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Pour les pasteurs chrétiens

AG de l'Union de l'Église évangélique méthodiste de France 2016, les 19 et 20 mars à Codognan

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JP Waechter

Samedi le 19 mars au matin, rendez-vous était donné à la Salle des fêtes de Codognan aux délégués pasteurs et laïcs des communautés locales membres de l’UEEMF pour son Assemblée générale annuelle.

Collaborateurs au service du Maître

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Après l’accueil des délégués par le président Marc Berger, le pasteur-stagiaire et aumônier militaire Julien Teissonnière (Anduze) partage une courte méditation sur la base du texte de 1Co 3.5-9 : Paul a planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui fait croître. Selon ses dires, nous sommes tous, qui que nous soyons, ouvriers avec Dieu dans le champ de Dieu, de simples serviteurs, appelés à nous compléter dans nos différences : à chaque ouvrier, le Maître confie un travail particulier et le qualifie à cet effet. Chacun contribue alors discrètement, fidèlement à l’avancement du Royaume de Dieu. L’un plante et l’autre arrose. Paul et Apollos servent l’un et l’autre le Seigneur et son projet divin. « Tout par un maître, tout pour un maître » (Godet) : « Celui qui fait croître est unique, Dieu source de la vie dans tous les ordres existants ». Il est le seul qui prime, et nous, nous n’avons pas à nous mettre en avant. Nous nous en rappellerons quand, à notre tour, nous tâcherons d’être de fidèles et bons serviteurs sur le terrain où il nous place…

Le président au rapport

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L’Église est une communauté d’hommes et de femmes qui s’engagent à la suite de Jésus-Christ, note d’emblée le président Marc Berger. Il rend hommage aux disparus de l’année qui ont fidèlement servi l’Église leur vie durant, que ce soit Nicole Schmidt, Sœur Louise Muller ou Frédéric Aeschlimann. Il salue ensuite le pasteur Daniel Nussbaumer accompagné de son épouse Jane-Marie en partance pour la retraite après 41 ans de loyaux services.

En même temps que Christophe Waechter, Daniel Nussbaumer quitte aussi le Comité directeur.

Plus douloureux a été la nécessité de mettre fin au ministère du pasteur de Mont-de-Marsan. Depuis Agen, Jean-Ruben Otge supplée à l’absence d’un pasteur sur place.

Le CD a arrêté la collaboration et le soutien du projet de Bertrand de Maleprade à Agde. Enfin, un étudiant a arrêté ses études de théologie et retiré sa candidature pour le ministère pastoral.

Le groupe ReAJ (Responsables Animation Jeunesse) s’est retrouvé du 28 au 30 août 2015 à Chamaloc pour un WE de formation des responsables de GdJ à la grande joie des participants et reconduit la rencontre en 2016. L’initiative est jugée très encourageante par le président.

Bertrand Mathys participe à l’organisation de BTF « Bouge ta France », projet initié par le CNEF à l’horizon 2017.

Le président évoque les délégués actuels de l’Union au CNEF, à savoir Jean-Marc Bittner, Bertrand Mathys ainsi qu’Étienne Rudolph. Et c’est Marc Berger qui représentera l’Union au sein de la coordination évangélique (en remplacement de JP Waechter) comme au sein de l’AG de la FPF. Marc Berger évoque brièvement le travail de réflexion en cours au sein de la FPF sur la nature du lien fédératif aux lendemains de la prise de décision de l’EPUdF (bénédiction de mariages homosexuels).

ENroute est un sujet récurrent au sein du CD. Sa raison d’être n’est pas mise en cause, le journal répondant au besoin de tisser des liens entre églises. Si l’équilibre financier est atteint à ce jour, il n’en demeure pas moins que le nombre d’abonnés diminue. Le président juge opportun de réfléchir à la forme que la communication doit prendre au sein de l’Église en ce temps de changements rapides, surtout après le départ à la retraite de son rédacteur JP Waechter.

En 2015, la Commission Bâtiments s’est restructurée ; en l’espace d’une année, elle a fourni un énorme travail ; elle s’est déplacée dans plusieurs églises et leur a fourni du conseil entre autres sur l’accessibilité des locaux aux personnes à mobilité réduite (A.D.A.P.).

Le président lance pour finir un appel aux diverses compétences présentes dans l’Union : nombreuses sont en effet les personnes talentueuses susceptibles de contribuer au travail d’une commission (immobilier, communication). Qui accepte de relever le défi ?

Sur le plan financier, il note un excédent financier pour l’exercice 2015, vu l’économie faite d’un poste pastoral complet. « Nous prions et travaillons pour que la situation ne dure pas », déclare-t-il.

Le point avec le surintendant

L’Union et le CD sont proches des églises locales comme des personnes qui se sont vues confier des responsabilités, affirme d’emblée le surintendant Étienne Rudolph qui ne cache pas que 2015 a été une année de turbulences et de crises sérieuses dans l’Union entraînant la révision des affectations pastorales planifiées pour 2016. Voici les changements prévus cet été : Daniel Nussbaumer partant à la retraite, Byeong Koan Lee prend le relais à Mulhouse. À Mont de Marsan, c’est Pascal Maurin qui a accepté de servir l’église de Mont-de-Marsan. Alain Puglia, prédicateur laïque, lui succèdera à Codognan. Antoine da Silva s’installera à Strasbourg et Sébastien Schopperlé à Bischwiller. Quant à Daniel Morata, il s’est vu proposer le poste de Fleurance. Jean-Marc Bittner rejoint l’église de Montélimar et Joël Déjardin accepte de servir l’église de Metz. Quant à l’église de Munster, elle n’aura pas de pasteur résident, mais bénéficiera de l’accompagnement du pasteur Daniel Osswald depuis Colmar. La desserte d’Anduze sera assurée par Julien Teissonnière, qui sera par ailleurs aumônier des Armées, tout en suivant des études à l’IBN de Genève.

Les communautés de Valleraugue et de Caveirac traversent diverses difficultés.

Le surintendant termine son intervention par une évidence criante : « nous manquons de pasteurs… ». Il reprend à son compte la proposition que le pasteur Daniel Kéo avait faite par le passé, à savoir que chaque église locale prie pour qu’une personne de chaque église locale se lève et s’engage dans le ministère pastoral : « nous entrons dans une période de vaches maigres, peut-être devons-nous retrouver les sources du méthodisme avec des pasteurs itinérants ? » Peut-être faut-il chercher et trouver de nouvelles pistes pour concevoir l’Église en mouvement ?

En tant que surintendant, Étienne Rudolph reçoit régulièrement des candidatures, plus ou moins intéressantes. Il demande prière et sagesse dans l’évaluation de ces candidatures.

Le surintendant rappelle enfin le rendez-vous annuel incontournable, la CA. Cette année, la Conférence annuelle aura lieu en Suisse du 16 au 19 juin près de Münsingen – Interlaken. Tous sont invités à s’y rendre en particulier le dimanche pour le culte solennel d’ordination le matin et la représentation de l’histoire de Guillaume Tell l’après-midi. À l’ordre du jour de la CA, la poursuite de la réflexion sur notre façon de communiquer l’Évangile : « comment parlons-nous du salut aujourd’hui ? »

Les modalités d’une communication réussie

avec Grégoire Chahinian

Dans la ligne de la prochaine CA, le pasteur Grégoire Chahinian invite les délégués à réfléchir sur leur communication de l’Évangile sur la base de l’Écriture Sainte (1Co 9.15-23). Loin de tout patois de Canaan, notre communication se fondera sur notre identification à l’autre : vivons notre « co-humanité » avec nos interlocuteurs et faisons-nous tout à tous pour en gagner quelques-uns si possible. Et de préférence avec douceur et patience…

En petits groupes, l’assemblée des délégués discutera du sujet avec attention et passion. Cette discussion sera rapportée en plénière en ces termes…

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Partage des différents groupes

– Apprendre à aimer, écouter, connaître et pour cela créer des événements conviviaux réguliers et prier pour toutes les personnes qui viennent à ces rencontres,

– Être présent, attentif, être à l’écoute, accompagnement dans l’amour, dans l’humanité et dans le cheminement, c’est Christ qui se manifeste, être dans la prière,

Se savoir aimé par Dieu pour savoir que l’autre est aussi aimé par Dieu tel qu’il est,

Aller vers l’autre, c’est rejoindre l’autre, l’accueillir, l’écouter,

Mener une qualité de vie qui nous mène vers l’autre, sans diluer le message, sans se substituer au Saint-Esprit, saisir les occasions ou les provoquer quand ceux qui nous entourent savent que vous êtes chrétiens,

La joie d’être un pécheur grâcié, savoir que l’autre est aussi pécheur mais pas condamné,

Interpellation individuelle : comment être porteur de l’évangile, comment se faire tout à tous, comment rentrer dans la « carte du monde » de notre interlocuteur alors que nous consacrons notre temps et notre énergie à des « activités internes » et que pour la plupart d’entre nous, nous avons été « éduqués » dans l’idée que nous ne sommes pas de ce monde (Jn 17.15)

Interpellation communautaire : rechercher, discerner, se mettre d’accord sur une vision, (ou deux ou trois) pour annoncer l’Évangile à nos contemporains, s’engager en tant que communauté

Être sauvé, comment le vivre ? Toute attitude construite de notre part est porteuse du message.

ENroute

Le président ouvre le débat sur le devenir du journal ENroute. Convaincu de la nécessité pour l’Union de garder un lien entre les communautés locales qui la composent, il esquisse trois pistes possibles :

Le journal est envoyé à tous les membres de l’Église, décision déjà prise en ce qui concerne le journal K+W au sein de l’EEM Suisse. Cette piste a l’avantage de toucher tous les membres, mais elle présente un inconvénient, son coût, et l’obligation d’en intégrer le coût au budget de l’UEEMF, soit un coût de 18 € par année, soit 700 exemplaires (un exemplaire par famille).

Maintenir un journal ENroute papier et progressivement offrir ENroute en ligne. La diminution du nombre d’abonnements n’est pas étrangère à sa diffusion en ligne.

Plus radical encore, on abandonne le papier, ce qui élimine le coût du papier et de l’envoi et on passe à la diffusion intégrale sur le net.

Interpellée par le président, l’assemblée ne retiendra vraiment aucune des pistes proposées. Mais le débat fera ressortir le désir du plus grand nombre de continuer la double diffusion (papier et net). Sur la base de cette consultation, le CD gérera la suite.

Culte solennel

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Après une nuit de repos, délégués et membres des églises méthodistes du secteur se retrouvent dans une même salle des fêtes de Codognan pour célébrer le culte. D’emblée, le pasteur Pascal Maurin accueille le Maire lequel salue l’assemblée par des paroles fort chaleureuses. Le groupe musical formé pour l’occasion entraîne l’assemblée dans la louange. En ce jour des Rameaux (Mt 21), le surintendant Étienne Rudolph la fera réfléchir sur la portée de la venue de Jésus-Christ. Adulé un jour, décrié l’autre jour, Jésus demeure toujours et encore signe de contradiction dans le monde, mais aussi chez ses disciples de toujours. « Inconstances, contradictions, paradoxes, ce n’est pas nouveau et nous le savons bien. Parfois, nous pouvons même en arriver à avoir le sentiment de marcher à côté de nous-mêmes, de vivre dans un personnage que les circonstances et nous-mêmes avons fabriqué pour tenter d’apprivoiser ces contradictions … ». Et de souligner la Bonne Nouvelle que, jusque dans nos contradictions, Dieu se rend présent en Jésus contre toute attente, et qu’en Lui nous pouvons trouver le chemin de la guérison et de la réconciliation, hors de nos contradictions.

Le Président clôt le culte par une parole de bénédiction avant le départ des délégués dans leurs églises respectives.

Retrouvez l’AG 2016 dans le détail sur le site de l’UEEMF

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Le diocèse de Sion cogite sa pastorale

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

La session pastorale du diocèse de Sion s’est achevée le 15 avril. La centaine de prêtres et de laïcs oeuvrant pour le diocèse, réunis à l’Ecole des Missions au Bouveret, ont eu l’occasion de bénéficier du coaching d’une équipe de l’association parisienne Talenthéo. Ils ont réfléchi ensemble à la manière de développer leur paroisse pour susciter des vocations pastorales.

Un bourdonnement continu, par moment interrompu par des éclats de rire, fait vibrer la grande salle du premier étage du bâtiment de l’Ecole des missions. “C’est la suite d’un élan déjà magnifiquement exprimé l’année passée, où la parole s’est libérée et continue à se libérer”, lance, tout sourire, l’abbé Vincent Lafargue, curé de la paroisse d’Hérémence à la pause. Il vient  de passer une heure et demie dans des ateliers qui ont réuni les prêtres et laïcs du diocèse en groupes de réflexion. Les uns et les autres viennent de dresser le bilan pastoral de l’année écoulée depuis la précédente session pastorale qui avait initié cette démarche de dialogue, encadrée par une équipe de coaches de l’association Talenthéo, venus de Paris. “J’apprécie beaucoup cette dynamique d’atelier qui nous permet de prendre la parole”, relève pour sa part Christophe Pont, animateur pastoral. Véronique Denis, responsable du Service diocésain de la catéchèse, y voit “une liberté de parole donnée à chacun qui est très agréable”.

La vision pastorale

Cette session 2016 a débuté sur le thème de la vision pastorale. Les coaches répartis dans les groupes ont animé les discussions avant de laisser Arnaud Bornens, le responsable de l’équipe, reprendre le flambeau de l’animation. L’élocution aisée, il parcourt la salle, micro en main, et détaille le processus d’une vision qui permet aux pasteurs de se projeter dans des projets paroissiaux. L’enjeu? Développer leur paroisse en suscitant des vocations et mettre en mouvement les personnes, “la portion du peuple de Dieu qui leur est confié”, précise Arnaud Bornens. “Vous êtes là pour développer des pasteurs. Ce ne sera pas facile, prévient-il en évoquant les résistances, les démissions”. Les obstacles sont nombreux. Il énumère le “on a toujours fait comme ça, pourquoi changer?”, le “manque de personnes”, le “manque de temps”, etc.

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

Une méthode “participative”

L’orateur passe le témoin aux groupes afin qu’ils puissent exprimer ce qui pourrait faire “couler” les projets tellement enthousiasmant. L’idée est de faire sortir des idées “éteignoirs” de projets. Une façon positive de faire émerger les problèmes qui bloquent si souvent les projets. Concrètement, les animateurs posent au sol des bougies, les allument et donnent la parole aux participants. A charge pour eux d’émettre une idée “éteignoir” puis de souffler sur la bougie. Loin de figer les groupes, la méthode fait mouche. Le bourdonnement reprend, les idées fusent et les bougies s’éteignent à un rythme soutenu. Les laïcs s’expriment sans complexe “C’est très pédagogique et très participatif. Chacun est impliqué et la prise de parole est  variée. On réfléchit à des choses très concrètes”, se réjouit le Père Jérôme Hauswirth, curé des paroisses de Collombey et Muraz. “On trouve ici des outils pour mieux servir un renouvellement de notre manière d’être, de vivre et de collaborer en Eglise”, renchérit Christophe Pont.

Des méthodes inspirées du management

“J’apprécie qu’on passe par des symboles comme on l’a fait ce matin. Une bougie à éteindre, c’est tout simple. Le Christ le dit “venez à l’écart”. Une fois que nous sommes déplacés de nos petits conforts, nous pouvons travailler d’une autre manière”, relève le Père Vincent Lafargue. Arnaud Bornens reprend la main et développe son argumentaire sur la manière concrète de susciter des conversions. Les conseils rappellent “l’Eglise en sortie” du pape François. Il suggère, entre autre, d’aller questionner les passants dans la rue sur ce qu’ils attendent de leur paroisse. “Vous ne serez pas toujours très bien reçus mais cela en vaut la peine. Pour l’avoir fait, je peux vous assurer que c’est très enrichissant. Vous vous apercevrez que les gens sont bien plus intéressés à parler de Dieu que vous ne pensez”, assure-t-il.

Pour atteindre les objectifs, le coach explique les schémas qu’il fait défiler devant l’assistance, pour le coup silencieuse. Les participants apprennent à définir une direction, des objectifs réalistes et un résultat qui soit compatible avec les moyens employés. Il évoque la méthode “SMART” pour Spécifique/quantitatif, Mesurable, Ambitieux/atteignable, Réaliste et le Temps que devrait nécessiter le projet. Tous adhèrent à la méthode et apprécient ces outils mis au service de la pastorale. Sandrine Mayoraz, agente pastorale à la paroisse de Monthey-Choëx, ajoute les lettres “E” pour “Ecologie”. “Ce que l’on entreprend a un coût énergétique et financier. A nous de bien voir ce que nous sommes prêts à dépenser pour le gain obtenu. Le gain espéré vaut-il toujours la dépense envisagée?” questionne-t-elle. L’agente pastorale ajoute enfin le “R”, pour le “Rôle” joué par  l’initiateur du projet.

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

Patricia Barras, catéchiste dans le secteur des Noble et Louable contrées, est directe: ” Il faut se repositionner en nous disant que nous agissons dans des projets qui ont peu d’impact et en laissant des groupes qu’on n’atteint pas. On accueille les gens qui viennent mais on ne va plus chercher ceux qui restent dehors. Or ce sont justement ceux-là que nous devons aller chercher”, estime-t-elle. Elle parle d’une pastorale qui ciblerait les populations. Que faire pour les personnes âgées? Faut-il aller dans les homes? Que faire pour ramener les personnes divorcées qui se sentent exclues de l’Eglise?

Pour une Eglise qui ne soit pas une entreprise

Le coaching effectué par l’équipe de Talenthéo a touché le cœur du problème et soulevé autant de questionnement que d’envies. Les discussions vont bon train. “Avec ces termes qui s’apparentent à des techniques de management, on a l’impression d’être dans quelque chose de moderne, destiné  à des institutions, des entreprises mais pas à l’Eglise. Cela présente pourtant des pistes qui peuvent être utiles en Eglise”. Lors de l’exposé qui suit les ateliers, un prêtre rappelle que l’Eglise ne doit pas être vue comme une entreprise. “Il n’est absolument pas question de cela, confirme Arnaud Bornens. Jésus, ajoute-t-il, n’était pas un entrepreneur mais il avait des ‘clients’, il est venu avec une intention pour générer le changement qu’il a opéré. Il a choisi les disciples, il s’est entouré”.

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missions. Atelier de discussions lors de la session pastorale du diocèse de Sion. (Photo: Bernard Hallet)

En Eglise, on fait aussi de la communication vers les autres avec ce que Dieu a mis à notre disposition, souligne le coach, pour qui l’enjeu reste avant tout une pastorale de conversion. La méthode est un moyen. “On arrive à un tournant où on doit arrêter de faire ce qu’on a toujours fait. Il faut voir les challenges qui nous attendent. On prépare l’Eglise de demain, on ne peut pas rester sur les acquis de l’Eglise d’hier”, relève Patricia Barras. Le Père Vincent Lafargue est d’accord tout en mettant en garde: “Si l’Eglise devenait une entreprise, ce serait une erreur mais si elle utilise les bonnes méthodes de l’entreprise pour s’améliorer, c’est une bonne idée”.

Se parler

Cette session pastorale s’inscrit dans la suite de 2015. Certains, dans les ateliers, évoquent l’enthousiasme aussi vite retombé qu’il était monté et le “couvercle bien vite refermé” sur la session. Que faire des conseils dispensés lors de ces sessions? De toute évidence, le diocèse s’est mis en marche, doucement et, laïcs comme prêtres, ont fait du chemin. Est-il si difficile de communiquer en Eglise? Certains évoquent les corporatismes, les communautés, les habitudes. “Ce qu’on a fait l’année passée a porté du fruit, mais on peut aller plus loin. Il n’est pas difficile de parler entre nous, tempère l’abbé Pierre-Yves Pralong, vicaire à la paroisse de Monthey-Choëx, mais nous sommes moins habitués à dire ce que nous ressentons, ce que nous vivons”. “Pris à nouveau dans le rythme, on oublie parfois ce qu’on a vu durant la session” témoigne un participant. Véronique Denis se veut positive: “Cela peut donner un nouvel état d’esprit dans les communautés. Il y a un besoin de s’exprimer. Les laïcs prennent bien la parole ce matin. Cela va les aider par la suite dans les Conseils de communauté”, assure-t-elle. Casimir Gabioud, animateur pastoral dans le secteur d’Entremont est pragmatique: “Avant de trouver des solutions, nous devons apprendre à parler ensemble. C’est la première notion que nous avons vue l’année passée”. Cela prendra du temps mais les participants semblent y croire.

Cette matinée a permis de brasser les idées et a touché les cœurs. Michel Borgeat, chanoine de Saint-Maurice, apprécie pleinement le moment: “C’est très riche. J’ai 76 ans mai si j’en avais 25, je serais heureux!”, lance-t-il tout sourire. Selon lui, ce qui se passe maintenant en Eglise est ‘fabuleux’. C’est pour lui une bonne approche pour aider les prêtres à vaincre une forme de désespoir. Nous sommes dans un monde qui est désolant pour nous. “Cette façon de reprendre les choses d’une manière évangélique à travers ces rencontres, nous fait respirer”, s’enthousiasme-t-il.


Pour les vocations pastorales.

Arnaud Bornens, responsable de l’équipe d’animation de la session pastorale 2016 du diocèse de Sion, parle avant tout à une “Eglise en croissance”. S’inspirant des outils de management, il n’en fait pas une fin en soi. Il entend, avec son équipe, aider les prêtres à susciter “des vocations pastorales”.

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missiosn. Arnaud Bornens, coach de l'Association Talenthéo. (Photo: Bernard Hallet)

Le Bouveret le 14 avril 2016. Ecole des Missiosn. Arnaud Bornens, coach de l’association Talenthéo. (Photo: Bernard Hallet)

Vous donnez des outils pour une gouvernance d’Eglise?

Je n’aime pas le terme “Outils”. Cela donne l’impression d’une garantie de succès. Or, je ne sais pas quel sera le résultat qui suivra cette session. Nous donnons des étapes de cheminement qui permettent à une communauté de faire émerger une vision pastorale. Nous nous inspirons des outils de management, mais ce n’est pas le fond de notre activité. Nous cherchons à favoriser une pastorale de croissance au sein de l’Eglise, pas à gérer sa faillite.

C’est ce qui a motivé la création de Talenthéo?

Béatrice et Olivier Pello, les fondateurs, ont eu l’intuition que les prêtres devaient être confortés et soutenus dans leur gouvernance pastorale. Les pasteurs sont débordés. Comment les aider dans leur mission quotidienne à animer et à conduire leur peuple? A l’époque, les équipes de Talenthéo travaillaient pour des dirigeants. Ils ont pensé à donner du temps pour aider les prêtres à gouverner leur église. Sachant qu’une église n’est pas une entreprise, il a fallu nous adapter à ce qu’elle est.

On parle de plus en plus de curés “managers” de leur paroisse

Un curé n’est pas un manager tel qu’on l’entend en entreprise. Il est porteur d’une intention de Dieu. Il est là pour susciter des vocations pastorales au sein de sa paroisse. Et pour faire en sorte que des personnes en face de lui deviennent des pasteurs à leur tour. C’est la démultiplication. Ce processus passe par du management mais pas seulement. Il y a l’idée pour le pasteur d’inspirer le peuple de Dieu pour qu’il ait ce désir intense d’annoncer la joie de l’amour du Christ.

Quels sont les principaux problèmes à résoudre que vous rencontrez au cours des sessions que vous animez?

En Eglise on a perdu l’habitude d’annoncer le Christ. La notion de disciple missionnaire n’a plus beaucoup de sens. Jusque récemment, on venait à l’église parce qu’on avait la foi, bien sûr, mais on venait consommer la messe. On assiste depuis quelques années à un changement: Les pasteurs et les laïcs commencent à se prendre en main et à vivre leur foi de façon différente. (cath.ch-apic/bh)

Hommage à nos si bons pasteurs asiatiques

En ces temps où dans l’Église les pasteurs sont éprouvés, il est bon de s’arrêter un instant sur l’extraordinaire richesse humaine dont quelques hommes sont à l’origine au cœur de l’Église d’Asie.

Dans le silence médiatique le plus impressionnant, il se passe à l’autre bout du monde des situations d’une injustice terrible pour les communautés chrétiennes. Face à cette injustice, des hommes se dressent.

Je pense en ce moment au père Vu, un jeune prêtre du diocèse de Kontum, perdu dans ses montagnes au cœur du centre Vietnam, entre la frontière du Laos et celle du Cambodge. Il vit dans un foyer de garçons qu’il soutient comme il peut pour les aider à aller à l’école. Les autoritées locales, des fonctionnaires communistes corrompus, ne veulent pas lui permettre de résider sur le lieu de son apostolat. Courageux, ce prêtre a fait le choix de rester, quoi qu’il lui en coûte.

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À Noël, sa messe de minuit a été interdite. Son évêque a été obligé de faire le déplacement pour soutenir son prêtre et s’assurer que les paroissiens aient un office. L’évêque n’est pas resté pour les festivités, une autre messe était interdite à l’autre bout de son diocèse. Là encore, des fidèles avaient besoin de lui.

Rendons grâce pour ces hommes donnés à leur ministère. Rendons grâce pour les fruits incroyables qu’ils font naître sur le terrain. Combien d’écoles aujourd’hui dans les zones les plus reculées du Vietnam, du Laos ou de la Birmanie n’existent que grâce au dévouement de religieux ?

Ces exemples lumineux toujours à la tâche, penchés sur un plus petit, un plus démuni, en prise avec les difficultés du terrain ont une fécondité qui dépasse largement les frontières de leur ministère. Ils sont un témoignage pour tous ceux qu’ils rencontrent. En vivant un engagement radical, ils nous rappellent que l’homme et la femme ne peuvent s’accomplir en dehors de l’autre. Mon prochain, mon fils, ma femme, le pauvre à ma porte ou mon collègue de travail est ma mission.

Conscient de leurs faiblesses, ils sont tous les jours à la tâche. Ce dévouement n’est pourtant pas réservé aux pasteurs, ce n’est pas leur rôle. Le pasteur guide les brebis. Nos pasteurs nous montrent la voie… À nous de prendre soin les uns des autres. Sans les oublier !

Suisse: Le rassemblement pour un renouveau réformé officiellement lancé

Le Rassemblement pour un renouveau réformé (R3) a été officiellement lancé le 14 avril. Entre 60 et 70 personnes ont assisté à la première Assemblée générale de ce mouvement, dans les locaux de la communauté de St-Loup.

Les participants provenaient du canton de Vaud, mais également de Neuchâtel, Fribourg et Genève. Selon le pasteur Gérard Pella, aucun représentant de l’EERV n’a participé en tant qu’observateur.

Avec les nouvelles candidatures, l’association compte maintenant une petite centaine de membres.

Lors de cette AG, le Manifeste bleu, document fondateur du R3, a été présenté. Il détaille la vision portée sur l’Eglise, la confession de foi et les fondements théologiques du nouveau mouvement.

En octobre prochain, une fête réunira les pasteurs et laïcs qui se reconnaissent dans ce mouvement de renouveau au sein de l’Eglise évangélique réformée en Suisse romande. Une occasion de réseauter et de faire bénéficier les autres des idées qui fonctionnent dans leur paroisse respective. Des groupes de travail autour de différents thèmes comme la théologie, la famille, l’art etc. seront mis sur pied.

La rédaction d’Evangeliques.info – 15 avril 2016 09:57

Léon Paul Ngoulakia a amassé une fortune d'au moins 200 milliards de FCFA à la CAISTAB (Guy …

Léon Paul Ngoulakia a amassé une fortune d’au moins 200 milliards de FCFA  à la CAISTAB (Guy Christian Mavioga)

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Guy Christian Mavioga après les dénonciations a aussi prié pour le pays @ Gabonactu.com

Libreville, Gabon (Gabonactu.com)  –  Le Président du conseil d’administration (PCA) de la Caisse de stabilisation et de péréquation (CAISTAB), Guy Christian Mavioga a accusé mercredi à Libreville son ancien directeur général, Léon Paul  Ngoulakia d’avoir détourné à son profit personnel une coquette somme d’environ 200 milliards de FCFA durant ses 4 ans  à la tête de le CAISTAB.

« A lui seul, il a amassé au moins 200 milliards de FCFA », a dénoncé avec véhémence  M. Mavioga dans une conférence de presse. Un échange avec les hommes des médias tenu en marge de la réunion avec des pasteurs soutenant la politique du chef de l’Etat,  Ali Bongo Ondimba. L’orateur, homme de Dieu par ailleurs, est à la tête d’une coalisation des révérends pasteurs.

L’ire de M. Mavioga résulte  du fait que certains des hommes de Dieu appartenant à sa coalition ont été approchés par M. Ngoulakia devenu opposant depuis sa démission du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) et  de son limogeage de la CAISTAB en octobre 2015.

Les pasteurs membres de la coalition favorable à Ali Bongo Ondimba en prière pour le pays @ Gabonactu.comLes pasteurs membres de la coalition favorable à Ali Bongo Ondimba en prière pour le pays @ Gabonactu.com

M. Ngoulakia, cousin du président de la République est en rupture  avec son parent. Il aurait tenté de convaincre, selon Guy Christian Mavioga, certains pasteurs membres de la coalition de cesser tout soutien à Ali Bongo, candidat à sa propre succession lors de l’élection présidentielle d’août prochain.

« Tout le monde peut parler sauf lui, par ce que je connais ce qu’il a fait à la CAISTAB », a averti  le nouveau PCA de la CAISTAB.

Dans ses dénonciations, l’ancien directeur général adjoint de l’institution de stabilisation économique du pays a  indiqué par la suite que son ancien DG a géré  l’institution comme sa propre épicerie. Il l’accuse également d’avoir dilapidé plus de 36 milliards de FCFA  rien que pour les voyages durant les 4 ans qu’il à passé à la tête de cet organisme économique de l’Etat.

« Il dépensait plus de 100 millions à chaque voyage », a-t-il affirmé.

Mavioga, est le secrétaire général exécutif  du Bloc démocratique chrétien (BDC), un parti de la majorité présidentielle dont il est le porte-parole.

Léon Paul Ngoulakia ambitionne de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle, selon des membres de son entourage.

Le Notable

Un mouvement tout neuf veut «renouveler» l'Eglise

Sur l’échiquier protestant, ils se situent à mi-chemin entre les réformés classiques et leurs cousins de tendance évangélique. Mais plutôt que de mettre le doigt sur ce qui divise les disciples de Martin Luther, les fondateurs du Rassemblement pour un renouveau réformé (R3) cherchent avant tout à les fédérer. «Nous ne sommes pas dans l’opposition, mais dans la complémentarité», insiste Gérard Pella, membre du comité.

Officiellement et publiquement porté sur les fonts baptismaux ce soir, entre les murs de la communauté de Saint-Loup, le R3 veut «affirmer des valeurs fondamentales» à l’heure où les Eglises réformées romandes traversent une période chahutée: les temples se vident et les fidèles sont vieillissants. Sur sol vaudois, la ratification en 2012 d’un rite pour les couples homosexuels déjà engagés civilement a généré de grosses crispations.

«Soif de renouveau»

«La décision du Synode (parlement, ndlr) de l’Eglise d’accepter une célébration pour les couples de même sexe a choqué beaucoup de réformés, pas seulement ceux de tendance évangélique. Mais la constitution du R3 n’est pas seulement une réaction à cette détermination synodale. Nous avons véritablement soif de renouveau pour une Eglise protestante que nous souhaitons plus communautaire et plus spirituelle. Et souhaitons rassembler ceux qui ont la même soif, tout en demeurant à l’intérieur de l’Eglise réformée», détaille Gérard Pella.

Plusieurs pasteurs en activité au sein de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) font d’ailleurs partie du comité du R3. Et les spécialistes de l’œcuménisme Shafique Keshavjee et Martin Hoegger, qui ont également été ministres au sein de l’EERV, en sont les coprésidents.

«Manifeste bleu»

Sur le plan théologique, le nouveau mouvement s’inscrit dans le courant confessant de l’Eglise et réaffirme la place centrale de la personne du Christ, mort et ressuscité. «Il est important que les gens se rendent compte qu’il y a des couleurs différentes au sein de l’Eglise réformée. Nous en représentons une nous-même, une couleur qui se décline elle-même en de multiples nuances», image le pasteur, qui prêche pour une EERV «dans laquelle les relations entre les autorités et les communautés ainsi que leurs ministres soient marquées par la confiance, tout en prenant en compte la vraie diversité des courants théologiques».

Le Rassemblement pour un renouveau réformé a couché ses positions sur les pages d’un document de 25 pages, sous le titre de «Manifeste bleu». «C’est la couleur du ciel et de l’eau, qui rappelle le lien vital entre le ciel et la terre», explique Gérard Pella. Le R3 affiche par ailleurs son soutien à la création de la Haute Ecole de théologie qui ouvrira l’an prochain sur la Riviera et qui constituera une alternative à la voie universitaire.

Libre et critique

Pour mémoire, un autre mouvement protestant, baptisé Pertinence, avait vu le jour en février dernier dans le canton. Lui aussi en lien avec l’EERV, Pertinence est né sous l’impulsion du théologien Jean-François Habermacher, épaulé par une dizaine de personnes d’horizons divers (pasteurs, professeurs d’université, consultant). Son credo: nourrir, au fil d’ateliers thématiques, de débats et d’articles, un dialogue autour d’un christianisme «libre, critique et démocratique, en prise sur les réalités d’aujourd’hui». Et procéder à un travail de fond, «et pas seulement à quelques arrangements cosmétiques». (24 heures)

(Créé: 14.04.2016, 07h50)

Mgr Minnerath : « Tout laisser à l'appréciation des pasteurs va créer des traitements très différents »

En quoi l’enseignement de l’Église sur l’amour et la famille peut-il toucher notre monde occidental sans repères ?

Les longs chapitres de l’exhortation sur la beauté du mariage selon le plan de Dieu sont clairement en décalage par rapport à la culture contemporaine. Et c’est tant mieux, sinon y manquerait le sel de l’Évangile, capable de redonner espérance à ceux qui doutent, qui se découragent ou qui sont désabusés. Le texte s’adresse cependant aux seuls membres de l’Église. La société, si on en croit les médias, veut savoir si l’Église se rapproche d’elle. Alors que la mission de l’Église est d’attirer les personnes au Christ qui est la perfection de l’amour.

Certains s’interrogent sur le degré d’autorité de ce document. Quel est-il ?

Bonne question. Quelle que soit la nature des documents pontificaux – constitution apostolique, encyclique, lettre ou exhortation apostolique –, ils revêtent l’autorité normative du Magistère. Il y a toujours unité entre l’autorité de l’Écriture qui est la source de tout l’enseignement ecclésial, la Tradition qui commente la parole de Dieu au cours des siècles et le Magistère qui interprète authentiquement l’un et l’autre en fonction des défis du temps présent. D’où la nécessaire continuité dans l’enseignement de l’Église. Car si le Magistère prenait le contre-pied de ce qui a toujours été enseigné, il perdrait du coup l’autorité qui le fonde.

La nouveauté du document présent est qu’il ne veut pas « trancher par une nouvelle intervention magistérielle » des questions ouvertes concernant le mariage (3). Il ne veut pas édicter de nouvelles normes valables pour tous les cas. Il appelle donc au respect des normes existantes tout en invitant à les interpréter et à les appliquer avec discernement et miséricorde au cas par cas. Il est évident que les repères sont moins clairs qu’auparavant.

Il y a toujours unité entre l’autorité de l’Écriture qui est la source de tout l’enseignement ecclésial, la Tradition qui commente la parole de Dieu au cours des siècles et le Magistère qui interprète authentiquement l’un et l’autre en fonction des défis du temps présent.

L’exhortation se veut le texte d’un pasteur, mais peut-il faire l’économie des débats doctrinaux qui ont agité les synodes précédents à Rome ?

Le pape cite constamment les propositions votées au cours des deux derniers synodes. Il s’appuie sur elles, en tenant compte des clivages qui se sont manifestés. Comme dans des documents précédents, le pape se situe sur le plan des réalités vécues par les familles contemporaines. Il ne part pas de l’exposé de la doctrine, mais cherche à élever les personnes, chacune avec son histoire propre, à la hauteur du projet que Dieu nous offre dans le mariage humain. Les points les plus attendus, comme l’admission des divorcés remariés au sacrement de la réconciliation et à l’eucharistie, sont esquivés, avec des renvois en note où on ne sait pas si c’est oui ou si c’est non. On attendait des clarifications plus précises sur ces points. Le fait de laisser tout à l’appréciation des pasteurs va créer des traitements très différents d’un pasteur à l’autre.

Le pape répugne à donner des lois générales qui régenteraient tout depuis Rome. Pourquoi ?

L’option prise par le pape dans cette exhortation est de dire que le droit ou la norme valable pour tous n’existe pas. « Dans les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux… ont toujours subsisté différentes interprétations… et des solutions plus inculturées… » (3). La situation des personnes vivant dans des situations matrimoniales irrégulières ne peut pas être appréciée à partir des catégories rigides « d’une morale bureaucratique froide » (312). Du coup, nous passons d’une approche objectivante des situations à une approche plus subjective, où le ressenti des personnes, leur degré de dépendance par rapport à leurs conditionnements et à leur environnement, sont davantage pris en compte.

L’Église a toujours considéré que les sacrements opérés par le Christ créent une réalité spirituelle objective en nous. L’efficacité d’un sacrement ne dépend des dispositions subjectives de qui le reçoit. Dire qu’une personne divorcée remariée conserve la grâce sanctifiante (301), parce qu’elle a des circonstances atténuantes et qu’elle ne pouvait pas faire autrement, n’était pas le discours tenu jusqu’ici. Maintenant, on veut faire prévaloir le ressenti psychologique sur la réalité objective créée par le sacrement. Il faudra sans doute beaucoup travailler ce point.

Quels sont les outils à la disposition des évêques et des prêtres pour effectuer ce discernement pastoral auquel fait allusion le pape (ch. 8) ?

Le chapitre 8 était le plus attendu. Il aborde les points sur lesquels un approfondissement et une clarification étaient nécessaires. Or, il n’apporte pas de réponses directes. En effet, il tourne autour de deux notions : discerner et intégrer. Personne, quelle que soit l’irrégularité de sa situation matrimoniale, n’est exclu de l’Église. Le risque est de dévaloriser ce qui n’est plus qu’un idéal difficile à atteindre : le mariage chrétien sacramentel. Pour discerner – pratique qui est au cœur de la spiritualité ignatienne –, il faut descendre avec la personne dans les profondeurs de son vécu, de ses doutes et de ses angoisses, pour déceler comment elle évalue moralement sa propre situation.

Personne, quelle que soit l’irrégularité de sa situation matrimoniale, n’est exclu de l’Église. Le risque est de dévaloriser ce qui n’est plus qu’un idéal difficile à atteindre : le mariage chrétien sacramentel.

Mais Jésus ne nous a-t-il pas libérés de nos enfermements en nous appelant à vivre selon les Béatitudes, en radicalisant les lois de Moïse pour en découvrir l’esprit ? Jésus a appelé adultère une nouvelle union après un divorce. Le discernement, en fait, doit aider à se rapprocher du Christ.

Comment peut-on discerner entre la réalité objective du péché et la conscience du péché ? Que faut-il entendre par imputabilité ? Est-ce que le mal diminue en fonction de la conscience du mal ?

L’imputabilité concerne le degré d’engagement personnel de la volonté et de la liberté dans un acte. Sous diverses contraintes, on peut poser un acte dont on n’est pas vraiment responsable. On peut avoir une conscience subjective réduite du mal objectif qu’on a commis. Tout ceci est admis depuis toujours. Mais face aux sacrements, on était dans une perspective objective : quelle nouvelle réalité spirituelle le sacrement a-t-il opéré en nous ?

Il n’est pas dit clairement si le discernement doit conduire à une meilleure intégration des divorcés remariés dans la vie paroissiale ou s’il peut conduire aux sacrements. C’est certainement en ce deuxième sens que l’exhortation sera interprétée. Selon Familiaris consortio (1982), la condition était que les nouveaux époux vivent comme frère et sœur. Cette condition est considérée comme irréaliste. Mais elle avait un caractère d’objectivité. Maintenant, l’accès aux sacrements va être laissé à l’appréciation subjective des intéressés et des pasteurs.

Plusieurs cardinaux ont fait part au pape de leur réticence à voir changer les règles de la théologie morale. Pourquoi ?

Il faut distinguer la théologie et la doctrine. Ce qui est clairement défini en doctrine ne peut être modifié, mais seulement approfondi et développé. La théologie, c’est-à-dire la réflexion systématique sur le donné révélé, dans la continuité de la Tradition, permet d’explorer de nouveaux domaines, puisqu’elle relève les défis de chaque culture pour lui apporter l’éclairage de la foi. La doctrine est « doctrine de la foi », tandis que la théologie travaille en amont pour confronter la foi aux nouvelles données de la vie : nouvelles connaissances scientifiques, changements des comportements et aussi meilleur accueil de toutes les exigences de la parole de Dieu. Nous lisons au n° 311 que la théologie morale doit intégrer la miséricorde comme concept clé de la vie morale et se référer constamment aux « valeurs plus hautes et centrales de l’Évangile ».

Le texte du pape conforte-t-il ces catholiques qui – malgré une séparation – ont voulu rester fidèles à leur union sacramentelle ?

Certainement, les époux chrétiens qui vivent dans la fidélité l’amour qu’ils se sont promis devant Dieu trouveront-ils, surtout dans les chapitres 4 et 5 sur « L’amour dans le mariage » et « L’amour qui devient fécond », un réconfort et une aide pour approfondir joyeusement et généreusement la grâce sacramentelle qu’ils ont reçue. On peut y ajouter le chapitre 7 sur l’éducation des enfants. Ces développements devraient être considérés comme le cœur de l’exhortation. Les fidèles qui ont subi une séparation et qui ne se sont pas remariés trouveront dans les n° 242 et 245-246 des références pour persévérer avec l’aide la communauté chrétienne. Un test du renouveau de notre pastorale du mariage sera l’accompagnement des personnes séparées restées fidèles à leur engagement matrimonial.

L'Eglise protestante vote le mariage gay en Norvège. On a toujours un coup d'avance

L’Eglise protestante norvégienne s’est prononcée en faveur du mariage pour les couples de même sexe. (M. Ole WOLD/NTB Scanpix/AFP)

Les choses changent, et pas qu’un peu. On constate, ces dernières années, une évolution générale dans l’acceptation des droits des personnes LGBT dans les églises protestantes. Dernière en date, l’Église protestante de Norvège, la principale confession du pays scandinave, a décidé, lundi 11 avril, d’autoriser les unions religieuses pour les couples homosexuels, tout comme l’Église Protestante de Berlin-Brandebourg deux jours auparavant.

Les avancées viennent du Nord

Ça prend un peu de temps. Les églises se rendent compte, au fur et à mesure, du changement de paradigme qui s’opère dans la société. En 1991, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) retire l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Les églises, elles, mettent du temps à réagir. Et, en matière d’adaptation, le protestantisme a souvent un coup d’avance.

L’évolution vient du Nord : en Allemagne, le mariage religieux protestant est reconnu dans trois des Eglises Protestantes régionales, alors que le mariage civil ne l’est toujours pas (toutes les autres proposent au moins un rite de bénédiction aux couples de même sexe) ; la plupart des Eglises cantonales de la Suisse germanophone est très progressiste dans l’accueil de la communauté LGBT ; les pays scandinaves ont été influencés par le protestantisme ; l’Angleterre par l’église anglicane. Mais on peut aussi citer la grande ouverture des Vaudois d’Italie.

La Réforme – qui fêtera ses 500 ans l’année prochaine – porte dans ses gènes ce principe fondateur : “Ecclesia semper reformanda” : l’Eglise doit, sans cesse, se renouveler. Les pays méditerranéens ont peut-être plus de mal à laisser derrière eux une certaine culture du machisme et l’image plus traditionnelle de la famille. Ils sont plus méfiants vis-à-vis des changements.

En France, les couples LGBT peu rassurés

Il est important de rappeler qu’en France, comme en Belgique, le mariage religieux protestant n’existe pas. En revanche, on bénit les couples mariés civilement, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels, au sein de l’Église protestante unie de France (EPUdF) et celle de Belgique(EPUB). On leur donne une “bénédiction nuptiale”.

L’EPUdF a ouvert, depuis mai 2015, la possibilité aux paroisses et aux pasteurs de bénir les couples LGBT. On peut cependant regretter qu’on laisse toute liberté aux pasteurs qui s’y refusent et que, de cette manière, des couples qui frappent à la mauvaise porte essuient un rejet.


J’espère que nous allons suivre la voie de l’Eglise de Berlin-Brandebourg, qui a érigé en règle la bénédiction nuptiale pour les couples de même sexe. Les pasteurs ont le droit de refuser de les unir s’ils invoquent des raisons bibliques, mais cette clause de conscience n’est valable que pour cinq ans. Ils sont également obligés de justifier leur refus et de trouver une solution de rechange pour les couples en question.

En Norvège, en revanche, l’Eglise luthérienne a longtemps été – et l’est toujours, plus ou moins – une Eglise d’Etat. Même s’il existe maintenant un mariage civil laïc en Norvège, les unions religieuses ont toujours valeur civile. Il n’est donc pas nécessaire de passer devant le maire pour se marier à l’église. C’est la même chose si vous entrez dans une chapelle à Los Angeles ou à Las Vegas : votre mariage sera ensuite reconnu par l’Etat.

Textes archaïques

Je ne suis pas homosexuel. Mon engagement pour la cause LGBT est complètement indépendant et ne date pas d’hier. Originaire d’Allemagne, j’ai vécu un protestantisme relativement ouvert. En rejoignant un ministère français, il y a 20 ans, j’ai pu constater que la plupart des pasteurs autour de moi avaient encore une compréhension archaïque de la question homosexuelle, notamment à cause d’une lecture littérale de la bible concernant ce sujet.


Les réactions religieuses, il y a trois ans, contre le Mariage pour tous, m’ont également catastrophé. Même le protestantisme, qui est une religion progressiste, n’a pas soutenu la communauté LGBT.

Vous trouverez toujours, dans un certain nombre de textes religieux, des passages qui racontent que les actes homosexuels sont une abomination devant Dieu. Il faut les remettre dans leur contexte historique, un contexte patriarcal qu’on ne peut plus lire de manière littérale aujourd’hui.


L’Eglise protestante ne le sait que trop bien. Elle accepte depuis quelques décennies le ministère féminin. Alors que, pendant longtemps, elle a brandi la bible pour s’y opposer, cette évolution fait aujourd’hui partie intégrante de notre identité protestante.

Bousculés dans leur foi

Depuis quelques années, j’anime, tous les deux mois, un groupe de prières et d’échanges réservé aux personnes LGBT. Là, ils peuvent ouvertement vivre leur foi dans un espace protégé. Je les connais bien maintenant. Je ne cesse de me demander pourquoi il y a tant d’incompréhensions et de haine dans nos églises, alors qu’on devrait être dans l’amour du prochain et dans l’ouverture.

Au début, il y a eu des résistances exprimées par certains fidèles, qui ont refusé que ces activités de prières soient considérées comme “paroissiales”. Depuis, pourtant, plusieurs paroissiens sont venus participer, un peu intrigués, et se sont laissés toucher par ça. Je pense notamment à des dames d’un certain âge, qui ont été bousculées dans leur foi et dans leur manière de vivre leur foi.

Propos recueillis par Julia Mourri

La lutte contre la pornographie dans l'Eglise s'organise

Le sommet a présenté notamment des expositions sur les effets neurologiques, psychologiques, sociaux et spirituels de la pornographie. © DRLe sommet a présenté notamment des expositions sur les effets neurologiques, psychologiques, sociaux et spirituels de la pornographie. © DR
13.04.2016

Sexualité • Un sommet mondial chrétien «Set Free» s’est tenu aux Etats-Unis contre la pornographie. Pendant une semaine, des professionnels du domaine ont été invités à parler du problème de la pornographie dans l’Eglise et la société.

Emily McFarlan Miller, RNS/Protestinter

Il y a six ans, l’auteur et apologète chrétien Josh McDowell a remarqué que «quelque chose ne va plus» avec les jeunes. Il fait référence à leurs attitudes envers l’autorité et la façon dont ils parlent de sexe. «Il m’a fallu une année entière pour le comprendre», explique Josh McDowell. «C’est dû à l’omniprésente pornographie sur internet». C’est la genèse de l’idée qu’il a défendue au sommet mondial «Set Free», qui s’est tenu la semaine passée à Greensboro (N.C.) Environ 900 dirigeants de l’Eglise et du ministère se sont réunis pour discuter des mesures à prendre face à la pornographie.

Le sommet — organisé par Josh McDowell et Covenant Eyes, une entreprise qui offre un filtre internet – a présenté notamment des expositions sur les effets neurologiques, psychologiques, sociaux et spirituels de la pornographie. «J’ai réalisé que la plupart des gens, y compris les pasteurs de l’Eglise, sont aveuglés», dénonce Josh McDowell. «Ils ne savent tout simplement pas ce qui se passe. Ils ne peuvent même pas imaginer la taille du problème».

La pornographie moins immorale que les détritus

Le sommet mondial «Set Free», a commencé le lundi 4 avril par la présentation des données de Barna Group sur les Américains, l’Eglise et la pornographie publiées plus tôt cette année et que Josh McDowell avait commandé. Parmi les conclusions de Barna Group: les jeunes adultes et les adolescents voient la pornographie comme moins immorale que les détritus, et les deux tiers (66%) se sont engagés dans le «sexting», qui est le fait de recevoir une image sexuellement explicite dans un message texte.

Et pourtant, 53% des pasteurs ont rapporté n’avoir pas de problème avec la pornographie, explique Josh McDowell. Le plus gros problème, a-t-il ajouté, est l’ignorance — il n’y a pas une seule Eglise dans le monde qui ne soit pas affecté, dit-il. Même les pasteurs doivent lutter avec la pornographie. La plupart des pasteurs (57%) et les jeunes pasteurs (64%) admettent qu’ils ont déjà regardé un porno, à un moment ou à un autre, selon le Barna Group. «La chose est différente de ce qui a eu lieu dans le passé: c’est accessible, c’est abordable et c’est anonyme» déclare McDowell.

La science du cerveau et le porno

Le programme du sommet mondial «Set Free», a commencé mardi avec un forum intitulé «Brain Science and Porn» («La science du cerveau et le porno»), animé par William Struthers, un neuroscientifique et professeur de psychologie au Wheaton College, une université chrétienne basée en Illinois, ainsi que par Donald Hilton, professeur agrégé de neurochirurgie clinique à l’Université du Texas à San Antonio et par Ted Roberts, fondateur et directeur de traitement clinique Pure Desire. Le forum a présenté ce qui se passe physiquement dans le cerveau après qu’une personne a regardé de la pornographie et si ces effets peuvent être inversés, puis il a mis cela en contexte spirituel.

Tout au long de la semaine, d’autres intervenants ont été présents, comme Ron de Haas, fondateur et PDG de Covenant Eyes, le révérend Sean Kilcawley, directeur de l’éducation religieuse pour l’archidiocèse de Lincoln (Neb), qui a parlé de la théologie du corps de Jean-Paul II, Bernie Anderson, un pasteur qui a publié un livre sur sa bataille avec la pornographie et Shelley Lubben, une ancienne star du porno qui a créé la Fondation Croix Rose, un ministère pour les acteurs de l’industrie pornographique. Les intervenants ne sont pas tous chrétiens, explique Josh McDowell, parce qu’il voulait rassembler les meilleurs dans leurs domaines, et qui n’étaient pas nécessairement des chefs spirituels.

Josh McDowell, qui a clôturé le jeudi 7 avril dernier le sommet, a déclaré que le sommet mondial «Set Free», a un plan de suivi de 10 ans pour répondre à la pornographie, et il espère que la «conscience mondiale ne relève pas seulement le problème, mais que des solutions incroyablement positives» se fassent l’année prochaine ou dans deux ans.

En Norvège, les couples homosexuels pourront être mariés par des pasteurs

L'Eglise protestante norvégienne a pris une décision exceptionnelle dans le monde religieux. (Photo d'illustration) © Flickr/Voyages Lambert L’Eglise protestante norvégienne a pris une décision exceptionnelle dans le monde religieux. (Photo d’illustration)

C’est une décision rarissime dans l’Eglise. En Norvège, le clergé protestant a décidé que les couples de même sexe pouvaient s’unir sous la bénédiction d’un pasteur.

“L’amour entre deux personnes du même sexe doit aussi pouvoir être reconnu dans une arène religieuse”, s’exclame Gard Realf Sandaker-Nilson. Lui même homosexuel, le leader du mouvement libéral “Eglise ouverte”, en Norvège, est enthousiaste. Dans une décision inédite, l’Eglise protestante de l’Etat nordique a décidé, ce lundi après-midi, d’autoriser les unions religieuses pour les couples homosexuels. Alors que seuls quelques pays le permettent à l’heure actuelle.

Au Danemark aussi

Pour la principale Eglise du pays scandinave, c’est une prise de position très emblématique. D’autant que les membres du synode, réunis à Trondheim, ont acté cette décision à une majorité écrasante, 88 voix sur 115 votants. Une nouvelle liturgie devrait bientôt sortir des rotatives, à côté de l’actuelle, et consacrer les unions de couples homosexuels et hétérosexuels.Chaque pasteur conservera le droit de refuser de nouer de telles unions. A ce jour, le mariage religieux pour les couples de même sexe n’existe qu’en Suède et au Danemark, ainsi que dans quelques congrégations dans le monde-anglo saxon. Ses détracteurs, minoritaires en Norvège, estimaient que la Bible établit le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme.

Victoire de la mouvance libérale

Cette question secoue l’Eglise scandinave depuis des décennies. En 2014, un synode avait retoqué une pareille proposition. Avec les élections ecclésiastiques de septembre dernier, et la victoire de la mouvance libérale, la donne a changé. Les douze évêques s’étaient rangés derrière cette position un mois plus tard.

A l’image de ses voisins nordiques, la Norvège est en pointe en Europe dans l’extension des droits des personnes homosexuelles. Le mariage civil et l’adoption y sont autorisés depuis 2009.

Bruaysis : la communauté protestante se mobilise pour les migrants

Il y a quelques mois, Yann Piatkowski, pasteur, a été ému par la situation des migrants installés au camp de Norrent-Fontes. Il en a parlé à la communauté. En accord avec les associations déjà présentes sur le terrain, avec quelques familles, il a mis en place un « service douche » pour qu’une fois par semaine, « ces personnes puissent se laver, mais aussi souffler et se sentir accueillies. » Puis récemment déménagé à Vendin, il a appris qu’un autre camp existait à Chocques « ce n’est qu’à 4 km de chez moi, je devais faire quelque chose. » Après une réunion avec le Secours populaire de Vendin, Terre d’errance et Arras solidarité réfugiés, des actions se sont mises en place. L’homme se réjouit du bon accueil réservé à son appel. « À quatre jours d’une rencontre entre pasteurs à Bruay, j’ai envoyé un mail aux paroisses protestantes du bassin minier et leur réponse est allée au-delà de mes espérances. » Malgré des délais courts, les dons ont afflué.

Quant à la vingtaine de membres de la communauté bruaysienne, chacun s’implique plus ou moins. « Vous savez, il y a des trucs simples à faire comme apporter des bouteilles d’eau vides, propres avec bouchon. Ça nous aide déjà beaucoup car une fois remplies, on les amène au camp. Et puis il y a aussi les dons de lessive. » Car oui, des membres de la Fraternité font la lessive pour les migrants.

« Ils vivent dans des conditions indignes »

Le pasteur avait constaté qu’après des kilomètres parcourus et des jours passés dans la boue, les migrants jetaient leurs vêtements à la poubelle. « Nous avons proposé de les laver car c’est quand même plus sympa de retrouver ses propres vêtements. » De fait, à l’issue du culte, plusieurs familles repartent avec des paniers de linge. « Il faut les rendre repassés et séchés le mardi pour qu’on puisse les rapporter à leur propriétaire. » La semaine dernière, c’est pas moins de 50 kg de linge qui ont ainsi été lavés.

Ouverte sur l’extérieur, la communauté espère que d’autres Bruaysiens viendront leur prêter main forte ou leur confier des dons. Une brosse à dents, du dentifrice, des pâtes, des vêtements, beaucoup de choses manquent. Le pasteur qui se rend une fois par semaine sur place témoigne encore : « Ils vivent dans des conditions indignes à quelques kilomètres de chez nous. Nous vivons dans des maisons confortables. »

Les autres associations Impliquées

Le Secours populaire, comité local de Vendin-Oblinghem, 198, rue François-Mitterrand, 62 232 Vendin-les-Béthune, 03 21 57 97 13.

Terre d’errance, 18, rue du Grand-Marais, 62190 Ham-en-Artois, 06 95 28 29 43.

Arras solidarité réfugiés : arrassolidariterefugies@gmail.com. Page Facebook : Arras, Solidarité Réfugiés.

Au Danemark, nombre de requérants renient l'islam

En ce dimanche d’avril, à l’église Apostelkirken à Copenhague, les fidèles assistent à la messe, Bible à la main: des Danois, mais aussi beaucoup d’Iraniens. Hommes et femmes, jeunes pour la plupart et habillés à la mode, ils écoutent grâce à une oreillette l’homélie du pasteur traduite en persan.

Demandeurs d’asile, ils sont de plus en plus nombreux à fréquenter cette église évangélique luthérienne d’Etat pour se convertir au christianisme. Un phénomène également constaté dans d’autres lieux de culte protestants du royaume scandinave.

En effet, selon l’association d’entraide aux réfugiés chrétiens Folkekirkens Asylsamarbejde, au moins 100 Iraniens ont été baptisés depuis la fin de l’année dernière et entre 250 à 300 demandeurs d’asile (Iraniens et Afghans notamment) participent actuellement à des cours de préparation au baptême.

Cet engouement croissant des musulmans pour le christianisme s’explique, peut-être, par le fait que la commission de recours des réfugiés a réexaminé l’année dernière plusieurs cas de refus des services de l’immigration, accordant finalement l’asile à 42 réfugiés convertis qui craignaient d’être persécutés s’ils étaient expulsés vers leurs pays, sur 55.

Ministre préoccupé

Cette poussée de conversions préoccupe le ministre danois du Culte, Bertel Haarder, qui a exhorté les pasteurs à attendre que les demandes d’asile soient examinées pour baptiser ces nouveaux venus.

Visage maquillé, Mashid Hakimi, une Iranienne de 27 ans, est arrivée en septembre dernier au Danemark. «Depuis mon plus jeune âge, j’étais plus attirée par le Christ que par Mahomet. Mon cœur battait pour Jésus. Il me fallait partir pour pratiquer librement ma nouvelle religion.» Elle a ainsi rejoint la Grèce où elle fut baptisée, puis le Danemark où elle «a confirmé» sa foi.

Comme nombre de ses concitoyens, elle attend une réponse à sa demande d’asile. «Le plus dur, dit-elle, c’est de convaincre les services d’immigration qu’on risque notre vie si on nous expulse vers l’Iran.»

«Notre conversion est sincère, même si les autorités en doutent», ajoute Mojgan, 48 ans, «la seule de [sa] famille» à avoir renié sa religion musulmane. Mariée et mère de trois enfants, elle a décidé de quitter Téhéran et de s’enfuir en Occident. «Je ne m’identifiais plus à l’islam où on craint Dieu, alors que dans le christianisme on apprend à l’aimer», confie-elle.

Baptisée, elle attend depuis trois ans une réponse à sa demande d’asile. «Les enquêteurs disent que je mens. Mais je garde la foi», assure-t-elle.

Pour le pasteur Andreas Rasmussen, «la plupart de ceux qui veulent se convertir sont sincères. Ils viennent régulièrement à l’église et participent activement aux cours de préparation du baptême», affirme-t-il.

«Ce processus de plusieurs mois décourage les faux convertis», affirme le pasteur qui met d’emblée en garde les réfugiés: «La conversion ne constitue pas une garantie pour obtenir l’asile.»

Asgar Bayan, 41 ans, opposant politique, a du mal, lui aussi, à convaincre de sa bonne foi. Arrivé au début de 2014 à Copenhague après une fuite de l’Iran où il a connu la prison et la confiscation de ses biens, il a trouvé «paix et sérénité» dans le christianisme. Il jure qu’il n’a pas été baptisé pour accroître ses chances d’obtenir un permis de séjour. «J’ai rencontré Jésus. C’est ma destinée.»

Pressions et agressions

Les réfugiés iraniens convertis ne sont pas seulement confrontés aux suspicions des enquêteurs. Certains d’entre eux subissent également «harcèlements et violences psychiques et physiques de la part des autres musulmans dans les centres de réfugiés», selon les pasteurs d’Apostelkirken.

«J’ai eu écho d’incidents avec des coups de couteau», confie Moj­gan, soulignant l’inquiétude des convertis. Mumtaz, un Afghan de 19 ans, a subi lui aussi ces violences «depuis que je me suis fait baptiser». Il attend une réponse à sa demande d’asile depuis cinq ans. «Un retour en Afghanistan signifierait ma mort», assure-t-il.

(TDG)

(Créé: 10.04.2016, 21h41)

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Mgr Jean-Marie Lovey: “Pour une pastorale des petits pas”

Amoris Laetitia insiste sur la transmission des valeurs dans la famille (Photo: B. Hallet)

L’évêque de Sion, Mgr Jean-Marie Lovey, réagit pour cath.ch à la publication de l’exhortation apostolique “Amoris Laetitia”. Le délégué de la Conférence des évêques suisses au Synode sur la famille en octobre 2015 y retrouve largement le ton et le contenu des débats romains. “Ce qui est assez neuf et formidable dans cette exhortation est cette absence de jugement, ce discernement patient et cette pastorale des petits pas”, explique-t-il.

Un des accents majeurs de l’exhortation apostolique “Amoris Laetitia” est le discernement face à la diversité des situations de vie. Mais le texte ne précise guère à qui revient la responsabilité de cette tâche.

Mgr Jean-Marie Lovey: L’exhortation ne liste pas les degrés et les niveaux de responsabilité. On parle de ‘pasteurs’. Une note précise néanmoins que les pasteurs sont éclairés par l’Evangile et par le jugement de l’évêque. Nous, évêques, prêtres ou accompagnateurs laïcs, devons vivre en dialogue et avoir la capacité d’accompagner toutes les situations.

Pour mettre en oeuvre ce discernement, il faut pouvoir se reposer sur des critères?

Etablir des critères est nécessaire. Cela sera la tâche des pastorales familiales des divers diocèses et de la Conférence des évêques suisses(CES). Des directives communes permettent de ne pas partir dans tous les sens, même si les situations restent individuelles. Pour que l’exhortation porte son fruit, elle doit être accueillie, discutée, travaillée. Cela fait clairement partie de notre tâche d’évêques.

Le pape, en insistant sur une approche pastorale des situations personnelles, veut favoriser l’intégration. Il entrouvre la porte de l’accès aux sacrements pour les divorcés-remariés.

Pour certains, l’accès à la communion des divorcés remariés serait le sommet de l’intégration. Mais le texte, à mes yeux, nous invite surtout à réfléchir sur ce qui fait que l’on est membre d’un corps, sur ce qu’est l’ecclésialité, sur notre participation et notre responsabilité. Le pape cite quelques éléments comme la catéchèse, la liturgie, mais il y a aussi beaucoup d’autres choses dans la diaconie par exemple. J’ai parfois l’impression que l’on reste bloqué devant la porte fermée de la communion sacramentelle, alors qu’il y a tant d’autres portes pour participer à la vie de l’Eglise. Il ne faut pas se focaliser sur l’eucharistie, la liturgie de la parole est ainsi aussi une forme de participation.

Certains ne manqueront pas d’estimer qu’à force de prêcher l’intégration, on risque de tomber dans le relativisme.

Intégrer ne signifie pas nier la différence. Cela consiste à permettre à chacun d’avoir la place qui est la sienne. Dans le cœur de Dieu, il y a de la place pour tous. L’intégration ce n’est pas dire ‘tout est égal, tout est relatif’. C’est déterminer le charisme que chacun peut mettre au service du corps ecclésial. Ce qui est assez neuf et formidable dans cette exhortation est cette absence de jugement, ce discernement patient et cette pastorale des petits pas.

L’exhortation ne fait aucune nouvelle ouverture envers les personnes homosexuelles. Beaucoup continueront à se sentir mises à l’écart.

A mon sens ne pas reconnaître aux unions homosexuelles le statut de mariage ne signifie pas une exclusion. C’est d’abord et avant tout défendre le mariage chrétien qui se réalise dans l’union exclusive, libre et définitive d’un homme et d’une femme, à l’image de l’union entre le Christ et l’Eglise.

L’exhortation admet que d’autres formes d’unions peuvent aussi dire quelque chose de l’amour humain, mais cela ne correspond pas à l’idéal chrétien. Ceci dit, je pense que nous devons nous efforcer de trouver une place dans le corps ecclésial pour les personnes qui ont des tendances ou une orientation homosexuelle.

La famille c’est aussi et peut-être surtout la génération d’enfants.

L’exhortation livre de longs et beaux passages sur l’éducation des enfants dans la variété des situations et des contextes. Elle insiste sur la transmission des valeurs au sein de la famille, avec les dimensions éthique, religieuse et spirituelle. On pourrait dire que la préparation au mariage commence au berceau. Le pape propose aussi l’éducation sexuelle comme une éducation à la vie et à l’amour. (cath.ch-apic/mp)

La joie de l…

Un texte particulièrement attendu sur le mariage et la famille, dans lequel le pape évoque longuement et avec un certain lyrisme les “joies” de l’amour humain. Un texte éminemment pastoral qui, sans trancher sur la situations délicate des divorcés remariés, laisse la porte ouverte au discernement de chacun et des pasteurs. Publié le 8 avril 2016.

Le pape François sur la place Saint-Pierre de Rome. © Alessia Giuliani/CPP/Ciric

La sagesse d’un pasteur

Le pape François a voulu placer son exhortation apostolique post-synodale sur la famille sous le signe de la joie et de l’amour. Voici donc “Amoris laetitia”, promulguée le 8 avril 2016, soit 6 mois à peine après la clôture de la seconde session du synode sur la famille en octobre 2015. Ce texte long, fort, est un manuel à l’usage des pasteurs, des personnes qui préparent au mariage et… de tous ceux qui veulent vivre un amour humain joyeux et fort. Le pape, dès l’introduction, prévient qu’il faut lire cette exhortation  “avec patience”. C’est dire qu’en effet il faut prendre son temps. Au terme de la longue lecture de ces 256 pages, il apparaît que le fil rouge qui lie les neuf chapitres du texte est éminemment pastoral. Tout le texte est construit sur un carré solide : la Bible, la culture du temps, la théologie de la famille et la parole personnelle d’un pape pasteur.

A lire aussi : le commentaire de Pascale Vidal, psychanalyste, qui enseigne le discours de l’Eglise sur la vie affective et la sexualité au Centre Sèvres – Facultés jésuites. 

Au commencement, la Parole

Dès le début, le pape insiste. La famille se comprend à partir de la Bible qui “abonde en familles, en générations, en histoires d’amour et en crises familiales, depuis la première page où entre en scène la famille d’Adam et d’Ève, avec leur cortège de violence mais aussi avec la force de la vie qui continue (cf. Gn 4), jusqu’à la dernière page où apparaissent les noces de l’Épouse et de l’Agneau (Ap 21, 2.9).”

La culture du temps

Dans un souci constant de rapprocher le monde et l’Eglise, le pape expose ensuite très longuement sa connaissance réelle et concrète de la société contemporaine. Il ne l’idéalise pas, mais ne la juge jamais. Il semble important pour lui de ne pas faire de l’Eglise une société déconnectée des réalités du monde, ou pire encore jugeant le monde. Il tient pour nécessaire l’annonce de la vie selon l’Evangile, mais humblement. Dans un même temps il fait une autocritique de la manière dont l’Elise a souvent parlé du mariage

“D’autre part, nous avons souvent présenté le mariage de telle manière que sa fin unitive, l’appel à grandir dans l’amour et l’idéal de soutien mutuel ont été occultés par un accent quasi exclusif sur le devoir de la procréation. D’autres fois, nous avons présenté un idéal théologique du mariage trop abstrait, presque artificiellement construit, loin de la situation concrète et des possibilités effectives des familles réelles. Cette idéalisation excessive, surtout quand nous n’avons pas éveillé la confiance en la grâce, n’a pas rendu le mariage plus désirable et attractif, bien au contraire !” “Nous sommes appelés à former les consciences, mais non à prétendre nous substituer à elles.”

Le pape, tel un pasteur qui connaît “l’odeur de ses brebis”, aborde ensuite très longuement les situations diverses des familles, reprenant en cela les longues interventions des pères synodaux. Son souci consiste, comme le bon berger, à ne perdre aucune de ses brebis, particulièrement celle qui s’est égarée;

” Dans les situations difficiles que vivent les personnes qui sont le plus dans le besoin, l’Église doit surtout avoir à cœur de les comprendre, de les consoler, de les intégrer, en évitant de leur imposer une série de normes, comme si celles-ci étaient un roc, avec pour effet qu’elles se sentent jugées et abandonnées précisément par cette Mère qui est appelée à les entourer de la miséricorde de Dieu. Ainsi, au lieu de leur offrir la force régénératrice de la grâce et la lumière de l’Évangile, certains veulent en faire une doctrine, le transformer en “pierres mortes à lancer contre les autres.”

La théologie expliquée par François, le bon pap(a) !

La plus grande partie de l’exhortation consiste en une suite de sages conseils pour vivre la vie de famille selon l’Évangile. Le langage est simple, familier. Comme dans une homélie le pape traduit la vision de l’Eglise sur la famille avec des mots simples et une sagesse proche de celle d’un “bon grand-père” qui s’adresse à ceux qui l’écoutent avec gourmandise. ““S’il te plaît”, quand, dans une famille, on n’est pas égoïste et que l’on apprend à dire “merci”, quand, dans une famille, quelqu’un s’aperçoit qu’il a fait quelque chose de mal et sait dire “excuse-moi”, dans cette famille il y a la paix et la joie.”

Ce n est pas un discours sur la théologie du mariage que le pape propose mais une approche concrète, parfois surprenante de simplicité, qui peut même faire sourire et dont le bien-être des personnes et des enfants est le centre : “Il n’est pas bon que les enfants soient sans parents et qu’ainsi ils cessent prématurément d’être enfants.” 

Une vision traditionnelle du mariage

Le pape rappelle longuement la vision traditionnelle de la théologie du mariage, il la présente comme un idéal pour lequel il faut se battre, parfois avec courage. Il s’appuie pour cela sur l’hymne à la Charité de saint Paul (1 Co 13), qu’il explique patiemment, terme après terme, pour en faire le fondement du mariage :” Patience, bonté sans fanfaronner, amour pour la famille mais aussi pour ceux qui sont loin de la foi et qui ne partagent pas la foi chrétienne, sans rudesse et avec un détachement nécessaire, sans violence intérieure, toujours dans le pardon, jamais se coucher sur la colère, se réjouir avec les autres jusqu’à la fête. Se limiter en gardant le silence pour ne pas entretenir le mal, veiller à la réputation des autres, avec confiance en la vie, en l’autre et en l’avenir, l’autre peut changer, supporter tout en surmontant tout le défi du mal sous toutes ses formes”. L’éducation des enfants revient à plusieurs reprises, le pape semble donner des clés aux parents les plus désemparés, il encourage, console, conseille. Et aborde tous les cas difficiles avec la sagesse d’un bon grand-père: “Il est important d’orienter l’enfant avec fermeté afin qu’il demande pardon et répare le tort causé aux autres.”

Une pastorale solide et fondée

Si le pape rappelle qu’en aucune manière l’Église “ne doit renoncer à proposer l’idéal complet du mariage, le projet de Dieu dans toute sa grandeur”, la rigidité doit être exclue. Et de pointer du doigt les “bonnes familles” qui “par leur langage, par leur manière de dire les choses, par leur attitude, par la répétition constante de deux ou trois thèmes, sont vues comme lointaines, comme séparées de la société, et que même leurs proches se sentent méprisés ou jugés par elles”.

La question qui fâche

C’est seulement vers la fin du parcours, dans son avant-dernier chapitre, que le pape donne ces conseils sur la question tant attendue de la pastorale des divorcés et des divorcés remariés. Le principe d’intégration est essentiel, « qu’ils ne se sentent jamais excommuniés » et donc membres de la communauté. Concernant l’accès à la communion, le pape se refuse de faire une loi générale. Ni accès systématique, ni refus systématique. Dans ce monde qu’il décrit complexe, il en appelle à la double responsabilités des consciences : celle des personnes concernées par une divorce et un remariage et celle des pasteurs.

Le mot d’ordre : la miséricorde

Dans ce texte, très personnel, comme d’habitude, le pape parle très peu des questions d’homosexualité, insistant surtout sur un accueil des personnes, mais considérant une famille uniquement dans sa forme traditionnelle: “C’est pourquoi nous désirons d’abord et avant tout réaffirmer que chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et accueillie avec respect, avec le soin d’éviter toute marque de discrimination injuste et particulièrement toute forme d’agression et de violence”. François n’intervient pas non plus, ou fort peu, comme par accident, sur la régulation des naissances. Tout en reconnaissant la beauté et la fécondité pour l’Église des familles nombreuses!

En cette année sainte, c’est donc bien la miséricorde qui est au cœur de ce texte :  ” Il ne s’agit pas d’une offre romantique ou d’une réponse faible face à l’amour de Dieu, qui veut toujours promouvoir les personnes, car “la miséricorde est le pilier qui soutient la vie de l’Église. Dans son action pastorale, tout devrait être enveloppé de la tendresse par laquelle on s’adresse aux croyants. Dans son annonce et le témoignage qu’elle donne face au monde, rien ne peut être privé de miséricorde”. Certes, parfois “nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile”. Nous posons tant de conditions à la miséricorde que nous la vidons de son sens concret et de signification réelle, et c’est la pire façon de liquéfier l’Évangile. Sans doute, par exemple, la miséricorde n’exclut pas la justice et la vérité, mais avant tout, nous devons dire que la miséricorde est la plénitude de la justice et la manifestation la plus lumineuse de la vérité de Dieu.”

Téléchargez le texte intégral

Sophie de Villeneuve et Sébastien Antoni
Croire.com

Haïti-élections : La Conférence des Pasteurs Haïtiens presse le gouvernement à créer la …

« Jusqu’ici, les signaux lancés par l’équipe de la transition ne sont pas suffisamment clairs sur sa volonté réelle d’avancer en ce sens. Au contraire, c’est la plus grande confusion qui règne autour de la formation de cette commission réclamée par de nombreux secteurs du pays. », a-t-on lu dans un communiqué de la COPAH.

La COPAH encourage les nouvelles autorités à agir rapidement afin de donner satisfaction à cette revendication populaire pour ne pas compromettre leur chance de réussir la transition. “Tout refus de mettre en place la commission de vérification électorale pourra se heurter à la détermination habituelle des haïtiens qui ne tolèrent plus d’être bafoués et que leurs droits fondamentaux soient violés.”

La sagesse et la clairvoyance politique recommandent à l’équipe de la transition de se mettre à l’écoute du peuple haïtien, seul souverain et auquel elle doit rendre des comptes, ont écrit les membres de la Conférence.  

 Selon la COPAH, sans la création de cette commission, il est difficile de penser à la poursuite du processus électoral. 

« Les nouvelles autorités ont une opportunité extraordinaire pour s’attirer le soutien de la population par le biais de la mise en place de cette commission qui constitue la condition sine qua non pour la réalisation des élections dans le pays. », a-t-on conclu dans le communiqué.  

Par ailleurs,  la Conférence des Pasteurs Haïtiens dit noter également qu’aucune disposition concrète n’a encore été prise  ni pour alléger la misère de la population dont les plus défavorisées sont menacées de famine.

Conflits agriculteurs-éleveurs: le RBM réclame un dispositif de veille

Les éleveurs regroupés au sein du Réseau des organisations d’éleveurs et pasteurs de l’Afrique «Billital Maroobe» (RBM) exhortent, dans les lignes qui suivent, les autorités nationales à prendre en charge immédiatement les conséquences découlant des affrontements entre les pasteurs transhumants et les populations autochtones dans la région de Bouna, en Côte d’Ivoire.

«La cohabitation pacifique entre les éleveurs transhumants et les agriculteurs est fortement menacée dans la région de Bouna, au nord-est de la Côte d’Ivoire qui est frontalière avec le sud-ouest du Burkina Faso. Les affrontements violents survenus dans cette région ce mois de  mars 2016 ont revêtu une ampleur sans précédent, compte tenu du nombre des victimes (près d’une vingtaine de morts) et le déplacement massif  de populations.

Suite au conflit inter communautaire survenu à Bouna dans le Nord Est de  la Côte d’Ivoire, ayant entrainé une dizaine de morts de nationalité Burkinabé et environ 1.500 déplacé dans la province du Noumbiel dans la région du Sud Oust au Burkina Faso pour l’essentiel des femmes et des enfants.  Face à ces événements dramatiques, les organisations d’éleveurs du Burkina Faso membres du RBM déplorent cette situation et présentent leurs condoléances aux familles éplorées.

Elles condamnent avec force la violence, marquent son attachement à la cohabitation pacifique et au dialogue permanant entre l’ensemble des acteurs pour une exploitation apaisée et durable des ressources naturelles. Les organisations membres du RBM saluent les actions entreprises par le gouvernement Burkinabé  notamment, les actes de solidarité de compassion, d’évaluation de la situation et des démarches diplomatiques.

Elles exhortent le Gouvernement burkinabè à intensifier un dialogue politique de haut avec les autorités de la République de Côte d’Ivoire autour de la préservation des excellentes relations de coopération qui fondent l’acceptation sur le territoire ivoirien des transhumants provenant des pays sahéliens, dans la logique de l’intégration sous régionale. Ce dialogue sur la transhumance transfrontalière devra être vivifié sous le leadership de la CEDEAO.

Les organisations d’éleveurs invitent les autorités nationales à mettre en place un dispositif de veille permettant de suivre l’évolution de la situation pastorale et agropastorale, en particulier les déplacements des troupeaux, le déroulement de la transhumance transfrontalière et les conditions d’insertion des pasteurs dans les zones d’accueil.

Les organisations membres du RBM réaffirment leur disponibilité en vue de contribuer à la recherche des solutions durables pour une cohabitation pacifique entre les communautés locales et les transhumants.»

Ouagadougou, le 31 Mars 2016
Le Président de l’antenne du RBM Burkina Faso

Qui sont les prêtres et les pasteurs?

Selon une étude américaine, prêtre ou pasteur arrive depuis 30 ans au top des cinq métiers qui rendent heureux. Mais homme de Dieu, est-ce un métier? On n’entre pas dans la prêtrise pour faire carrière, mais être prêtre ou pasteur demande une sérieuse préparation, on acquiert des compétences et on rend des comptes à des instances de vérification. Chez les luthériens, le pasteur rend compte à sa communauté.

La vocation: Esprit saint ou “esprit sien”? C’est l’Eglise qui appelle, explique le p. Sébastien Antoni. “Il peut y avoir un désir intérieur de consacrer toute sa vie à l’Evangile, au service du monde, à l’Eglise, mais cet appel a besoin d’être authentifié, vérifié, passé au crible d’une expertise d’aînés.” Au cours des six années de formation, au séminaire pour les catholiques, le candidat à la prêtrise est invité à discerner si ce désir est bien un appel ou une simple auto-suggestion par exemple.

On a vu récemment dans l’actualité des problèmes extrêmement graves d’ordre affectif, de maturité, de stabilité psychologique aussi de certains prêtres et je le dis avec beaucoup de tristesse car malgré tout nous sommes prêtres, il y a une fraternité sacerdotale qui existe, ce sont des hommes qui comme moi se sont engagés sur ce chemin, j’ai l’impression, comme les laïcs qui les côtoient, d’être trahi moi aussi“, confie le p. Sébastien Antoni, qui n’oublie pas les victimes profondément blessées par certains agissements de prêtres. Des troubles affectifs qui auraient dû être dit ou repérés lors de la formation au séminaire.

L'Eglise, ses Pasteurs et ses Fideles – Alain Bandelier

Description

Les chrétiens se posent de nombreuses questions sur le pape, les prêtres, les diacres, la place des femmes dans l’Eglise… Cet ouvrage propose des informations et des orientations sur tous ces points. Il y ajoute des réflexions plus fondamentales sur l’unité de l’Eglise et sur l’évangélisation.