Monthly Archives: August 2015

Les protestantes méthodistes de Dabou prient pour des élections apaisées en Côte d’Ivoire

Dabou – Les membres de l’Union des femmes protestantes méthodistes de Côte d’Ivoire (UFPMCI), section Dabou, ont organisé, dimanche à Grand Boubouri, village situé à une quinzaine de kilomètres d e la commune, un culte d’action de grâce, afin que les prochaines échéances électorales se déroulent dans le calme.

‘’Nous avons pleuré de tout notre cœur devant Dieu pour lui demander de prendre pitié de notre pays et de nous épargner toutes sortes de troubles, pour que la Côte d’Ivoire connaisse la paix pendant et après ces élections’’, a affirmé Meledj Catherine, présidente des femmes du district de Dabou.

Avant cette journée, les fidèles venues de Sikensi, Lakota, Adzopé et Dabou ont observé deux jours de jeun, vendredi et samedi, ‘’pour que tout se passe dans la paix’’, selon Mme Gnamba Yao Henriette, présidente nationale de l’UFPMCI.

‘’Il faut prier, prier sans cesse et que la plaie de la division ne nous gagne pas’’, a pour sa part exhorté le président de l’église protestante méthodiste de Côte d’Ivoire, le révérend-pasteur Adou Yed Jonas, qui a reçu le soutien d’une forte délégation de l’église protestante évangélique conduite par le révérend N’Doubi José.

Dans son sermon, le pasteur Nomel Jeanne Dorgelès, prédicatrice du jour, a appelé les chrétiens à ‘’adorer Dieu en esprit et en vérité, pour que la Côte d’Ivoire ne connaisse plus les jours incertains qui sont le sort des nations africaines au moment des élections’’.

Créée en 1914, l’église protestante méthodiste compte aujourd’hui approximativement 72 000 fidèles avec qui rendez-vous a été pris, du 4 au 12 septembre à Débrimou, à Dabou, pour achever la 12ème conférence ordinaire entamée à Orbaff et procéder à la consécration de 18 nouveaux pasteurs, 13 ans après que les derniers pâtres l’aient été.

(AIP)
kkp/akn/tm

Pour les gens du voyage pentecôtistes, la Bible est un chemin vers l’écriture

Grostenquin (France) (AFP) – Au sein de la communauté évangélique tsigane “Vie et Lumière”, réunie jusqu’à dimanche en Moselle pour sa convention annuelle, la foi pousse des hommes éloignés de la culture écrite à se plonger dans la lecture et l’écriture pour devenir pasteurs.

Sur l’ancienne base aérienne de Grostenquin, où 30.000 gens du voyage pentecôtistes sont rassemblés depuis le 23 août, la parole de Dieu retentit partout: sous l’immense chapiteau bleu et jaune où ont lieu les cultes, mais aussi dans les caravanes ou dans cette voiture, dont la portière laissée ouverte laisse entendre la voix tonitruante d’un pasteur, enregistrée sur un CD.

Sur des tréteaux, des jeunes gens et des enfants vendent des CD de cantiques et des prêches des jours précédents, des Bibles et des coloriages à thème religieux.

Bastien, 39 ans, costaud à la tête rasée, déambule entre les caravanes, chargé d’une brassée de baguettes de pain. “Je me suis converti à l’Évangile en 2006, pendant le rassemblement de Grostenquin”, raconte-t-il.

Depuis, il a rejoint l’école biblique de la communauté, installée à Nevoy (Loiret), afin de devenir pasteur. Une démarche qui implique de passer un examen de lecture.

“Quand je suis rentré à l’école biblique, je savais déjà bien lire”, explique Bastien, précisant qu’il est allé à l’école “jusqu’à 12 ans”. “Tout le monde n’a pas cette chance: certains doivent réapprendre à lire, mais Dieu les aide, leur donne cette force”, ajoute-t-il, le sourire aux lèvres.

– “L’appel de Dieu” –

Forte d’environ 100.000 membres, la communauté “Vie et Lumière” forme plusieurs dizaines de pasteurs chaque année, en deux sessions de neuf semaines.

“On ne forme pas des prédicateurs; on fait connaître les écritures à ceux qui ont reçu l’appel de Dieu”, précise Michel Calot, pasteur et enseignant à l’école biblique. “Beaucoup ont appris à lire et à écrire parce qu’ils ont reçu cet appel”, complète-t-il.

“D’année en année, ils (les responsables de cette formation) deviennent de plus en plus exigeants sur le niveau de lecture”, constate Andrée Chastel, alias “Doune”, présidente du Clive (Centre de Liaison et d’Information École Voyage). “Au début, ils ne demandaient que du déchiffrage, maintenant ils demandent de la compréhension. Dans les années à venir, ils vont demander de l’écriture”.

Mme Chastel a remarqué que “certains jeunes se mettent à travailler comme des malades pour avoir le niveau de l’examen, alors que d’autres se découragent”.

Gino, grand gaillard de 33 ans qui gagne sa vie en faisant des travaux de peinture, a déjà effectué la première moitié de la formation.

“On n’a pas trop l’habitude d’être enfermé dans des salles de classe, avec des horaires d’école”, s’amuse-t-il, avant d’ajouter que “le but final” permet de maintenir la motivation. “Je veux travailler à sauver des âmes”, s’enthousiasme cet ancien catholique, converti il y a six ans.

Militants associatifs et chercheurs s’accordent pour dire que les gens du voyage évangéliques sont très avides de pouvoir lire la Bible, bien que beaucoup d’entre eux souffrent de problèmes d’illetrisme.

Ce sont donc souvent les pasteurs ou les enfants scolarisés qui la lisent à haute voix pour les autres. Certains pasteurs contribuent également à diffuser un nouveau rapport à l’écrit vers les jeunes générations, en déchiffrant la Bible avec leurs enfants, le soir.

Toutefois, pour Marie-Claude Le Quéau, formatrice à la Fnasat (Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les Gens du voyage), “il y a un frémissement, mais ce n’est pas encore vraiment gagné”.

“Ceux qui accèdent à la fonction de pasteur sont déjà des leaders dans les groupes, ce sont ceux qui comprennent le mieux le monde des sédentaires et souvent ceux qui ont été le plus scolarisés”, explique-t-elle.

En octobre 2012, un rapport de la Cour des comptes pointait le fait qu'”une partie particulièrement importante des enfants du voyage dans la tranche d’âge 12-16 ans semble échapper à l’obligation scolaire”.

Sud-Soudan : enfin, chez eux


 

Les pasteurs sud-soudanais Michaël Yat et Peter Yen ont enfin pu rentrer chez eux le 19 août. Ils ont échappé à la peine de mort.

300x200« C’est un grand jour pour nos pasteurs » s’est exclamé un chrétien d’une église évangélique à Juba, la capitale du Sud-Soudan. Ce jour-là, cette communauté chrétienne s’est rassemblée pour fêter l’arrivée de deux pasteurs, détenus injustement pendant plusieurs mois en prison au Soudan, anciennement Nord-Soudan. Les choses auraient pu très mal tourner. Michaël Yat et Peter Yen se trouvaient à Khartoum, capitale du Nord-Soudan au moment de leur arrestation. Ils étaient accusés d’espionnage.
Des documents, dont ils n’ont jamais eu connaissance, avaient été trouvés sur leur ordinateur après leur arrestation. De toute évidence, ils ont été piégés. C’est dans leur cellule, à la prison Kober de Khartoum,  qu’ils ont appris la nouvelle. Le juge retenait contre eux sept chefs d’accusation dont deux passibles de la peine capitale. Leur avocat disposait de moins de deux semaines pour apporter la preuve de leur innocence. Il n’a eu que quinze minutes pour rencontrer ses clients avant l’audience.
Dès le début de cette affaire, le pasteur Peter Yen avait déclaré  « Priez pour que cette épreuve soit à la gloire de Dieu ici au Soudan, et pour que nous soyons en paix même avec ceux qui sont contre nous. »  Le 5 août, la radio indépendante Tamazuj annonçait leur libération.  Cette information a été accueillie avec un grand soulagement. Mais voilà, bien qu’étant libres, ces deux pasteurs ont été retenus à l’aéroport de Khartoum, le 8 août et empêchés de quitter le pays. Finalement, Yat Michael et Peter Yen, ont pu rentrer au Sud-Soudan le 19 août. Sur place, ils ont rejoint d’autres chrétiens pour un culte de remerciement à Dieu. L’occasion de se rappeler que Dieu a le pouvoir de faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou même imaginons.

Les Lambert, des Gitans qui « annoncent la Bonne Nouvelle »

Parmi eux, la famille Lambert qui vient chaque année nourrir sa foi et retrouver une communauté où le sentiment d’appartenance est primordial.

Des milliers de personnes se pressent sous l’immense tente jaune et bleu, aux fausses allures de chapiteau de cirque, malgré la pluie qui s’abat ce jour-là sur la Moselle. À la tribune, un pasteur pentecôtiste parle vigoureusement de « la patience de Dieu » – le thème du jour –, ponctuant sa prédication de références bibliques, de cantiques et d’anecdotes personnelles.

Dans la foule, sagement assis sur des chaises en plastique gris, Joseph et Nancy Lambert, 31 et 29 ans, écoutent attentivement. Non loin d’eux s’égayent leurs deux enfants, Siloë et Laïley, 6 et 9 ans.

Nourrir sa foi et retrouver sa communauté

Comme des milliers d’autres, les Lambert ont rejoint la convention annuelle de la Mission évangélique des Tsiganes de France (METF), plus connue sous le nom de « Vie et Lumière ». La famille a été parmi les premières à s’installer. Arrivés plus de trois jours avant le début du rassemblement (le 23 août), ils ont pu garer leur caravane à quelques encablures seulement du grand chapiteau, à une dizaine de mètres de la piste de cette base aérienne désaffectée, où se croisent des dizaines de voitures dans une sorte de chaos organisé.

« J’ai toujours grandi là-dedans. Ici, je viens d’abord nourrir ma foi, mais aussi retrouver ma communauté, celle des gens du voyage », détaille Joseph, désormais attablé sous l’auvent de sa caravane. Le jeune homme raconte une enfance sur les routes, au milieu des manèges.

Son père, Désiré, a longtemps été forain, avant que sa santé ne le contraigne à interrompre cette activité. Pasteur évangélique, il l’a initié aux rudiments de la foi, mais n’a jamais « imposé la religion ». « La seule chose qu’il m’a dite est : le jour où tu as besoin de Dieu, crie à Dieu. »

Le baptême

Joseph insiste sur l’importance de cette expérience personnelle, sans laquelle toute foi lui paraît impossible et vide de sens. Il résume la sienne à travers une question : « Est-ce que tu veux être sauvé ? » Cette interrogation, surgie en 2000, le conduit au baptême un an plus tard, dans cette Église dont la marque de fabrique est de ne baptiser que les adultes.

Sa femme, Nancy, est baptisée depuis 2004 : la conversion de sa famille date de la mort de sa mère, lorsqu’elle avait 16 ans, un événement sur lequel elle reste très pudique. « Le Seigneur a été mon rocher et mon secours », précise-t-elle malgré sa timidité, paraphrasant un psaume.

Aujourd’hui, Joseph est devenu pasteur. Après avoir suivi deux sessions de formation biblique, il est autorisé depuis huit ans à prêcher et présider des cultes. Il anime, l’hiver, une église évangélique à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), où il s’établit d’octobre à avril.

Les mois d’été sont quant à eux consacrés à des missions itinérantes d’évangélisation. Mais cette activité pastorale, bénévole, ne l’exonère pas de travailler. Élagueur, il cherche ses employeurs sur les marchés. « Pour nourrir mes enfants, je coupe des arbres », résume-t-il en souriant.

Évangélisation

Siloë et Laïley sont encore trop petits pour se rendre ce soir à la tente des jeunes, qui accueille chaque jour les adolescents du rassemblement. Ses espoirs pour leur avenir ? « Mon désir de pasteur est qu’ils rencontrent Jésus. J’aimerais qu’ils aient un avenir, un petit travail et un foyer chacun. » La cadette fera la semaine prochaine son entrée au CP. L’aîné suit les cours par correspondance. Le jeune père a fait de l’éducation une question prioritaire. « J’ai appris à lire à 13 ans. C’est trop tard. Je ne veux pas que mes enfants reproduisent le même schéma. »

Cet été, la famille a sillonné les routes de France, en mission d’évangélisation. Avant cela, Joseph a participé à la retraite annuelle des gens du voyage, à Nevoy (Loiret), là où se rassemblent chaque année les membres des 134 missions coordonnées par Vie et Lumière.

La « saison des missions » débute toujours ainsi, et s’achève à la convention annuelle. « Cette année, on a tourné en Midi-Pyrénées », détaille Joseph. Huit villes dans lesquelles il reste 15 jours en moyenne. Au total, entre 50 et 70 caravanes se joignent à tout ou partie de ces étapes. Parmi eux, des évangéliques convaincus, ou des indifférents à la foi. C’est eux que le jeune pasteur entend d’abord évangéliser.

L’indifférence

Dans son petit camion, qu’il utilise aussi pour travailler, un petit chapiteau permet d’abriter ceux qui viennent assister aux cultes et aux prédications des sept pasteurs qui participent à la tournée estivale. « On évangélise d’abord notre peuple, mais nous n’avons rien contre la présence de sédentaires », insiste-t-il.

Sur la trentaine de fidèles qui fréquentent chaque semaine son culte évangélique pendant les mois d’hiver, la moitié ne sont d’ailleurs pas des Gitans. Il reste que les relations avec les sédentaires sont encore difficiles. « Le regard change peu à peu, mais il y a encore du boulot », reconnaît le jeune pasteur. « En réalité, nous souffrons plus de l’indifférence que des insultes. Nous sommes plus souvent vus comme des voleurs de poules que comme des annonciateurs de la Bonne Nouvelle. »

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Repères

La convention estivale de « Vie et Lumière » réunit tous les ans plusieurs milliers de personnes issues de la communauté des gens du voyage, venues principalement de France mais aussi de Belgique ou du Royaume-Uni. Cette année, près de 30 000 personnes ont répondu à cette invitation. 6 000 caravanes sont ainsi stationnées jusqu’à dimanche sur l’ancienne base aérienne de Grostenquin, prêtée par l’État pour l’occasion.

Le mouvement Vie et Lumière est né au début 1950 dans le contexte du « réveil tsigane », à l’initiative du pasteur pentecôtiste Clément Le Cossec, surnommé « l’apôtre des Gitans ». Aujourd’hui, le mouvement compte 260 églises et 1 800 pasteurs.

Des pasteurs des églises protestantes de la région de l’Iffou se constituent en collectif

Daoukro – Des pasteurs officiant pour le compte de 42 églises protestantes dont certaines d’obédience évangélique installées dans la région de l’Iffou ont constitué un collectif qui se veut un cadre de collaboration et d’entraide dans la conduite de leur mission d’annonce de l’Evangile.

Le bureau de ce regroupement dénommé “Collectif des pasteurs des églises protestante s et évangéliques de Daoukro” a été officiellement installé samedi, en présence de nombreuses autorités religieuses, traditionnelles ainsi que de personnalités politiques.

Lors de la cérémonie d’installation, le président du Collectif, Yao Daniel, a décliné les raisons qui ont présidé à sa création dont celle de “renforcer la fraternité et prôner le partage entre les ministres du culte protestant dans le Iffou mais au-delà entre tous les fidèles”.

La cérémonie d’installation du bureau du “Collectif des pasteurs des églises protestantes et évangéliques de Daoukro” était placée sous le parrainage du 1er responsable du service Communication du ministère de la Santé et fils de la localité, Olivier Akoto.

Ce dernier a appelé ces guides religieux à œuvrer en faveur de la cohésion sociale, en exhortant, en plus de dire des prières, leur ouailles à la paix afin que les prochaines élections qui démarrent en octobre en Côte d’Ivoire avec la présidentielle se déroulent sans violences.

(AIP)

ca/kg/akn/cmas

L’expérience catholique le montre: une direction d’Eglise dédoublée créée des tensions

Philippe gardazAncien juge et chargé de cours de droit des religions à l’Université de Fribourg, Philippe Gardaz s’inquiète de la demande, présentée au synode de l’Eglise réformée vaudoise, de séparer autorité spirituelle et gestion du personnel. Interview.

Photo: UniFr

Propos recueillis par Joël Burri

Vous avez manifesté votre soutien au Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud (EERV) dans la «crise» qui l’oppose actuellement à quelques pasteurs et membres du Synode quant à sa gestion des ressources humaines.

J’ai un œil attentif à ce qui se passe dans l’Eglise réformée vaudoise parce que, Vaudois de toujours et catholique de toujours, du district d’Echallens, j’ai toutefois épousé une fille de pasteur. Je suis donc sensibilisé à ce qui se passe dans l’Eglise sœur. Lorsque j’ai entendu que certains, notamment au Synode, demandaient un partage, une dichotomie entre d’une part la direction spirituelle et d’autre part la direction du personnel, si l’on ose s’exprimer ainsi, j’ai réagi! Parce que l’Eglise catholique romaine a une expérience dans ce domaine et cette expérience fait apparaître les difficultés d’une telle structure.

Quelles sont ces difficultés?

Par définition, dans une entreprise, il y a une direction. Dès l’instant où un secteur devient autonome et échappe à la direction générale, on crée –c’est de la pure dynamique de groupe– une concurrence entre la direction générale et le secteur autonomisé. D’ailleurs, la direction postule la maîtrise de l’ensemble des moyens disponibles. En particulier des moyens fondamentaux, déterminants dans le cadre d’une entreprise à but idéal comme une Eglise, que sont les personnes. C’est le premier moyen, le premier levier, le premier «outil» à disposition. Le chef ne peut pas le lâcher. Sans se priver des moyens de diriger la manœuvre

Dans l’Eglise catholique, le problème est plus large. En ce sens qu’il y a en Suisse d’une part l’Eglise, je dirais l’Eglise tout court, les diocèses, les paroisses, évêques, prêtres, agents pastoraux. Et il y a, d’autre part, des structures administratives qui sont des fédérations, des corporations qui s’occupent des affaires administratives et financières. Et là, naturellement l’expérience l’a montré, on se trouve dans une situation de concurrence qui génère à la longue d’importantes difficultés. Et même si cela apparaît peu –parce que la culture ecclésiastique est une culture fondée sur la discrétion, pour s’en tenir à un euphémisme– il y a dans différents cantons de Suisse romande et de Suisse alémanique, une tension entres les responsables ecclésiaux, les pasteurs à qui le Christ a confié l’Eglise, et ce qu’on appelle chez nous les administratifs, qui ont une grande importance, dans la mesure où ils sont réunis dans une fédération, corporation ou autre institution qui a une autonomie institutionnelle et non seulement fonctionnelle.

Je crois que l’Eglise vaudoise comme les Eglises de tradition réformée a la chance d’avoir, ce que j’appellerais une responsabilité concentrée en un «évêque collégial»: le Conseil synodal qui doit rester directeur général de la démarche d’évangélisation.

Vous parlez de l’Eglise comme d’une entreprise finalement, mais est ce qu’on n’est pas justement dans un marché particulier?

Oui, on est dans une entreprise à but idéal, qui n’est pas là pour faire du profit, pour avoir du rendement, mais on est quand même dans une «société» qui doit être, si ce n’est commandée, du moins dirigée. Au grand minimum organisée de manière cohérente, pour faciliter la diffusion du message évangélique. Il ne s’agit pas d’avoir une gouvernance d’entreprise commerciale, mais ubi societas, ibi jus: dès qu’il y a une société, il y a du droit, il y a des règles, de fonctionnement notamment. Le règlement ecclésiastique ne comprend-il pas plus de deux cents articles?

Quelque part, les partisans du partage des responsabilités ne font que demander le retour à une situation antérieure, un statut historique. Les pasteurs étaient fonctionnaires et en tant qu’employés, ils dépendaient directement de l’Etat.

Oui; c’est tout à fait le statut historique, si on voit notamment le système de l’époque bernoise, où les ministres du saint Evangile étaient aussi, les délégués de leurs Excellences de Berne. Et, dans la tradition qui a été reprise au XIXe siècle, le pasteur est resté un collaborateur de l’Etat, l’Eglise nationale vaudoise étant elle-même une part autonome de l’administration. Mais il y avait à ce moment-là une cohérence en ce sens que l’Eglise et l’Etat étaient dans une proximité, une union, pour ne pas dire une fusion, telle que l’Etat, n’était ni différent de, ni en concurrence avec l’Eglise. Il y avait une union et une confusion de l’Etat directeur administratif et financier et de l’Eglise directrice spirituelle du peuple de Dieu.

Mais dès l’instant où l’on a, selon la Constitution de 2003, une autonomisation de l’Eglise qui devient une personne propre avec sa propre personnalité et qui est l’employeur unique, le seul «chef» des ministres, elle est le chef tout court.

Avec une direction ne craignez-vous pas que l’on perde un peu de la diversité théologique qui forme le tissu de l’EERV aujourd’hui?

Non, car les pasteurs auront toujours leur personnalité, leur individualité, leurs convictions personnelles. Ils sont plus ou moins libéraux, plus ou moins orthodoxes, pour prendre les vieilles catégories, indépendamment du fait que le Conseil synodal a telle ou telle conception de l’évangélisation. Le Conseil synodal, ou la Commission de consécration, ne va pas écarter un candidat parce qu’il a telle ou telle tendance théologique. La naturelle concentration de la responsabilité, donc de la direction, en mains de l’autorité qu’est le Conseil synodal, n’a pas abouti et ne va pas aboutir à des exclusions. Il y a toute une tradition qui protège les différences au sein du corps pastoral vaudois.

Mais avouez que symboliquement, quand une autorité ecclésiale prend une décision de pure gestion de ressources humaines, cela prend tout de suite une dimension spirituelle.

Apparemment oui, on peut souhaiter qu’il existe un organe de médiation qui, indépendamment ou avant l’autorité, puisse intervenir sans que les intéressés sentent tout de suite la menace du déplacement. Cette forme de régulation pourrait peut-être porter des fruits. De tels ombudsmans existent dans certaines grandes entreprises. Ce qu’il faut aussi voir, c’est que dans toutes les paroisses, tout pasteur, tout curé a immédiatement son petit fans’club qui considère que, dès que l’on touche à son ministre, c’est Mozart qu’on assassine.

Vous êtes expert en droit des religions. Comment est-ce que cela se passe dans les autres cantons?

Ce qu’il faut bien voir c’est que le canton de Vaud était le dernier canton suisse, dans lequel l’Eglise réformée n’était pas une organisation autonome, du point de vue institutionnel, mais faisait partie de l’administration cantonale. Et c’était, jusqu’en 2003, ou plus exactement jusqu’en 2007 à l’entrée en vigueur du droit d’application de la nouvelle constitution, le seul canton suisse où l’Etat était l’administrateur de l’Eglise ex-nationale évangélique réformée. Dans les autres cantons, vous avez des Landeskirchen, dans la tradition réformée qui a été décalquée pour les catholiques, avec une direction unique pour l’Eglise. Je n’ai pas connaissance, mais je ne dis pas que cela n’existe pas, de dichotomie, de partage entre une responsabilité directionnelle, générale, et une gestion du personnel comme celle qui est envisagée actuellement pour l’Eglise vaudoise

L’Afrique face au problème des cultes et des prophètes autoproclamés

Dernières infos

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Église évangélique de Valenciennes: deux heures de chant, de prières et de réflexion (VIDÉO)

Laurent Demol accueille les fidèles sur le pas de la porte. Le pasteur de l’église évangélique des assemblées de Dieu de France, bise « à la Belge », micro-casque oblige. La salle de 280 places est presque pleine et pourtant ce sont encore les vacances. À 10 heures, trois musiciens prennent place sur l’estrade. Laurent Demol rejoint son pupitre et dit son bonheur de tous les retrouver. Notre présence ne passe pas inaperçue. « Sentez-vous libre », nous lance le pasteur après nous avoir présentée à l’assemblée. Le culte commence par une demi-heure de chants. Les fidèles se lèvent pour chanter, se déhancher, tendre les mains vers le Seigneur, pour tout simplement « louer Dieu ». Ceux qui ne connaissent pas les paroles peuvent suivre sur l’écran géant. Entre les chants, des fidèles prennent la parole pour remercier le Seigneur. « Chez nous, les gens sont libres de s’exprimer et ils sont acteurs du culte », nous expliquera un peu plus tard Laurent Demol.

Chant et prédication

Le pasteur enchaîne ensuite avec trois quarts d’heure de prêche. La prédication du jour porte sur le « psaume des montées ». Bible à la main (et le texte affiché à l’écran), la salle est concentrée. Certains ont les yeux fermés ou le regard perdu dans le vague. D’aucuns fixent leur Bible. Et puis il y a ceux qui ponctuent les propos du pasteur d’un « amen » ou d’un « alléluia ». Laurent Demol invite à réfléchir notamment sur la notion de service et la « puissance de la louange ». Il donne à méditer le proverbe 17:22 : « Un cœur joyeux est un bon remède mais un esprit abattu assèche les os. »

Deux chants et c’est la sainte cène. Des bénévoles font circuler le pain et le vin partagés par tous. Puis vient l’heure de l’offrande avec un tronc pour le fonctionnement de l’église et un autre pour la banque alimentaire. Le pasteur termine par une prière pour les familles, les anniversaires du jour et de la semaine et quelques paroles d’au revoir. Le culte est terminé mais les croyants sont toujours là pour échanger durant un long moment.

Imam, archevêque et pasteur: «Ne laissons pas la religion être instrumentalisée!»

Imam, archevêque et pasteur, c’est un commando spirituel de choc qui depuis plus de deux ans parcourt une Centrafrique à feu et à sang, cherchant à désamorcer un conflit que certains veulent confessionnel. Ce mercredi à Genève, c’est cet impressionnant effort de réconciliation qui est honoré par la remise du Prix Sergio Vieira de Mello à l’organisation Interfaith Peace Platform mise sur pied par les trois «Saints de Bangui»: Mgr Dieudonné Nzapalainga, l’imam Oumar Kobine Layama, président du Conseil islamique, et le pasteur Nicolas Guérékoyaméné-Gbangou, qui préside l’Alliance évangélique. Pour eux, il n’y a pas d’un côté les combattants musulmans de la Séléka et de l’autre les milices d’autodéfense chrétiennes, dites «anti-balaka». C’est Dieu qui est pris en otage. Rencontre.

Comment vous est venue l’idée de ces tournées à trois? Quel a été le déclic?

L’imam: C’était le 15 décembre 2012, bien avant que les rebelles de la Séléka ne prennent le pouvoir (ndlr: en mai 2013), des nouvelles inquiétantes parvenaient de l’arrière-pays. Je me suis entretenu avec le pasteur et nous avons contacté l’archevêque. Il a tout de suite compris l’enjeu.

L’archevêque: Il y avait des morts, des musulmans tuaient des chrétiens, temples et églises étaient détruites… Inimaginable dans un pays où les familles mélangent chrétiens et musulmans! Avant même d’avoir confirmation des troubles, nous avons vu le danger.

Le pasteur: A Mobaye, la Séléka a détruit l’église catholique. La population a traversé la frontière pour se réfugier en RDC. Mais les jeunes voulaient revenir attaquer des intérêts musulmans. C’est là que nous avons commencé nos tournées. A chaque fois que nous entendions parler de tensions, nous nous rendions sur place, pour délivrer ensemble notre message: «Ne laissez pas la religion être instrumentalisée! Qu’on soit musulman ou chrétien, Dieu est amour et pardon.»

En pratique, comment faites-vous pour réconcilier les gens?

L’archevêque: Nous procédons avec méthode. A notre arrivée, chacun rencontre sa propre communauté et note tous les griefs. Puis nous nous retrouvons tous les trois pour faire le point. Ensuite, nous réunissons tous les imams, pasteurs et abbés autour d’une table et les poussons à formuler leurs accusations, confronter les versions, éclaircir les malentendus, demander pardon… Ces gens ne se parlent plus depuis des mois! Il faut rétablir la vérité. C’est ce que nous faisons ensuite devant toute la population rassemblée, souvent pour la première fois. Un exemple? Tel commerçant musulman est détesté parce qu’on croit qu’il vend des marchandises volées. En réalité, il est lui-même victime de combattants qui occupent son magasin.

Le pasteur: On croit les musulmans complices de la Séléka, mais beaucoup en sont la cible.

L’imam: Pareil pour les anti-balaka, qui ne visent pas que des musulmans, aujourd’hui à Bangui les chrétiens souffrent davantage.

N’êtes-vous pas vous-mêmes pris pour cibles?

Le pasteur: Si bien sûr. La maison de l’imam a été détruite. Il a été hébergé six mois par l’archevêque. Moi-même, qui ai recueilli le frère de l’imam et sa famille, mon temple a reçu huit grenades.

L’archevêque: Mais on nous reconnaît aussi une autorité morale. Nous leur parlons comme à des enfants égarés. A ceux qui disent combattre au nom de leur foi, nous montrons les contradictions. Quand des gens sont détenus injustement, nous allons réclamer des comptes et obtenons leur libération. Au départ, nous étions les seuls à pouvoir dire ces choses. Quand l’imam déclarait haut et fort «Un bon musulman ne vole pas», la foule l’applaudissait. Depuis, notre démarche en a inspiré d’autres, comme des plates-formes de jeunes ou de femmes.

L’imam: A présent il y a même des anti-balaka qui viennent me demander conseil quand ils ont un souci. Et des Séléka vont voir le pasteur ou l’archevêque. (24 heures)

(Créé: 19.08.2015, 17h09)

Deux pasteurs du Soudan du Sud interdits de sortie du territoire

 
 
 
Soudan-Sécurité-Interdiction 
 
Deux pasteurs du Soudan du Sud interdits de sortie du territoire  
 
 
 
APA – Khartoum (Soudan)

Les autorités sud soudanaises ont interdit de sortie du territoire à deux pasteurs qui ont été libérés de prison il y a quelques semaines, a confirmé mardi à APA les avocats de la défense des pasteurs.


Le chef du pool d’avocats des pasteurs, Muhanad Mustafa a confié aux reporters à Khartoum que ses clients étaient toujours interdits de sortie du pays, malgré leur acquittement pour des accusation d’espionnage.

Les deux pasteurs du Soudan du Sud Yat Michael, 49 ans et Peter Yen, 37 ans qui risquaient la peine de mort au Soudan ont été acquittés par le tribunal de Khartoum et avaient été libérés le 05 août après huit mois de détention pour des accusations d’espionnage.

“Les services de renseignements et de sécurité nationale du Soudan (NISS) ont imposé des restrictions qui empêchent mes clients de quitter le pays. Mes clients sont libérés par une décision de justice; ils sont donc libres d’aller partout où ils veulent”, a déclaré l’avocat.

Il a ajouté que l’interdiction n’avait aucune base juridique. “Nous allons saisir la justice pour expliquer que ses ordres n’ont pas été suivis d’effet”, a-t-il ajouté.

Les autorités soudanaises n’ont fait aucun commentaire de ces déclarations.

MA/abj/fss/APA
2015-08-18 16:36:00
 


 
 
 

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Soudan : Libération des pasteurs Peter Yen et Yat Michael


 

Le 5 août, les deux pasteurs sud-soudanais ont été libérés.

150812fr2-300.jpgLa libération des deux pasteurs sud-soudanais a été confirmée le 05 août sur la radio indépendante Tamazuj. Cette information communiquée par les membres de leurs familles a été accueillie avec un grand soulagement. Cependant, d’après nos dernières informations, ils ont été retenus à l’aéroport de Khartoum le 8 août par des agents du Service National de Renseignement et de Sécurité (NISS) et empêchés de quitter le pays.

Photo : Khartoum

Sujets de prière :

Monchecourt : les gens du voyage prennent racine dans le parc Saint-Roch

« En trois ans, les gens du voyage ont occupé le parc Saint-Roch cinq fois. Ça fait beaucoup, non ? » Manuel Endter, directeur général des services de la mairie de Monchecourt (2 600 habitants), se passerait bien de jouer les pompiers. « Il n’y a pas une journée où nous ne recevions de plaintes de Monchecourtois. Aujourd’hui (jeudi), un groupe a envahi le terrain de football pendant un match. » Le 26 juillet, sans tambour ni trompette, soixante familles (120 caravanes), en provenance de Carvin, ont pris possession du parc public. Une étape avant de rejoindre Beauvais. Outre être illicite, l’occupation des lieux se révèle plus longue qu’annoncée en mairie par les deux pasteurs de la mission évangélique de l’association Vie et Lumière. « Ils devaient partir dimanche (le 2 août), dit Manuel Endter, Au bout du compte, ils ne s’en iront que le 9 août. » S’estimant être dans ses droits (les aires de gens du voyage ne sont obligatoires que dans les communes de plus de 5 000 habitants), la municipalité a demandé à un huissier de constater l’occupation illicite, jeudi. Des jean-foutre, ces gens du voyage qui, du 23 au 30 août, devraient participer à un grand rassemblement évangélique (plus de 40 000 personnes !), à Saint-Avold (Moselle) ? « En fait, ils n’ont pas trouvé d’endroit où s’installer avant d’aller dans l’Oise. » Étienne Scharf, lui-même issu de la communauté des gens du voyage, par ailleurs pasteur, est conciliateur gens du voyage (lire ci-dessous). Un nouveau poste (il a nommé en juin) tout ce qu’il y a de plus officiel : il est rémunéré sur des fonds d’État. « Lundi (le 3 août), la sous-préfecture de Douai m’a informé du problème. Je me suis rapproché des pasteurs Vercruysse et Nicolas qui encadrent le groupe. Tous les jours, quelques personnes font du repérage, jusqu’à 200 km alentour, pour dénicher un lieu propice à une future installation. Ils ne l’ont pas trouvé. De ce fait-là, ils ont demandé à la mairie de rester une semaine de plus. »

La semaine de trop pour la municipalité qui a décidé, pour l’avenir, de condamner l’accès du parc Saint-Roch aux caravanes.

«Hillsong, la méga Church qui n’aime les homos qu’à moitié», par Joan Charras Sancho

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Soudan du Sud : Deux pasteurs échappent à la peine capitale

Peter Yenet et Yat Michael Search Yat Michael

© Koaci.com- Jeudi 06 Août 2015-Deux pasteurs sud-soudanais condamnés mercredi par un tribunal pour trouble à l’ordre public et création d’une organisation criminelle, ont été remis en liberté, leur période de détention provisoire couvrant la peine.

Arrêté en décembre 2014 par les services de sécurité soudanais après une prêche dans une église, le pasteur Yat Michael Search Yat Michael , membre de l’Eglise évangélique presbytérienne du Soudan du Sud, tout comme son collègue Peter Yein Search Peter Yein arrêté en janvier 2015, risquaient tous deux la peine capitale.

Les deux hommes étaient visés par huit chefs d’accusation, dont incitation à la haine ethnique, espionnage.

« Le temps qu’ils ont déjà passé en prison (8 mois est suffisant, relâchez-les immédiatement et rendez leur leurs téléphones portables et leurs ordinateurs”, a ordonné le juge Ahmed Ghaboush.

Devant le tribunal, les familles des deux hommes se sont réjouies de la décision, certains proches s’effondrant en larme à l’annonce du verdict, alors que fusaient des «Alleluia »

Notons que la population sud-soudanaise est majoritairement chrétienne ou animiste alors que celle du Soudan est majoritairement musulmane sunnite.

KOACI

Soudan: Libération des deux pasteurs qui risquaient la peine capitale

Le 5 août, les deux pasteurs soudanais qui risquaient la peine capitale ont été libérés. Au cours de l’audience, le révérend Yat Michaël a été condamné pour incitation à la haine et le révérend Peter Reith pour violation de la paix publique, mais tous deux relâchés.

Ces pasteurs avaient été arrêtés respectivement en décembre 2014 et janvier 2015 et détenus au secret par l’Intelligence and Security Service. Transféré au procureur général, ils ont été chargés de six crimes, dont l’atteinte au système constitutionnel, l’espionnage, la promotion de la haine entre les sectes ou encore la violation de la paix publique.

Retenus à la prison de haute sécurité de Kober, ils n’ont pas été autorisés à recevoir de visites de leurs familles et ne pouvaient consulter leurs avocats que brièvement.

Directeur exécutif de Christian Worldwide Solidarity, Mervyn Thomas s’est déclaré très heureux de la libération des deux pasteurs mais préoccupé par les irrégularités observées dans leurs cas et par le harcèlement continu dont sont l’objet les chrétiens au Soudan. «Nous continuerons de plaider pour eux et pour tous ceux qui sont ciblés en raison de leur foi. Nous continuerons d’exhorter le Soudan à respecter ses engagements constitutionnels pour la liberté de religion ou de convictions» a-t-il déclaré.

La rédaction d’Evangeliques.Info – 06 août 2015 12:44

Deux pasteurs sud-soudanais libérés après 8 mois de détention

Mercredi, le juge Ahmed Ghaboush a reconnu Yat Michael coupable de troubles à l’ordre public et Peter Yen d’avoir créé et géré une organisation criminelle, mais les a immédiatement remis en liberté.

“Le temps qu’ils ont déjà passé en prison (8 mois, ndlr) est suffisant, relâchez-les immédiatement et rendez leur leurs téléphones portables et leurs ordinateurs”, a-t-il ordonné.

Devant le tribunal, les familles des deux hommes se sont réjouies de la décision, certains proches s’effondrant en larme à l’annonce du verdict, alors que fusaient des “Alleluia”.

Des diplomates étrangers étaient présents à l’intérieur du tribunal, dont le diplomate américain en charge des libertés religieuses David Saperstein.

Yat Michael avait été arrêté par le Service national de renseignements et de sécurité (NISS) après un prêche dans une église de Khartoum. Peter Yen avait aussi été arrêté par le NISS lors d’une visite en janvier à Khartoum, où il avait apporté une lettre s’enquérant de la situation de son compatriote.

Les deux hommes appartiennent à l’église évangélique presbytérienne du Soudan du Sud.

Le Soudan du Sud est devenu indépendant du Soudan en 2011. La population sud-soudanaise est majoritairement chrétienne ou animiste alors que celle du Soudan est majoritairement musulmane sunnite.

Avec AFP

Deux pasteurs sud-soudanais libérés

Deux pasteurs sud-soudanais ont été condamnés aujourd’hui par un tribunal soudanais pour trouble à l’ordre public et création d’une organisation criminelle, mais ont été remis en liberté, leur période de détention provisoire couvrant la peine. Yat Michael et Peter Yen, arrêtés fin 2014 et début 2015 respectivement lors de visites dans la capitale soudanaise Khartoum, étaient visés par huit chefs d’accusation, dont incitation à la haine ethnique, espionnage et trouble à l’ordre public, avait indiqué leur avocat.

Aujourd’hui, le juge Ahmed Ghaboush a reconnu Yat Michael coupable de troubles à l’ordre public et Peter Yen d’avoir créé et géré une organisation criminelle, mais les a immédiatement remis en liberté. «Le temps qu’ils ont déjà passé en prison (8 mois, ndlr) est suffisant, relâchez-les immédiatement et rendez leur leurs téléphones portables et leurs ordinateurs», a-t-il ordonné. Devant le tribunal, les familles des deux hommes se sont réjouies de la décision, certains proches s’effondrant en larme à l’annonce du verdict, alors que fusaient des «Alleluia». Des diplomates étrangers étaient présents à l’intérieur du tribunal, dont le diplomate américain en charge des libertés religieuses David Saperstein.

Yat Michael avait été arrêté par le Service national de renseignements et de sécurité (NISS) après un prêche dans une église de Khartoum. Peter Yen avait aussi été arrêté par le NISS lors d’une visite en janvier à Khartoum, où il avait apporté une lettre s’enquérant de la situation de son compatriote. Les deux hommes appartiennent à l’église évangélique presbytérienne du Soudan du Sud. Le Soudan du Sud est devenu indépendant du Soudan en 2011. La population sud-soudanaise est majoritairement chrétienne ou animiste alors que celle du Soudan est majoritairement musulmane sunnite.

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Le président soudanais échappe une nouvelle fois à la justice internationale

Etats-Unis: 170 pasteurs de renom soutiennent Obama contre le changement climatique

Plus de 170 pasteurs américains renommés ont signé fin juillet une lettre ouverte adressée au président Barack Obama, pour manifester leur soutien au projet «Clean Power Plan» (CPP, «Plan d’énergies propres») qui vise à réduire les émissions de Co2 aux Etats-Unis d’au moins 30%.

Les pasteurs disent se joindre aux 230’000 chrétiens «pro-vie» qui auraient déjà contacté la Environmental Protection Agency (Agence pour la protection de l’environnement) en soutien au Plan d’énergies propres.

La rédaction d’Evangeliques.Info – 05 août 2015 06:09

La marche de l’église évangélique du Gabon retracée par son président

Le président de l’église évangélique du Gabon, le Pasteur Jean Jacques Ekouaghet, se livre à cœur ouvert en répondant à nos questions liées au fonctionnement de l’entité religieuse dont il a la charge : exclusivité.DSC_0000427
GABONINITIATIVES (GI) : Président, pouvez-vous décliner votre identité?

Jean Jacques Ndong Ekouaghet (JJNE) : Je m’appelle Jean Jacques Ndong Ekouaghet. Je suis gabonais et originaire de la Province de l’Estuaire, marié et père de plusieurs enfants. J’ai fait mes études de théologie tour à tour dans des facultés à Yaoundé et en France, inscrit normalement en DE, ancienne version et j’ai une licence en théologie. Je suis Pasteur de l’église évangélique du Gabon, consacré en 1987. J’ai été tour à tour opposant au président régional de la région estuaire, Vice Président, Secrétaire administratif. Un poste que j’ai occupé pendant deux mandats. Depuis Mars 2014, je suis Pasteur, Président de l’Eglise Evangélique du Gabon.

GI : Président, pouvez-vous définir la structure ecclésiastique de l’église évangélique du Gabon ?

(JJNE) : L’Eglise évangélique du Gabon a connu des périodes d’incompréhension, pratiquement trente ans, après le départ des missionnaires en 1987. Il fallait amorcer un nouveau système de dénouement des problèmes auxquels l’église était souvent confronté, et qui tournait autour d’un point essentiel : le problème de gestion car la province qui était majoritaire statistiquement gérait toujours et la minorité n’en avait pas la possibilité. La province administrative la plus importante, changeait autant de président d’église et cette méthode n’arrangeait pas du tout, les autres membres issus de la même région d’où la décision de rotation de présidence en 1987. Notons que l’Eglise est organisée en région ecclésiastique. Il y’a donc pour le moment, quatre régions ecclésiastiques. La première est la région de l’Ogooué estuaire synodale qui comporte en elle-même cinq régions administratives à savoir : l’estuaire, le moyen Ogooué, l’Ogooué maritime, la Ngounié et la Nyanga. La deuxième région est la région synodale de l’Ogooué Ivindo Sud Ouest qui comporte trois régions administratives à savoir la région de l’Ogooué Ivindo, la région du Haut Ogooué et la région de l’Ogooué Lolo. La région synodale du Woleu-Ntem qui est la troisième, comporte quant à elle, seulement un seul département : celui du Woleu Ntem, département de l’okano, département du Haut N’tem dans le Woleu n’tem. La quatrième région c’est celle du N’ tem qui n’a qu’un seul département. Voilà la constitution de l’administration synodale au niveau de l’église évangélique du Gabon.
GI : Président, comment se déroule l’ordination au sein de l’église évangélique du Gabon ?

JJNE : L’élection du Président de l’Eglise évangélique du Gabon se déroule selon un cadre rotatoire, en tenant compte de la région qui a reçu pour la première fois l’évangile. C’est cette région qui est choisie pour enclencher le cycle de rotation et tour à tour, les autres régions suivent le mouvement. En 1987, la région synodale de l’Ogooué estuaire a été le début de ce système. C’est par Libreville que l’évangile, est arrivé en premier lieu au Gabon en général et même dans la sous région. Après l’Ogooué estuaire, c’est l’Ogooué Ivindo. Quelques années plus tard, l’évangile est allé dans le Woleu-Ntem. L’Ogooué Estuaire a commencé le premier mandat en 1987. Ce premier tour rotatoire s’est achevé en 2014 où chaque région a eu à la tête un fils pour la représenter. Le système étant rotatoire, c’est le seul système qui rassemble toute l’église. Depuis seize ans, c’est la première fois, que l’église du Gabon est devenue stable. En mars 2014, le tour est revenu toujours à la région Ogooué estuaire. Notons qu’à une élection, le choix de la candidature se fait par un synode, qui peut choisir un ou deux candidats ; en exemple le dernier synode de 2014 où deux candidats ont été choisis et le vainqueur fut le président Jean Jacques Ndong Ekouaguet à une élection à un seul tour. Le candidat malheureux a totalisé un bon score de 40%. Notons que cette élection était difficile parce que les gens avaient versé dans l’intoxication, avec l’émission de plusieurs tracts dans le but de me faire perdre l’élection. Cependant la bible déclare qu’aucun plan de Dieu, ne peut être détruit par l’homme. Les plus gros électeurs sont les chrétiens qui sont plus nombreux que les Pasteurs. Parmi les tracts, plusieurs accusations ont été portés à ma personne au sujet d’un don d’argent, que j’aurais remis à mon collègue Pasteur Bengone afin qu’il ne se présente pas. Et d’autres pasteurs m’avaient demandé de décliner mon projet d’où ma réponse négative : « Je ne pourrais dire ce que je ferais que lorsque le moment viendra car en cette période, Dieu me dira ce que je ferais » et cela au Conseil national d’Afrique ; C’est pour cette raison, que j’avais décliné mon projet sur le plan spirituel qui est celui d’ organiser la vie des pasteurs compte tenu du désordre total de l’administration de l’église qui depuis ma prise de fonctions, est ordonnée.
Sur le plan financier pour la première fois, l’église a tenue une grande conférence budgétaire. Les recettes et des dépenses ont été optimisées et tous les départements de l’église sont budgétisés. C’est grâce à cette procédure que les salaires des Pasteurs ont pu être bancarisés. Pour ceux qui avaient ouvert des comptes bancaires, reçoivent désormais leur salaire par virement bancaire. Auparavant, chaque pasteur utilisait l’argent de l’église à son gré. Aujourd’hui l’enseignement privé a été optimisé. Avec le budget, plusieurs travaux de réfection des écoles, sont en cours. Depuis le mois d’octobre dernier, les travaux de réfection du collège Fanguinoveny de Lambaréné. Il est une obligatoire, que la gestion des finances soit respectée, dans le cadre de versement des cotisations des églises, à la direction générale, qui est l’église évangélique du Gabon. C’en est fini, avec le désordre anarchique de certains dirigeants des paroisses ! L’enseignement doit laisser à l’église, un budget de cent millions de francs. Concernant l’administration, il y’a un changement total. Plusieurs nominations basées sur la compétence et la fidélité, ont été faites alors que mes prédécesseurs ont porté leurs choix sur les gens de leur province natale, les transférant depuis l’enseignement public à celui du privé. Le cas de Libreville, il y’a trois établissements ; A baraka, c’est un originaire du Woleu-Ntem et l’intendant est originaire de Bitam. Au lycée d’Akébé c’est une camerounaise de l’Afrique Centrale parce que nous avons des enseignants expatriés. Il n’y a pas de raison que ces gens travaillent pour nous et que nous ne pouvons pas leur laisser des places pour le commandement. Au lycée d’Akébé, le proviseur est une femme et elle est originaire de la Ngounié. A Melen, le proviseur est du moyen – Ogooué. Mais tous, sont les enseignants de l’enseignement protestant. Dans le moyen Ogooué, le proviseur de Port-Gentil est de l’Afrique de l’Ouest ; Il n’y a pas de proviseur fang à l’Ogooué Ivindo, le proviseur est d’Oyem ; A Franceville, le proviseur est de l’Ogooué Ivindo et l’intendant est de Bitam. A Eboma, le proviseur est de Minvoul et l’intendant est une femme camerounaise qui est épouse de pasteur. A oyem, le proviseur est de Bitam, à Bitam, le proviseur est de la Ngounié. Au niveau de l’enseignement protestant leur direction générale est un chantier.
Par ailleurs l’Eglise évangélique du Gabon est reconnue sur le plan international par le fait que mon vice président venait d’effectuer une mission en France où il m’a représenté, dans le cadre des échanges avec la CEVA qui est la commission des églises de mission. C’est une organisation qui regroupe toutes les églises de mission en assemblée pour examiner le programme de mission en interne. Les relations avec la CEFAG et la CEVA vont permettre l’octroi deux projets sur l’évangélisation des pygmées au niveau de Mekambo et Boumango. C’est un projet de la CEVA et il y’a aussi un autre projet dont la réalisation a débuté : c’est celui de la mise sur le Net de tous nos établissements. Avant ma prise de fonction, aucun projet n’était palpable. La connexion sur le Net est déjà existante ici, dans l’administration, au secteur d’enseignement privé et d’ici la fin de l’année, il y’aura la formation des pasteurs et les enseignants sur l’outil informatique surtout que les relations avec l’international, sont très bonnes.

GI : Président, en tant qu’homme d’église, quelle est votre analyse sur la situation sociopolitique du Gabon ?

JJNE : En tant que responsable d’une communauté religieuse, je voudrais d’abord souligner un fait : le Gabon n’est pas une biographie. Ce n’est pas Dieu qui est le souverain au Gabon, Dieu est le souverain de toute la terre et du monde entier. En ce qui concerne la république gabonaise, ce sont les gabonais qui élisent le Chef de l’Etat, ce n’est pas Dieu qui le nomme. Je ne partage pas du tout l’avis de certains croyants et ce qu’ils disent à propos de la prophétie. Par contre, je voudrais m’arrêter et faire reconnaitre que, depuis 1990, quand le Gabon avait accepté de rentrer dans la démocratie, les gens se levaient dans leurs propres intérêts et non dans l’intérêt général de la nation. Aujourd’hui notre système électoral a comme plus d’évolution. D’abord depuis le temps du Président Omar Bongo Omdimba et avec l’actuel Ali Bongo Ondimba, la biométrie a été mise en place. Le Gabon est un jeune, beau et riche pays et il faudrait qu’il soit beau à tous égards. Le Président OBO avait déjà amorcé un bon pas. C’est pourquoi grâce à l’arrivé d’Ali Bongo Ondimba, cette biométrie est effective aujourd’hui dans notre pays. L’objectif actuel est que les acteurs politiques et le gouvernement améliorent le système politique, afin de réussir ce challenge de la démocratie. Après l’élection de 2009, le Président Ali Bongo Ondimba a été placé à la tête de notre pays même si certains ont décrié haut et fort cette victoire. Mais il est bon de reconnaitre que dans les élections, il y’a un seul gagnant et après ce sont des perdants, là n’est pas le problème. Mais en tant qu’observateur selon les expressions de certains hommes politiques, des méchancetés de leurs parts, l’atmosphère n’est très sereine. Où est alors le respect de la dignité humaine suivant les propos malhonnêtes de certains acteurs politiques, il faut donc revenir au meilleur langage politique ? Et quel héritage culturel à léguer aux générations futures de notre pays ?
Propos recueillis par Ngoulou Narcisse
GI /15

L’étonnant parcours du pasteur creillois

 Le dimanche, des centaines de chrétiens se rassemblent pour prier à Creil où de nombreux lieux de culte se côtoient. Portrait de l’étonnant responsable d’une petite église protestante du centre-ville

Floriane Louison | 01 Août 2015, 12h20 | MAJ : 01 Août 2015, 17h30

Dans la rue Michelet, à Creil, un seul bar reste en activité. En passant sa porte, d’anciens clients retrouveraient leurs souvenirs : des éléments du décor sont toujours là, le comptoir notamment. Aujourd’hui, il ne reste qu’une table, une grande. Chaque jeudi soir, des croyants se rassemblent autour pour lire la Bible.

«C’est une église-maison, explique le locataire des lieux, Tahar Hamdani. Nous habitons ici avec mon épouse et mes enfants et nous accueillons aussi une dizaine de familles pour l’étude biblique, ainsi que pour le culte du dimanche.»

Drôle d’endroit et drôle de vie. Tahar Hamdani est d’origine algérienne, né de parents musulmans. Il a grandi en France «avec un sentiment de révolte», avant de devenir pasteur au sein d’une communauté évangélique, laMission Timothée, installée à Creil depuis peu. Entre les deux… «un long cheminement», dit-il.

«Je suis parti tôt de chez moi, j’étais passionné de musique, c’était ce que je voulais faire de ma vie. Je suis devenu guitariste, je jouais souvent dans la rue, j’ai beaucoup voyagé.» Une jeunesse à la limite de la dérive, selon lui, «avec l’alcool, la drogue, presque clochard par moments à force de bourlinguer. Mon problème, c’était ce sentiment de vide. Je voulais ressentir les choses. J’étais artiste, un peu mystique, pas du tout religieux. La première fois que je suis tombé, par hasard, sur une Bible, ça m’a bouleversé. Un peu plus tard, j’ai rencontré la Mission Timothée. Elle avait un centre d’accueil à Anduze (Gard). J’ai fait une formation de missionnaire pendant trois ans.J’ai aussi commencé à travailler avec eux. Aujourd’hui, j’ai mon entreprise d’audit énergétique. »

Cette mission, fondée en 1972, a été classée dans un rapport parlementaire de 1995 comme secte, avant une marche arrière. Elle ne l’est plus aujourd’hui. Elle est même reconnue d’intérêt général. Pour lui, «en tant que croyant pratiquant, on est mal compris dans la société».

Surtout, quand on n’est pas dans les clous. « Je ne fais jamais de prosélytisme, je ne me sens pas supérieur aux autres dans ma pratique. C’est une démarche personnelle qui, pour ma part, m’a sauvé la vie.Quelques habitants qui me connaissent, ici, à Creil, me posent des questions. Il y a beaucoup de différences dans cette ville, religieuses notamment, et au final les gens se respectent même si, au fond, ils ne comprennent pas toujours.»

Le succès des évangélistes

A Creil, pas de décompte officiel mais au moins une dizaine d’églises protestantes rassemblent des fidèles chaque semaine. Beaucoup d’entre elles se revendiquent évangéliques. Cette branche du protestantisme est la religion qui progresse le plus dans le monde. En France aussi, notamment en région parisienne et en particulier dans les villes confrontées à des difficultés économiques ou sociales.
« Avoir la foi, quelle que soit sa pratique, c’est donner du sens à sa vie, estime une fidèle des Adventistes du 7e jour , l’une des premières Eglises évangéliques à s’être installée à Creil. Mais, ici, il y a autre chose parce que c’est une Eglise plus proche des gens, elle ne vit pas que les jours de messe mais, avec nous, au quotidien. Les pasteurs parlent simplement, de choses concrètes. »

> Venez débattre et poser vos questions sur nos forums !

Dans la rue Michelet, à Creil, un seul bar reste en activité. En passant sa porte, d’anciens clients retrouveraient leurs souvenirs : des éléments du décor sont toujours là, le comptoir…