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Pour les pasteurs chrétiens

Des pasteurs opposés au mariage gay créent le “courant des attestants”

Au cœur même de l’Église protestante unie de France (EPUdF) qui a adopté le 17 mai dernier la bénédiction des couples homosexuels, une quarantaine de pasteurs, en désaccord avec cette décision, vont créer un courant qui compte retourner vers les fondamentaux du christianisme à savoir la prière et l’autorité des Écritures. Une lettre paraîtra vendredi 19 juin pour expliquer la démarche et annoncer la naissance prochaine d’un “courant des attestants”.

Le "courant des attestants" veut revenir aux fondamentaux chrétiens, la prière et l'autorité des Ecritures

Le “courant des attestants” veut revenir aux fondamentaux chrétiens, la prière et l’autorité des Écritures

L’expression “attestants” fait référence au fait “d’attester de l’Évangile”, selon une phrase célèbre citée par des chrétiens après l’opposition des princes luthériens à Charles Quint en 1529 qui disait : “nous préférons attester de l’Évangile que de protester contre l’empereur”. explique le pasteur Gilles Boucomont, un des membres actifs de ce groupe.

Choqués par la décision peu étayée bibliquement de l’EPUdF de bénir les couples homosexuels, une quarantaine de pasteurs protestants de cette dénomination se sont réunis lundi au Temple du Marais dans le centre de Paris. Opposés à cette bénédiction, ils souhaitent “retourner vers les fondamentaux que sont la prière et l’autorité des Ecritures” explique le pasteur Gilles Boucomont.

Attachés à la “lettre et à l’Esprit”, les pasteurs fondateurs de ce mouvement ne demandent pas l’abrogation de cette possibilité mais souhaitent clairement exprimer leurs désaccords et susciter un “renouveau biblique et théologique” grâce notamment à la mise en place d’un site Internet, ou encore la publication d’une revue théologique et biblique. Le mouvement libéral au sein de l’EPUdF a en effet déjà sa propre revue “Évangile et liberté” qui exprime ses points de vue, et le “courant des attestants” par ces différents moyens souhaite également faire entendre le sien.

Autres propositions qui ont émané de la rencontre de ces pasteurs ce lundi, le développement des formations de pasteurs et de laïcs, la mise en place de cours “complémentaires” qui sont donnés par les instituts protestants de théologie qui forment à l’heure actuelle les pasteurs de l’Église protestante unie. Enfin, les membres du “courant des attestants” compte également constituer une “fraternité de prière”.

Une lettre qui explique le pourquoi de la création de ce courant devrait être publié vendredi. Si cette première est destinée à interpeller en tout premier lieu les autorités de l’Église, un autre texte paraîtra le même jour pour interpeller les fidèles de l’EPUdF.

Selon le pasteur Gilles Boucomont, d’autres pasteurs pourraient se joindre au mouvement pour constituer finalement 15 % des 500 pasteurs de cette Église en tout. Au niveau des laïcs, la proportion pourrait être encore plus grande.

Le “courant des attestants” qui pourrait être lancé officiellement d’ici janvier 2016 ne vise pas à créer un schisme, les pasteurs souhaitant avant tout influencer positivement l’EPUdF, plutôt que de la diviser a encore affirmé le pasteur Gilles Boucomont.

Un « courant des attestants » voit le jour chez les protestants

De quoi s’agit-il ?

Une quarantaine de pasteurs protestants, membres de l’Église protestante unie de France (EPUdF), se sont réunis lundi au Temple du Marais, dans le centre de Paris. Ils entendent « retourner vers les fondamentaux que sont la prière et l’autorité des Écritures », affirme le pasteur Gilles Boucomont, l’un des membres actifs de ce groupe. Tous ont en commun d’être opposés à la bénédiction des couples homosexuels mariés, rendue possible le 17 mai par une décision des responsables de l’EPUdF.

>> Lire aussi : Les protestants pourront bénir les couples homosexuels

« Cette décision a joué le rôle d’électrochoc, poursuit-il. Pour la grande majorité d’entre nous, nous ne demandons pas l’abrogation de cette possibilité, mais voulons affirmer que nous sommes choqués par une décision peu étayée bibliquement. » Ces pasteurs soulignent qu’ils sont « attachés à la Bible, à la fois selon la lettre et selon l’esprit ».

Ce groupe devrait donner naissance à un « courant des attestants ». Une référence à la dénomination « protestants », adoptée en 1529 après l’opposition des princes luthériens à Charles Quint. « Nous préférons attester de l’Évangile plutôt que protester contre l’empereur », précise Gilles Boucomont.

Comment ce « courant » va-t-il prendre forme ?

Les animateurs de ce courant entendent susciter un « renouveau biblique et théologique », notamment à travers la création d’un site Internet. Ils n’excluent pas de publier une revue théologique et biblique. Elle constituerait, de fait, un pendant à « Évangile et liberté », fleuron du courant libéral au sein de l’EPUdF. Par ailleurs, les animateurs des « attestants » veulent également développer des formations de pasteurs et de laïcs. Le but : « compléter » les cours donnés par les instituts protestants de théologie, qui forment aujourd’hui les pasteurs de l’EPUdF. Enfin, les membres de ce courant constitueront une « fraternité de prière », versant spirituel de leur mouvement.

Gilles Boucomont récuse toute suspicion de schisme : « Aucun d’entre nous ne veut quitter l’EPUdF. Nous voulons influencer positivement son évolution, et non diviser. »

Quelles sont les prochaines étapes ?

Une lettre, « interpellant les autorités de l’Église », devrait être publiée vendredi, afin d’expliquer la démarche. Un autre texte, publié le même jour, sera destiné aux fidèles de l’EPUdF. À terme, ils espèrent rassembler « environ 80 » des 500 pasteurs de cette Église, soit plus de 15 % d’entre eux. « Au niveau des laïcs, la proportion sera encore plus grande », espère Gilles Boucomont. Le lancement officiel de ce « courant des attestants » devrait avoir lieu en janvier.

L’Église protestante unie de Belgique accepte les pasteurs homosexuels

Il sera désormais possible pour des personnes homosexuelles de devenir pasteurs dans l’Église protestante unie de Belgique. C’est ce qu’ont décidé les représentants de cette branche du protestantisme belge, réunis samedi 13 juin en Synode.

« L’homosexualité ne constitue pas un critère permettant d’exclure des candidats au ministère pastoral », peut-on lire dans le communiqué, diffusé à l’issue de cette rencontre. Avant de souligner : « Dans le même temps, personne n’est forcé de rien. »

Libres de choisir

« L’Église est (…) parvenue à prendre une décision claire, en toute sérénité et dans le respect mutuel de la différence d’opinion, concernant un sujet sensible à propos duquel les avis divergent fortement au sein de l’Église. »

Le communiqué affirme également que, conformément à la règle en vigueur dans les paroisses protestantes, les conseils presbytéraux demeurent libres de choisir leur pasteur.

Cette décision intervient moins d’un mois après celle, prise par le synode de l’Église protestante unie de France, d’autoriser la bénédiction, par les pasteurs, de couples homosexuels mariés civilement.

Nouveau propriétaire pour la bibliothèque des pasteurs

La bibliothèque des pasteurs appartiendra désormais à la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel. Le Conseil de fondation de la BPUN a accepté lundi la donation qui lui était proposée par le propriétaire actuel de ce fonds, la Société des pasteurs et ministres neuchâtelois (SPMN).

Il était déjà prévu que les quelque 100’000 ouvrages déménagent à la BPUN d’ici la fin de l’année, en raison de la fermeture de la Faculté de théologie où ils se trouvent actuellement.

La convention de donation entre la BPUN et la SPMN est sur le point d’être signée. Le transfert de propriété prendra effet au 1er janvier 2016. La Société des pasteurs et ministres neuchâtelois reste dès lors en charge de la sécurité du fonds jusqu’à cette date, soit durant le déménagement qui interviendra entre cet été et la fin de l’année.

Ce changement de propriété constitue un « tournant historique » aux yeux de Thomas Facchinetti, président du Conseil de fondation de la BPUN, étant donné que la bibliothèque des pasteurs appartient à la SPMN depuis le XVIe siècle.

L’Université, la Ville et le Canton de Neuchâtel se sont quant à eux engagés à soutenir financièrement le déménagement de cette bibliothèque, ainsi que son exploitation future. L’objectif est en effet de valoriser encore davantage ce fonds et d’en améliorer l’accès au public.

Cette donation permet à cet important patrimoine de rester sur sol neuchâtelois. La bibliothèque des pasteurs compte en effet des documents précieux comme des bibles d’Olivétan, premières bibles traduites en français et imprimées à Neuchâtel juste après la Réforme. /sbe

Les protestants auront des pasteurs homosexuels

Belgique

L’Église protestante unie de Belgique – le courant réformé et luthérien – a décidé, lors d’une assemblée synodale sur le thème “Homosexualité et consécration au ministère pastoral”, de “ne plus faire obstacle aux pasteurs homosexuels”. C’est le fruit d’un long processus démocratique… La réflexion initiée par un groupe de travail composé de délégués représentatifs de ses “districts” a suivi son cours. Samedi, l’assemblée extraordinaire du Synode a tranché par un vote au niveau national après des consultations aux niveaux local puis régional. “C’est toujours le débat, le dialogue et la nécessité d’être contredit qui ont fait vivre l’Église protestante, précise-t-on à son sommet. Mais cette fois, l’Église est parvenue à prendre une décision claire, concernant un sujet sensible à propos duquel les avis divergent fort : l’homosexualité n’est pas un critère pour exclure des candidats au ministère pastoral.”

Précision : chaque église locale garde le droit de choisir son pasteur. L’Église protestante belge a déjà ouvert l’ordination aux femmes et son corps pastoral est composé d’environ 15 % de femmes.

L’Église catholique campe sur ses positions

L’Église catholique ne fait pas preuve d’une telle ouverture. Il y a 10 ans, la Congrégation pour l’éducation catholique recommanda de refuser l’ordination “aux séminaristes ayant des pratiques homosexuelles”, à ceux qui présentent “des tendances homosexuelles profondément enracinées” ou qui soutiennent “la culture gay”. Une instruction sévère qui se double d’une période de screening de deux ans de conduite “sans défaillance” afin d’éprouver la réalité et la permanence de l’engagement au célibat… Malgré le pape François, l’Église campe sur sa ligne même si le pape François demande qu’on respecte davantage les homosexuels. Comme l’a montré une récente matinée d’étude organisée à Liège par Mgr Delville, l’homosexualité n’est plus un tabou mais de là à admettre des prêtres gays, il y a de la marge. Du côté du judaïsme, des rabbins israéliens ou américains ont avoué leur homosexualité. Du côté de l’islam, la question est encore plus sensible.

Steven H. Fuite, président de l’Eglise protestante unie de Belgique

La personnalité

Je suis fier de mon Église ainsi que de l’ouverture et du respect dans lesquels les débats se sont déroulés.” C’est un président de l’Église protestante unie de Belgique heureux qui a commenté l’ouverture de son institution aux pasteurs homosexuels. Steven H.Fuite qui dirige le Synode de l’EPUB depuis 2012 y retrouve toute la richesse du débat démocratique à l’aune du libre examen et de la liberté de conscience chères aux protestants.

À l’occasion du 175e anniversaire de la reconnaissance de son courant dans la Belgique contemporaine, il avait précisé que son Église pratiquait davantage que n’importe quelle autre le débat démocratique. Ce dont atteste aussi sa configuration qui insiste beaucoup sur la décentralisation et la subsidiarité.

Il avait ajouté que ce type de pratique s’imposait dans le laboratoire permanent qu’est la Belgique. Mais sa satisfaction est aussi d’aider les croyants à choisir en toute liberté en fonction de leur propre aventure humaine…

Pour la petite histoire, le président est né à… Zwolle (Pays-Bas) mais vit en Belgique depuis ses 20 ans. Selon lui, “dans l’Europe actuelle, ce qui est compte, c’est ce qu’on est et les valeurs qu’on défend. Et ne pas perdre de vue l’aspect humain”. À Malines-Nord où il était arrivé en 1989, il avait insisté en permanence sur la richesse de la diversité. Comme président, il veille à ce que l’EPUB reste “une maison chaleureuse avec des personnes dont on doit prendre soin et qu’il faut veiller à garder unies”. Tout en intégrant les évolutions sociétales … 

Belgique: L’Eglise protestante accueille les pasteurs homosexuels

L’Eglise protestante de Belgique a annoncé le 14 juin vouloir «ouvrir la porte aux pasteurs homosexuels». La décision a été prise la veille par le Synode de l’Église Protestante Unie de Belgique.

Le président du Synode, Steven H. Fuite, s’est réjoui de cette décision. «Je suis fier de mon Église ainsi que de l’ouverture et du respect dans lesquels les débats se sont déroulés.»

L’église protestante ouvre la porte aux pasteurs homosexuels

L’église protestante de Belgique ouvre la porte aux pasteurs homosexuels.

«Le Synode de l’Église Protestante Unie de Belgique a décidé, lors de son assemblée ce samedi, de ne pas considérer l’homosexualité comme un obstacle à la possibilité d’exercer le ministère pastoral», a-t-elle précisé dans un communiqué.

Selon le texte, un groupe de travail où chaque district de l’Église était représenté, avait préparé cette assemblée extraordinaire du Synode Protestant autour du thème «Homosexualité et pastorat». Ce groupe de travail avait rédigé une recommandation qui a été envoyée à toutes les églises locales pour qu’elles en discutent, avant de faire l’objet d’une discussion au niveau régional et enfin d’un vote au niveau national.

«Je suis fier de mon Église ainsi que de l’ouverture et du respect dans lesquels les débats se sont déroulés», a déclaré le président du Syndode, Steven H. Fuite.

Il y a quelques années, le Synode Protestant, dont le corps pastoral est composé de 15% de femmes, avait déjà décidé que, parallèlement au mariage, il était possible de demander la bénédiction des couples du même sexe lors d’un culte.



Les homosexuels peuvent désormais devenir pasteurs en Belgique

Le Synode Protestant a décidé que l’homosexualité ne devait pas être un obstacle.

L’église protestante de Belgique ouvre la porte aux pasteurs homosexuels, a-t-elle fait savoir dimanche soir. « Le Synode de l’Église Protestante Unie de Belgique a décidé, lors de son assemblée ce samedi, de ne pas considérer l’homosexualité comme un obstacle à la possibilité d’exercer le ministère pastoral », a-t-elle précisé dans un communiqué.

Une recommandation à toute les églises locales

Selon le texte, un groupe de travail où chaque district de l’Église était représenté, avait préparé cette assemblée extraordinaire du Synode Protestant autour du thème « Homosexualité et pastorat ». Ce groupe de travail avait rédigé une recommandation qui a été envoyée à toutes les églises locales pour qu’elles en discutent, avant de faire l’objet d’une discussion au niveau régional et enfin d’un vote au niveau national.

« Je suis fier de mon Église ainsi que de l’ouverture et du respect dans lesquels les débats se sont déroulés », a déclaré le président du Synode, Steven H. Fuite.

Il y a quelques années, le Synode Protestant, dont le corps pastoral est composé de 15 % de femmes, avait déjà décidé que, parallèlement au mariage, il était possible de demander la bénédiction des couples du même sexe lors d’un culte.

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L’église protestante de Belgique ouvre la porte aux pasteurs homosexuels

Selon le texte, un groupe de travail où chaque district de l’Église était représenté, avait préparé cette assemblée extraordinaire du Synode Protestant autour du thème «Homosexualité et pastorat». Ce groupe de travail avait rédigé une recommandation qui a été envoyée à toutes les églises locales pour qu’elles en discutent, avant de faire l’objet d’une discussion au niveau régional et enfin d’un vote au niveau national.

«Je suis fier de mon Église ainsi que de l’ouverture et du respect dans lesquels les débats se sont déroulés», a déclaré le président du Syndode, Steven H. Fuite.

Il y a quelques années, le Synode Protestant, dont le corps pastoral est composé de 15% de femmes, avait déjà décidé que, parallèlement au mariage, il était possible de demander la bénédiction des couples du même sexe lors d’un culte.

Comment peut-on être protestant ?

Voici paru le premier volume du «Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours»: plus de 800 pages pour les seules lettres A à C. Le feuilleter, c’est entrevoir l’histoire de la France des deux derniers siècles, mais une histoire en discontinu, au travers de brefs aperçus biographiques, rassemblés sous la direction des historiens Patrick Cabanel et André Encrevé.

Cette approche donne une sorte d’histoire polycentrique, éparse, mais aussi le sentiment d’un peuple, avec ses célébrités, certes, mais aussi ses figures presqu’anonymes, un instant sorties de l’oubli et dont on mesure vite combien ils ont fait leur temps, leur monde, et finalement le nôtre.

Ces feuillets nous font traverser depuis l’époque révolutionnaire des Antoine Barnave ou Boissy d’Anglas, jusqu’au communisme d’un Henri Barbusse ou la résistance d’un Jean Cavaillès, depuis le trait de couleur et de lumière d’un Frédéric Bazille ou d’un Jean de Brunhoff, jusqu’à l’émerveillement scientifique d’un Auguste de Candolle, d’un Georges Cuvier, ou d’un Alexandre Brongniart.

On y trouve des familles de banquiers ou d’industriels comme les Boissonnas, les Courtois, les de Coninck, et des familles de juristes comme les Carbonnier, etc. On y trouve des écrivains comme Benjamin Constant, Jean-Pierre Chabrol, ou Roland Barthes, des intellectuels engagés comme Ferdinand Buisson ou Jean Baubérot, etc.

Mais surtout on y trouve des familles de pasteurs, les Atger et les Bonzon, les Bosc et les Bost, les Boegner et les Bourguet, les Cadier et les Casalis, les Cook et les Cruse, etc. Et on n’en est encore qu’à la lettre C ! Comme au jeu des ronds et des croix, on n’en finirait pas de tirer des lignes pour placer ces figures en séries sous des angles divers. Je voudrais ici en tirer trois. 

Le martyr des enfants de pasteurs

La première concerne justement les enfants de pasteurs, qui forment à eux seul un peuple, presque une espèce. À consulter les notices de ce «Dictionnaire», les enfants de pasteur n’ont certes pas forcément été des pasteurs (de même que les enfants des saints n’étaient pas forcément des saints). Mais ils ont constitué longtemps jusqu’à un cinquième du corps pastoral.

Et même sans être pasteurs ils jouent un rôle immense dans cette histoire. Ils jouent ce rôle par leur nombre, et cela suffit à distinguer la sociologie du protestantisme de celle du catholicisme. Il n’y a pas de famille de prêtres. L’idée même de tradition n’a donc pas le même sens en catholicisme, elle n’est pas à ce point portée par le vecteur familial, un vecteur familial réel, avec ses amours terribles et ses conflits de génération.

Des enfants de pasteurs, fils et filles, on les retrouve dans tous les métiers, sans doute, beaucoup d’artistes et d’intellectuels, beaucoup de militants et de «ministres» — au vieux sens de serviteurs d’une Cause, et les causes successivement portées ont été nombreuses. Mais elles et ils partagent une sorte de complicité, le plus souvent tacite, celle de se sentir «pas comme les autres», un peu mis à part, dans une fonction d’exemplarité.

C’est moins l’autoreproduction d’une sorte de dynastie sacrée, au sens sacramentel, qui est ici en jeu, que la production incessante d’une sorte de perfectionnisme moral et existentiel, probablement dû à une certaine exposition publique. Les enfants de pasteurs sont d’emblée des enfants «publics»: qu’ils le veuillent ou non, ils donnent l’image de la communauté dont leur père est le pasteur. A eux après d’en faire ce qu’ils veulent, ou ce qu’ils peuvent.

La vocation pastorale n’est cependant pas familiale : à chacun des enfants de pasteurs de se débrouiller avec la vocation du père, du grand-père, à chacun de la réinterpréter pour soi. On touche ici à une interrogation discrète que chaque enfant de pasteur a rencontrée. Ce n’est pas seulement la question de la foi, mais celle d’un appel plus vaste, plus intime. Comment s’inscrire dans cette généalogie? Comment l’interpréter?

Nietzsche, Emerson et les autres…

Ceux qui ont la force de rompre avec la «tradition» sont aussi ceux qui ont la force de la reprendre de fond en comble pour la réinterpréter. C’est par une sorte de fidélité supérieure à ce qui leur semble être le noyau véritable de la vocation paternelle qu’ils rompent avec la transmission.

Je pourrais ici, en philosophie, donner en exemple Emerson et Nietzsche, tous deux fils de pasteur. Il y a bien chez eux une sorte de généalogie, mais une généalogie du décalage : comme s’ils étaient obligés, pour continuer, de bifurquer. C’est là qu’il a fallu inventer. Car si le cœur de la prédication protestante est l’affirmation de la gratitude, au sens où l’important n’est pas ce que nous faisons et méritons par nos œuvres, mais ce que nous recevons comme un don, et la manière dont à notre tour nous interprétons ce qui nous est donné, on n’en a jamais fini !

C’est pourquoi il y a chez bien des enfants de pasteur, et même s’ils ont quitté toute communauté protestante depuis longtemps, une sorte d’activisme, d’inventivité, de militance, parfois interrompus par un sentiment de désoeuvrement total, une paresse de lis des champs. En tout cas un radical «insouci» de soi. À chacune et chacun d’entre eux de dire si c’est là un bonheur ou un échec, une bénédiction ou une malédiction. Mais il ne faut jamais oublier que ce qui fait le bonheur d’une génération est souvent la malédiction de la suivante.

La face cachée du dictionnaire: les femmes

Il y a de nombreuses femmes dans le «Dictionnaire». Des filles de pasteurs, bien sûr, et depuis un demi-siècle maintenant des femmes pasteurs, des «pastourelles» — c’est avec elles que l’on verra peut-être une mutation profonde de la figure précédente, sans doute trop marquée par l’importance des «pères». Et simplement des militantes, des artistes, des universitaires, des médecins, etc.

Mais le plus souvent, les femmes sont la face cachée du dictionnaire. Parfois leur nom apparaît à côté de celui de leur mari, non comme leur ombre, mais comme leur double. Car le couple protestant est a priori égalitaire : Calvin réclamait le droit de divorce pour les femmes comme pour les hommes. Parmi les femmes mentionnées, nombreuses ont joué un rôle dans la conquête de l’émancipation et de l’égalité féminine. Et pourtant le plus souvent leur nom est tu, oublié, ignoré.

C’est ce que je voudrais ici interroger. On pourrait d’ailleurs repartir de la figure classique de la «femme de pasteur», qui attend sans doute encore son romancier, ou son cinéaste : sans elle, le pasteur n’aurait pas été ni fait ce qu’il a été ni ce qu’il a fait. Elle l’a soutenu. Mais pas comme la bonne du curé ! Non, elle l’a accompagné, elle a été son complice, elle a animé la chorale des enfants, lancé un groupe de discussions de femmes, relancé le scoutisme. Elle a écouté les gens.

Elle a aussi discuté ses prédications, elle n’a pas été d’accord avec lui, elle a pris des tangentes, elle a lu, elle a écrit, parfois plus que lui. Elle a au fond partagé la vocation de son mari, d’autant plus totalement, entièrement, qu’elle ne partageait pas sa visibilité, sa fonction de «Ministre de la Parole».

La matrice du couple moderne

Or je me demande si ce modèle n’est pas, paradoxalement, celui du couple «moderne» par excellence. Il ne s’agit plus alors seulement des femmes de pasteurs, mais des femmes de médecins, de savants, d’artistes, d’universitaires, d’hommes politiques, d’industriels, de cultivateurs, d’instituteurs, etc. Dans un livre sur le mariage, j’ai tenté de montrer que le mariage moderne avait été inventé par les puritains de la révolution anglaise (John Milton), précisément par leur invention du divorce: c’est parce qu’on peut se délier que l’on peut se lier librement.

C’est ce modèle du couple, d’un couple en quelque sorte «militant», que l’on retrouve en feuilletant les notices de ce dictionnaire. Mais c’est aussi ce modèle que l’on imagine derrière la plupart des noms masculins, des plus fameux aux plus anonymes. On pourrait dire que c’est la trace d’un manque d’émancipation, d’un manque d’égalité, et c’est certainement juste — et c’est une époque entière. Mais il ne faut pas sous-estimer ce qu’il y avait de libre dévouement dans ce modèle conjugal. Et c’est ce libre dévouement qui change tout : la femme n’est pas asservie à son mari, ils y sont tous deux au service d’autre chose, librement.

On pourrait même dire que l’asymétrie de leur position «obligeait» en quelque sorte le mari à aller d’autant plus loin dans son «ministère», dans son œuvre. On peut alors se demander si l’incroyable énergie qui anima nos sociétés pendant quelques siècles, et détermina ses grandes inventions, ses grandes avancées, n’était pas dégagée par cette forme de couple un peu particulière. En tout cas c’est une forme de couple qui a aujourd’hui quasi disparu — ici encore il est difficile de démêler le gain et la perte.

De Karl Barth à Roland Barthes

Mon troisième et dernier coup de sonde portera sur une mouvance théologique majeure dans le protestantisme français du XXème siècle. Il ne s’agit pas des disciples de Roland Barthes, mais de ceux du théologien suisse allemand Karl Barth. Dans le sillage de Kierkegaard, sa théologie insistait sur l’altérité radicale de Dieu, et c’est en se réclamant de lui qu’un réseau international de jeunes intellectuels est devenu le vivier de l’église confessante qui résista au nazisme dès son arrivée au pouvoir et jusqu’à la fin de la guerre.

En France aussi, le nombre et la densité des revues publiées, le nombre et la qualité des intellectuels et militants passés d’une manière ou d’une autre dans l’orbe de ce mouvement (Denis de Rougemont, Henri Corbin, Jean Cavaillès, Madeleine Barrot, Paul Ricœur, Jacques Ellul, Jean Carbonnier, Jean-Jacques de Félice, Michel Rocard, etc), attestent l’importance de son attraction.

Dans le prolongement de l’oscillation qui marque la pensée de Karl Barth entre le terrestre et l’absolu, il y a chez eux un véritable «paradoxe politique»: pour toutes ces figures, le meilleur moyen de prendre le politique au sérieux est le désabsolutiser, de détotaliser, de le désacraliser. S’installe ainsi une tension entre un dedans et un dehors, car il s’agit à la fois d’orienter de l’intérieur le mandat politique, et de résister de l’extérieur à ses abus. Cette tension est très caractéristique chez le philosophe Paul Ricœur, mais l’exemple le plus connu des Français est le «parler-vrai» de Michel Rocard: c’est précisément parce que la politique est une passion totale qu’il faut lui trouver des limites.

Le sillage de Karl Barth a également laissé une sorte d’effet poétique: justement parce qu’il n’y a pas de langage sacré, absolu, il faut prendre garde à l’épaisseur métaphorique des langages, des textes, des expressions, et prendre un «soin poétique» du langage ordinaire. C’est ce que l’on trouve chez Roland Barthes, et probablement encore chez Jean-Luc Godard.

C’est au moment de la sortie d’un mouvement qu’on en mesure la fécondité. La vie intellectuelle française a longtemps été dominée par un post-communisme massif puis un néo-libéralisme non moins massif. Mais intellectuellement le post-barthisme avait probablement été plus fécond, plus inventif. On mesure ici combien la tradition protestante est restée en France une tradition mineure.

Marginalisation ?

Pour finir, feuilletant encore une fois ce premier volume du «Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours», j’ajouterai que l’on prend conscience, à regarder de près les dates des personnages mentionnés, que cette histoire semble loin d’être finie. Aussi marginal soit-il, ce monde protestant n’en finit pas d’attirer des personnalités fortes, de transmettre des valeurs discrètes, ou de renvoyer vers la société des individus «bons pour le service», qui ne mentionnent plus leur attachement, n’éprouvent plus le besoin de cette référence, descendue dans les profondeurs d’un oubli constitutif.

Ceci n’est pas un échec du protestantisme. C’est le contraire. La prédication de la gratitude a si bien marché que ceux qui l’ont entendu et comprise semblent ne plus avoir besoin de la répéter. Ils retournent au monde ordinaire et s’y effacent. Mais cela ne peut durer que si par ailleurs des générations nouvelles se lèvent, qui entreront à leur tour dans un dictionnaire ultérieur, que nous ne saurions imaginer.

Olivier Abel (*) 

Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours. Tome 1 : A-C, sous la direction de Patrick Cabanel et Pierre Encrevé, éditions de Paris Max Chaleil, 864 p., 36 euros.

(*) professeur de philosophie à la faculté de théologie protestante de Montpellier. A notamment publié : «Jean Calvin», Pygmalion, 2009.

Mataiea : interview du pasteur Tuteanaiva avant son départ


Le pasteur Tuteanaiva est père de quatre enfants et est âgé de 43 ans (©Charles Taataroa).
Le pasteur Tuteanaiva est père de quatre enfants et est âgé de 43 ans (©Charles Taataroa).
Le pasteur Tuteanaiva quitte la paroisse protestante de Mataiea après cinq années à sa tête. Il revient sur plusieurs sujets : les réformes prises ces dernières années par l’Église protestante ma’ohi, l’alcool à nouveau vendu à Teva i Uta après plus de 30 ans d’interdiction, la jeunesse, l’école du dimanche, mais aussi le projet de réhabilitation du temple de Mataiea. Dimanche, après le culte, une cérémonie est organisée pour fêter son départ. Interview.

Les réformes prises ces dernières années par l’Église protestante ma’ohi (EPM), comme la célébration de la sainte cène, n’ont pas été suivies par l’ensemble des paroisses. Il y a eu des scissions. Comment analysez-vous la situation ?
“Les choses n’ont pas été prises à la légère. Nous sommes fait à l’image de Dieu. En conséquence, on est ma’ohi certes, mais on est aussi fait à l’image de Dieu. C’est cette base philosophique, la culture, qui est mise en avant dans les réformes prises par l’Église, ces dernières années. Nous avons une culture, une identité, une langue. C’est ce qui explique, pourquoi le vin a été remplacé par l’eau de coco et le pain par le ’uru dans la célébration de la sainte cène. Certaines paroisses ont suivi cette réforme, d’autres non. Mais ce qui me réjouit aujourd’hui, c’est que les enseignements continuent et je suis certain que c’est l’esprit de Dieu qui les anime.”

Ça veut dire que les paroisses ont le libre choix face à ces réformes ?
“Non. Ce n’est pas ça. On donne le choix aux paroissiens de réfléchir face à ces réformes. C’est à eux de faire l’effort d’adhérer à cette nouvelle vision des choses. Ce n’est pas évident pour les anciens d’accepter les changements faits au niveau de l’Église. Ils ont leur façon de voir les choses.”

La vente d’alcool a longtemps été interdite à Teva i Uta. Mais depuis l’année dernière, cette vente est désormais autorisée, et c’est la liberté du commerce qui a été mise en avant. Qu’en pensez-vous ?
“Nous avons longuement abordé ce sujet avec le comité directeur du deuxième arrondissement avec l’ensemble des pasteurs. L’interdiction a favorisé les ventes clandestines dans la commune. Il faut dire les choses comme elles sont. À l’époque, l’arrêté municipal interdisant la vente d’alcool à Teva i Uta avait été pris par les élus suite à une bagarre qui a provoqué la mort d’une personne. Aujourd’hui, les nouveaux élus ont suivi une autre direction. À mon avis, on aurait dû mener des actions pour aider les consommateurs d’alcool. C’est à ce niveau-là qu’il aurait fallu agir.”

Vous parliez de ventes clandestines. À Mataiea, l’alcool est vendu illégalement derrière le temple protestant. Vous êtes certainement au courant de la situation ?
“Effectivement. Avant mon arrivée dans cette paroisse il y a cinq ans, le conseil des diacres m’a mis au courant de cette situation. Le conseil est intervenu plusieurs fois auprès de la personne, tout comme l’ancienne maire Valentina Cross. Lorsque je suis arrivé, je suis intervenu à mon tour. Mais pour la décision finale, cela n’est pas de mon ressort. C’est au maire et à son conseil municipal de le faire.”

Quel est votre avis sur la jeunesse. S’intéresse-t-elle à la religion ?
“Tout part de la base, c’est-à-dire de la famille. Si la famille n’essaie pas d’inculquer des valeurs à ses enfants, ils auront beaucoup de difficultés pour évoluer avec la foi. C’est la raison pour laquelle l’école du dimanche a été créée. C’est là que démarre la préparation de tout un chacun pour acquérir la foi. On initie les enfants à la prière et tout se fait en langue tahitienne.
Dans les classes, ils apprennent la grammaire, le vocabulaire et comment écrire en tahitien dans les règles de l’art. Ces apprentissages sont nécessaires pour l’évolution des enfants.
Lorsqu’ils grandissent, ils doivent suivre tout un cheminement et  ceux qui souhaitent aller plus loin, peuvent le faire. Mais depuis que nous sommes dans cette paroisse de Mataiea, je remarque qu’il y a très peu de jeunes qui s’intéressent à la religion. Beaucoup ont des occupations ailleurs, notamment dans le milieu associatif. Mais on continue les enseignements.”

Ces dernières années, on voit beaucoup de jeunes issus des paroisses qui entrent à l’école pastorale d’Hermon pour devenir pasteur. Comment expliquez-vous ce choix ?
“La plupart ont grandi dans les paroisses et ont évolué dans les organisations de Ui Api, l’école du dimanche. Ils maîtrisent bien le fonctionnement de la paroisse et celui l’Église en général. Sans ce cheminement, c’est difficile d’entrer et de suivre l’école pastorale. Maintenant, l’Église donne la liberté. Il y en a qui ont des diplômes et pour ceux qui n’ont rien, il y a toute une préparation pour faciliter leur intégration à l’école pastorale. Elle dure un an et depuis peu, même ceux qui ont des diplômes doivent suivre ce cheminement. Sans cela, c’est difficile. La fonction de pasteur ne doit pas être prise à la légère. On n’est pas pasteur uniquement pour le titre. Non. Pour moi, ce titre ne doit pas nous revenir. Je dirais simplement que nous sommes des serviteurs de Dieu. Maintenant, ce sont des choses qui doivent changer dans les années à venir. Faudra-t-il continuer à nous appeler pasteurs, serviteurs ou tout simplement des employés de Dieu ?”

Pour vous, quelle est véritablement votre mission en tant que pasteur ?
“Mon rôle, c’est de conduire tout un chacun sur la bonne voie pour connaître Dieu. Ma mission n’est pas d’amener des gens à l’Église mais sur la voie de Dieu. Lors de ma thèse à l’école pastorale, j’ai défendu cette idée, c’est-à-dire le vœu de Dieu pour le peuple ma’ohi. C’est ce qui m’anime en ce moment. Comment amener mon peuple sur la voie de Dieu.”

Propos recueillis par C.T.

Christianisme Rwanda – RDC : La face cachée des pasteurs américains

imageRick WARREN

Des pasteurs américains, ou si on veut des « hommes de Dieu », qui sont adeptes du fondamentalisme chrétien tel qu’il se vit en Amérique, ne se privent d’afficher au grand jour leur amitié préférentielle à Paul Kagamé et au Rwanda, pays dont on ne compte plus leur visite. Mais ce n’est ni le fait que Paul Kagamé soit mercenaire, ni le fait que son pays le Rwanda agresse et occupe la RD-Congo, ni que la taille démographique du Rwanda comparée à celle de son voisin la RD-Congo où vivent plus 60 millions d’habitants ne permet à ces pasteurs et à leurs églises d’engranger d’importants gains religieux et financiers, n’a jamais dissuadé les représentants du christianisme américain de préférer le Rwanda au Congo- Kinshasa.

Des écoliers, élèves et étudiants apprennent souvent dans des écoles et universités occidentales ainsi qu’africaines que l’Occident chrétien vit une longue période de paix et de stabilité politique. Il ne connait point de guerre, aucun affrontement violent et surtout visible entre ses membres. C’est notamment grâce à une homogénéité religieuse et spirituelle qui unit et rassemble ces États et leurs peuples, je dirais plutôt leurs élites. Le fait de partager et de se nourrir dans une même sphère spirituelle et religieuse suffit pour éloigner ou empêcher la naissance et l’extension des conflits. C’est du moins ce qui se lit et se conclut durant la période de scolarité. Alors, et si seulement il en serait le cas, il y a lieu de se demander pourquoi Kinshasa se fait régulièrement violer, violenter, massacrer, voler, exploiter par des chrétiens, c’est-à-dire par des membres d’une même famille spirituelle et religieuse, et ce, malgré l’appartenance de la RD-Congo à la chrétienté. N’est-ce pas que c’est le « christianisme » qui est la religion prédominante au Congo-Kinshasa ?

Mn texte ici présent n’a pas pour prétention de se lancer dans un procès du christianisme. Je prends bien soin de laisser ce champ aux autres, sauf qu’il se veut interpellateur sur la question de solidarité chrétienne qui s’entend comme le ciment des sociétés ayant en commun le christianisme comme spiritualité. Et en outre, c’est l’Occident colonisateur lui-même qui a décidé, voulu et souhaité partager sa perception religieuse avec ses colonisés. C’est de la volonté impériale du colon que la RD-Congo et son peuple sont devenus chrétiens. Je ne veux rien savoir sauf je me dis que ce faisant, le christianisme, le « divin et le spirituel devenu commun rapprocherait les peuples. C’est plutôt le contraire qui devient le principe. Le christianisme sépare plus qu’il ne fortifie le dessein des peuples et leurs âmes.

Aujourd’hui, Kinshasa compte un nombre assez impressionnant de pasteurs chrétiens, de prêtres. Et même malgré le fait d’avoir élevé un de ses fils au rang de cardinalat, il siège en plus à Rome, dans le temple des temples, ne change rien sur la situation de la RD-Congo. C’est en RD-Congo qu’il y a un génocide dont le christianisme spirituel et religieux n’en parle et voire ne condamne officiellement. Et au-delà, le constat est que des prières, de nuit comme de jour, de nos pasteurs et autres ne se montrent à même d’arrêter la descente du pays aux enfers. Cela date de 1885 à ces jours. Je le souligne pour que l’on ne répétât le slogan courant qui voudrait que ce soit Dieu lui-même qui l’aurait ainsi programmé et souhaité pour ce peuple.

Je voudrais aussi savoir pourquoi l’église kimbanguiste chrétienne a toujours été dans le camp des autres, notamment de Mobutu, de Laurent Désiré Kabila, du Rwanda via « Joseph Kabila ». Pourquoi les prières de Maman Olangi et autres « pasta » ne savent stopper l’humiliation que subit la RD-Congo de la part de ses voisins directs et mandatés. Comment comprendre que ce soit le pasteur et chrétien Ruberwa qui intimait hier l’ordre de négocier avec son M23 ?

Ailleurs, les choses se passent autrement. À travers le rabbinisme, les juifs et Israël s’imposent comme une force spirituelle et étatique. L’Iran et ses ayatollahs se font craindre et comptent parmi des référents sociologiques imparables. Le Japon et ses prêtres shintoïstes, et ce malgré la défaite du Japon et la présence Yankee sur son sol, ce peuple et son intelligence rayonnent à travers le monde. Des moines du Tibet perpétuent l’espoir et le rêve tibétains nonobstant l’emprise chinoise. Des soufismes islamiques et l’islam, malgré l’absence de son unité, donnent de la sueur au monde occidental chrétien qui se voit obligé de composer. L’influence et la peur de l’islam se fait sentir. On pourrait ce tableau avec des prêtres du taoïsme chinois, du confucianisme vietnamien qui a eu à accompagner des combattants Viêt-Cong pendant la guerre du Vietnam et la double défaite française en Indochine et américaine à Saigon. De cette lecture, Mbog Bassong tire la moralité suivante : « plus profondes sont les racines spirituelles, religieuses et culturelles ancestrales, plus haute est la cime qui mène aux connaissances « molles » et « dures », mais aussi aux formes de résistance et de lutte face à l’oppression des peuples et à celles de leurs dirigeants légitimes » (Bassong, 2012 : 18). Alors, qui dit mieux ?

À quoi servent des prières, accompagnées des privations et des sacrifices quand ces dernières se montrent efficaces et arrivent à peine à leur destination ? Ce qui signifierait quelque part que notre monde spirituel serait bouché ? Que le courant spirituel ne passe, comme ces prières ne savent percées des murs spirituels qui les retiennent en otage pour motif que nous nous sommes aliénés et que nous avons aliénés les nôtres. De manière générale, le spirituel devrait répondre aux questions physiques et métaphysiques posées par l’existence des hommes, voire des peuples, de ceux qui s’y soumettent. Mais dans le cas opposé, à quoi servirait-il quand aucun espoir n’est possible à l’horizon. Je suis d’avis avec l’évêque Dietrich Von Nehmen qui déclarait que « lorsque son existence est menacée, [celle des nations], l’église est dispensée des commandements de la morale. L’unité comme but sanctifie tous les moyens, l’astuce, la traîtrise, la violence, la simonie, l’emprisonnement, et la mort. Car tout ordre existe pour les fins de la communauté, et l’individu doit être sacrifié au bien général » (Dietrich Von Niehmen, évêque de Verden, De Schismati Libri 3, 1411). Il n’en est pas le cas avec le christianisme tel que vécu et imposé à l’homme d’Afrique et au congolais.

Le jour où le peuple du Congo saura consacrer son temps à répondre à la question de sa spiritualité commencera le début du processus de son émancipation et de sa renaissance comme peuple.

Likambo ya mabele Likambo ya makila

[Mufoncol Tshiyoyo]

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Etats-Unis: 42’000 pasteurs signent une pétition de désobéissance civile en cas de redéfinition du …

D’ici fin juin, la Cour suprême des Etats-Unis doit déterminer si la Constitution oblige tous les Etats américains à inclure les couples de même sexe dans la définition du mariage. Face à cette probabilité, 42’000 pasteurs et leaders chrétiens ont signé un texte de désobéissance civile, «le Serment de solidarité pour défendre le mariage».

Selon le communiqué de presse, les signataires résisteront à tous les efforts du gouvernement pour les obliger à accepter le mariage gay. Ils sont prêts à accepter une peine ou amende, même la prison, pour défendre leur liberté religieuse et celle des autres.

Parmi les signataires, on retrouve Mike Huckabee, candidat républicain à la présidentielle américaine, James Dobson, fondateur de Focus on the Family et Family Talk Radio, Richard Land, rédacteur en chef de Christian Post etc.

Pour le révérend Scaborough, président de Vision America Action, la redéfinition du mariage serait une décision aussi tragique et incorrecte que celle de Dred Scott (1857) confirmant l’esclavage. Les chrétiens seraient mis en opposition avec la culture et les tribunaux.

«Notre plus grand respect pour la primauté du droit exige que nous ne respections pas une loi injuste qui entre directement en conflit avec le droit supérieur (…). Comme gens de foi, nous nous engageons à obéir à notre Créateur lorsque l’Etat entre directement en conflit avec le droit supérieur. Nous mettons respectueusement en garde la Cour suprême de ne pas franchir cette ligne» précise le Serment de solidarité pour défendre le mariage.

La rédaction d’Evangeliques.info – 11 juin 2015 12:11

Le pasteur Haneremarama élu président du 2e arrondissement


Voici les nouveaux membres du comité directeur du deuxième arrondissement.

Voici les nouveaux membres du comité directeur du deuxième arrondissement.
Le renouvellement du bureau directeur du deuxième arrondissement de l’Église protestante ma’ohi (EPM) a eu lieu, samedi dernier, à Papara, dans la salle Tehereamanu. Le deuxième arrondissement regroupe les paroisses allant de Faa’a à Teahupo’o. Le pasteur Haneremarama, qui officie actuellement dans la paroisse Tiaiti de Paea, a été élu nouveau président. Il succède au pasteur Tapati qui vient de boucler deux mandats de quatre ans à la tête de cette organisation. 
L’élection du pasteur Haneremarama n’a pas été une mince affaire, puisqu’il aura fallu 13 tours pour qu’il obtienne la majorité des voix. Vingt-huit électeurs, dont des pasteurs, des diacres, mais aussi des porte-parole des paroisses respectives ont participé à ce vote. Le règlement de l’élection prévoit que le candidat doit obtenir deux tiers des voix pour être élu, c’est-à-dire 19 sur 28. Le scrutin a pris énormément de retard, car beaucoup ont maintenu leur vote du début jusqu’à la fin. Il aura fallu que le rival du pasteur Haneremarama, le pasteur Tai’tapu de Punaauia, retire sa candidature pour que l’élection parvienne à sa fin. 
Avant le scrutin, il est de tradition que les pasteurs, les diacres et les porte-parole de l’arrondissement se mettent d’accord sur les candidats en lice. Mais le vote reste secret. Et manifestement, beaucoup n’ont pas suivi les recommandations en interne. 

22 ans en tant que pasteur

Après son élection, le nouveau président du deuxième arrondissement, le pasteur Haneremarama, s’est dit prêt à occuper son poste, estimant qu’il a pris un an pour se préparer et surtout convaincre les potentiels électeurs. Il indique que son rôle consistera à veiller au bon fonctionnement des dix paroisses dont il aura la charge et a prévu de mettre l’accent sur la jeunesse pour lui permettre de s’intéresser davantage à la foi. Pour les plus jeunes, il précise que des actions seront menées au niveau de l’École du dimanche. 
Haneremarama a Tetuaiteroi est pasteur de l’Église protestante ma’ohi depuis 22 ans. Il a officié six ans à Huahine, six ans à Taha’a, un an à Raivavae, six ans à Toahotu et ça fait trois ans qu’il est à la paroisse Tiaiti de Paea. L’ensemble des électeurs l’a félicité après son élection. 
À l’issue de celle-ci, une cérémonie a été organisée pour le départ de trois pasteurs de ce deuxième arrondissement. Il s’agit de Pascal Flores de la paroisse de Papara, le pasteur Tuteanaiva de Mataiea et le pasteur Tuvahine de la paroisse de Teahupo’o. 
Tous les trois viennent d’accomplir six ans dans leur paroisse respective. Ils seront prochainement affectés dans une nouvelle paroisse qui sera connue lors du prochain synode. 
Une cérémonie a également eu lieu pour accueillir les nouveaux diacres qui vont officier dans les différentes paroisses du second arrondissement. Le renouvellement du comité directeur des huit arrondissements de l’EPM est programmé tous les quatre ans. Après le second arrondissement, samedi dernier, ce sera au tour des autres arrondissements dès samedi prochain. Ces renouvellements devront être terminés avant l’ouverture du prochain synode, prévu le 26 juillet à Taha’a. 
C’est dans ce nouveau site que l’EPM va prochainement transférer l’école pastorale d’Hermon de la mission et prévoit, d’ici deux ans, l’inauguration d’une université dédiée aux métiers de l’agriculture, de la pêche, la pisciculture, etc. 

C.T.

Lire l’intégralité de notre dossier dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique.

Vingt quatre nouveaux pasteurs reçoivent leurs diplômes

Vingt-quatre jeunes pasteurs dont une femme de la promotion 2010-2015 de l’Institut Biblique et Théologique (IBT) de Sagbièbou, en fin de formation pastorale, ont reçu le 30 mai leurs diplômes au cours d’une cérémonie dénommée «Les réanimateurs de la flamme de pentecôte ».

Dans leur prière de consécration, le président national de l’Eglise des Assemblées de Dieu du Togo, le rév. Pasteur Djakouti Mitré et les autres pasteurs ont imposé les mains aux jeunes pasteurs puis demandé à Dieu d’accorder à ceux-ci les forces nécessaires pour qu’ils soient des modèles dans leur mission d’évangélisation.
PASTEURS
Le vice-président national de l’Eglise des Assemblées de Dieu du Togo, le rév. pasteur Anani Kodjovi Gaston disant sa prédication de circonstance, a recommandé aux jeunes pasteurs, les trois qualités des réanimateurs de la flamme de pentecôte afin de maintenir en eux, le saint Esprit. Il a insisté sur l’obéissance absolue à Dieu, la persévérance dans le sacerdoce l’humilité devant Dieu et au sein de la société.

Les jeunes pasteurs ont suivi une formation théorique de 3ans et pratique de 2 ans dans le domaine pastoral.
Le Temps/Atop

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Nîmes : face à la maladie, l’accueil

E n dix années, la Maison des parents a hébergé dix mille familles de personnes hospitalisées.

Pudique, les traits tirés, Adrienne grignote son petit-déjeuner, le regard perdu dans la pinède. Dans quelques minutes, elle rejoindra son époux, admis dans un état critique au CHU Carémeau. Loin des Cévennes où le couple avait choisi de passer sa retraite. “L’hôtel, c’est toujours impersonnel… À la Maison des parents, l’ambiance est calme, chaleureuse. Même si on n’a pas toujours envie d’en profiter, vues les circonstances…”

Il y a dix ans, au moment de l’ouverture de cette structure unique à Nîmes, seule à accueillir les familles de personnes hospitalisées, la Cévenole était tombée sur un prospectus dans le hall d’accueil de l’hôpital. Papier précieusement conservé : pour la troisième fois, elle n’a pas hésité à y loger. En habituée des lieux : “Je n’ai plus de médicaments. Mais, je sais que Martine m’amènera à la pharmacie.”

Après des débuts compliqués, la pérennité semble acquise

La Maison des parents, 260, chemin du Saut-du-Lièvre, est constituée de neuf chambres (TV, kitchenette), une cuisine, une salle à manger. Le prix de la nuit s’élève à 32,50 € pour les personnes ayant une mutuelle, les autres s’acquittant de leur facture au prorata de leurs ressources.

Aujourd’hui, la Maison des parents affiche complet presque en permanence. Les débuts furent cependant difficiles : “Peut-être la proximité de l’Assemblée chrétienne”, reconnaît Jean-Louis Poujol, qui a songé à créer un tel lieu lors de l’hospitalisation de son fils de 5 ans, atteint d’une tumeur au cerveau. Aux côtés du centre Martin-Luther-King, dont il était le pasteur, le Nîmois a emprunté 350 000 €, avec des remboursements mensuels de 3 500 € durant quatorze ans, pour construire le bâtiment.

Le pasteur Poujol n’a jamais cessé de rechercher des fonds : dons privés, subventions de 70 000 € de la Région et du Département… Désormais, la pérennité de la structure semble acquise.

“Nous ne voyons que des personnes qui luttent contre la mort”

Martine Durand est la dame de cœur de cette maison de charme aux neuf chambres coquettes. Un sourire affectueux, une présence indéfectible, un bol de légumes mijotés pour un estomac délicat… Les mille et un remerciements, apposés sur le livre d’or, témoignent de l’importance de l’accueil : “Ce sont des moments tellement pénibles que tout cela soulage un peu notre souffrance”, souligne Brigitte. “Quand les proches rentrent le soir, ils ne demandent pas la clé : ils parlent des résultats d’une analyse, ils s’inquiètent parce que leur mari pisse le sang”, raconte le pasteur Jean-Louis Poujol, fondateur de la Maison des Parents, inaugurée le 5 juin 2005 sur le terrain du centre Martin-Luther-King. Il ajoute : Nous ne voyons que des personnes qui luttent contre la mort : à 90 % ce sont des cas graves. Trois chambres sont réservées en priorité aux parents de bébés prématurés, souligne Solange, épouse de l’homme d’église et bénévole. On les écoute, on les rassure, on leur apporte de la sécurité, on leur amène de l’espérance…”

10 000 familles

Pour une nuit ou dix-huit mois, 10 000 familles, souvent épaulées par Marc, le chauffeur de la navette, se sont succédé chemin du Saut-du-Lièvre. Partageant autour des repas leurs angoisses. Égayant de plantes, comme Yolande, en traitement depuis de longues semaines, les terrasses devant les chambres. Se prêtant leurs voitures. “Moralement, c’est bien, soupire Georges, le regard embué. Je suis là depuis quinze jours, et je peux ainsi rendre visite tous les jours à ma femme, qui a eu un AVC.” La rééducation achevée, le couple regagnera, ensemble, son domicile bagnolais.

 “Les miracles, c’est l’exception…”

Heureux dénouement que n’ont pas vécu les parents de Catherine, jeune femme de 23 ans, atteinte d’une leucémie : “Leur fille unique… Elle était en soins palliatifs et tous les jours, son état se dégradait. Jusqu’au coup de fil un après-midi : Catherine était partie, se souvient Jean-Louis Poujol. Leur vie s’effondrait.” Le pasteur, qui veille à ne pas mélanger les rôles, délaissant son costume d’homme d’église dès qu’il franchit le seuil de la Maison des parents, le sait bien : “Les miracles, c’est l’exception…” Et pourtant, parfois, ils bousculent le destin : les parents de Louis, grand prématuré, peuvent en témoigner. Leur bébé fragile est aujourd’hui un joyeux garçonnet.

Jean-Louis Poujol : “Je vais passer la main”

Après avoir confié le centre Martin-Luther-King à quatre pasteurs, gérez-vous toujours la Maison des parents ?

Je serai toujours présent, je ne l’abandonne pas, mais un couple, parents d’un enfant handicapé, malheureusement décédé, va prendre mon relais sur le plan administratif. Une équipe de cinq bénévoles les épaulera. Je passe la main… Une promesse de don, venant d’une association, permettra de clore les crédits bancaires et donc de pérenniser la Maison des parents. On a gagné, et c’est beau.

Une belle aventure ?

Au début, la mayonnaise n’a pas pris. Il a fallu créer un climat de confiance. Je n’ai jamais oublié ce que m’avait dit l’une des premières personnes hébergées, propriétaire d’un petit hôtel en Auvergne : neuf chambres permettent de tourner. Elle avait raison, et cette affirmation m’a poursuivi, comme un encouragement, tout au long de ces années. 

Brésil – Des groupes évangélistes participent à la gay pride de Sao Paulo. Les USA et la Grande …

sao-paulo-gay-pride

Brésil – Plusieurs groupes de protestants évangélistes ont participé ce dimanche à la 19ème Gay Pride de Sao Paulo et ont présenté des excuses à la communauté LGBT pour la façon dont les églises néo-pentecôtistes les traitent !

Ces derniers jours, plusieurs pasteurs avaient  prononcé des condamnations très sévères de l’homosexualité. Mais, ce dimanche, d’autres pasteurs acquis au lobby LGBT ont participé à la gay pride de Sao Paulo. Les médias, tous favorables au nouvel ordre sexuel mondial, se sont notamment régalés des propos du pasteur Jose Rounique de la Communauté évangélique Familia Apostolica do Senhor très ouverte à l’homosexualité.

Les propos des pasteurs pro-LGBT sont particulièrement répercutés par les médias afin de contrer les appels des pasteurs évangéliques ultra-conservateurs, comme Silas Malafaia, à boycotter la marque de cosmétiques Boticário qui a lancé une publicité télévisée présentant des couples homosexuels s’embrassant.  

Les références à la controverse Boticário ont été présentes  durant la gay pride, qui a été l’une des plus politiques de ces dernières années.
En plus de la critique du conservatisme de l’Eglise catholique, on a entendu des cris contre le président du Congrès, Eduardo Cunha (Parti du mouvement démocratique brésilien), célèbre pour son conservatisme et son opposition à l’idéologie LGBT. Les revendications se sont étendues contre la présidente Dilma Rousseff, qui avait promis, dans sa campagne électorale, une loi contre l’homophobie, loi qui ne vient pas en grande partie en raison des obstacles que mettent Eduardo Cunha, le PMDB et la forte présence de députés évangélistes au Congrès….

L’argent que génère un tel défilé – la gay-pride de Sao Paulo est considérée comme la plus importante des manifestations LGBT au monde – attire les subventions d’entreprises et d’institutions qui parrainent chaque année des chars d’animations. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient chacun leur char officiel ! Celui de la Grande-Bretagne était animé par des homosexuels grimés en gardes du Palais de Buckingham, mulâtres, se pavanant à demi nus …

Affiche 20 juin 2015

Affiche 20 juin 2015

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Lutter contre le sida, une église à la fois

Le pasteur Roosevelt Baptistin, 31 ans, a déjà suivi plusieurs séminaires. En atelier avec d'autres chefs religieux, ils discutent du VIH.Le pasteur Roosevelt Baptistin, 31 ans, a déjà suivi plusieurs séminaires. En atelier avec d’autres chefs religieux, ils discutent du VIH.  Photo :  Radio-Canada/Marie-Laure Josselin

« Les gens qui ont le VIH-sida, c’est une malédiction! » Lorsque Safi (nom fictif) a entendu ces propos dans la bouche d’un pasteur il y a huit ans, alors que jusque là, « il prêchait très bien », son sang n’a fait qu’un tour. « Comment un pasteur peut juger comme cela, avoir de tels préjugés? Si je dois lui confier ma situation, il va me rejeter, c’est sûr », s’est-elle dit, choquée.

Un texte de Marie-Laure JosselinTwitterCourriel

Safi est séropositive et croyante. Pour elle, les deux ne sont pas incompatibles. Elle s’est tournée vers GAP-VIES, un organisme montréalais de lutte contre le VIH, qui oeuvre depuis 20 ans auprès des communautés haïtiennes et africaines.

« On nous rapporte, des hôpitaux, que des gens commencent à prendre leurs médicaments puis leur pasteur leur dit d’arrêter, car ils vont être guéris par la prière. Plusieurs bénéficiaires nous disent que le discours qui sort de la bouche des pasteurs est réprobateur, un discours qui juge et pointe le VIH comme une punition divine », explique Joseph Jean-Gilles, directeur de GAP-VIES.

Devant ce constat, il a décidé, il y a six ans, de monter des séminaires pour sensibiliser les chefs religieux et pasteurs de ces communautés à la réalité.

« Les pasteurs ont toujours été notre préoccupation, poursuit Joseph Jean-Gilles. On a eu du mal à trouver la bonne formule, mais on a réussi à les convaincre. Ce sont des leaders d’opinion qui drainent beaucoup de fidèles. Ces communautés sont très croyantes. »

En 2012, les Québécois originaires d’un pays où le VIH est fortement endémique, essentiellement Haïti et les pays d’Afrique subsaharienne, représentaient 16 % des nouveaux diagnostics d’infection au Québec, alors qu’ils ne constituent à peine que 3 % de la population.

Apprentissage 101

Dans un local de l’organisme, une vingtaine de chefs religieux et de pasteurs se sont réunis. Ils sont attentifs. Certains griffonnent des notes, d’autres posent des questions. Devant eux, Roseline Jultéus, coordonnatrice du programme pour une réponse interreligieuse au VIH, donne un cours 101, aidée par de petits dessins. Roseline a déjà visité une centaine d’églises sur les 200 recensées par l’organisme.

« Tous les leaders religieux ne sont pas au même niveau. On prend le temps, on fait le plaidoyer du projet, on va chercher des points qui nous unissent et on s’adapte pour mieux intervenir. C’est une stratégie gagnante », fait-elle valoir.

« Les personnes infectées sont aussi dans les églises. Or, si elles sont stigmatisées ou discriminées, c’est un obstacle à la prévention du VIH-sida. » — Roseline Jultéus, coordonnatrice du programme pour une réponse interreligieuse au VIH

S’ensuivent un cours sur la sexualité et des ateliers, pendant lesquels les questions et les témoignages sont permis. À l’une des tables, deux pasteurs ont une discussion animée. « Si on dit aux fidèles qu’on va parler sexualité, ils ne vont pas venir, il faut trouver un plan », lance l’un d’eux. « Si le pasteur est lié par le tabou, il faut qu’il s’en délie et parle à sa communauté, qui dira : si le pasteur a parlé, ce n’est donc pas un tabou, c’est la culture qui nous l’avait imposé », réplique un autre.

Une vingtaine de chefs religieux et de pasteurs des communautés haïtiennes et d'Afrique subsaharienne participent à un séminaire de sensibilisation sur le VIH offert par l'organisme GAP-VIES.Une vingtaine de chefs religieux et de pasteurs des communautés haïtiennes et d’Afrique subsaharienne participent à un séminaire de sensibilisation sur le VIH offert par l’organisme GAP-VIES.  Photo :  Radio-Canada/Marie-Laure Josselin

« Une maladie comme une autre »

Au fond de la salle, Joseph Jean-Gilles observe. Il sait que les progrès sont là. « Avant, on n’aurait jamais pu évoquer certains sujets comme l’homosexualité, sinon il y aurait eu des cris. On a travaillé, c’est un atterrissage réussi, mais fragile ». Fragile, car sur 200 invitations envoyées, seuls 20 pasteurs ont répondu, même si 80 d’entre eux adhèrent à la cause.

Parmi ceux qui ont répondu à l’appel se trouve le pasteur de l’église Reflet de Christ, Robert Shutsha. Au micro, il s’insurge. « Depuis six ans, ce projet donne de l’information gratuite pour que les églises guérissent de cet état de maladie. Où sont les autres? » questionne-t-il.

« Avant, nous pensions que le sida était un péché. Aujourd’hui, j’ai la connaissance grâce à GAP-VIES et je me suis aussi référé à la Bible. Je me suis rendu compte que c’était une maladie comme une autre. Je vais donc parler à mes confrères pour les persuader bibliquement que ce n’est pas bon de rejeter quelqu’un qui a le sida », plaide-t-il.

« Nous sommes les bergers, nous devons guider et aider! » — Robert Shutsha

Safi reconnaît que le discours évolue. Pourtant, le sujet est encore délicat. Un vieux pasteur haïtien, patriarche de ce séminaire, accepte de parler, mais ne veut pas donner son nom. « Autrefois, c’était vraiment difficile d’en parler dans les églises, mais on l’évoque, car il y a des gens qui souffrent. Certains veulent garder le secret », note-t-il.

Safi, elle, a parlé à son pasteur. Pour le sensibiliser, lui, plutôt que pour y trouver un exutoire.

Haïti-Religion : Deux pasteurs en conflit, la FPH s’engage à y trouver un dénouement

Le conflit qui oppose les deux pasteurs de l’église Théophile en Christ d’Haïti sise à  Martissant 7 , Wilvert Jean Charles et Solva Jean Charles, a atteint son apogée. Décernement de mandats suivi d’arrestation, la Fédération protestante d’Haïti (FPH) veut jouer son rôle d’arbitre afin d’y trouver un bon dénouement en déportant aussi les autorités judiciaires de ce dossier.

Il est inconcevable que les autorités judiciaires émettent des mandats contre des pasteurs sous prétexte de n’importe quelles dénonciations, a fait savoir le président de la FPH, Sylvain Exantus.

Il existe une façon permettant de  traiter un différend lorsqu’il s’agit des religieux. C’est pourquoi on s’est présenté devant le cabinet du juge d’instruction, Me Brédy Fabien et s’est entretenu avec lui. Aussi s’est-il mis d’accord.

De son côté, Me Osner H. Févry, avocat de Wilvert Jean Charles, a informé que Solva Jean Charles, frère cadet de son client, se laisse manipuler par des ennemis de son frère. Cela, dit-il, a conduit à un conflit où le plus jeune veut s’approprier du temple qu’a construit l’aîné.

En outre, l’avocat se dit préoccupé de ce que souvent les autorités ont décerné des mandats à l’encontre des pasteurs, des « ministres religieux »  sans aucun avertissement. Indiquant que même lorsqu’on offrirait à un juge un million de dollars américains destiné à l’arrestation d’un prêtre, il aurait décliné.

Saluant cet accord, Me Févry affirme qu’il n’existe plus de mandats ni contre l’un ni contre l’autre des deux frères.  Arguant « Un bon dénouement » a été trouvé. La solution, s’est-il targué que ne pouvait et ne pourra apporter le commissaire du gouvernement dans le cadre de cette affaire sera rendu possible à l’aide de la médiation de la FPH.

 

RA/HPN