Monthly Archives: May 2015

Mariage pour tous : les Protestants disent oui aux bénédictions

Le mariage pour tous vient tout juste de célébrer ses noces de cuir. La loi autorisant l’union de couples homosexuels a été promulguée en effet il y a deux ans, après des mois de débats passionnés qui ont précipité des centaines de milliers d’opposants dans la rue. Depuis, le climat s’est apaisé, même si l’association SOS Homophobie faisait encore état récemment, dans son dernier rapport annuel, de statistiques préoccupantes. Hasard du calendrier, le synode de l’église protestante unie de France (l’une des principales Églises protestantes de France, née en 2012 de l’union de l’église réformée de France et l’église évangélique luthérienne), vient d’autoriser ses pasteurs à bénir, s’ils le souhaitent, les couples homosexuels mariés civilement. Andrew Rossiter, pasteur des paroisses de Dieppe et Luneray, se tient prêt.

Andrew Rossiter, pasteur de l’Église protestante unie de France, soumettra prochainement la question à ses paroissiens de Dieppe et de Luneray, selon le principe protestant voulant que chaque décision soit aussi bien validée par les instances représentatives que par la base pratiquante.

Lui-même, et il ne l’a jamais caché à ses coreligionnaires, est un fervent partisan du choix acté par son clergé le 17 mai dernier : le synode de l’Église protestante unie de France s’est en effet prononcé en faveur de la bénédiction des unions homosexuelles. Le vote s’est révélé sans appel, (94 votes pour, sur une centaine de délégués), après dix-huit mois de débats internes.

« Une décision consternante » pour les évangéliques

En réalité, « cela fait une vingtaine d’années que notre église a pris en main cette question », témoigne Andrew Rossiter. La bénédiction des couples homosexuels a déjà été adoptée par d’importantes communions protestantes d’Europe (Espagne, Italie…) et d’Amérique du Nord. En France, l’évolution législative a naturellement influé sur la position de l’Église protestante unie. Par un hasard de calendrier, le vote du synode a d’ailleurs parfaitement coïncidé avec les deux ans de l’entrée en vigueur de la loi sur le mariage pour tous, le 17 mai.

Le hasard s’arrête là, puisqu’il s’agit bien d’une adaptation à un nouveau contexte sociétal. « Nous répondons à une demande qui existe », affirme Andrew Rossiter. Contrairement au culte catholique, il n’existe pas de mariage religieux chez les protestants. Le pasteur se contente d’une bénédiction des couples unis civilement. « Les débats ont d’ailleurs davantage porté sur cette notion même de bénédiction, ce qu’elle signifie dans notre société actuelle », indique le pasteur de la région dieppoise. En l’occurrence, « nous ne sommes que les canaux de Dieu, lance Andrew Rossiter. Qui sommes-nous pour décider d’ouvrir ou non ce canal ? » Le communiqué officiel de l’Église protestante unie demeure à ce sujet parfaitement clair : « Le synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie. »

Toutefois, cette ouverture, qui tranche de manière spectaculaire avec le dogme des « cousins » catholiques, est également loin de faire l’unanimité au sein de la communauté protestante. Le Conseil national des évangéliques de France (CNEF), qui revendique la représentation de « plus de 70 % des pratiquants réguliers du protestantisme en France », évoque ainsi « une décision consternante ». Pour lui, l’Église protestante unie de France confond « le souci louable d’accueillir en l’Église les personnes homosexuelles, avec la bénédiction d’une pratique condamnée sans équivoque par la Bible ». Ces désaccords, Andrew Rossiter les a rencontrés dans ses propres paroisses*, où « certains ont participé à la Manif pour tous » contre le mariage homosexuel. Mais lui, une fois de plus, assume pleinement son soutien à la bénédiction des couples homosexuels, renvoyant à la pensée de Calvin : « Chaque croyant est son propre pape. »

L’Église protestante unie pourrait même aller encore plus loin : puisqu’elle bénit les personnes de même sexe désormais autorisées à se marier, et puisque les pasteurs ont eux aussi la possibilité de s’unir, pourquoi n’accepterait-elle pas en son sein l’exercice de pasteurs homosexuels ? « C’est déjà le cas au Danemark, souligne Andrew Rossiter. L’un de mes amis, un pasteur homosexuel, est marié là-bas. »

Thomas Dubois

t.dubois@presse-normande.com

* Selon le pasteur Andrew Rossiter, la paroisse de Dieppe compte une soixantaine de familles à Dieppe, celle de Luneray près de deux cents.

À l’écoute des homos croyants

Vivre pleinement sa foi et son homosexualité, Pierre, lui aussi protestant, y arrive parfaitement. « Mais je connais d’autres homos, ou bien leurs proches, qui ont le sentiment d’être rejetés par la religion », explique le pratiquant assidu, âgé de 33 ans.

Installé près de Caen, Pierre souhaiterait y ouvrir un espace d’accueil et d’écoute pour toutes ces personnes, avec l’appui du centre LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et trans) de Normandie. « C’est très difficile : le milieu religieux reste naturellement assez fermé à la cause homosexuelle et, à l’inverse, le milieu homo est très hostile au cadre religieux. » La décision de l’Église protestante unie de France, relative à la bénédiction des unions homosexuelles, réjouit de fait le pratiquant.

« Les gens s’en foutent »

« Ces bénédictions se faisaient déjà plus ou moins en privé, ce choix permet au moins de clarifier la situation, note Pierre. L’Église réformée, qui donne la parole à la base sans imposer des décisions venues d’en haut, est de fait plus proche des préoccupations contemporaines. »

Contrairement, sous-entendu, à un culte catholique encore très loin de franchir le pas. « Pour ma part, je suis très l’aise avec la pratique de ma religion et mon homosexualité. Pour mon compagnon, catholique, ce fut plus compliqué. Mais nous allons au culte ensemble, au temple comme à l’église. Les gens ne nous ont jamais jetés de pierres : ceux que ça dérange ne nous parlent pas, c’est tout. Mais honnêtement, les trois quarts des gens s’en foutent. »

D’ailleurs, pour mener à bien son projet de permanence, Pierre assure avoir trouvé une écoute attentive auprès d’un pasteur de la région caennaise, mais aussi d’un prêtre catholique.

T. D.

Après les Irlandais, les Allemands attendent

Y aura-t-il un référendum en Allemagne pour décider s’il faut, ou non, autoriser le mariage homosexuel ? C’est en tout cas le vœu de certains partisans de l’égalité complète entre les couples. En Allemagne, les personnes du même sexe n’ont pas le droit de se marier mais, si elles le désirent, peuvent signer un « partenariat » qu’un projet de loi voudrait élargir. À ce jour, la question reste synonyme de tabou outre-Rhin. En 2013, la Chancelière avait écarté l’idée de présenter un projet de loi instaurant le mariage gay.

En tout cas, les Allemands partisans du mariage entre deux hommes ou deux femmes viennent de retrouver un peu de baume au cœur ces derniers jours après la décision prise par les Irlandais d’approuver par un « oui » franc et massif le mariage homosexuel. Le 24 mai dernier, vingt-deux ans après la dépénalisation de l’homosexualité en Irlande, le « oui » l’a en effet emporté avec 62 % des voix. L’Irlande est ainsi devenue le 19e pays, le 14e en Europe, à légaliser le mariage gay. Il est, par contre, le seul pays à l’avoir fait par référendum, les autres gouvernements ayant opté pour la voie parlementaire.

Les mariés de l’an II

L’alliance à son annulaire gauche n’est pas encore marquée de la patine du temps. Pierre Passavant n’a dit « oui » qu’il y a quelques semaines. À peine évoque-t-il son mariage que des étoiles brillent dans ses yeux.

« On a voulu faire quelque chose de grand, sur le thème des constellations. Nous avons préparé toutes les décorations, des billets d’embarquement pour la soirée façon ticket pour une navette spatiale, une vidéo et des sons d’ambiance pour accompagner les invités. Même une chorégraphie pour notre entrée », s’enthousiasme le jeune marié de 40 ans, heureux de recevoir les messages de remerciements et de félicitations des convives du 9 mai.

« Spirituellement parlant, ce serait important »

Anthony Quindroit

a.quindroit@presse-normande.com

C’est que ce mariage, le Rouennais l’attendait depuis longtemps. Mais, en couple depuis 14 ans et pacsé depuis 11 ans, il ne pouvait prétendre passer devant M. le maire que depuis deux ans. Auparavant, en France, Pierre n’avait pas le droit d’épouser Olivier. « Le jour de l’adoption du mariage pour tous, le 23 avril 2013, je m’en souviendrais toute ma vie. Je revois Claude Bartolone qui annonce le résultat. Nous étions devant la télévision, j’ai chialé comme une madeleine en criant : « Égalité ! »Le soir même, je demandais la main de mon compagnon », narre-t-il.

Au-delà du symbole, c’était aussi une volonté de « protéger l’autre » en cas de problème. Et une revanche après la souffrance et les tombereaux de haine déversés pendant les débats. « Il y a eu énormément de méchanceté, nous en avons beaucoup souffert. Pendant dix-huit mois, ça a été l’enfer. C’était même parfois compliqué d’en parler en famille. Je ne comprends pas pourquoi cela a provoqué une telle agitation en France alors que c’est passé comme une lettre à la Poste en Angleterre. Surtout que ça ne change rien pour les couples hétérosexuels. »

Les relents homophobes l’ont plusieurs fois rendu malade. Le niveau de certains politiques aussi. Entendre parler de retour en arrière l’énerve pour celles et ceux qui ne sont pas encore mariés. Quant à l’adoption, il ne comprend pas certains blocages : « Pourquoi une amie, en couple avec une autre amie mère d’un enfant, ne pourrait-elle pas adopter cet enfant alors qu’elle participe à son éducation et à son bien-être ? », s’interroge-t-il. Quid de la gestion pour autrui (GPA) ? « C’est un peu la marchandisation de la femme. Mais ça peut aussi être une bonne chose pour un couple », lâche-t-il sans avis totalement tranché.

Il applaudit en tout cas l’initiative des pasteurs protestants qui acceptent désormais de bénir les couples du même sexe. « C’est une belle avancée. Nous, nous devions être bénis par une femme, pasteur anglicane, mais c’est tombé à l’eau, faute de temps. Mais, pour moi qui suis croyant, spirituellement parlant, ce serait important. Si j’avais pu le faire chez les catholiques, je l’aurais fait. » Un jour, peut-être. Il y croit. Il veut y croire. « Le Pape est génial. Il veut faire avancer les choses, ce qui était moins le cas avec Ratzinger [Benoît XVI, le précédent pape, NDLR]. Ça peut évoluer, ces discours sont plus ouverts. » Mais il modère de lui-même son ardeur : « Enfin, pour Civitas, nous sommes des suppôts de Satan, donc… C’est encore loin d’être gagné ! »

Pierre Passavant est aussi conscient que, même si la loi est entrée en vigueur, la société n’a pas encore complètement évolué : « On ne représente que 4 % des mariages en France, mais il y a encore du boulot pour que ça entre dans les mœurs. »

Au Havre, l’Église protestante prête pour la bénédiction des couples gays

Les bénédictions, au Havre se feront suite à une concertation avec le conseil presbytéral.Les bénédictions, au Havre, se feront suite à une concertation avec le conseil presbytéral.

Dimanche 17 mai 2015, le synode national de l’Église protestante unie de France a validé la possibilité de « bénir des unions de personnes de même sexe », une avancée remarquée, mais préparée de longue date par la communauté protestante. « Elle ne concerne qu’une des églises du protestantisme. Il y a eu 18 mois de discussions entre les communautés locales, régionales, puis nationales, avant ce synode », explique à Normandie-actu le pasteur Emmanuel Rouanet, de la paroisse du Havre (Seine-Maritime). Cette décision votée à très grande majorité est présentée comme « une possibilité ouverte aux pasteurs et communautés locales » de bénir, ou non, les couples homosexuels.

Cela nous renvoie à notre responsabilité. Une demande se validera au Havre s’il y a des sollicitations. Ce n’est pas le cas pour le moment.

Une décision à valider par le conseil presbytéral

Pour Emmanuel Rouanet, l’importance de cette décision tient aussi à la possibilité pour les pasteurs de ne pas être forcément « sur la même longueur d’onde ». À l’Eglise protestante du Havre, deux pasteurs officient, et un accord entre ces derniers et le conseil presbytéral local est nécessaire pour répondre favorablement à la requête d’un couple de personnes de même sexe. Deux ans après le débat concernant le mariage pour tous, le pasteur du Havre tient également à rappeler que les pasteurs restent libres de leurs opinions, concernant ce sujet.

Il est important de montrer aussi que l’on peut vivre en communion dans une Église, tout en ayant des positions différentes, qui sont toutes deux légitimes.»

Compléter le mariage civil

Contrairement à l’Église catholique qui voit l’acte de mariage comme un sacrement, l’Église protestante considère cette bénédiction « plutôt comme un moyen de compléter le mariage civil, sans le remplacer. Dans le cas des couples de personnes de même sexe, cet acte permet enfin à ceux qui le désirent de recevoir une bénédiction de leur Église. »
Alors que la plupart voit cette décision du synode comme une grande évolution, en pointant du doigt l’Église catholique et son « retard », le pasteur Emmanuel Rouanet se montre plus pragmatique sur la question.

Pour moi, elle marque une différence sur la conception du mariage, mais elle était déjà existante auparavant. Il n’y a rien de nouveau dans cette différence entre l’Église protestante et l’Église catholique.

248 millions de dollars pour booster le pastoralisme dans six pays du Sahel

La Banque mondiale va financer un projet d’une valeur de 248 millions de dollars, visant à stimuler le pastoralisme dans six pays du Sahel et à améliorer l’accès à des services essentiels pour plus de 2 millions de pasteurs et agropasteurs, a appris APA jeudi auprès de la représentation de l’institution financière à Ouagadougou.


Le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS), d’une durée de six ans, concernera le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad.

Ce projet stimulera la coopération régionale entre ces six pays où les activités pastorales constituent la principale source de revenu des populations ciblées, souligne la Banque mondiale.

“En Afrique subsaharienne, relève-t-elle, les activités pastorales constituent la principale source de revenus de quelque 50 millions d’habitants. Au Sahel, les terres arides et semi-arides occupent 75% du territoire et font vivre près de 20 millions de pasteurs”.

Selon la Banque mondiale, ce projet constitue une étape importante pour instaurer une alliance solide en faveur du pastoralisme, à travers la mise en commun de l’expertise et des moyens de différents acteurs, parmi lesquels des partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux, des gouvernements, des entreprises privées et des organisations pastorales de la société civile.

KOUTIALA : des pasteurs renforcent leur capacité dans la gestion de l’église

KOUTIALA : près de 500 pasteurs venus des 19 districts de l’église chrétienne renforcent leur capacité dans la gestion de l’église depuis ce matin (28/05/2015) à Koutiala. C’est à la faveur d’un séminaire sur le « rôle et mission du berger ». Au cours de cette rencontre, qui va durer 3 jours, les participants procéderont à des prières pour la paix et la réconciliation.

A Koutiala, écoutez-nous en direct sur la radio Jamana de Koutiala 102.6 Fm

La Banque mondiale débloque 248 millions de dollars pour soutenir le pastoralisme au Sahel

Maroc

Les banques marocaines à la fête

Dix ans après leurs premières opérations d’expansion au sud du Sahara, les grands établissements chérifiens commencent à tirer les pleins bénéfices de leurs investissements. Le point.

Lire la suite

Développement

La Banque mondiale débloque 248 millions de dollars pour soutenir le pastoralisme au Sahel

L’IDA, fonds du groupe Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, a débloqué une enveloppe de 248 millions de dollars pour favoriser le développement du Sahel et renforcer les…

Lire la suite

Automobile

Renault, symbole de la voiture algérienne

Depuis novembre 2014, l’usine de Oued Tlelat, près d’Oran, fabrique les premières voitures made in Algeria. Une expérience industrielle devenue un modèle dans le contexte actuel de crise pétrolière.

Lire la suite

Energie

Kenya : énergie en sous-sol

Dans les profondeurs de la faille du Rift, les Kényans disposent d’une source d’énergie considérable. Et ils se donnent les moyens de l’exploiter de plus en plus efficacement. 40 %…

Lire la suite

Finance

Ecobank face à son avenir

Un peu plus d’un an après la crise qui l’a ébranlé, le groupe panafricain renoue avec les performances. Mais il doit encore régler plusieurs problèmes pour se développer sereinement, notamment…

Lire la suite

Conjoncture

Pourquoi les banques nigérianes peuvent surmonter la baisse du pétrole

La part de l’industrie des hydrocarbures dans l’ensemble des prêts des plus grands établissements a doublé depuis la chute des cours du baril de 2008. Mais le secteur est mieux…

Lire la suite

Agriculture

Côte d'Ivoire : la production de coton atteint 450 000 tonnes

La Côte d’Ivoire a enregistré une production de coton record : 450 000 tonnes, au terme de la saison 2014/2015. Une hausse de 11 % par rapport à la saison…

Lire la suite

Institutions

Donald Kaberuka, artisan du retour de la BAD à Abidjan, critiqué par les francophones

Donald Kaberuka, qui quitte bientôt la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), laisse une institution financièrement solide, mais a été accusé d’avoir délaissé les pays francophones au profit…

Lire la suite

Finance

Equity Bank va acquérir ProCredit Bank Congo

Equity Bank va prendre le contrôle de ProCredit Bank Congo, 7e banque en République démocratique du Congo. Le groupe bancaire kényan a lancé cette année un programme d’expansion à travers…

Lire la suite

Coulisses

Mode d'emploi et favoris : l'élection du président de la BAD en 5 questions

Le 28 mai, la Banque africaine de développement élira un nouveau président. “Jeune Afrique” décrypte pour vous tous les ressorts de cette élection et livre une analyse exclusive des chances…

Lire la suite

Finance

Moody's relève les perspectives de la Tunisie

Moody’s a confirmé la note de crédit de la Tunisie (“Ba3″) et relevé ses perspectives de “négatives” à “stables”. Une amélioration que l’agence de notation explique par le redressement de…

Lire la suite

Politique économique

Chute des cours du pétrole : l'Algérie annonce de nouvelles mesures fiscales

Alors que le déficit commercial de l’Algérie explose (- 4,32 milliards de dollars à la fin avril), l’Algérie prépare de nouvelles mesures pour encourager l’investissement “productif” et alléger la facture…

Lire la suite

Maroc

Affaire Samanah : Hennessy et Crenn rattrapés par la justice

Ce qui aurait dû être l’un des plus beaux projets touristiques de Marrakech vient de se transformer en un scandale juridico-financier, a appris “Jeune Afrique”. Sur le banc des accusés…

Lire la suite

Obligations

Finance islamique : l'Afrique convertie au sukuk

L’Afrique du Sud et le Sénégal ont émis leur première obligation islamique. La Côte d’Ivoire, le Niger et le Nigeria pourraient les suivre. Mais l’opération reste complexe.

Lire la suite

Énergie

Avec Actis, le camerounais Eneo espère avoir trouvé sa bonne fée

Après la prise de contrôle du capital-investisseur britannique, l’opérateur national d’électricité est en mutation. Mais la réorganisation du secteur et les relations avec l’État compliquent la donne.

Lire la suite

Économie

Nigeria : le premier producteur de pétrole en Afrique à court d'essence

La pénurie d’essence qui paralyse le Nigeria depuis près d’un mois serait sur le point d’être résolue. Une entente entre les importateurs de carburant et l’État a été conclue le…

Lire la suite

Finance

Souscription : la branche auto du groupe Loukil trouve son public

La souscription aux actions d’UADH, la branche automobile du groupe tunisien Loukil, a suscité une forte demande du marché. L’Offre à prix ferme a été sursouscrite plus de cinq fois,…

Lire la suite

Finance

Sous pavillon marocain, Banque Atlantique investit sur tous les fronts

La greffe de 2012 avec Banque populaire a pris. En forte progression, le groupe panafricain se diversifie, misant aussi bien sur les infrastructures que sur la microfinance.

Lire la suite

Institutions

Abidjan : plus de 4 500 personnes aux Assemblées de la Banque africaine de développement

Six chefs d’État, un vice-président et deux Premiers ministres ont participé à l’ouverture officielle des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le 26 mai. Avec deux temps forts…

Lire la suite

Conjoncture

Perspectives économiques : la BAD appelle à

Le rapport “Perspectives économiques en Afrique 2015″, impulsé par la Banque africaine de développement, appelle les États du continent à mobiliser le potentiel “immense et largement inexploité” de leurs territoires.

Lire la suite

Actu

Cette semaine dans Jeune Afrique

Cette semaine, “Jeune Afrique” brosse le portrait de Nassef Sawiris. Le benjamin et le plus effacé des fils du magnat égyptien Onsi Sawiris est déjà la première fortune d’Afrique du…

Lire la suite

La Banque mondiale mobilise 248 millions $ pour développer les activités agro-pastorales au Sahel

(Agence Ecofin) – La Banque mondiale a annoncé, le 26 mai, que son conseil d’administration a approuvé un financement  de 248 millions de dollars destinés à renforcer la productivité, la pérennité et la résilience des moyens de subsistance des populations pastorales dans six pays du Sahel.

Ce financement de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds du groupe de la Banque mondiale dédié aux pays les plus pauvres, se décline comme suit : crédits de 30 millions de dollars pour le Burkina Faso et le Sénégal et de 45 millions de dollars pour le Niger et le Mali ; et dons de 45 millions de dollars pour la Mauritanie et le Tchad, et de 8 millions de dollars pour le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS).

L’enveloppe de 248 millions de dollars contribuera à améliorer l’accès à des services essentiels, comme les soins vétérinaires, l’eau, les prévisions météorologiques, les pratiques de gestion du bétail et des pâturages, la nutrition animale, les informations sur les marchés et des services de conseil adaptés à des communautés nomades, dans l’objectif de stimuler leur productivité. Elle va aussi promouvoir la coopération nationale et régionale, notamment en matière de contrôle des maladies, de gestion des ressources naturelles, de déplacements transfrontaliers des troupeaux et de facilitation des échanges. Enfin, il renforcera la résilience face au changement climatique, aux épizooties, aux aléas économiques, aux conflits et à l’insécurité.

«Les investissements envisagés ciblent des zones qui ont été historiquement mal dotées et où vivent un grand nombre de ménages exposés aux sécheresses et piégés dans la pauvreté, faute de posséder suffisamment de biens. Ces fonds devraient promouvoir une prospérité partagée en permettant aux familles de traverser les prochains chocs avec moins de pertes et d’investir dans le développement de leur capital humain», souligne Christian Berger, chef d’équipe du projet à la Banque mondiale.

En Afrique subsaharienne, les activités pastorales constituent la principale source de revenu de quelque 50 millions d’habitants. Au Sahel, les terres arides et semi-arides occupent 75 % du territoire et font vivre près de 20 millions de pasteurs.

Lire aussi

19/06/2012 – L’Europe lance un partenariat pour la résilience au Sahel

01/04/2015 – La Banque mondiale recommande davantage d’investissement public dans l’agriculture africaine

18/03/2015 – La Banque mondiale alloue 22 millions $ au secteur de la pêche en Guinée et en Mauritanie

Sahel : financement de 248 millions de dollars de la Banque mondiale pour un projet d’appui au …

Par : Laura |  Mots clés : Mali, pastoralisme, financement
French.china.org.cn | Mis à jour le 28-05-2015

La Banque mondiale va financer un projet d’une valeur de 248 millions de dollars, visant à stimuler le pastoralisme dans six pays du Sahel et à améliorer l’accès à des services essentiels pour plus de 2 millions de pasteurs et agropasteurs, selon un communiqué publié par son bureau à Bamako.

Ce financement est octroyé au Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS), d’une durée de six ans, qui concerne le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad, ajoute le texte.

Ce projet stimulera la coopération régionale entre ces six pays où les activités pastorales constituent la principale source de revenu des populations ciblées, indique le communiqué.

“En Afrique subsaharienne, les activités pastorales constituent la principale source de revenu de quelque 50 millions d’habitants. Au Sahel, les terres arides et semi-arides occupent 75% du territoire et font vivre près de 20 millions de pasteurs”, précise-t-on de même source.

Le communiqué souligne, citant le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique Makhtar Diop, que “le pastoralisme, qui joue un rôle vital au Sahel, est menacé par de multiples défis, dont l’essor rapide de la population, les conflits, les épizooties, la disparition des pâturages et l’amenuisement des sources en eau”.

Selon la Banque mondiale, ce projet constitue une étape importante pour instaurer une alliance solide en faveur du pastoralisme, à travers la mise en commun de l’expertise et des moyens de différents acteurs, parmi lesquels des partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux, des gouvernements, des entreprises privées et des organisations pastorales de la société civile.

Les femmes pasteurs peaufinent leur look

“Casual priest” : la collection qui rend les pasteurs suédoises stylées

Au rez-de-chaussée d’un petit immeuble beige de la banlieue de Stockholm, Maria Sjoedin s’affaire dans l’atelier où elle crée et vend des vêtements conçus pour les femmes pasteurs. Manches trois-quarts ou évasées, poignets mousquetaires, les chemisiers et les robes à cols romains sont légion. La styliste de 46 ans, toute de noire vêtue, est l’une des pionnières en la matière. « Mes créations sont faites et pensées pour les femmes », souligne-t-elle.

« Les autres vêtements (de pasteur, NDLR) sont des vêtements pour homme, mal coupés pour les morphologies féminines », explique à l’AFP Beatrice Lönnquist, pasteur à Stockholm. La collection Casual Priest comprend aussi des vêtements du quotidien, sans caractère religieux. Certains sont disponibles dans différentes couleurs, selon la fonction occupée par celles qui les portent. Dans l’Église de Suède, le vert est, par exemple, réservé aux diacres. D’abord disponibles sur catalogue, ces vêtements coupés près du corps et décontractés peuvent aujourd’hui être achetés en ligne. Les mannequins sont jeunes et avenantes, à l’opposé de l’image caricaturale de la femme pasteur austère et mal attifée.

« C’est confortable et professionnel. Ces vêtements mettent en valeur les courbes d’une femme sans pour autant la rendre provocante », juge une cliente de Maria Sjoedin qui a posté un commentaire sur le site de la marque. « Par leurs vêtements, les pasteurs veulent montrer qu’ils sont des êtres humains comme vous et moi. Ils ne veulent pas créer de distance avec leurs fidèles, mais une proximité », souligne Åsa Haggren, professeur dans une université qui forme des professionnels de la mode à Borås (dans le sud-ouest de la Suède).

Répondre à un besoin

Pour Maria Sjoedin, tout a commencé en 2002. « Je ne viens pas d’un milieu religieux. J’ai rencontré une fille qui était pasteur. Elle m’a dit qu’il y avait peu de choses pour les femmes pasteurs, et aucun vêtement dans lequel elle se sentait bien », raconte-t-elle. Très vite, la jeune couturière réalise pour son amie un premier tee-shirt à col romain. C’est le début de sa collection, régulièrement mise à jour avec de nouveaux modèles, de nouvelles coupes et de nouveaux tissus. La première cliente montre sa nouvelle chemise à des collègues et les ventes commencent à décoller. En Suède et en Norvège d’abord, puis dans le monde anglo-saxon. Des hommes se sont également manifestés. Depuis peu, une collection leur est dédiée.

« C’était le bon moment. J’ai fait quelque chose dont on avait vraiment besoin », estime Maria Sjoedin, qui reconnait néanmoins avoir rencontré quelques sceptiques à ses débuts. « Dans la mode, il s’agit souvent de créer un besoin. Là, il y a un besoin qui doit être satisfait. Cela a beaucoup de sens pour moi », se félicite-t-elle. La Suède compte beaucoup de femmes pasteurs : elles sont 2086, pour 2187 hommes. La parité pourrait même être atteinte d’ici à quelques années, puisque 23 femmes seront ordonnées en 2015, contre 11 hommes.

Dans la très grande majorité des Églises protestantes du monde, les femmes peuvent être ordonnées prêtres. Pour la plupart, les protestants considèrent que le prêtre est un expert, un théologien, qui exerce un ministère et non un sacerdoce. Une vision différente de celle de l’Église catholique, opposée à l’ordination des femmes. Aujourd’hui, la créatrice compte 4000 clients dans le monde entier. Ses collections rencontrent un tel succès qu’elle a embauché deux couturières en Suède pour pouvoir répondre aux commandes et que deux usines de confection vont bientôt ouvrir, l’une au Portugal et l’autre en Italie.

À lire aussi :

Des femmes imams luttent contre l’extrémisme en Algérie
Le judaïsme aime-t-il les femmes ?
“Quand les religions se mêlent de politique, ce sont les femmes qui trinquent”

«Il est beaucoup plus difficile d’être pasteur aujourd’hui»

Depuis le licenciement de deux pasteurs dans le canton, grogne et anxiété gagnent certaines cures vaudoises. Président du Conseil synodal, l’organe exécutif de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), Xavier Paillard est sous le feu de vives critiques depuis trois semaines. Il répond.

– Plusieurs pasteurs et laïcs évoquent le «sentiment de malaise» qui touche aujourd’hui l’Eglise réformée. Le constatez-vous aussi?
Oui, indéniablement. Plusieurs collègues, laïcs ou paroissiens sont ébranlés par les mesures qui ont été prises et leur écho médiatique. Mais il me semble important de souligner que ces décisions ne sont pas le seul facteur de déstabilisation que traverse actuellement l’Eglise. Nous sommes confrontés à trois réalités. Tout d’abord, l’individualisation de la société et l’émergence de spiritualités laïques fragilisent la vie communautaire des paroisses traditionnelles. Ensuite, on n’appartient plus, aujourd’hui, à une Eglise par filiation, mais par une adhésion résultant d’une conviction. Autrefois, on n’avait pas besoin de convaincre les parents d’envoyer leurs enfants au catéchisme, par exemple. Enfin, les fonctions dites de référence, comme municipal, gendarme ou pasteur, sont de moins en moins reconnues. Il est beaucoup plus difficile d’être pasteur aujourd’hui qu’il y a quelques décennies, le Conseil synodal en est pleinement conscient. Des collègues se trouvent en situation de fragilité et ont besoin d’un soutien que nous cherchons à leur apporter. Plusieurs mesures ont été mises en place à cet effet.

– Outre les licenciements, on parle aussi de cas de burn-out.
C’est vrai, à l’instar de ce qu’on voit dans d’autres professions. A mes yeux, ces situations résultent de la perte de sens du métier, et pas seulement d’une surcharge de travail. Face aux changements actuels, certains se sentent démunis, d’autres mettent les pieds au mur, d’autres encore sont stimulés. C’est vrai pour les ministres comme pour les paroissiens d’ailleurs.

– En février dernier, le Synode (parlement de l’Eglise) a «pris acte» de votre programme de législature, sans l’avaliser. Un geste de défiance à l’égard des autorités ecclésiales?
Non, ce n’est pas le fond du programme qui pose problème, mais son statut: le programme de législature appartient à l’exécutif, le Synode n’a pas à l’approuver. Notre programme a d’ailleurs été jugé clairvoyant et courageux par plusieurs Eglises sœurs de Romandie. Et le règlement sera modifié pour la prochaine législature.

– Certaines voix, dont celles de Suzette Sandoz, critiquent la double casquette de l’EERV, à la fois employeur et chef spirituel.
L’Eglise est une communauté de foi, mais aussi une institution de droit public. Il est inévitable que des tensions surviennent entre ces deux pôles. Mais affirmer que l’Eglise doit être gérée par deux entités différentes, c’est, à mon sens, une grave erreur. D’un point de vue réformé, la gestion courante doit être spirituelle, tout comme la spiritualité s’incarne dans la gestion de l’Eglise. C’est la même chose dans la vie d’une personne: sa spiritualité s’incarne dans son quotidien. Il est important que le Conseil synodal représente l’EERV dans son rôle d’employeur. Maintenant, aucune institution n’est parfaite et on peut imaginer quelques aménagements relatifs au rôle de la commission de discipline ou aux voies de recours.

– On vous reproche parfois un caractère trop autoritaire.
C’est en effet un grief que j’entends, qui n’est pas facile à vivre, et que mes collègues du Conseil synodal démentent formellement. Prétendre que c’est moi qui décide, c’est méconnaître notre fonctionnement, et c’est un affront à mes collègues. Toutes les décisions en Eglise sont prises par le Conseil synodal, et non par Xavier Paillard uniquement.

– Face aux turbulences, le Conseil synodal avance-t-il uni, ou des dissensions sont-elles apparues?
Il y a une dynamique d’équipe remarquable, nous sommes sur la même longueur d’onde.

– Quels moyens allez-vous déployer pour ramener le calme dans l’Eglise?
Il faut privilégier le dialogue avant tout. La prochaine session du Synode, en juin, se déroulera sur deux jours et demi afin de favoriser les échanges. Le Conseil synodal ira par ailleurs, ces prochains mois, à la rencontre de tous les 270 pasteurs et diacres de l’EERV, qui seront également conviés à deux jours de retraite en janvier 2016. Nous avons aussi prévu des rencontres informelles dans les régions du canton, dès le mois de septembre, afin de permettre à la population de dialoguer avec le Conseil synodal. (24 heures)

(Créé: 27.05.2015, 06h37)

Les deux faces de l’Eglise protestante

Moderne, chaleureuse et décomplexée: côté pile, l’Eglise réformée vaudoise casse avec succès l’image d’austérité qui colle à la robe de ses ministres depuis des siècles. Après avoir apprivoisé réseaux sociaux et applications pour smartphone il y a plusieurs années déjà, l’institution s’est fendue d’un clip décalé sur le mariage, projeté au cinéma, et d’une campagne d’affichage plutôt piquante. Dans le même temps, à Lausanne, les impertinences du duo de pasteurs à la tête de Saint-Laurent-Eglise ont même séduit l’avocat genevois Marc Bonnant, pourtant athée convaincu, à l’enseigne d’un «procès» de Judas Iscariote.

Côté face en revanche, le ton, à l’interne, s’est durci. Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour dénoncer un Conseil synodal (exécutif) autoritaire, peu enclin au dialogue et à l’origine de mesures impopulaires: licenciements de pasteurs et volonté de réduire le nombre de cultes dominicaux. Les autorités ecclésiales peinent aussi parfois à gérer sereinement un office de ressources humaines interne – les 270 pasteurs et diacres en activité ne sont plus des employés de l’Etat, comme c’était le cas par le passé. Président du Conseil synodal, Xavier Paillard est plus particulièrement montré du doigt: il est vrai que le bon berger des réformés a le verbe sec et la houlette ferme. «Notre Eglise n’est plus au milieu du village, elle est au milieu d’un virage», martèle l’ancien pasteur nord-vaudois, et il a raison. Dans les temples, les fidèles vieillissent, tandis qu’à l’extérieur le syncrétisme gagne du terrain: le message biblique est saupoudré d’épices bouddhistes, enduit de paganisme écolo ou couvert de plumes d’anges New Age.

Pour affronter ces défis, l’institution a besoin d’une figure de proue solide, porteuse d’un message clair. Pourfendeur du consensus mou, Xavier Paillard est fait de ce bois-là. Reste juste au bouillant patron à mettre parfois les formes et un peu d’eau dans son vin. (24 heures)

(Créé: 26.05.2015, 19h16)

Les femmes pasteurs ont leur styliste : Maria Sjödin

Au rez-de-chaussée d’un petit immeuble beige de la banlieue de Stockholm, face à un square arboré, Maria Sjödin s’affaire dans son atelier où elle crée et vend des vêtements conçus pour les femmes pasteurs.
Manches trois-quarts ou évasées, poignets mousquetaires, les chemisiers et les robes à cols romains sont sophistiqués tout en restant sobres. La styliste de 46 ans, toute de noire vêtue, est l’une des pionnières en la matière. « Mes créations sont faites et pensées pour les femmes », souligne-t-elle. « Les autres vêtements (de pasteur) sont des vêtements pour homme, mal coupés pour les femmes », confirme Beatrice Lönnquist, pasteur de Stockholm.
La collection « Casual Priest » comprend des vêtements du quotidien, sans tenues liturgiques. Certains d’entre eux sont disponibles dans différentes couleurs, selon la fonction occupée par celles qui les portent. Dans l’Église de Suède, le vert est réservé aux diacres, par exemple. D’abord présentés sur catalogue et aujourd’hui en ligne, ses vêtements coupés près du corps sont décontractés. Les mannequins sont jeunes et avenantes, à l’opposé de l’image caricaturée de la femme pasteur austère et mal attifée.
Il faut dire que les femmes pasteurs suédoises ont un bon pouvoir d’achat. Selon l’Église de Suède, leur salaire médian approche 3 000 euros par mois, voire plus si elles gèrent la paroisse administrativement.

Confortable et professionnel
« C’est confortable et professionnel. Ça célèbre les courbes d’une femme sans pour autant la rendre provocante », juge une cliente de Maria Sjödin. « Par leurs vêtements, les pasteurs veulent montrer qu’ils sont des êtres humains comme vous et moi. Ils ne veulent pas créer de distance, mais une proximité », souligne Åsa Haggren, professeur dans une université qui forme des professionnels de la mode à Borås (sud-ouest de la Suède).
Pour Maria Sjödin, tout a commencé en 2002. « Je ne viens pas d’un milieu religieux. J’ai rencontré une fille qui était pasteur et elle m’a dit qu’il y avait peu de choses pour les femmes pasteurs, et rien dans lequel elle se sentait bien », raconte-t-elle. La jeune couturière réalise pour son amie un premier tee-shirt à col romain. C’est le début de sa collection, régulièrement mise à jour avec de nouveaux modèles, de nouvelles manches et de nouveaux tissus. « Le premier top, EVA, est encore celui qui se vend le mieux », sourit-elle.
Les ventes commencent à décoller. En Suède et en Norvège d’abord, puis dans le monde anglo-saxon. Des hommes se sont également manifestés et ont depuis peu leur propre collection.

Répondre à un besoin
« C’était le bon moment (…) J’ai fait quelque chose dont on avait vraiment besoin », estime Maria Sjödin, reconnaissant avoir rencontré quelques sceptiques à ses débuts. « Dans la mode, il s’agit souvent de créer un besoin. Là, il y a un besoin qui doit être satisfait, ça a beaucoup de sens », se félicite-t-elle.
La Suède compte beaucoup de femmes pasteurs : elles sont 2 086, contre 2 187 hommes, et elles marchent vers la parité, puisque 23 femmes seront ordonnées en 2015, pour 11 hommes.
« Je représente l’Église et je transmets le message du Christ. Quand je le fais, je veux être à l’aise dans mes vêtements, pour pouvoir être sûre de moi et me consacrer à mon message », explique Elin Hyldeen Gärtner, qui porte des vêtements Casual Priest depuis plus de dix ans.
« Je transmets un sentiment d’un prêtre moderne dans une société moderne », renchérit en souriant Mme Sjödin. Elle a aujourd’hui 4 000 clients, dans le monde entier. Ses journées s’organisent autour de la conception mais aussi de la vente de sa collection. « On rencontre des clients, on emballe, on envoie avec soin », raconte celle qui essaie d’entretenir un contact privilégié avec ses acheteurs. Côté production, Mme Sjödin est aidée par deux couturières en Suède, mais la majorité de la collection est fabriquée dans une usine au Portugal. Et bientôt, une partie sera également produite en Italie.

Camille BASWOHLERT/AFP

Soudan : 2 pasteurs risquent la peine de mort à cause de leur foi

Accusés d’espionnage par les services de sécurité, deux Pasteurs presbytériens ont été arrêtés alors qu’ils voyageaient du Sud au Nord du Soudan. Alors que leur procès devait s’ouvrir mardi prochain, une date finalement repoussée au 31 mai, leur avocat a d’ores et déjà annoncé qu’ils risquaient la peine de mort.

soudanSelon les chrétiens qui les soutiennent, leur arrestation et leur procès marquent la volonté du gouvernement islamiste de Khartoum d’éradiquer le christianisme dans cette région.

David Curry de l’organisation « Portes Ouvertes » aux États-Unis craint que les deux pasteurs Yat Michael Ruot et Peter Yein Reith soient exécutés parce qu’ils pratiquent la foi chrétienne. Accusés d’incitation à la formation de groupe organisé et d’offenses aux croyances islamiques, ils risquent la prison, voire la peine de mort.

La marginalisation et les persécutions des chrétiens sont vives depuis la scission du Soudan en juillet 2011. Le président Soudanais Omar al-Bashir voudrait faire du Soudan un pays totalement islamique où seule la religion musulmane et la langue arabe seraient pratiquées et où s’appliquerait la Sharia.

Rien que l’année dernière, le gouvernement soudanais a détruit de nombreuses églises dans la capitale de Khartoum mais aussi à Omdurman sans qu’aucune autre n’ait obtenu l’autorisation pour être construite.

En raison de la persécution des chrétiens et de violations des droits de l’homme, le Soudan a été désigné comme un pays particulièrement concerné par la persécution par différents organismes s’intéressant à la liberté religieuse aux Etats-Unis. Selon l’indice mondial de l’église persécutée dans le monde édité par Portes Ouvertes, le Soudan se situe à la sixième place des pays où les chrétiens sont le plus persécuté en 2015.

12 000 dollars ont été demandé à l’Église en échange de la libération des deux pasteurs presbytériens. Le non paiement de cette somme incite le NISS à arrêter d’autres chrétiens en ayant les mêmes exigences.

Les propos de l’épouse de Yat Michael Ruot ont été rapportés par FoxNews.com. Elle explique être inquiète à cause de leur détention mais invite à continuer à prier pour eux afin que Dieu puisse les aider et qu’ils soient libérés.

Petite et moyenne entreprise : Le village de Tambolo inaugure la « laiterie du bonheur »

mardi 26 mai 2015

La mini-laiterie de Tambolo dans le Nahouri est désormais fonctionnelle. Elle est le fruit du partenariat entre le Groupement Zemstaaba de Tambolo et la Plateforme d’action à la sécurisation des ménages pastoraux (PASMEP) avec l’appui financier de l’œuvre de l’Eglise catholique en Allemagne pour le développement (MISEREOR). D’un coût global d’environ 5 millions de FCFA, cette infrastructure qui a été inaugurée le 13 mai 2015, en présence des acteurs locaux et des partenaires venus d’Allemagne, va permettre d’accroître les revenus des femmes pasteurs vivant de la vente du lait et des sous-produits laitiers.

Petite et moyenne entreprise : Le village de Tambolo inaugure la « laiterie du bonheur »

Pays d’agriculture et d’élevage, le Burkina Faso a un secteur primaire qui occupe plus de 80% de la population. En termes de rang en valeur des exportations, l’élevage se classe en 3e position après l’or et le coton. L’élevage est donc assurément l’un des piliers du développement socioéconomique de notre pays et contribue pour 18% au PIB et pour 30% aux recettes d’exportations. Mieux, selon les trois enquêtes sur les conditions de vie des ménages (1994, 1998 et 2003) de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), l’élevage est la principale source de revenus des ménages en milieu rural.

Mais l’on constate une faible valorisation des sous-produits de l’élevage, notamment du lait produit au Burkina Faso. Dans le domaine des produits laitiers, notre pays reste encore dépendant des importations avec chaque année plus de 10 milliards FCFA investis dans l’importation.

De plus, si le secteur de l’élevage occupe beaucoup les femmes, force est de reconnaître que le lait est la principale source de revenu des femmes pasteurs. Cependant, il est démontré que les ménages pastoraux et notamment les femmes pasteurs vivant de la vente du lait et des produits laitiers bénéficient moins des retombées de l’élevage.

La Plateforme d’action à la sécurisation des ménages pastoraux (PASMEP), dans le cadre de la promotion de la souveraineté alimentaire, a donc décidé avec l’appui de ses partenaires financiers, d’accompagner les femmes pasteurs dans la valorisation du lait local. Ainsi le groupement Zemstaaba de Tambolo dans le Nahouri a bénéficié d’une mini-laiterie d’une valeur de d’environ 5 millions de francs CFA dont 2,5 millions FCFA de contribution de la communauté locale.

Avec cette mini-laiterie, les femmes ont un débouché sûr pour écouler du lait local de qualité tout en minimisant les risques de perte.

Ce projet de mini-laiterie a d’abord débuté par l’alphabétisation des femmes afin de leur donner un minimum de capacités de gestion à l’issue de quoi elles se sont engagées avec l’appui de leurs époux à s’investir avec brio dans l’acquisition de cette unité de transformation de lait.

Cette mini-laiterie qui est aujourd’hui une réalité palpable a été inaugurée le 13 mai 2015 en présence du Directeur Provincial des Ressources Animales du Nahouri. Dans son discours d’inauguration, Monsieur Karim BARRO, préfet de Pô et président de la délégation spéciale de la commune de Pô a remercié PASMEP pour « l’initiative prise en vue de défendre et d’accompagner les pasteurs et les agro-pasteurs ». Il a exhorté d’autres partenaires à emboiter le pas salvateur de PASMEP afin que les droits socioéconomiques des pasteurs et agro-pasteurs soient davantage promus. A l’endroit de MISEREOR il a adressé ses vifs remerciements pour son appui financier à la réalisation de la mini-laiterie de Tambolo et aux efforts de renforcement des capacités des pasteurs et agropasteurs de la région du Centre-sud.

PASMEP est une association à but non lucratif de droit burkinabè créée en 2013 et qui œuvre pour la promotion de la souveraineté alimentaire par le renforcement des capacités techniques et institutionnelles des organisations de pasteurs et d’agropasteurs à la base. La mise sur pied de PASMEP a été rendue nécessaire non seulement pour valoriser les acquis des projets antérieurs en matière de développement rural, mais pour répondre à un souci de positionnement stratégique dans un contexte où la problématique du pastoralisme reste un défi majeur à relever au Sahel en général et au Burkina Faso en particulier. La mise en place de PASMEP répond à la demande de plus en plus croissante d’appuis et d’accompagnements des pasteurs/éleveurs. Elle intervient dans six communes de la région du Centre-Sud (Bindé, Béré, Guiba dans le Zoundwéogo et Tiébélé, Guiaro, Pô dans le Nahouri) avec une quarantaine de Groupements de pasteurs.

KONATE Seydou, Consultant en communication

Sociologue, chargé d’étude et d’analyse

Konateseydou84@gmail.com

TEL : 76 55 13 53 / 71 34 42 12

Maria Sjödin, styliste en prêt-à-prier

À Stock­holm, les femmes pasteurs ont leur propre styliste. Maria Sjödin a imaginé une ligne entiè­re­ment dédiée à la profes­sion.

Grande, brune et un brin mysté­rieuse, elle s’ap­pelle Maria Sjödin et a 46 ans. Créa­trice de mode basée à Stock­holm (Suède), elle consacre une partie des collec­tions de sa marque éponyme à un public parti­cu­lier : les femmes pasteurs. Tout commence en 2002 lorsqu’une connais­sance qui exerce le minis­tère – tel que consi­déré par l’église protes­tante – lui explique que ses consœurs et elles n’ont quasi­ment rien à se mettre. “Rien dans lequel elle se sentait bien”, rapporte l’AFP. Sans plus attendre, la Suédoise imagine une ligne de vête­ments modernes à desti­na­tion de ces reli­gieuses. Pour cette amie, elle crée un premier tee-shirt à col romain. Ainsi naît Casual Priest.

Rapi­de­ment, le bouche-à-oreille fait son effet, les ventes décollent. Le marché est là : dans le pays, avec un salaire moyen de 3 000 euros par mois, on compte 2 086 femmes pasteurs pour 2 187 homo­logues mascu­lins. En 2015, 23 nouvelles seront ordon­nées contre 11 chez les hommes. Des commandes arrivent même de Norvège et d’un peu partout dans le monde anglo-saxon via un e-shop.  “C’était le bon moment, confie Maria Sjödin. J’ai fait quelque chose dont on avait vrai­ment besoin. Dans la mode, il s’agit souvent de créer un besoin. Là, il y en a un qui doit être satis­fait. Ça a beau­coup plus de sens.”

Une large gamme de vête­ments consti­tue le vestiaire Casual Priest. Avec, de nombreux colo­ris “selon la fonc­tion occu­pée par celles qui les portent”. Le vert par exemple est destiné aux diacres. “C’est confor­table et profes­sion­nel, affirme une cliente repé­rée par l’AFP. Ça célèbre les femmes sans pour autant la rendre provo­cante.” Un vent d’ins­pi­ra­tion pour les griffes de prêt-à-porter de luxe ?

Couples homosexuels : la bénédiction qui divise

Protestantisme

Le 17 mai, l’Église protestante unie de France (EPUdF), en autorisant la bénédiction des couples homosexuels, a mis fin à plus de vingt ans de débats. Une étape que d’autres Églises protestantes n’envisagent nullement de franchir, à l’exemple des évangéliques, fervents opposants à cette décision.

DR

DR

« Le Synode (…) ouvre la possibilité, pour celles et ceux qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu. »

Ainsi a été adoptée à Sète, à 94 voix pour et 3 contre, une décision mûrie depuis dix-huit mois au sein de l’EPUdF. Elle autorise désormais les pasteurs à bénir une union civile, à la différence de l’Église catholique qui considère le mariage comme un sacrement.

Plusieurs synodes autour de l’homosexualité, de la parentalité et du couple avaient déjà été organisés dès 1999 au sein de cette Église protestante, qui compte aujourd’hui 250 000 fidèles et 500 paroisses. Mais le synode national de 2015 marque une évolution majeure. « Il y a dix ans, on se demandait si on pouvait accueillir des pasteurs ou des fidèles homosexuels dans les paroisses », confie l’EPUdF.

Cette décision répond à la demande de certains couples et suit une réflexion plus large autour de la bénédiction. « Nous devions leur répondre. Que l’on accepte ou que l’on refuse de les bénir, il fallait leur dire pourquoi ».

Désormais, un couple souhaitant une bénédiction pourra adresser sa demande au pasteur, avant que les conseils presbytéraux de la paroisse ne décident d’accepter ou non la requête. L’Église insiste en effet sur le caractère non obligatoire de la bénédiction pour les pasteurs. L’EPUdF, qualifie d’ailleurs cette initiative de « symbolique ». « Nous ne verrons pas de déferlante de mariages de couples de même sexe dans l’Église protestante unie. Nous pensons que cela représentera seulement 1 % des demandes de bénédictions toutes confondues. »

Des divergences profondes au sein des Églises protestantes

Pourtant, cette autorisation ne fait pas l’unanimité au sein des protestants. Elle inquiète même les évangéliques, premiers à émettre de vives critiques mais se défendant de toute démarche homophobe. Pour cette union d’Églises, qui rassemble la majorité des protestants pratiquants en France, une distinction s’impose entre une tendance à l’homosexualité – qui n’est pas du ressort de la personne – et la mise en pratique de celle-ci, comme l’explique Daniel Liechti, vice-président du CNEF (Comité National des Évangéliques de France).

Pour ce représentant, le débat actuel ne fait d’ailleurs que refléter des dissensions plus profondes qui existent depuis longtemps entre deux mouvements : celui des « libéraux » et celui des « évangéliques ». Les premiers font une lecture de la Bible qui a vocation à adapter les textes au contexte de la société et se placent en faveur d’une réactualisation de certains concepts éthiques, qu’il s’agisse de la pratique de l’homosexualité, de l’avortement, ou d’autres grands débats de ce siècle.

Les seconds, quant à eux, invitent certes à replacer « les textes bibliques dans leur contexte historique et social, mais avec leurs limites, car pour nous, la Bible est quand même d’abord la Parole de Dieu », explique Daniel Liechti. Un texte qui n’autorise pas à toucher ce qui est considéré comme fondamental pour l’humanité, à commencer par la vocation – selon l’Évangile – d’un couple, une fois marié : fonder une famille. Le CNEF rappelle qu’il n’est d’ailleurs pas question de pointer du doigt uniquement l’homosexualité, mais toute forme de sexualité contraire aux enseignements bibliques : adultère, relations sexuelles avant le mariage.

« Une décision unilatérale et inacceptable »

Le pasteur indique aussi que cette décision, si elle risque de compliquer les relations et les tentatives de rapprochement à un niveau local entre membres de l’EPUdF et des Églises évangéliques, commence aussi à avoir des répercussions à l’international. Des voix se font entendre d’Afrique, d’Haïti ou d’Asie, dénonçant une interprétation incompréhensible de la Bible, qui les place en porte-à-faux dans des situations plus ou moins conflictuelles avec des communautés non-chrétiennes.

La décision de permettre aux couples homosexuels de recevoir une bénédiction, si elle n’est pas une première – puisque déjà mise en place dans d’autres Églises « libérales » en Europe – se fait donc le reflet d’une réalité religieuse bien plus complexe que le débat théologique d’une Église parmi d’autres. Pour le pasteur Liechti, elle ne fera d’ailleurs que compliquer le dialogue au sein de la grande famille chrétienne. « Nous ne pouvons pas jouer à l’unité quand celle-ci est brisée par une décision aussi unilatérale et inacceptable pour les autres. »

La Gloriette, lieu de prières pour les gens du voyage

Pendant une semaine, une centaine de familles des gens du voyage s’est posée à la Gloriette. La religion tient une place primordiale dans leur vie.

Il est à peine dix heures en ce lundi de Pentecôte, la Gloriette se réveille dans le calme. Cela fait déjà sept jours que la communauté Vie et lumière a pris place sur la plaine (lire ci-dessous), à proximité de l’aire de jeux. Au milieu des caravanes, c’est le silence qui domine. Les couettes prennent l’air sous les auvents. Quelques machines à laver installées à l’arrière des camionnettes sont déjà en marche.

“ Même les sédentaires ”

Soudain, la voix d’un homme résonne depuis l’immense chapiteau installé au cœur du camp. « La réunion va commencer ! » A son appel, des silhouettes sorties de nulle part convergent vers le poumon du camp. C’est ici que, depuis une semaine, se tiennent les fameuses réunions, qui sont en réalité des temps de prières. « Il y en a eu une chaque jour, sauf samedi », rappelle Georges.
L’homme vient de la région parisienne, il est l’un des dix pasteurs présents à Tours pour le rassemblement de la Pentecôte. « Aujourd’hui, comme c’est lundi de Pentecôte, et le dernier jour, nous avons prévu trois réunions, ce matin à 10 h, cet après-midi à 14 h et ce soir à 20 heures. »
Sous la toile de tente rayée bleu et blanc, une centaine de chaises en plastique attendent les fidèles. Au fond, l’autel orné de quelques fleurs artificielles va accueillir pendant près de trois heures les « serviteurs ». Ces pasteurs de tous âges (le doyen a 87 ans) se relaient au fil de la cérémonie pour lire des extraits de la bible, reprendre des chants accompagnés par un guitariste et un pianiste.
Dans l’assemblée, la ferveur est intense. Les femmes, qui portent un léger voile sur leur chevelure, sont aussi démonstratives que les hommes. Chacun peut prier à voix haute, venir sur l’autel pour témoigner de sa foi. Un homme vient raconter la prison, l’alcool et les proches disparus ; un autre évoque une guérison miraculeuse…
Les jeunes mères tiennent leur bébé sur les genoux. Les enfants plus grands se contentent d’allées et venues sous le chapiteau ou jouent devant la porte d’entrée. « Nous organisons des rassemblements spécifiques pour les jeunes », précise Jean-Claude Schmidt. Le pasteur qui coordonne les cérémonies veut insister sur l’ouverture d’esprit de sa communauté. « Nous accueillons tout le monde ici, même les sédentaires. »
Ce matin, les caravanes quitteront la plaine de la Gloriette. Dans quelques jours, les pasteurs vont accueillir de nouvelles familles des gens du voyage à Poitiers.

En Suède, les femmes pasteurs ont leur styliste

Au rez-de-chaussée d’un petit immeuble beige de la banlieue de Stockholm, face à un square arboré, Maria Sjödin s’affaire dans son atelier où elle crée et vend des vêtements conçus pour les femmes pasteurs.

Manches trois-quarts ou évasées, poignets mousquetaires, les chemisiers et les robes à cols romains sont sophistiqués tout en restant sobres.

La styliste de 46 ans, toute de noire vêtue, est l’une des pionnières en la matière. «Mes créations sont faites et pensées pour les femmes», souligne-t-elle.

«Les autres vêtements (de pasteur) sont des vêtements pour homme, mal coupés pour les femmes», confirme Beatrice Lönnquist, pasteur de Stockholm.

La collection «Casual Priest» comprend des vêtements du quotidien, sans tenues liturgiques. Certains d’entre eux sont disponibles dans différentes couleurs, selon la fonction occupée par celles qui les portent. Dans l’Eglise de Suède, le vert est réservé aux diacres, par exemple.

D’abord présentés sur catalogue et aujourd’hui en ligne, ses vêtements coupés près du corps sont décontractés. Les mannequins sont jeunes et avenantes, à l’opposé de l’image caricaturée de la femme pasteur austère et mal attifée.

Il faut dire que les femmes pasteurs suédoises ont un bon pouvoir d’achat. Selon l’Église de Suède, leur salaire médian approche 3.000 euros par mois, voire plus si elles gèrent la paroisse administrativement.

– «Confortable et professionnel» –

«C’est confortable et professionnel. Ça célèbre les courbes d’une femme sans pour autant la rendre provocante», juge une cliente de Maria Sjödin dans un commentaire mis en ligne sur le site de la marque.

«Par leurs vêtements, les pasteurs veulent montrer qu’ils sont des êtres humains comme vous et moi. Ils ne veulent pas créer de distance mais une proximité», souligne Åsa Haggren, professeur dans une université qui forme des professionnels de la mode à Borås (sud-ouest de la Suède).

Pour Maria Sjödin, tout a commencé en 2002. «Je ne viens pas d’un milieu religieux. J’ai rencontré une fille qui était pasteur et elle m’a dit qu’il y avait peu de choses pour les femmes pasteurs, et rien dans lequel elle se sentait bien», raconte-t-elle.

Ni une ni deux, la jeune couturière réalise pour son amie un premier tee-shirt à col romain. C’est le début de sa collection, régulièrement mise à jour avec de nouveaux modèles, de nouvelles manches et de nouveaux tissus.

«Le premier top, EVA, est encore celui qui se vend le mieux», sourit-elle.

La première cliente montre sa nouvelle chemise à des collègues et les ventes commencent à décoller. En Suède et en Norvège d’abord, puis dans le monde anglo-saxon. Des hommes se sont également manifestés et ont depuis peu leur propre collection.

– Répondre à un besoin –

«C’était le bon moment (…) J’ai fait quelque chose dont on avait vraiment besoin», estime Maria Sjödin, reconnaissant avoir rencontré quelques sceptiques à ses débuts.

«Dans la mode, il s’agit souvent de créer un besoin. Là, il y a un besoin qui doit être satisfait, ça a beaucoup de sens», se félicite-t-elle.

La Suède compte beaucoup de femmes pasteurs: elles sont 2.086, contre 2.187 hommes, et elles marchent vers la parité puisque 23 femmes seront ordonnées en 2015, pour 11 hommes.

Dans la très grande majorité des Églises protestantes du monde, les femmes peuvent être ordonnées prêtres. Les protestants considèrent majoritairement que le prêtre est un expert, un théologien, qui exerce un ministère et non un sacerdoce, contrairement à la vision de l’Église catholique, qui est opposée à l’ordination des femmes.

«Je représente l’Église et je transmets le message du Christ. Quand je le fais, je veux être à l’aise dans mes vêtements, pour pouvoir être sûre de moi et me consacrer à mon message», explique Elin Hyldeen Gärtner, qui porte des vêtements Casual Priest depuis plus de dix ans.

«Je transmets un sentiment d’un prêtre moderne dans une société moderne», renchérit en souriant Mme Sjödin.

Elle a aujourd’hui 4.000 clients, dans le monde entier. Ses journées s’organisent autour de la conception mais aussi de la vente de sa collection. «On rencontre des clients, on emballe, on envoie avec soin», raconte celle qui essaie d’entretenir un contact privilégié avec ses acheteurs.

Côté production, Mme Sjödin est aidée par deux couturières en Suède, mais la majorité de la collection est fabriquée dans une usine au Portugal. Et bientôt, une partie sera également produite en Italie.

Le Pape encourage le dialogue avec les évangéliques pentecôtistes

(RV) « La division des chrétiens est une blessure infligée au corps de l’Eglise ; elle est l’œuvre du père du mensonge et de la discorde qui fait tout pour que les frères soient divisés. Mais nous ne voulons pas que cette blessure demeure. » Le Pape François le réaffirme dans un message vidéo adressé aux participants d’une journée de dialogue et de prière pour l’unité des chrétiens organisée samedi par le diocèse de Phoenix, aux Etats Unis, en collaboration avec un groupe de pasteurs évangéliques d’orientation pentecôtiste. 

Dans son message, le Saint-Père se dit convaincu que « l’unité des chrétiens ne sera pas accomplie par les théologiens. Leur science offre une contribution, affirme-t-il, mais si nous attendons que les théologiens se mettent d’accord, l’unité ne sera atteinte qu’après le Jugement Dernier. L’unité est l’œuvre du Saint-Esprit. »

Le Pape François saisit par ailleurs cette occasion pour évoquer une nouvelle fois l’œcuménisme du sang. « Face aux persécutions de leurs frères et sœurs, les chrétiens doivent prier, parler entre eux, se rapprocher, fraterniser toujours plus. Les persécuteurs savent que les chrétiens sont les disciples du Christ, qu’ils sont frères et ne font qu’un, au-delà de leurs différences ; qu’ils soient évangéliques, orthodoxes, luthériens, catholiques ou apostoliques, pour eux, cela revient au même : ils sont chrétiens ; et le sang de ces martyrs nous unit », a insisté le Souverain Pontife.

La journée de samedi a été organisée par le mouvement Jean, 17, fondé par un pasteur évangélique et dont font partie l’évêque auxiliaire de Phoenix, Mgr Eduardo Alanis Nevares et le pasteur évangélique Giovanni Traettino, un ami du Pape François, engagé depuis plus de 20 ans dans le dialogue entre charismatiques catholiques et charismatiques protestants. Le Saint-Père a voulu s’unir spirituellement à cette journée de réconciliation et d’amitié pour « demander la grâce de l’unité, avec la certitude que nous n’avons qu’un seul Seigneur Jésus ».

24/05/2015 18:39

Bénédiction du mariage gay : la fédération protestante à La Réunion donne son avis

eglise-protestante-mariage-gay

L’Église protestante de France a récemment dit oui au mariage gay. Face à cette décision seize pasteurs de La Réunion s’exprime.


Seize pasteurs et aumôneries de l’île La Réunion, représentant diverses dénominations qui sont regroupées au sein de la FPF (Fédération protestante de France). Plusieurs autres églises évangéliques ou pentecôtistes se manifestent également face au mouvement issu de la Réforme.

Le président du pôle régional de la Fédération protestante de France, Eric Han Kwan,réagi dans un communiqué : « Les églises protestantes ont toujours eu pour vocation d’accueillir toute personne qui souhaite poursuivre une démarche spirituelle et vivre une rencontre personnelle avec Dieu en Jésus-Christ ». Il poursuit : « Cela vaut pour quiconque homme ou femme, célibataire, marié, divorcé, homosexuel… sans discrimination a priori ».

Il ajoute également que l’Eglise protestante unie de France (EPUF) a tout simplement suivi la loi française donnant son accord mariage homosexuel en bénissant de telles unions. Il précise que chaque pasteur est totalement libre en conscience de présider ou pas à la bénédiction d’un mariage homosexuel. La position de l’EPUF ne représente en aucun cas le point de vue de la très grande majorité des églises composant la Fédération protestante de France car seuls une cinquantaine de pasteurs de l’Eglise protestante unie était invitée à voter.

À La Réunion l’ensemble des églises faisant partie de la FPF est nettement opposée à la bénédiction du mariage homosexuel.