliques constituent la frange majoritaire du protestantisme.


L’Agape : des actions sociales

L’association protestante familiale Agape (l’accueil gersois pour l’animation, le partage et l’écoute) a été créée. Dans ce cadre, les membres de l’église évangélique protestante s’impliquent dans l’accueil de sans domicile fixe et dans la gestion de la Banque alimentaire du Gers. Désormais membre de l’UDAF 32 (union départementale des associations familiales du Gers), l’Agape reste tournée vers les familles par diverses actions de formation ou des opérations comme des vides-greniers ou des fêtes de mariés.

Etats-Unis : les pasteurs presbytériens autorisés à marier les couples homosexuels

L’Assemblée générale de l’Église presbytérienne américaine, réunie à Detroit, dans l’Etat du Michigan, a voté à 61% l’autorisation de célébrer des mariages entre personnes de même sexe dans les Etats qui reconnaissent ces unions, rapporte l’agence AP.

Jeudi 19 juin 2014, le plus haut corps législatif de cette Eglise a permis aux pasteurs qui le souhaitent de présider aux mariages homosexuels. Les dirigeants ont également changé la définition du mariage chrétien dans la constitution de l’Église, le décrivant comme « une union entre deux personnes »

Pour que cette décision soit officialisée, elle devra être approuvée par une majorité des 172 divisions régionales de cette congrégation américaine. 

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Source : AP. 

AL&Egrave;S 80 caravanes &eacute;vang&eacute;liques menac&eacute;es d’expulsion

Les caravanes de "Vie et lumière" en escale à Alès. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Les caravanes de “Vie et lumière” en escale à Alès. Eloïse Levesque/Objectif Gard

La mission évangélique “Vie et lumière” des Tziganes de France sont actuellement en tournée dans toute la France pour “porter la bonne parole“, et à Alès pour une semaine. Mais sans autorisation de la mairie pour occuper le stade Mandela, ils ont reçu un avis d’expulsion pour vendredi 14h.

De Vienne à Macon, 50 familles tziganes sillonnent chaque année le territoire pendant 4 mois avec leur “église mobile”, installée au milieu de leur campement. Objectif : prêcher l’évangile en chanson et en musique, chaque soir sous chapiteau. 8 pasteurs accompagnent le cortège.

Itinéraire tracé 8 mois en avance, ces derniers ont demandé bien en amont à la mairie d’Alès un terrain pour se poser une semaine. Sans réponse, et sans présence de terrain de grand passage (pour l’accueil de 50 à 200 caravanes) obligatoire dans les villes de plus de 5000 habitants, les 80 caravanes ont pris place sur le stade Mandela, près du Gardon. “D’habitude, on n’a pas de problème pour s’installer. Ce n’est pas par plaisir que l’on s’installe ici sans autorisation. On n’a pas le choix. L’aire des gens du voyage qui existe à Alès est bien trop petite“, assure le pasteur Michel, l’un des responsables de la mission.

Sous le chapiteau de cette église évangélique mobile. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Sous le chapiteau de l’église évangélique mobile. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Ce matin, les pasteurs doivent se rendre au tribunal de Nîmes pour rencontrer le préfet, ainsi qu’à la mairie d’Alès, afin de négocier une journée supplémentaire. Leur avis d’expulsion prend acte demain à 14h alors que leur départ était initialement prévu dimanche à la même heure.

Affaire à suivre…

L’Eglise protestante de Gen&egrave;ve a un nouveau pr&eacute;sident

Association

L’Eglise protestante de Genève a un nouveau président

Le pasteur Emmanuel Fuchs a été élu par le Consistoire. L’EPG est toujours en crise financière.

Le pasteur Emmanuel Fuchs succède à Charlotte Kuffer à la présidence du Consistoire.

Le pasteur Emmanuel Fuchs succède à Charlotte Kuffer à la présidence du Consistoire.
Image: Eric Rosset

L’assemblée législative de l’Eglise protestante de Genève (EPG), le Consistoire, s’est penchée sur ses comptes en fin de semaine dernière et a élu son nouveau président. Le pasteur Emmanuel Fuchs, né en 1962, succède ainsi à Charlotte Kuffer, qui a décidé de se retirer après cinq ans passés à la tête de l’EPG. «Nous devons admettre que nous sommes devenus une Eglise de minorité et que nous devons donc oser nous affirmer davantage», a notamment déclaré le nouveau président, qui prendra ses fonctions le 1er juillet.

Pasteur à la paroisse de Chêne depuis l’an 2000, après avoir commencé sa carrière au sein de l’Eglise réformée anglaise (il a suivi ses études de théologie à Genève puis à Birmingham), ce fils de pasteur est revenu à Genève, rejoignant la paroisse d’Onex dès 1988. Il reprend les rênes de l’EPG à un moment charnière. En effet, cette dernière est engagée dans un plan financier de redressement drastique qui a notamment débouché sur le non-remplacement de pasteurs prenant leur retraite. D’où des forces en diminution. Emmanuel Fuchs considère dès lors comme essentiel le statut de membre de l’Eglise: comment devient-on membre et quelle est la signification de ce mot? Des interrogations auxquelles il souhaite répondre dans les prochains mois.

Finances moins mauvaises

Si les signaux ne sont donc pas au vert pour l’EPG, l’approbation des comptes 2013-2014 (clos au 31 mars 2014) par le Consistoire a néanmoins débouché sur une bonne surprise. Certes, ils demeurent dans le rouge mais ils sont moins mauvais que prévu. Le déficit qui avait été budgété pour cet exercice (2,5 millions de francs) a ainsi fondu de moitié pour être ramené à 1,3 million de francs pour les comptes ordinaires, communique l’EPG. Les dépenses ordinaires, en baisse, devront néanmoins continuer à fondre, même si les revenus ont légèrement progressé grâce à la mobilisation des protestants. Les dons, par exemple, ont été de 10% supérieurs aux prévisions, pour s’établir à 9,2 millions de francs. Reste que l’EPG vient de lancer un nouvel appel, car depuis le 1er janvier, les dons sont à nouveau en baisse. (TDG)

Créé: 16.06.2014, 08h07

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Quand les contre-t&eacute;moignages d&eacute;stabilisent les pasteurs

Jamais on ne verra de pasteurs accorder un espace à ce genre de témoignages : « Monsieur X est resté longtemps interné dans une église à cause d’une pathologie quelconque, mais il n’a pas trouvé la guérison. Et c’est à l’hôpital seulement que la cause de la maladie a été diagnostiquée et que le mal a été guéri… » Car, pour eux, ce sont des témoignages déstabilisants, qui peuvent créer une fuite des adeptes et, à plus long terme, provoquer la fermeture de l’église.

Nous nous interrogeons alors sur la véracité de tous ces témoignages déversés à longueur de journée dans les paroisses et autres lieux de culte par les fidèles et les croyants. Ces témoignages sont-ils des montages pour accroître l’effectif des adeptes ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi la moindre discussion entre les meneurs d’une église entraîne-t-elle leur séparation qui aboutit le plus souvent à la création de nouvelles sectes religieuses ? Les témoignages contraires se multiplient au sein des nouvelles entités cultuelles : « Il n’y avait pas de vrais témoignages là-bas », propos frustrés de ceux qui ont fui la première secte.

Il est certain que de nombreuses sectes religieuses naissent et se développent grâce aux témoignages. Vrais ou faux, ces témoignages ne convainquent certainement pas tous les adeptes, car chaque croyant arrive à l’église avec son problème et en cherche la solution auprès du pasteur. Quant aux pasteurs, tous les témoignages qui ont pour but de vanter les mérites de la secte et le savoir-faire religieux du pasteur sont un élément déterminant de la vie de l’église. Car les témoignages positifs confortent les pasteurs dans leur positionnement cultuel et « vendent » bien l’église.

En termes plus simples, les témoignages qui ne font pas l’éloge de la secte et de la clairvoyance prophétique du pasteur ont des conséquences fâcheuses à la fois sur la vie de l’église et sur la trajectoire religieuse du pasteur. Ces témoignages tournent autour de succès, réussites, avantages et avancées quelconques. « Maman pourquoi les pasteurs n’accordent-ils pas un moment à ceux qui ont des témoignages contraires pour parler publiquement ? » Bonne question qu’un enfant curieux à peine converti posait à sa mère. Cette maman avait de la peine à répondre à l’enfant, pour savoir pertinemment que tous les témoignages ne sont pas des vérités intouchables et que le pasteur ne peut se le permettre.

« Je suis passé à l’hôpital pour telle maladie, et les examens médicaux n’ont rien donné. C’est icij à l’églisej que j’ai pu obtenir la guérison ! » De tels témoignages sont ovationnés par les fidèles, et par le pasteur lui-même car il se trouve conforté dans son positionnement. Or il est vrai que le diagnostic de l’hôpital va de pair avec la sophistication de l’appareillage utilisé et la formation du personnel. Et ce n’est pas parce qu’un centre médical a loupé un diagnostic que le patient devenu adepte d’une église va conclure que l’hôpital a échoué et que l’église a réussi. Les spécialistes du métabolisme parlent souvent de l’hypophyse et de l’hypothalamus qui réguleraient certains fonctionnements physiologiques et créeraient de la bonne humeur en rapport par leurs sécrétions endocrines. Une simple sensation de douleur peut être éliminée par ce jeu de sécrétions internes, et si cela se passe dans une église le fidèle a tendance a crier haut et fort qu’il s’agit d’une guérison « miracle ».

Et lorsque les témoignages affluent, les églises ont tendance à perdre l’essentiel de l’Évangile, car elles accordent alors trop de temps à ces témoignages dont la plupart ne sont que des vérités propres à leurs adeptes. Ces témoignages, qui louent les mérites et les succès de la secte et du pasteur, sont orientés vers l’échec et l’impuissance du mal, autrement dit du « satanisme », et essaient de ligoter au passage certaines prouesses de la médecine. Or tout le monde sait ce qu’est un témoignage. Il peut être à but attractif ou bien à but déstabilisateur.

Pire encore, ces pasteurs privilégient certaines tranches dans les médias audiovisuels pour ne faire passer que des témoignages positifs. Si l’émission est en direct et qu’un auditeur essaie de poser au pasteur une question qui met en doute un témoignage, celui-ci se fâche et perd les pédales. Il devient clair que de nombreux témoignages sont montés à des fins précises. Le contre-témoignage peut alors provoquer l’évasion des adeptes, et c’est le pasteur qui en paie le prix fort.

Gens du voyage : Le terrain de Gr&acirc;ces ne leur convient pas

Un regroupement de gens du voyage en mission évangélique est attendu demain dimanche sur le territoire de Guingamp communauté. La collectivité avait retenu un terrain de 3 ha, au lieu-dit Park-Brug à Grâces, pour les accueillir. Mais mardi dernier, une visite du champ a eu lieu, à laquelle ont participé les élus, trois pasteurs de cette mission évangélique ainsi que les gendarmes. Les pasteurs ont émis des réserves sur le terrain proposé, en raison de la qualité du sol.

« Dans l’immédiat, nous n’avons pas autre chose à leur proposer », déclare Bernard Hamon, président de Guingamp communauté.

Quatre-vingts caravanes arrivant de Pontivy où elles viennent de passer la semaine, sont néanmoins attendues ce dimanche dans le secteur. Où s’installeront-elles? « Pas sûr qu’elles aillent sur le terrain affecté. »

Deux autres rassemblements sont d’ores et déjà annoncés cet été, en juillet, de 120 e 200 caravanes.

Vers une scission de l’Eglise m&eacute;thodiste unie?

Les désaccords sur les questions liées à la sexualité pourraient amener à une séparation au sein de l’Eglise méthodiste unie. Le mariage pour les personnes du même sexe est au coeur des discordes. Entre les traditionnalistes qui le condamnent et les progressistes qui violent les règles de l’Eglise en célébrant des unions entre personnes homosexuelles, peu croient encore à une possible réconciliation.

Un groupe de 80 pasteurs pensent que la deuxième plus grande congrégation protestante des Etats-Unis est confrontée à une déchirure imminente à cause de l’incapacité à résoudre des disputes théologiques de longue date, à propos de la sexualité et de la doctrine de l’Eglise. Mais plutôt que de se plaindre de cette division, les pasteurs soulignent qu’il y a peu de raisons de croire en une réconciliation – ou même une coexistence paisible. Comme un couple sur le point de divorcer, l’Eglise méthodiste rassemble des avis «différents irréconciliables».

«Nous ne pouvons plus parler du schisme comme d’un événement futur. La séparation s’est déjà produite au sein de notre communauté», explique le révérend Maxie Dunnam, président retraité du Séminaire de théologie évangélique Asbury dans le Kentucky. Le ton a changé, il y a dix ans, alors que les conservateurs ont rejeté une proposition de «séparation à l’amiable» comme prématurée. «Je ne veux pas que nous parlions de séparation», avait dit le révérend Maxie Dunnam après l’assemblée de l’Eglise en 2004, avant même que la question du mariage homosexuel touche toute la nation. «Ce n’est pas un sujet sur lequel nous devons perdre notre énergie».

Alors que 19 Etats et le District de Columbia autorisent les mariages pour les personnes de même sexe, le débat a touché les principales communautés religieuses des Etats-Unis, créant des divisions amères et des compromis. La question touche particulièrement les méthodistes, où la sainteté – les croyances et les pratiques par rapport à la pureté chrétienne – est fondamentale dans la théologie. Et comme le nombre de membres stagne aux Etats-Unis alors qu’il augmente en Afrique, ce sont les délégués d’outre-mer qui ont lutté contre la pression croissante de libéraliser la politique de l’Eglise sur le mariage homosexuel et les pasteurs gays.

Une Eglise dans une impasse

Face à la désapprobation des règles qui empêchent les pasteurs de célébrer des mariages homosexuels et face aux grandes Eglises qui défendent une politique conservatrice, des pasteurs de l’Eglise méthodiste unie (UMC) pensent que les 11,8 millions de membres sont dans une impasse. Un grand nombre de personnes estiment que les débats sur la sexualité touchent la façon même de comprendre les Ecritures ainsi que la manière d’enseigner des responsables religieux.

Franck Schaefer, un ancien pasteur de Pennsylvanie, a été reconnu coupable de violation de la loi de l’Eglise pour avoir célébré le mariage de son fils homosexuel en 2007. Il sera entendu par le comité juridique de l’Eglise, le 20 juin prochain. Franck Schaefer pourrait garder son titre de pasteur, s’il retire son soutien aux mariages homosexuels, mais il a refusé.

Néanmoins pour de nombreux conservateurs, le désaccord a explosé à la suite aux décisions de l’Evêque Martin D. McLee de New York. En mars dernier, l’évêque a annoncé qu’il allait classer, sans suite, l’affaire concernant l’ancien doyen du Séminaire qui avait, lui aussi, célébré le mariage de son fils homosexuel en 2012. Martin D. McLee a également demandé d’arrêter les procès contre les membres du clergé qui unissent les couples de mêmes sexes.

Les pasteurs ont trouvé que les décisions de l’évêque ne respectaient pas les enseignements de l’Eglise. Selon eux, il aurait dû, de façon appropriée, changer la position de l’Eglise sur la sexualité, plutôt que de refuser de respecter les règles et la constitution de l’Eglise. «Les tensions ont atteint un point où cela devient destructeur», a relevé, dans une interview, le révérend Larry Baird, pasteur de l’Eglise méthodiste de Grand Island, à New York. Selon lui, changer la dénomination de la communauté n’est pas la première chose à faire. «Nous espérons trouver un compromis, qui satisfera l’ensemble des membres».

Originaire des cinq juridictions de l’UMC, le groupe des 80 pasteurs et théologiens a publié un communiqué, jeudi 22 mai, qui décrit la crise à l’intérieur de leur Eglise. Ils pointent du doigt les pasteurs qui ont enfreint le Livre de loi, le manque de sanctions, les conflits par rapport à la suprématie des Ecritures ainsi que les différences dans la façon d’enseigner la sainteté.

Un compromis qui ne satisfait personne

Les traditionalistes croient que les Ecritures sont très explicites par rapport à l’interdiction des relations homosexuelles alors que les progressistes y voient l’amour et la justice divine, peut-on lire dans le rapport. Récemment, l’Eglise méthodiste a décidé d’élargir les avantages pour ses employés en couple, aux couples de mêmes sexes dans les Etats qui autorisent ces unions. Même si les couples homosexuels ne peuvent pas s’unir au sein de l’UMC. «Choisir une position entre-deux est réconfortant et correspond à l’attitude chrétienne», explique-t-on dans le rapport. «Cependant, il faut reconnaître que ce genre de compromis nie la réalité. Aucune partie ne va se satisfaire de ce genre de position».

D’autres groupes religieux se sont déjà positionnés par rapport aux mariages homosexuels, bien plus rapidement que l’Eglise méthodiste, qui a un effectif mondial plus conservateur; un tiers des membres habitent en Afrique, en Asie ou en Europe. «Pouvons-nous apprendre de la douleur qu’ont vécue d’autres congrégations et trouver une solution qui honore les règles établies par John Wesley (le fondateur des méthodistes)? Une voie sans perdant et sans gagnant, mais simplement des frères et des sœurs qui se séparent à l’amiable tout en voulant le bien de l’autre?». L’UMC n’a pas fourni de réponse officielle.

La grande question: l’UMC peut-elle rester intacte et satisfaire des personnes avec des points de vue radicalement opposés? Lors de la Conférence générale, les délégués n’ont pas choisi l’option presbytérienne qui est de permettre aux organismes régionaux de fixer leurs propres règles. Depuis plus de deux décennies, l’Eglise méthodiste s’est efforcée de trouver une façon pour maintenir un statu quo sans perdre ni les traditionalistes ni les libéraux. Malgré sa volonté d’unifier ses règles, l’Eglise méthodiste est une organisation théologique diversifiée qui compte des membres de tout horizon allant de l’ancien président George W. Bush à Hillary Clinton.

«L’UMC est une Eglise pluraliste avec des points de vue radicalement différents», souligne William Abraham, un professeur spécialiste des thèses de John Wesley, à l’Université méthodiste du Sud. «Cela montre à quel point nous pouvons vivre avec des différences… jusqu’à ce qu’elles commencent à mordre sur les pratiques des églises locales». 

Des membres de l’Eglise mennonite brutalis&eacute;s par la police

… district de Bên Cat, province de Binh Duong. Il s’agit d’une province créée à la fin du siècle dernier, au sud-est du Vietnam, immédiatement au nord d’Hô Chi Minh-Ville.

Les 76 membres d’une session d’études, parmi lesquels se trouvaient des pasteurs, des missionnaires, des étudiants et des enseignants, passaient la nuit dans une chapelle appartenant à la communauté mennonite. Vers 23h30, une troupe formée d’environ 300 personnes s’est présentée devant la chapelle. Certains agents étaient en uniforme et d’autres en civil. Ils appartenaient à diverses unités de la police, des forces armées et des milices populaires. Sans avertissement, les agresseurs ont forcé les portes de la chapelle et ont pénétré à l’intérieur. Les 76 membres de la session brutalement réveillés ont d’abord été frappés, menottés, puis arrêtés et emmenés, alors que tous s’étaient fait enregistrer auprès des autorités comme résidant cette nuit-là à cette adresse.

Le pasteur Diêu Dua, membre de l’ethnie stiêng, a expliqué à un reporter de Radio Free Asia que tous les membres de la session dormaient lorsqu’ils avaient été réveillés par le bruit des coups assénés aux portes par les policiers. Ceux-ci n’avaient pas de mandats d’arrêt, ou même d’ordres écrits. Sans rien dire ni leur laisser le temps de s’habiller, ils se sont mis à les frapper avec des matraques. Les coups n’ont épargné personne, ni les pasteurs, ni les missionnaires, ni les femmes ni les enfants.

L’assemblée réunie dans la chapelle était composée de 29 pasteurs et missionnaires et de 47 autres personnes parmi lesquelles se trouvaient des étudiants en théologie et des enseignants. Tous ont été embarqués dans trois camions sans qu’ils sachent où on les emmenait.

Sur le lieu de leur détention, les étudiants ont continué à recevoir des coups. Les 29 pasteurs et missionnaires, réunis dans une autre pièce, ont quant à eux simplement été interrogés sur leur identité.

Les 76 membres de l’Eglise mennonite ont finalement été relâchés au petit matin du 10 juin, sans que leur soient rendus leurs papiers personnels. Leur session d’études dans la chapelle n’étant pas achevée, ils sont revenus sur place pour continuer leurs travaux, « sans crainte », ont-ils précisé, puisque la législation vietnamienne donne à la population la liberté religieuse et à l’Eglise la liberté de mener ses propres activités.

Cela fait longtemps que de nombreuses communautés de l’Eglise mennonite au Vietnam ont maille à partir avec les autorités locales. Certains de leurs pasteurs, pour avoir voulu exercer leur droit à la liberté religieuse, ont fait de longs séjours en prison. Au mois de mars 2011, un ancien dirigeant de l’Eglise mennonite, le pasteur Nguyên Công Chinh, a été condamné à onze ans de prison, accusé d’avoir mené des activités de « division de l’unité nationale » et d’avoir « calomnié les autorités ». Selon des informations fournies par sa famille, il est particulièrement maltraité en prison.

(eda/jm)

Les pr&ecirc;tres doivent &ecirc;tre avant tout des pasteurs

     Accueil > Eglise > dernière mise à jour: 2014-06-06 13:30:44




(RV) Des pasteurs avant d’être des érudits qui n’oublient jamais le Christ, leur « premier amour » et restent toujours ses fidèles : c’est le portrait qu’a dressé le Pape François, lors de l’homélie de la messe célébrée en la Chapelle de la maison Sainte Marthe, en parlant de tous ceux qui se consacrent à Dieu dans le sacerdoce.

« Comment se porte mon premier amour ? » C’est-à-dire, suis-je amoureux de toi comme au premier jour ? Suis-je heureux avec toi ou est-ce que je t’ignore ? Ce sont des questions universelles qu’il convient de souvent se poser, nous dit le Pape François. Et pas seulement les conjoints à l’intérieur d’un couple mais aussi les prêtres et les évêques devant Jésus. Car c’est lui, affirme t’il, qui nous demande comme il le fit un jour avec Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? ». L’homélie du Pape prend précisément appui sur ce dialogue tiré de l’Évangile où le Christ demande par trois fois au premier des Apôtres s’il l’aime plus que les autres, une façon-observe t’il- de l’élever au rang de « premier amour ».

« C’est la question que je me pose à moi-même, à mes frères évêques et aux prêtres : Est-ce comme le premier amour? Suis-je amoureux comme le premier jour ? Ou le travail et les préoccupations me détournent vers d’autres choses et me font oublier un peu l’amour ? Mais les conjoints se disputent. C’est normal. Mais lorsqu’il n’y a pas d’amour, on ne se dispute pas : on rompt. »

Ne jamais oublier son premier amour

« Il ne faut jamais oublier son premier amour. Jamais », répète le Pape François qui met en relief trois autres aspects dont il faut tenir compte dans le dialogue entre un prêtre et Jésus. Être avant tout- avant l’étude, avant de vouloir devenir « un intellectuel de la philosophie, de la théologie ou de la patrologie » – un « pasteur », comme Jésus sollicita Pierre. « Fais paître mes brebis ». Le reste, soutient le Pape, vient « ensuite » :

« Fais paître. Avec la théologie, la philosophie la patrologie, avec ce que tu étudies mais fais paître. Sois un pasteur. Car le Seigneur nous a appelés pour cela. Et les mains de l’évêque sur notre tête, c’est pour être pasteur. C’est une deuxième question, non ? La première, c’est : Comment va ton premier amour ? Et la deuxième : « Suis-je un pasteur ou un employé de cette ONG qui s’appelle l’Église ? Il y a une différence. Suis-je un pasteur ? C’est une question que je dois me poser, que les évêques doivent se faire, même les prêtres : tous. Fais paître. Fais pâturer. Va de l’avant ».

Suivre le Christ, et être des pasteurs

Et il n’y a pas de « gloire » ni de « majesté », observe le Pape François, pour le pasteur qui s’est consacré à Jésus : « Non, frère. Le plus souvent, il finira de la façon la plus commune, la plus humiliante aussi : au lit alors qu’ils t’apportent à manger, qu’ils doivent te vêtir…Mais inutile, là, malade… ».Le destin, c’est « finir-répète t’il- comme Lui a fini » : « un amour qui meurt » comme « la semence du grain et ainsi viendra le fruit. Mais moi, je ne le verrai pas ». Finalement, le quatrième aspect, « la parole la plus forte », indique le Pape François avec laquelle Jésus conclut son dialogue avec Pierre, « suis-moi » :

« Si nous avons perdu l’orientation et que nous ne savons pas comment répondre à propos de l’amour, que nous ne savons pas comment répondre sur le fait d’être pasteur et que nous ne savons pas comment répondre ou que nous n’avons pas la certitude que le Seigneur ne nous laissera pas seuls dans les moments les plus graves de la vie, dans la maladie, il dit: “Suis-moi”. C’est cela, notre certitude. Marcher sur les empreintes de Jésus. Sur ce chemin. “Suis-moi “.»

Le Pape François termine par ces mots : « Que le Seigneur nous donne à tous, évêques et prêtres, la grâce de toujours trouver ou de se souvenir de notre premier amour, d’être des pasteurs, de ne pas avoir honte de finir humiliés sur un lit ou ayant perdu la tête. Et qu’il nous donne toujours la grâce de suivre Jésus, de marcher sur les empreintes de Jésus : la grâce de le suivre ».

La grande marche contre l’islamophobie de Dallas

Dans la douceur printanière du Texas, une longue procession de musulmans et chrétiens, unis sous la même bannière de la lutte contre l’islamophobie, a cheminé samedi dernier dans Dallas, tout au long d’une journée placée sous le signe du rejet de la haine et de la concorde religieuse et sociale.

Si la perception négative du « musulman fantasmé » est désormais enracinée dans l’inconscient collectif, le racisme anti-musulmans et son lot de violences, verbales et physiques, sont tout sauf un fantasme, mais au contraire une réalité tristement ancrée dans le quotidien de la communauté musulmane texane. Une réalité qui, aussi alarmante soit-elle, n’est pas inéluctable pour l’influente association des relations américano-islamiques CAIR, à l’image des 80 jeunes militants de son antenne de Dallas Fort Worth qui ont créé l’événement en organisant une grande marche de sensibilisation.

Yvonne Munoz, une avocate élevée dans la foi catholique avant d’embrasser l’islam à l’âge adulte en 2008, n’aurait pour rien au monde laissé sa place dans ce cortège multicolore de la diversité, qui a défilé en brandissant haut l’étendard national sous un seul cri de ralliement : « Stop à l’islamophobie ! ». “Je traite des plaintes pour islamophobie tout le temps, et je peux témoigner de leur recrudescence très inquiétante. Sur un plan personnel, l’islam a apporté la paix dans ma vie, et sans cette paix-là, je n’aurais jamais pu mener les combats que je mène aujourd’hui”, a-t-elle déclaré, alors qu’une première halte au beau milieu d’un jardin public faisait la part belle aux témoignages des nombreuses victimes du sentiment anti-musulmans prégnant, dans des haut-parleurs qui leur ont offert une caisse de résonance inédite.

Parmi les orateurs, l’intervention de l’activiste Nicole Reine a particulièrement marqué les esprits, le récit de ses mésaventures détestables survenues après avoir dévoilé sa conversion à l’islam à son entourage, relationnel et professionnel, ne laissant personne indifférent. Du lard déposé à plusieurs reprises dans son verre par des collègues narquois qui en ont fait rapidement leur tête de turc, à des quolibets blessants, en passant par des insultes racistes, la jeune femme a assuré devant un auditoire toute ouïe que “rien de tel ne s’était produit avant qu’elle ne réponde à l’appel de l’islam.”

Heureux de compter dans ses rangs de hauts dignitaires d’autres communautés religieuses, dont notamment Wes Magruder, le pasteur principal de l’Eglise méthodiste de Dallas, Alia Salem, directeur du CAIR local, s’est félicité du succès de cette première grande marche contre l’islamophobie : “Notre objectif est double : nous voulons promouvoir l’activisme dans notre jeunesse, et fédérer le plus grand nombre autour de ce mal absolu qu’est l’islamophobie. Aujourd’hui, le résultat me comble de bonheur et me conforte dans le bien-fondé de ces deux démarches menées de front.”

Pour le pasteur Wes Magruder, marcher aux côtés de la communauté musulmane fut une expérience unique, riche en rencontres mais aussi éprouvante par ce qu’elle lui a révélé de la brutalité d’un ostracisme et d’une stigmatisation permanents. “Je ne m’attendais pas à ce que j’ai entendu ou ce que j’ai vu. J’ai entendu et j’ai vu la réalité de nos frères et sœurs musulmans, les violences subies. Cela m’a fait peur. J’ai entendu les musulmans décrits comme “troisième homme de Néandertal”, ou comme la “cinquième colonne verte à la conquête du monde”, s’est-il exclamé, avant de s’indigner devant l’opprobre jeté par certains pasteurs : “Des pasteurs chrétiens disent que les pasteurs qui ont participé à cette marche sont indignes de leur sacerdoce, que nous sommes des ennemis et une honte pour l’église.”

Prêt à reprendre demain son bâton de pèlerin pour marcher contre un fléau dont il subit à son tour la haine implacable, le pasteur Wes Magruder s’est aussi engagé à battre la campagne pour prêcher la bonne parole qui résonne des mêmes invocations que ses frères et sœurs en Dieu musulmans.

Le pape appelle les &eacute;v&ecirc;ques du Zimbabwe &agrave; &ecirc;tre les pasteurs de tous

Le chef de l’Église catholique a reçu lundi matin au Vatican la demi-douzaine d’évêques qui composent la conférence épiscopale du Zimbabwe. Comme de tradition pour tous les prélats du monde, ceux-ci sont venus rendre compte au pape, au cours de cette visite appelée ad limina, de la marche des entités ecclésiales qui leur ont été confiées, des difficultés rencontrées et recevoir de lui, en retour, les indications pour leur travail dans les prochaines cinq années.

Pays assez particulier qui n’est indépendant que depuis 1980, le Zimbabwe semble s’être écarté des colonnes des bonnes nouvelles dans les médias occidentaux qui préfèrent se focaliser sur chacun des faits et gestes de son président, Gabriel Robert Mugabe. Élections tourmentées, difficultés de coexistence entre l’Église et l’État, marasme économique mais aussi difficultés de cohabitation des différentes composantes raciales du pays, les Blancs et les Noirs, le pays semble être aujourd’hui la caricature de l’Afrique du Sud dont il a partagé pourtant beaucoup des gros problèmes du passé, y compris l’apartheid.

C’est pourquoi, en les recevant au Vatican, le pape François a fortement exhorté les évêques zimbabwéens à faire en sorte que dans leur pays « l’Église serve de pont entre les hommes et entre les hommes et Dieu ». Qu’elle reste aux côtés de son peuple en ces temps « de grande souffrance » pour lui ; qu’elle guide « avec une infinie tendresse tout le monde vers l’unité et la guérison ». Le Souverain pontife a rappelé qu’il faut pour cela œuvrer sans cesse à rapprocher les cœurs des gens : « La réconciliation n’est pas un acte isolé mais un long processus par lequel toutes les parties sont rétablies dans l’amour. »

Dans une fine allusion aux déboires internes de l’Église catholique du pays, le pape a aussi invité à une meilleure formation des futurs prêtres ; des clercs capables « d’encourager les fidèles à ne pas perdre de vue les voies par lesquelles Dieu entend leurs suppliques et répond à leurs prières ». « De nombreuses personnes ont atteint leur limite humaine et ne savent plus où se tourner », a relevé le pape. L’Église demeure donc pour elles la seule boussole valable, qui ne doit pas s’affoler avec le vent et les circonstances.

Lors d’une autre visite pastorale de ce type, en juillet 2005, le pape Benoît XVI avait été encore plus direct en invitant les futurs prêtres zimbabwéens « à présenter la plénitude de la foi catholique de façon à satisfaire et répondre vraiment aux difficultés, aux questions et aux problèmes des personnes », et non pas à être les acteurs d’une pastorale incertaine. Pour bien appuyer son propos et frapper par l’exemple, deux ans plus tard, le pape allemand avait brutalement relevé de ses fonctions l’archevêque de la deuxième ville du Zimbabwe, en restant sourd jusqu’aux suppliques de ses pairs d’Afrique australe.

Vocation d’hier et d’aujourd’hui

Les pasteurs sont aux prises avec une société en mutation. Témoignages

« Le pasteur est un acteur du dialogue social »

Pour Nicolas Besson, pasteur depuis 1997 et responsable de l’office des ressources humaines de l’Eglise réformée vaudoise, le métier s’est compliqué : « Le pasteur, tout comme l’Eglise, n’est plus au milieu du village. » Aujourd’hui l’Eglise est minoritaire, il faut avoir des connaissances élargies de toutes les cultures et religions. « La société ne nous construit plus. Nous avons donc plus que jamais besoin du pasteur pour donner du sens et relier les gens dans une communauté qui s’efface. » Le pasteur « aide les gens à être plus humains en travaillant avec eux sur leur représentation du monde pour donner du sens ». Aujourd’hui, les pasteurs sont des constructeurs d’Eglise. Pour Nicolas, cela passe notamment par le leadership et une spécialisation du métier, pour « réussir à s’insérer autrement dans la société ». Dans une société plurielle, les pasteurs réformés ont donc de l’avenir : « Nous sommes contemporains par notre pluralisme et le dialogue des subjectivités. »

« Aller à la rencontre de l’autre »

« Il y a plus que jamais une demande spirituelle des gens. Pour y répondre, il faut témoigner plus profondément de l’Evangile. » Après trente-cinq ans de ministère, Pierre Genton a pris sa retraite en 2007. La clé du métier ? La prédication : « Annoncer l’Evangile avec le souci de toucher les gens en allant à l’essentiel. » Mais cela demande du travail. Ce pasteur de mai 1968 a vu le métier évoluer. Avant, le pasteur était un notable est une figure d’autorité. Il est devenu d’avantage un animateur, cherchant à mettre les gens en mouvement et à trouver leur propre voie. Pour Pierre Genton, « il faut aller à la rencontre de l’autre et être accueillant, c’est ça la gratuité de l’Evangile ». Avec le temps, le travail est donc devenu plus intense : « Se remettre en question dans une société qui évolue, c’est passionnant », se réjouit le pasteur retraité. Mais le temps manque. Pierre Genton fait encore des remplacements. « Il y a moins de paperasses et plus de temps pour aller visiter les gens et préparer des cultes », sourit-il.

Passeur de lumière

« L’humain est souvent torturé, à terre. Le pasteur amène une parole de vie : Tu es debout, tu es magnifique, unique et utile aux autres. » Passeur de lumière, c’est ainsi que Françoise Subilia, pasteur retraitée depuis six mois, voit le métier. Elevée dans une famille de pasteurs, elle en épouse un. Le métier, elle l’a vu évoluer avec son mari avant d’être consacrée en 1998. « Nous n’avons plus assez de temps pour l’essentiel, que sont les gens. » Elle déplore une structure qui prend trop de place et qui ne se préoccupe pas assez des besoins des personnes, où le contenant est plus important que le contenu. La solution ? Un plus grand respect de la part des autorités. Cette jeune retraitée avoue avoir été souvent fatiguée, mais s’être toujours réjouie de ce qu’elle faisait. « Transmettre une humanité à l’autre, sans chercher à le convaincre. » Durant son ministère, Françoise a cherché à « apaiser les gens, en rétablissant l’être debout de la Création », une quête commune à tous dans la société interreligieuse d’aujourd’hui, conclut-elle. 

// M.D.

Avocat et pasteur

Saint-Laurent-Eglise: Quatre prédications en forme de miniprocès

Saint-Laurent-Eglise

Du dimanche 8 au dimanche 29 juin, Saint-Laurent-Eglise propose une série de quatre cultes, diffusés par la RTS, dont la prédication, en forme de miniprocès, sera partagée entre un avocat et un pasteur. C’est, pour Saint-Laurent-Eglise, une manière de poursuivre la recherche sur de nouvelles formes, la prédication pouvant emprunter à des registres aussi différents que la chanson française, la nouvelle, la poésie, le discours argumentatif classique ou… le procès !

  • Dimanche 8 juin : miniprocès à Eve, avec l’avocat Jean-Christophe Diserens et le pasteur Daniel Fatzer.
  • Dimanche 15 juin : miniprocès à Caïn, avec l’avocat stagiaire Raphaël Mahaim et le pasteur Michel Kocher.
  • Dimanche 22 juin : miniprocès à Hérodiade, avec l’avocat Yves Burnand et le pasteur Guy Labarraque.
  • Dimanche 29 juin : miniprocès à Judas avec l’avocat Marc Bonnant et le pasteur Jean Chollet.

Miniprocès au cours desquels on examinera « professionnellement » les mobiles de ces quatre personnages bibliques et les circonstances atténuantes qui peuvent être les leurs. La musique ne sera pas en reste puisque le premier culte se fera au rythme du « jazz manouche », le deuxième et le troisième au rythme du gospel – Flavie Crisinel et Daniel Favez, puis Madrijazz – et le dernier avec des « musiques du monde », avec Alexandre Cellier et Antoine Auberson.

Culte « autrement », chaque dimanche à 10 h. Saint-Laurent-église http://saintlaurenteglise.eerv.ch, pasteurs Jean Chollet, 079 216 86 27 et Daniel Fatzer, 078 621 31 34

La cathédrale

Le jardin du paradis

Zoom sur une végétation de bois et de pierre Chaque élément décoratif de la cathédrale – de pierre, de verre ou de bois – est une référence précise au monde spirituel qui se déploie dans cet édifice. Les fleurs et les plantes, comme les animaux, nous parlent de nos relations avec Dieu et avec le monde. Selon une légende médiévale, les œillets seraient venus au monde alors que Jésus portait la croix. Ils auraient surgi de la terre là où tombaient les larmes de la Vierge Marie qui pleurait les souffrances de son Fils. Ainsi, l’œillet rose est devenu l’emblème de l’amour maternel inconditionnel, tandis que l’œillet rouge foncé symbolise l’amour profond et l’œillet blanc un amour pur. Appelé aussi « petit clou » à cause de la forme de ses fruits, l’œillet est encore associé à la Passion du Christ. Une fleur qui compose, avec toutes les autres plantes présentées dans le cadre de l’exposition, un étonnant « Jardin du paradis ».

  • Exposition jusqu’au 31 août. Du lundi au samedi de 9 h à 19 h et le dimanche de 12 h à 17 h 30.
  • Visites guidées gratuites les 11 et 18 juin à 15 h. Rendez-vous devant l’entrée de la cathédrale.
  • Le livret de l’exposition « Le Jardin du paradis » est en vente à l’accueil, 15 fr.
  • Cultes tous les dimanches à 10 h et 18 h avec cène.

La cathédrale http://lacathedrale.eerv.ch, pasteur André Joly, 078 661 80 80, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. , Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

L’esprit sainf

Rudy Decelière à Saint-François

Pour son deuxième projet, l’association « L’Hospitalité artistique » a demandé à Rudy Decelière de créer une œuvre évoquant un jardin. Une installation sonore et visuelle sera suspendue dans la nef de l’église du 20 juin au 28 septembre. Le visiteur est invité à l’apaisement, à la contemplation et à l’écoute. L’infime bruissement sourd de l’installation évoquera le jardin, l’arbre, les racines et la source. Dans la nef, un film retrace la réalisation de l’œuvre et propose des clés d’interprétations possibles.

  • Avant-première en présence de l’artiste, samedi 14 juin à 13 h.
  • Vernissage, avec une conférence de Jean-Bernard Racine, professeur honoraire à l’Université de Lausanne, et un concert, « Le Jardin suspendu », de Alain Jehan par Benjamin Righetti à l’orgue, jeudi 19 juin à 19 h.
  • Visites guidées en présence de l’artiste jeudi 3 juillet de 19 h 30 à 20 h.

L’esprit sainf http://espritsainf.eerv.ch, pasteur Jean-François Ramelet, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  

Un voyage spirituel

Tranquillement posés à une table devant un verre d’eau sous l’auvent d’une caravane, les pasteurs de la mission Vie et lumière discutent avec des fidèles. Depuis dimanche, 200 caravanes de gens du voyage de cette congrégation sont arrêtées sur l’hippodrome de Saint-Marcel.

« Nous allons installer le chapiteau au centre du campement, explique le pasteur Caplot. On va pouvoir s’y rassembler le mardi et le jeudi soir. » L’homme…

Samuel Amedro, pasteur au Maroc

 Ce pasteur réformé français préside l’Église évangélique au Maroc, dont les 3 000 à 5 000 membres apprennent à surmonter leurs divisions

« J’ai l’impression de vivre dans un pays qui concentre tous les sujets brûlants du moment, qu’il s’agisse des rapports Nord-Sud, modernité-tradition, des inégalités sociales ou de la rencontre avec les autres Églises chrétiennes ou avec l’islam », s’enthousiasme Samuel Amédro, président de l’Église évangélique au Maroc depuis quatre ans. C’est sans doute parce qu’elle le jugeait capable de relever tous ces défis que l’Église réformée …

Changement climatique : &laquo; Mobiliser la finance carbone au profit des &eacute;leveurs et pasteurs &raquo; (FAO)

« Des centaines de millions de personnes dans le monde dépendent des pâturages pour nourrir leur bétail. Et pourtant, de vastes étendues d’herbages sont dégradées à cause de la mauvaise gestion des terres – un problème environnemental qui a des répercussions directes sur les communautés tributaires de l’élevage », souligne la FAO (1) dans un communiqué du 30 mai.

Pour affronter ces problématiques, la FAO et l’Académie chinoise des sciences agricoles (CAAS), le Centre international pour la recherche en agroforesterie (CIRAF) et le Northwest Institute of Plateau Biology de Chine (NWIPB) travaillent depuis plusieurs années à l’intégration des efforts de restauration des pâturages dans les mécanismes de financement internationaux consacrés au climat.

« La réhabilitation des pâturages dégradés par des pratiques plus durables et la production de fourrage peut considérablement améliorer l’alimentation et la productivité animales au bénéfice des gardiens de troupeaux qui dépendent de l’élevage pour vivre. La restauration des pâturages dégradés permet également de piéger de gros volumes de carbone atmosphérique, contribuant ainsi à atténuer le changement climatique. »

« Pour ce faire, les mesures d’incitation économique sont décisives. Les mécanismes de crédits carbone, qui rémunèrent les projets en échange de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la fixation du carbone, existent bel et bien, offrant en théorie aux agriculteurs la possibilité de gagner de l’argent en adoptant des pratiques d’atténuation du changement climatique. »

« Toutefois, la participation de l’agriculture aux marchés du carbone – y compris ceux concernant les systèmes basés sur le pâturage – a jusqu’à présent été plutôt limitée. Cela s’explique notamment par la difficulté de mesurer la quantité de carbone piégée grâce aux pratiques agricoles améliorées. Ce n’est qu’avec des approches fiables et abordables que les mesures, déclarations et vérifications du carbone fixé peuvent donner accès aux fonds pour le climat. »

« La méthodologie mise au point par la FAO, la CAAS, le CIRAF et le NWIPB tente de remédier à cette problématique. (Elle) permet de mesurer directement la séquestration du carbone sur des pâturages gérés de façon durable par l’échantillonnage du sol ou la modélisation informatique du piégeage basée sur les types de sols et les activités agricoles. Le recours à la modélisation peut sensiblement réduire les coûts des mesures. »

Piéger 3 tonnes de CO2 par hectare de pâturage

« Selon les résultats de l’étude cas menée dans le nord de la Chine, les éleveurs pourraient piéger en moyenne 3 tonnes de CO2 par hectare de pâturage et par an au cours des vingt prochaines années, en recourant à des pratiques améliorées telles que la réduction et la rotation de l’intensité de pâturage sur les sites surchargés, et les semis de pâturages améliorés et de cultures fourragères à proximité des fermes. La nouvelle méthodologie est spécialement conçue pour l’évaluation et la quantification de ces avantages. »

« Maintenant que l’outil a obtenu la certification nécessaire pour être reconnue par les marchés internationaux du carbone, les concepteurs de projets et les agriculteurs peuvent mettre en œuvre des projets de restauration des pâturages à une échelle significative, en améliorant le potentiel de production de leurs terres et en contribuant à inverser les pertes historiques de carbone », indique Henning Steinfeld (FAO), cité dans le communiqué.

« Les recettes des mécanismes de financement carbone et autres fonds d’atténuation peuvent être investies dans la restauration de la santé à long terme des terres dont dépendent les éleveurs et pasteurs, et dans la création d’associations de commercialisation pour améliorer leurs revenus et la sécurité alimentaire des ménages », ajoute M. Steinfeld.

(1) FAO : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

La &laquo; J&eacute;rusalem chinoise &raquo; en p&eacute;ril

L'église de Luofu, quelques kilomètres au nord de Wenzhou.

Enquête. La vieille femme ne décolère pas. Ses filles ont beau tenter de l’apaiser, elle raconte au pasteur W., un petit homme dégarni et taiseux, comment, fin avril, les policiers ont chassé les paroissiens venus protéger leur toute nouvelle église de la démolition forcée. Des pasteurs furent arrêtés, certains ne sont toujours pas relâchés : ceux de la paroisse protestante de Sanjiang, dûment reconnue par l’Etat puisqu’elle appartient à l’Eglise officielle chinoise, encadrée par le Parti communiste, mais aussi d’autres qui étaient venus les soutenir, des pasteurs à domicile comme W., qui a échappé au coup de filet en se cachant dans des hangars tout proches.

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Depuis des années, ses promenades vespérales menaient la paysanne jusqu’au chantier dont elle suivait patiemment la progression, en bordure de la route principale, à quelques centaines de mètres à peine de sa maison. Là où, le soir de notre passage, en mai, des gyrophares signalent un barrage de la police, qui bloquera pendant plusieurs semaines, jour et nuit, les accès au site de l’église, dont le gouvernement provincial a ordonné l’anéantissement. « Ils vont nettoyer jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien », lâche, dépité, le pasteur W. Pendant la Révolution culturelle, note la vieille croyante, « ils ont bien brûlé les bibles. Mais ils n’avaient même pas enlevé la croix ! ». L’église du village, toujours debout mais trop vétuste, avait alors été convertie en atelier de fabrication de nattes.

DES CROIX JUGÉES TROP « VOYANTES » RETIRÉES

Le village de Sanjiang occupe une langue de terre plate et rectangulaire, juste en face de la ville de Wenzhou, là où le fleuve Oujiang s’élargit avant de déverser ses masses d’eau grise dans la mer de Chine orientale, à 350 km au sud de Shanghaï. Sanjiang et ses terres maraîchères, explique la vieille dame, doivent accueillir un quartier d’affaires. Aussi le gouvernement local avait-il encouragé l’édification d’une église digne de ses futurs projets immobiliers : la préfecture de Wenzhou, en incluant les zones rurales, compte au moins 20 % de chrétiens, pour 9 millions d’habitants.

Longtemps délaissée par le pouvoir communiste, Wenzhou, qui a nourri au siècle dernier les diasporas chinoises d’Europe (dont celle de Paris), est, depuis l’ère des réformes, célébrée comme la capitale chinoise de l’entrepreneuriat privé et… du christianisme, dans une connivence fertile qui la désigne à travers la Chine comme la « Jérusalem chinoise ». Sur ces coulées urbaines entre mer, fleuve et montagne, les croix rouges signalent d’innombrables lieux de culte, en majorité protestants : églises blanches et élancées décorées du caractère chinois « aï » (amour), paroisses ventrues de briques couleur grenat ou temples protestants en fausses pierres de taille avec coupole et colonnades. La ville compterait au moins 1 500 églises.

Le chercheur chinois Cao Nanlai a consacré un ouvrage à cette « Jérusalem chinoise » (Constructing China’s Jerusalem, Stanford University Press, 2010) et à sa dynamique sociétale si particulière, avec ses jidutu laoban, ces « patrons chrétiens » aussi persévérants dans la conquête de marchés que la conversion de leurs ouvriers.

A Sanjiang, le budget final avait été de 3,5 millions d’euros. Adossée à une colline, la nouvelle église, après neuf ans de procédures, de collectes et de construction, avait fière allure : un clocher de 60 mètres de haut. Un transept de 30 mètres et une nef longue de 50 mètres, aux flancs ornés de pilastres et d’arches semblables aux cathédrales gothiques d’Europe. Une annexe servait de foyer pour les personnes âgées. La croix fut hissée le 8 août 2013.

Début 2014, lorsque plusieurs démolitions sont signalées dans d’autres villes de la province du Zhejiang, le riche hinterland de Shanghaï où se trouve Wenzhou, peu y prêtent attention. Des croix jugées trop « voyantes » sont retirées de force. Puis, début avril, une église catholique d’un comté rural de Wenzhou est rasée et un temple protestant voit sa croix détruite. Une dizaine d’autres églises reçoivent des ultimatums leur intimant de démolir leurs bâtiments ou leur croix au nom d’une campagne d’embellissement urbain, lancée à travers la province du Zhejiang en 2013, visant les « structures illégales ». Or, notent les chrétiens de Wenzhou, cette campagne ne cible que les églises.

CROIX DÉTRUITES À LA MASSUE PUIS ARRACHÉES PAR DES GRUES

Certaines s’exécutent. D’autres, comme Sanjiang, résistent : « On s’est dit que même en enlevant la croix, cela ne s’arrêterait pas là et donc qu’il fallait résister », dit le pasteur W. A Sanjiang, l’administration de l’église est sûre d’elle : certes, la surface construite dépasse ce qui est autorisé. Mais l’« église modèle » a reçu l’imprimatur du gouvernement local. « Un compromis a été trouvé quand les autorités ont promis de ne détruire que deux étages de l’annexe. Mais ça n’a pas tenu », relate un pasteur évangéliste de Wenzhou souhaitant apparaître sous le nom de « pasteur Paix ».

Le 26 avril, un millier de personnes, beaucoup en provenance d’autres paroisses, viennent prier devant l’église, espérant empêcher toute intervention. Le lendemain, tous ceux qui sont repérés comme ayant le moindre ascendant sur leurs ouailles sont arrêtés : les cadres officiels, bien sûr, mais aussi tous ceux qui animent des églises à domicile – au total, près de quarante personnes. Le pasteur Paix passe une vingtaine d’heures en garde à vue. Le 28 avril, les forces antiémeutes interviennent à 4 heures du matin. A 20 h 30, l’église géante est retournée à la poussière.

En faisant table rase de Sanjiang, nous dit un pasteur de Pékin, observateur des persécutions visant les chrétiens, le gouvernement veut « faire un exemple et montrer que rien ne les arrêtera ». Six autres démolitions d’églises ou de bâtiments attenants ont été répertoriées en mai à Wenzhou. Un temple protestant a même été converti en « auditorium culturel ». Dans les semaines qui suivent, quinze églises de la région de Wenzhou verront leurs croix détruites à la massue puis arrachées par des grues. Selon l’ONG américaine China Aid, depuis le début de l’année, 60 églises du Zhejiang ont fait l’objet soit d’un avis de démolition de leur croix ou de leur bâtiment, soit d’une démolition effective – dont plus de quarante pour la « Jérusalem chinoise ».

A Wenzhou, de mémoire de chrétiens, on n’a jamais vu un tel acharnement depuis la Révolution culturelle. Car, ici, « le gouvernement local et les Eglises ont toujours été en très bonne entente », confie le pasteur Joie, qui fait partie du même réseau évangéliste que le pasteur Paix. Seuls ces responsables des Eglises libres s’expriment, sous couvert d’anonymat, car ils savent leurs églises menacées. Les pasteurs « officiels » ont reçu l’interdiction absolue de s’exprimer. La crainte, désormais, est que l’ire du gouvernement ne se porte sur les « églises à domicile ».

CAMPAGNE ANTI-CHRÉTIENS

Jamais les « Eglises officielles » comme celles de Sanjiang n’avaient été ainsi ciblées. Pourtant, les Eglises chinoises officielles (le Mouvement patriotique des trois autonomies pour les protestants, et l’Association patriotique des catholiques), noyautées par le Parti, sont organisées de façon à « isoler » les chrétiens chinois des influences étrangères. Au prix parfois d’accommodements : ainsi, le Mouvement des trois autonomies réunit toutes les dénominations protestantes en une seule doctrine. Les croyants chinois, certes, savent s’adapter : certains fréquentent aussi bien les lieux de culte officiels que les paroisses libres. Quant aux religieux, ils composent – comme ces évêques officiels qui obtiennent la bénédiction secrète du Vatican. En réalité, l’Eglise patriotique, catholique comme protestante, a été incitée par les autorités à absorber autant qu’elle le peut l’explosion de la chrétienté en Chine : car aux 24 millions de protestants et 6 millions de catholiques « officiels » s’ajoutent plusieurs dizaines de millions de chrétiens « clandestins ».

Nos interlocuteurs ne reprochent rien aux autorités de Wenzhou : l’ordre, dit l’un, vient du chef du Parti de la province du Zhejiang, Xia Baolong. « Cela provient de plus haut, Wenzhou est une zone test pour une offensive généralisée contre l’influence des chrétiens », soutient avec véhémence un autre pasteur citant des sources internes. Xia Baolong a été l’adjoint de Xi Jinping de 2003 à 2007, quand le futur président était chef du Parti du Zhejiang… Cela l’aurait-il incité au zèle ?

Chantre de la grande renaissance chinoise, le président Xi Jinping incarne un patriotisme sans complexe, où néomaoïsme et néoconfucianisme font bon ménage tant qu’ils contribuent à assurer la suprématie du Parti et son héritage sacré. « Le nombre de chrétiens a tellement augmenté qu’on dit qu’il dépasse celui des membres du Parti . Donc, cela leur fait peur, rappelle Joie. Et puis les chrétiens continuent d’avoir une image négative en Chine, il y a une tradition de persécution, tout cela a joué un rôle. »

Pour le pasteur de Pékin, cette campagne anti-chrétiens qui ne dit pas son nom participe de la volonté affichée de la nouvelle équipe dirigeante de promouvoir les traditions culturelles chinoises, comme le confucianisme et le bouddhisme : ce n’est pas un hasard si les médias officiels chinois ont consacré une large place à la visite, en février, de Xi Jinping au lieu de naissance de Confucius.

Selon l’agence Xinhua, le président chinois a alors appelé de ses voeux la propagation d’une « doctrine morale » à travers le pays, fondée sur les « valeurs socialistes fondamentales », dont « la mise en oeuvre a pour racine la culture chinoise traditionnelle ». Entre eux, confie le pasteur Joie, les membres du Parti utilisent souvent l’expression péjorative yang jiao : elle désigne « les croyances des Occidentaux ».

Gruissan. Les &eacute;vang&eacute;listes disent s’installer pour une semaine &agrave; Mateille

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Une cinquantaine de caravanes dont les propriétaires pensent rester jusqu'à dimanche. /photo DDM,JMG

Une cinquantaine de caravanes dont les propriétaires pensent rester jusqu’à dimanche. /photo DDM,JMG

Une cinquantaine de caravanes d’évangélistes se sont installées sur la zone de caravaning de Mateille, à Gruissan, dimanche;

Quelque 150 personnes se revendiquant de Vie et Lumière, AGP, dont 5 pasteurs ont donc stationné leurs véhicules sur ce terrain réservé par la municipalité de Gruissan au caravaning. «Le terrain de Lapalme, qu’on nous propose à 38 kilomètres de Narbonne est trop petit. Et de plus il y a les prostituées qui vont faire leurs affaires à proximité, on retrouve des préservatifs usagés» explique l’un de nos interlocuteurs, qui se présente comme pasteur évangéliste. Les personnes de ce campement, que nous avons rencontrées, qui n’ont pas voulu décliner leur identité rajoutent que «Le lieu de Lapalme n’est pas agréé comme lieu de mission». Car c’est officiellement une mission d’évangélisation qui explique l’installation de ces personnes en caravanes à proximité de Gruissan : «Nous prenons la direction de Bayonne, et sur le chemin nous allons au-devant des populations pour porter la parole de Dieu. Nous allons dresser un chapiteau ce mardi, pour y célébrer des messes.» Les représentants du groupe que nous avons rencontrés, se disaient prêts à participer aux frais d’eau et d’électricité. «Dimanche, à 14 heures, nous repartons» ajoute l’un d’entre eux. Ce lundi matin, ils ont été reçus par le Directeur général des Services de la ville de Gruissan. Mais apparemment, aucun accord n’a été trouvé. Pour le maire de Gruissan, Didier Codorniou, il n’y a pas eu d’accord possible, ni sur le fond, ni sur la forme : «Ils sont arrivés massivement, ont déplacé les rochers qui interdisaient l’entrée, cassé le portique, se sont branchés de façon dangeureuse sur le compteur électrique. À partir de mercredi, nous devions ouvrir le parking caravaning, et trois personnes devaient y travailler» ajoute le maire de Gruissan; «Il y a des risques sanitaires aussi, car ce lieu est à proximité d’un étang classé.»

La ville de Gruissan a déposé un référé demandant l’expulsion, en rappelant que l’Aire de Lapalme a été labellisée par les services de l’Etat.