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Pour les pasteurs chrétiens

Canada: L'Eglise unie face à la décision de garder ou révoquer une pasteure athée

Engagée au sein de l’Eglise unie du Canada, Gretta Vosper n’a pas caché être une pasteure athée: elle ne croit ni en Dieu dans son sens traditionnel, ni en la Bible, et sa communauté de West Hill à Toronto la soutient.

Mais les relations avec l’Eglise unie se sont corsées lorsque la pasteure a écrit une lettre ouverte au chef de l’Eglise, après les attentats de Charlie Hebdo, affirmant que «la croyance en Dieu peut motiver de mauvaises choses».

Le secrétaire général du Conseil de l’Eglise a décidé d’entreprendre une révision pour savoir si Gretta Vosper est toujours apte à prêcher. Selon la pasteure la question principale est de savoir si l’Eglise unie va insister sur la définition unique de Dieu ou au contraire permettre aux pasteurs et aux paroissiens «d’explorer et de se faire leurs propres idées». Gretta Vosper a adopté l’étiquette «d’athée» en 2013 par solidarité avec tous ceux qui sont prsécutés et assassinés pour avoir défié le fondamentalisme et l’extrêmisme religieux.

Le comité de l’Eglise unie pourrait prendre plusieurs mois avant de rendre sa décision.

La rédaction d’Evangéliques.info – 01 juillet 2016 11:52

Une pasteure athée défend ses opinions auprès de l'Église unie

Lors de sa comparution devant le comité cette semaine, Gretta Vosper a défendu ses opinions qui incluent une absence de croyance en Dieu et en la Bible.

Elle a soutenu dans ses déclarations écrites qu’elle se retrouvait citée devant ce comité en raison de son usage et de l’adoption du terme «athée».

Elle dit avoir adopté l’étiquette «athée» en 2013 en solidarité avec les gens de par le monde «qui sont persécutés et assassinés pour avoir défié le fondamentalisme et l’extrémisme religieux».

La principale question, a-t-elle plaidé, est de savoir si l’Église unie va insister sur une «définition unique» de Dieu ou plutôt permettre à ses pasteurs et ses membres d’explorer et de se faire leurs propres idées.

Mme Vosper a aussi souligné que des membres de la congrégation – dont plusieurs étaient présents pour l’encourager – la soutiennent fortement.

Dans ses observations orales, la pasteure a déclaré au comité qu’elle prônait des valeurs «qui transcendent nos intérêts et besoins personnels et qui nous amènent à envisager un monde meilleur».

Dieu, dans le sens traditionnel, n’est pas un concept auquel elle croit, dit-elle.

Mme Vosper, âgée de 57 ans, a été ordonnée en 1993 et a joint sa congrégation de West Hill, dans l’est de Toronto, en 1997. Elle a été franche au sujet de ses croyances depuis des années.

Les choses se sont corsées après qu’elle eut écrit une lettre ouverte au chef spirituel de l’Église après le massacre de Charlie Hebdo à Paris en janvier 2015, soulignant que la croyance en Dieu peut motiver de mauvaises choses.

Le secrétaire général du Conseil général de l’Église a décidé d’entreprendre cette révision sans précédent de son aptitude à prêcher.

Il est attendu que le comité prenne plusieurs mois avant de rendre sa décision.

Meapasculpa: pasteur Fatzer, protestantissime

Isabelle Falconnier

Je ne crois pas en Dieu et ne fréquente aucune église, mais lorsqu’on me demande de mettre une croix indiquant une éventuelle religion sur un formulaire, je n’hésite jamais: je coche «protestante».

J’ai fait ma confirmation, à 16 ans, en développant sur 3 pages l’idée que l’important n’est pas de croire ou pas mais de se poser philosophiquement la question de l’existence de Dieu – pour une entrée dans la communauté des croyants, on peut rêver plus engagé. «Protester», «réformer»: ces deux mots ont constitué la colonne vertébrale de mon éducation personnelle. Ils sont la promesse d’une sorte de Mai 68 intellectuel permanent: remettre en question, pratiquer le «oui, mais» à outrance, refuser les évidences, le politiquement correct, débattre, encore et toujours.

C’est grâce à ces deux mots que je coche encore la case «protestante» sur les formulaires. Ils sont un argument de vente incomparable et unique sur le marché de la pensée et des religions aujourd’hui. Si le protestantisme n’a pas encore été rayé de la carte, c’est grâce à ces deux mots.

Dans quelle Eglise un de ses pasteurs peut-il publier un livre intitulé Croire en un Dieu qui n’existe pas. Manifeste d’un pasteur athée, comme l’a fait le Néerlandais Klaas Hendrikse, livre devenu véritable best-seller en Europe, et continuer à faire le culte dans son église comme si de rien n’était?

Cher Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée vaudoise, si vous voulez que je continue à verser ma modeste obole annuelle, il va falloir laisser Fatzer la jouer à sa manière. Le protestant qui proteste, folklore ou pas, on le veut, il nous plaît, c’est pour lui qu’on se dit protestant. Si c’est pour ressembler à ces moutons de catholiques qui obéissent tous au même chef dorloté dans son palais romain, ce n’était pas la peine de faire la révolution. Si c’est pour exiger le respect de la hiérarchie, des règlements, des conventions, des protocoles, de la politesse et de la bienséance, ce n’était pas la peine de se faire égorger à la Saint-Barthélemy.

Contrairement à ce que vous pensez, tout ce ramdam est bon pour votre image et ne nuit pas à votre institution – pour autant que, à la fin, vous vous montriez plus protestant qu’un protestant. C’est-à-dire que, à la fin, il faudra laisser le trublion trublionner. Je dirais même que c’est la seule chance de survie de l’Eglise protestante. Daniel Fatzer a enfreint des règles? Il est narcissique, doté d’un ego surdimensionné? Il joue les martyrs avec sa grève de la faim, les justiciers, les redresseurs de torts? C’est un provocateur récidiviste?

Et alors? Cher Conseil synodal, c’est ce qu’on attend d’un protestant. C’est ennuyeux lorsqu’on est son employeur. Mais à force de vouloir asseoir sa crédibilité, on en perd son attractivité. Ce serait dommage.

isabelle.falconnier@hebdo.ch

Béatrice Métraux priée de jouer les bons offices

Appel entendu. L’autorité exécutive de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) a fait appel à Béatrice Métraux pour jouer les bons offices dans l’affaire des pasteurs licenciés.

La semaine dernière, la conseillère d’Etat se disait «à disposition pour reprendre une médiation» (lire ici). Le Conseil synodal, sur proposition de sa cellule de crise, a décidé lundi de saisir cette perche. La conseillère d’Etat avait déjà tenté une conciliation il y a quinze jours, juste avant le licenciement de Daniel Fatzer, qui a entraîné la grève de la faim de ce dernier à l’église Saint-Laurent.

«Nous allons nous mettre au­tour de la table pour chercher des solutions»

«Nous allons nous mettre au­tour de la table pour chercher des solutions», déclare Xavier Paillard, président du Conseil synodal. Et de préciser que ces discussions ne visent pas à réintégrer le pasteur Daniel Fatzer en tant que ministre de l’EERV. Et pour les autres pasteurs? «En principe, le but n’est pas de les réengager, indique Xavier Paillard. Mais, si l’on veut donner une chance à cette médiation, évitons de poser des conditions publiques. Un minimum de confidentialité est indispensable.»

L’heure semble être à la conciliation, comme le confirme l’association R & R (Résistance & Réconciliation au sein de l’EERV). S’exprimant au nom des ministres licenciés Daniel Fatzer, Daniel Nagy (2014), Natasha de Félice (2014) et Bertrand de Félice (2015), R & R salue les efforts entrepris par le Synode pour améliorer sa gestion des ressources humaines. Les ministres licenciés en appellent à «l’apaisement des conflits» et proposent au Conseil synodal des «solutions amiables à l’interne». Ils voudraient «éviter que ces conflits soient réglés par les tribunaux, et ainsi contribuer activement à mettre fin à la crise».

Bonnes intentions

Le Mouvement citoyen Saint-Laurent-Eglise, qui demandait dimanche la «mise en place d’une médiation externe», prend acte de ces bonnes intentions de part et d’autre. «Nous sommes heureux si une médiation peut se mettre en place, réagit Vincent Léchaire. Même si, dans l’absolu, nous aurions préféré une instance indépendante de l’Eglise et du pouvoir politique.»

Pendant ce temps-là, Daniel Fatzer poursuit sa grève de la faim à Saint-Laurent. Après quinze jours de jeûne, le pasteur licencié continue de dialoguer avec des visiteurs venus le soutenir. «J’espère qu’on trouvera des solutions, dit-il, en premier lieu pour mes collègues.» (24 heures)

(Créé: 29.06.2016, 08h30)

Deux figures parisiennes du protestantisme quittent leurs paroisses

Les pasteurs Gilles Boucomont et James Woody ont officialisé, dimanche 26 juin, leur départ des paroisses parisiennes où ils officiaient depuis plusieurs années.

Tous les deux sont des figures du protestantisme à Paris, appartenant chacun à deux sensibilités différentes de l’Église protestante unie de France (Epudf).

Gilles Boucomont

Né en 1972, le pasteur Gilles Boucomont, originaire de Bourgogne, est en poste depuis 12 ans au temple du Marais, à Paris. Il fut notamment pasteur en Afrique de l’Est, puis à l’Église réformée de Rouen. Il a étudié la théologie, ainsi que les sciences politiques. Il fut également aumônier d’hôpital.

> À lire. L’étonnant succès du temple du Marais

Auteur d’un livre en deux tomes aux Éditions Première partie (Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme et l’esprit, 2010 et 2011), il a gagné une certaine notoriété grâce à son activité sur Twitter. Il est l’un des initiateurs du courant des « Attestants », rassemblant des opposants à la possibilité, ouverte en 2015 par l’Epduf, de bénir des couples homosexuels. Le pasteur Boucomont quitte Paris pour une année sabbatique dans la Nièvre.

James Woody

Également très présent sur les réseaux sociaux, le pasteur James Woody officie depuis 2009 au Temple de l’oratoire, haut lieu du protestantisme libéral à Paris.

> À lire. L’Oratoire du Louvre, navire amiral du protestantisme libéral

Également né en 1972, James Woody a étudié la théologie à Paris, Strasbourg, Montpellier et Jérusalem. Il a notamment été pasteur à Marseille, où il s’est illustré dans le dialogue interreligieux, à travers le travail de Marseille-Espérance, qui réunit les responsables des différents cultes de la cité phocéenne.

Depuis son arrivée à Paris, il préside Évangile et Liberté, qui incarne le courant libéral au sein de l’Église protestante unie de France, et dirige le journal éponyme. Il quitte Paris pour une paroisse de Montpellier.

Loup Besmond de Senneville

Xavier Paillard, un président en pleine tempête

Xavier Paillard dort bien, il nous remercie. Pourtant, depuis dix jours, le président du conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) doit gérer une crise médiatique sans précédent, générée par un pasteur protestant contre son licenciement par une grève de la faim, et occupant l’église lausannoise de St-Laurent.

Le renvoi du pasteur Fatzer, après qu’il ait nommément cité un collègue licencié par l’Eglise lors d’un culte radiodiffusé le 12 juin, a fait l’objet de nombreuses critiques visant le ton cassant et l’autoritarisme du président. «Cela me touche, et c’est normal», admet Xavier Paillard. «Je concède que j’ai un franc parler, que j’ose dire ce que d’autres hésiteraient à formuler. Ma manière d’oser affronter l’adversité peut être perçue comme de l’entêtement mais cela traduit mal mon caractère». Son collègue Jean-Michel Sordet, membre du conseil synodal, le défend. «Xavier Paillard est un homme qui a du leadership et qui défend fermement son morceau. Il est décidé, parfois persévérant et zélé, mais il n’est pas autoritaire».

La confiance en valeur suprême

L’homme de 54 ans, père divorcé de trois enfants, place la confiance en haut de ses valeurs. Celle-là même qu’il donne à Daniel Fatzer et Jean Chollet en 2011, lorsqu’il décide, avec le conseil synodal, de leur confier l’Eglise St-Laurent. «Leur projet proposait des expérimentations novatrices de nouvelles formes d’Eglise. Cette créativité nous a séduits. Dans une institution reconnue, le rôle de provocateur peut être bon car nous avons besoin de têtes qui dépassent. Mais il faut éviter que la provocation ne devienne une écharde ou un obstacle pour les collègues». 

Les pasteurs trublions se spécialisent en coups d’éclat. Un jour, une carcasse de voiture est déposée sur les marches de l’édifice, en référence aux cabossés de la vie. Un autre, une braderie de cercueils est simulée par les deux hommes sur ce même escalier. Mais rapidement, l’attitude des deux hommes a consisté à «rabaisser et critiquer les autres églises lausannoises», selon Xavier Paillard. «Une provocation au service d’un ego personnel plutôt que de l’Eglise, plus perturbatrice que motivante. Ca a été l’objet de nombreuses vexations et colères de la part d’autres pasteurs». 

Aujourd’hui cette confiance est rompue, Xavier Paillard le regrette, et il n’y aura aucune forme de réintégration possible de Daniel Fatzer au sein de l’EERV. «Les choses ont assez duré. Il y a eu assez d’avertissements». 

S’asseoir à une table de négociations

Allongé dans son lit depuis dix jours, au sein de l’église St-Laurent, le pasteur Fatzer demande la démission du président du conseil synodal. Jean-Michel Sordet défend encore son collègue. «Daniel Fatzer et Xavier Paillard, ce ne sont pas deux égos qui s’affrontent, mais un égo contre une décision collégiale. Une décision de renvoi qui a été claire, mettant un terme à un long processus». Lundi, le conseil synodal se réunira. Il faut trouver une solution, rapidement. «Certaines conditions peuvent être négociées», admet Xavier Paillard. «Mais cela nécessite la volonté de sa part de s’asseoir à une table de négociations. Or pour l’instant, je ne vois pas dans son attitude ce qui pourrait rétablir le lien et la confiance». Le groupe de soutien de St-Laurent église demande la mise en place d’une médiation externe à l’EERV et une instance de recours externe.

Quotidiennement, une cellule de crise suit les rebondissements de l’affaire Fatzer. Elle comprend cinq personnes, dont Xavier Paillard qui a suivi des cours de gestion managériale. Il fait également partie d’une équipe de soutien d’urgence qui accompagne les gendarmes lors d’annonces de décès aux familles. Comment faire part de sa foi, lorsque l’on est confronté à «l’innommable de la mort, qui plus est lorsqu’elle est accidentelle»? Cela le touche et le mobilise. Xavier Paillard avait douze ans lorsque l’une de ses deux sœurs aînées meurt en montagne. Il est en Faculté de théologie à l’Université de Lausanne lorsque sa petite sœur décède à son tour en montagne elle-aussi. Dans ces moments, à ses côtés, Dieu est un compagnon de route, un allié. 

Xavier Paillard est profondément attaché au Protestantisme. Le prouvent ses années d’études au collège de St-Maurice, où il fait partie des trois seuls protestants parmi plus de mille élèves catholiques. Les valeurs des Réformés qu’il chérit le plus: le sacerdoce universel, la forte collégialité et la liberté de pensée. Ce n’est pas celle-ci qu’il sanctionne aujourd’hui chez Daniel Fatzer, mais des problèmes déontologiques, répète-t-il.

L'Eglise, une entreprise pas tout à fait ordinaire

Bateau géant comptant 245 ministres, l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) ne se pilote pas au petit bonheur la chance. Mise en cause par le pasteur Daniel Fatzer et d’autres ministres licenciés ces derniers mois, sa gestion est professionnelle, à entendre ses responsables. Son Office des ressources humaines (ORH) est constitué d’un responsable épaulé de deux personnes – pasteurs au bénéfice de formations particulières – ainsi que d’un staff administratif de quatre personnes. Le Conseil synodal a annoncé cette semaine l’engagement d’une personne supplémentaire.

Dotation suffisante? «Le nombre de postes convient à la taille du personnel, assure Line Dépraz, membre du Conseil synodal. C’est confirmé par une commission de six spécialistes en ressources humaines (RH) de diverses institutions, qui nous conseillent. La décision d’engager une nouvelle personne a été prise pour soulager le responsable des tâches administratives et lui permettre de se concentrer sur le suivi.»

Dimension théologique et pastorale

Ce service doit-il être assuré par des pasteurs? «Il est important que les RH ne soient pas des gestionnaires purs, explique Xavier Paillard, président du Conseil synodal. La principale différence avec une entreprise ordinaire, c’est qu’il y a une dimension théologique et pastorale qui doit aussi être évaluée.» L’évaluation a été peu à peu renforcée depuis 2007, date de la sortie de la gestion de l’EERV du giron de l’Etat.

L’Eglise a mis en place un cahier des charges, un règlement pour les défraiements, un entretien annuel pour les ministres, des bilans de mandat et des formations continues. Le Conseil synodal parle d’un «suivi de qualité». Xavier Paillard: «Nous assumons des tâches particulières toujours plus spécialisées. Nous travaillons avec des partenaires comme les hôpitaux ou les prisons, qui réclament des formations spécifiques.» Au risque d’écorner la liberté de certains ministres? «La majorité des collègues sont satisfaits des entretiens et du suivi de leur travail, répond Xavier Paillard. Ceux qui se plaignent, quelque part, n’acceptent pas de rendre des comptes à d’autres personnes. L’ancien système, avant 2007, pouvait être agréable mais certaines paroisses ont souffert de cette situation.»

Composer avec la foi

Est-il plus difficile de gérer des pasteurs et diacres que des employés ordinaires? «Il faut composer avec la foi, qui plus est dans une institution qui compte une pluralité de sensibilités théologiques, admet Line Dépraz. Chaque ministre manifeste des convictions dans son travail. Il peut donc être difficile pour certains de dissocier l’appréciation des prestations de celle de la personne.»

Quant aux licenciements, certains estiment qu’ils ne devraient pas exister à l’EERV, tandis que plusieurs délégués du Synode, réuni à Vaulion la semaine dernière, s’inquiétaient au contraire d’une «surprotection» des pasteurs qui dysfonctionnent. Une certitude: l’EERV n’est pas seule à y avoir eu recours. L’Eglise catholique dans le canton de Vaud a aussi été amenée à licencier quelque six personnes en dix ans et «doit parfois prendre des sanctions», indique la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud (FEDEC-VD). Celle-ci a également rénové tout son système RH, qui prévoit des entretiens annuels. Depuis 2013, les prêtres vaudois sont au bénéfice d’un contrat écrit en bonne et due forme. Une entreprise «presque» comme les autres. (24 heures)

(Créé: 25.06.2016, 08h52)

“Nous pouvons vivre notre ministère en toute liberté”

Lausanne le 16 juin 2016. Le pasteur Daniel Fatzer, en grève de la faim, à l'église Saint-Laurent. (Photo: Joël Burri/Protestinfo)

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Lausanne le 16 juin 2016. Le pasteur Daniel Fatzer, en grève de la faim, à l’église Saint-Laurent. (Photo: Joël Burri/Protestinfo)

24.06.2016 par Maurice Page

Une quarantaine de pasteurs, diacres et animateurs laïcs, ministres de l’Eglise évangélique du canton de Vaud (EERV) soulignent dans une lettre ouverte, parue le 24 juin 2016 dans le quotidien 24 heures, leur fidélité aux autorités de leur Eglise. Ils rejettent l’allégation d’autoritarisme envers le conseil Synodal lancé par le pasteur Daniel Fatzer en grève de la faim, dans l’église St-Laurent de Lausanne, pour protester contre les licenciements.

“Nous contestons l’allégation selon laquelle nous sommes contraints de nous soumettre à une seule vision d’Eglise ‘autoritariste’”, écrivent les ministres vaudois. Les signataires se disent “blessés par les nombreuses pages consacrées à la grève de la faim du pasteur Fatzer”. Pour eux, le conflit entre le pasteur et le Conseil synodal n’est pas autre chose qu’un litige entre employé et employeur. “Nous confirmons que nous avons le droit de parole et que nous sommes très divers, fort heureusement. […] Nous affirmons que nous pouvons vivre notre ministère en toute liberté et en dialogue avec le Conseil synodal et les ressources humaines, dans le respect mutuel”, conclut la lettre.

“Où est la dignité de leur ministère ?”

Dans la même page du journal, le pasteur Daniel Freymond, signataire de la lettre collective, prend aussi individuellement vivement à partie son confrère Fatzer: “Ce qui est par contre choquant et déplacé c’est l’attitude de certains collègues qui se mettent en scène de manière pathétique […]en entamant une grève de la faim, tout cela en convoquant les médias avec fracas. Où est la dignité de leur ministère? Que font-ils du respect du travail de leur collègues et des laïcs qui jour après jour ne comptent pas  leurs forces pour construire une Eglise belle et vivante?” (cath.ch-apic/24h/mp)


Le Synode de l'EERV tient au moins deux séances ordinaires par année, ainsi que des séances extraordinaires chaque fois que les dossiers l’exigent (Photo: eerv.ch)

Le Synode de l’EERV tient au moins deux séances ordinaires par année, ainsi que des séances extraordinaires chaque fois que les dossiers l’exigent (Photo: eerv.ch)

Lausanne le 16 juin 2016. Le pasteur Daniel Fatzer, en grève de la faim, à l'église Saint-Laurent. (Photo: Joël Burri/Protestinfo)

Lausanne le 16 juin 2016. Le pasteur Daniel Fatzer, en grève de la faim, à l’église Saint-Laurent. (Photo: Joël Burri/Protestinfo)

Vent de résistance dans l'église

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27.6.2016
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Conflit à l'Eglise vaudoise: Béatrice Métraux prête à intervenir

Comment mettre fin à un conflit qui s’enlise? L’occupation de l’église Saint-Laurent par Daniel Fatzer, en grève de la faim depuis une semaine, agite les esprits. De nombreuses personnes soutiennent le pasteur licencié dans son bras de fer contre l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV).

En face, des croyants et des ministres de l’Eglise jugent que cette affaire a assez duré. En témoigne un courrier signé de 40 ministres de l’EERV, que nous publions aujourd’hui. Les signataires se disent «blessés» par l’importance prise par cette histoire dans les médias. Ils affirment, pour leur part, «vivre leur ministère en toute liberté» au sein de leur Eglise.

Arrêter les frais

Entre un Conseil synodal qui déplore un «dégât d’image» jour après jour et un pasteur enfermé dans son combat, le mieux serait d’arrêter les frais. Mais qui pourrait ramener tout le monde à la table des négociations? Un nom était sur toutes les lèvres ce jeudi: Béatrice Métraux. La conseillère d’Etat a déjà offert ses bons services mercredi dernier, en organisant une séance de médiation entre Daniel Fatzer et le Conseil synodal. Elle n’a débouché sur aucun accord. Mais la ministre, qui refuse de commenter la situation, se dit aujourd’hui «à la disposition du pasteur comme du Conseil synodal pour reprendre la médiation».

Message entendu par Daniel Fatzer: «Elle m’a dit qu’elle était en tout temps à disposition pour prendre rendez-vous et nous sommes en train d’en discuter avec d’autres pasteurs licenciés.» Le Conseil synodal ne dit pas non. «Il n’est pas exclu que Béatrice Métraux puisse à nouveau être sollicitée, admet son président, Xavier Paillard. Mais nous devrons d’abord nous mettre d’accord sur le cadre exact d’une médiation.» L’attitude adoptée par le pasteur Fatzer depuis une semaine «ne rétablit ni le lien ni la confiance», estime Line Dépraz, membre du Conseil synodal.

Le Conseil synodal indique qu’il pourrait «prendre une décision» en début de semaine. Il est épaulé par la cellule de crise interne (une instance permanente composée de cinq personnes). «Quelques personnes extérieures, dignes de confiance, pour nous autant que pour Daniel Fatzer, pourraient également nous aider si une nouvelle médiation est entreprise», explique Line Dépraz.

Deux visions

Pour l’heure, les visions restent aux antipodes. Le Conseil synodal ne remet pas en cause le licenciement de Daniel Fatzer «avec effet immédiat». Le pasteur trublion a été licencié «pour justes motifs» mercredi de la semaine dernière après qu’il a prononcé le nom d’un collègue congédié et mis en cause nommément un ancien président du Conseil synodal lors d’un culte en direct sur Espace 2. Cette sanction est tombée après plusieurs mises en garde pour des faits antérieurs. «La décision de licenciement était motivée et elle était collégiale, rappelle Xavier Paillard. C’est une question d’équité en Eglise.»

Daniel Fatzer, quant à lui, en appelle à la liberté de parole: «On dit que j’ai été averti, recadré, accompagné, mais le président du Conseil synodal n’est pas un instituteur et cette Eglise n’est pas une salle de classe.» Le pasteur licencié réclame non seulement sa réintégration comme ministre dans l’EERV, mais aussi «un moratoire» sur les licenciements de quatre autres pasteurs intervenus depuis deux ans. Le Conseil synodal a pour l’instant pris acte de ces demandes «uniquement par voie de presse». (24 heures)

(Créé: 24.06.2016, 06h44)

«Il est grave de dicter à un pasteur sa façon de prêcher»

À l’église St-Laurent à Lausanne, le pasteur Daniel Fatzer entame sa deuxième semaine de grève de la faim. Son employeur, le conseil synodal de l’Eglise réformée, campe sur ses positions et maintient son licenciement. Tandis qu’un comité de soutien s’est formé autour de l’homme d’Eglise dans la capitale vaudoise; insolite, l’avocat genevois Marc Bonnant, qui ne place pourtant pas la piété au centre de ses vertus, lui manifeste son appui.

Le Temps: Vous avez rencontré Daniel Fatzer et Jean Chollet, les deux pasteurs de l’église St-Laurent, il y a trois ans, lorsqu’à leur demande, vous avez plaidé la défense de Judas durant un culte. Le spectacle et le spectaculaire sont-ils nécessaires aujourd’hui pour remplir un temple?

Marc Bonnant: Ces deux personnages prônent la joie comme chemin, et non comme but ultime. Leur hédonisme est remarquable. Avec eux, la foi est joyeuse, la profondeur légère et la légèreté n’est pas une futilité. Cela tranche avec l’art de la contention et de la rétention que prescrit le Protestantisme. Un protestant qui rit est une anomalie théologique. Un pasteur gai est un oxymore.

La manière dont prêche un pasteur relève de la liberté d’expression

– Daniel Fatzer est aujourd’hui licencié parce qu’il a, sur les ondes, nommément cité un collègue licencié par l’Eglise. Ne sanctionnez-vous pas son non-respect de la hiérarchie?

– Qu’y a-t-il de plus chrétien que de prendre part à la détresse de son frère? Porter le destin de l’autre, accueillir son espérance, voilà ce que la Bible nous enseigne. Il a bafoué la hiérarchie administrative, pour respecter la parole de Dieu. Rappelez-vous: la loi d’Antigone est plus forte que la loi de Créon.

– Son licenciement devrait donc, selon vous, être suspendu?

– Je ne connais pas le dossier. Mais si c’est sa manière inorthodoxe de pratiquer que l’on sanctionne, je trouve très grave de dicter à un homme de Dieu la façon dont il doit parler de la Foi. Si à ses côtés, comme je l’ai vu dans ses cultes, les hommes et les femmes poussent en hauteur, c’est qu’il fait juste. Si les âmes sont plus tranquilles en sortant de son prêche, que les comportements sont plus harmonieux, le but est atteint. Et la manière dont il le fait relève presque de la liberté d’expression.

– Les deux parties campent aujourd’hui sur leurs positions. Que préconisez-vous?

– Si j’étais Xavier Paillard, le président du conseil synodal, j’irais interroger les fidèles de St-Laurent. J’encourage toujours le dialogue. Lorsque les hommes se parlent, le malentendu est dissipé. Dieu ne nous a pas donné la parole pour dire la vérité, mais pour nouer des rapports harmonieux avec le monde.

Le pasteur Veldhuisen prend sa retraite

Le pasteur Evert Veldhuisen a célébré son dernier culte au temple de Rouillé: « un culte de reconnaissance » donné à l’occasion de son départ dimanche dernier. Le pasteur Guillaume de Clermont participait à la cérémonie. Il est président du conseil régional de l’Église Protestante Unie de France ainsi que les pasteurs et les membres des autres paroisses réformées du Poitou et que les responsables ou leurs représentants d’autres églises et des municipalités. Son mandat s’achèvera au 30 juin. Il a passé dix ans sur le poste de l’Église réformée du canton de Lusignan et il quittera avec sa famille Rouillé fin août pour la région parisienne.

« J’ai souhaité prendre la retraite plus tôt (deux ans) afin de me consacrer pleinement aux recherches en Amérique latine. J’envisage d’apprendre l’espagnol et d’effectuer des séjours d’études dans divers pays. L’objectif est de mieux connaître les nouveaux protestantismes là-bas qui vivent une croissance exponentielle depuis les années 1970. Comptant jusqu’alors à peine 1% de la population d’Amérique latine, les protestants composent à présent environ 15%. »
Son ministère pastoral a commencé en 1988, suite aux études de théologie effectuées en France. Avec sa famille, il était à Saint-Étienne, Alès et Roubaix avant d’arriver dans le Poitou. A côté du ministère en paroisse, il a soutenu en 1995 une thèse de doctorat en Histoire de Religions et est président de l’Association des Pasteurs de France depuis 2008. Il a grandi aux Pays-Bas et immigré en France en 1981. Hélène son épouse et lui ont eu cinq enfants et deux petits-enfants. Leur fils David est pasteur dans l’Ardèche. « Nous nous souviendrons avec reconnaissance des Poitevins qui nous ont bien accueillis et avec qui nous avons pu parcourir un bout de chemin sous le regard de Dieu. »
Un verre de l’amitié a été partagé dans une salle de la mairie.

Les raisons d'un malaise chez les pasteurs vaudois

Alors que le pasteur Daniel Fatzer poursuit sa grève de la faim à Saint-Laurent, les critiques se multiplient contre l’institution. Les dirigeants de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) sont accusés d’autoritarisme. Cinq licenciements de pasteurs en deux ans et «des lettres dont le contenu fait froid dans le dos», selon l’expression de l’ancienne conseillère nationale Suzette Sandoz, tendent à le prouver.

Certaines phrases extraites des courriers du Conseil synodal ou de l’Office des ressources humaines (ORH), que nous nous sommes procurés, révèlent des rapports pour le moins tendus. Licencié en 2015, neuf mois après son épouse, l’ancien pasteur de Château-d’Œx, Bertrand de Felice, se voit mis en demeure par une lettre au ton comminatoire de «rendre les clés». Il lui est désormais interdit de «se présenter comme ministre de la paroisse et de porter sa robe de pasteur». Quant à Daniel Nagy, l’ancien pasteur de Gryon licencié en 2014, il écrivait au Conseil synodal en juillet 2015 pour lui proposer, dans un esprit de «pardon», de «régler les différends autrement que par la voie judiciaire». Ce dernier lui répond cinq jours plus tard par une douche froide: son courrier «dénote une confusion de niveaux».

Le pasteur M., licencié il y a quelques semaines, s’est vu soupçonné de tricherie dans un courrier daté d’avril 2015. «Vous êtes mécontent des décisions successives (…) et vous avez trouvé plus commode de vous faire délivrer un certificat qui présente toutes les apparences de la complaisance que de faire votre travail. Ce mode de faire est indigne de votre ministère», écrit le responsable de l’ORH. Le pasteur M. a déposé une plainte contre l’auteur de cette lettre. «S’agissant d’une profession telle que la mienne, de tels propos sont choquants, estime M. Ils m’ont blessé, déstructuré et aggravé l’état de ma santé.»

Daniel Fatzer s’est enflammé pour la cause de ces collègues licenciés. Avec son confrère Jean Chollet, il avait invité Daniel Nagy à faire une prédication à l’église Saint-Laurent en décembre 2014. Refus du Conseil synodal, qui interdit alors ladite prédication. S’ensuit un rectificatif dans la Newsletter de Saint-Laurent, précisant que «[les pasteurs] ont commis une erreur d’appréciation et de loyauté à l’endroit de l’Eglise en invitant Daniel Nagy». Daniel Fatzer a lui-même reçu des lettres au ton plutôt ferme: «La liberté d’opinion trouve ses limites dans le devoir de fidélité que vous avez à l’égard de votre employeur», lui écrit le Conseil synodal en 2015, qui lui signifie un «avertissement ultime».

«Justes motifs»

Les dossiers de ces pasteurs licenciés font aujourd’hui l’objet de recours en justice. Le procès aux prud’hommes de Daniel Nagy a débuté ce printemps, les autres suivront. «Nous contestons les méthodes du Conseil synodal et nous sommes indignés. Il fait preuve de violence et il oublie qu’il est le seul employeur, en tout cas le principal, pour des pasteurs dans le canton de Vaud», clame Daniel Nagy, qui a aujourd’hui retrouvé du travail à Fribourg.

Le Conseil synodal serait-il un employeur brutal et sans égard? Son président, Xavier Paillard, s’en défend (lire ci-contre). A l’entendre, les situations de ces ministres, toutes différentes, ont fait l’objet de discussions nombreuses et d’offres de médiation. En fin de compte, les licenciements ont été prononcés pour «justes motifs», différents selon les cas. Le pasteur Fatzer a commis une faute en citant nommément des personnes lors d’un culte radiodiffusé. Le pasteur Nagy a refusé les postes que lui offrait l’EERV. Pour les autres cas, la discrétion est de rigueur pour l’instant. Pas question en tout cas de décréter un «moratoire sur les licenciements» de ces pasteurs.

Et «l’amour du prochain»?

Xavier Paillard se défend d’être autoritaire. «A mon sens, précise-t-il, il ne faut pas confondre gentillesse ecclésiastique et amour du prochain. Celui-ci nous demande d’avoir des exigences envers soi-même comme envers les autres.»

Un observateur de l’Eglise vaudoise, extérieur aux instances, croit savoir que «ce n’est pas le Conseil synodal qui a commencé à hausser le ton et à envoyer des lettres au ton ferme et judiciaire, mais plutôt certains pasteurs. Cela ne favorise pas le dialogue.» Quoi qu’il en soit, «nous constatons bel et bien un durcissement et une difficulté d’écoute», s’inquiète Eric Bornand, président de la Ministérielle – l’association professionnelle des pasteurs. Les commissions de médiation et de traitement des litiges, confirmées par le Synode, devraient faciliter les choses à l’avenir. En attendant, l’EERV se retrouve avec une grève de la faim et plusieurs procès.


Extraits de courriers qui ont choqué

«Ce certificat (médical) nous plonge dans la perplexité. (…) Vous avez trouvé plus commode de vous faire délivrer un certificat qui présente toutes les apparences de la complaisance que de faire votre travail. Ce mode de faire est indigne de votre ministère»

Lettre du responsable de l’Office des ressources humaines (ORH) au pasteur M. du 30 avril 2015

«Votre courrier (…) a retenu toute notre attention. Il dénote malheureusement une confusion de niveaux (…) Nous ne sommes pas fâchés avec vous. Une démarche de pardon ne saurait résoudre les problèmes qui nous ont conduits à la présente situation»

Lettre de Xavier Paillard à Daniel Nagy, le 7 juillet 2015. Remercié en 2014, ce dernier proposait de «régler les différends autrement que par la voie judiciaire»

«Par la présente, nous vous mettons en demeure de rendre à la présidente du Conseil paroissial les clés (…) que vous avez encore à votre disposition (…) Nous vous faisons formellement interdiction de vous présenter désormais comme ministre de la paroisse et de porter votre robe de pasteur»

Lettre du Conseil synodal à Bertrand de Felice, le 29 avril 2015

«(…) Visiblement, vous ne parvenez pas à faire la différence entre ce qui est de l’ordre de la provocation et de celui de l’exercice de votre ministère»

Lettre du Conseil synodal à Daniel Fatzer, le 21 janvier 2015 (24 heures)

(Créé: 22.06.2016, 06h36)

Etats-Unis: La mission du pasteur c'est de «proclamer les Ecritures, pas de faire de la politique»

L’approche des élections présidentielles suscite de vifs débats au sein des Eglises américaines. Le 15 juin, lors de la rencontre annuelle de la Convention Baptiste du Sud (SBC) une table ronde s’est penchée sur le thème de la politique. Cinq pasteurs membres de la SBC se sont exprimés sur la façon d’accompagner leurs Eglises au milieu de la multiplication des débats politiques. Tous étaient d’accord avec David MacKinley, pasteurs en Géorgie, qui ne veut pas «(…) ajouter à la polémique. Je veux aider les gens à penser bibliquement».

Au sujet des élections présidentielles, l’ancien président de la SBC Jack Graham a une recommandation : «Il ne faut pas s’abstenir d’aller aux urnes». Selon lui, les responsables chrétiens ont «la responsabilité de prier et de voter, et d’encourager leur communautés à faire de même». La SBC encourage les chrétiens à s’impliquer localement dans le domaine politique et à prier pour les autorités.

La Rédaction d’Evangeliques.info/Bpnews – 21 juin 2016 13:01

Des citoyens lancent un manifeste à Saint-Laurent

Saint-Laurent, c’est désormais un mouvement, un manifeste et des actions collectives. Un groupe de citoyens s’est réuni dimanche après le culte afin de soutenir le pasteur Daniel Fatzer, en grève de la faim depuis jeudi après son licenciement avec effet immédiat de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV).

Officiellement créé ce lundi soir, avec un comité de neuf membres, le Mouvement des Citoyens Saint-Laurent-Eglise a rédigé et approuvé un manifeste. «Nous nous levons pour défendre et préserver notre communauté qui est mise en danger par les décisions du Conseil synodal et le licenciement immédiat de l’un de nos pasteurs», dit le texte. Au-delà de la défense d’un ministre, le manifeste «s’indigne» des méthodes de gouvernance dans l’EERV: le Conseil synodal a agi «sans avoir consulté notre conseil. En prenant cette décision elle n’a tenu aucun compte de notre vie communautaire, de nos projets, et de nos liens spirituels et amicaux avec nos ministres, ce qui est fondamental dans l’esprit de la Réforme.»

Le manifeste précise ensuite: «Comme communauté de croyants, nous sommes l’Eglise, corps du Christ, et non pas les clients d’une structure hiérarchique.» Ajoutant que «cette dernière a été créée pour être au service des croyants et non l’inverse». Selon Vincent Léchaire, qui parle au nom du Mouvement, «ce manifeste veut rappeler qu’il n’y a pas de hiérarchie pyramidale dans l’Eglise réformée, ou alors ce serait une pyramide inversée». Le manifeste souhaite en conséquence «un dialogue» avec le Conseil synodal et qu’une médiation soit mise en place «afin de sortir de l’impasse». Il réclame aussi une réintégration du pasteur Daniel Fatzer et «le maintien de notre communauté dans son originalité, sa diversité et son ouverture».

Récolte de signatures

Une page «Mouvement citoyen Saint-Laurent-Eglise» a été créée lundi soir sur Facebook. Elle permet de signer le manifeste et de s’inscrire à une lettre d’information. Le Mouvement animera une «célébration laïque» chaque jour à 18 h 30. Des membres du mouvement se relaieront pour dormir avec le pasteur Fatzer: une tente a été montée dans l’église. Des personnes seront également présentes pour jeûner et prier avec lui aux heures des repas. Membre du mouvement, Geneviève Schneeberger s’est sentie appelée car «dans un monde marqué par les conflits, l’Eglise doit montrer un chemin de tolérance». Ami d’études de Daniel Fatzer, en visite à Saint-Laurent, le pasteur Gérard Pella a observé la naissance d’un mouvement «qui se veut solidaire d’une cause sans agressivité vis-à-vis du Conseil synodal». (24 heures)

(Créé: 20.06.2016, 22h39)

Duel de fortes têtes chez les protestants vaudois

Sur la terrasse du Château d’Ouchy, mercredi soir dernier, le pasteur Daniel Fatzer, la gorge nouée, fait face à son épouse. Il l’a appelé en sortant du bureau de la conseillère d’Etat Béatrice Métraux. «Viens, je t’invite à dîner». La nouvelle qu’il a reçue dans l’après-midi l’a laissé abasourdi. Xavier Paillard, le président du conseil synodal, l’organe exécutif de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV), l’avait convoqué pour lui annoncer son licenciement avec effet immédiat, après trente-trois ans d’office. La ministre verte vaudoise jouait le rôle de médiatrice.

Lire aussi: «Faire à sa manière, c’est très protestant»

Devant un filet de féra du lac et un verre de St-Saphorin, Daniel Fatzer retourne la situation dans sa tête. Pasteur trublion et provocateur au sein de son Eglise de St-Laurent, il vivait sous le coup d’un ultimatum de l’EERV depuis longtemps. «Voilà, on y est», se dit-il, presque soulagé. Dès lors que faire? Il pense à ses collègues déjà licenciés, dont certains ont assigné l’église en justice. Il sent Dieu à ses côtés. Il médiatisera l’affaire. Sa femme, bien que très inquiète, le soutiendra. Au pied du donjon, construit en 1177 par l’évêque Landry de Durnes, Daniel Fatzer prend son dernier repas. Il entame aujourd’hui son sixième jour de grève de la faim.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur les relations entre les pasteurs et les églises en 2007, l’EERV fait face à de nouvelles responsabilités d’employeur. Les pasteurs et les diacres ne dépendent plus de l’Etat, mais du Conseil synodal. Et l’apprentissage se passe dans la douleur. Alors que Xavier Paillard a succédé à Antoine Reymond à la présidence de l’exécutif de l’église, cinq licenciements ayant trait à des rapports tendus avec l’autorité ecclésiale, et autant de procédures au tribunal ont eu lieu ces deux dernières années.

Depuis une semaine, la situation s’est encore aggravée et le tableau n’est pas beau. D’un côté, un pasteur amaigri, alité au sein de l’Eglise St-Laurent demande sa réintégration immédiate et la création d’une commission de sages discutant d’une réinsertion de ses collègues licenciés. «Je me demande si ce ne sont pas ces gens qui renvoient à tour de bras qui devraient offrir leur démission!», lance le protestataire. De l’autre, un conseil synodal qui campe sur ses positions. «Nous n’allons évidemment pas revenir sur notre décision, surtout depuis la médiatisation hors pair générée par Daniel Fatzer. Quant aux autres cas de licenciements, ils ne résultent en rien d’autoritarisme», dit Xavier Paillard.

Lire également notre éditorial: De quoi le malaise Fatzer est-il le nom?

Suzette Sandoz, ancienne conseillère nationale libérale venue porter soutien au gréviste, juge scandaleuse cette absence de gestion des ressources humaines au sein de son église. «Je tombe des nues lorsque je vois le ton avec lequel sont écrites les lettres du conseil synodal. Cherchent-ils vraiment à donner l’image du plus mauvais employeur du canton?»

Pourtant, l’église réformée vaudoise se veut plus collégiale qu’autoritaire. «Si nous n’étions pas dans l’Eglise protestante, nous ne pourrions pas avoir un pasteur qui s’attelle à défier l’église! C’est justement parce que celle-ci n’a pas reçu la transmission du pouvoir de Saint-Pierre qu’elle ne peut prétendre à l’exclusivité théologique», relève Suzette Sandoz.

Membre du synode qui s’est réuni ce week-end, Suzette Sandoz est convaincue qu’une réconciliation est la seule solution. «Le conseil synodal doit accepter que les règles fassent l’objet de lectures différentes. Nous sommes une église, nous savons interpréter les textes… Mais je suis entourée de personnalités têtues», dit-elle en lançant un sourire à Daniel Fatzer, fermement installé dans son lit.

L’affaire n’est pas près d’être terminée. Samedi, le parlement de l’EERV a créé une commission de médiation et de traitement des litiges qui verra le jour dès le 1er juillet. Mais dimanche, pendant le culte de Saint-Laurent, des membres du conseil synodal sont entrés pour s’assurer que Daniel Fatzer ne prêchait pas. Durant dix minutes, ils ont justifié le licenciement de l’alité devant l’assemblée: «La déontologie ne lui permettait pas de citer nommément, durant le culte, sur les ondes radiophoniques le nom d’un collègue licencié par l’Eglise.» Une cellule de crise, composée notamment de Xavier Paillard, s’est réunie lundi soir pour prendre acte des «effets collatéraux du licenciement de Daniel Fatzer».

De quoi le nom de Daniel Fatzer sera-t-il l’écho? Bien que les questions religieuses relèvent des compétences cantonales, Daniel Fatzer a reçu de nombreux témoignages de dysfonctionnements paroissiaux au niveau suisse. «Je crois que mon cas va faire bouger les choses», confie-t-il.

«Faire à sa manière, c'est très protestant»

A Pâques, le pasteur Fatzer avait aligné des cercueils devant l’église Saint-Laurent pour réveiller les consciences. C’est désormais dans un lit installé dans l’église qu’il repose, en espérant faire valoir ses droits.

Lire également: Duel de fortes têtes chez les protestants vaudois

Et voilà l’Eglise évangélique réformée reléguée au rang d’employeur comme un autre. C’est particulièrement vrai dans le canton de Vaud, où elle est une institution publique, dont le rôle de soutien aux besoins sociaux et spirituels de la population est reconnu, et où le Conseil synodal est un centre de pouvoir important.

«Les protestants protestent, c’est dans leurs gènes»

Mais la méthode radicale de la grève de la faim ressort-elle de l’identité de l’Eglise réformée, ou est-elle le fait d’une personnalité singulière? «Le licenciement face aux erreurs du pasteur se comprend. Mais il faut aussi comprendre que les protestants protestent, c’est dans leurs gènes», répond Jörg Stolz, professeur de sociologie des religions à l’Université de Lausanne. Daniel Fatzer n’est d’ailleurs pas un cas singulier. En 2014, le pasteur Daniel Nagy s’était indigné contre son licenciement en s’affichant devant la cathédrale de Lausanne, en robe pastorale noire et avec un scotch sur la bouche, à côté d’une pancarte où il était écrit «Non à ce Conseil synodal qui licencie froidement un jeune pasteur».

Lire aussi notre éditorial: De quoi le malaise Fatzer est-il le nom?

Des méthodes qui plairaient à la gauche syndicale, mais qui trouvent paradoxalement un fondement historique dans le libéralisme du XIXème siècle. Car qui dit libéralisme, dit individualisme et liberté d’opinion et d’action. «Ce qui implique que les pasteurs prêchent selon leurs convictions propres, ajoute Jörg Stolz. Même chose quand ils manifestent. Faire à sa manière, c’est très protestant.»

Manque de leadership

Et c’est là que le corollaire à cette liberté devient une épine dans le pied de l’institution. Car chaque église cantonale en fait à sa guise, et chaque pasteur aussi. A avoir des chapelles autonomes, l’Eglise réformée s’est émiettée au point de ne plus garder de leadership. La réflexion y est menée localement, contrairement au catholicisme qui répond à une hiérarchie internationale et à une tradition hiératique. «Du coup, l’Eglise réformée peine à définir quelles sont ses croyances, quels sont ses principes», ajoute le professeur. Il a constaté que l’organisation entre églises cantonales et pasteurs était compliquée, tout comme celle entre les entités cantonales et la Fédération des Eglises protestantes de Suisse.

L’église comme laboratoire de nouvelles méthodes

Il faut ajouter à ce problème structurel la sécularisation galopante qui touche le protestantisme classique. Menacées de déclin, les Eglises cantonales tentent de reprendre la main en proposant de renouveler le culte et les rites. «Elles essayent de proposer des lieux phares plus attractifs pour de nouveaux groupes cibles, avec des offres spécifiques sur ce marché de la spiritualité», poursuit Jörg Stolz. C’est donc en raison de son non-conformisme que le pasteur Fatzer, très éloigné des normes du pasteur classique, avait été engagé. Dans la même mouvance, un loubard québécois devenu pasteur avait, en 2000, installé un bistrot dans un temple genevois. «L’église Saint-Laurent devait être en quelque sorte un laboratoire de nouvelles méthodes de vivre le culte, censées amener un autre public à l’église, explique Christophe Monnot, professeur de sociologie des religions à l’Université de Lausanne. Pour ce faire, une certaine provocation n’était pas exclue. Mais il a sans doute franchi une frontière implicite que son contrat ne prévoyait pas.»

«Ils travaillent pour eux-mêmes»

Partant, les actions coup de poing de ces pasteurs tonnerre ne renforcent pas l’institution, au contraire: «Ils ne travaillent pas pour l’Eglise, mais pour eux-mêmes, estime Christophe Monnot. En fait, ce sont des pionniers. Et les pionniers ne peuvent pas devenir des colons.» Leurs méthodes vindicatives ont plutôt pour effet de désacraliser l’institution. «Cette grève de la faim nuit à l’institution, relève Jörg Stolz. Car celle-ci ne peut survivre qu’avec des lignes directrices».

Mais qu’importe à Daniel Fatzer, pasteur iconoclaste et communiquant de talent. Il avait promis à son employeur le «feu d’artifice médiatique» en guise de punition. C’est aux feux de l’enfer qu’il envoie son église.


Le déclin du protestantisme en chiffres

Si la Suisse comptait 60% de protestants en 1900, ils ne sont plus aujourd’hui que 26%. Selon la dernière enquête de l’Office fédéral de la statistique basée sur 2014, les catholiques romains sont 38%, les autres communautés évangéliques 1,7% et les autres communautés chrétiennes 5,7%. 22% se déclarent sans religion. L’apport migratoire a profité aux catholiques, mais pas aux protestants. Dans les églises réformées, 86% des fidèles ne sont pas issus de la migration. C’est aussi une église vieillissante, puisque 22% des gens ont entre 15 et 34 ans, et 32% ont 65 ans ou plus.

Suisse: La grève de la faim du pasteur licencié se poursuit

La mobilisation continue pour entourer le pasteur protestant Daniel Fatzer, qui a entamé le 16 juin une grève de la fin dans l’église de Saint-Laurent, à Lausanne. Un comité a ainsi été constitué selon le mot d’ordre «Touche pas à mon église, touche pas à mon pasteur», rapporte le quotidien 24 Heures.

Licenciement immédiat

Tout a commencé lors d’un culte radiodiffusé sur Espace 2, le 12 juin. Daniel Fatzer a cité une prière, puis a expliqué que l’auteur de ces lignes subissait des injustices ecclésiales graves, puisqu’il venait d’être licencié par l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV). Au cours du même culte, Daniel Fatzer a critiqué un ancien membre des autorités de l’EERV. Peu après, le pasteur a été licencié pour faute grave. Par sa grève de la faim, le pasteur veut dénoncer les nombreux licenciements qui ont touché les pasteurs de l’ERRV.

Révolte contre le fonctionnement de l’EERV

Il a expliqué à la RTS, le 16 juin au soir: «Si j’étais le premier, je n’aurais peut-être pas manifesté comme je le fais, mais je suis en l’occurrence le cinquième ou le sixième qui va ouvrir probablement un septième procès. Je pense qu’en deux ans, sept procès qui se mettent en route contre l’employeur Eglise, ça pose un vrai problème.»

L’affaire fait évidemment jaser. Le 18 juin, sur le marché jouxtant l’église Saint-Laurent, les passants étaient interpellés par cette grève de la fin peu commune en plein coeur de Lausanne. Un fidèle de l’EERV clamait par exemple à qui voulait l’entendre que l’Eglise réformée fonctionnait désormais comme une entreprise et que tous les chrétiens de bonne volonté devaient témoigner leur solidarité à Daniel Fatzer.

L’EERV regrette ces événements

Lors du synode de l’EERV, les 17 et 18 juin à Vaulion, la question a bien sûr été abordée. Les délégués ont notamment regretté la mauvaise image que cette affaire faisait peser sur leur Eglise. Ils ont rappelé aussi que les divergences duraient depuis un moment avec Daniel Fatzer, qui avait déjà reçu plusieurs avertissements et qui n’avait pas tenu compte de ce qui avait été convenu avant sa prise de parole à la radio.

La Rédaction d’Evangeliques.info – 20 juin 2016 10:54

Côte d'Ivoire/ Fin de formation pour 15 étudiants pasteurs à l'Institut pastoral Hebron de Bouaflé

La 14ème promotion des étudiants pasteurs de l’Institut pastoral Hébron de Bouaflé

Bouaflé, 19 juin (AIP) – Quinze étudiants pasteurs de l’Institut pastoral Hebron (IPH) de Bouaflé (Centre-ouest, région de la Marahoué) ont reçu, samedi, leurs diplômes de fin de formation, à l’occasion d’une cérémonie qui s’est déroulée en présence des autorités religieuses et municipales. Ces étudiants originaires de la Côte d’Ivoire et du Sénégal font partie de la 14ème promotion qui a effectué quatre années d’étude sanctionnées par des diplômes. Ils ont été invités à être des modèles et à propager l’évangile de Jésus-Christ dans le monde entier afin de sauver des âmes. L’IPH se fixe pour objectif de former les leaders des églises évangéliques de l’Afrique francophone en communiquant un savoir-faire mais surtout un savoir-être. En…

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Côte d'Ivoire /Sortie de la 14ème promotion des étudiants pasteurs à Bouaflé

Sortie des élèves pasteurs de l’IPH de Bouaflé (image d’archive)

Bouaflé, 18 juin (AIP) – l’Institut pastoral Hébron (IPH) de Bouaflé (Centre-ouest, région de la Marahoué) organise samedi la sortie de la 14ème promotion des étudiants pasteurs, indique une note dont l’AIP a reçu copie. L’IPH se fixe pour objectif de former les leaders des églises évangéliques de l’Afrique francophone en communiquant un savoir-faire mais surtout un savoir-être. Depuis 24 ans d’activités de formation biblique et théologique, l’Institut reçoit des étudiants en provenance du Bénin, Sénégal, Guinée Conakry, Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Son programme d’enseignement est de deux ordres, notamment, le cycle d’enseignement supérieur et la formation pastorale, souligne-t-on. (AIP) zaar/kam

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