Colombie : un pasteur étreint un assassin

 

Depuis plusieurs années, les chrétiens colombiens font face à des défis de taille marqués par des souffrances et des joies. Un pasteur se souvient de la conversion impensable du plus effrayant criminel de sa ville.

300-Radio16-sem33-ColombieMoment historique à la Havane, le 23 juin dernier. Le président colombien Juan Manuel Santos et le chef des FARC, Timoléon Jiménez, se sont serré la main après avoir signé un accord de cessez-le-feu. Cet accord aura-t-il des conséquences positives pour les chrétiens ? Une chose est sûre : ils se sentent toujours menacés.

Des défis de taille

Et pour cause, durant plusieurs années les chrétiens ont payé un lourd tribut, exposés à la violence des groupes armés qui ont assassiné des pasteurs, détruit des églises, rançonné des communautés, enlevé des responsables et enrôlé de force des enfants pour en faire des soldats. Mais quelle que soit l’évolution du cessez-le-feu, beaucoup de chrétiens ont appris à placer leur confiance en Dieu durant ces dernières années.

«Il s’est mis à genoux et a demandé pardon (..) »

Prenons le cas du pasteur Ventura. Comment oublier la conversion du plus effrayant criminel de la ville ? Ce soldat, nommé Cortilla, avait l’intention de le tuer. Lorsqu’il est entré dans l’Eglise, le pasteur s’est mis à genoux pour prier. Finalement, cet homme a quitté l’Eglise car il ne trouvait plus son arme. Puis il est revenu quelque temps plus tard mais il n’était plus le même. Il s’est mis à genoux et a demandé pardon au pasteur Ventura en pleurant. Cette demande de pardon était un véritable défi. Le pasteur avait du mal à oublier le visage des personnes que ce soldat avait tuées ou violées, mais il a pardonné. Il a choisi de le prendre dans ses bras et de lui manifester de l’amour. C’est ainsi que le plus effrayant criminel de cette ville est devenu chrétien.

CAMEROUN :: Ebolowa : Le temple Epc d__Elat scellé :: CAMEROON

CAMEROUN :: Ebolowa : Le temple Epc d?Elat scell? :: CAMEROONCAMEROUN :: Ebolowa : Le temple Epc d’Elat scellé :: CAMEROON Deux factions dissidentes du consistoire Ntem s’affrontent.

Il n’y aura pas culte au mythique temple Epc (église presbytérienne camerounaise) d’Elat ce dimanche, 14 août 2016. Hier, jeudi, 11 août 2016, le temple a été scellé par Marcel Victor Mendel Nguangué, préfet du département de la Mvila. En dehors du temple, les bureaux du synode et du consistoire ont également été scellés. D’après le docteur Mbita, modérateur des paroisses, Olem Hermon et Ngaoundéré Philadelphie, du called meeting, une faction du consistoire Ntem, « le préfet du département de la Mvila n’a fait qu’exécuter une décision de justice, notamment l’arrêt de la cour d’appel du Sud du 22 juillet 2016 portant cas Didier Zé Angon qui traîne toute l’Epc en justice.

Requête déclarée non fondée et condamné aux dépens ». Le docteur Mbita rappelle que le pasteur Didier Zé Angon, modérateur de la paroisse d’Elat, « a porté plainte parce qu’il refuse l’application des décisions de la 59è assemblée générale sur le syndement du consistoire Ntem et la nouvelle affectation des pasteurs ».

Hier matin, jeudi, 11 août 2016, « le bureau de l’assemblée générale est arrivée, accompagné d’un huissier de justice pour prendre possession du temple. Le pasteur Didier Zé Angon a fermé l’église et a emporté les clefs. D’où les scellés », témoigne le docteur Mbita qui se réjouit par ailleurs, « qu’aujourd’hui, le bureau de l’assemblée générale conduit par son modérateur, le révérend pasteur Jean-Jacques Bioh a appliqué la décision de la 59è assemblée générale de l’Epc, syndant le consistoire Ntem en trois consistoires à savoir : Ntem, Endam et Mvangan Jérusalem ».

Discorde

Pour sa part, le révérend Didier Zé Angon, modérateur de la paroisse d’Elat se dit « surpris par la décision du préfet, parce qu’il n’y’a eu aucune altercation, aucun mouvement d’humeur, aucun affrontement ». Le modérateur de la paroisse d’Elat s’étonne par ailleurs, « comment les gens demandent la paroisse d’Elat et demandent en même temps sa fermeture ? ».

Deux camps s’affrontent donc pour le contrôle du « consistoire Ntem ».A l’origine, un problème d’interprétation des textes de l’église. Samedi, 30 janvier 2016 à Sangmélima, s’est tenu le premier conseil général du synode Municam, instance de décision supérieure au consistoire. Parallèlement à la tenue de ces travaux, se tenait le même jour, le « called meeting Ntem » d’une faction du consistoire Ntem à la paroisse d’Emmaüs, sur convocation de son modérateur Daniel Ndongo.

A l’issue des travaux du called meeting, des décisions sont prises, notamment celles portant affectations des pasteurs dans les paroisses. De l’autre côté, l’instance supérieur qu’est le synode, désapprouve l’attitude dissidente du consistoire Ntem en ces termes, « le conseil général du synode désavoue tous les travaux de ce called meeting, les déclare nuls et sans effet sur les affectations et le scindement du consistoire Ntem. Actes qui sont de nature à créer le désordre dans l’église et dans la société ».

Un message qui a visiblement du mal à passer chez la faction dissidente du consistoire, puisque 24 heures plus tard, c’est-à-dire dimanche, 31 janvier 2016, elle a poursuivi le bras de fer avec la hiérarchie de l’église qu’est le synode en faisant irruption dans les temples pour installer ses pasteurs. Autre point de discorde, le principe de scindement du consistoire Ntem conformément à la configuration d’avant 1967.

Conflit pasteurs-agriculteurs : l’arbitrage du gouvernement béninois

Par Olivier Ribouis 12 Aoû 2016 à 11:39 143

A lire

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Devenue saisonnière au Bénin, la guerre des éleveurs et des agriculteurs a été une préoccupation du gouvernement béninois selon le point de presse du ministre d’Etat Pascal Irené Koupaki. Après l’ultime conflit meurtrier entre les pasteurs et les agriculteurs à Karimama et Malanville dans le nord du pays, le gouvernement béninois a décidé de veiller à la limitation des champs d’activités de chaque camp.

Le conseil des ministres de ce jeudi a selon le ministre d’Etat béninois, a instruit « le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche à faire procéder à la délimitation de la zone de pâturage de cinq kilomètres de largeur et à sensibiliser les agriculteurs et les éleveurs sur le respect strict des différentes aires convenues ». Le conseil a aussi demandé au « ministre de la décentralisation et de la gouvernance locale à l’effet de mettre en place les unités administratives locales ». Ces décisions ont été prises après une  visite de travail de Sacca Lafia, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique dans les communes de Karimama et de Malanville où il le conflit a fait des morts récemment.

A ce sujet, a indiqué Koupaki, « le conseil a instruit le ministre de la Justice et de la Législation à faire engager la poursuite des auteurs, co-auteurs et complices des dégâts enregistrés ».

 Les conflits entre éleveurs et agriculteurs ne s’enregistrent pas que dans le septentrion. Dans le centre et une partie du pays, ces conflits font également des dégâts.

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Vietnam: Une pétition demande la libération de plus de cent pasteurs emprisonnés

Une pétition en ligne a été lancée sur Citizengo afin de demander au gouvernement vietnamien de garantir la liberté religieuse, comme le décrète la Constitution, ainsi que de libérer la centaine de pasteurs emprisonnés.

Plus de 52’500 personnes ont déjà paraphé cette pétition, qui vise à atteindre les 100’000 signatures.

Selon la pétition, qui s’appuie sur des chiffres de Christian Aid, plus de cents pasteurs sont incarcérés au Vietnam pour avoir prêché l’Evangile et refusé de signer un document leur demandant de fusionner leurs Eglises, ainsi que de ne pas dépasser les 500 fidèles.

Sous couvert d’anonymat, un responsable du gouvernement aurait confié à Christian Aid la volonté du gouvernement de fusionner les Eglises pour limiter leur croissance et mieux les contrôler.

La pétition est adressé au président Trân Dai Quang ainsi qu’au Premier Ministre Nguyen Xuan Phuc.

La rédaction d’Evangeliques.info – 12 août 2016 10:37

«Comme employeur, l’Eglise est en apprentissage»

La récente grève de la faim de Daniel Fatzer a placé sur le devant de la scène le débat sur les conditions de vie des pasteurs. Pourtant, la Ministérielle, l’association professionnelle des pasteurs et diacres, est restée discrète. Son secrétaire, Alain Martin, commente l’épisode.

Pourquoi a-t-on peu entendu la Ministérielle?

Nous avons estimé qu’intervenir publiquement n’apportait rien et ne permettait pas de calmer le jeu.

Les conditions de travail des pasteurs vaudois se sont-elles autant péjorées que ce que l’on a pu entendre?

Les conditions de travail des ministres ont pas mal évolué. La place du pasteur de paroisse dans la communauté civile n’est plus une évidence. En outre, jusque dans les années 80, l’Eglise portait les ministères, mais maintenant c’est le contraire, ce sont les ministères qui portent l’Eglise. Les pasteurs ne sont plus de simples agents régulateurs du religieux, ils sont appelés à exercer des compétences éthiques, spirituelles, liturgiques, rituelles, etc.

La crise est davantage liée à la place du ministre dans la société qu’aux changements internes de l’institution?

C’est multifactoriel. La place du pasteur dans la société joue un rôle important, mais il y a aussi le changement institutionnel. Jusqu’en 2006, c’était l’Etat qui était employeur. Maintenant, c’est l’Eglise. Ce changement s’est fait sans modification fondamentale dans la gestion des ressources humaines. Bien sûr, il y a eu la création d’un Office des ressources humaines (ORH), mais il faisait suite au «pasteur des pasteurs» à l’époque centré sur l’accompagnement spirituel. Bref, sans que la structure de l’Eglise ait changé fondamentalement, c’est désormais l’ORH qui devient le garant – en fait le responsable – des mouvements de postes. Et cette centralisation, à mon avis, n’a pas encore été clairement analysée et digérée.

Vous insistez sur les changements de poste. Est-ce une grosse source de conflits?

Si j’en crois les cas où je suis amené à accompagner des collègues, la principale difficulté apparaît quand on essaie de mettre la bonne personne au bon endroit. Cela demande un temps énorme. Et actuellement à l’EERV, la gestion ordinaire des ressources humaines ne laisse pas ce temps. Le Conseil synodal le reconnaît, mais il complète l’office avec des compétences administratives et non pas avec des personnes chargées du discernement des charismes. Pour moi, il ne faudrait pas un responsable, mais deux ou trois. Je crois aussi que l’Eglise est en apprentissage dans son rôle d’employeur. Et inévitablement, il y a des moments où l’on essaie et où l’on s’aperçoit que ce n’est pas tout à fait la bonne solution. Encore faut-il admettre que l’on puisse faire des erreurs, et pour l’instant, je n’ai pas l’impression que l’on a un Conseil synodal qui admet facilement s’être trompé.

ll y a des points sur lesquels il fait fausse route, selon vous?

Pour moi, actuellement, il y a une grosse difficulté – qui heureusement va être palliée par la création d’une commission de traitement des litiges, décidée par le Synode –, c’est que, lorsqu’il y a une situation RH tendue dans laquelle le Conseil synodal comme employeur doit intervenir, il ne le fait que sur la base du compte-rendu d’une ou deux personnes de l’ORH. Et l’Exécutif ne rencontre pas le collègue en question quand il prend sa décision. J’estime que c’est vraiment problématique car le risque d’arbitraire est plus élevé. Je suis donc heureux que désormais il y ait cette commission de traitement des litiges, qui va pouvoir enquêter, poser un autre regard et pondérer.

Mais les pasteurs ne sont-ils pas un peu des enfants gâtés?

Non je ne crois pas! Bien sûr, nous avons une convention collective et des conditions de travail qui, sans être très favorables aux personnes employées, posent un certain nombre de protections. Ce cadre est largement inspiré du Règlement du personnel de l’Etat de Vaud, c’est de là que l’on vient. On a cinq ou six situations de conflits ces derniers temps. On pourrait se dire que c’est peu sur 250, mais cela représente quand même 2-3%. Et puis il y a des situations où j’accompagne des collègues qui se sentent peu entendus ou maltraités par l’ORH: sur les deux dernières années, il y en a eu une vingtaine. Cela fait 10% de collègues qui sont en difficulté. Alors est-ce qu’on profite d’une situation trop facile? Je ne crois pas! L’Eglise n’est pas une entreprise comme une autre. Elle est porteuse d’un message, de réconciliation mais aussi d’interpellation sur le sens de la vie, sur les valeurs, sur une certaine éthique. Si, dans notre Eglise, on n’a pas les capacités de gérer nos différentes personnalités, c’est qu’il y a un problème. (24 heures)

(Créé: 08.08.2016, 21h07)

Saint-Quentin : le pasteur Marie-Pierre Van Den Bossche quitte sa paroisse

Le pasteur Marie-Pierre Van Den Bossche a quitté la paroisse de l’église protestante unie de France, de Saint-Quentin pour celle de Grenoble. L’occasion de revenir sur ses huit années passées au côté des fidèles.

Il y a huit ans, vous officiez pour la première fois à Saint-Quentin, quel souvenir en gardez-vous ?

« Je suis architecte de formation, c’était mon tout premier poste ici. Dès les premiers jours, ça s’est très bien passé. J’ai été très heureuse de partager ma foi avec les 200 paroissiens de l’église protestante. Je les ai accompagnés pendant huit ans, j’ai partagé leur doute, leur questionnement, leurs tourments. Ce fut une très belle expérience. »

Parmi tout ce que vous avez vécu, quels ont été les moments forts ?

« Évidemment il y en a eu beaucoup. Il y a eu la reconnaissance de mon ministère. Lorsque je suis arrivée je n’étais pas encore titulaire, et au terme de deux ans de mise à l’épreuve j’ai été intégrée officiellement dans mes fonctions de pasteur. Il y a eu un culte célébré en présence du président de la région (équivalent de l’évêque), énormément de paroissiens étaient venus y assister. Et puis, évidemment, il y a eu mon mariage il y a deux ans. Je me suis mariée dans ma propre église, c’est un très beau souvenir. »

Vous avez célébré votre premier mariage homosexuel juste avant votre départ. Quel souvenir en gardez-vous ?

« Oui c’est marquant d’unir un couple du même sexe. Mais je ne dis pas que j’ai célébré un mariage gay, j’ai béni un couple de personnes qui s’aiment. »

Y a-t-il des choses de la vie paroissiales qui vont vous manquer dans votre nouvelle paroisse à Grenoble ?

« Avant toute chose, c’est très différent à Grenoble. Nous sommes plusieurs pasteurs à officier dans la même paroisse, alors qu’à Saint-Quentin j’étais toute seule. J’ai eu énormément de joie à occuper ce poste, seule, à Saint-Quentin. Cela nous permet d’avoir une relation privilégiée avec les paroissiens. »

Un conseil pour votre successeur ?

« Écouter et voir ! Et surtout rendre grâce. C’est important de donner et de partager dans un contexte où les gens sont de plus en plus craintifs. »

L’EERV encore en apprentissage dans son rôle d’employeur?

Une structure de l’Eglise qui a changé fondamentalement, “sans que l’on ait pensé ecclésiologiquement cette évolution”. C’est ainsi qu’Alain Martin, secrétaire général de la Ministérielle, l’organisation professionnelle des pasteurs et diacres de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), explique notamment la crise qui a secoué dernièrement l’institution.

Dans une interview accordée le 5 août 2016 à l’agence de presse protestante romande Protestinfo, Alain Martin admet que les conditions de travail des pasteurs ont pas mal évolué. Ils ne sont plus de simples agents régulateurs du religieux, mais sont appelés à exercer des compétences éthiques, spirituelles, liturgiques, rituelles, etc.

Une centralisation encore mal digérée

Pour le responsable protestant, la récente crise est due à une combinaison multifactorielle. Si la place du pasteur dans la société joue un rôle important, c’est également le cas du changement institutionnel. Depuis 2006, en effet, l’Eglise a remplacé l’Etat en tant qu’employeur. “Ce changement là s’est fait sans avoir une modification fondamentale dans la gestion des ressources humaines”, note ainsi Alain Martin. “On est dans une configuration où sans que la structure de l’Eglise ait changé fondamentalement et sans que l’on ait pensé ecclésiologiquement cette évolution, c’est désormais l’Office des ressources humaines (ORH) qui devient le garant –en fait le responsable– des mouvements de postes. Et cette centralisation là, à mon avis, n’a pas encore été clairement analysée et digérée”.

Une commission de traitement des litiges

Le responsable protestant plaide pour un renforcement de la gestion des ressources humaines à la tête de l’EERV. Remarquant que cela ne fait que 7 ans que l’Eglise occupe son rôle d’employeur, Alain Martin relève que l’institution est “en apprentissage”. “Et inévitablement, il y a des moments où l’on essaie et où l’on s’aperçoit que ce n’est pas tout à fait la bonne solution. Encore faut-il admettre que l’on puisse faire des erreurs, et pour l’instant, je n’ai pas l’impression que l’on a un Conseil synodal qui admet facilement s’être trompé”, affirme le secrétaire général de la Ministérielle.

Il se réjouit cependant que la difficile situation actuelle dans la gestion des ressources humaines va être palliée par la création de la commission de traitement des litiges, décidée par le Synode (organe délibérant), qui va pouvoir enquêter, poser un autre regard et pondérer.

Besoin de réconciliation

Alain Martin ne croit pas, comme cela s’est fait entendre, que les pasteurs soient des “enfants gâtés”. Il souligne que nombre de ses collègues se sentent “peu entendus ou maltraités” par l’Office des ressources humaines (ORH). Le secrétaire général rappelle finalement le message de réconciliation présent dans le christianisme. “Si, dans notre Eglise, on n’a pas les capacités de gérer nos différentes personnalités, c’est qu’il y a un problème”, relève-t-il.

Le pasteur lausannois Daniel Fatzer a arrêté début juillet 2016 une grève de la faim de 23 jours, suite à son licenciement. Il avait été démis de ses fonctions avec effet immédiat après avoir pris la défense, lors d’un culte diffusé sur Espace 2, d’un collègue récemment licencié. Il avait également mis en cause un des membres des autorités ecclésiales. (cath.ch-apic/prot/jb/rz)

Les pasteurs vaudois gèrent mal l’évolution de leur travail

«La place du pasteur dans la société joue un rôle important, mais il y a aussi le changement institutionnel. Jusqu’en 2006, c’était l’Etat qui était employeur et maintenant c’est l’Eglise», rappelle le secrétaire général de la Ministérielle, l’organisation professionnelle des pasteurs et diacres de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), dans une interview de Protestinfo publiée samedi par La Liberté.

«Et ce changement-là s’est fait sans avoir une modification fondamentale dans la gestion des ressources humaines. Bref, on est dans une configuration où, sans que la structure de l’Eglise ait changé fondamentalement, c’est désormais l’Office des ressources humaines (ORH) qui devient le garant – en fait, le responsable – des mouvements de postes», explique-t-il.

Risque d’arbitraire

«Lorsqu’il y a une situation de ressources humaines difficile, tendue, dans laquelle le Conseil synodal comme employeur doit intervenir, il ne le fait que sur la base du compte-rendu d’une ou deux personnes de l’ORH. L’exécutif ne rencontre pas le collègue en question quand il prend sa décision.»

«C’est vraiment problématique, car le risque d’arbitraire est plus élevé. Heureusement, cette grosse difficulté va être palliée par la création de la commission de traitement des litiges», relève Alain Martin.

«On a cinq ou six situations de conflits ces derniers temps. On pourrait se dire que c’est peu sur 250, mais cela représente quand même 2-3%. Et puis, il y a des situations où j’accompagne des collègues qui se sentent peu entendus ou maltraités par l’ORH: rien que pour les deux dernières années, il y en a eu une vingtaine. Cela fait déjà 10% de collègues qui sont en difficulté».

Pas des enfants gâtés

Le secrétaire général ne croit pas que les pasteurs sont des enfants gâtés. «Bien sûr que l’on a une situation qui relativement privilégiée. Nous avons une convention collective et des conditions de travail qui, sans être très favorables aux personnes employées, posent un certain nombre de protections. Ce cadre est largement inspiré du règlement du personnel de l’Etat de Vaud, c’est de là que l’on vient.»

Pour mémoire, le pasteur lausannois Daniel Fatzer a récemment mené une grève de la faim de 23 jours, suite à son licenciement. Il avait été démis de ses fonctions avec effet immédiat après avoir pris la défense, lors d’un culte diffusé sur Espace 2, d’un collègue récemment licencié. Il avait également mis en cause un des membres des autorités ecclésiales. (ats/nxp)

(Créé: 06.08.2016, 12h55)

Chavannes Jeunes abandonne la course électorale

Le pasteur Chavannes Jeunes (Canaan) a annoncé hier son retrait de la course à la présidence. Il endosse désormais la candidature de son collègue pasteur Maxo Joseph.

Le religieux et homme politique, après trois échecs aux élections, assure vouloir travailler à l’unité au sein du secteur protestant. M. Jeune, qui a abandonné récemment le G 30, plaide pour une réduction du nombre de candidats à la présidence.

Il convie les autres candidats, proches du secteur protestant, à l’imiter en apportant leur support à Maxo Joseph (Rendez vous).

L’alliance électorale entre Canaan et Rendez vous, deux formations politiques revendiquant leur appartenance au secteur protestant, vise à favoriser un leadership collectif a dit M. Joseph, qui était le pasteur le mieux classé lors des élections annulées de 2015.

L’objectif de la démarche des deux pasteurs est de provoquer un ralliement des autres pasteurs impliqués dans la course électorale. Cependant cette démarche semble difficile.

Un pasteur, non membre de ces deux formations politiques, a été agressé physiquement tandis qu’il expliquait aux journalistes les limites de cette initiative. Le pasteur Wismon Jeune a insisté sur la nécessité de solliciter l’approbation préalable des différentes composantes du secteur avant la désignation d’un candidat.

Par ailleurs le pasteur Jacques Janvier, président de la fédération des pasteurs du grand Nord, a indiqué qu’il n’avait pas été contacté pour la recherche d’un consensus.

L’alliance entre Canaan et Rendez scelle les retrouvailles entre les pasteurs Jeune et Joseph. Pasteur Joseph avait, il y a un an, boudé une initiative du pasteur Jeune visant à designer un candidat unique pour le secteur. L’affaire avait mal tourné, pasteur Jeune a présenter ses excuses parce qu’il n’avait pas pu réaliser l’unité au sein de ce secteur.

LLM / radio Métropole Haïti