L'Église méthodiste du Bénin lance un mois de jeûne et de prière pour la réconciliation

Le pasteur Nicodème Alagbada bénit les membres d'une chorale. / Photo Marie-Valentine Zinsou

Le pasteur Nicodème Alagbada bénit les membres d’une chorale. / Photo Marie-Valentine Zinsou

L’Église protestante méthodiste du Bénin (EPMB) a appelé ses fidèles à jeûner et à prier pour la réconciliation de ses membres divisés depuis 20 ans.

« Que Dieu soutienne nos efforts afin que notre réconciliation et notre réunification soient effectives ». Nicodème Alagbada, président de l’Organe transitoire de gestion (OTG) de l’Église protestante méthodiste du Bénin, a ainsi lancé, dimanche 21 mai à Ekpè, le mois de jeûne et de prière qui se tient du 24 mai au 23 juin.

Les pasteurs ont exhorté les fidèles à implorer l’Esprit car « la victoire est assurée pour ceux qui luttent à genoux ». Les mercredis et vendredis seront consacrés à ce temps de prière à partir des passages bibliques. Ce qui réjouit les fidèles. Pour Alfred Sagbohan, 53 ans, « nous ne sommes pas fiers de cette situation, mais à présent, l’EPMB rayonnera de nouveau ».

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« Ce temps de jeûne et de prière affermira notre cheminement vers la réconciliation », affirme de son côté Christelle Ganhou, 19 ans. En effet, depuis 1997, un conflit oppose les méthodistes du Bénin. « Mais la médiation de Patrice Talon, président du Bénin, a conduit à la signature d’une convention le 3 juillet 2016 », rapporte le pasteur Alagbada.

Un comité est investi de la mission de réunifier l’Église « après les années passées dans le désert de la division, de la haine et de la souffrance, loin de Dieu ». C’est l’OTG. Lors de ses tournées dans les régions synodales de l’EPMB, il découvre que cette mission ne peut se faire sans la prière. Ainsi, le mois de mai est choisi pour jeûner et prier. Pourquoi ? « Selon l’histoire du méthodisme, John Wesley son initiateur a connu un réveil spirituel le 24 mai 1758, veille de la Pentecôte. L’EPMB aussi amorce sa renaissance spirituelle à cette date », poursuit le pasteur Alagbada.

« Ce mois est sacré, nous plierons le genou devant Dieu »

Coïncidence ou providence ? « Dans un courrier, le Conseil œcuménique des Églises nous invite à consacrer le 21 mai 2017 à la prière pour l’éradication de la famine dans le monde ». Le temple d’Ekpè retenu pour le lancement a accueilli la proclamation de l’autonomie de l’EPMB le 7 mars 1993, rappelle Nicodème Alagbada.

Roger Houngbèmè, 49 ans, content du dénouement du conflit, se rassure de « prier intensément pour la réconciliation des cœurs désunis ». Pour David Soton, 49 ans, « ce mois est sacré, nous plierons le genou devant Dieu qui nous rétablira dans l’unité ». Ce temps de prière sert aussi à préparer les fidèles au synode électif du 24 juin au 2 juillet où une nouvelle équipe sera installée. Les chrétiens doivent donc « rechercher la face de Dieu, car l’Église est une communauté de foi, de communion et de partage », insiste le pasteur Alagbada.

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L’OTG a préparé les fidèles à vivre ce temps de réconciliation : « Des retraites ont réuni les pasteurs, les intendants et les vice-présidents sont sensibilisés, les tenues liturgiques harmonisées et un lectionnaire retenu. Un logo rassemble désormais les protestants du Bénin, les patrimoines sont mis en commun et la formation des pasteurs est suivie de près », précise le pasteur Alagbada. Cependant, des résistances subsistent encore mais « la nouvelle équipe continuera à panser les plaies par la parole de Dieu, à encourager et à exhorter le peuple de Dieu à fixer la croix ».

Pour concrétiser la paix, l’EPMB, avec le soutien de l’ambassade du Japon et l’aide d’Albert Tévoédjrè, médiateur de la République du Bénin, a construit un centre de santé à Kpoguidi près de la frontière Bénin-Nigeria. « Ceci témoigne de notre volonté de promouvoir la paix, souligne le pasteur Alagbada. Nous réaliserons dans chaque région un signe de cette paix retrouvée par la réconciliation et non plus par l’exécution des décisions de justice ».

Marie-Valentine Zinsou, à Cotonou (Bénin)